mardi7 février 2006

Plaidoyer pour des bibliothèques en Afrique

La multiplication des bibliothèques en Afrique francophone est sans doute une des solutions contre l’analphabétisme ! Nous avons le souvenir de ces longues heures passées dans les salles de lecture des Centres Culturels Français (CCF) à dévorer les pages de la littérature mondiale ou les aventures de Tintin, Blek ou Miki Le Ranger ou encore Spirou, Iznogoud ou Astérix et Obélix. Nous grandissions ainsi, ignorant que ce que nous picorions devait plus tard nous servir dans notre épanouissement et notre ouverture au monde. Certes, nous ne comprenions peut-être rien alors, mais cela forgeait notre imaginaire, nous ouvrait une fenêtre, nous préparait à regarder le monde dans sa complexité.

Dans ces conditions, il est triste, inadmissible de constater la rareté des bibliothèques dans certaines grandes villes d’Afrique francophone - villes réputées pourtant littéraires ; et le livre devient alors une denrée rare, quelque chose d’irréaliste pour une jeunesse qui va dans la fosse à l’instar des moutons de Panurge. Dans ce vide culturel, chacun doit trouver les moyens de se rattacher à une branche du savoir ; mais cela ne va pas loin car, sans les livres, c’est une nuit qui tombe, c’est une cecite collective qui atteint la jeunesse...

Ce n’est pas tant les fonds qui manquent aux gouvernements africains - il finissent par en trouver pour le caviar, les champagnes, les boudoirs et les limousines -, mais je crois que nos gouvernants sont le plus souvent insensibles à la chose culturelle. Certes ils ont fait des études pour beaucoup d’entre eux, mais n’ont lu malheureusement que les livres de leur discipline universitaire, ceux qui étaient au programme ou ceux qu’ils ont utilisés pour la rédaction de leur thèse de Doctorat. Pourquoi voulez-vous qu’ils s’occupent de bibliothèques alors ???

Quelqu’un me rapportait qu’il y a certains dirigeants qui sont fiers de leur parc automobile alors qu’ils n’ont pas de bibilothèque à la maison. Et quand par chance ils en ont une, les livres sont tellement bien rangés que seule la femme de ménage les déplace lorsqu’elle passe un petit coup de chiffon dessus pour dépoussiérer le meuble...

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Lilian Thuram : cerveau et ballon...

Et alors, pourquoi ne lisent-ils pas, ces gouvernants ? D’abord, ils vous diront qu’ils n’ont pas le temps, qu’ils croulent sous la charge de leurs fonctions ! Allons, allons, allons ! Pompidou n’écrivait-il pas des Anthologies de poésie ? Albert Cohen n’était-il pas un fonctionnaire international ? Léopold Sédar Senghor n’était-il pas un Président de la République ?

Certes, j’ai vu de mes "propres yeux" l’ancien président du Bénin Nicéphore Soglo acheter des livres à la librairie Présence Africaine. Bon, il est vrai que le type n’est plus au pouvoir, dira-t-on, et qu’il a le temps de lire ou relire enfin Ulysse de Joyce et Trois tristes tigres de Guillermo Cabrera Infante.

J’avais également vu à la librairie Présence Africaine le fameux sportif international Lilyan Thuram qui achetait des cartons de livres pour les bibliotheques de la Guadeloupe. Et Marie-Odile, la libraire, me signifia que ce n’était pas la première fois que le footballeur guadeloupéen envoyait des livres dans son coin natal. Une fois, les télespectateurs le découvrirent d’ailleurs dans les vestiaires en train de bien ranger son livre, Nations negres et cultures de Cheikh Anta Diop. Et puis je me suis souvenu aussi que la France a connu en son temps un autre footballeur dit intello, Eric Cantona... qui écrivait de la poésie et avait une passion pour la peinture.

Ma question demeure : pourquoi ne lisent-ils pas, nos gouvernants d’Afrique noire francophone ? Parce que, pour eux, le roman n’est que divertissement, perte de temps ; la poésie, des délires de quelques amoureux ; le théâtre, des gesticulations de clown etc. La seule discipline qui les intéresserait serait à la rigueur l’essai politique, et encore ! Et puisque les essais politiques actuels ne sont que des insultes entre opposants, gouvernants et cireurs de pompes de tout bord, eh bien, nous ne sommes pas sortis de l’auberge africaine. Et il y a un public pour ces livres. C’est ainsi que, en France, dans les grandes surfaces comme la Fnac des Halles, vous trouverez un embouteillage d’Africains devant les essais tandis qu’on les compte sur les bouts de doigts devant les piles de la littérature.

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Les initiatives privées sont à applaudir. En effet, voir des individus, des associations qui se bousculent, œuvrent de manière désintéressée ne peut qu’aller droit dans le cœur de ceux qui aime la littérature. Cette action privée montre d’ailleurs que les nouvelles formes de politique africaine devraient emprunter le chemin de la société civile. Si quelqu’un peut se soucier d’aider des jeunes à lire, personnellement je confierais à celui-là les clés de la gouvernance, parce qu’il aura compris qu’un peuple qui ne lit pas est un peuple disqualifié, inexistant. Et je ne vois pas quel dirigeant souhaiterait gouverner des moutons...

Commentaires

  1. Posté par jean-michel, le 7 février 2006 à 08:50

    Le sujet est très important, car il résume le drame actuel du continent Africain ; continent où le nombre de Kalachnikov par tête d’habitant est mille fois plus élevé que celui des livres. C’est une véritable croisière qu’il nous faut mener. Imaginons que chacun de nous puisse prendre l’engagement d’assurer l’abonnement annuel à une revue scientifique, littéraire ou acheter des livres selon nos moyens comme le fait Lilyan, pour une bibliothèque du sud. Je crois que nous rendrons un grand service à nos jeunes frères africains qui n’ont que trop peu d’occasions, pour certains de goûter aux plaisirs du texte et de la lecture. Le livre est encore inaccessible pour bon nombre d’Africains ! J’ai connu ce climat de disette à Brazzaville où nous avions un livre pour 1000 étudiants. Lorsque l’un d’entre nous avait un bouquin, nous le passions de main en mains quand nous n’organisions pas tout simplement une lecture de groupe.
    J’ai moi-même connu l’athmosphère des bibliothèques du Congo. Nous passions des heures et des heures dans ces lieux magiques. J’ai gardé cette boulimie du livre au point un jour de m’être laissé enfermé dans une bibliothèque : j’avais complètement zappé l’heure de ferméture de la bibliothèque. Les bibliothèques, je pense au CCF, à la bibliothèque de l’amabassade des USA et autres, en Afrique, nous offraient l’unique lieu ou nous pouvions faire nos provisions de "rêves portatifs".
    En outre, il ne faut pas perdre de vue que l’acte de lire est un acte éminemment subversif en Afrique ! Lire implique que l’on prenne un temps pour soi, que l’on se retire. S’isoler en Afrique pour lire au milieu de multiples sollicitations en tout genre(le bruit, les jeux, la visite impromptue de quelqu’un...) relève de l’héroïsme.
    Mais pourtant lorsqu’on y parvient quel bonheur d’entendre le bruissement de la langue à travers la musique des pages que l’on tourne en lèchant le doigt pour mieux goûter l’histoire !

  2. Posté par afpres, le 7 février 2006 à 10:22

    Je conseille à tous ceux qui aiment lire, de découvrir le dernier numéro de "Sciences et Avenir" consacré aux virus en Afrique. Savez-vous ce qui s’y prépare ?
    Voilà des revues que M.Mabanckou peut présenter...Surtout ce numéro de février ! Trouve-t-on cette revue dans les bibliothèques en Afrique ?

    Afpres

  3. Posté par Kola, le 7 février 2006 à 11:24

    On ne le dira jamais assez, malheureusement certains dont quelques dirigeants africains ne comprendront jamais qu’ouvrir un livre n’est pas qu’un simple geste, mais un acte libérateur."Bois ton lait et repose toi, bébé" voilà le discours qu’on nous sert tous les jours. Les dirigeants s’en accommodent, pourquoi faire réfléchir des gens qu’on veut "berner." Le quotidien est tellement faux et pourtant beaucoup n’ont pas encore compris que la vie en tant qu’existence vécue se trouve ailleurs. Je ne dis pas que seuls les livres nous éclairent sur l’existence. Mais on pourrait déjà y trouver les moyens de démonter les astuces d’un monde prétendu vrai. Je me souviens d’un camarade de classe qui lisait beaucoup et pas que les oeuvres au programme, on le traitait de débile. Pourtant,il réussissait toujours très bien ses exposés. On restait tous subjugés devant ses improvisations. On n’avait jamais réussi à comprendre que cette verve était le fruit de ses lectures et du long travail inconscient qu’il avait accompli.
    Lisons, lisons, et lisons chaque fois qu’on en a l’occasion !

  4. le 7 février 2006 à 14:07

    Salut Alain , pas assez de temps pour intervenir mieux que ça, mais, quand tu dis : «  Et je ne vois pas quel dirigeant souhaiterait gouverner des moutons...  » Je crois hélas qu’ils sont légion ceux qui veulent gouverner des moutons, de panurge comme d’Ecosse. Il n’y a qu’à voir justement comment ils assoient leurs pouvoirs par l’abêtissement de ce même peuple. @+, M82

  5. Posté par Emma Benji, le 7 février 2006 à 15:45

    Mais pourquoi est ce que personne ne m’ecoute ???
    J’ai trouvé une bonne sokution asse pratique
    Etape 1 : Vous choisissez un pays en Afrique
    Etape 2 : vous construisez un truc basique, une grande salle avec des étagères... Bien sur vous demanderez à des mais de vous donner un peu d’argent,e t si vous êtes riches vous le faites tout seul
    Etape 3 : Vous diffusez l’adresse postale de la bibliothèque et vous demandez aux gens d’envoyer des livres qu’ils ont lu à l’adresse !!!

    Voila !Je sais, psa la peine de me remercier, je suis un genie !!!
    http://emmabenji.canalblog.com

  6. Posté par Emma Benji, le 7 février 2006 à 15:50

    Je viens de me relire... Désolée pour les petites erreurs :

    Sokution=solution,
    asse =assez,
    mais = amis,
    psa=pas

  7. Posté par Françoise, le 7 février 2006 à 18:12

    Bonjour,

    Je suis étudiante en 5ième année en création d’entreprise en France. J’ai toujours été une férue de littérature
    d’ailleurs je prends des cours par correspondance à l’école d’écrivains en
    espérant vous arrivez à la cheville un jour (rire).Avec des amis nous nous
    sommes posés la question de savoir ce qu’on pouvait faire pour aider nos
    collégues rester au pays (Congo BZV) après réflexion nous avons décidés de
    créer une association nommé "1livre,1enfant".

    Nous collectons des livres
    scolaires et loisirs un peu partout en France et les envoyant par la suite
    au Congo où nous alimentant une bibliothéque et quelques écoles de la
    place.

    Le 03 et 04 mars 2006, nous serons au forum de la famille organisé par la
    mairie du 6 ème arrondissement. A cet occassion nous recolterons des
    livres. Nous serons ravis que vous soyez le parrain de notre association et que vous nous apporter votre savoir faire en matière littéraire en
    particulier. En espérant une réponse positive de votre part,recevez toutes nos salutations.

    Association "1livre,1enfant"

    01, rue Paul Bert 94700 Maison Alfort

    0622058789

    0143962859

  8. Posté par YChemla, le 7 février 2006 à 23:10

    Bonsoir Alain,
    tu soulèves un questionnement qui ne concerne pas seulement la question des bibliothèques. C’est le statut même de la littérature qui est est actuellement à mal, comme tu l’as par ailleurs relevé.
    Trop souvent, dans les circuits et les parcours de formation, la littérature est enseignée uniquement à destination de celles et ceux qui se destinent au secteur des lettres. A mon sens, c’est une erreur grossière : la littérature est aussi un des modes d’accès à la connaissance, redevable de multiples questionnements.

    C’est partout qu’elle doit être transmise, au même titre que les arts plastiques, le cinéma, la philosophie, etc. Les choix faits depuis un certain temps en matière de technicisation des formations, en matière de professionnalisation, s’avèrent à terme désastreux, à l’échelle planétaire. Nous le constatons dans les mondes assez abjects dans lesquels nous évoluons. Les hommes politiques sont aussi les produits de ces modes de formation, nous le savons. L’important, comme toujours, est de décider de ce qu’il faut alors faire de ce savoir.

    C’est toute la pratique de la littérature qui est en cause : recommandant à une étudiante (en gestion des entreprises) qui travaillait sur la question de la place des personnes âgées dans les sociétés occidentales, j’ai recommandé la lecture de Rue du Faubourg Saint-Denis. La pauvresse m’a ensuite remis une fiche de lecture type collège... Il a fallu longtemps travailler pour l’aider à mener ce travail d’appropriation du texte, afin qu’elle s’en saisisse, autrement que par la voie scolaire. C’est-à-dire en y prenant plaisir, et en s’interrogeant sur le sens de cette histoire.

    Ce qui se passe actuellement au Proche-Orient me paraît être, par exemple, redevable de cette désappropriation du monde qui affecte le discours de la technique et de la communication. J’en reviens, après un long périple. Les mots se bousculent dans ma bouche, mais la lecture de Mahfouz, de Cossery, Haïk, Maalouf, Khoury-Ghata, Hatem, Sambar, Antaki, Kattan etc. dit beaucoup mieux que je ne saurais l’écrire quelle est, réellement, la situation. Nous sommes peu nombreux à l’énoncer ; Mais nous avons la patience, tant que nous sommes en vie.

    Y

  9. Posté par Eddie KOUBA-FILA, le 8 février 2006 à 00:12

    La question de la lecture que soulève Alain dans ce sujet est d’une pertinence irrécusable. Dire qu’il est surréaliste de ne pas voir les bibliothèques se développer dans les villes africaines est un euphémisme. La réalité est bien plus affligeante qu’elle ne le paraît. Mais avons-nous tout dit, une fois que nous nous sommes ainsi décriés ? Je ne pense vraiment pas.

    Dan son texte Alain nous fait penser que ce problème est aussi politique comme nous avons pris l’habitude de tout lier à la politique en Afrique. Certes la politique a un grand rôle dans l’organisation d’une société surtout quand elle s’ingère dans tous les aspects de la vie, comme c’est le cas en Afrique. Mais je prends ici le risque de risque de m’inscrire en faux contre ce qui se profile à l’horizon du texte de notre hôte. En réalité, cette question des bibliothèques porte,de façon détournée, sur le manque d’intérêt des Africains pour la lecture, une question réellement culturelle. Il n’y a pas que les politiques qui ne lisent pas sur ce continent. L’Africain en générale ne lis pas, comme il ne va jamais au théâtre, au cinéma et tout autre endroit de culture. A ce sujet, si les débits de boisson en Afrique, les nganda en Europe sont pleins à craquer, on voit très peu d’Africains dans les bibliothèques et les librairies en dehors des étudiants. Une fois que ceux-ci ont terminé leurs études on ne les voit même plus dans les bibliothèques. Nombreux ont des bibliothèques chez eux dont ils n’ont plus jamais ouvert un seul livre comme le dit si bien Alain. Seulement, cela ne concerne pas que les hommes politiques, mais tous les Africains en générale.

    Certains objecteront comme on le lit déjà ici que nous fréquentions régulièrement ces petites bibliothèques africaines. Oui ! Cela se tient ! Mais combien de personnes ont fréquenté les bibliothèques en dehors des besoins scolaires et académiques qui s’imposaient à eux. D’ailleurs, les gens qui avaient la passion de la lecture n’étaient pas légion en Afrique. Dans les petits villages on les connaissait bien parce qu’on pouvait les compter avec les doigts d’une main. Blaise qui a évoqué ici ce monsieur qui tenait la bibliothèque André Grénard Matsoua, attenant au musée du même nom, à Kinkala, centre urbain secondaire du Congo-Brazzaville, un monsieur très élégant et amoureux des livres que j’ai connu dans ma jeunesse mais dont j’ai oublié le nom, peut le confirmer ici on se renseignant auprès de cette personne. Je le redis, les passionnés de lecture n’étaient pas légion. On retrouvait presque les mêmes personnes y compris dans les bibliothèques universitaires comme celle de Bayardelle à Brazzaville ou celle de la Semaine Africaine, qui peuvent être citées parmi les grandes bibliothèques du Congo après celle du centre Culturelle Français et bien d’autres de capacité variable des ambassades des Etats étrangers dont les seules à avoir un centre culturel digne de ce nom étaient les Américains, non loin du fameux magasin SCORE.

    Tout ceci pour dire que ce manque d’intérêt pour la lecture est un problème culturelle et non politique. De toutes les façons, nos politiques ne sortent pas de terre comme des champignons, pour paraphraser le célèbre auteur du matérialisme historique. Tout ce qu’on voit en Afrique sur le plan politique est fille de la société africaine elle-même. Il faut donc commencer à s’attaquer à la société avant de parler des politiques. Je rigole un peu chaque fois que j’entends parler de ces bibliothèques qu’on va développer par ci par là en Afrique. C’est très bien, c’est plus que louable. Mais le problème sera-t-il réglé ainsi ? Je ne le crois pas un seul instant. On trouvera quelques Africains intéressés qui s’y rendront pour lire. Mais après il faudrait que nous trouvons les moyens qui nous permettrons de transformer cette société à la racine. Comme on le dit couramment on attaque le mal à la racine. J’en reviens toujours à cette révolution culturelle que l’Afrique attends toujours.Jusqu’à quand allons-nous nous voiler les yeux devant les racines du mal africain ?

    J’en profite pour souligner un aspect qui peut-être quelque peu agaçant sur ce blog. Il y a une façon de présenter les choses qui est, dans une certaine mesure, répulsive. Je m’en étais aperçu au départ, mais je me suis dit bof, c’est peut-être ma façon de voir les choses qui est en marge de la normalité. Mais cela s’est vraiment confirmé avec les différentes réactions aux propos de Belly Quenum sur Hamadou Kourouma et ensuite avec ce que j’ai perçu comme l’éloge de la Francophonie sur ce blog, un post qui reflète et exprime l’immaturité africaine sur cette ridicule Kermesse qui ne sert vraiment pas à grand-chose (Pour info j’ai passé 5 ans de ma vie dans le milieu de la Francophonie). Maintenant on y convient aussi un bon nombre d’écrivains dits « francophones », toujours pour des desseins inavoués et notre cher hôte s’en trouve quelque peu flatté sans le dire ; un autre demande que ces messes francophones prennent des allures des entités « people » que nous connaissons et répugnant tous de par la légèreté qu’elles recouvrent et il devient célèbre ! Tout le monde est content, le monde néocolonial et sa cohorte de misère intellectuelle va ! Donc tout va ! Bravo mes chers amis Africains. L’élite Africaine nous emmènera aussi loin que l’ont fait nos analphabètes de dirigeants politiques !

    Et là, la cerise sur le gâteau, je viens d’apprendre en lisant Alain que les Essais ne relèvent pas de la littérature ! Et on continue ! Cela laisse sans commentaire surtout quand ça relève du discours d’un écrivain. A ma connaissance, l’essai est resté un genre littéraire et cela n’a pas encore changé. Et je défie qui que ce soit de me citer un roman aussi instructif qu’un seul essai de Hannah Arendt, pour ne citer que cet auteur. Non ! Alain, le problème n’est pas celui de la lecture des romans, si c’est cela que tu entendais par le rayon de littérature. Le problème est celui de la lecture en générale car toute lecture ne peut être que salutaire pour tout lecteur conscient de son acte.

    On peut aussi dire plein de choses sur la lecture comme acte conscient ou inconscient. Je me permets de distinguer aujourd’hui les Lecteurs des Liseurs. Les derniers fonctionnent comme des photocopieuses ; ils lisent, je dirais qu’ils bouffent les livres sans rien retenir. Bien souvent ils sont incapables de s’inspirer de leurs lectures pour leur vie et pour des débats ordinaires. Le roman est leur genre de prédilection. On voit plein de lecteurs de cette catégorie dans les transports en commun en France, ce qui explique aujourd’hui l’envolée du roman, très prisé par une bonne partie des lecteurs de base (attention ceci n’est pas une critique car il faut déjà louer ces gens de s’intéresser à la lecture). Et quel roman ? Bien souvent ils lisent tout ce qui relève du degré zéro de l’écriture (pour ceux qui ont lu Roland Barthes). A notre époque nous avons plus d’écrivants que d’écrivains.

    Pour finir, en toute franchise, sans dénigrer les romans, je les lis rarement. C’est vrai que ce genre littéraire m’agacent quelque peu du fait de sa définition littéraire qui le rapproche de la fiction, même s’il n’y a aucune oeuvre littéraire qui n’ait rien n’a devoir à la réalité. En revanche, j’ai un grand faible pour les essais dont l’accès aujourd’hui pose problème à un bon nombre de lecteurs. Et entre un bon essai et un roman, il n’y a vraiment pas photo comme on dit couramment. Par ailleurs, il n’y a pas d’essais que politique, cher Alain !

  10. Posté par A. Mabanckou, le 8 février 2006 à 04:09

    Cher Eddie,

    Vous ecrivez :

    "Et là, la cerise sur le gâteau, je viens d’apprendre en lisant Alain que les Essais ne relèvent pas de la littérature !"

    Et pan sur le bec ! Ca lui apprendra d’etre confus... Bref, pour abonder dans votre sens, j’ai meme entendu des gens se presenter comme "Poete et ecrivain" ! Comme si le poete n’etait pas ecrivain. Par contre tout ecrivain n’est pas poete alors que le poete est toujours un ecrivain puisqu’il "compose des ouvrages litteraires" (definition de l’ecrivain au sens large, selon Le Larousse et Moha le Fou Moha le Sage). Mais ces gens n’ont pas tort, et je reflechissais dans ce sens a relisant justement L’essai de Clement Rosset, Le principe de cruaute paru chez Minuit en 1988 : "Comme beaucoup de tautolgie, cette distinction abusive entre "verite" et "verite vraie"... est non pas pauvre mais riche en enseignement, illustrant de maniere generale la faculte humaine a s’illusionner qui revient, dans tous les cas, a faire de deux ce qui n’est qu’un..."

    Pour les essais, allons, allons, ne deformons pas mes propos. J’expliquais tout simplement que les gens s’arretaient aux rayons "essais politiques" et non au rayon de Litterature "generale" (c’est en fait ce dernier mot qu’il fallait que j’ajoute), Cher ami !

    L’essai politique ne rentre pas du tout dans la case de la "litterature generale", le maillon souvent faible de l’edition a cause de la perte du lectorat...

    L’essai offre une grande ouverture. A on peut approfondir entre les essais litteraires (comme ceux de Yves Chemla sur la litterature haitienne ou de Mongo-Mboussa sur les lettres africaines), ces essais traitant de la litterature generale ; les essais sociologiques (de Tchak par exemple sur la sexualite a Cuba ou le Sida en Afrique)ou ceux relevant d’autres domaines des sciences humaines, des sciences tout court etc.

    Il y a tant de choses a dire a ce sujet, et meme un essai a ecrire (pas forcement litteraire !)

    Bien a vous

  11. Posté par NEZGROS de BAKASSA, le 8 février 2006 à 06:00

    Depuis novembre je lis attentivement et avec beaucoup de plaisir ce blog. je remercie son auteur et tous les intervenants. J’ose écrire aujourd’hui car le sujet touche à un secteur que je souhaite découvrir et maitriser : celui des bibliotheques. J’ai juste quelques mois en France. J’avoue qu’en matière de lecture publique l’Afrique a besoin[doit] d’évoluer par une politique active des gouvernements. J’ai fait le même constat que MR Mabanckou sur notre(nous jeunes en Afrique) désintèressement de la littérature et aussi de l’histoire de la civilisation africaine. Je le dis en connaissance de cause ; j’ai été libraire pendant 3 ans dans une grande ville africaine. Nous achetons des livres "utiles" : scolaire, économie, universitaire, professionnel, technique. C’est déja une bonne chose pour ceux qui disposent de peu de moyens. Mais est ce suffisant quand on veut cronstruire des esprits riches, créatifs, ouverts, éclairés,... J’encourage toutes les associations qui oeuvrent à rompre cette inertie culturelle littéraire de découverte et de partage à travers le livre. Je remercie écrivains, journalistes, et tous ceux qui travaillent à nous faire voyager sur la route de l’écrit en Afrique, à travers le support papier, dans les manifestations[je pense ici à la Caravane de l’Ouest]...

    PS : désolé pour d’éventuelles fautes, je suis en apprentissage.
    NEZGROS, étudiant en 1ere année bibliothèque,librairie,édition à paris

  12. le 8 février 2006 à 06:33

    Salut Eddy Kouba-Fila,
    J’ai été très heureux de te lire sur ce site. Peux-tu me laisser tes coordonnées ? Je voudrais entrer en contact avec toi.
    Amitiés
    Jean-Michel Nzikou

  13. Posté par jean-Michel, le 8 février 2006 à 06:52

    Alain,
    vous faites bien de citer les écrits de Sami Tchak, Mongo-Mboussa... Je pense qu’ils donnent un peu de fraîcheur à ce genre auquel vous faites allusion qui est souvent délaissé et regardé avec beaucoup de condescendance. Il y a dans la littérature comme une sorte de dictature du roman dont Eddy essai de dénoncer avec ses mots (maux). Je pense que "l’écriture roman" pour reprendre la terminologie de Jean Peytard, n’est pas Toute la Littérature et en littérature, il n’y a pas de gente mineur. Je pense que ce qui compte au fond, c’est l’émotion que l’écriture suscite en nous ; l’émotion véhiculée par la magie des mots, le pouvoir de séduction des personnages, l’histoire, etc.
    Je crois que le vrai problème réside dans ce que nous mettons sous ce poncho que nous appelons littérature.
    Très honnêtement plus j’avance dans mes recherches, plus je me pose la question de savoir si le pleurer-rire ou Les cancrelats sont des romans ?
    J’ai bien peur que ma réponse soit non ? Car lorsque qu’on prend appui sur les différentes ressources mobilisés dans l’écriture de Tchicaya et de Lopez, j’avoue pour ma part que c’est un peu court de n’en faire que de simples romans. Ce n’est pas avoir du mépris pour le roman que de le dire !
    Il est peut-être temps de sortir de cette logique monosémisante qui pousse à avoir tous la même lecture, la même grille de lecture pour tout.
    Je pense qu’en matière de lecture les voix buissonnière sont toutes aussi riches que les voix balisées de Lagarde et Michard...
    Barthes, Bakhtine, Genet, Samoyault, Jakobson, Peytard vous le diront

  14. Posté par Blaise KIBONZI, le 8 février 2006 à 09:31

    Mme Francoise, je vois que votre Association "1livre,1enfant" est domicilée dans la même ville que la notre l’association "NOUVELLE ELITE" (un nom bien culotté me direz-vous). Nous, nous sommes 60 bis rue Victor HUGO (c’est-à-dire) dans mon petit appart que certains congolais qualifient de "trou à rats". Nous aussi, nous envoyons des livres au Congo-Brazzaville. Un premier envoi a permis de renflouer la petite bibliothèque de l’ENCRED (Enfance Créative de développement) une associtaion congolaise basée à MAFOUTA à la périphérie sud de Brazzaville. Et nous venons également de participer à une autre opération d’envoi de livres, qui est née ici même, devant vos yeux et qui a consisté à envoyer des livres d’auteurs dit africains à la bibliothèque de OUENZE au Congo-Brazzaville. A l’heure où j’écris certains de ces livres sont déjà arrivés à Brazza et d’autres son entrain d’arriver. Francis LE HERISSE (un célèbre bloggueur du village MABANCKOU) et qui est le grand artisan de cette bibliothèque de OUENZE pourra nous en dire plus. Il est "présentement" à Brazza même et particpera lui-même à la mise en rayons de ces livres. D’ailleurs ce soir, il y a une petite teuf, à la bibliothèque de OUENZE, pour l’accueil de Francis. Donc chère Françoise, nous menons le même combat et nous sommes voisins. C’est avec plaisir que j’aimerais faire la connaissance de votre association pour peut-être conjuguer nos efforts dans ce sens. Car comme vous le savez chère Mme, le nerf de la guerre dans les associations c’est l’argent et les bras. ON EN TROUVE DIFFICILEMENT. Et pourtant le ASSOCIATIONS c’est un des moyens sinon le moyen le plus sûr pour apporter les solutions à la question du livre en AFRIQUE. J’y crois, j’ai toujours cru. Et ça fait 20 ans que je me bats pour développer la culture associative au Congo dans son sens le plus noble. Mais qu’est ce que c’est dur. Quand tu fais ça au Congo, on te soupçonne de viser un poste politique, ou de vouloir t’enrichir car il est connu de tous les congolais qu’"actuellement l’argent se trouve dans les associations". Car les organismes internationnaux ne veulent plus travailler les les gouvernements africains trop corrompus, alors elles passent désormais par les assocaitions. Donc c’est là bas qu’il faut aller pour gagner de l’argent et devenir riche. "Blaise tu as bien vu, Bravo". Enfin, bref , vous savez le Congo est un monde à part. Vaut mieux ne pas le prendre comme exemple.
    Mon cher frère Eddie KOUBA-FILA. Tu parles peut-être de notre ami Charly. hé oui, tu as raison. j’ai jamais vu de ma vie un congolais aussi passionné du livre. Il aime le livre. Il coucherait presque avec un livre. Je vais le ramener Charly. Il sait pas tout le travail de fond que j’ai accompli depuis 4 ans, et qui lui vaut parfois mon silence. Je peux difficilement être partout. Je reviens en surface après avoir passé plus de 2 ans à implanter les structure de l’association. Et ici, je vous ai dit que LE DISPOSITIF était désormais prêt. Je venais de terminer de téléposer (posement à distance et par Internet) le pilier de BRAZZAVILLE, et on peut commencer construire le VIADUC. Il ne manquait plus que les Hommes !! Et actuellement, les bonnes rencontres sont entrain de se faire. Grâce à ces rencontres, le DISPOSITIFque j’avais mis en place a pu faire ces preuves pendant l’opération livres né sur le forum de MABANCKOU. La rencontre ici même avec Francis LE HERISSE et NDOI a suffit. l’opération a été déclenchée très rapidement. Et Grâce à Francis, et aux bonnes volonté du blog MABANCKOU et de l’asociation NOUVELLE ELITE, certains livres sont déjà à Brazza. Arrêtons donc de pleurer (pour les uns) et de s’arrêter au constats et analyses (pour d’autres) fussent-elles pertinentes. ESSAYONS DE TEMPS EN TEMPS D’AGIR et avec intelligence. Il y a 36 000 solutions pour faire parvenir les livres à moins coût en Afrique. J’ai même une idée très originale que je ne dévoilerai pas ici, je le dirai simplement à ma chère et tendre Binetou FALL sous la couette. C’est une idée qui peut révolutionner, si vous voulez bien, la question du livre en Afrique. par ailleurs, cher Eddie KOUBA-FILA, je suis d’accord avec toi sur certaines analyses et remarques que tu fais (tu es toujours très pertinent quand tu parles), mais je ne suis pas d’accord avec toi quand vous tu dis que l’Africain n’aime pas lire ou n’a pas la culture de la lecture. Je crois reentendre Henri LOPES dans ce qu’il a dit lors de la semaine de la litterature congolaise à VELIZY (FRANCE). Je n’étais absolument pas d’accord avec Henri LOPES. C’EST FAUX ce que vous dites, même si ça fait plaisir à entendre dans l’oreille d’un blanc. Mais bien sûr que nous étions tout le temps dehors quand nous étions mome en Afrique car il fallait être avec les amis, les parents, courrir derrière les filles, regarder sous leurs jupes (pardon) pagnes. Mais la nuit ON DORMAIT TOUS LES JOURS AVEC UN LIVRE DANS LA MAIN ! l’avez vous oubliez les gars ? Mais qu’est ce qui vous prends les gars ? Ce sont les huitres que vous avez appris à manger en occident qui vous provoque ce type de réaction ? J’ai jamais autant lu que lorsque j’étais mome au Congo. Et on lisait de tout. on avait une boulimie de lecture incroyable. J’ai partagé le même lit avec un de mes frères ainés jusqu’à l’âge de 16 ans (nous sommes 14 ans dans la fratrie - père ploygame bien sûr). Avec mon frère, on se parlait jamais dans le lit. Chacun était plongé dans sa lecture. Jusqu’à ce que sommeil s’en suive. Et parfois la lecture était tellement passionnante que le matin te surprenait et que tu n’avais pas fermé l’oeil de la nuit. Il m’arrivait aussi de faire semblant de dormir et attendre que mon grand frère soit assommé par lui ravir délicatement son livre de la main et me mettre à le lire. Et j’ai commencé à faire ça à l’âge de 8 ans avec les bandes dessinées. Notamment les épisodes de TEX WILLER contre MEPHITOPHELES. Quand le parent de son fidèle compagnon le navajo TIGER lui disait "méfiez-vous des nuit au clair de lune" car c’est dans ces moments là qu’apparaissait MEPHISTOPHELES.
    Cher Eddie KOUBA-FILA, tu dis que la lecture isole ? (Henri LOPES a dit la mee chose). MAIS C’EST FAUX, la lecture au Congo est ce qui nous faisait le plus se rapprocher. On quittait TALANGAÏ pour aller échanger des bandes dessinés ou ds romans avec un inconnu habitant BACONGO (juste le temps de la lecture). La bande dessinée est également ce qui m’avait fait le plus rapporcher de ma soeur ainée. Je n’ai jamais autant rigoler avec ma soeur aînée qu’autour d’une BD. Et même aujourd’hui quand je rigole encore avec elle aux éclats, c’est lorsqu’on repense à ce que l’on lisait quand nous étions momes au Congo. la première fois que j’ai également rigoler d’une scène de baise (sujet tabou à l’époque au Congo), c’était en lisant une BD.
    Dites aussi à ma soeur, OUSMANE sembènè (je dis bien Sembènè). Elle rira aux éclats. Seul elle et moi savons pourquoi. L’histoire date. J’avais 8 ans et elle 10 ans. C’est la BD et le livre qui m’a fait le plus rapporcher de ma soeur, et qui justifie la complicité qui règne entre elle et moi jusqu’à présent. Bien qu’on se soit perdus pendant sa phase de puberté. Et là j’avoue qu’elle m’avait beaucoup manquée. Heureusement on s’est retrouvés quand son mec l’a plaquée.

    Blaise

  15. Posté par Sami, le 8 février 2006 à 11:04

    Je crois, juste pour la question du roman et de l’essai, que le degré littéraire d’un livre dépend moins de son genre que de sa qualité, de la capacité de son auteur à créer une valeur esthétique. Un exemple, l’essai anthropologique Tristes tropiques de Claude Levi-Strauss est d’une telle beauté littéraire qu’il a failli avoir le Goncourt, et jusqu’à ce jour, il donne des complexes à beaucoup d’écrivains, Quignard le cite comme un exemple de perfection de style littéraire. L’essai ethnologique de l’ethnologue américain Oscar Lewis, Les enfants de Sanchez, consacré à une famille mexicaine est mille fois plus littéraire que certains romans, tant dans la structure que dans le style, et les littéraires l’étudient, c’est un exemple de novation narratrice, de polyphonie, etc., c’est un grand classique. Le roman, lorsqu’on le prend aux sphères les plus élevées, est le lieu du savoir total : lire un roman de Tolstoï ou de Dostoïevski, c’est entrer dans la connaissance profonde d’une société et de l’être humain comme peu d’essais le permettent. Freud considère l’auteur de Crime et châtiment comme le père de l’inconscient. Les gens dans la nécessité de se cultiver savent où puiser le meilleur, quel que soit le genre. Mais la grande majorité des lecteurs cherchent le divertissement d’où le succès du roman en général.

  16. Posté par la schtroumfette, le 8 février 2006 à 12:24

    Chers amis, j’ai croisé Blaise Kibonzi au salon de la BD d’Angoulême et nous avons pu vider notre sac.Ce n’était pas évident, il a commencé par me parler des congolais,de la bibliothèque d’Ouenzé a une allure v prime, de son mariage polygame et de Binnetou Fall mais j’ai promis de ne rien dire. Ensuite je lui ai raconté mes déboires sur ce salon.D’abord les conditions exécrables de logement, le schtroumf coquet a exigé d’avoir la seule chambre avec baignoire,çà m’a douchée ; ensuite j’ai du jouer des coudes pour ne pas me retrouver avec Gargamel et son chat à l’auberge de jeunesse le long de la Charente.
    J’ai fini par être obligée partager la chambre de personnages que je connaissait pas, le professeur Ocultis et Maître Connolly, ils ont voulu me faire croire qu’ils étaient italiens et m’ont fait boire un coktail à base de Kiwi. Je le suis mise à délirer , une chauve souris cagoulée s’est jettée sur moi et sans l’intervention des Dupont Dupond et de l’Agent 15 qui m’ont ramenée de nuit jusqu’à l’espace Francqain je crois que je serais morte de peur. J’ai perdu une chaussure dans l’aventure et mon sac à main avec ma trousse de maquillage et ma boîte de tampax. Après cette nuit blanche, j’ai dû me traîner comme une gourde à la table ronde sur la condition fémnine dans la bande dessinée, super, me voilà bleue pâle, avec mon mascara écrabouillé de la veille, coincée entre Natacha hotesse de l’air, pimpante comme un sous neuf, la Castafiore en train de se crêper le chignon avec la femme du général Alcazard pour une histoire de bigoudis et de sèche cheveux et Falbalas. Evidemment je n’ai pas pu dire un mot sur mes rapports ambigus avec le grand schtroumf, Falbalas a pris toute la place et s’est acharnée sur Cléopâtre en disant que cette soit disant africaine lui avait piqué la vedette dans le programme de la francofffonie au salon de Paris. Je me suis tirée du débat en douce en laissant une tache rouge sur ma chaise.
    Quand j’ai voulu demander un taxi à la réception pour aller l’acheter une autre paire de chaussure le réceptionniste m’a lâché d’un ton sec que je n’avais qu’à m’adresser à Boris. Heureusement Iznogoud est intervenu, il m’a proposé d’aller faire du shopping, mais quel capricieux, j’ai du me traîner derrière lui avec mon pied écorché dans 6 magasins pour lui trouver des babouches autant vous dire qu’à Angoulême çà ne court pas le pavé. Bref je suis restée zen et me suis achetée une paire de Nike et une nouvelle boîte de tampax dans une pharmacie, il a pas voulu rentrer, par pudeur soit-disant . Erreur fatale, lors du cocktail de clôture, une journaliste de France culture m’a piégée en voyant mes baskets en me demandant si c’était un signe avant courreur de rachat de Dupuis par les Américains et une délocalisation de la production en Chine. J’ai eu droit à une caricature dans le Canard enchaîné "la prochaine Marianne".

  17. Posté par Emma Benji, le 8 février 2006 à 12:37

    Alain M, tu devrais rajouter une rubrique dans ton blog intitulée "pour envoyer vos livres". Et en cliquant sur la rubrique le lecteur trouvera toutes les adresses d’associations ou il pourra envoyer des livres. Tu participeras ainsi a trouver des solution au problème soulevé dans ton texte
    http://emmabenji.canalblog.com

  18. Posté par Blaise KIBONZI, le 8 février 2006 à 13:34

    La schtroumfette, c’est quoi tout ce bruit qu’il y a eu cette année pour le festival de BD d’ANGOULEME ? certains exposants se seraient plaint dit-on du fait que les allées étaient trop étroites et que les visiteurs ne pouvaient pas s’arrêter devant les stands pour demander des dédicaces aux auteurs. Tu confirmes ? Si c’est le cas, il faudrait que je vois ça rapidement avec Ségolène. Je pourrais lui faire des propositions concrêtes. Car comme on dit chez nous : "Dans le POITOU-CHARENTES on a pas de pétrole mais on a des idées". La preuve ? Le futuroscope à "POITIERS" (ou plutôt Jaunay Clan), le Festival du film policier de COGNAC, les francofolies de la ROCHELLE, la VENISE VERTE à Niort (ou plutôt COULOMB), le Festival de la BD à ANGOULEME. Pour ne citer que les plus connus. Bienvenue dans le POITOU CHARENTE chère la schtroumfette. Avec Le "beurre du POITOU", nos charentaises, le tourteau fromagé, le cognac, le Pineau des charentes, les huitres des Marennes d’OLERON, etc....
    Tu pourras aussi aller visiter le ZOO de la PALMYRE. Y compris la maison de Francois MITTERAND à JARNAC. Tu es jalouse de Binetou FALL ou quoi ? Parce qu’elle va bientôt profiter de tout ça, quand je l’emmerai chez moi, dans le POITOU-CHARENTES. Binetou FALL, la promenade en barque dans le marais Poitevin (encore appelé VENISE VERTE)tu vas apprécier. Et moi je crois que je vais me mettre à aimer le latin.
    il est beau ton texte Meme la schtroumfette. Tu es écrivaine toi aussi ? Bravo si Blaise KIBONZI t’inspire. Alain MABANCKOU va bientôt crouler sous des prix de toutes sortes. On aura vu de tout sur son blog. Mais que du bon et c’est ça qui est bien.

    Blaise

  19. Posté par Blaise KIBONZI, le 8 février 2006 à 13:37

    Erratum : "Meme la schtroumfette", lire plutôt "Mme la schtroumfette".

    Blaise

  20. Posté par D.O.W., le 8 février 2006 à 15:07

    Bravo Eddie KOUBA-FILA, mille fois bravo ! Le post le plus vivifiant que j’ai lu ici depuis des mois. Car en effet, il est aussi de mon avis que la francophonie est une immense farce, un stratagème de plus pour berner les Africains et mieux les utiliser. Je parle évidemment de l’institution. Car il faut dire les choses avec nuance : d’abord, nous ne pouvons nous contenter d’écrire, de parler, de produire nos arts et toute notre expression culturelle dans des langues qui, à l’origine, nous sont totalement étrangères. Et je n’ai jamais pu comprendre que des peuples s’en accommodent. Il n’y a point de fatalité et il est encore possible que nous remédiions à cela. Ceci étant dit, la langue française m’apparaît comme une des plus belles et des plus subtiles au monde. Et il n’y a aucun mal à constituer une sorte de confraternité de ceux qui l’ont en partage. Mais lorsque cette confraternité se décline en une institution politique qui finit par se donner d’autres visées que celle de célébrer la langue que l’on a en partage, voilà qui devient malsain et déloyal. Combien de soutiens politiques l’Afrique a-t-elle apportés à la France sous l’habile couvert de la francophonie ?
    Ça c’est un point. D’autre part, j’ai été étonné comme Eddie KOUBA-FILA, de voir l’idée de Boris amuser la galerie. Non pas que Boris soit en cause. Ma foi, sa célébrité soudaine est bien méritée. Le personnage est en effet drôle, toujours sympathique, et a eu l’occasion ici de nous donner à lire des avis toujours pertinents. Mais, si nous aimons tous rire, il nous faut néanmoins prendre garde de ne pas mettre quelquefois du folklore en certaines matières. C’est déjà le reproche qui nous est souvent fait par d’autres. N’accréditons pas l’idée que l’on connote souvent à l’Afrique d’une certaine dérision permanente (Eddie KOUBA-FILA parle de "misère intellectuelle"). Une telle connotation se fait plus souvent que nous ne pensons, et les conséquences (parfois insidieuses) sont lourdes. Ainsi, lorsqu’aux éditions "La découverte", on est pris de l’envie de commettre un ouvrage collectif sur la "fracture coloniale", il nous faut nous demander pourquoi un seul écrivain d’Afrique noire (entité territoriale, avec l’Algérie, au cœur pourtant du sujet traité) est convié à cette entreprise. Boris n’a probablement pensé qu’à nous faire rire dans ce cadre habituel, mais que ce soit celui-là, parmi tous ses propos qui ait retenu l’attention de cette auguste assemblée “francophoniste”, voilà qui doit nous interpeller.
    Enfin pour terminer, (je sais, j’ai déjà été bien assez long), même si je rejoins Sami pour dire que ce qui compte n’est pas tant le genre choisi que la pertinence du message et la qualité de l’écriture, comment ne pas rejoindre Eddie KOUBA-FILA pour constater combien le roman est devenu un genre galvaudé. Heureusement qu’A.M. précise son propos car les essais n’ont déjà que trop souffert de l’ombre d’une littérature-du-roman multi-séculaire. Il ne manquerait plus que l’on nous dise qu’ils ne sont pas la littérature. Je rejoins toutefois Alain pour dire que cette catégorie particulière d’essais d’invectives politiques (en Afrique tout autant d’ailleurs qu’en France même, où à présent, chaque homme politique à peu près, jusqu’au plus obscur, a un "livre" à son actif) est nauséabonde et bien vaine. Mais si l’on doit donc distribuer des mauvais points, il faudrait commencer par fustiger la multiplication des romans, les fossoyeurs du genre. Au temps où Tolstoï écrivait "Guerre et Paix", le roman était un art majeur, mais qu’en a-t-on fait ? Aujourd’hui, tout le monde se sent capable d’en écrire un. Et malheureusement, la "qualité", les caractéristiques du lectorat contemporain encouragent une telle tendance. Je distingue comme Eddie KOUBA-FILA, les écrivants et les écrivains, les lecteurs et les liseurs qui, ceux-ci, ne se gavent que de « Da Vinci Code » et autres sornettes pour crédules ; des liseurs qui, assoiffés de distractions, ne peuvent guère lire que ce qui ne les épuise pas outre mesure.
    Enfin, que l’on me permette un dernier mot pour dire mon seul, mais entier désaccord avec Eddie KOUBA-FILA : il est faux de dire que c’est culturellement que les Africains ne sont pas portés à la lecture ! Ils ne le sont ni plus ni moins que d’autres peuples. Le goût pour la lecture - c’est en tout cas mon point de vue - n’est pas chose ou faculté innée. Il se cultive, il se suscite. Et c’est bien là le rôle des politiques éducatives, des politiques culturelles dans un pays. Et c’est en cela qu’ici, c’est bien A.M. qui a raison sur toute la ligne : c’est bien une question politique, et même éminemment politique. Peut-on attendre des masses de populations africaines qui n’ont jamais vu une bibliothèque, qu’elles soient familières des livres ? Et rappelons que sur le continent, 70% de la population vit hors des zones urbaines, et que les bibliothèques sont déjà si rares en zones urbaines. Et qui donc, est responsable de la pénurie honteuse de simples bibliothèque dans tout le continent ? Réponse : les politiques. CQFD donc.

  21. Posté par Blaise KIBONZI, le 8 février 2006 à 17:15

    Mon frère D.O.W, une fois que tu as fait ton CQFD. Après tu fais quoi ?

    Blaise KIBONZI

  22. Posté par Sami, le 8 février 2006 à 19:08

    D.O.W., au temps où Tolstoï écrivait La guerre et la paix, où Dostoïevski Les frères Karamazov et autres monuments, il y avait aussi des centaines d’écrivains qui n’ont laissé pas même leur nom. A toutes les époques et dans tous les genres, les auteurs mineurs représentent la majorité, les très très très grands se rejoignent, une très petite minotité, eux, et se valent, par-delà les siècles. Céline vaut Tosltoï qui vaut Hugo, Marquez vaut Balzac, etc. L’art n’est majeur ou mineur qu’à travers celle ou celui qui s’en charge. Et puis, tu sais, dans les milieux "sérieux", littérature s’emploie au sens très péjoratif. Quand on dit "Mais ça c’est de la littérature", c’est pour montrer le caractère trivial de la chose. La littérature est considérée comme un domaine mineur par beaucoup de personnes, surtout quand celles-ci évoluent dans des milieux où on fait et refait le monde à coups de recherches et de pensées ’sérieuses’. Pour le problème de la lecture, c’est vrai que quand on a des politiques qui ne la considèrent pas comme une nécessité, ne l’inscrivent pas dans l’éducation des gosses, donc ne se soucient pas de proposer des livres en qualité et en quantité acceptables pour leurs jeunes, oui, on ne peut pas ne pas les interpeller. Mais peut-être qu’il y a aussi des contextes peu propices à la lecture ! Même ici, en France, on lit de moins en moins, ou on lit autrement, alors que les politiques éducatives n’ont pas soudain relégué la lecture au second plan. Il y a beaucoup d’autres choses qui entrent en concurrence. Dans beaucoup de pays africains, les bars et tout ce qui s’y rattache font une concurrence rude au goût de lecture. Lire, surtout lire un livre sérieux, dense, complexe, roman ou essai, cela exige une certaine solitude, l’éducation de la jouissance de l’esprit à côté de tout ce qui est proposé dans l’immédiat à la chair. Et cela n’est pas évident partout et l’est encore moins dans certains coins. D.O.W., oui, il y a une tendance à nous souhaiter plus dans les rôles de bouffons, du fou du roi. Mais il n’y a que nous pour refuser ces rôles au prix que cela exige.

  23. Posté par mère saguich, le 8 février 2006 à 19:52

    Il est bien dommage que les dirigeants de l afrique ne se penchent pas plus sur ce problème de bibliotheque surtout lorsque l on sait toutle bien que cela peut apporter : la lecture offre à chacun la possibilité de rever, reflechir, esperer, grandir imaginer le monde ou un monde(meileur...), le livre peut etre un tendre compagnon et permettre de vivre des moments magiques d’echanges et de complicité mais comme beaucoup l on deja dit la culture effraie ces memes dirigeants, car les mots sont souvent plus puissants et "meutriers"que de nombreuses armes, ils peuvent faire de gros dégats !..

  24. Posté par Eddie KOUBA-FILA, le 8 février 2006 à 22:08

    A l’ami jean-Michel, je te laisse ici une adresse : moyi@neuf.fr
    A très bientôt !
    Bien à toi !

  25. le 8 février 2006 à 22:45

    A Eddie Kouba-Fila
    Message bien reçu .
    A bientôt
    Jean-Michel

  26. Posté par Blaise KIBONZI, le 9 février 2006 à 05:26

    L’ami Sami, c’est avec beaucoup d’émotions que j’ai tenu dans mes mains et pendant assez longtemps, ton roman "La fête des masques" avant de le mettre dans le carton qui devait prendre la route de la bibliothèque de OUENZE au Congo-Brazzaville. Nous avons été quelques bloggueurs du village MABANCKOU à être pris d’émotion devant tous ces livres dit d’"auteurs africains" qui devaient prendre la route pour Brazzaville. Mère Evé a même dit qu’elle aimerait aller passer ces vacances à Brazzaville de façon à pouvoir aller lire tous ces livres à la bibliothèque de Ouenzé. C’est l’envie qui nous prennait tous, devant cette merveilleuse panoplie de livres. L’envie de lire bien sûr. L’intense satisfaction de voir partir tous ces livres que nous avons pu obtenir dans cette incroyable opération, se mélangeait à une sorte de "frustration" de voir que ces livres nous passaient sous le nez sans qu’on est pu tous les lires. J’en avais profité cher Sami pour commencer à lire rapidement "La fête des masques" dont l’ami BAKIMA nous disait tout le grand bien ici. Lui qui depuis son pays adoptif a donné une contribution financière bien significative comme pour marquer toute sa volonté de voir une gamme importante de ces livres triés aussi sur la qualité et les thématiques abordés, arrivés à Brazzaville. En effet, c’est pas parce qu’on avait dit livres des "auteurs africains" que l’on doit envoyer n’importe quoi. Et d’ailleurs il n’ya pas eu que les auteurs africains. Il y a eu aussi beaucoup d’auteurs antillais, haïtiens, et même non noirs ayant écrit sur l’Afrique. Je remercie Alain MABANCKOU (participant à l’opération au même d’égalité que les autres bloggueurs) de nous avoir recommandé dans ses préférences (que chacun exprimait), le livre d’André GIDE "Un voyage au Congo". Il y a eu aussi de la part de MABANCKOU du Aimé Césaire dans "Discours sur la colonialisme", "Cahier d’un retour au pays natal". Bref je ne vais pas tous les cité ici. Et bien d’autres livres de qualité qu’il nous a recommandé (en s’auto-excluant) et en format de poche. Mais bien sûr qu’avec des inconditionnelles de MABANCKOU telle que l’amie SWAZZ vous pouvez être rassurés qu’il n’a pas manqué un seul MABANCKOU dans les cartons. Du Chinua ACHEBA, du Sonynka, du Mongo BETI dans "Le pauvre Christ de Bomba". Qui l’avait donc recommandé celui-là ? j’ai été tout ému de le découvir dans le lot lors de l’inventaire. Merci d’y avoir pensé les amis. Ceci dit, j’ai rougi (pardon) noirci davantage quand ma fille de 7 ans m’aidait à faire sur ordinateur un inventaire complet des livres envoyés. "Dany LAFEURIERE...", "Non ma fille c’est Dany LAFERRIERE tu vois bien qu’il y a 2 R" lui dis-je (en essayant bien sûr de ne pas rouler le "R"). Mais pas de chance j’arrive jamais et voilà ma fille entrain de me corriger : "Papa on dit pas èèèrrre c’est air. Comme ça, regarde moi air. Toi tu dis èèèrrre, c’est pas comme ça !", dit-elle, avec un certain agacement. Et comme j’aime pas trop m’attarder avec mes filles sur des sujets qui fachent, je lui dis continuons notre travail d’inventaire de livres à envoyer au Congo. Et la voilà qui lit le titre : "Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer". Aussitôt, elle écarquille les yeux, me regarde et d’une voix mi-tendre, mi-grave, elle me dit : "ça veut dire quoi papa ?", je lui réponds : "Va demander à maman. Elle sait". Et pendant qu’elle était partie demander à sa maman, j’ai retiré de la pile le livre sur "La légende du sexe surdimensionné des noirs".

    Blaise

  27. Posté par chantal, le 9 février 2006 à 18:23

    Salut Blaise,

    si je dois envoyer des livres de Bruxelles, je les envoie directement de ta part à la bibliothèque de Brazzaville ?
    Donne-moi les coordonnées exactes stp.

    chantal

    Pour la suite des aventures de la Schtroumfette, sa nuit torride avec
    Iznogoud et comment le Grand Vizir jaloux a vendu la pauvre fille au Calife il va falloir attendre un peu...

    Blague à part je veux bien aller dans le marais Poitevin et son ballet de moustiques à la seule condition que tu accepte de ramer pendant que j’écoute à pleins baffles un cd de Guy Guy Fall.

  28. Posté par Blaise KIBONZI, le 9 février 2006 à 22:45

    Chère Chantal, envoyez des livres à Brazzaville, directement de ma part ? Tu veux me rendre célèbre ou quoi ? Aussi paradoxal que celà puisse paramètre, la célébrité au Congo pour ce type d’actions est plutôt néfaste. Quitte à se faire parler de soi au Congo, vaut mieux que ça se fasse en tant que chef de guerre. Si c’est pour aller distribuer des livres tu es mort ! Non Chantal, je ne crois pas que ça soit une bonne solution. Cependant tu peux effectivement envoyer tes livres directement soit à la bibliothèque soit à NOUVELLE ELITE CONGO, qui transmettra ensuite à la bibliothèque. Moi ce que je fais c’est que je propose la deuxième solution. C’est à dire faire un don par l’intemédiaire de l’Association NOUVELLE ELITE. Dans ce cas là, l’association NOUVELLE ELITE dont je suis le Président (ça ne s’invente pas) vous GARANTISSONS le suivi de cette remise de dons. En termes simples tu envoies ton don à NOUVELLE ELITE CONGO (qui est l’antenne de notre association au Congo) en disant clairement que tu fais don ce présent à la Bibliothèque de OUENZE, et NOUVELLE ELITE CONGO se charge d’aller remetrre le don aux bénéficiaires excatement dans les termes que vous, vous aurez précisé à NOUVELLE ELITE. Voilà aussi l’un des buts pour lesquels J’AI FAIT CREER cette association qu m’a pris 10 ANS DE REFLEXION. Car les congolais se plaignaient TROP. "Je veux faire don de ceci mais je ne sais pas comment le faire parvenir au Congo", "je veux faire don d’un tracteur au Congo mais je ne sais pas comment le faire parvenir". Maintenant que l’Association NOUVELLE ELITE est là, et que je leur dis, on peut vous faire parvenir votre tracteur au Congo, je vois plus personne. Ah ! ces congolais. Et pourtant Chantal, je te dis, j’ai mis 10 années à réfléchir sur le concept de cette association, et voilà 4 ANS, que j’ai lancé sa création ici sur le forum public de Congopage. Après 4 années de travail de mise en place. je suis sorti pour dire "Voilà le dispositif est prêt. Faites en un patrimoine national du Congo. Servez vous en !". L’avantage d’utilsier NOUVELLE ELITE comme intermédiaire c’est que vous ne remettez pas directement vos dons à des bénéficiaires que vous ne connaissez pas. Vous remettez des dons à un intermédiaire qui connait parfaitement les bénéficiaires. Nous sommes par exemple capable de vous dire si cette fameuse bibliothèque de OUENZE existe réellement. QUI L’A VERIFIE AVANT DE DECLENCHER L’OPERATION LIVRES SUR LE BLOG DE MABANCKOU ? hé ben, moi j’ai pu le vérifier en déléguant un mebre de NOUVELLE ELITE CONGO aller vérifier l’information. Et Francis est arrivé au Congo, cette information m’a été confirmée par la représente de NOUVELLE ELITE CONGO que Francis a rencontrée sitôt son arrivée à Brazza. C’est cela aussi la force de NOUVELLE ELITE nous sommes en contact quotidien avec NOUVELLE ELITE CONGO, qui peut nous informer de la véracité de certaines informations sur place. D’ailleurs, à ce sujet nous sommes entrain de finaliser le site Web de l’association NOUVELLE ELITE. Bientôt vous pourrez suivre tout ce que NOUVELLE ELITE fait sur le terrain au Congo. Etre en contact direct avec des gens qui sont sur le terrain. Car comme disait notre ami Fabien, ces africains qui réfléchissent l’Afrique au pied de la TOUR EIFFEIL ça commence à bien faire.

    Voici l’adresse du site web de l’association NOUVELLE ELITE.

    _ http://nouvelle-elite.congoplus.com

    Blaise

  29. Posté par Eddie KOUBA-FILA, le 10 février 2006 à 02:07

    A l’ami Blaise,

    Deux ou trois petites choses à relever. Très cher ami, premièrement, il serait idéal que nous arrêtons de penser que toute approche critique des réalités africaines a pour dessein le plaisir des Blancs. Avec tout l’amour et la considération que j’ai pour les êtres humains, je suis tenté de crier ici que LES BLANCS, JE M’EN FOUS ROYALEMENT. Quand j’analyse la situation africaine, je l’observe à travers ma philosophie de l’humanité en générale et de l’image que me renvoie la réalité. Il n’y a donc aucune recherche d’une hypothétique immortalité (au sens « Kunderien » du terme) dans une quelconque « race » aussi pâle soit-elle ! En clair, je ne cherche pas à faire plaisir aux Blancs en disant les choses ainsi. Il est grand temps d’arrêter de faire tout le temps ce procès d’intention à tous ceux qui ont des choses à dire sur l’Afrique. Je suis persuadé et j’en ai la certitude que ces critiques émanent d’un grand amour pour ce continent qu’est l’Afrique. Et, dans l’esprit de ces gens, je ne pense pas qu’il y ait, un seul instant, une recherche de l’admiration des Blancs. Nous avons, ici même, fait le même procès à Gaston Kelman ; Achille Mbembe, Axel Kabou et bien d’autres ont déjà fait l’objet de ce procès d’intention. ! Evitant donc simplement ces raccourcis de raisonnement d’une impertinence notoire. Nous pouvons et avons le devoir de réfléchir sur notre continent dans l’objectif d’y apporter du changement un jour.

    Deuxièmement, il faudrait peut-être arrêter de voir les choses à travers le prisme du microcosme de notre milieu familial. Qu’est ce qui ne te fait pas dire que ta famille et toi êtes l’exception qui confirme la règle (Oui, cela ne serait pas prétentieux de le penser. Je le précise parce que certains de nos contemporains qui aiment prendre les raccourcis de la réflexion pourraient te faire cette objection). Penses-tu que tous les enfants Congolais ou Africains en général ont vécu comme toi au Congo ! Penses-tu que tout les Congolais se sont développés intellectuellement comme toi ? Je ne pense vraiment pas ! Autrement tu te sentirais très à l’aise dans cette communauté. Or ce n’est pas ce qui ressort de tes textes. Je ne te fais pas un procès ici. Je pense que nous sommes tous les deux et bon nombre d’autres Congolais dans la même situation. Nous avons du mal (le mot est peut-être très fort) à cohabiter avec nos compatriotes à cause de certaines choses qui nous agacent, tellement l’absurdité en est énorme. Pour mon cas cela va au-delà du Congo. Je suis allergique à cette insoutenable légèreté qui caractérise l’humanité. Par conséquent, la moitié des humains sur terre m’insupporte, l’autre moitié m’exaspère, mais je n’ai pas le choix car c’est peut-être cela aussi le sens de la vie : apprendre à vivre intelligemment dans cette jungle qu’est l’univers humain. Bref tout ceci pour te dire qu’il faut éviter les généralisations. Ce n’est pas parce que nombreux d’entre nous allons affirmer avoir appris à lire très jeune que nous allons conclure que tous les Congolais ou tous les Africains aiment la lecture. Certes comme l’a dit un autre blogueur plus haut, la passion de la lecture n’est pas innée, mais n’oublions pas que nous sommes d’une société dont la civilisation a longtemps été marquée par l’oralité. Ce sont là des aspects non négligeables qu’il faut impérativement intégrer dans l’approche que nous pouvons avoir de la question de la lecture en Afrique. Les sociologues et les anthropologues qui interviennent ici pourraient nous l’affirmer. Voilà pour la petite mise au point.

    Cher Blaise, que tu ne partages par certains points de vue d’autres blogueurs est tout à fait légitime. Ce sont d’ailleurs ces points de divergences qui font évoluer les débats et par ricochet la réflexion. Par ailleurs, je trouve tes textes toujours aussi touchant. Quelle magnificence ! Cette image du gamin qui surveille le sommeil de son frère pour lui dérober un livre qu’il aimerait lire ! Quel charme ! Je trouve cela très beau ! On se croirait presque dans un monde imaginaire quand on connaît les réalités de l’enfance africaine ! Mais combien d’enfants Africains de notre génération, cher Blaise, (aujourd’hui, je n’ose même pas imaginer la catastrophe en la matière), je disais donc, combien d’enfants Africains peuvent revendiquer cette belle image que nous tu offres ? Combien ? Je répète la question ! Eh bien, au grand dam de ce que je peux considérer comme l’angélisme africain en matière de lecture, je dirai que le chiffre, si on avait la possibilité d’une évaluation réaliste, serait d’un nombre infime.

    Oui Blaise, nous sommes certes nombreux à avoir développé le goût de la lecture depuis l’enfance. Nous lisions les bandes dessinées que nous désignions « AVENTURES » : Bleck le Roc, Tex willer, Kit Carson, Zembla, Tintin... AM et toi-même en avez déjà esquissé la liste ici. Tout y passait, même et surtout le célèbre « KOUAKOU » ou Les aventures de Kouakou, magazine pour enfant dans lequel nous étions fiers de publier nos photos. Nous lisions aussi énormément le magazine CALAO. Je me permets aussi de mentionner la lecture de ce magazine zaïrois que je ne pourrais oublier, « Likembé », consacré aux musiciens kinois vers la fin des années 1970 et le début des années 1980. Ce magazine m’a permis de lire couramment le lingala déjà à 9 ans (même si ce n’était pas le lingala littéraire que je devrais apprendre 10 ans après à l’université pendant trois ans). Mais ma première lecture littéraire m’a été inspirée par ma mère qui, tous les soirs nous racontait des contes comme savaient très bien le faire nos parents, ce que nous ne savons plus faire en tant que parents aujourd’hui ! Eh oui ! Nous ne racontons pas des contes dans la bonne tradition de l’oralité africaine à nos enfants. De nos jours, nous leur lisons des livres que nous trouvons dans le commerce ! c’est d’une tristesse ! Pour revenir donc à ma mère, chaque fois que nous avions droit à ce magnifique spectacle que nous réclamions tous les soirs, malgré la crevante journée qui fut la sienne, elle finissait toujours par une allusion à l’histoire de la « Petite Fadette », ce magnifique conte écris sous forme de roman romantique par Georges Sand ! Hélas ! Ce sera le premier livre que je lirai intégralement à neuf ans, j’étais encore au CM1. Le deuxième livre toujours inspiré par les évocations de ma mère sera « la mare au diable » du même auteur. Je suis même allé faire un tour du côté de Nohant dans l’Indre pour voir cette fameuse mare au diable. Mais tout cela doit-il me pousser à affirmer que nous avons tous grandi de la même façon ? Que tous les Congolais ont la même passion pour la lecture ? Je ne le crois vraiment pas, cela serait une monumentale illusion qui ne participerait pas de la transformation et du développement de la société congolaise. Jamais je ne falsifierai les réalités africaines, je ne suis pas encore masochiste. Il y a bien trop de docteurs en ceci et cela autour de moi qui n’ont plus ouvert un seul livre depuis la soutenance de leur thèse. Cela peut paraître énorme mais c’est une réalité et il ne faut pas se voiler la face. Qu’en est-il alors de ceux qui ont quitté l’école très tôt en Afrique où la déperdition scolaire atteint aujourd’hui des proportions faramineuses ? Qu’en est-il de ces Etats Africains où l’illettrisme par régression est bien plus développé qu’ailleurs ? Non ! Mes chers amis la transformation de nos sociétés trouve sa source dans le courage que nous aurons à reconnaître et à faire de fines analyses de nos sociétés. Je ne dis pas que cela ne concerne que l’Afrique ! On pourrait dire les mêmes choses dans des proportions variables de tous les autres continents, mais l’Afrique est le continent qui m’est le plus cher ! Alors je me fais incisif à dessein !

  30. Posté par Blaise KIBONZI, le 10 février 2006 à 07:46

    Mon frère Eddie KOUBA-FILA, je t’ai lu avec beaucoup d’attention et d’intérêt (comme toujours). Je m’excuse pour ce procès d’intention que je fais à certains africains de vouloir trop faire plaisir aux oreilles des blancs. Mais ce procès (et pas seulement d’intention), il faudra quand même bien le faire un jour car j’ai constaté que souvent blanc et noir nous n’avons pas toujours la même interprétation de choses. L’AFRICAIN N’INTERPRETE JAMAIS LE MILEIU DANS LEQUEL IL VIT !!! Alors que le blanc c’est la première choses qu’il fait. Va donc demander à un africain en Afrique pourquoi vous faites ceci pourquoi vous faites cela. Il te répondra "Je ne sais pas". Et pourtant ce sont des actes, gestes ou un rituel qu’il fait tous les jours. Après on s’étonne que ce soit le Gaulois qui une fois rentré dans sa normandie natale qu’il n’avait pas revu depuis longtemps, se mette à écrire des livres sur "Les traditions chez les vilis". "Rites traditionnels chez les tékés du Congo". Et les noirs vont se précipiter pour aller acheter et lire. Ils prendront ensuite pour vérité d’évangile ce que ce blanc aura écrit sur leurs traditions à eux. C’est comme si moi après un séjour de 6 mois en normandie, j’écrivais un livres sur "Les traditions chez les normands". Et que les normands vont désormais adopter comme livre de référence pour comprendre ce qui se passe chez eux. C’est ainsi qu’il ya un sociologue français (dont le nom vient à l’instant même de m’échapper dramatiquement) qui est devenu le maître à penser de la sociologie congolaise. Et les sociologues congolais d’aujourd’hui s’appuient sur ce que ce Monsieur avait écrit (BALANDIER, voilà son nom me revient), pour interpréter notre propre société. C’EST INCROYABLE !!!! j’ai jamais lu un congolais contester BALANDIER ou alors communiquez moi les référence que j’ignore. Je ne reproche pas à BALANDIER d’avoir fait cet excellent travail. mais quand on le présente comme fin connaisseur de l’Afrique. Moi, je dis, l’anthropologie africaine ou plutôt la sociologie africaine NE DOIT PAS SE REGARDER UNIQUEMENET AVEC LE REGARD DES BLANCS, le risque de se tromper EST ENORME !!!!!

    Quand certains (y compris l’écrivain congolais Henri LOPES) se permettent affirment que "la lecture est contraire au mode de vie dans la société africaine qui elle est plutôt basée sur la vie en communauté. tandis que la lecture par sa nature même isole". Mais bien sûr que pour les blancs (qui sont des êtres logiques). CELA DEVIENT MEME UNE EVIDENCE. Or lorsqu’on connait bien la société africaine on voit tout de suite que ces propos là sont ARCHI-FAUX !!!! Est ce qu’un blanc qui vit en Alsace ou dans le 16ème arrondisement de Paris, peut s’imaginer que les petits nègres de 11 ans que nous étions, une fois enfin allongé dans notre à 22 heures, on restait à lire jusqu’à 02heures du matin avant de s’endormir ? Mon cher Eddie KOUBA FILA, j’étais entrain de repenser à mon manuscrit que je voulais publier et que j’avais hélas déchiré (ça me hante désormais !). Les "groupes de travail au Congo", ça te dit plus rien ? Déjà au CM2 (même bien avant) donc à moins de 10-12 ans. On s’auto-organisait nous mêmes en groupe d’études entre copain du même âge. Alors qu’on avait que 8-10 ans, on se retrouvait régulièrement au domicile de l’un d’entre nous, en petit groupe de 3 à 5 gamins (pas plus) et à des jours fixes de la semaine pour faire des dictées sur les redoutables et redoutés texte de Birago DIOP. L’AURAIS-TU OUBLIE Eddie KOUBA FILA. A tour de rôle, il ya l’un d’entre nous qui jouaient le maître et les autres étaient les élèves. Et le "maître du jour" (8 à 10 ans s’il vous plait !) corrigeait les copies et les rendaient aux autres. Mais où est donc l’isolement dont vous me parler ? C’est ensemble que nous lisions du Birago DIOP, du Seydou BADIAN, du Adboulaye SADJI, du Camara LAYE. Mais ça le blanc ne le sait pas, si nous qui avons vécu ça, ne leur expliquons pas. Eddie nous sommes d’une génération où nous avons tous vécu les mêmes choses, c’est pour cela que j’ai toujours dit que mon livre auto-biographique, est une fausse-vraie autobiographie. C’est la vie de tous les congolais de ma génération. Sauf que nous avons vécu des choses que nous n’avons jamais interprété. Car l’africain (ou tout au moins le congolais) n’interpète jamais le milieu dans lequel il vit, les choses qui lui arrive. Voilà le blanc se permet de venir interpréter à notre place. Car le blanc lui, il veut tout interpréter. Il a besoin d’une explication. c’est ça la seule vraie différence entre un blanc et un noir.

    Blaise.

  31. Posté par Francis LE HERISSE, le 11 février 2006 à 11:24

    Je ne sais pas si les blancs interprètent - en tout cas pas moi - je me contente de constater depuis que je viens de retrouver Brazza où il fait juste un peu chaud et même qu’il ne pleut pas et que tous les amis de la MJC se sont réunis l’autre soir pour parler de bibliothèque et de livres et que c’était vachement sympa !

    Oui actuellement, on lit peu, on lit moins à Brazza et il y a tout lieu de s’en inquiéter et de tout mettre en œuvre pour y remédier. C’est ce à quoi quelques commensaux du Village Mabanckou s’emploient solidairement comme Blaise ne manque pas de le faire savoir régulièrement. Toutes les aides de toutes les bonnes volontés sont les bienvenues. Encore que je doive préciser que récupérer des livres, c’est facile, les stocker déjà moins et les envoyer encore plus difficile parce que cela coûte très cher. Ainsi le livre qu’il soit en librairie ou en bibliothèque est une denrée rare et donc fort peu consommée, eu égard aux besoins identifiés. Eh oui, mon bon Monsieur, les temps changent et les jeunes aujourd’hui ...etc. (refrain connu).

    Autre constat en effet : les jeunes lycéens et étudiants qui fréquentent la Bibli de Ouenzé depuis novembre ne demandent que des ouvrages « utiles » droit, économie, sciences, etc. - regrettent qu’il n’y en ait pas plus et trouvent qu’il y a trop de romans. Trop de roman peut-être parce la bibli est bien petite et qu’il faudrait l’agrandir. Pas assez de doc universitaire ? sans doute et on lance l’appel dans cette direction + les dictionnaires, les dicos, les petits, les gros, tous les dicos...Appétit d’apprendre et capitalisation du savoir, légitime sûrement, indispensable certainement mais quand même... trop de romans ? alors que l’envoi qui débarque à Pointe Noire ce jour même comprend plus de 100 ouvrages d’auteurs africains et qu’on attend l’édition de poche de « Verre Cassé » pour l’ajouter aux 2 que nous avions déjà. « Verre Cassé » sorti il y a un an, n’est toujours pas diffusé à Brazza comme pouvaient le laisser espérer les 3 Prix qui l’ont couronné. NB : et pas plus à Pointe Noire.

    Mais - oserai-je le dire - il y a pire qui montre bien la profondeur du mal : les jeunes gens qui ont réceptionné, inventorié, classé, rangé les 10 000 livres de la Bibliothèque de Ouenzé et dont je pensais qu’ils s’étaient ainsi approprié cette richesse...ces jeunes gens qui sont présents presque quotidiennement pour assister le bibliothécaire...ces jeunes gens ne lisent pas, ne lisent pas leurs propres livres. Alors, tu vois Emma Benji, tout ça c’est pas facile et ça doit être quelque chose comme l’indépendance qui ne fut pas automatiquement la décolonisation !

    Il faut donc non seulement ouvrir et rouvrir des bibliothèques mais il faut aussi, d’abord et surtout redonner l’envie de lire, montrer qu’il y dans la lecture du plaisir, du jeu, de la jouissance.

    Et c’est l’objectif de la campagne « LIRE EN AFRIQUE » que nous ouvrons à partir de la Bibliothèque de Ouenzé en partenariat avec le Centre Culturel Sony Labou Tansi à Bacongo (oui ! oui ! le Sud et le Nord la main dans la main) et le Centre Culturel Français qui nous soutient adonfe. Cela commence par la création de Clubs de lecture dans les lycées et aussi à la prison des femmes, cela sera accompagné par des émissions de radio, cela se prolongera par un Prix du Lecteur de l’année et cela se clôturera par un Festival du Livre Vivant du 24 juillet au 6 août prochains. Modestement ambitieux que nous sommes ici à Brazza et bougrement décidé à mener la bataille « POUR LIRE EN AFRIQUE » et nous ferons « vivre le livre » et nous montrerons que « le livre, c’est la vie ». nous ferons lire le Waberi qui vient de sortir et aussi le terrible « L’intérieur de la nuit » de Léonora Miano - terrible et d’une écriture si simple, si accessible, si évidente (va page 192, Blaise ! et tu y retrouveras une définition du « temps en Afrique » qui donne tout à comprendre en 15 lignes).

    Donc, c’est parti la campagne du Livre Vivant à Brazza et Alain, nous t’attendons en juillet - les invitations officielles sont en partance et toutes les dispositions sont prises pour que tu sois parmi nous aux Villages du Livre à Ouenzé et à Bacongo dans la dernière semaine de juillet. On lira Verre Cassé ensemble aux jeunes qui seront là - on organisera un tournoi de foot et on jouera « Banc de touche » de Dieudonné Niangouna et on lira des passages de Fatou Diome - on fera tomber la voix de Tchikaya des feuilles (U Tam’si) de l’arbre à palabre du Centre culturel Sony Labou Tansi et on montrera la filiation de Tam’si à Tansi - on fera bien autre chose encore du 24 juillet au 6 août 2006 à Brazza.

    A bientôt de Brazza
    Francis

  32. Posté par Blaise KIBONZI, le 11 février 2006 à 11:59

    Francis LE HERISSE a dit : "Il faut donc non seulement ouvrir et rouvrir des bibliothèques mais il faut aussi, d’abord et surtout redonner l’envie de lire, montrer qu’il y dans la lecture du plaisir, du jeu, de la jouissance."

    BRAVO Francis, et grand merci à toi d’avoir sû interpréter (rires) ce que tu viens de voir sitôt arriver à Brazzaville. Encore une fois UN GRAND MERCI Francis, pour tout ce que tu (vous) faites en direction du Congo-Brazaville dans votre volonté coopération NORD-SUD.

    Pour les manuels "utiles" pour ne pas dire scolaires et Educatifs, je comprends parfaitement la demande des jeunes congolais et nous pouvons y répondre en nous appuyant toujours sur l’association NOUVELLE ELITE. J’avais bien dit, que la seule chose qui me posait problème, c’est savoir s’il y a des congolais capables de réceptionner là-bas. Et savoir ce qu’ils vont faire de ces livres, est ce qu’ils en ont réellement envie. Car faut pas envoyer pour rien, ni envoyer pour le plaisir d’envoyer. Il faut que les envois répondent à une certaine demande. Ou contribue à un objectif bien précis. Je ne le répéterais jamais assez, il y a 36 000 façons de pouvoir faire parvenir les livres en Afrique à moindre coût. Nous allons tous les exploiter. On ira chercher des partenaires s’il faut.
    Tu as parlé du coût du transport des livres jusqu’en Afrique. Tu as raison, ça coûte cher, mais j’ai une idée originale que je peux commencer à mettre en oeuvre dès aujourd’hui. A condition qu’on nous garantisse qu’à Brazzaville et au Congo, il y a des gens véritablement prêts à accueillir ce flot de livres y compris scolaires et universitaires et de s’en servir à bon escients. Quand je vous disais que je m’étais étonné des jeunes congolais au Congo BAC+ et qui ne connaissaient même pas Alain MABANCKOU. Si ... le jeune poète congolais Hugue ETA le connaissait de nom. Certains me diront "nul n’est prophète chez lui". Nous allons leur faire aimer du MABANCKOU. Et pas seulement. Tiens bon Francis. Et encore une fois BRAVO ! Toi le blanc tu agis là-bas. Et moi le noir j’agis ici. Non c’est pour rire Francis. A bientôt à Brazzaville.

    Blaise KIBONZI

  33. Posté par Blaise KIBONZI, le 12 février 2006 à 19:40

    Ps : Cher Francis, ceci dit et concernant les manuels dits "utiles" (manuels scolaires et univeritaires) ; personnellement je crois beaucoup plus à INTERNET. Il suffirait d’améliorer l’accès à Internet aux congolais pour résoudre plus efficacement ce problème. Car actuellement et dans pas mal de domaine, la connaissance est disponible sur Internet. Voilà une fois de plus, pourquoi j’ai toujours crié ici et sur tous les forums Internet où je passe que l’Afrique serait la toute première grande bénéficiaire de l’outil Internet si seulement nous pouvions nous en accaparer et ....aussi savoir s’en servir.

    Blaise

  34. Posté par chantal, le 12 février 2006 à 22:01

    Voilà pourquoi je voulais une adresse et un tuyau pour expédier une encyclopédie Universalis complète, je sais qu’avec internet on peu tout trouver mais peut-être pas làbas quand on n’a pas d’accès ni de pc.
    Bon vu que mon truc est très lourd, si je dois le faire transiter par Paris puis ensuite Brazza, faut être sûr que çà arrive.

    chantal

  35. Posté par Blaise KIBONZI, le 13 février 2006 à 06:14

    Chère Chantal,
    Très chère Chantal. Je comptais plutôt te communiquer les coordonnées de la représentante de notre association à Brazzaville. Et tu enverrais ton colis directement en son nom et adresse, à Brazzaville. En précisant bien qu’il s’agit d’un don destiné à la Bibliothèque de OUENZE à Brazzaville (République du Congo). Et elle, dès qu’elle recevra le colis, ira le remettre devant témoins à la bibliothèque, en précisant si tu le veux le nom du donateur. Ils feront les photos de la remise que tout le monde pourra ensuite visualiser sur http://nouvelle-elite.congoplus.com

    L’assocition NOUVELLE ELITE dont je suis le Président jouera alors un rôle d’intermédiaire sûr. Et à ce titre, je peux engager ma responsabilité personnelle ainsi que celle de l’association en te disant que ton don arrivera bel et bien à la bibliothèque de OUENZE s’il parvient à Brazzaville entre les mains de notre représentante. Par contre dans cette solution , tout ce que se passera entre le moment où tu envoies ton colis et que celui-ci arrive entre les mains de notre représentante n’engage pas notre responsabilité. En d’autres termes, si ton colis est perdu en route (ce que je ne souhaite pas) nous n’en serons pas responsables. Tu n’auras plus que tes propres yeux pour pleurer. Tu vois ce que je veux dire, chère Chantal ? En d’autres termes, si tu es sûr de ton expédition, moi je te donne les coordonnées de la représente de notre association (NOUVELLE ELITE CONGO) à Brazzaville. Le site Web de notre association est en voie de finition. Vous pourrez bientôt consultez la galerie d’images qui illustre le peu que nous faisons. En ce qui concerne Internet, une fois de plus le Congo est un pays à part et les congolais des êtres à part. L’association NOUVELLE ELITE aurait déjà pu contribuer efficacement à la vulgarisation de l’Internet au Congo. Pour le moment au Congo, les connexions internet coutent chers. Beaucoup disent que DAKAR est l’une des capitales d’Afrique noire où l’accès à Internet est le moins cher. A l’occasion de mon mariage avec Binetou, j’en profiterai pour voir comment nos frères et soeurs d’Afrique de l’Ouest font, pour s’en sortir une fois de plus, mieux que ces pauvres danseurs de Ndombolo de l’Afrique centrale.

    Blaise

  36. Posté par chantal, le 13 février 2006 à 11:19

    bonjour Blaise,

    donne-moi l’adresse de ta représentante labàs, comme çà je peux envoyer le colis, je vais envoyer çà de ta part car je ne fais pas çà pour me faire valoir, c’est ton idée en fait.

    chantal

  37. Posté par Blaise KIBONZI, le 13 février 2006 à 15:47

    Chère Chantal,
    Ne pouvant afficher publiquement ICI l’adresse de notre représentante LA-BAS, je te communique mon email perso où tu peux me joindre : blaise.kibonzi@wanadoo.fr à défaut (si tu veux pas me dévoiler ton email) inscrit toi en tant que chantal sur le site de Nouvelle Elite et envoie moi un message privé. http://nouvelle-elite.congoplus.com

    Tous ceux qui ont participé à l’opération Livres du Village MABANCKOU ont pu faire sa connaissance (virtuelle). Elle se connectait depuis Brazza. Et Francis LE HERISSE (actuellement à BRAZZA) a pu la rencontrer en vrai (ah ! le veinard). De toute façon maintenant que le site de NOUVELLE ELITE devient opérationnel, elle va s’y inscrire pour échanger avec nous depuis Brazza. On pourra si tu le veux bien, se faire une communication tripartite à partir du site de l’association Nouvelle Elite.

    http://nouvelle-elite.congoplus.com

    Blaise

  38. Posté par Christophe, le 15 février 2006 à 23:24

    Bonjour à tous. Perdu dans la campagne limousine,je prends seulement connaissance de cette discussion.

    Certains d’entre vous connaissent déjà l’association Les Enfants de Madame Ici. Nous sommes intervenus au Cameroun pour permettre la création ou le soutien de bibliothèques. Trois fonctionnent à Ombessa (2002), à Babadjou (2003) et pour malvoyants à Yaoundé (2005). Deux autres sont en projet à Bazou et à Melen, un quartier populaire de Yaoundé.
    Une autre devrait se concrétiser à Wassadou au Sénégal, en collaboration avec le Kinkeliba, association de médecins qui y a mené déjà à bien la création d’un centre de santé, et un puit d’une profondeur de 50 mètres de profondeur. Ces projets communs sont certainement un plus.

    Les livres que nous apportons, exclusivement neufs, nous sont donnés par des journalistes littéraires et des maisons d’édition. La littérature "noire" y est malheureusement sous-représentée.

    Prochainement, les ouvrages spécialisés sont destinés aux universités de Douala, Dschang, Yaoundé, et dans l’avenir Dakar et Saint-Louis.

    La pérennité de ces bibliothèques communales est un souci permanent. Nous n’intervenons pas dans la gestion. Nous nous y refusons. Mais il faut que les créations de bibliothèques soient portées par les autorités, associations ou "élites" locales. Malheureusement vous le savez ce n’est pas simple. Les gouvernants ne se sentent pas ou peu concernés ces actions, tout comme beaucoup trop souvent les représentants de la francophonie ou de la france sur le continent africain. A Ombessa, la création a pu se faire grace à un concours de nombreuses circonstances qui se sont magnifiquement conjuguées (+ d’élections communales). Par contre à Bazou, le projet traîne depuis bientôt 3 ans, uniquement à cause de rivalités de pouvoirs d’influence entre chefs politiques, traditionnels, et responsables d’entreprises locaux.

    Les projets de lecture publique sont dans les tiroirs de l’ambassade de France au Cameroun depuis de nombreuses années. Mais l’émanation est longue et la réunion des volontés n’est pas évidente.
    Nous avons cependant déjà obtenu le concours financier de l’ambassade d’une part (transport, formation de bibliothécaires), et de la francophonie d’autre part. Et nous espérons réitérer ces coups de mains.

    Ce qu’il nous faudrait réussir, c’est l’union de nos actions à tous lecteurs, et l’implication forte des auteurs présents sur ce forum. D’autres auteurs ont également des actions très intéressantes, notamment Fatou Diome et Gaston-Paul Effa. Nous gaspillons nos forces à agir de manière dispersée.

    Ce sont des projets lourds, difficiles car nous ne pouvons nous satisfaire à balancer des bouquins sur place. Il nous faut trouver les arguments pour intéresser les autorités locales.
    Il n’y a pas de problèmes ensuite pour intéresser les lecteurs quel que soit leur âge et leur culture.

    Dans nos envois, les Bandes dessinées trouvent immédiatement leur public. A l’autre bout, des oeuvres de philisophie, de sociologie,... qui sont destinés à des publics "avertis" font venir leur lecteur là où se trouvent les livres. Cela a été pour nous une grande surprise à Ombessa où des professeurs venaient depuis Yaoundé lorsqu’ils ont appris la richesse du fonds de livres. Ce mélange des lecteurs est une réelle chance, mais il est certainement plus simple de réduire la distance entre ces lecteurs et les ouvrages spécialisés.

    Un autre souci est le suivi de la relation. Et pour cela, nous avons besoin de référents sur place.

    Je me tiens à la disposition de ceux qui le souhaitent.
    Amicalement.

    Christophe Legay

    madame.ici@laposte.net

  39. Posté par Blaise Kibonzi, le 16 février 2006 à 01:38

    Les amis, merci à tous :

    - Dominique SOPO, c’est noté. "Moi les noms des remplaçants je les connais pas", aurait dit notre ami LEGITIMUS des INCONNUS. C’est vrai la tâche de succéder au très charismatique (et efficace) Harlem DESIR n’était pas donné à tout le monde. Les 2 autres remplaçants avant notre ami Dominique SOPO me laissaient plutôt complètement indifférent. Le Dominique SOPO a l’air pas mal, quoique dans un style différent du grand Maître Harlem DESIR. cher TIMBA BEMA (te voici de retour) : Le choix de la "noce d’anna" de Natacha Appanah s’imposait car Alain MABANCKOU en avait parlé ici. Et dans notre démarche de sélection des livres à envoyer à la bibliothèque de OUENZE (au Congo-Brazzaville), nous avons dans un premier temps sélectionné tous les livres dont Alain MABANCKOU nous avait présenté ici. D’où par exemple Franck TENAILLE dans "Le swing du caméléon. Musique et chansons africaines 1950-2000". Ensuite nous avons complété avec des classiques de la litterature africaines et d’autres coups de coeur de chacun des donateurs. Cher D.O.W , oui ce fut une aventure extraordinaire que la réussite de cette opération d’envoi des livres à la Bibli de OUENZE. le mérite renvient à tout le monde. Tous ceux qui ont participé de près ou de loin. Avec leurs poches, leurs mains ou simplement leur coeur. Et parfois les 3 à la fois. Dans cette opération, j’ai déjà rendu hommage à Francis LE HERISSE, à Alain MABANCKOU (sans son blog cela n’aurait pas pu se faire), l’excellent Webmaster de Congopage Richard SONGO, depuis le temps qu’il supporte quelqu’un comme moi rejeté de tous les congolais (non c’est pour rire cher BAKIMA, cher KITMIEN, vous congolais d’ici qui m’avez fait confiance malgré vos pays d’exil lointain). Mais les amis, il faudra aussi et surtout rendre un grand hommage à NDOI son rôle a été capital dans cette opération. Alors qu’on avait perdu les traces de Francis LE HERISSE, c’est lui NDOI qui est allé à sa recherche dans le noir pour nous le ramener ici pieds et mains liés dans cette opération. Notre ami NDOI a été véritablement le maître d’oeuvre de cette opération. Que cela soit su. DIVA n’aime pas quand je dis que sa belle surprise dans cette opération fut de taille. Elle rougit ! Ma tendre Binetou je te trouve étrangement triste, qu’est ce qui ne va pas ? Si tu as besoin de te changer les idées, vient adhérer à NOUVELLE ELITE. Maintenant que les livres sont arrivés à Brazza. Il faut qu’on donne une suite. Le travail n’est pas fini pour NOUVELLE ELITE, il ne fait que commencer. On doit appuyer Francis et la MJC de Brazza.

    Blaise

  40. Posté par Mère Evé de Paris, le 16 février 2006 à 10:55

    Cher Blaise ! Il ne faut pas oublier l’amie Swazz, qui s’est déplacée pour collecter des livres, nous a reçu chez elle, et qui a hébergé Francis lors de son passage à Paris pour récupérer les bouquins !

    Alors, Ya Francis, comment ça se passe ces jours-ci à Brazza ?

  41. Posté par Blaise KIBONZI, le 16 février 2006 à 11:40

    Merci Mère Evé, mais impossible de remercier Swazz. SAWAZZ aurait mérité simplement la médaille de l’ordre du mérite congolais. Si seulement les congolais avait un mérite.
    Monsier Chistophe LEGAY, j’ai lu votre message avec beaucoup d’attention. Hé oui, dans cette histoire de "livres", il y a un mot qui revient souvent : "LES AUTORITES", "LES AUTORITES", "LES AUTORITES". Le jour où nous réussirons à travailler dans ce domaine sans les autorités, c’est enfin là que nous commencerons à nous engager dans la bonne voie. Je ne dis pas qu’il ne faille pas travailler avec les autorités. Bien au contraire. Mais je trouve que bien souvent nous leur accordons trop de place dans ce domaine. je ne suis pas entrain de dire "Trop d’importance". Je dis "trop de place". Car leur importance est capitale bien sûr. Oui on travaille de façon trop dispersée. Oui c’est l’élite africaine qui devait être servir de tête de pont à ces programmes et opérations. Malheureusement comme toujours, nous sommes derrière et le blanc devant. Même quand il s’agit d’aller faire une bibliothèque en Afrique. Merci pour cet hommage que vous rendez à Fatou DIOME. J’ai échangé quelques mails privés avec Gaston KELMAN, lui aussi serait prêt à apporter son concours dans des actions de ce type. Je reprendrai contact avec vous par votre email privé si vous le voulez bien.

    Blaise KIBONZI

  42. Posté par D.O.W., le 16 février 2006 à 13:36

    Blaise, je crois que d’être resté si longtemps en France t’a fait un peu oublier les réalités de chez nous : je ne crois pas que Christophe Legay affectionne de travailler avec les "autorités". Je crois même qu’il ne demanderait qu’à ne plus jamais en entendre parler (si les autorités qu’il rencontre sont du type de celles que nous avons connues). Oui mais voilà mon cher Blaise, souviens-toi : chez nous, pour la concrétisation de certains projets, les "autorités" sont tout simplement incontournables. Je dirais même mieux, elles veillent à se rendre incontournables, question que le magot du bakchich ne leur échappe pas. Ce que Christophe Legay semble exprimer d’autre part, c’est que "autorités" corrompues ou non, leur soutien à ces projets est déterminant pour d’autres raisons : en effet, envoyer des livres à de jeunes gens qui ne savent pas trop quelle peut être l’utilité d’en lire un, alors qu’il n’y a déjà pas assez de temps entre le match de foot avec les copains et la jeune fille du quartier dont les seins commencent à pousser, envoyer des livres à ces jeunes-là sera probablement inutile, s’il n’y a pas des dispositifs pensés tout spécialement pour les inciter et leur inculquer le goût littéraire. S’il n’y a pas, au besoin, des dispositions qui les forcent à passer quelques heures chaque jour à la bibliothèque ; si ces bibliothèques ne sont pas maintenues en bon état ; si elles ne sont pas tenues par des hommes et des femmes compétents, passionnés, sachant subtilement trouver les bons mots pour faire que ces gamins reviennent souvent, passent de plus en plus par la bibliothèque, et finissent par en faire une sorte de seconde demeure. Et tous ces éléments sont tributaires de l’engagement des "autorités". Et c’est aussi là la raison pour laquelle je dis, moi, que nous devons certes témoigner toute notre gratitude à toutes les bonnes volontés, mais que tant que ces projets seront conduits par d’autres que des Africains (je veux dire aux avant-postes), leurs chances de réussite sur le long terme seront toujours d’autant plus faibles. Mais ce n’est pas ici une critique, si ce n’est alors une autocritique personnelle.

  43. Posté par Blaise KIBONZI, le 16 février 2006 à 18:22

    Cher D.O.W, c’est justement parceque nous connaissons très bien ces réalités de l’Afrique mieux que quiconque que nous pouvons savoir d’emblée qu’est ce qui sera efficace ou pas pour le peuple d’en bas. Comme l’aurait dit le poète du POITOU.

    Le problème du livre en Afrique est complexe.

    Autant j’ai combattu l’idée selon laquelle les "africains n’aiment pas lire", "la lecture est incompatible avec leur mode de vie en communauté",etc, etc, autant, je peux affirmer que les congolais n’aiment pas aller lire dans les bibliothèques. Même si Alain MABANCKOU affirme lui qu’il passait ses journées dans les bibliothèques du CCF (Centre Culturel Français). Il devait bien être l’exception qui confirme la règle. Moi à chaque fois que j’ai mis le pied au CCF, c’était dans l’espoir de draguer une petite blanche en faisant semblant de m’intéresser aux livres. Et comme ça marchait jamais, j’y ai plus jamais remis les pied. Et quand j’y allais au CCF, le nombre de têtes noires se comptaient sur les doigts d’une main. Disons des 2 mains et pas plus.
    Allez passer ses journées dans les bibliothèques, je ne crois pas que ce soit le truc des congolais. Je me rappelle par exemple quand j’étais étudiant à la FAC des SCIENCES à Brazza. La Bibliothèque de la FAC était super. Il y avait pas mal de livres. Le cadre était propice à la lecture. Mais combien d’étudiants fréqueantaient cette bibliothèque qui était le 1er batiment à gauche en rentrant dans l’enceinte de la FAC. Juste en face du batiment dit de la Scolarité. je mets au défi ici, les étudiants congolais qui ont fréquentait la FACULTE DES SCIENCES de BRAZZAVILE en même temps que moi, donc de 1982 à 1985 de me démentir.
    Cette non fréquentation de la bibliothèque par les étudiants faisait même l’objet des discussions entre nous. Nous incriminions les méthodes d’enseignements de nos profs qui n’incitait pas à la recherche bibliographique. Avait 19,5/20 celui qui rendait à la virgule prêt le cours du prof. Alors pourquoi se fatiguer à aller à la bibliothèque. Valait mieux aller de 18 heures à minuit sous le lampadaire de la Cité des 17 à MOUKONDO apprendre le cours par coeur. Et avec un peu de chance, tu pouvais même te trouver une copine là-bas. celle qui était entrain de reviser sous l’autre lampadaire juste à coté de toi. Tu te mettais alors à réviser à haute voix pour que la fille comprenne bien que tu es étudiant. Et pour peu que la fille était une jeune lycéenne préparant son BAC, tu rentrais avec le gros lot à la maison. C’est ce qui s’appelle faire d’une pierre 2 coups. Donc pour résumer, je dirai (en me basant sur l’exemple des congolais et qu’il ne faut peut-être pas généraliser vu que c’est des êtres à part), l’Africain aime lire sauf qu’il faut lui laisser le choix de l’endroit et du moment où il voudra lire.

    Blaise

  44. Posté par Christophe, le 16 février 2006 à 18:37

    Oui D.O.W., d’autant plus que petits blancs nous ne souhaitons pas nous montrer. Jusqu’à présent, nous donnons les livres à une association camerounaise qui, elle-même, les apporte aux bibliothèques. Nous mettre en avant n’apporterait rien de bon, et j’ai été monumentalement peiné lorsque l’ambassade avait profité d’un de nos envois, pour apporter en plus quelques livres et apposer une très large banderole portant le mot "France".

    La corruption ne nous touche pas directement. Par contre, elle casse les quelques responsables camerounais d’entreprise qui participaient loyalement et humainement à nos actions.

    Au Sénégal, nous allons intervenir grâce au Kinkeliba (nous les avons rencontrés ce jour), www.lekinkeliba.org, association pour le développement médical et l’éducation, qui oeuvre depuis 10 ans dans la région de Tambacounda. Cette association est très présente sur le terrain, relayée activement par Sadiya Guèye, auparavant égérie de Dior, appréciée par les plus hautes "autorités" du pays, et les maisons médicales, dispensaires, jardins d’enfants,... sont gérés par des sénégalais...
    CQFD

  45. Posté par Blaise KIBONZI, le 16 février 2006 à 19:37

    Christophe a écrit :"... sont gérés par des sénégalais... CQFD".

    Monsieur Christophe. Il est bien connu de tous les africains que les pays d’Afrique de l’Ouest en particuier le Sénégal et surtout le Mali sont ceux qui maîtrisent le mieux l’outil associatif. Et les maliens et les sénégalais n’ont pas attendu les blancs pour commencer à oeuvrer dans ce domaine. La légende des associations des éboueurs maliens de Paris qui construisent des écoles dans leurs villages au Mali n’est pas sortie de nulle part.

    En Afrique centrale le problème est tout autre. La culture associative n’est pas telle qu’on pourrait l’imaginer dans les pays d’Afrique de l’Ouest. Au contraire cette culture a été complètement biaisée, travestie. Dans le domaine associatif, on agit pas de la même façon selon qu’on se trouve en Afrique de l’Ouest ou en Afrique Centrale. Pour le moment vous avez plus de chance de réussir en Afrique de l’Ouest.

    En Afrique centrale une association (ONG) est d’abord vue comme un endroit où l’on va pour gagner de l’argent ou un tremplin pour une carrière politique, ou un instrument de politique (d’où la floraison des associations des épouses de Ministre sans compter l’association de Mme la Présidente elle-même). Dès lors vous comprenez la difficulté de faire de l’Associatif en Afrique Centrale. Si c’est le blanc qui est devant, tout le monde va venir car le blanc c’est celui qui a l’argent. Et si c’est l’africain qui est devant, on l’abat dès qu’il commence à obtenir des résultats car devient probable futur adversaire politique. Ou même simplement association considérée comme trop "concurrente" à celle de l’épouse du chef de l’Etat. Voilà aussi pourquoi (mais pas toujours) certaines autorités en place veulent se rendre incontournable. C’est pour ne pas voir la montée en puissance de quelqu’un qui réussirait dans le domaine associatif. Et pas seulement d’ailleurs, même sur le terrain économique c’est pareil.
    Je ne dis pas cela pour décourager les bonnes volontés que vous êtes. Bien au contraire. Personnellement je suis même d’avis de vous voir plus sur le terrain là-bas. Travaillant main dans la main. Il y a trop d’imbrication entre les soi-disant autorités et les associations en Afrique et notamment en Afrique centrale. ça n’aide à asseoir véritablement la culture associative dans cette partie de l’Afrique.

  46. Posté par NEZGROS de BAKASSA, le 16 février 2006 à 23:07

    Juste un partage d’expériences suite à la lecture du post de Christophe Legay.
    Je me souviens de mes premiers pas à la bibliotheque du CCF .Je lisais en premier les BD de TINTIN, ASTERIX, LUCKY LUCKE etc...C’était le prolongement de mes séances de dessins animés. Les différentes collections terminées, je m’orientais par curiosité(mes camarades en parlaient) vers les romans Bibliothèques verte rose et autres...
    A mon avis le personnel des biblio et les donateurs doivent tenir compte du nouvel environnement(pratiques culturelles) de la jeunesse au niveau local(communauté, quarier, ville). Sinon nous aurons des bibliothèques au fonds très riche, mais très peu fréquentées comme le soulignait Blaise KIBONZI. Le service des bibliothèques évolue. Maintenant il s’intéresse davantage aux usagers actuels, potentiels et futurs et aux usages. Il tient compte de l’environnement social. Par exemple dans une commune de France,une bibliothèque proche d’un pénitencier offre des services utiles aux personnes en réinsertion sociale.
    En Afrique tenons compte du désintéressement de la population pour mettre en place des biliothèques qui trouveront lecteur. Dans le cas contraire vaine sera l’initiative de dons...
    Felicitations et merci à M Alain Mabanckou et à tous les posteurs du blog. Vos écrits nous enrichissent et sont reconnus à travers ces structures qui parlent du blog.

  47. Posté par Blaise KIBONZI, le 17 février 2006 à 07:17

    Cher Christophe LEGAY, juste pour que je ne sois pas mal compris. "Blanc" est un terme générique chez nous pour désigner les occidentaux (personnes de pays riches). Il n’y a absolument aucun autre sous-entendu là desuus, mise à part le fait que : "Sé nous lé blâân sé sélui qui a l’arzent". Même quand c’est pas vrai. C’est ce que j’ai voulu dire ci-haut. Activiste de longue date dans les milieux associatifs, je sais pourtant que la grande majorité des "blancs" (notamment en FRANCE) qui s’engagent dans ces actions de solidarité envers le tiers monde en général et et l’Afrique en particulier sont des personnes bien souvent plutôt de conditions "normales" pour ne pas dire modestes. Ce sont même parfois des "français d’en bas", comme l’aurait dit le poète de CHASSENEUIL-DU-POITOU à coté de chez moi à POITIERS. C’est ça aussi le message que j’aimerais que nous Africains, d’ici, de là-bas ou d’ailleurs comprennions. 46 ans après les indépendances africaines, le mythe BLANC=RICHE perdure encore dans la tête des africains et se transmet de génération en génération comme une maladie génétique. Et ça aussi, ça fait partie des choses qui nous tuent et qui font que nous n’arrivons pas à avancer.

    Blaise

  48. Posté par Christophe, le 17 février 2006 à 13:29

    Bonjour Blaise

    Il est également vrai que la majorité des blancs vivant en Afrique continuent à se comporter comme des toubabs. Et que la tentation est grande de vivre dans cette facilité de se sentir important... car comparativement riches.

    D’autre part, il y a un sentiment post colonial qui ne me quitte pas, et qui me dérange personnellement quotidiennement dans nos actions. L’image du colon m’insupporte jusque dans nos envois de livres où il pourrait nous être reproché de véhiculer la seule culture occidentale.

    Docteur Blaise, faites quelque chose :))

  49. Posté par Ndoi, le 17 février 2006 à 14:26

    Amitiés à vous tous. Je rebondis sur Blaise et sur les blancs, avec une citation de Joseph TONDA, le professeur de sociologie, qui dit autrement la même chose : "les dominants, surtout lorsqu’ils disposent d’un capital culturel, scolaire ou universitaire et quelle que soit la couleur de leur peau, sont des "blancs". ("ethnicité et ethos de la consommation/consumation", Politique africaine, déc 98).

    Voilà un article qui pose bien des problématiques intéressantes, à commencer par celle-ci, qui n’est pas très éloignée de la question des AUTORITES : Joseph Tonda montre les processus de légitimation populaire de la prédation, tout ce qui de haut en bas de la société congolaise déconstruit l’Etat, bouffe, consomme/consume. Il interroge le paradoxe de "la critique virulente des Grands occupant des fonctions dans l’appareil d’Etat et qui ne volent pas", qui sont traités par les gens d’idiots et d’égoistes.

    Il s’appuie sur les adages qui circulent, ceux qui ont été entendus pendant la guerre ("pillage ezali pillage, pillage ezali moyibi te" Le pillage, ce n’est pas du vol), d’autres plus anciens (le cabri qui broute l’herbe là où il est attaché, le travail du blanc qui ne finit jamais). Il s’appuie sur les mythes (mundele ngulu, mamiwata). Keba : c’est écrit en "langue" universitaire, et comme m’a confié un jour un ami Doktère : pour qu’un texte soit un tant soit peu sérieux, il faut que cela soit chiant, sinon on n’a pas confiance ! Là, on est dans le très sérieux ! Mais prenez de la peine, ça le mérite.
    http://www.politique-africaine.com/... (pages 60 à 67)

    Ce que j’en comprends et que je voudrais partager c’est cet espèce de cercle vicieux :"Cette déconnexion du mérite scolaire et universitaire des "techniciens" d’avec les capacités de consommation instruit une attitude populaire où l’Etat n’est plus le garant des inégalités légitimées, mais l’instrument aux mains des prédateurs". Du coup, chacun a le droit de prendre sa part. Voler, dans un système perçu comme construit sur l’arbitraire du vol, ne s’appelle plus voler (je plagie le professeur outrageusement et sans guillemets pour mieux me l’intégrer).
    Et comme la société est politisée à l’extrême, ce rapport contamine toutes les relations sociales.

    Ce qui m’agace dans la dénonciation constante des dirigeants, et l’éloge implicite du bon peuple, c’est de gommer cette réalité, cette complicité populaire inavouée avec le système, et de s’abstenir de travailler dessus. Attention (jsais pas pourquoi, j’entends des bruits, comme un fusil qu’on charge ! ) : c’est une analyse sociologique, il s’agit de comprendre, pas de moraliser les masses (j’entends encore les bruits, faut qu’je consulte).

  50. Posté par moko pericle, le 17 février 2006 à 16:43

    Mon admirable Blaise .
    Quelle délectation et délation de la langue pour ses fresques de jeunesse congolaise.
    Toujours les congolais ,toujours eux...
    Heureusement nous nous rejouissons dans la mesure où nous avons au moins un, qui n’est pas congolais à part, qui est associatif, qui aimait la lecture à bas âge, qui a l’ordre du mérite(congolais !!), qui plaide pour les bibliothèques( alors là sans hypocrisie aucune , je t’admire pour cette oeuvre ô combien noble).
    Dommage et désolé , je ne saurai être d’accord avec toi dans la diabolisation à l’extrême des congolais .

  51. Posté par Blaise KIBONZI, le 17 février 2006 à 20:29

    Mon frère Moko pericle, pourquoi l’appelez-vous DIABOLISATION. Acceptez-vous comme vous êtes et on sera d’accord. Le problème avec les congolais c’est que vous voulez donner aux gens une apparence qui est fausse de vous. Alors les gens s’engagent avec vous sur la base de ce que vous leur faites croire mais qui est totalement faux VOIR LE CONTRAIRE. Ne faites pas par exemple croire aux gens que si les congolais ne lisent pas c’est parceque les livres sont chers, quand tout congolais sait pertinemment que 90% des congolais dépensent dans la semaine, l’équivalent du prix d’un livre en s’achetant des casiers de bières. Alors pourquoi faire fatiguer les pauvres blancs pour rien. Ils pourraient aller s’acheter leurs bières eux-aussi plutôt que de dépenser leur petits sous à nous emmener des livres en Afrique. Et que nous qui sommes à l’étranger après avoir déblaterré sur les sites WEB devenus notre occupation favorite, le soir c’est NDombolo assuré ? C’est là que je ne suis pas d’accord avec les congolais. La parole ne suit pas les actes ni le comportement. N’est ce pas le Général Président Jacques-Joachim YHOMBY OPANGO qui dit publiquement aux travailleurs congolais, je cite "De quoi vous vous plaigniez du non versement des salaires ? malgré les 3 mois d’arriérés de salaire à chaque fois que je passe devant un bar à BRAZZAVILLE, il est toujours plein". N’est ce pas que le Président YHOMBY l’a dit publiquement ? Il en aurait fallu 1000 YHOMBY au Congo et ce pays aurait marché. Sous YHOMBY les congolais se levaient à 05 heures du matin pour aller bosser. Et personne ne quittait le boulot avant l’heure. YHOMBY était entrain de refaire l’éducation du congolais. Sauf qu’à être trop entouré des congolais, il a été lui-même atteint par le syndrome du Congolais. Tout en prônant l’austérité, il a commencé à Importer d’Europe des lits à 1 million de CFA. Et qu’est ce que SASSOU a fait pour faire tomber YHOMBI. Il a TOUT SIMPLEMENT et d’une façon intelligente appuyer sur ce paradoxe pour faire tomber sans coup férir YHOMBY. Rappellez-vous le discours aux boulevards des armées du Capitaine (à lépoque) Jean-Jacques Nicolas MVOUENZE, qui fut le discours qui sonna le glas de YHOMBY-OPANGO. Au nom de SASSOU NGUESSO (à l’époque Ministre de la Défense et numéro 2 de YHOMBY) , Jean-Jacques Nicolas MVOUENZE conspua publiquement le Président YHOMBY-OPANGO en disant "Ils dédaignent les manguent de LOUDIMA pour en importer de YAMOUSSOUKRO". L’avez vous oubliez cette phrase et le tonnere d’applaudissement de la foule qui s’en suivit ? Et oui, la grand orateur Jean-Jacques Nicolas MWENZE ne soulignait pas autre chose que le PARADOXE DU CONGOLAIS. En effet, YHOMBY-OPANGO importait des mangues de YAMOUSSOKRO alors qu’il en tombait de fatigue dans la plantation fruitière de LOUDIMA. Là encore c’est YAMOUSSOKRO en Afrique, mais les congolais importent des chaises en bois de FRANCE et de BELGIQUE. Payé 400 euros la CHAISE ! Mais ça il faut l’expliquer aux gens mes frères, sinon comment voulez-vous qu’ils puissent comprendre l’état de misérabilisme dans lequel nous nous trouvons aujourd’hui. obligé de déambuler aux 4 coins du monde la bouche ouverte, à la recherche de quelqu’un qui nous mettrait un peu à manger dans l’oesophage. Quand bien même nous avons l’un des pays les plus riches d’Afrique avec à peine 3 million d’habitants. Allez donc expliquer à un Burkinabé, qu’à Brazzaville on est rationné en eau du robinet. Il va vous gifler en croyant que vous vous foutez de sa gueule. Brazzaville qui borde le soi-disant "majestueux" fleuve Congo, 2ème fleuve du monde par son débit (après l’AMAZONE) et par sa longueur (après le NIL). Brazzaville a un port fluvial sur le fleuve Congo. Ce fleuve dont tout congolais vante les mérites touristiques quand bien même, 2% seulement des congolais ont déjà navigué sur ce fleuve. Mais on a un problème mes frères. QUI ? je dis bien QUI ? peut me contester de tout ce que je viens de dire ? je vous regarde les yeux dans les yeux. CONTESTEZ-MOI. Personne ne pourra me contester sauf quelques petits parisiens blancs et petites parisiennes blanches auquels vous faites avaler vos bobards. C’est là que je vous en veux mon gars, vous faites croire aux gens exactement le contraire de ce que vous êtes. Et pire c’est vous qui voulez donner des leçons à la FRANCE, qui nous accueille, qui nous nourrit, qui nous soigne, qui nous traite en humain, alors que chez nous on nous pisserait dessus. On crêverait pour un manque d’aspirine. On ferait 3 jours sans se laver parcequ’il n’y a pas d’eau à Brazzaville. Vous qui partez en vacances pour la destination la plus chere au monde (PARIS-BRAZZAVILLE) vous devez le savoir.

    Contestez moi aussi que PARIS-BRAZZA est la destination est le trajet aerien le plus cher au monde. Et pourtant le congolais ne jure que par AIR FRANCE. LEs vols sont toujours pleins. d’1 vol par semaine, AIR FRANCE a été obligé de multiplier pâr 5 son nombre de vols par semaine. car c’est devenu sa ligne la plus rentable. AIR FRANCE se frotte les mains en vendant aux congolais des vols à 1500 euros, WESTON se frotte les mains en vendant aux congolais des godasses à 400 euros la paire. Oui mon frère Moko Pericle, vous aurez beau dire, il y a bien un paradoxe du congolais. Revenons aux livres mon frère car les 2 interventions de christophe et de Ndoi sont très interessantes également. Nous sommes au coeur du problème.

    Blaise

  52. Posté par Blaise KIBONZI, le 17 février 2006 à 20:40

    Christophe tu as raison dans ce que tu as dit. En 1992, j’ai moi-même effectué une mission au Congo avec des amis français blancs. Arrivé au Congo, l’un d’entre eux s’est vu dire par un conseiller de l’Ambassade de France au Congo que : "lorsqu’on était blanc, il fallait savoir parler aux noirs". Cette phrase avait choqué mon ami blanc. Mais pas moi. 14 ans après je réfléchis encore sur la dite phrase, en me demandant si ce fameux conseiller n’avait pas raison. Il n’aura pas en tout cas usurpé son titre celui-là ?

    Blaise

  53. le 17 février 2006 à 20:43

    J’apprécie beaucoup ce lieu de rencontre. On y apprend beaucoup de choses.

    Comme pour la démocratie où la question des institutions de pouvoir à mettre sous contrôle démocratique n’était pratiquement pas abordée, on retrouve la même chose ici :

    des bibliothèques, d’accord mais pour diffuser quel savoir ?

    En lisant les différentes interventions, on en apprend très peu sur le savoir ou les savoirs qui pourraient motiver une lecture d’un livre.

    On ne lit que très rarement pour lire seulement.
    Il y a toujours une satisfaction additionnelle plus ou moins affleurante.
    Il y a un aspect consumériste.

    On apprend que les Africains ne lisent pas sans trop savoir pourquoi.

    Ce qui serait intéressant est de ce connaitre ce que les Africains ne trouvent pas dans ces livres qu’ils n’ouvrent pas.

    Si on regarde la pénétration de l’écrit en France par exemple, on s’aperçoit vite qu’elle correspondait à un besoin urgent des populations qui y trouvaient des utilités.

    Quels sont donc les attentes de savoirs qu’ont les Africains ? Quels demandes de savoirs peuvent les motiver à se plonger dans l’écrit ?

    PS : J’apprécie évidemment le message juste avant qui donne résonance à ma pensée sur les institutions de pouvoir.

  54. Posté par D.O.W., le 17 février 2006 à 21:37

    En tout cas moi, Ndoi, je n’ai pas chargé de fusil :-) La thèse d’une complicité populaire dont bénéficierait l’Etat en Afrique pour perpétrer ses crimes et sa prédation, est une vue sociologique intéressante. C’est d’ailleurs également une des grandes thèses (controversée) de La Postcolonie d’Achille Mbembe. Moi je n’y crois pas trop. Pour moi, il n’est même pas forcément besoin de faire de la sociologie pour mettre en question un tel axiome. "Voler, dans un système perçu comme construit sur l’arbitraire du vol, ne s’appelle plus voler". C’est exact. Mais cette formule, pour moi, ne met pas en lumière une double responsabilité, mais bel et bien une seule et unique responsabilité. Lorsque l’on érige effectivement le vol en norme, et que l’Etat qui fait cela est despotique, totalitaire et meurtrier, questionne-t-on sans circonspection les attitudes populaires ? Imaginons qu’un psycopathe armé braque son Smith & Wesson sur la tempe d’une jeune femme et lui demande de se dévêtir. Supposons ensuite que l’instant d’après, on les surprenne tous deux dans la posture que tout le monde imagine. Eh bien, faire au peuple en Afrique un tel procès en complicité, c’est comme reprocher à cette jeune femme d’être complice des tendances exhibitionnistes de son partenaire. Qu’on use ou non de la sociologie pour le dire, reconnaissons qu’avec cette jeune femme, on serait pour le moins très injuste.

  55. Posté par moko pericle, le 17 février 2006 à 22:50

    Mon frère Blaise, par admiration t’invite dorénavant, qu’en traitant les congolais comme vous les traitez. De grâce dites "nous" et non vous. Au moins ce sera le reflet de votre propre visage de congolais face au miroir du paradoxe des con-golais (cons)que nous sommes(vous et moi). "Si la pirogue des congolais cons coule, vous aussi coulerez dans la seine avec eux pour avoir été con par incrédulité".Au delà de tout propos, je vous dois admiration.

  56. Posté par Ndoi, le 18 février 2006 à 20:03

    Merci de ta réponse, mon cher DOW : pour un diseur de rien comme moi, pire que le bruit des fusils, il y a le silence poli !
    Non je ne suis pas d’accord pas avec toi, ni avec Angoualima et la jeune femme qui te servent d’exemples. Le pillard qui pille, le hiérarque qui bouffe et les parents qui vont en partager quelques miettes n’ont ni un Smith, ni un Wesson braqué sur la tempe. Ils savent ce qu’ils font, il n’y a pas dol du consentement.
    Mais la vox populi, et toi aussi, va trouver des circonstances atténuantes aux derniers : L’Etat est accaparé par les voleurs, ce qui autorise l’homme du peuple à voler. Voler les voleurs, ce n’est plus du vol. Pillage ezali moyibi te. Et c’est un engrenage : on minimisant le vol des petits, on amnistie celui des grands, on légitime le vol lui-même. Le cycle est accompli et le hiérarque peut recommencer à bouffer.

    Je te prendrais un autre cas pratique : la bibliothèque que l’on a contribué à équiper court un jour le risque certain d’être dévalisée, détournée, que sais-je encore. Ce n’est pas du fantasme, l’organisation qui l’a mis en place a été déjà vidée par certains d’en-bas et a déjà fait l’objet de tentatives de détournement par d’autres d’en-haut. Notre patiente construction collective partira ce jour là en fumée, nous en serons pour un temps désespérés. Irons-nous dire ce jour-là : "non, mais, les dirigeants du pays sont seuls responsables, hein !" ?

    Comment ne pas voir la continuité entre la prédation des gens du haut et la légitimation qu’en font ceux du bas ? L’admettre n’est pas minimiser la responsabilité du personnel politique, mais tenter de rompre le cercle vicieux. Et nous apparaissons comme complices, nous les clercs que nous sommes à des titres divers, en ignorant les travaux de nos propres chercheurs, en refusant de les transformer en langage politique.

    Ce qu’il faut bien voir, c’est que ce discours n’est pas facile à tenir : je donne l’impression de protéger les Grands et de tirer sur ceux qui n’ont rien. C’est beaucoup plus simple de dire : l’Etat despotique et meurtrier c’est eux, le peuple spolié c’est nous. Sans examiner les échanges incessants entre ces deux acteurs.
    Il reste que je cherche toujours le politique qui se lèvera pour dire : "voler les voleurs, c’est encore et toujours du vol", qui transformera en arme politique la thèse du professeur TONDA. Inutile pour ses concurrents de l’éliminer, la foule s’en chargerait. Ce n’est donc pas une simple question de courage politique ou de pusillanimité ; le marché politique n’est sans doute pas prêt à ingérer cet aliment là. Voilà pourquoi, la politique au Congo n’a pas d’avenir à court terme.

  57. Posté par Blaise KIBONZI, le 19 février 2006 à 07:37

    A l’intervenant du 17 février qui n’a malheureusement pas signé, c’est dommage ! (Il s’agit du message entre le dernier de Blaise et celui de D.O.W) :

    (1) Vous dites "des bibliothèques, d’accord mais pour diffuser quel savoir ?"

    Pour ma part, je vous répondrai simplement "Le savoir universel"

    (2) vous dites : "En lisant les différentes interventions, on en apprend très peu sur le savoir ou les savoirs qui pourraient motiver une lecture d’un livre".

    TRES BIEN parlé Monsieur ou Madame. C’est peut-être là, la vraie question. Je vous donnerai plus tard ma réponse à cette PERTINENTE question.

    (3) Vous dites : "On ne lit que très rarement pour lire seulement. Il y a toujours une satisfaction additionnelle plus ou moins affleurante. Il y a un aspect consumériste.".
    NO COMMENT, pour ma part, j’approuve entièrement ce que vous dites.

    (4) Vous dites : "On apprend que les Africains ne lisent pas sans trop savoir pourquoi".

    Si, si, Monsieur ou Madame, quelques raisons sont régulièrement avancées : livres inaccessibles car trop chers, pénuries de bibliothèques, mode de vie communautaire donc incompatible avec la lecture qui isole. Pour ne citer que celles là. Sauf qu’à mon avis, mis à part le livre trop cher ce qui, c’est vrai constitue un véritable handicap à la lecture en Afrique ; tous les autres arguments sont à mes yeux non valables.

    (5) Vous dites : "Ce qui serait intéressant est de ce connaitre ce que les Africains ne trouvent pas dans ces livres qu’ils n’ouvrent pas.". Ben dis donc, Monsieur ou Madame, vous avez une thèse en sociologie du livre ou quoi ? En voilà une autre bonne question. En fait les seules vraies questions qu’il faut se poser en amont, avant même d’organiser des rallyes d’Orientation sur le continent africain cartons de livres sur les épaules.

    (6) Vous dites : "Quels sont donc les attentes de savoirs qu’ont les Africains ? Quels demandes de savoirs peuvent les motiver à se plonger dans l’écrit ?". ça c’est une bonne question Monsieur ou Madame. Personnellement je vous répondrai en disant que ce sont certainement les mêmes dont vous dites qui ont permis la pénétration de l’écriture en France.

    Monsieur ou Madame, merci de revenir ici, de signer et de vous installer dans ce village MABANCKOU, car je pense que vous pouvez nous apporter beaucoup dans ce débat et dans la recherche des solutions.

    Je répondrai tout à l’heure sur votre question que j’ai marqué (2) dans mon texte.

    Blaise

  58. Posté par Jean-Pierre, le 19 février 2006 à 13:19

    Lorsqu’on voit un message au style lourd, ampoulé, à la limite pédantesque, à la construction décousue, on peut l’attribuer à Jean-Pierre. Une mauvaise manipulation a fait que le message est parti sans m’être attribué.

    Je peux déjà circonscrire mon apport : il est celui de l’Etranger pour qui les choses communes des Initiés ne vont pas de soi.

    D’où mes questions : un contrôle démocratique sur quels institutions de pouvoir ?
    Des bibliothèques pour diffuser quels savoirs ?

    Certains morceaux m’induirent à penser que l’Afrique est considérée comme hors des influences mondiales.
    Par exemple, l’Africain ne lit pas.

    Lorsqu’on met en parallèle ce comportement avec le reste du monde, on peut déjà relativiser, je pense, en l’Africain est celui qui lit le moins (attendu que cela soit vrai) car il y a aussi une crise de la lecture ailleurs et il me semble artificiel de vouloir retirer les Africains de ce phénomène largement répandu.

    A mon sens, la particularité de l’Afrique est d’affronter les mêmes problèmes mondiaux que les autres pays sans être passé par les mêmes phases qu’eux.

    Donc si on ne lit pas tant que ça en Afrique, c’est aussi peut être parce que l’heure mondiale n’est plus tant à la lecture.

    Je donne une référence de livre:Lire et écrire, l’alphabétisation des Français de Calvin à Ferry par Furet et Ouzouf.

    L’une des conclusions de ce livre est la mise en évidence de la nécessaire utilité sociale de l’alphabétisation : il y a un engagement communautaire fort, une demande sociale pour une diffusion du savoir, celui-ci en retour permettait une amélioration directe de la vie des communautés.

    Sur le savoir universel : on sait aussi qu’il y a la vague de spécialisation de la connaissance au début du XXème siècle, mouvement qui a attaqué le savoir universel en le pulvérisant en une multitude de savoirs plus ou moins cloisonnés.

    Si on regarde les habitudes de lecture des Français : il y a beaucoup de lectures d’affinité communautaires :
    on lit les romans à succès états uniens, cela permet de se sentir un peu états uniens.
    on lit les romans de son milieu social. Cela permet de s’intégrer plus facilement.
    On lit des lectures politiques partisanes pour se renforcer dans son choix politique.
    On lit des romans historiques glorificateurs du passé pour soulager la petitesse du présent.
    On lit des ouvrages techniques pour améliorer ses compétences de travail...
    Etc.
    Les lectures de savoir universel, sans autre but que le savoir, ne sont pas si répandues.
    D’ailleurs, les grands classiques ne sont pas si lus que ça.

    Il y a donc bien un aspect consommateur à prendre en compte.

    Quant à l’alphabétisation, elle peut très bien passer par un seul livre, à condition que le livre soit suffisamment gros.
    Et elle peut aussi très bien passer par des habitudes communautaristes.

  59. Posté par Timba Bema, le 19 février 2006 à 15:22

    Il me semble qu’il y a beucoup de préjugés qui se font sur la pénétration de la lecture en Afrique. Dans un premier ordre, à la question :"Est ce que les africains lisent ?" on peut y répondre comme on le ferait,en la retournant, à celle qui consiste à savoir : "Est ce que les américains lisent ?". On peut l’aborder en estimant le nombre de livres lus par an ou achetés. Intuitivement, il apparaît que si ce ratio, rapporté la population entière, il est trés faible quelque soit l’endroit du monde où on se trouve si on le compare au volume de la production littéraire dans le pays concerné. Dans ce sens, LE PROBLEME DE LA LECTURE N’EST PAS SPECIFIQUEMENT AFRICAIN NI PLUS PREGNANT EN AFRIQUE QUE PARTOUT AILLEURS DANS LE MONDE. Par ailleurs, si on considère le ratio des livres lus ou achetés par rapport à une population "littéraire", alors il est de niveau appréciable. Dans un second ordre, au sujet de la cherté des livres ; c’est complètement faux de dire que les livres sont chers en Afrique-si l’on exclut du compte les livres importés. Il existe dans plusieurs pays des éditeurs nationaux. Et le coût d’achat -du moins en ce qui concerne la littérature- qui varie entre 5-20Euros . Ces éditeurs publient également beaucoup d’écrits dans différents champs de la connaissance, de la réligion aux sciences humaines, du théatre à la poésie, etc ...Dans un troisième ordre, au sujet de l’analphabétisme, il faut lire les rapports de l’UNESCO qui indiquent la progression spéctaculaire de l’alphébétisation de l’Afrique. Par ailleurs, on sait que ce n’est pas une entreprise définitive comme le montre l’expérience des pays occidentaux. Dans un quatrième ordre, on parle de mode vie communautaire mais il faut rappeler que les villes africaines concentrent aujourd’hui une bonne tranche de la population de ces pays. Et qu’elles sont, dans le monde, celles qui connaissent la plus forte progression de leur démographie au point d’inquiéter le PNUD(il s’agit pour cela de se référer à Johannesbourg, Lagos, Le caire,Douala, Cotonou, Abidjan,etc...). Ainsi, la tendance démographique forte en Afrique est à l’urbanisation avec toutes les conséquences humaines que cela implique. Ainsi, de ce point de vue, cette situation ne s’oppose pas du tout à la lecture ni encore moins à la création. A mon avis, la création d’une bibliothèque n’est pas une action ponctuelle mais permanente. Il va falloir l’animer, renouveller les collections, faire des actions sur le terrain des établissemnts scolaires,promouvoir les inscriptions, organiser la vie littéraire,etc...Est ce que cela fait partie de la feuille de route de la bibliotheque de OUENZE ? Par ailleurs, la solution me semble être du côté du marché. Il faut que ce soit cette institution capitalistique qui se charge de la circulation du livre en Afrique. Il faut faire confiance au marché ou alors le créer ou l’animer lorsqu’il est moribond car, dans l’histoire, ce mode de distribution à fait ses preuves dans la circulation des Arts et du Savoir. LE VERITABLE PROBLEME EN AFRIQUE EST QU’IL N’Y A PAS DE VIE LITTERAIRE.DE LA DECOULENT A MON SENS LE RESTE DES PROBLEMES.

  60. Posté par Blaise KIBONZI, le 19 février 2006 à 21:57

    Jean-Pierre, merci. Je t’avais pas reconnu. Mais comme tu l’as vu, j’ai su apprécier la pertinence de tes analyses.
    Cher ami TIMBA BEMA, tu dis : "A mon avis, la création d’une bibliothèque n’est pas une action ponctuelle mais permanente. Il va falloir l’animer, renouveller les collections, faire des actions sur le terrain des établissemnts scolaires,promouvoir les inscriptions, organiser la vie littéraire,etc...Est ce que cela fait partie de la feuille de route de la bibliotheque de OUENZE ?".
    Cher TIMBA BEMA, notre ami Francis LE HERISSE actuellement à Brazzaville s’inscrit exactement dans cette logique. Il a même un programme intitulé "LIRE EN AFRIQUE" pour appuyer le développement de cette bibliothèque. Nous avons devant nous un cas concret qui peut nous servir pourquoi pas de champ d’expérimentation (n’ayons pas peur des mots). Francis depuis Brazza, peut nous dire si ça marche ou pas. Et aussi répondre aux questionnements de Jean-Pierre. La bibliothèque de OUENZE étant en plein coeur de Brazzaville elle balaye d’un revers de la main les arguments du genre (70% de la population en milieu rural africain est analphabète). De plus le congo a été il n’y a pas longtemps encore le pays le plus scolarisé d’Afrique noire. D’autre part, c’est un pays d’écrivains par excellence. On a avec la bibliothèque de OUENZE toutes les donnée pour percer le mystère de la non-lecture chez "les africains". Mettons donc nous en relation directe avec Francis et la bibliothèque de Ouenzé et approfondissons ensemble cette question, si Francis est d’accord bien entendu. Une fois de plus, l’association NOUVELLE ELITE peut mettre à disposition le cadre necessaire pour réaliser ce travail. Le site de l’association venait d’être ouvert au public, et on peut ouvrir un forum dédié uniquement à cette question de la bibliothèque de Ouenze.
    http://nouvelle-elite.congoplus.com

    Blaise

  61. Posté par Jean-Pierre, le 21 février 2006 à 10:19

    J’en serai heureux tout en espérant pouvoir m’inscrire sur le forum. Les adresses de messagerie hotmail et autres sont-elles autorisées ?

  62. Posté par Blaise KIBONZI, le 21 février 2006 à 20:11

    Oui Jean-Pierre tu peux t’inscrire sur le site de l’association NOUVELLE ELITE sans aucun problème. L’inscription sur le site n’implique nullement adhésion à l’association. Chers amis, il nous faut trouver le moyens d’approfondir la reflexion que nous avons entamée ici et donner un prolongement à l’action que nous avons également menée ici en envoyant tous ces livres à la Bibliothèque de Ouenze au Congo. Soyez indulgents chers amis, le site de NOUVELLE ELITE n’est pas encore complètement finalisé, mais nous pouvons d’ores et déjà utiliser les forums et la galerie d’images pour maintenir l’élan de solidarité et la réflexion qui est née ici sur le blog d’Alain MABANCKOU. Si bien sûr, Francis LE HERISSE l’accepte, nous pouvons ouvrir sur le site de NOUVELLE ELITE un forum specialement dédié à la bibliothèque de OUENZE. Et dans la galerie d’images on retrouvera les photos de l’arrivée des livres à Brazza, de leurs mis en rayon dans la bibliothèque de Ouenzé, et aussi suivre et accompagner la campagne "LIRE EN AFRIQUE" que Francis va lancer à Brazzaville. Bien sûr que nous invitons sur ce site toutes les personnes ici présentes qui ont contribué à l’envoi de ces livres au Congo et aussi tous les autres qui aimeraient approfondir avec nous cette question du livre en Afrique. L’avantage c’est que nous serons en relation directe avec des personnes qui se trouvent là-bas sur place. Qui ont déjà une bibliothèque équipée avec plein de livres et en plein coeur de Brazzaville. On pourra avoir directement leur avis (le dispositif de NOUVELLE ELITE le permet). On pourrait ainsi avoir une idée précise sur le taux de fréquentation de la bibliothèque, les ouvrages les plus consultés, qu’est ce qui marche, qu’est ce qui ne marche pas, etc....

    Nous allons adresser aujourd’hui même un message à Francis, afin qu’il nous donne son avis sur la question. S’il est OK, on ouvrira aussitôt sur le site de l’association NOUVELLE ELITE, un forum spécialement dédié à la Bibliothèque de Ouenzeau Congo-Brazzaville, avec bien sûr avec un pont direct sur le blog MABANCKOU.

    Donc n’hésitez pas à venir vous inscrire en masse sur le site de l’association NOUVELLE ELITE pour le suivi de l’opération d’envoi des livres à Brazza. http://nouvelle-elite.congoplus.com

    Blaise

  63. Posté par NEZGROS de BAKASSA, le 21 février 2006 à 20:28

    Je redis encore merci pour le bonheur que vous me procurez sur ce blog.
    La réaction de Sami est sans qualificatif concernant l’acte de barbarie sur Ilan. Merci sami.
    Merci également à Blaise Kibonzi,à l’association Elite et à tous ceux qui participent ou rejoindront plus tard cette initiative de la bibliotheque.
    Permettez moi de revenir sur cette phrase :"A mon avis, la création d’une bibliothèque n’est pas une action ponctuelle mais permanente. Il va falloir l’animer, renouveller les collections, faire des actions sur le terrain des établissemnts scolaires,promouvoir les inscriptions, organiser la vie littéraire,etc...Est ce que cela fait partie de la feuille de route de la bibliotheque de OUENZE" ? Elle est à l’origine de ma formation actuelle ; et je souhaite vivement que cette interrogation soit permanente dans la tête de tous ceux qui auront en main la gestion quotidienne de cette bibliothèque.
    La bibliothèque de Ouenze assurera un service public si je ne me trompe. L’acceuil, l’information, la disponibilité, et le détachement du personnel seront l’image de la biblio ; pensons-y.
    Mille merci à tous

  64. Posté par Blaise KIBONZI, le 22 février 2006 à 04:53

    Cher Nezgros BAKASSA, ce n’est pas que la "bibliothèque de Ouenzé assurera un service public...." (comme tu le dis). ELLE ASSURE DEJA ce service publi. Cette bibliothèque est déjà fonctionelle à Brazzaville et fréquentée. Sauf qu’elle est tenue par un organisme type assiociative appellé MJC (Maisons des jeunes et de la Culture) créee sur place à l’initiative d’un congolais et soutenu par le MIDAF (Mouvement International pour le Déveveloppement de l’Afrique Francophone), une association qui a son siège dans la ville de Rennes en FRANCE et dont Francis LE HERISSSE ici présent est le Président (corrige moi Francis, si je dis des bétises). L’Association NOUVELLE ELITE a appris tout cela ici, en fréquentant ce blog de MABANCKOU et c’est de là que nous avons inititié la collecte et l’envois des livres d’auteurs Africains (qui faisaient défaut - aux dires de Francis - à cette bibliothèque). L’association NOUVELLE ELITE a d’autre part, acheté avec ses (petits) fonds propres (et sur proposition de Francis toujours) une dizaine de livres traitant de l’esclavage et ce, dans la continuité du "Séminaire International de Loango sur la traite négrière et l’esclavage", organisé à Pointe-Noire en août 2004 par l’UNESCO. En effet ce séminaire était venu rappeler que LOANGO était un haut lieu de mémoire sur la traite négrière. Combien de congolais le savent ? L’association NOUVELLE ELITE agit donc en soutien dans cette chaine de solidarité vers la bibliothèque de OUENZE que nous espérons tous voir prospérer. Si le MIDAF est association française et voire même bretonne (rires), NOUVELLE ELITE se veut association CONGOLAISE, bien qu’ayant son siège social en FRANCE, elle a une une antenne au Congo déclarée auprès du Ministère de l’intéreur. Cette association entend réunir toutes les bonnes volontés congolaises où qu’elles se trouvent dans le monde, afin de pouvoir agir pour le Congo. Mettre NOUS AUSSI EN TANT QUE CONGOLAIS la main à la pâte au lieu que de parler seulement. Sachons aussi AGIR quand il le faut. Surtout ne restons pas là en spectateur quand on voit les efforts qu’accomplissent certains organismes ou associations étrangeres. NOUVELLE ELITE veut être partenaires dans ce type d’opérations pour emmener NOTRE PART DE CONTRIBUTION aussi en tant que Congolais (même si dans NOUVELLE ELITE il y beaucoup de "non" congolais et énormément de "non" congolais soutiennent l’association NOUVELLE ELITE). A travers cette association, nous volulons montrer (et efficacement) à tous ceux qui agissent ou veulent agir pour le Congo, que nous sommes là aussi nous congolais. Prêt à apporter (EN TANT QUE CONGOLAIS) notre contribution et aussi NOTRE CONNAISSANCE DU TERRAIN et DES MENTALITES. Nous avons été ces congolais là, hier. Nous connaissons le Congo. Nous avons grandi dans cette misère (en tout cas en ce qui me concerne) mais on a pu s’en sortir. Donc nous connaissons les chemins par où il faut passer. Et ces chemins restent valables (sauf changement de mentalités de la part des congolais). Nous pouvons donc apporter nos expériences personnelles, nos connaissances précises du terrain et des mentalités en les confrontant dans une réflexion commune avec d’autres modèles qui existent ailleurs dans le monde afin d’aboutir à des solutions véritablement adaptées et appropriées sur la question du livre au Congo et pourquoi pas en Afrique en général pour les pays africains qui seraient confrontés dans ce domaine aux mêmes difficultés que le Congo. C’est te dire mon frère Nezgros BAKASSA que nous pouvons faire de la bibliothèque de OUENZE une sorte de projet pilote. Réunir dès à présent toutes les intelligences et les bonnes volontés autour. Aussi les remarques pertinentes que tu fais, les questions que tu te poses ou nous pose, vient donc, venez donc vous inscrire sur le site de NOUVELLE ELITE et nous allons en débattre, les approfondir. Les conclusions qui en découleront pourront être DIRECTEMENT appliquées à la bibliothèque de OUENZE, en s’en donnant les moyens bien sûr. Apparaîtront sûrement d’autres problèmes. Tu comprends donc pourquoi je parle de projet pilote (même si je ne sais pas si le terme plaira à Francis).
    Concernant le forum spécial "Bibliothèque de OUENZE" sur le site de NOUVELLE ELITE, j’avais presque envie de l’appellé "Plaidoyer pour des bibliothèques en Afrique - Suite blog MABANCKOU". Mais comme NOUVELLE ELITE est une association eminemment démocratique, c’est ensemble que nous trouverons le nom à donner à ce forum. Je rappelle aussi à tout le monde que la messagerie a été le seul moyen technique utilisé pour organiser les discussions autour de collecte d’argent et l’achat des livres opérés dernièrement. La méthode a été efficace malgré tout, et ce grâce à l’indulgence des uns et des autres qui ont toléré le bourrage de leurs boites de messagerie privé, parfois juste pour se voir recevoir un mail du genre : "Francis, j’ai bien reçu ton mail, signé Blaise". Avec un forum on est épargné de tout cela. Nous avons fait également un essai d’utilisation de News Group , malheureusement, l’expérience n’a pas été concluante (question de manque d’habitude chez beaucoup d’entre nous certainement). mais avec le forum ça devarit plutôt bien marcher. Je précise enfin que dans le cadre de l’opération d’envoi des livres, nous avions réussi à réunir des personnes résidant sur 3 continents : l’Afrique, l’Amerique, et l’Europe. Après discussion et précisions des modalités de participation, chacun a envoyé sa contribution à la trésorière de NOUVELLE ELITE en FRANCE. Et c’est NOUVELLE ELITE qui a fait les achats de livres sur la base d’une liste qui avait été définie entre participants. NOUVELLE ELITE a ensuite remis tous ces livres à Francis qui les emmené au Congo pour les remettre à la bibliothèque de OUENZE AU NOM DES BLOGGUEURS DU VILLAGE MABANCKOU, exception faite pour les livres sur le thème de l’Esclavage achetés avec le budget propre de l’association NOUVELLE ELITE et envoyé également à la Bibliothèque de OUENZE comme don de l’association NOUVELLE ELITE. Mais parallèlement à cela, outre le support logistique que nous avons donné à cette opération, des membres de l’association NOUVELLE ELITE (dont moi-même) avions participé financièrement et à titre individuel dans l’achat des livres pour le compte du Village MABANCKOU. D’ailleurs, le chef du village a lui-même aussi participé à l’opération au même titre et niveau que les autres participants. Et c’est ce que nous souhaitions. Car c’est cela aussi la philosophie NOUVELLE ELITE. On ne doit pas tout attendre des blancs, des politiques ou des écrivains. Fussent-ils grands. C’EST TOUS ENSEMBLE chacun apportant ce qu’il peut apporter dans l’action et/ou dans la réflexion COMMUNE que nous parviendrons. Très cher Nezgros BAKASSA, on attend donc ta venue sur le site de NOUVELLE ELITE car l’aventure ne fait que commencer. D’avance merci à toi et à tous ceux qui viendront nous rejoindre. Sachons liée la parole aux actes. Nous avons là un exemple précis avec la bibliothèque de OUENZE au Congo-Brazzaville. Venez apporter votre contribution en termes d’idées déjà et ensuite dans la concrétisation de ces idées. http://nouvelle-elite.congoplus.com

    Blaise

  65. Posté par Blaise KIBONZI, le 22 février 2006 à 04:58

    ERRATUM. Lire plutôt : "Cher Nezgros BAKASSA, ce n’est pas que la "bibliothèque de Ouenzé assurera un service public...." (comme tu le dis). ELLE ASSURE DEJA ce service publiC. Cette bibliothèque est déjà fonctionNelle à Brazzaville et fréquentée. Sauf qu’elle est tenue par un organisme type assiociatiF appellé MJC (Maison des jeunes et de la Culture).
    ======================================

    Blaise

  66. Posté par Léocadie, le 22 février 2006 à 09:23

    je suis très ravie qu’Alain ait abordé la question des bibliothèques en Afrique. je félicite les Associations et quelques congolais de la dispora qui envoient des livres dans certaines bibliothèques, aussi modestes soient-elles.

    Cette initiative va contribuer au développement culturel de notre pays.Et, les férus du livre, trouveront la matière pour nourrir leur cervelle. Il ne faut donc pas baisser les bras devant ce combat que vous avez amorcé.

    Merci Alain pour ce blog qui nous permet de nous exprimer et proposer des astuces pour sortir notre pays de son sommeil eternel.

    La bibliothèque est le vivier des hommes et femmes qui veulent apprendre, connaitre un peu plus pour etre efficace et agir dans le futur. Je soutiens ce pladoyer.

    KIB.

  67. le 22 février 2006 à 22:12

    Chere Leocadie,

    Ces propos sont d’une sagesse infinie !
    A bientot donc...

    A Mabanckou

  68. Posté par Jenny , le 22 février 2006 à 22:44

    Voilà, pour ce genre d’article le net a toute sa raison d’être...
    je suis engagée pour ma terre, pour la terre de tous, pour la Terre Première.
    et grace à cet article je sais...je sais que j’ai raison de croire en l’avenir,de croire en cette terre qui, parcequ’elle a encore tout a apprendre, tout a gagné doit être au centre des batailles. Dans tout les cas elle sera au centre de la mienne et de tous les miens que je parviendrai à rallier a cette cause qui me tiennent...oh ! oui A COEUR !!!!!!!!!!!

  69. Posté par Blaise KIBONZI, le 23 février 2006 à 04:45

    Léocadie, pourquoi signes-tu KIB. Serais-tu une KIBONZI cachée (rires) ? En tout cas il semble qu’on a pas que le "KIB" en commun. Le chef du village (Alain MABANCKOU) t’a dit "A bientôt ....donc".
    Jenny, ton mot est également touchant. Nous comptons sur vous tous et vous toutes.

    Blaise

  70. Posté par NEZGROS de BAKASSA, le 23 février 2006 à 05:21

    Blaise KIBONZI, merci pour la rectification. Merci également pour le post. Je visite quelques fois le site de l’association.J’ai peur d’intervenir sur des sujets que je ne maitrise pas. Comme j’ai toujours eu peur d’écrire...S’il m’arrive de faire quelques posts ici c’est justement parce que, je crois à l’importance de la lecture publique en Afrique. Devant les grands pas en avant de l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique central semble avancez à reculons. J’espère un jour vivre des expériences à l’Ouest pour comprendre les difficultés du centre.
    Dès que la porte des idées sur la vie d’une bibliothèque sera ouverte, j’apporterai ma modeste contribution à partir des expériences acquises dans le cadre du déroulement de mes études.
    J’ai un intérêt particulier pour l’enfance et la jeunesse(-15ans) car je me suis rendu compte en tant que libraire par le passé, qu’ils ont besoin de plus d’attention. Quelques fois la plus petite cellule sociale[ la famille] n’a pas souvent l’initiative ou l’idée de developper des pratiques culturelles[lecture, exposition,peinture, etc...] chez les petits. Et pourtant c’est à l’âgedu début de l’éducation, et de l’acquisition de cette créativité, cette curiosité innocente qui caractérise l’enfant. Pensons à mettre en place selon les moyens un espace dédié aux plus jeunes à la bibliothèque de OUENZE.

  71. Posté par NEZGROS de BAKASSA, le 23 février 2006 à 05:31

    So sorry je pense que l’on dit : "libraire dans le passé". Aidez moi je vous en prie. La langue française est trop dur pour moi. A quand des éditions bilingues francais/lingala des grands classiques de littératures africaines pour ma petite tête et celle de mes amis les enfants ? On apprendra ainsi à être polygotte.
    SV plait mettez quelques livres en langue nationale et si possible prévoir des séances de lecture à voix haute. Je ne maitrise que ce que je pratique courament. Merci.

  72. Posté par Blaise KIBONZI, le 23 février 2006 à 12:41

    Cher Nezgros BAKASSA, tes 2 posts sont beaux. Il ya vraiment une véritable jouissance à lire les interventions sur ce sujet. Nous travaillons en ce moment pour la mise en place du cadre sur le site de NOUVELLE ELITE qui permettra le prolongement de cette réflexion avec tout l’héritage acquis ici. Pour ma part mon rêve a toujours été de trouver un espace de discussion où il y aurait autant de débatteurs à l’étranger qu’en Afrique (au Congo dans le cas précis). Je rêve de ça et pour moi Internet aura un véritable sens quand on aura atteint cela. Car je crois véritablement en cet outil pour adider l’Afrique. C’est vraiment dommage qu’il n’y ait pas assez d’intervenants qui interviennent depuis l’Afrique. Certains me diront encore qu’Internet "isole". Et "est contraire au mode de vie chez les africains qui est plutôt communautaire". Cher Nezgros BAKASSA, que ce soit "j’étais libraire par le passé" ou "j’étais libraire dans le passé" la forme la plus juste, en tout cas tout le monde aura compris ce que tu voulais dire. Je laisse la place au spécialiste de la langue de Molière pour nous dire ce qui serait juste car comme toi mon frère, "Je ne maitrise que ce que je pratique courament". Et moi c’est le lingala que je pratique couramment. Bien que depuis que j’ai décidé de m’installer définitivement en France, je m’efforce à faire du français ma première langue.

    Blaise

  73. Posté par Ndoi, le 23 février 2006 à 18:50

    "LE VERITABLE PROBLEME EN AFRIQUE EST QU’IL N’Y A PAS DE VIE LITTERAIRE", nous dit très justement Timba Bema. Voilà un thème dont on n’a pas fait le tour. Combien de maisons d’édition au Congo, combien d’émissions littéraires radiodiffusées ou télévisées ? Et quel minimum faut-il pour amorcer une vie littéraire minimale ?

    Mon un rêve éveillé à moi, celui que j’espère voir de mon vivant, c’est un rendez-vous du genre de l’émission de Bernard Pivot à Brazza. L’animation, on n’a pas le choix, on la confiera au citoyen Mabanckou. Je le vois bien planter avec candeur et affabilité les sujets vicieux qui feront vociférer ses invités. Genre : "Professeur Mbembe, parlez-nous de la sodomie, de la fellation et autres privautés postcoloniales ...".

    Diva viendra en duplex nous parler de cru, depuis Varsovie, et nous redire combien, je cite "le contre-nature appartient à la culture". Dow interviendra a contrario pour démontrer que l’homosexualité est étrangère au continent. Blaise attendra pour intervenir et ménagera une petite pause de silence, une fois la parole obtenue, pour enchaîner : "Vraiment, vous les congolais, je ne vous comprendrai jamais".

    Vous m’avez compris, il y a de quoi faire péter l’audience. Le lendemain, la librairie du centre ville serait prise d’assaut. Même les sapeurs se verraient obligés de remettre à la saison suivante l’achat d’une paire de Weston. Plus possible pour quiconque de draguer une fille parvenue à l’age de penser (c’est-à-dire beaucoup plus jeune que ce qu’on imagine toujours !), sans être en mesure de lui exposer la problématique de la turgescence et du potentat postcolonial chez Achille Mbembe.

    Ah si, j’allais oublier : en fin d’émission, avant de rendre l’antenne, on verrait Alain penché sur la pile des livres dont on n’aurait pas eu le temps de parler et de conclure : " Bien entendu, tous ces ouvrages sont accessibles au prêt à la bibliothèque de OUENZE". Envoi du générique de fin.

  74. Posté par Blaise KIBONZI, le 24 février 2006 à 17:47

    A TOUS :
    Dans le prolongement de l’action d’envoi des livres à BRAZZAVILLE né à partir du blog d’Alain MABANCKOU, nous avons ouvert un forum spécial "Autour de la Bibliothèque de Ouenzé", sur le forum de l’association NOUVELLE ELITE (partenaire dans cette opération). Venez vous inscrire là-bas afin que nous fassions tous le suivi de cette action et que nous faisions également aboutir quelques très bonnes idées qui sont nées ici dans ce sujet "PLAIDOYER POUR DES BIBLIOTHEQUES EN AFRIQUE" ouvert par Alain MABANCKOU. Ce sujet sera sûrement bientôt archivé. Alors, ensemble redonnons lui une deuxième vie sur le site de l’association NOUVELLE ELITE dans le but encore une fois d’agir concrêtement sur le terrain.

    http://nouvelle-elite.congoplus.com/modules/newbb/

    Blaise

  75. Posté par Blaise KIBONZI, le 25 février 2006 à 10:55

    Cher Ndoi, l’idée d’une émission litteraire à la télévision congolaise avec un présentateur de poids n’est pas mal. Mais ce qu’il faut savoir c’est que LA PORTE N’A JAMAIS ETE FERMEE AU CONGO pour de telle émission. MAIS QUI POUR LES FAIRE ? C’est cela le problème avec les congolais ? On parle, on parle MAIS PERSONNE (ou presque) NE FAIT QUELQUE CHOSE. J’étais étudiant en 1ere année à la FAC des Sciences lorsque un de mes amis (que certains ici connaissent bien car il était présent lors de l’Assemblée Générale constitutive de l’Association NOUVELLE ELITE), créa et anima une émission litteraire à la télévision congolaise, qui n’obtint cependant qu’un succès moindre. Je l’accompagnais tous les mercredis après midi à la télé Congo où il devait présenter son émission. Je restai dans l’assistance. Homme des sciences comme moi, cet ami avait cependant un talent litteraire incroyable. Il aurait pu devenir un MABANCKOU ou un Sony. D’ailleurs à l’époque il travaillait déjà avec Sony et le centre Culturel français. On avait entre 19-21 ans. Il faut le dire aux jeunes congolais qui ne le sauraient pas. A cette époque là (dans les années 80). En tant qu’anonyme, tu pouvais créer ta propre émission et aller la proposer à la Télé ou la radio avec l’animateur de ton choix (qui pouvait très bien être toi-même). C’est de cette façon là que Jean-Marie LEBANDA (à l’époque étudiant en 2ème année de Lettres) a commencé et a fini par s’imposer avec son émission musicale. Et c’est aussi de cette façon là que Charly NOEL est arrivée avec son émission (musicale également mais plus ciblé jeune) à la télé Congo. Jean-marie LEBANDA, Charly Noël et mon ami JRM avaient tous commencé en même temps. Mais l’émission litteraire de mon ami est celui qui obtint le moins de succès. Une fois de plus, je répète. C’est parceque les congolais eux-même ne font rien, qu’il n’y a pas ce type d’émission au Congo. Tout le monde est dans la bière, le NDOMBOLO, le débat politique et la sape. C’est ça la culture congolaise.

    Blaise

  76. Posté par Francis LE HERISSE, le 25 février 2006 à 11:45

    Je dois sans doute quelques excuses pour intervenir si tard dans un débat aussi nécessaire, aussi opportun et actuel d’abord parce que le témoignage du terrain peut intéresser « ceux qui dorment sous la Tour Eiffel » mais aussi parce que je dois rendre compte à ceux et celles qui se sont bougés à quelques encablures de la Tour Eiffel pour leurs frères au pays. Et ceux aussi en Bretagne !

    Mais le temps, le temps de se déplacer, le temps d’expliquer, le temps de décider, le temps de faire ( ?), le temps de vivre - c’est le maître mot et nous ne vivons pas au même rythme et même le surf sur le web est ici une glisse au ralenti. Quant au faire, revenons-y : ici on dit ce qu’il faut faire, on dit pourquoi le faire, on ne dit pas quand, on ne dit pas comment, on en parle et on ne fait pas.

    Voilà qui confirmerait sans doute quelques jugements de Blaise sur ses compatriotes si l’on ne prenait pas soin d’ajouter qu’à Ouenzé on a fait la bibliothèque, on fait des abonnés et on va faire de nouveaux lecteurs. Demain, nous recevons les profs animateurs et les lycéens délégués des Clubs de lecture et nous allons leur expliquer le fonctionnement du prêt de livres, nous allons ouvrir le Prix des lecteurs dont le 1er sera un voyage à Gorée et le 2ème un voyage à Loango, nous allons leur communiquer l’envie de lire, la nécessité de lire. Nous allons essayer...

    Demain samedi également, Aurélie de Nouvelle Elite doit remettre les livres envoyés par l’Asso de Blaise et qui vont, je l’espère, arriver aujourd’hui. Imaginez ! ils ont débarqué il y a 10 jours à Pointe Noire et il a fallu tout ce temps (eh oui !) pour qu’ils aillent du port à l’aéroport (douanes, transitaires et autres administrativités) et à l’aéroport hier, l’avion n’a pu décoller parce que son pare-brise était cassé (eh oui !). Depuis on cherche un autre avion... Voilà ma chère Benji, comment on ouvre une bibliothèque loin de la Tour Eiffel. Voilà mon cher NEZGROS de BAKASSA que, si une feuille de route est bien nécessaire - notre bibliothécaire aussi en a reçu une en formation et il suit actuellement un stage de perfectionnement - prendre seulement la route est déjà toute une affaire. Autre exemple : depuis 4 mois, on ne couvre plus les livres neufs parce que le rouleau de papier idoine était en un autre lieu où personne n’allait le chercher ou bien où on ne voulait pas le donner...va savoir !

    Et quand chaque matin, je passe au cyber du CCF pour prendre des nouvelles du Village Mabanckou, je ressens d’abord ce décalage immense entre là-bas et ici et je me demande s’il ne me faudra pas rentrer chez moi pour pouvoir répondre au fond à certaines questions fort pertinentes que vous avez abordées.
    Parce qu’ici on est encombré de ces petits soucis ordinaires et quotidiens : ça remplit la vie, ça la bouffe comme un enzyme de l’intérieur. Ça prend la tête, ça coupe les jambes, ça ramollit, ça empêche...

    Bon ! c’est pas le tout...faut que je me mette au boulot ! C’était juste pour vous dire que c’est pas facile.
    Kenavo
    Francis

    NB : je viens d’appendre que les livres n’arriveront que lundi ! devinette : pourquoi n’auraient-ils pas pris le train plutôt que l’avion entre Pointe Noire et Brazza ?

  77. Posté par Ya Sanza, le 25 février 2006 à 14:41

    Salut Francis,

    Juste une petite réfléxion sans grande importance :

    Comment se fait-il que l’équipe de Congopage à Pointe-Noire n’a pas été prévenue de votre venue.

    Nous maitrisons le terrain et aurions pu vous faciliter la tâche, on aurait aussi pu faire un reportage.

    Tant pis...

  78. Posté par Blaise KIBONZI, le 25 février 2006 à 17:27

    Merci Francis pour ces infos ONLINE. Je suis passé par là, je sais. Et laisse moi te dire cher Francis que quand tu es congolais et NOIR c’est encore 100 fois plus difficile. ON VA Y ARRIVER Francis, sauf que comme je le dis souvent là où il aurait suffit de 3 jours avec des sénégalais ou des maliens, avec les congolais il faut compter 3 mois quand ce n’est pas 3 ans. Et là encore, le blanc met la main à la pâte. Imaginez-vous ce que ça serait sans la présence du blanc.

    Blaise

  79. Posté par Ndoi, le 26 février 2006 à 13:43

    Merci pour ces nouvelles, Francis. J’attends avec impatience vos impressions sur la réunion avec les délégués lycéens et les profs, je pense que c’est le meilleur levier.
    Le décalage entre le dire ici et le faire là ? Si tu savais (mais tu le sais déjà) la souffrance des bavards d’ici qui ne peuvent pas se servir de leurs mains et qui meurent de cet éloignement, de cette inactivité. Cet écartèlement entre l’endroit où on peut dire et l’endroit où on peut faire.

    Blaise, l’idée d’une émission littéraire à Brazza, j’y crois ferme. Evidemment, je n’ai pas remis les pieds à Brazza depuis de nombreuses années, donc je ne peux préjuger des formes de la demande locale. Mais j’ai le souvenir de publics brazzavillois très réactifs. Tout le monde ne vient pas vers l’objet culturel, mais ceux qui viennent ont une sacrée exigence.

    Je vois très bien un cocktail proche de celui que l’on sirote sur le zinc Mabanckou : quelques textes choisis, des digressions sur l’actualité du moment, cet aller-retour entre l’écriture intemporelle et les affaires du moment. Un peu de provocation pour tester la résistance de la liberté d’expression et l’épaisseur des conformismes.

    J’aimerais bien voir la confrontation entre, d’une part le tout petit monde de ces écrivains intercontinentaux qu’on fréquente ici, leur insoutenable légèreté et leur connivence, et d’autre part le makaya du coin qui viendra défendre sa lecture des textes, son interprétation et la réinvention du texte qu’entraine chaque lecture.

    Bien à vous,

    Ndoi.

  80. Posté par Blaise KIBONZI, le 28 février 2006 à 07:13

    La revue "NOTRE LIBRAIRIE" vous connaissez ? en tout cas, moi je découvre cette revue qui se définit comme "La revue des littérature du Sud". "Le guide pratique du bibliothécaire". Par certains de ces articles, écrit à partir des expériences de terrain en Afrique, cette revue éclaire déjà pas mal de points que nous avons soulevés ici.

    Cher Nezgros DE BAKASSA, cher Christophe, cher Jean-Pierre, chère Jenny, chere Léocadie, chère Françoise, cher D.O.W, cher Timba Bemba, cher Moko pericle, chers tous, rejoignez nous sur le forum de discussion du site de l’association NOUVELLE ELITE pour prolonger cette discussion afin que nous aboutissions sur quelque chose de concrêt. En effet, j’ai un très gros défaut moi. Quand j’ai passé tant de temps à discuter sur quelque chose, où d’ausi bonnes idées ont jailli j’aime les faire aboutir sur concret. "De la parole aux actes", telle aurait pu être ma devise. Alors faisons bénéficier le Congo en matière du livre, avec la richesse de toutes les idées qui sont apparues ici. Allons jusqu’au bout les gars (et les filles aussi bien sûr). Sinon dans 30 matins on aura encore 30 africains qui viendront rediscuter des mêmes choses en redisant les mêmes choses. y’en a marre les agrs, ça fait 30 ans que ça dure les gars, maintenant agissons sur la base de ces très bonnes idées. Et apprenons à capitaliser les expériences des uns et des autres en Afrique. Cessons à chaque fois de recommencer à zéro, à commettre les mêmes erreurs que les autres, alors qu’on pouvait les éviter en s’inspirant des expériences des autres. JE VOUS INVITE DONC TOUS SUR LE SITE WEB DE L’ASSOCIATION NOUVELLE ELITE où nous avons ouvert un forum spécial "AUTOUR DE LA BIBLIOTHEQUE DE OUENZE". L’inscription au site n’implique pas adhésion à l’association. On a cependant besoin de vous pour approfondir encore cette discussion que nous avons entamée ensemble. Nezgros de BAKASSA en tant que bibliothécaire (ou ex-bibliothécaire) connais-tu la revue "Notre Librairie" ? je la trouve bien. Il y a des supers article dans le hors série d’Avril-juin 2002. J’en parle dans le forum "Autour de la bibliothèque de Ouenzé" sur le site WEB de l’association NOUVELLE ELITE .

    http://nouvelle-elite.congoplus.com/modules/newbb/

  81. Posté par NEZGROS de BAKASSA, le 2 mars 2006 à 05:51

    Bon anniversaire Alain Mabanckou !Trop de bonnes réalisations à ton compte. Blaise je m’inscris toute suite sur le site. Je suis désolé pour ce silence. C’est la vitesse supérieure pour mes examens. Je connais bien cette revue j’y ai demandé un stage pour trois mois. Mais je pense que ma candidature ne sera pas retenue[stage en Avril et pas de reponse ce jour apres une relance].
    Ils ont un réseau qui fournit la doc aux médiathèques des CCf. Je voulais voir comment ils bossent dans ce réseau. salutations respectueuses à tous.
    PS : Blaise, je me suis inscrit mais je ne suis pas reconnu. Et l’envoi du mot de passe n’est pas immédiat.

  82. Posté par Blaise KIBONZI, le 2 mars 2006 à 14:40

    Nezgros de BAKASSA, je vais voir à l’instant même ce qui a pu se passer pour ton inscription sur le site de NOUVELLE ELITE et je te donnerai aussitôt des nouvelles. Il faut que tu viennes, il faut que vous veniez. Francis Le HERISSE qui est actuellement au Congo s’active comme toujours autour de la bibliothèque de OUENZE mais aussi pour le programme LIRE EN AFRIQUE. Il est venu à nous avec quelques nouvelles sur le site de NOUVELLE ELITE. Poursuivons cette dynamique qui a été créee ici. Et la revue "Notre Librairie" nous apporte des informations en Or. On a beaucoup parlé et maintenantje crois que nous avons beaucoup pour AGIR. je reviens à toi cher Nezgros DE BAKASSA, mais tu peux aussi toujours m’écrire à : blaise.kibonzi@wanadoo.fr

    Blaise

  83. Posté par E.B, le 4 mars 2006 à 00:46

    Eddie KOUBA-fila, c’est trop radical de dire que les africains n’aiment pas lire ou néglige la culture. je pense que c’est le fait d’une ignorance. je me rapelle avant, que les maitres d’écoles et les professeurs(selon leur amour à l’art et la culture)nous incitait à fréquenter les bibliothèques et à assister aux pièces de théatre. ça ne remonte pas à très loin, j’ai 26ans. en ce moment je collecte des livres justement pour promouvoir la lecture et creer un espace de lecture peu couteux car c’est souvent à cause du coût de la vie que les congolais ne font pas de la culture une des priorités. ce que je trouve dommage, c’est la disparition peu à peu des écoles publics accessibles aux jeunes moins favorisés au détriment du privé. où est passée l’émulation dans les écoles, qui recompensait les bons élèves et qui motivait les moins bons ? un dictionnaire est un super outil pour l’alphabétisation.
    je n’ai pas l’info, et je souhaite savoir où sont passés nos hebdo ou nos mensuels tel que NGOUVOU, KOUAKOU et autres ?
    je suis en france mais j’ai une nostalgie des bons moments culturels que les enfants n’ont plus aujourd’hui, mais j’ai foi en l’avenir concernant l’alphabétisation et pourquoi pas des futurs écrivains et écrivaines( j’en suis probablement la future, car j’oeuvre pour ça et j’y tiens). Merci en tout cas Alain de nous avoir creer un espace comme celui-ci qui nous permet de garder des liens avec la littérature et ceux et celles qui oeuvrent pour qu’elle perdure

  84. Posté par Blaise KIBONZI, le 5 mars 2006 à 10:56

    Cher Nezgros DE BAKASSA, j’ai fait des tests d’inscriptions sur le site de l’association NOUVELLE ELITE et tout se passe très bien. Je te demande donc d’essayer de te réinscrire. En principe ça ne devait poser aucun problème. SURTOUT n’oublies pas à la fin de la page où tu saisis ton pseudo, de cocher la petite case "J’accepte la mise en garde ci-dessus", et de cliquer ensuite sur "Valider". Tu recevras ensuite un message dans ta boite perso et il faudra que tu cliques sur le lien qui te sera communiqué dans ce message pour ACTIVER ton compte et pouvoir ainsi poster dans les forums de NOUVELLE ELITE.

    A tous, j’ai vu qu’il y a quelques uns d’entre vous qui ont réussi à s’inscrire. Mais si vous n’arriver pas à poster dans les forums c’est parceque vous n’avez pas activé vos comptes. ACTIVEZ-LES en cliquant sur un lien qui vous ai donné dans le message de NOUVELLE ELITE que vous avez reçu suite à votre inscription.

    Dans tous les cas, n’hésitez pas à me contacter à blaise.kibonzi@wanadoo.fr ou à utiliser le "contactez-nous" sur le site de NOUVELLE ELITE qui fonctionne bien (http://nouvelle-elite.congoplus.com)

    Francis nous a envoyé quelques bonnes nouvelles de Brazza. Ce qui est vrai c’est qu’il y a du pain sur la planche. Il y a du boulot. Et de bonnes perspectives possibles. Alors venez sur le site de NOUVELLE ELITE (tout en gardant un pied ici bien sûr) ! Nous avons réellement la possibilité d’agir concrêtement et de de mettre en pratique toutes nos belles théories et idéees.

    http://nouvelle-elite.congoplus.com

    Blaise KIBONZI

  85. Posté par Patou OUALEMBO, le 16 juin 2006 à 22:48

    Comme on le dit "il n’est jamais trop tard pour apprendre". je viens de découvrir avec grand plaisir votre site ou mieux ton site, "ton" pour toi Blaise Kibonzi, mon très cher collègue de faculté.

    Je suis très touchée de la volonté dont tu as fais montre afin de mettre en place ton association. Je ne pense pas qu’il faille écouter les critiques négatives des uns et des autres dès lors que l’on connait le but de ce que l’on veut réaliser. Le mot "Félicitations" est souvent "tabou" pour le congolais. Il n’est vrai et pur que losqu’il sort de la bouche de ton père.

    J’ai beaucoup apprécié tes récits et réponses aux divers courriers. Ces derniers m’ont également beaucoup fait rire. Je souligne une chose, ce n’était pas très accommodant de ta part d’envoyer ta fille vers sa mère pour avoir réponse à sa question. j’imagine l’embarras qui a dû être celui de sa mère à répondre à cette interrogation de sa fille. Avait-elle eu sa réponse tout de même ?

    Je comprends mieux également ta fougue pour le travail à la Fac quand à 8 ans déjà on se comporte comme tu le faisais.

    C’est une très bonne initiative que tu as eue là et je t’encourage vivement dans cette voie.

    J’ai eu l’occasion de découvrir et d’écouter sur France Ô monsieur A. MABANCKOU venu présenté son dernier roman "verre cassé". Il a fait ma fierté ce jour - là devant le groupe dans lequel j’étais. Le congolais s’exprime très bien, il faut le dire sinon le crier. je lui tires mon chapeau.

  86. Posté par P. O., le 17 juin 2006 à 20:54

    Quelques petites corrections :
    "...de la volonté dont tu as FAIT montre....".

    "... monsieur A. MABANCKOU venu PRESENTER son dernier ..."

  87. Posté par Blaise KIBONZI, le 20 juin 2006 à 17:17

    Salut Patou, j’ai été alerté de ton petit mot bien gentil à mon égard. Je t’en remercie infiniment et me fais le devoir de te rendre la politesse ici même.

    Note cependant que ce blog est celui de l’écrivain Alain MABANCKOU. Il est hébergé sur le site de Congopage.com qui a vu la naissance de l’association NOUVELLE ELITE dont tu sais tout à présent. L’association NOUVELLE ELITE a désormais son propre site hébergé sur l’URL d’un site web congolais frère (Congoplus.com - ne pas confondre avec Congopage.com). Tu as dû retrouver l’adresse dans les liens que j’ai donnés précédemment.

    Chère Patricia, si jamais un jour tu acceptes (comme je te l’ai proposé) d’accorder une interview en tant que première femme congolaise Docteur en Géologie, c’est sur Congopage (je dis bien Congopage, donc ce site-ci) que je comptais la publier !!! Chère Patricia, tu ne peux savoir combien je suis comblé de te retrouver ici (la magie du web !). Rougis surtout pas, et laisse moi te dire que tu es une fierté nationale et une fierté toute particulière pour nous qui avions été tes collègues de classe au Département de Géologie de la Faculté des Sciences à Brazzaville. A l’époque (rires), je m’en souviens vous étiez les 2 premières femmes congolaises à entreprendre les difficiles études de Géologie. Il fût une époque où cela aurait mérité un article dans la revue féminine africaine MWASI. Mais cette dernière consacrant désormais ces pages à des Top-modèles anorexiques. Il nous reste les sites Web pour faire paraître un article sur toi, sur vous les femmes congolaises géologues.

    Blaise

  88. Posté par OUEDRAOGO , le 12 août 2006 à 22:46

    je me nomme OUEDRAOGO Abdou Wahabo. je suis bibliothécaire de Ouahigouya 3è ville du Burkina Faso je désirais échanger avec d’autres collègues pour partage d’expérience et sur l’organisation des activité socio-culturelles. pour quoi pas des lectures commentées simultanément entre les lecteurs des différentes bibliothèque

  89. Posté par natacha love, le 14 octobre 2006 à 11:09

    je cherche une relation serieux depui des moi mai j’ai rien trouve je veux que vous maidier a le trouve et ci toi aussi tu m’aime naicite pas a m’ecrire sur estelle502010@yahoo.fr ou m’apelle sur mon numero qui est 0022997393324

  90. Posté par Babacar, le 12 mai 2008 à 00:48

    Une partie du savoir diponible se trouve dans les livres. Il faut que tout le monde fasse preuve d’initiatives pour que revive le livre !

  91. Posté par Claude TENKEU, le 30 juillet 2008 à 09:30

    Tout ce qui est dit est tellement vrai que j’ai envie de poser le même disgnostic sur le cas spécifique du Cameroun. Non pas que ce soit un cas atypique mais simplement pour voir de l’intérieur l’ampleur du dégât causé par l’absence des bibliothèques surtout publiques et leur apport éventuel dans l’amélioration de la citoyenneté. Je souhaiterais recevoir des contributions pour ce projet important que je m’en vais entamer. J’y réfléchis dès cet instant. J’entends aussi aborder la problématique du financement d’un projet bibliothécaire.
    Merci de vos suggestions ;

  92. Posté par cheikh, le 17 novembre 2008 à 17:34

    ce n’était pas pour un rien que André Maurois déclarait que la lecture est la gymnastique de l’esprit,nous sommes aujourd’hui dans une époque pendant laquelle les bibliothéques détiennent le secret du développement d’un pays.

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