vendredi16 mars 2007

Pour une « littérature-monde en français » : le Manifeste

Sur le site du Nouvel Observateur (NOUVELOBS.COM) évoquant notre Manifeste paru en ouverture du Monde des Livres d’hier - daté du Vendredi 16 mars - et signé par 44 écrivains on a pu lire ce qui suit :

...Dans l’optique de redonner au roman une ouverture sur le monde, et contre une littérature nombriliste "sans autre objet qu’elle-même", quarante-quatre écrivains publient, jeudi 15 mars dans Le Monde des Livres, un manifeste intitulé "Pour une littérature-monde en français". Avec l’attribution des principaux prix littéraires français 2006 à des écrivains étrangers de langue française, les signataires - parmi lesquels Tahar Ben Jelloun, Nancy Huston, Alain Mabanckou, Edouard Glissant et Jean-Marie Gustave Le Clézio -, ont remarqué que "le monde revenait". " C’est la meilleure des nouvelles. N’aura-t-il pas été longtemps le grand absent de la littérature française ?", s’interrogent-ils dans ce texte. C’est la "fin de la francophonie" et la "naissance d’une littérature-monde en français" poursuivent-ils dans leur manifeste.

Le monde, l’imagination, le souffle de la narration, avaient selon eux été mis depuis longtemps "’entre parenthèses’ par les maîtres-penseurs, inventeurs d’une littérature sans autre objet qu’elle-même". "Soyons clairs : l’émergence d’une littérature-monde en langue française consciemment affirmée, ouverte sur le monde, transnationale, signe l’acte de décès de la francophonie. Personne ne parle le francophone, ni n’écrit le francophone", notent-ils. "Fin de la ’francophonie’, et naissance d’une littérature-monde en français : tel est l’enjeu, pour peu que les écrivains s’en emparent", poursuivent les signataires. "C’est à la formation d’une constellation que nous assistons, où la langue libérée de son pacte exclusif avec la nation, libre désormais de tout pouvoir autre que ceux de la poésie et de l’imaginaire, n’aura pour frontières que celles de l’esprit", concluent-ils.

Voici donc ci-dessous l’intégralité de ce Manifeste paru dans Le Monde et la liste des "44 signataires" :


Plus tard, on dira peut-être que ce fut un moment historique : le Goncourt, le Grand Prix du roman de l’Académie française, le Renaudot, le Femina, le Goncourt des lycéens, décernés le même automne à des écrivains d’outre-France. Nancy HUSTON {JPEG}Simple hasard d’une rentrée éditoriale concentrant par exception les talents venus de la "périphérie", simple détour vagabond avant que le fleuve revienne dans son lit ? Nous pensons, au contraire : révolution copernicienne. Copernicienne, parce qu’elle révèle ce que le milieu littéraire savait déjà sans l’admettre : le centre, ce point depuis lequel était supposée rayonner une littérature franco-française, n’est plus le centre. Le centre jusqu’ici, même si de moins en moins, avait eu cette capacité d’absorption qui contraignait les auteurs venus d’ailleurs à se dépouiller de leurs bagages avant de se fondre dans le creuset de la langue et de son histoire nationale : le centre, nous disent les prix d’automne, est désormais partout, aux quatre coins du monde. Fin de la francophonie. Et naissance d’une littérature-monde en français.

Le monde revient. Et c’est la meilleure des nouvelles. N’aura-t-il pas été longtemps le grand absent de la littérature française ? Le monde, le sujet, le sens, l’histoire, le "référent" : pendant des décennies, ils auront été mis "entre parenthèses" par les maîtres-penseurs, inventeurs d’une littérature sans autre objet qu’elle-même, faisant, comme il se disait alors, "sa propre critique dans le mouvement même de son énonciation". Le roman était une affaire trop sérieuse pour être confiée aux seuls romanciers, coupables d’un "usage naïf de la langue", lesquels étaient priés doctement de se recycler en linguistique. Ces textes ne renvoyant plus dès lors qu’à d’autres textes dans un jeu de combinaisons sans fin, le temps pouvait venir où l’auteur lui-même se trouvait de fait, et avec lui l’idée même de création, évacué pour laisser toute la place aux commentateurs, aux exégètes. Plutôt que de se frotter au monde pour en capter le souffle, les énergies vitales, le roman, en somme, n’avait plus qu’à se regarder écrire.

Que les écrivains aient pu survivre dans pareille atmosphère intellectuelle est de nature à nous rendre optimistes sur les capacités de résistance du roman à tout ce qui prétend le nier ou l’asservir...

Ce désir nouveau de retrouver les voies du monde, ce retour aux puissances d’incandescence de la littérature, cette urgence ressentie d’une "littérature-monde", nous les pouvons dater : ils sont concomitants de l’effondrement des grandes idéologies sous les coups de boutoir, précisément... du sujet, du sens, de l’Histoire, faisant retour sur la scène du monde - entendez : de l’effervescence des mouvements antitotalitaires, à l’Ouest comme à l’Est, qui bientôt allaient effondrer le mur de Berlin.

Le Clezio {JPEG}Un retour, il faut le reconnaître, par des voies de traverse, des sentiers vagabonds - et c’est dire du même coup de quel poids était l’interdit ! Comme si, les chaînes tombées, il fallait à chacun réapprendre à marcher. Avec d’abord l’envie de goûter à la poussière des routes, au frisson du dehors, au regard croisé d’inconnus. Les récits de ces étonnants voyageurs, apparus au milieu des années 1970, auront été les somptueux portails d’entrée du monde dans la fiction. D’autres, soucieux de dire le monde où ils vivaient, comme jadis Raymond Chandler ou Dashiell Hammett avaient dit la ville américaine, se tournaient, à la suite de Jean-Patrick Manchette, vers le roman noir. D’autres encore recouraient au pastiche du roman populaire, du roman policier, du roman d’aventures, manière habile ou prudente de retrouver le récit tout en rusant avec "l’interdit du roman". D’autres encore, raconteurs d’histoires, investissaient la bande dessinée, en compagnie d’Hugo Pratt, de Moebius et de quelques autres. Et les regards se tournaient de nouveau vers les littératures "francophones", particulièrement caribéennes, comme si, loin des modèles français sclérosés, s’affirmait là-bas, héritière de Saint- John Perse et de Césaire, une effervescence romanesque et poétique dont le secret, ailleurs, semblait avoir été perdu. Et ce, malgré les oeillères d’un milieu littéraire qui affectait de n’en attendre que quelques piments nouveaux, mots anciens ou créoles, si pittoresques n’est-ce pas, propres à raviver un brouet devenu par trop fade. 1976-1977 : les voies détournées d’un retour à la fiction.

Dans le même temps, un vent nouveau se levait outre-Manche, qui imposait l’évidence d’une littérature nouvelle en langue anglaise, singulièrement accordée au monde en train de naître. Dans une Angleterre rendue à sa troisième génération de romans woolfiens - c’est dire si l’air qui y circulait se faisait impalpable -, de jeunes trublions se tournaient vers le vaste monde, pour y respirer un peu plus large. Bruce Chatwin partait pour la Patagonie, et son récit prenait des allures de manifeste pour une génération de travel writers ("J’applique au réel les techniques de narration du roman, pour restituer la dimension romanesque du réel"). Puis s’affirmaient, en un impressionnant tohu-bohu, des romans bruyants, colorés, métissés, qui disaient, avec une force rare et des mots nouveaux, la rumeur de ces métropoles exponentielles où se heurtaient, se brassaient, se mêlaient les cultures de tous les continents. Au coeur de cette effervescence, Kazuo Ishiguro, Ben Okri, Hanif Kureishi, Michael Ondaatje - et Salman Rushdie, qui explorait avec acuité le surgissement de ce qu’il appelait les "hommes traduits" : ceux-là, nés en Angleterre, ne vivaient plus dans la nostalgie d’un pays d’origine à jamais perdu, mais, s’éprouvant entre deux mondes, entre deux chaises, tentaient vaille que vaille de faire de ce télescopage l’ébauche d’un monde nouveau. Et c’était bien la première fois qu’une génération d’écrivains issus de l’émigration, au lieu de se couler dans sa culture d’adoption, entendait faire oeuvre à partir du constat de son identité plurielle, dans le territoire ambigu et mouvant de ce frottement. En cela, soulignait Carlos Fuentes, ils étaient moins les produits de la décolonisation que les annonciateurs du XXIe siècle.

Combien d’écrivains de langue française, pris eux aussi entre deux ou plusieurs cultures, se sont interrogés alors sur cette étrange disparité qui les reléguait sur les marges, eux "francophones", variante exotique tout juste tolérée, tandis que les enfants de l’ex-empire britannique prenaient, en toute légitimité, possession des lettres anglaises ? Fallait-il tenir pour acquis quelque dégénérescence congénitale des héritiers de l’empire colonial français, en comparaison de ceux de l’empire britannique ? Ou bien reconnaître que le problème tenait au milieu littéraire lui-même, à son étrange art poétique tournant comme un derviche tourneur sur lui-même, et à cette vision d’une francophonie sur laquelle une France mère des arts, des armes et des lois continuait de dispenser ses lumières, en bienfaitrice universelle, soucieuse d’apporter la civilisation aux peuples vivant dans les ténèbres ? Gisele Pineau {GIF}Les écrivains antillais, haïtiens, africains qui s’affirmaient alors n’avaient rien à envier à leurs homologues de langue anglaise. Le concept de "créolisation" qui alors les rassemblaient, à travers lequel ils affirmaient leur singularité, il fallait décidément être sourd et aveugle, ne chercher en autrui qu’un écho à soi-même, pour ne pas comprendre qu’il s’agissait déjà rien de moins que d’une autonomisation de la langue.

Soyons clairs : l’émergence d’une littérature-monde en langue française consciemment affirmée, ouverte sur le monde, transnationale, signe l’acte de décès de la francophonie. Personne ne parle le francophone, ni n’écrit en francophone. La francophonie est de la lumière d’étoile morte. Comment le monde pourrait-il se sentir concerné par la langue d’un pays virtuel ? Or c’est le monde qui s’est invité aux banquets des prix d’automne. A quoi nous comprenons que les temps sont prêts pour cette révolution.

Elle aurait pu venir plus tôt. Comment a-t-on pu ignorer pendant des décennies un Nicolas Bouvier et son si bien nommé Usage du monde ? Parce que le monde, alors, se trouvait interdit de séjour. Comment a-t-on pu ne pas reconnaître en Réjean Ducharme un des plus grands auteurs contemporains, dont L’Hiver de force, dès 1970, porté par un extraordinaire souffle poétique, enfonçait tout ce qui a pu s’écrire depuis sur la société de consommation et les niaiseries libertaires ? Parce qu’on regardait alors de très haut la "Belle Province", qu’on n’attendait d’elle que son accent savoureux, ses mots gardés aux parfums de vieille France. Et l’on pourrait égrener les écrivains africains, ou antillais, tenus pareillement dans les marges : comment s’en étonner, quand le concept de créolisation se trouve réduit en son contraire, confondu avec un slogan de United Colors of Benetton ? Comment s’en étonner si l’on s’obstine à postuler un lien charnel exclusif entre la nation et la langue qui en exprimerait le génie singulier - puisqu’en toute rigueur l’idée de "francophonie" se donne alors comme le dernier avatar du colonialisme ? Ce qu’entérinent ces prix d’automne est le constat inverse : que le pacte colonial se trouve brisé, que la langue délivrée devient l’affaire de tous, et que, si l’on s’y tient fermement, c’en sera fini des temps du mépris et de la suffisance. Fin de la "francophonie", et naissance d’une littérature-monde en français : tel est l’enjeu, pour peu que les écrivains s’en emparent.

Littérature-monde parce que, à l’évidence multiples, diverses, sont aujourd’hui les littératures de langue françaises de par le monde, formant un vaste ensemble dont les ramifications enlacent plusieurs continents. Mais littérature-monde, aussi, parce que partout celles-ci nous disent le monde qui devant nous émerge, et ce faisant retrouvent après des décennies d’"interdit de la fiction" ce qui depuis toujours a été le fait des artistes, des romanciers, des créateurs : la tâche de donner voix et visage à l’inconnu du monde - et à l’inconnu en nous. JPEGEnfin, si nous percevons partout cette effervescence créatrice, c’est que quelque chose en France même s’est remis en mouvement où la jeune génération, débarrassée de l’ère du soupçon, s’empare sans complexe des ingrédients de la fiction pour ouvrir de nouvelles voies romanesques. En sorte que le temps nous paraît venu d’une renaissance, d’un dialogue dans un vaste ensemble polyphonique, sans souci d’on ne sait quel combat pour ou contre la prééminence de telle ou telle langue ou d’un quelconque "impérialisme culturel". Le centre relégué au milieu d’autres centres, c’est à la formation d’une constellation que nous assistons, où la langue libérée de son pacte exclusif avec la nation, libre désormais de tout pouvoir autre que ceux de la poésie et de l’imaginaire, n’aura pour frontières que celles de l’esprit.


Liste des 44 auteurs signataires de ce Manifeste :

Muriel BABERY, Tahar BEN JELLOUN, Alain BORER, Roland BRIVAL, Maryse CONDE, Didier DAENINCKX, Ananda DEVI, Alain DUGRAND, Edouard GLISSANT, Jacques GODBOUT, Nancy HUSTON, Koffi KWAHULE, Dany LAFERRIERE, Gilles LAPOUGE, Jean-Marie LACLAVETINE, Michel LAYAZ, Michel LE BRIS, JMG LE CLEZIO, Yvon LE MEN, Amin MAALOUF, Alain MABANCKOU, Anna MOI, Wajdi MOUAWAD, NIMROD, Wilfried N’SONDE, Esther ORNER, Erik ORSENNA, Benoit PEETERS, Patrick RAMBAUD, Gisèle PINEAU, Jean-Claude PIROTTE, Grégoire POLET, Patrick RAYNAL, RAHARIMANANA, Jean ROUAUD, Boualem SANSAL, Dai SITJE, Brina SVIT, Lyonnel TROUILLOT, Anne VALLAEYS, Jean VAUTRIN, André VELTER, Gary VICTOR, Abdourahman A. WABERI

Fin mai sera publié chez Gallimard : Pour une littérature-monde, un ouvrage collectif sous la direction de Jean Rouaud et Michel Le Bris.


Photos, de haut en bas : Nancy Huston, JMG Le Clézio, Gisèle Pineau et Edouard Glissant

Commentaires

  1. Posté par YC, le 16 mars 2007 à 10:40

    Il était temps que les auteurs donnent le signal, et que l’institution littéraire sorte enfin de cadres qu’elle s’imposait.

    Ceci étant posé, je trouve un peu sévère les passages qui concernent la critique, qui a elle aussi, il faut relire les interstices de ces textes des années 70-80, amorcé ce mouvement, à sa manière, tentant d’ouvrir des voies, parfois de façon maladroite, mais novatrices. Cette critique s’exerçait aussi contre un classicisme qui n’avait rien de la littérature-monde, et qui fonctionnait à partir d’un centre mythique, et des institutions qui verrouillaient complètement l’édition.

    Le caractère autoréférentiel de la littérature lui est aussi inhérent, et c’est bien sans doute à partir de ce constat, que font les narrateurs, dans la plupart des oeuvres des auteurs signataires, qui précisément rend possible - inévitable - cette saisie du monde, et de l’éventail de ses possibles.

    Mais comme tout manifeste, il se doit d’écraser un peu ses marges, pour être efficace.

    Pour ma part, j’y souscris, presque sans réserve. C’est un peu aussi ma propre voie. La francophonie et la Francophonie sont des instruments, rien de plus. Rien de moins, non plus.

  2. le 16 mars 2007 à 11:09

    maintenant on saura que ces prix decernes a des Noirs l’etaient pour des raisons de politique francaise plutot qu’uniquement du a la qualite des ecrivains...

  3. Posté par bakouanga-kamouleta, le 16 mars 2007 à 12:08

    Bande de chanceux. Alain, vous avez choisi Papa Glissant pour vous faire une généalogie ! Qu’est-ce que j’aurais aimé y être. J’avoue que cette arnaque qu’est la littérature francophone commencait à nous sortir tous par les trous du nez ! Maintenant place à la littérature-monde. Toute moun c’est moune !

  4. Posté par Yaya, le 16 mars 2007 à 13:39

    La réalité : tout-monde ou francophone, c’est des mots, la réalité : il faut des écrivains singuliers, comme certains savent l’être. On sait qu’on n’en aura pas dix mille, une dizaine dans le monde dans toutes les langues, ça suffit. les labels, ça, c’est juste pour faire palabre de gens entre eux, les lecteurs, qu’est-ce qu’ils s’en foutent comme de leur caca ! Et ils liront plus en France leurs auteurs. Nombrilistes ou pas, ces auteurs-là ne sont détrônés par personne, les lecteurs n’ont choisi personne d’autres, les lecteurs sont fidèles aux auteurs qui ont renoncé au monde pour parler d’eux. Eh ben, c’est comme ça et les chiffres des ventes qu’on nous balance par ci par là sont parlants.

  5. Posté par Nestor, le 16 mars 2007 à 17:24

    Bravo ! J’aime ça ! La littérature-monde ! Voilà qui est bien pensé ! Les lettres en français furet enchaînées pendant trop longtemps. Attention le monde ! Les écrivains d’expression française vous en mettent désormais plein la vue.

  6. Posté par simplice, le 16 mars 2007 à 22:57

    littérature-monde = world music i.e. tout et n’importe quoi i.e. l’exotisme « dé-exotisé. »

  7. Posté par bakouanga-kamouleta, le 16 mars 2007 à 23:10

    Mon ami simplet-là (post 6),
    et le tout-monde du père Glissant Ti konais ou pas ?
    Dans cette grosse libation où tout moun vient boire à l’ivresse la fraternité Humaine enfin célébrée, vous vous n’y voyez que de l’exotisme "dé-exotisé" ?
    Walaï simplet-là ? Ti na zamè mazé ché kelkin ou koi ? Ta maman i ta pas fé dè kozéri ! Walaï sé koi même ton nezotism-là ! Tu vamanzé zotisme-là ?
    Walaï faforo ! Hein nom d’un porc-épic !!!

  8. Posté par Olivier-Martial Alcyndor (Etudiant, Université Antilles-Guyane) , le 17 mars 2007 à 05:41

    J’ai eu vent de ce manifeste dans un journal local ici. Bravo, c’est un renouveau dans le discours des auteurs "francophones", et je crois que la Francophonie vient de prendre un grand coup dans la gueule. La Francophonie, ce "machin", était devenue un truc pour les officiels.

    Juste une question : comptez-vous aller encore plus loin dans cette démarche intéressante ? Est-ce que c’est la collection Continents noirs de Gallimard qui publiera votre fameux livre collectif en mai que vous annoncez à la fin du manifeste ? Ce serait une grande erreur, mais vraiment une erreur grave puisque vous implorez tous de vive voix dans ce manifeste l’ouverture au monde et non la fermeture dans le ghetto que peut constituer de telles collections pour Africains surtout que votre manifeste n’est pas signé que par les Africains ?

  9. Posté par Incohérent !, le 17 mars 2007 à 10:27

    Olivier, le manifeste n’égratigne pas le moins du monde la francophonie si vous parlez de l’institution OIF. Elle sera toujours une institution puissante avec des manifestations culturelles dans le monde, le prix des cinq continents, etc. Et les écrivains signataires du manifeste lui resteront attachés d’une manière ou d’une autre. Et ce manifeste à ce qu’on peut lire n’est pas un manifeste d’Africains mais d’écrivains en langue française. D’où a pu vous venir l’idée que le livre pourrait être publié dans la collection Continents Noirs ? Vous avez au moins bien lu les noms des signataires, je suppose ! Le Clezio, rien que lui ! Glissant, rien que lui. Orsenna, rien que lui. Laclavetine, rien que lui. Jean Rouaud, rien que lui. Vous voyez un seul de ces auteurs publier dans Continents Noirs ? Vous dites vous-mêmes collection pour africains. Vous vous inventez une crainte sur la base d’une simple incohérence de votre propre déduction, non ?

  10. Posté par nietzsche_junior, le 17 mars 2007 à 12:33

    "Le Clezio, rien que lui ! Glissant, rien que lui. Orsenna, rien que lui. Laclavetine, rien que lui. Jean Rouaud, rien que lui. Vous voyez un seul de ces auteurs publier dans Continents Noirs ?"

    justement ce serait une facon honnete de dénoncer une litterature qui est toujours considerer comme un art exclusivment occidental ...Oresenna un blanc dans continent noir lol , il en deviendra vert , et puis cette une querrelle d ecrivain qui réagissent au anglophyle .. pfff encore un manifeste pour mettre en avant l impérialisme culturel Francais en lutte contre la Perfide Albion , je m en tape de leur manifeste , ca servira a mon chat lol , faut arretez de nous prendre pour des cons(ne) , parfois la polyphonie se transforme vite en cacophonie ... y a bon banania !

  11. Posté par A. Mabanckou , le 17 mars 2007 à 12:47

    A Olivier-Marcial Alcyndor,

    Notre livre collectif sortira en mai chez Gallimard, en effet. MAIS il ne sortira pas dans la collection Continents noirs. Il sort dans la fameuse collection traditionnelle de cet editeur, "La Blanche", collection dans laquelle sont deja publies certains ecrivains de notre Manifeste : Le Clezio, Glissant, Jean Rouaud, Ben Jelloun etc. comme le mentionne avec justesse "Incoherent" dans le post 9, ci-dessus.

    Notre livre collectif regroupera donc les contributions de 25 auteurs dont certains font deja partie du Manifeste.

    Bien a vous.

  12. Posté par D.O.W., le 17 mars 2007 à 12:55

    Cette façon Bakouanga-Kamouleta, de traiter d’emblée de simplet celui qui n’exprime pas le même avis, c’est quoi ? La peur qu’il ait peut-être raison ? La peur de ne pouvoir le convaincre par des arguments sûrs et sereins ? Bref... Ce genre de manifestes me font beaucoup rire. Pour plusieurs raisons. D’abord parce que beaucoup parmi les signataires, frayent abondamment avec la Francophonie, je veux dire l’institution. Ca va des rapports chaudement amicaux aux rapports de stricte dépendance pécuniaire. Ensuite, un tel mouvement n’est-il pas pétri de contradictions ? On exècre la francophonie, mais on l’exècre en français. On se réclame d’une langue singulière, mais cette langue est d’abord le français. Certes le français différemment, mais le français tout compte fait. En France, on a fait du concept, et de l’institution "Francophonie", quelque chose de très particulier c’est certain. Mais écrivant en français, vous serez toujours, par la définition la plus sommaire, un écrivain francophone. Tout comme d’aucuns sont écrivains hispanophones, et d’autres lusophones. Conséquemment, et par ailleurs, le vrai mobile de ce "manifeste" semble résider dans le peu de considération que l’on croit avoir. Et le constat est juste en effet. Mais est-ce de hurler que l’on existe, qui va changer les choses ? N’est-ce pas un peu vain, d’annoncer à toute voix que l’on est beau, singulier, que l’on a inventé une nouvelle langue (corsettée dans une autre), un nouveau souffle dans la narration, etc, etc ? Ce faisant, ne va-t-on pas publier chez les mêmes éditeurs, et être soumis aux avis des mêmes critiques, qui sont ceux qui donnent le la, et font le beau temps et la pluie - que l’on récuse désormais ?

    Il semble donc que ce soit une question politique, au sens peut-être où Jacques Rancière écrit : "politique de la littérature". Voici un extrait de ce qu’il dit dans un entretien qu’il accorde à la revue Esprit : "Dans des pays comme l’Allemagne ou la Russie, c’est la rupture avec la France, avec sa poétique et même avec sa langue qui marque la rupture littéraire. Autrement dit la révolution littéraire se confond avec une revendication nationale . En France la rupture ne peut se marquer que dans les formes mêmes de l’écriture" (http://www.esprit.presse.fr/esprit/...). Moi je dis que ça devrait un peu donner à réfléchir à nos signataires de manifeste.

    Revenons pour finir à B-Kamouleta qui évoquait le Tout-monde de Glissant. Je suis un vif admirateur de Glissant, et un adepte du Tout-monde. Mais le Tout-monde, tel même que Glissant le définit, est une mise en commun de particularités puissantes, et non point un amas de similitudes pauvres et plus ou moins différentiées. Pour dire quoi ? Qu’au rendez-vous du Tout-monde, chacun apporte ce qui étonne l’autre, l’éblouit. En particulier, au rendez-vous du Tout-monde, chacun devrait venir avec sa langue. Et pas seulement un maniement différent de la langue de l’autre.

  13. Posté par Y., le 17 mars 2007 à 15:16

    Monsieur DOW,

    Voilà le prototype même de l’Africain : de la critique juste pour la critique, et souvent avec un ton de professeur de la morale ! Vous pensez que les grandes pointures qui signent ce manifeste ne savent pas ce qu’ils font et ce qu’ils disent ? Certains d’entre eux ont été dans le parlement des écrivains. Les Anglophones avaient dû aussi lancer un manifeste pareil qui signait d’ailleurs l’émergence d’une autre littérature dans leur espace. Il faut des mouvements comme ça. C’est très bien de voir que même un Académicien (Erik Orsenna) prête sa voix.

    Et puis, je crois que ces gens ne critiquent pas la Francophonie en tant qu’institution. Ils critiquent la notion même de littérature francophone. Cette nuance, Mr DOW vous ne la saisissez pas.

  14. Posté par Andy Verol, le 17 mars 2007 à 15:45

    Délivré de ses chaines, Andy Verol finit par vomir ses mots, abondamment, partout : http://andy-verol.blogg.org

  15. le 17 mars 2007 à 18:39

    Cher professeur D.O.W.,
    que vous vous arrogez le monopole de la lecture de Tout-monde de Glissant je vous le (con)cède. Ce n’est pas parce que je donne dans le burlesque que vous allez me donner des leçons de lecture sur Glissant. Je vous signale, que je suis tout aussi intéressé par la pensée glissantienne que vous au point d’y avoir consacré une partie de mes études universitaires. Voyez-vous cher professeur de mes burnes D.O.W. je ne suis pas comme vous dictateur de la pensée unique. La pensée de Glissant ne se laisse pas enfermée dans une quelconque chapelle, encore moins dans une bâtisse qui serait l’oeuvre de vos petites mains. Je pense que vous gagnerez à relire le manifeste d’Alain Mabanckou et de ses collègues, ainsi que l’oeuvre de Glissant avant de donner des leçons qui sont à côté de la plaque ! Ecrire ce n’est pas seulement aligner des consonnes et des voyelles comme vous savez bien le faire encore faut-il que votre écrit ait du sens. Vous me faites penser à ces pseudo-intellectuels africains, au lendemain des indépendances qui mettaient de grosses lunettes avant de parler, pensant ainsi mieux parler français et avoir une cohénrence dans leur propos.
    Je crois que vous abordez de manière petitement humaine une pensée aussi dense que celle d’un Humaniste tel que Glissant. Quoiqu’il en soit, ce n’est pas en faisant pipi sur les pieds de grands écrivains que vous pourrez avoir du talent.

  16. Posté par Bakouanga-kamouleta, le 17 mars 2007 à 18:44

    Au fait mon cher professeur des professeurs,
    qu’entendez-vous par : "[...]un amas de similitudes pauvres et plus ou moins différentiées." Ces termes s’appliquent à quoi ? A l’oeuvre de Mabanckou ? De Leclezio ? D’Orsenna ? De Condé ?...
    Désolé le post n°15 est également de moi !

  17. Posté par Y a quoi même ?, le 17 mars 2007 à 20:47

    B-K, walaï, parler que tu as parlé là, fallait pas. ton parler l’autre tu crois que les gens ils font lecture sans savoir que derrière français de faforo il y a papier longueur ou koi, toi aussi ? mais walaï tu as raison de remettre les points glissants sur les i du tout-monde. venir que chacun vient sur ce blog, qui connaît qui même pour faire savant sur la tête des autres comme le fait DOW, hé ! Affaire d’Africains là, est-ce que c’est penser que insulter, insinuer, dénigrer, mes frères et soeurs, palabre là c’est pas ça, pas du tout ça ! palabre là c’est apporter quelque chose, pas déchirer les mots des autres tout le temps pour donner aux chiens, kaï !

  18. Posté par D.O.W., le 17 mars 2007 à 21:57

    Ah mes chers frères, que la critique vous agace ! Et c’est moi qui passe pour un "dictateur de la pensée unique" (post 15). Pour commencer Bakouanga-Kamouleta, sachons peut-être rester polis et élégants ! (Mais je donne peut-être encore une grande leçon de morale. ou bien ?) Car vous employez de ces termes ! Alors même que de jeunes filles délicates nous lisent ici. Et là encore, c’est moi que le post 17 accuse d’"insulter", "insinuer", "dénigrer". Mais où donc ? Quel passage de mon message se veut insultant ? Et puis cette histoire de professeur. Moi je me suis contenté de donner mon humble avis. Vous qui dites avoir consacré une partie de vos études universitaires à Glissant, vous êtes déjà plus professeur que moi. Ici même, j’ai dû exprimer mon désaccord quand un intervenant reprochait à un autre de ne pas avoir sa licence de lettres. J’ai crié qu’on ne demandait à ma connaissance aucun diplôme pour l’accès à ce blog. J’ai toujours milité pour qu’ici, on ne regarde que la valeur des arguments, et pas les titres. Et c’est moi qui passe maintenant pour un professeur. Pour avoir juste donné mon opinion ?

    Et pourquoi donc vous semblez toujours penser en Afrique que nos intellectuels brillants ne sont susceptibles d’aucune critique ? Toujours cette déférence aveugle au "chef", au "docteur" n’est-ce pas ? Glissant est un des écrivains les plus brillants que j’aie lu dans notre contemporanéité. Mais cela m’interdit-il pour toujours, de pouvoir être en désaccord avec telle ou telle posture philosophique qu’il adopte ? Césaire aux Antilles a été critiqué. Pas toujours intelligemment certes, mais ces critiques ont aussi contribué à sa densité. Les grandes pointures, mon cher Y., peuvent se tromper comme tout le monde. Moi aussi je peux me tromper. Mais de la même façon que je n’interdis à personne de juger mes arguments, que personne ne m’interdise de juger des positions de Glissant ou de n’importe qui d’autre. On m’accuse de critiquer pour critiquer, mais où cela transparaît-il ? Tout au contraire, je n’intervenais plus ici depuis un moment, et là j’ai été interpellé parce que le fond de ce débat est extrêmement important. Il est même décisif. J’ai parlé surtout du fond me semble-t-il. Après, on peut être d’accord ou pas, mais qu’on ne me dise pas que j’ai voulu faire de la critique gratuite. Vous, vous pouvez le penser. Mais Edouard Glissant, qui est un peu plus profond que vous, lui, s’il nous faisait l’honneur de lire ces lignes, croyez-moi, il serait d’avis que même si j’ai tort, je dis ici ou là des choses qui ont quelque profondeur.

    Y. (post 13) écrit encore : "Et puis, je crois que ces gens ne critiquent pas la Francophonie en tant qu’institution. Ils critiquent la notion même de littérature francophone. Cette nuance, Mr DOW vous ne la saisissez pas". Oh rassurez-vous, je la saisis parfaitement. Je ne la saisis que trop bien, tant ils nous l’ont sériné l’année dernière pendant le Salon du Livre à Paris. C’est un réquisitoire fourre-tout où ils s’élèvent - notamment - contre le fait par exemple qu’il y ait, dans la classification de la métropole, d’une part les "écrivains français", et d’autre part les "écrivains francophones". Et tout ce que j’ai dit reste valable.

    Je termine par quelques mots à l’endroit de l’ami B-Kamouleta. Vous êtes drôlement sur la défensive je trouve. Je n’ai jamais dit que vous aviez fait une mauvaise lecture de Glissant. Puisque je n’ai nulle part contredit vos propos sur le Tout-monde. Je voulais simplement que nous nous rappelions ensemble que selon les mots même qu’emploie Glissant pour préciser son concept de Tout-monde, l’interprétation que j’ai suggérée peut-être valable. Vous me demandez ce que je veux signifier en disant : "[...]un amas de similitudes pauvres et plus ou moins différentiées". Eh bien, je ne fais pas allusion à l’oeuvre des signataires (je ne connais que très impartiellement leur oeuvre), non je voulais dire qu’au niveau de la langue, au rendez-vous du Tout-monde, on risque de trouver seulement le français à la sauce antillaise - ou si l’on veut, l’écriture de Chamoiseau ; le français d’Afrique - ou si l’on veut, la touche de Mabanckou ; etc. Et qu’il n’y a là malgré tout, qu’une seule langue. Et que cette configuration est plus pauvre que celle où à côté du français, on trouverait l’oeuvre de Boris Boubacar Diop en Wolof par exemple. Voilà pour vous répondre sur ce point.

    Enfin, vous me gratifiez d’un : "Ecrire ce n’est pas seulement aligner des consonnes et des voyelles comme vous savez bien le faire encore faut-il que votre écrit ait du sens". Mon cher, sauf le respect que je vous dois, je n’ai pas trouvé beaucoup plus de sens dans vos écrits que dans les miens. Mais on ne peut être juge et partie à la fois. Nous trouverons peut-être âme charitable pour nous départager.

    Bien à vous mon cher...et de grâce, surveillez donc votre langage ! Quand on a consacré "une partie de ses études universitaires" à Glissant, on n’use tout de même pas d’un vocabulaire de charbonnier de banlieue.

  19. Posté par catharsis, le 18 mars 2007 à 06:40

    ahhh.... je reconnais bien là les méfaits de ce vieux mythe de la tour de babibel...euh..de Babel. Du haut de sa tour, le vieux barbu doit bien rire du tour qu’il nous a joué. Je ne saisi pas l’importance de ces dichotomies. Français, francophone, francophile... Un écrivain me plait , français ou pas... Je comprend que ce manifeste voudrait abolir des frontières, des subdivisions parasites, qui sont autant de plaies ouvertes et pourrissantes sur le corps de l’humanité. Il semble se vouloir fédérateur, générique. Me trompe je ? Qu’est ce, face à au fond d’une oeuvre ? Attacheriez vous plus d’importance à la forme d’un message, qu’à son fond ? Toujours cette tendance à se réclamer d’un pays, d’une langue. Pffff.... La langue, le langage restent un véhicule, je le rappelle. Puis vous connaissez cette tendance des français à vous faire siens dès vous prenez de l’importance... Vous objecterez à juste titre que l’occident en mal d’inspiration, d’auteurs, va chercher dans ces anciennes colonies son renouveau. Je salue alors sa lucidité et apprécie qu’il reconnaisse son essoufflement ouvrant ses portes à la différence, à un souffle nouveau.
    Que je sache, personne(je l’espère) ds ces écrivains, n’écrit sous la contrainte. La langue française est un chouette véhicule pour l’écriture reconnaissons le. Et je dis çà, sans promouvoir un kkonque impérialisme culturel Francais Cà reste tjrs, si beau soit il, qu’un véhicule. Il me plait à croire que c’est un choix de leur part.
    Manier un français impeccable dans la forme et ds le style n’est pas pour autant garant du succès, si derrière l’on y trouve de réelles idées, un réel talent. Sachons ne pas être dupe et rendons à Césair ce qui appartient à Césair... :) Et sachez que je ne dénigre absolument pas les autres langues ! Y a juste que ma misérable capacité intellectuelle ne les comprend pas !

    Ce que l’on peut craindre c’est que la littérature suive cette tendance moderne à la mondialisation. Séduisante en théorie mais, attention ! Ne pas s’y perdre. Gaffe à la perte identitaire, à la nivellation des différences, à la dissolution ds l’ensemble des particularités de chacun. Source de conflits on le déplore, mais d’enrichissement mutuel pour les esprits ouverts. Faire le deuil de ces richesses, de ces nuances, serait bien dommageable.
    A chacun de ces auteurs qui choisissent la langue française pour sa potentialité littéraire de ne pas oublier ses racines, et de nous en faire profiter. S’ils le veulent bien. Saluons simplement la verve de ce ces nouveaux écrivains. Notons pour infos,et réjouissons nous de leur différentes provenances. Car elles enrichissent le creuset de cette littérature qui reconnait que dans son nombril elle devient rance. Je vous en prie, n’inversez pas les priorités.

    A ceux que le sentiment d’appartenance obnubile je rappellerai les paroles d’un morceau reggae. Cà va ! Je sais...Côté références je fait ce que je peux.

    "The ink is black, the sheet is white, together we learn to read and write"

  20. Posté par May, le 18 mars 2007 à 08:07

    Je m’étonne de ne pas lire le nom de Léonora Miano, dans la liste des signataires du manifeste.

    Après l’avoir entendue samedi sur France Ô, dans l’émission de Mari José Alie (rediffusée aujourd’hui à midi), je suis vraiment très surprise qu’elle n’ait pas signé ce manifeste.

    En effet, Léonora Miano emmenait les téléspectateurs chez WH Smith, librairie britannique bien connue de Paris. Elle montrait le rayon fiction où on trouvait des auteurs de nationalité différente, ayant l’anglais en partage, et déplorait que ce ne soit pas le cas chez les français, qui n’avaient pas encore compris qu’une langue était un espace sans frontières géographiques.

    Alors, deux questions : le manifeste lui a-t-il été présenté ?
    Ensuite : fait-elle partie des auteurs qu’on lira au mois de mai dans le livre dont vous nous parlez ?

    Léonora Miano faisait partie des auteurs à qui le journal Libération avait demandé de parler de leur rapport à la langue française, en mars 2006, au moment du salon du livre de Paris, dont le thème était la francophonie.

    Cher hôte de ce blog, j’attends impatiemment votre réponse !

  21. Posté par Lalah, le 18 mars 2007 à 08:19

    Gageons qu’après avoir fait paraître cet ouvrage sur une littérature-monde en français dans la Blanche, Gallimard mettra fin à l’existence de Continents Noirs !
    Si les auteurs publiés dans cette collection méritent l’étiquette Gallimard, qu’on la leur donne sans tergiverser.
    S’ils ne sont pas assez bons, qu’on ne les publie pas, un point c’est tout.
    Cette collection regroupant des auteurs sur la seule base de leur couleur est en soi outrageante.
    Ils écrivent tous directement en français, et Gallimard ne saurait continuer à les classer à part, comme s’ils étaient des étrangers. Certains sont français. Leur origine ne constitue pas un corpus, encore moins un genre. Chacun a son univers. Comme les écrivains blancs.
    Notons d’ailleurs que Chamoiseau ne publie pas chez Continents Noirs, mais dans la Blanche. Parce que le Goncourt le blanchit ?
    Il est plus que surprenant, que les auteurs publiés dans la Blanche n’aient pas protesté contre l’existence de cette collection. Nous sommes en 2007

  22. Posté par bakouanga-kamouleta, le 18 mars 2007 à 09:41

    Ya quoi même ? C’est l’homme qui a peur Walaï ! Moi, j’ai pas sorti long papier. J’ai pas déparlé. J’ai dit seulement à professeur D.O.W. que le mari de maman s’appelle papa. J’ai fait long papier pour avoir beaucoup de PQ pour avoir fesses propres, c’est pas pour moquer personne, même pas professeur D.OW. Faforo ! Walaï j’ai déjà dit ici même que la jeune génération d’écrivains-là ki sait pas dire wi missié-là y va mettre l’huile chaude d’aloko sur la littérature française-là walaï !
    y a drap dans maison d’édition-là ! Walaï ! Papa Kourouma-là y doit rire la haut avec ses belles dents blanches ! Walaï !

  23. Posté par bakouanga-kamouleta, le 18 mars 2007 à 09:54

    Professeur DOW, avant de marcher sur la langue de l’autre et déparler, faut respecter vos propres dents sinon, elles vont manger votre langue. Vous dites leçon de morale ou professeur pour moi ou long papier quoiquoi-là ! Qui a dit : "Je suis un vif admirateur de Glissant, et un adepte du Tout-monde." Walaï je ne courbe pas les cinq prières sur le dos d’un écrivain comme vous ! Walaï ! Allah ukubaru, je ne suis pas comme vous qui n’avez jamais mangé chez quelqu’un qui cherche mauvais palabre, hein non d’un proc-épic ! Vous avez un mauvais double ou quoi, hein ! Le mari de maman c’est papa walaï ! Faforo !

  24. Posté par bakouanga-kamouleta, le 18 mars 2007 à 10:04

    Walaï DOW ozodi-là c’est jour de prophète Issa. C’est pas bon pour mauvais palabre ! Mon frère c’est l’homme qui a peur, hein ! nom d’un porc-épic ! Walaï courbons les cinq prières ensemble comme ça y a pas drap entre nous !

  25. Posté par bakouanga-kamouleta, le 18 mars 2007 à 10:41

    Cher professeur DOW puisque vous m’enjoignez de faire preuve de tenue dans mon langage, je vous le (con)cède bien volontier. Vous écrivez : "[...]un amas de similitudes pauvres et plus ou moins différentiées". Eh bien, je ne fais pas allusion à l’oeuvre des signataires (je ne connais que très impartiellement leur oeuvre), non je voulais dire qu’au niveau de la langue, au rendez-vous du Tout-monde, on risque de trouver seulement le français à la sauce antillaise - ou si l’on veut, l’écriture de Chamoiseau ; le français d’Afrique - ou si l’on veut, la touche de Mabanckou ; etc. Et qu’il n’y a là malgré tout, qu’une seule langue. Et que cette configuration est plus pauvre que celle où à côté du français, on trouverait l’oeuvre de Boris Boubacar Diop en Wolof par exemple. Voilà pour vous répondre sur ce point."
    Ce passage m’interpelle quand à votre connaissance de l’oeuvre des auteurs que vous citez. Il revient à ma mémoire les critiques jadis formulées sur l’écriture de Tchicaya U Tam’SI. Certains disaient qu’elle était très hermétique. Or pour peu que l’on ait une connaissance des langues bantu tout devient aisé et limpide. L’imaginaire vili et kongo s’y déploient dans leur labilité, leur densité et leur générosité. Si jamais vous faites un peu de place dans vos mémoires olfactive, auditive, visuelle, et gustative...
    Vous sentirez le doux parfum de Tchilolo, ces fruits si doux de l’arbre à pain, il restera encore un peu de sel drainé par les vents marins sur votre peau, et votre mémoire auditive sera envahie par la musique des veillées d’entant d’enfance : "Chike Tchissimbu chike...
    Il faut creuser cher ami, creuser encore creuser (chike Tchissimbu) encore plus profond pour que surgissent les racines gonflées de sèves d’une généralogie vivifiée, généalogie que déroule les écrits de Tchicaye U TUME SI...
    Je vous renvoie au portrait de Tchicaya fait par Caya Makhele. Portrait qui relate sa première rencontre avec ce monstre sacré de Tchicaya.
    Je pense que vous voyez la porte mais vous ne savez pas où se trouve la clé.
    Mabanckou est de cette lignée de Tchicaya les yeux fixés vers l’horizon marin et le dos arc-bouté contre une terrre ferme plus incertaine que la mer. Je persiste à dire qu’il ne faut pas s’arrêter devant la porte, il faut des clés d’entrée. Le temps est revolu des critiques de grand papa qui rassemblaient les textes des auteurs francophones sans en faire ressortir la substantifique moelle. Se contentant de compter les mots exotiques. Je suis plus porté sur l’exotisme de Segalen. Je n’ai jamais porté Pierre Loti comme cache misère. Je peux vous faire la liste des disciple de Loti. Tante Arlette vous le dira qui a vite changé pour enfin aller boire à la source comme des lamentins le font. Non monsieur le français d’Afrique n’est pas aussi simple que vous ne le croyez. Pour s’en convaincre il faut passer un nuit avec Suzanne Lafage ou se laisser conter l’Afrique sur les genoux du grand-père Kourouma.
    Les écrits de bon nombre d’écrivains africains son des palimpsestes au sens ou l’entend Genette. Reprenez les outils épistémologique les plus aboutis tels que ceux de Mikail Bakhtine, de Barthes, Jean Peytard, tout en espérant que le dernier nom vous réveillera, pour goûter à la substantifique moelle.
    Il est des auteurs africains comme il est des auteurs antillais. Il faut des clés pour se retrouver dans cette parole de nuit, lieu par exellence du marronnage linguistique. Aller donc faire un tour dans une soirée bukussu, vous verrez la force vitale de cette parole à l’oeuvre ! Glissant propose un espace du bukussu ! pour le salut du tout-monde. Les kongo, les batutos, y ont leur place et vous aussi monsieur DOW.
    Désolé, je suis père des jumeaux, j’ai la licence en matière de langue. De ce fait, je peux me permettre quelques libertés en matière de niveau de langue. C’est la règle chez les africains ! Faforo ! Jusqu’à maintenant le mari de maman s’appelle papa, hein ! Nom d’un porc-épic !

  26. Posté par Nietzsche_junior, le 18 mars 2007 à 13:25

    mais non d une petite cochonne , Cezaire et GLissant n ont jamais ecrit en créole ; c est koi cet arnak ??!!!!

    de la peut etre cette trajectoire ellipitique pleine de tic , s embarassant d un technique propre au pauvre scribes a la memoire chancellante et qui ecoute le chant du dominon qui déforme son esprit en evertuant son coeur et font de lui son propre geolier !....

    une litterature-monde ... ? qu est ce donc cela ?. un chant de l oublie pour nous rapeller qu avant de defendre une mémoire il faut veiller a nettoyer son propre hurlement et lui enlever ces echos tel de mauvaise herbes venue d ailleurs ! ...voila l avenement du Batard , la littérature_monde ,apres tout l art vis a vis de l economique doit suivrele move , surtout que les uns dependent toujours des autres ! ... fini les races pures ! les généalogie foireuse , ouéé c est la teuf !!eliminé les affreux caraibe place au africain a la pensée boiteuse

  27. Posté par Nietzsche_junior, le 18 mars 2007 à 13:55

    "parmi lesquels Tahar Ben Jelloun, Nancy Huston, Alain Mabanckou, Edouard Glissant et Jean-Marie Gustave Le Clézio -, ont remarqué que "le monde revenait". " "
    avant d aller voir le monde que mr Ben jelloun s occupe plus "activement" du sort de certain journaliste marocain ,quitte a prendre le risque d etre exilé a Paris non pas par luxe mais par necessité ! ...

  28. Posté par Ni B-k ni DOW, le 18 mars 2007 à 14:59

    B-K, Tchikaya a beau exprimer ces saveurs locales, il l’exprime en français. Ce raisonnement ne contredit en rien les propos de DOW. Tout écrivain exprime dans une langue, pour les meilleures dans une langue réinventée, des saveurs bien ancrées. Balzac, Céline, etc. Il n’y a pas de français africain, DOW a même tort de le dire, Mabanckou n’écrit pas le français africain, il essaie de trouver son ton et sa langue à lui, comme l’ont fait des écrivains tels Céline pour citer celui-là qui a beaucoup influencé Kourouma (de l’aveu de Kourouma lui-même qui relisait Céline avant d’écrire chacun de ses livres). DOW, le livre de Boris Diop en wolof, un cas particulier dans son oeuvre qu’il continue en français, il te comble de bonheur semble-t-il juste parce qu’il n’est pas écrit en français, mais c’est en français que tu le liras un jour si on le traduisait, ou en anglais. Je ne vois pas en quoi Diop comble ton désir de voir d’autres langues exister à côté du français, langues africaines je veux dire, puisque ce livre écrit en wolof, c’est en français qu’on nous en a parlé et c’est en français que tu en parles sans l’avoir jamais vu d’un seul de tes yeux. Moi non plus d’ailleurs. Le débat sur les écrivains, est-ce qu’on ne peut le situer ailleurs ? On dit que la France ne reconnaît pas assez les écrivains de la "francophonie", en tout cas pas comme le royaume uni reconnaîtrait les siens. Simple question : y a -t-il réellement, issus de l’espace francophone, des écrivains de la trempe de Rushdie, Naipaul, Coetzee, Ben Okri par exemple ? Autre question : un manifeste, quelle que soit l’opinion que nous en avons, empêchera-t-il chacun de ses signatures de poursuivre sa voie personnelle ? L’éloge de la créolité de Chamoiseau, Confiant, Barnabé n’a jamais entamé les irréductibles invidualités de Chamoiseau, de Confiant et de Barnabé, aucun d’eux ne ressemble à l’autre, même s’ils partagent un espace d’où ils tirent leur mémoire. Les manifestes suscitent une réflexion sur des esthétiques qui se trouvent des fraternités sans se confondre les unes avec les autres. Le Clezio n’écrit pas comme Mabanckou, mais ils peuvent se trouver des points de convergence qui n’en appellent pas à leur désir de se ressembler. Si ce manifeste n’apporte rien il n’empêchera rien non plus, s’il n’est pas utile il ne saurait être non plus nocif. Et attendons de lire ce que chacun des contributeurs mettra dans son texte. Mai n’est pas loin, hé, ou bien ?

  29. Posté par Ni B-k ni DOW, le 18 mars 2007 à 15:07

    Par exemple, en référence à l’une de mes questions, s’il y a eu des Nobels de littérature de langue anglaise issus de l’espace anglophone non britannique ni américain, mais d’Afrique et des Caraïbes, s’il y a encore d’autres anglophones cités par le jury du Nobel, y a-t-il jamais eu raisonnablement un écrivain francophone à qui on aurait pu donner, ou à qui on donnerait aujourd’hui, le Nobel sans que cela nous semble ridicule, complaisant ? J’exclus Glissant qui est français. Y a-t-il réellement des écrivains francophones qui soient au-dessus des meilleurs français pour qu’on pense que le salut viendrait d’eux ? Des auteurs au-dessus des Le Clezio par exemple ?

  30. Posté par nietzsche_junior, le 18 mars 2007 à 15:08

    "Autre question : un manifeste, quelle que soit l’opinion que nous en avons, empêchera-t-il chacun de ses signatures de poursuivre sa voie personnelle ? .............. ; la question serait plutot .. qu est ce qui a fait en sorte que leur voies se croisent en ce manifeste , ce n est pas l apres manifeste qui importe mais ce qui les a réunis et a fait converger leur trajectoire pour publier un manifeste , qui avouons le est ridicule , la littérature monde c est une énoùme connerie , le roman vise l authentique pas l universalité .. contre quoi ou qui s oppose t il en cette période electoral . ???? , le role d un romancier dans une période politique est une chose son oeuvre une autre ,c est la seul facon de pouvoir lire Céline sans vomir

  31. Posté par bakouanga-kamouleta, le 18 mars 2007 à 15:32

    Walaï ! vrai palabre a koummencé !
    Faforo !
    "Tout écrivain exprime dans une langue, pour les meilleures dans une langue réinventée, des saveurs bien ancrées." ça c’est Proust qui a parlé ça. Walaï quand ti prends la langue de quelqu’un faut dire le nom de son papa ! Faforo !

  32. Posté par Ni B-K ni DOW, le 18 mars 2007 à 16:17

    B-K, tu vois, j’ignorais même que Proust a dit ça et je ne suis pas sûr qu’il l’ait jamais exprimé en ces termes, puisque ceci fait partie des plus banales évidences qui soient en littérature, même pour ceux qui n’ont jamais fait des études littéraires. C’est d’une telle évidence que je croyais exprimer juste ce que chacun de nous sait sans avoir lu Proust ni retenir de sa forêt de prose une phrase particulière. Et l’ayant lu, je ne le vois pas écrire une phrase aussi banale que la mienne.

  33. Posté par bakouanga-kamouleta, le 18 mars 2007 à 16:28

    Ni B-k ni DOW,
    avant de faire palabre sur grand-père Kourouma, je vous demande d’aller (re)lire le dernier Kourouma. Si vous n’y êtes pas walaï, je vous donne la page exacte où il aborde la question du français d’Afrique. Il y a d’autres références dans le Français dans le Monde. Quand on n’a pas de dents on mange pas maïs !

  34. Posté par Titus Pullo, le 18 mars 2007 à 16:45

    Ni B-k ni DOW a ecrit :

    "y a-t-il jamais eu raisonnablement un écrivain francophone à qui on aurait pu donner, ou à qui on donnerait aujourd’hui, le Nobel sans que cela nous semble ridicule, complaisant ?"

    Si on attribuait le Nobel a Senghor ou Cesaire, je ne vois pas en quoi se serait ridicule. Ces deux monstres sacres etaient plus talentueux que 99,9% de leur contemporains Francais (blancs) qui ramassaient tous les prix Francophones.

  35. Posté par Ni B-K ni DOW, le 18 mars 2007 à 16:49

    Le dernier, tu veux dire le posthume Si on refuse on dit non ou Allah n’est pas obligé ? Kourouma a la réputation d’avoir introduit les tournures de sa langue maternelle dans le français, mais cela a constitué sa langue, faforo ! Elle ne ressemble pas à celle, pure, dense, puissante, de Cheikh Hamidou Kane, bien africain, Peul musulman si ancré dans sa culture et si maître de la philosophie occidental. La langue de Kourouma n’a rien à voir avec celle de Mongo Béti, classique, qui sait entrer dans les plaies de l’Afrique. La langue de Kourouma est la langue de Kourouma. Il n’y a pas de français antillais mais des écrivains qui ont chacun son rapport à la langue qu’il utilise comme véhicule. Il n’y a pas de français africain, mais des écrivains comme Kourouma ou Oyono qui ont chacun su, comme Labu Tansi, utiliser le français à leur manière grâce à leurs langues et cultures.

  36. Posté par nietzsche_junior, le 18 mars 2007 à 17:09

    post 35 "Quand on n’a pas de dents on mange pas de maïs " !

    ca c est le proverbe que naitra de la bouche des volaille de tous poils le jour ou les poules auront des dents ...

  37. Posté par Ni B-K ni DOW, le 18 mars 2007 à 17:13

    Titus Pullo, je te l’accorde, Senghor et Césaire - mais comme j’exclus Glissant des francophones, puisque c’est un français, j’exclus aussi son aîné Césaire, donc Senghor, oui, cela aurait été mérité, je te l’accorde. Mais il a eu la reconnaissance de ses pairs (je ne ris pas en disant qu’on l’a même mis à l’académie). C’est une exception qui confirme la règle. Penser que les écrivains francophones seront le salut de la littérature française c’est peut-être tomber dans un autre piège des discours dont certains sont de la simple démagogie. Il y a peut-être aujourd’hui peu d’écrivains de grande envergure en langue française, et cela est tout aussi valable pour les français que pour les francophones. C’est peut-être la littérature en langue française dans son ensemble qui n’est plus si présente au monde auprès des littératures anglosaxonnes, hispaniques, lusophones, etc. Peut-être manquons-nous de plumes vraiment audacieuses, des imaginaires puissants, des histoires hors norme. Littell, qu’on aime ou qu’on déteste, c’est hors norme et personne n’a hésité à le mettre au-dessus de la mêlée. C’est un francophone, je pense. Les Espagnols ont bien été obligés de reconnaître que des écrivains comme Garcia Marquez sont ce que leur langue fait de mieux depuis un moment, les anglais ont dû reconnaître Naipaul, Rushdie, Coetzee, ce sont les richesses actuelles de leur littérature. Il y a encore des écrivains français vivant qui tiennent le haut du pavé dans la littérature en français. Ils peuvent apprécier certains auteurs venus d’ailleurs par une certaine ouverture d’esprit, mais je ne pense pas qu’ils soient dans ce sentiment de complexe qu’ont provoqué chez les Espagnols des auteurs comme Cortazar, Marquez, Llosa et consort. Je pense que la littérature en langue française dans son ensemble attend sa nouvelle révolution, elle ne peut longtemps reposer sur son passé lointain ou récent avec les Céline et Camus.

  38. Posté par Y., le 18 mars 2007 à 18:57

    Les francophones qui peuvent avoir les Nobel, il y en a : THIERNO MONENEMBO, HAMIDOU KANE, AMINATA SOW FALL, BEN JELLOUN, AMIN MAALOUF... Les autres sont en train de constituer leur oeuvre. Patience, patience, patience les amis.

  39. le 18 mars 2007 à 19:57

    Walaï, Ni B-K ni DOW, je parle de son ouvrage posthume. Walaï tu deviens sucré ! Tu commences à bien palabrer !
    Vous vous souvenez peut-être de Victor Hugo qui promettait de jeter un bonnet d’âne sur la langue française. Nous y sommes ! Kourouma, Sony, Lopès, Monenembo, Yambo et bien d’autres n’ont fait que ça ! Le problème me semble-t-il c’est que nous sommes tous sous l’emprise du jacobinisme linguistique qui fait que chaque fois qu’un écrivain francophone écrit tout le monde va chercher les fesses de sa langue pour voir si elle a des dessous français-français ou pas. Et la créativité là dedans ? Et la poétique de l’écrivain ? walaï !

  40. Posté par Titus Pullo, le 18 mars 2007 à 20:04

    Par la même technicalité que Césaire, Senghor avait la nationalité Française. Ne jouons pas avec les mots. Dans l’inconscient collectif Français, Césaire et Senghor ne sont PAS DES AUTEURS FRANCAIS. Allez à la bibliothèque nationale de la Defense et demandez à consulter le registre des auteurs Français. Revenez nous raporter combien de noirs sont sur la liste (pourtant ils sont Français non ?).

  41. Posté par Ni B-K ni DOW, le 18 mars 2007 à 20:16

    Mon frère B-K, oui, c’est là le problème, tu le dis bien, hélas ! Dès qu’on dit africain, c’est comme si l’auteur ne bossait pas, il ne faisait que ramasser les mots de sa grand-mère pour les fourrer dans ses papiers. Des gens comme Kourouma mettaient des années à écrire un livre, parce qu’ils bossaient, bossaient, bossaient pour écrire des livres qui ne ressemblent pas à ceux qu’ils ont lus et aimés, des livres qui ont leur musique unique, qu’on aime ou qu’on n’aime pas. La créativité, voilà ce que je respecte chez ces auteurs. Y., un Nobel pour Khane avec deux romans, ce serait unique dans l’histoire de ce prix. Aminata Sow Fall, je ne sais pas, mais Ben Jelloun, Maalouf et Monenembo, oui, et peut-être tu viens de citer là ceux parmi lesquels on aura le premier Nobel francophone, puisque cela n’existe pas encore. Titus, je ne jouais pas, tu sais que beaucoup d’auteurs francophones ont eu ont la nationalité fançaise ? Césaire n’a pas la nationalité française, c’est un français de naissance, pourquoi voudrais-tu que je le classe dans francophone si on n’y met pas Modiano ou Houellebecq ? J’espère que tu as compris aussi qu’il y a une petite critique dans ma précision ! Je suis personnellement étonné que les auteurs français des antilles soient considérés par certains comme des auteurs étrangers. La preuve, ils ont leur rayon à part dans les librairies !

  42. Posté par Nietzsche_junior, le 18 mars 2007 à 20:23

    il sont des rayons a part aussi dans les villes , ca s appelle la cité hlm lol .. eux les noirs les arabes c est pareil que contienent noir chez gallimar , un espace a part dans la ville , un espace a part dans les litterature , quoi de plus a-normal pour des indigenes de la république ... les gens de l en-dehors ! les "parmis-nous" "malgré-eux"

  43. Posté par Titus Pullo, le 18 mars 2007 à 20:32

    Ni B-K ni DOW

    Pour une personne de culture, tu m’etonnes grandement, car Césaire et Senghor sont nés avec le même statut juridique vis-à-vis de la France. Tous les 2 sont Français de naissance, l’un dans les territoires Français des Antilles, l’autre dans les territoires Français d’Afrique de l’Ouest. En fait, ironie du sort, Senghor est Français d’origine et Sénégalais d’adoption (du moins juridiquement).

  44. Posté par Ni B-K ni DOW, le 18 mars 2007 à 20:47

    Titus, là c’est toi qui refuses de me comprendre. Si tu veux savoir la différence entre Césaire, français depuis des siècles, et un Senghor africain sénégalais né sous le régime français, lis, à moins que tu l’aies déjà fait, Le rebelle I de Mongo Béti, un livre posthume réunissant une partie de ses conférences, articles et coups de gueule. Tu verras comment un Africain qui se croyait français parce que né sous le régime français a bavé quand on a dû lui apprendre que son pays était indépendant et qu’il aurait dû renouveler sa demande de nationalité, machin, machin. Fonctionnaire pourtant depuis des années, eh oui ! La loi autorisait le calvaire qu’on lui a infligé tout simplement parce que son Main basse sur le Cameroun faisait grincer des dents. Tu sais par exemple que si Félix Eboué, premier beau-père de Senghor, a été un admistrateur colonial en Afrique, Senghor est un enfant de la colonie. Lis ce chapitre que Béti consacre à son histoire de nationalité et tu verras que pour les gens nés sous le régime français dans les colonies françaises, les indépendances avaient changé beaucoup de choses. Césaire n’est pas, lui, dans ce cas, il y a entre Senghor et lui, en terme de nationalité, plus qu’une nuance.

  45. Posté par Bakouanga-kamouleta, le 18 mars 2007 à 20:56

    Ni B-K ni DOW

    Dans ton décompte j’espère que tu n’oublies pas les bretons, les corses, les bourguignons, les gascons, les comtois qui étaient espagnols il y encore un siècle, les dolois qui ne voulaient pas être français avant qu’on ait brûlé leur université, le parlement et la cathédrale. Certains dolois sont tellement content de leur francité qu’ils aiment à se faire enterrer le cul tourné vers le soleil pour faire leur révérence au roi soleil. N’oublie pas les basques qui n’ont jamais demandé la nationalité française mais qui pourtant la subissent...
    Le prix nobel, il serait opportun de s’y intéresser, car c’est un prix qui fut fondé par un cocu. La preuve c’est qu’il n’y en a pas pour certaines disciplines scientifiques. Je vous laisse devinée laquelle ! Le prix nobel c’est l’hymne au cocu ! Walaï ! Faforo ! Le mari de maman s’appelle toujours papa !
    Monsieur Nobel n’étant plus suffisammanent droit dans son pantalon, fut doublé au lit par un scientifique qui entrait sortait, entrait sortait dans son marigot au grand plaisir de sa femme qui trouvait les théorèmes du monsieur si plaisant qu’elle en redemandait. Le monsieur-là entrait, sortait, entrait sortait et la femme en redemandait jusqu’au jour monsieur où monsieur Nobel-là trouva sa femme en plein délectation, le théorème du monsieur-là en pleine bouche ! C’est depuis ce jour qu’il dit que son margot ayant été gaté par ce monsieur-là, il ne donnera pas de prix pour ce genre de saleté, faforo !

  46. Posté par Bakouanga-kamouleta, le 18 mars 2007 à 21:00

    Alain,
    Pourquoi ti a koumancé palabrer avec Bikindou-là ?
    Walaï ! C’est pas bon. Ti as pèr de gater ton nom ou koi-même. Walaï !

  47. Posté par Titus Pullo, le 18 mars 2007 à 21:01

    Voici où vous renvoie le site officiel de la BNF (Bibliothèque Nationale de France). Il n’y a pas d’embiguité. Un espace pour les vrais Français, et un autre pour le reste…

    "La littérature française et la francophonie

    Le français dispose naturellement d’une place de choix. Une salle entière lui est consacrée, en Haut- de- jardin, la salle H, en rez de jardin, la salle V, proposant une large représentation de la littérature du Moyen-Age à nos jours. Les textes fondamentaux sont présents au deux niveaux mais on peut cependant noter un nombre plus important d’outils, d’essais en Rez- de- jardin, indispensables pour appréhender les ouvrages des magasins.
    La Bibliothèque nationale de France, est par définition le pôle de référence absolu dans le domaine du français ( publié en France). Pour accentuer la représentation du français hors de France, on a constitué un fonds conséquent en littérature francophone, classé en 13 zones géographiques."

  48. Posté par Bakouanga-kamouleta, le 18 mars 2007 à 21:01

    Walaï congolais-là faut toujours y fait caca sur le dos de l’autre pour faire pousser son avenir ! Walaï !

  49. Posté par D.O.W., le 18 mars 2007 à 21:09

    Très cher Bakouanga-Kamouleta, vous me (con)cédez trop de choses ! Et par politesse, je suis bien obligé, dans une réciprocité de bon aloi, de vous retournez toutes ces (con)cessions. Et que le mari de maman c’est papa, ça aussi, on me l’a si bien inculqué dans mon éducation, que je me fais fort de savoir le démontrer moi aussi. Et pour le reste, je suis comme vous (décidément, ça risque de faire trop de points communs) : le jour du prophète Issa, courbant respectueusement les cinq prières, je me dis moi aussi qu’il y a pas drap. Merci pour vos références littéraires. Je tâcherai de m’en enrichir, d’autant que beaucoup d’entre elles me sont inconnues. Comme quoi finalement, je ferais un bien piètre professeur... Pour revenir d’un mot sur l’expression "similitudes pauvres", je me rends compte qu’en me lisant, on pourrait croire que je qualifie ainsi la couleur d’écriture de Mabanckou et Chamoiseau. Grand Dieu telle n’était pas mon intention ! J’ai utilisé cette expression en un raccourci trop rapide pour parler du cas général. Et du reste, je voulais moins traduire ma pensée que ce qui ressort du Tout-monde de Glissant. En effet, dans ce que Glissant appelle la "créolisation", et tel qu’il l’explique, on peut juger que la rencontre du Tout-monde, est une rencontre de différences fortes, plutôt que de nuances. Et le terme "pauvre" visait surtout à qualifier l’écart différentiel.

    J’en viens à vous Ni B-K ni DOW. Et que c’est rafraîchissant d’avoir des interlocuteurs comme vous ! On ne lit pas souvent ici des avis aussi justes que les vôtres. Le post 28 notamment est exquis. Mais j’ai toutefois quelques nuances à faire valoir par rapport à vos positions. D’abord, je suis plutôt en désaccord avec vous sur un point, et là-dessus, je rejoins plutôt les signataires : il y a bien dans la littérature, non pas un français africain, mais (je préfère dire) une manière africaine de "littérer" en français, si on me passe ce néologisme. Les auteurs du Québec, ceux des Caraïbes, estampillent indubitablement la langue d’une couleur qui est tout de même remarquable. Et d’ailleurs quand vous dites : "Il n’y a pas de français africain, mais des écrivains comme Kourouma ou Oyono qui ont chacun su, comme Labu Tansi, utiliser le français à leur manière grâce à leurs langues et cultures", c’est exactement cela que vous traduisez. Mais donc, comme vous répondiez très justement à B-k, ils écrivent malgré tout en français. Et cela n’est pas si anodin qu’on pourrait le croire. Mais ce serait trop long de s’étendre ici sur ce point.

    Pour le reste, je vous donne l’impression d’être comblé d’aise à l’idée que B.B. Diop ait écrit à l’occasion en wolof (je sais en effet que par la suite, il a réécrit en français). Comblé n’est pas vraiment le mot. Je trouve juste que dans le mouvement du monde, c’est là un geste intéressant. Dans la perspective "tout-mondesque" par exemple d’un enrichissement mutuel des civilisations, c’est assurément un geste qui apporte une plus grande densité. Puis vous me dites ensuite que c’est en français que je lirais ce livre s’il était traduit. Mais absolument. La différence donc entre les signataires et moi, c’est que une telle situation, qui résulte seulement d’un manque d’initiative malheureux, une telle situation dis-je, je m’en désole. Quand nos signataires semblent ne même pas voir que gît là une problématique qui détermine celle qu’ils soulèvent. En réalité, c’est par le fait de l’histoire que nous écrivons en français. Et je ne demande pour l’heure à personne d’y renoncer. Et moi, personnellement, j’ai trouvé un tel plaisir à écrire en français que je ne voudrais pas y renoncer. Je crois que c’est Neruda qui disait : "Ah qu’il est beau ce langage que nous avons hérité des conquistadores à l’oeil torve. Ils emportèrent tout, ils nous laissèrent les mots". Mais d’une part, comme je l’ai dit plus longuement dans un débat ici, l’affinité que par la force des choses nous avons avec le français, nous empêche-t-elle de réfléchir à l’éventualité de construire nous aussi une langue pour nos Belles Lettres à nous (je parle du cas africain) ? Chamoiseau et autres Confiant, ont au moins le mérite d’avoir proclamé très fort l’éloge de la créolité. Et Confiant, sur cette question, est en outre cohérent. D’autre part, si j’écrivais en français, très honnêtement, je trouverais un peu ubuesque de proférer des anathèmes à l’endroit de la francophonie littéraire. Quelque caractérisation que l’on donne à "francophonie", la francophonie est ce qu’elle est, et on n’oblige personne à écrire en français.

    Revenant maintenant à notre manifeste, je peux vous concéder en effet que : "Si ce manifeste n’apporte rien il n’empêchera rien non plus, s’il n’est pas utile il ne saurait être non plus nocif". Ce n’est pas faux. Je trouve juste la démarche vaine ; et un peu ubuesque cette situation où l’on dénonce une prison où l’on s’est enfermé presque tout seul. Mais également, une cécité devant les vrais déterminants de cette situation. Encore une fois je demande que l’on me dise quand est-ce qu’on a vu dans l’histoire, des individus, ou une classe quelconque, obtenir une plus grande considération juste en le demandant ? Pour cela en général, il faut savoir lire les causes, déchiffrer les contextes et agir.

    Enfin pour terminer, si l’on excepte ceux que l’on a exceptés, je vous suis totalement lorsque vous dites : "y a-t-il jamais eu raisonnablement un écrivain francophone à qui on aurait pu donner, ou à qui on donnerait aujourd’hui, le Nobel sans que cela nous semble ridicule, complaisant ?". Je me limiterais toutefois à l’Afrique, ne connaissant que très mal l’entière étendue littéraire francophone. Je me souviens que tout en félicitant ici Mabanckou et Miano pour leurs prix, je n’avais pas manqué de rappeler que cela étant, l’Afrique n’avait pas encore le niveau mondial. Et la chose est encore plus évidente pour un autre espace littéraire que je ne connais pas trop mal : la France, où l’on ne glorifie que de piètres phraseurs. Ce qu’il y a, c’est qu’on tente de faire croire en France, que C. Angot vaut toute l’Afrique littéraire, quand le talent de T. Monenembo par exemple, surpasse de loin celui de maints gugus de la "Blanche" de Gallimard. Mais en revanche, ces Africains qui citent Tierno dans les nobélisables africains, pêchent par un amour de soi irrasionné. L’Afrique n’a pas encore ses Borgès et ses Marquez. Mais Dieu merci, elle n’a pas beaucoup à rougir quand le pays de Molière n’exhibe plus que les Angot, Despentes et autres Beigbedder comme fleurons de sa littérature.

  50. Posté par Titus Pullo, le 18 mars 2007 à 21:10

    Ni B-K ni DOW

    Tout comme beaucoup de Martiniquais et Guadeloupéens t’en conteront des vertes et des pas murs, sur leur Françité pas toujours respectée sur l’ile de France…

  51. Posté par Ni B-K ni DOW, le 18 mars 2007 à 21:21

    B-K, basques et tout, tu sais, ce que je ne dis pas pour être plus clair, c’est qu’il s’agit plus de couleur de peau. Kundera et Makine récemment arrivés en France sont de vrais français dans les classements, pas Césaire ou Glissant ou Chamoiseau ou Condé. Mais attends voir quand nos gosses vont commencer à écrire, nos gosses nés ici, je veux dire, on verra bien où ils les foutront, eux ! En même temps, ce n’est pas très important, ça ! Un écrivain exceptionnel est classé hors norme. On peut le mettre où on veut, on saura le trouver. Oh là, Titus, à qui le dis-tu ? J’en sais foutre quelque chose, hélas ! C’est à la gueule que ça se joue. La seule différence, c’est qu’une fois qu’on sait que tu es Guadeloupéen ou Martiniquais, domien ou tomien pour faire court, bon, on sait que tu es français, un peu à part mais on n’y peut rien, tu es français, alors qu’il y a des français qui pourraient perdre leur nationalité pour délit, attendez, vous verrez, à l’allure où vont les choses, on pourrait mesurer le degré d’identité nationale de quelqu’un pour remettre en cause sa nationalité acquise !

  52. Posté par Ni B-K ni DOW, le 18 mars 2007 à 21:29

    DOW, je te suis cinq sur cinq. Mais juste pour rire, sans rire forcément : Neruda, j’aime, mais n’oublions pas qu’il est descendant de ces conquistadors qui ont pris le continent des autres dans le sang. Ces grands auteurs latinos sont tous ou presque descendants d’Espagnols, du moins d’Européens. L’espagnol est leur langue, ce cont eux les conquérants !

  53. Posté par nietzsche_junior, le 18 mars 2007 à 22:35

    ce qui revient a dire que la littérature moderne est le resultat du colonialisme et de l impérialisme de l occident qui a répandue un art dont les "autres" se passaient tres bien jusqu a l arrivé de guttenberg ... alors tous les meteques qui ecrivent sont avant tout blanc dans leur tete ! .... c est pas le cas de la music , c est pour cela que je prefere largement ecouter des musicien Africain que des livre ecrit par des des fantome d occident ....

  54. Posté par Philippe Mbouendueng, le 18 mars 2007 à 22:40

    Je rame dur pour écrire mon bouquin, depuis cinq ans. Je ne désespère pas !

  55. Posté par nietzsche_junior, le 18 mars 2007 à 22:58

    whaouu , quel perseverance , chapeaux sérieux , t a les crocs mon gars , mais tu rame ou tu galere ?

  56. Posté par catharsis, le 19 mars 2007 à 01:22

    Nj, pas d’accord avec votre post 53. Vous faite fi de toute l’identité mosaîque de ce continent. Com si écrire en français faisait oublier une langue, une culture maternelle. En Afriq la tradition orale était le véhicule. L’écriture n’est qu’un autre système, pratique, qui se généralise. Est ce bien, est ce mal ? C’est com çà, en tous cas !
    Et Nj vous mettez de côté un fait d’importance crucial. Com je le disai ds mon post 19 ; le français est un véhicule qui se prête bien à la littérature. Ces écrivains dont tout le monde ici parle,le choisissent nom de nom ! Allah n’est pas obligé. Les français ont leur quotas de saloperies, de bassesses etc etc. Laissons leur au moins la beauté de leur langue. Sans cocorico. Je deteste çà ! Et sans dénigrer d’autres langues. (d’ailleurs viv la soupe de langue) Il est malheureusement illusoire d’effacer l’histoire, de renier le passé. Nj vous y voyez un néo colonialisme un impérialisme. Peut être. Mais sous un autres angle de vision moi je vois que ces écrivains africains utilisent ce français comme moyen d’expression(ex-pression ?). Il ne résume pas pour autant leurs pensées, ne phagocyte en aucun cas leur authenticité. Pour peu qu’ils veuillent bien ne pas s’oublier. Qu’ils se l’approprient même ce véhicule ! Les voilà venir ces nouveaux chauffeurs. L’Afrique via ses hommes et femmes de lettres(de l’être ?) prend peu à peu ses distances, par rapport à cet impérialisme français. L’agrémentant de leurs identités, l’épiçant de leur expressions, de leur mode de pensées. Il en est d’autres, d’impérialisme, à mon avis bien plus pernicieux. Mc Do, coca... Hollywood.

    Chaire Nj tout est affaires d’influences ici bas. Vous voulez tout péter ! Vous rêvez d’Apocalypse, d’une nuit précèdant un jour nouveau. A chacun de résister, de garder un sens critique, de digérer ces influences et de n’en garder que les nutriments essentiels. Le reste, n’est que flatulances, le reste on le chie !

    Vous autres ici persistez, tergiverssant ainsi ds ces sillons séparatistes que la conneries de certains à sacralisé. Putain de Babel, putains de frontiéres qui se sont inscrites ds vos encephales aussi surement qu’un bistouri initiant une appendicectomie. Vous me gonflez. Non, vous me peinez en fait, cultivant de la sorte les sujets déjà légions de discorde, usant et pérénisant ainsi ce vocabulaire discriminatoire, ces idées reçues. Ce qui me fait mal c’est qu’à vous lire il y est encore matière(fécale)à ces tenaces divisions. Bordel ! L’essentiel n’est pas là.

  57. Posté par Bakounaga-kamouleta, le 19 mars 2007 à 09:37

    DOW,
    "Et le terme "pauvre" visait surtout à qualifier l’écart différentiel." Je dis non, mille fois non ! Il y a une théorisation de cette notion chez Claude Levy-Strauss (pas le fabricant de Jeans, l’autre de l’académie, machin français où les grands pères chassent les mouches avec leur épée d’immortel avant la mort, faute de chasse mouches) qui va dans le sens qui suit : "[...]comme Kourouma ou Oyono qui ont chacun su, comme Labou Tansi, utiliser le français à leur manière grâce à leurs langues et leurs cultures"
    Sony parlait de co-propriation ou de locataire ayant droit de faire des travaux d’aménagement dans la baraque, moi je préfère parler d’interfécondation, sorte d’enchissement mutuelle par nos différences, la partie irréductible de notre imaginaire, boîte noire de notre créativité et de notre poétique, donc de nous même. L’écart différentielle n’a jamais appauvrie personne. C’est la peur de l’étrangeté, de l’altérité qui au contraire fait que Gallimard a son continent noir. C’est une manière de faire bonne figure, pour ne pas decevoir les blancs. Un peu pour dire voyez nous ne sommes pas racistes pour deux licous, nous avons nos nègres de services. Ils ont leur chambre de bobonne propret. Ils mangent leur sandwich à côté de nos animaux de compagnies qui ont leur ronron servi dans un plat en or grâce aux dividendes qu’ils rapportent ! Il ne faut pas oublié que le nègre, ça rechauffait mieux que l’épagneul, c’était un animal de compagnie à une époque Sala-Molins vous le dira, il a la liste des famille de la Rochelle qui en avaient ! C’est quoi cette blague de mauvais goût qui consiste à ghettoïser les écrivains en fonction de la couleur de leur peau ou de leur origine ? Ils sont écrivains un point c’est tout ! Au fait, si on croit que la littérature qui est dans la collection continent noire est de seconde zone pourquoi : Angot, Begbedet, les frères Poivre d’Avor... Delerme, Bernard Clavel, Marcel Aimé, Pierre Loti, Guy Descar, Boris Vian qui aimait les nègres dans son lit..., n’y sont pas. Cette collection continent noire et bien d’autres de la même veine c’est du racisme policé, c’est un apartheid, un point c’est tout. Pourquoi d’un côté le monde et de l’autre le continent noir ? Qu’est-ce à dire ? Que les noirs ne font pas partie du monde ?
    Marie N’diaye a tout compris qui ne se la laisse pas conter avec cette discrimination positive fille de Vichy !
    Cette classification est-elle fille de Darwin, de Liné, de Deways ou d’Hitler ? Nicolas au secours, il faut nous faire un ministère de la culture étrangère !
    Il y a des écrivains africains qui auraient largement mérités d’avoir le Nobel, n’eut été le jacobinisme linguistique qui sévit au nord ! N’oublié pas que l’exposition universelle date des année 30. Les noirs n’étaient encore que des objets de curiosité. Leur acquisition du "je" de la production du discours est donc récente. Cet acte de reconnaissance tardif, sorte de jugement littéraire supplétif, ne nous donne pas encore le plein droit à une parole légitimée. Notre parole est tolérée, pas considérée, ni respectée d’où la chambre avec vue vers les noirs (continent noirs) de barbès qui nous est réservée. Pour le reste nous n’avons qu’un droit c’est de fermer notre gueule, puisque notre littérature est à leurs yeux une littérature au rabais !
    Walaï DOW vous lisez trop confiant. C’est lequel de Confiant qui vous fait bander comme un bois bander : l’éloge de la créolité ou son caca nerveux intitulée Aimé Césaire la traversée paradoxale d’un siècle ?
    Je ne sais pas si Confiant sait que le mari de maman s’appelle papa, mais j’ai bien peur que non. Car quand on lit ce qu’il envoie comme fions au Vieux, c’est à se demande s’il connait dire papa ! Walaï Faforo ! les enfants-là, quand ils n’ont pas leur circoncision, ils déparlent trop walaï ! Nous allons sortir les couteaux pour en faire des homme de parole walaï ! il ya des rites de derrière le bois qui se perdent walaï faforo !

  58. Posté par Bakounaga-kamouleta, le 19 mars 2007 à 09:40

    Philippe Mbouendueng,
    je ramme tout simplement pour faire un pet ! Je suis constipé ! L’humour est-ce le pet ou l’éternuement de l’esprit ?

  59. Posté par Bakounaga-kamouleta, le 19 mars 2007 à 09:57

    Quelqu’un peut-il me dire à quoi sert une bibliothèque ? Quelle est sa fonction sociale ? Quelle est la plus vieille bibliothèque du monde ? En quoi une bibliothèque peut-elle être un lieu de subvertion par excellence ?
    La guerre des collections et de classification trouve son explication dans la réponse à certaines de ces questions me semble-t-il !

  60. Posté par A. Mabanckou, Invitation pour nos "Villageois", le 19 mars 2007 à 10:09

    Chers Villageois,

    Afin de mieux faire passer vos idées et contribuer ainsi au débat, j’ai le plaisir de vous transmettre cette invitation envoyée aux journalistes et différentes personnalités. Nous serons heureux de vous accueillir...


    A la suite de la publication du Manifeste « Pour une littérature-monde en français »

    Michel Le Bris, Alain Mabanckou,
    Jean Rouaud et Abdourahman A. Waberi
    vous invitent à la présentation de la

    CONVENTION DE SAINT MALO
    « Pour une littérature-monde en français »

    Le jeudi 22 mars 2007
    à 9h30 précises

    à la Maison de la Chine / 76 rue Bonaparte – Place Saint Sulpice / 75006 Paris

    Réponse souhaitée auprès de Laurent Delarue, Faits&Gestes :

    06 30 25 34 66 – laurent.delarue@faitsetgestes.com

  61. Posté par Philippe Mbouendueng, le 19 mars 2007 à 10:37

    Aaaah,c’est la galère !

  62. Posté par Bakouanga-kamouleta, le 19 mars 2007 à 12:24

    Gens du village, je viens de vérifier, en relisant Tu c’est l’enfance de Daniel Maximin, cet éternel dandi à la tête de Kongo mêlé au sang de Makandal, sur cet ouvrage paru chez Gallimard il n’y a pas la mention continent noir. Que s’est-il passé, c’est un neg’marron qui a marronné ou quoi ? Walaï rattrapez moi ce Nègre en liberté d’écriture ! Faforo !

  63. le 19 mars 2007 à 13:51

    M. Mabanckou, pourquoi n’y a-t-il que des hommes, parmi les "conventionnaires" du 22 mars ?

    Ken Bugul est actuellement en France, pas loin de St-Malo, puisqu’elle est en résidence à St-Brieuc.

    Ana MoÏ, Bessora, Marie N’Diaye (Prix Fémina), Fatou Diome, ou Léonora Miano (Prix Goncourt des Lycéens) auraient pu faire partie des auteurs qui nous invitent le 22 mars.

    D’ailleurs, combien de femmes ont contribué à ce manifeste ? Si on regarde la liste de ceux qui ont signé l’article du Monde, la parité est loin d’être atteinte.

  64. Posté par nestor, le 19 mars 2007 à 14:04

    Allez lire ce que pense Assouline de la "littérature-monde". Il croit que ça va de soi, qu’on ne devrait rien déclarer ! C’est un réflexe de dominateur ! Pierre Assouline pense que c’est inutile ! C’est l’attitude de la France qui ne recense pas ses immigrants français selon les origines ! Au nom d’une pseudo république !
    C’est à cause de cet esprit sournois que le malaise persiste en France.

  65. Posté par Bokassa Ier, le 19 mars 2007 à 14:53

    Vous allez arrêter maintenant ? Nous avons tout fait pour vous donner des personnages en chair et en os, nous avons utilisé notre vie pour vous donner de la matière littéraire, mais aucun de vous n’a à ce jour été fichu d’écrire un roman à la hauteur de nos folies. Mon ami Idi Amin Dada me murmure que Sony Labou Tansi proteste, il estime qu’il a été à la hauteur de ma folie. Viens, petit, viens, je ne vais pas te bouffer, on n’est pas sur la terre ici, allez ! Tu n’as jamais été à la hauteur de nos folies. Tu as juste trouvé une forme, le fond, lui, est creux, mon garçon. Des romans sur nous restent à écrire, de la folie, de la folie, c’est-à-dire la vie. Et il faut des romans de plusieurs centaines de pages. Manifeste ou pas, vous n’êtes pas encore nés en nos destins à nous que vous avez eu tendance à réduire à des caricatures de style. Le petit qui tient le blog là, peut-être que lui il parviendra, je me marre ici en te lisant. Hier justement l’ange Gabriel m’a menacé d’un renvoi sur la terre si je ne cessais de lui bassiner les oreilles avec le cul de Robinette. Je sais que l’ange en mouille pour cette énorme femme-fontaine. Hélas, je ne suis plus là-bas et même si je l’ai assez longue, elle ne traversera pas l’atmosphère ! J’attendrai qu’elle quitte la vie, l’adorable pisseuse. Idi, mon ami, se fortifie la baguette pour un concours avec moi dans les eaux sombres de Robinette. Eh, yako ! Je vous jure que ça va trembler ici et vous en ressentirez les secousses, mes gosses. En attendant, amusez-vous bien ! Y a foyi ! c’est l’homme qui se fait ses peurs.

  66. Posté par B-K., le 19 mars 2007 à 17:23

    Tonton Nestor, Assouquouiquoi-là c’est où qu’il a palabré ? C’est dans quel site !
    Walaï ! C’est l’homme qui a peur !

  67. Posté par D.O.W., le 19 mars 2007 à 19:22

    Neruda est peut-être descendant de conquistadores, comme Octavio Paz et quelques autres. Mais nous devons nous demander, Ni B-k ni DOW, s’il est juste de vouloir rendre des hommes responsables des crimes de leur généalogie. Est-on jugé sur ses actes ou sur ceux de ses pères ? I’m just asking... Neruda, toute sa vie, toute son oeuvre durant, a pris fait et cause pour ceux qu’il appelait "le peuple". Et le peuple, dans ces pays-là, c’est surtout les va-nu-pied, où l’on retrouve en majorité les Indiens et autres "autochtones". L’engagement de Neruda (pour les sans-grade, et contre les caudillos) fut, dans le siècle dernier, un des plus farouchement militants.

    B-K (post 57) : je n’ai pas lu les écrits de Confiant se rapportant à Césaire. J’en ai seulement eu des échos de tiers, et je ne peux donc vraiment en juger. Par ailleurs, sur tel ou tel point, j’ai quelque défiance à l’égard de Confiant. Du reste, je n’ai pas donné de jugement sur lui, j’ai juste dit qu’il était plus cohérent que d’autres. Ce n’est pas un jugement de valeur. Et sur l’écart différentiel, est-ce vraiment besoin de faire de longs discours ? Entre le français-comme-ceci et le français-autrement, l’écart différentiel est plus faible qu’entre le français-n’importe-comment et une langue autre. C’est tout ce que je voulais dire. Et c’est vrai comme 2 et 2 font 4.

    Alain M. : that’s just too bad. Oui quel dommage vraiment, mais à 9h30, nous qui devons nous démener pour rapporter à manger à nos familles tyranniques, ne sommes pas dispo. Pourquoi ne pas avoir songé à une nocturne du prochain salon du livre ? On aurait enfin pu jouter en live avec nos aînés, ceux que nous attaquons souvent lâchement ici, sans qu’ils ne puissent être en mesure de nous dire nos quatre vérités ;-) Anyway, maybe another time...

  68. Posté par Titus Pullo, le 19 mars 2007 à 19:29

    Nestor,

    L’hypocrisie ! Quand on ne compte pas les gens, on peut feindre de n’etre au courant de rien. Ne pas savoir qui est qui est la forme par excellence d’apartheid, car comment pouvez vous pretendre etre ignore quand vous n’existez meme pas. Vous me suivez ?

  69. Posté par Queen Pokou, le 19 mars 2007 à 20:20

    Pardon, j’ai oublié de signer mon post, le 63...

  70. Posté par Motuna, le 20 mars 2007 à 11:37

    Congopage : Vous écrivez en français, pourriez-vous écrire dans une autre langue que le français ?

    A.Mabanckou : Un jour sans doute. Ce sera peut-être en anglais. Je ne sais pas écrire les quatre langues congolaises que je parle à peu près correctement ( lingala, munukutuba, laari, bembé). Je comprends par ailleurs très bien le vili, le téké, le dondo, le kamba et le yombé. Pourquoi ne pourrai-je pas écrire dans ces langues ? La raison est simple : je les ai apprises de manière orale et je ne vais pas pousser l’hérésie jusqu’à appliquer à ces langues les règles du français ! Ce serait sacrilège ! Si le doyen Ndzo Kanga qui enseignait le Lingala en France était encore vivant, je lui aurais demandé de traduire mes romans ou mes poèmes en lingala ! Je lance d’ailleurs l’offre à tout "lingalaphone" ou "munukutubaphone" chevronné aussi bien à l’écrit qu’à l’oral...

    C’était en août 2005 sur Congopage

    On regarde sur le côté de la page du Blog, on voit une liste d’éditeurs qui ont traduit dans le monde les œuvres de Mabanckou, allons donc jusqu’en Corée, c’est magnifique, mais où sont donc les langues congolaises ?

  71. Posté par Claudines, le 20 mars 2007 à 17:07

    J’ai quelques remarques à faire et des questions à poser.

    1) Pourquoi toujours nous ramener à des concepts ? Francophonie, littérature en langue française, parfois littérature d’expression française et maintenant littérature-monde en français ? Déjà c’est trop long.

    Nous, on ne demande qu’à lire et de bons livres.

    J’ai cru comprendre que ces concepts avaient à voir avec la place que les libraires et les bibiliothèques réservent à certains livres.

    Dans la bibliothèque que je fréquantais assidûment adolescente en France, Tahar Ben Jelloun, comme Camara Laye étaient noyés dans les autres écrivains, si bien qu’on passait d’eux aux autres sans problème. Ce n’est peut-être pas le cas dans toutes les bibliothèques et les librairies.

    Mais à l’époque la littérature africaine nous fatiguait à ne parler que de l’époque ancestrale ou des métaphores sur les dictatures sous lesquelles on croulait. On peinait à lire de la littérature de notre temps, racontant nos vies au quotidien, allant fouiller dans la cuisine en passant par le séjour où la famille africaine s’agglutine.

    Bref, on est contents actuellement car enfin c’est ce qu’on trouve.

    Je viens de lire enfin cette année "Sur l’autre rive" d’Henri Lopes, que je m’étais promis de lire il y a 15 ans, suite à la chronique que France Infos lui avait consacrée et qui disait que le roman évoquait une Afrique contemporaine mais inconnue (d’eux), de Zaiko etc (dont le journaliste n’avait jamais entendu parler. On vit portant sur une même planète).

    2) Pourquoi ne pas parler simplement de littérature française ? Puisque c’est écrit en français. L’expression est-elle réservée à la littérature de France ? Mais qui est de France, qui ne l’est pas ? Vaste question.

    3) N’ayant pas fait d’études de littérature, bien que ce soit ma passion, j’aimerais savoir si ce débat a lieu dans les facultés de lettres en France ou en Afrique ? Si oui, il devrait y rester. Parce que on n’est fatigués des concepts qui arrivent à nous priver du plaisir de lire ou de regarder (des films). Il faut laisser faire !!!

    Remarque : si les français se ruent sur la "littérature-monde", c’est parce qu’ils ont trop longtemps subi le diktat des maisons d’édition et des libraires justement enfermés dans des concepts de littérature plutôt que de permettre au public de découvrir.

    Il faut dire que nous les peuples du Sud, on est bi ou pluri-culturels, on possède notre culture et celle des autres. Les gens du Nord n’ont souvent que leur propre culture, occidentale. Alors quand on leur permet de découvrir autre chose et d’intéressant, ils adhèrent forcément. J’en ai eu une expérience étonnante il ya à peine dix jours.

    Je conclurais en disant que si les prix de l’automne dernier ont été décernés à des écrivains venus d’ailleurs, c’est parce que l’accès aux livres, je ne dis pas forcément à la littérature, a été davantage démocratisé. Il n’y a qu’à voir, par exemple, la multitude des Relais H dans les gares. Et les livres d’ailleurs ne racontent plus seulement les affres des pays d’origine, ne se perdent plus dans la littérature un peu absconse, et donnent un vrai bol d’air frais dont avait besoin il est vrai le public occidental.

    Bref, il y a du mieux, et on est les premiers a en être très contents.

    Ultime précaution : les opinions exprimées ici sont de moi et de moi seule, je ne demande à quiconque d’y adhérer, mais je demande à tous de participer au débat...Pacifiquement, il ne s’agit que de littérature.

  72. Posté par D.O.W., le 20 mars 2007 à 20:03

    Nulle envie de relancer la polémique. Juste pour dire que je pense à peu près comme Claudines. Les choses sont plutôt simples : si l’on décide d’écrire en français, alors il n’existe que des auteurs écrivant en français, et donc produisant une littérature de langue française. A l’intérieur de ce vaste ensemble, quelles que soient les entraves (réelles, et que nous dénonçons souvent), quiconque mérite de se faire remarquer, se fera remarquer. Garcia Marquez n’a pas eu besoin de dire qu’il existait ; et qu’il participait d’une littérature-monde. Le petit monde clos et paresseux du PAF et de la télévision de France peut ne pas voir certains talents ; malgré tout, si ces talents sont réels, un jour ou l’autre, un critique quelque part, dans le monde anglophone par exemple, les remarque, et les promeut. Le livre sur la Postcolonie d’Achille Mbembe - il est vrai qu’on n’est plus dans la fiction - n’a pas reçu l’accueil qu’il méritait dans le microcosme francophone. Mais peu de temps après, le monde anglophone a braqué sur lui un projecteur si puissant, qu’il a connu une deuxième vie étonnante dans ce cercle francophone même, qui l’avait snobé. Bref, que nos auteurs se contentent d’écrire. A la place de supplier la franco-francophonie de leur faire une place, qu’ils veillent par exemple à être traduits ailleurs, et si leur talent, leur novation, leurs apports, l’originalité de leur univers, sont remarquables, ils seront remarqués.

    Un autre débat, comme je l’ai dit dans mes posts précédents, est de savoir si écrire en français est une fatalité. Et si, en admettant cette fatalité, il est possible de venir à bout des entraves dans les maisons d’édition ou les médias(entraves qui, répétons-le, n’empêchent nullement de distinguer les talents).

    Ma position sur cette affaire peut être ambiguë, puisque j’ai moi-même récriminé contre les médias français qui font peu de cas de la littérature de chez nous. Disons que c’est comme le rôle de la France dans nos malheurs. Nous pouvons faire le constat qu’ils sont réels. Mais adresser à la France une pétition pour lui dire tout le mal qu’elle nous cause, ce serait un peu curieux. Quelle réponse devrait-on alors en attendre ?

  73. Posté par Ulenspiegel, le 22 mars 2007 à 13:04

    Chers amis, j’aurais besoin de votre aide : je suis prof "non francophone" de littérature française et francophone dans une université espagnole. Je prépare un concours (pour obtenir un poste équivalent de maître de conf). Notre antérieur gouvernement a changé les lois d’accès (LOU), et actuellement il est obligatoire de présenter des projets d’enseignement concernant uniquement des matières "principales" (dites "troncales" en espagnol). Par consequént, la littérature écrite en français outre que la littérature produite à l’Hexagone est exclue de mon projet par la loi.

    Malgré les contraintes légales, je m’obstine à inclure la littérature "francophone" dans mon projet, en utilisant des arguments semblables à ceux que nous pouvons lire dans le manifeste.

    Mon concours aura lieu au mois de mai. Je n’aurai donc pas eu l’occasion de lire l’ouvrage dirigé par Jean Rouaud et Michel Le Bris qui paraîtra chez Gallimard.

    Quelqu’un saurait, par hasard, s’il est possible d’avoir accès à des extraits avant la publication de l’ouvrage, ou quelqu’un parmi vous aurait des informations plus précises concernant son contenu ?
    Merci de votre aide.

  74. le 22 mars 2007 à 19:16

    Ecrivez à Rouaud chez Gallimard, c’est ce qu’il y a de plus simple. Il vous aidera probablement.

  75. le 22 mars 2007 à 21:46

    Cher monsieur Ulenspiegel,
    écrivez à Rouaud chez Gallimard avec copie à tous les signataires de l’ouvrage afin d’avoir plus de chance d’obtenir le texte dans sa totalité. Cerise sur le gâteau exigez la traduction du livre en espagnole pour garder le caractère polyphonique de la francophounie !

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