« La Nouvelle République » fait une grande place à la
campagne électorale notamment avec l’entrée en danse
de trois autres candidats après les premiers meetings
du candidat Sassou Nguesso. André Milongo, Joseph
Kignoumbi Kia Mboungou et Bonaventure Mizidy se sont
lancé, eux aussi, dans la campagne. Une façon de ne
pas laisser une trop grande place aux militants du
président sortant Denis Sassou Nguesso.

André Milongo a donc effectué sa première sortie à
Pointe-Noire, au stade Papa Loboko, dans
l’arrondissement 3 Tié-Tié, le lundi 25 février 2002.
En présence d’une foule immense. Un meeting au cours
duquel il a déclaré n’avoir besoin que de « 100 jours
pour redonner confiance aux jeunes, aux travailleurs,
aux étudiants et retraités en appliquant une politique
claire, transparente pour tous les Congolais qui
doivent prendre avec moi la voie de la responsabilité
pour bâtir ensemble l’avenir. Il a aussi demandé
l’établissement d’un bulletin de vote unique pour tous
les candidats afin d’éviter la fraude.

Joseph Kignoumbi Kia Mboungou a tenu deux meetings le
24 février, à Mfilou, dans l’arrondissement 7 et au
Terminus de Kinsoundi, dans l’arrondissement 1
Makélékélé après celui de Pointe-Noire. Le candidat de
l’UPADS s’est proposé de battre le président sortant
en demandant le soutien des militants de l’UPADS, du
MCDDI, du MDS, et de l’ensemble des jeunes favorables
au changement. « Avec vous, je vais battre le candidat
du PCT. Notre adversaire va nous passer le témoin
parce que c’est la volonté du peuple », a martelé
Joseph Kignoumbi Kia Mboungou.
Sur le flou subsistant quant à l’utilisation du logo
des trois palmiers de l’UPADS sans en avoir reçu
mandat, le candidat s’en est défendu en ces termes : « 
Mais l’intérêt d’un parti politique c’est quand même
d’aller aux élections pour gérer la nation. La base du
parti veut que nous puissions aller aux élections. On
ne peut pas être absent de ce débat politique. Mais,
que voulez-vous, il y en a ceux qui ne peuvent pas
toujours aimer. Demain, je serai élu, mais tout le
monde ne m’aura pas élu. C’est aussi de la démocratie
 ».

Bonaventure Mizidy de la Convention républicaine des
libéraux (CRL) a fait ses débuts par un point de
presse à l’aumônerie universitaire. Il y a fait savoir
sa position sur le processus électoral en cours tout
en regrettant le mutisme du pouvoir face à toutes
sortes de dérives relatives à l’organisation du
scrutin. Il persiste et signe que la Cour suprême ne
jouit aucunement des prérogatives requises au regard
des articles 15, 73, 84 et 86 de l’Acte fondamental.
Malgré cela, « nous n’avons fait que notre devoir de
citoyen épris de paix et nous nous sommes portés
candidats », a-t-il relevé. Bonaventure Mizidy s’est
attaqué à la Commission nationale d’organisation des
élections (CONEL) qui est, selon lui, monocolore et
contradictoire à l’esprit de la Convention pour la
paix. Il a égrené d’autres couacs notamment la non
maîtrise du corps électoral et du nombre des bureaux
de vote. Le candidat de la CRL dénonce l’attitude des
autorités administratives qui battent campagne pour le
candidat au pouvoir, les lois et règlements
discriminatoires qui empêchent les candidats de
l’opposition de s’exprimer. Les médias n’ont pas
échappé à ses critiques, des médias, à son avis,
favorables à Sassou Nguesso et faisant la part belle
aux associations qui lui sont affiliées.

« Le Choc » , dans un article intitulé « Thystère
Tchicaya a déjà proclamé la victoire de Denis Sassou
Nguesso », parle des raisons qui ont poussé le leader
du RDPS à soutenir la candidature du général président
plutôt que de se présenter au scrutin présidentiel.
Thystère Tchicaya s’est donc justifié auprès de ses
militants au cours d’un meeting tenu à Pointe-Noire,
le 23 février 2002. Selon Thystère Tchicaya
l’alignement de son parti a été motivé par « une
formidable convergence de points de vue entre les deux
grands partis qui sont le PCT et le RDPS. A la lecture
du programme de société du candidat Sassou Nguesso, on
se rend compte, à dit Thystère Tchicaya que les 12
points principaux ont rencontré notre adhésion.
Autrement dit, le RDPS et le PCT voient la chose de la
même manière ». Pour lui, Sassou Nguesso sera élu dès
le premier tour parce qu’il est le seul a avoir « 
l’expérience de la gestion des hommes, une
impressionnante audience internationale et enfin une
indiscutable carrure de président de la République ».
Il a ainsi comparé Sassou Nguesso à Mohammed Ali qui
donnait ses K.O au premier round.

« Les Echos » font état du « rififi au Conseil
national de transition » où les honorables conseillers
sont menacés de siéger sans leurs écharpes. Et pour
cause, ce parlement de transition a accumulé des
factures impayées auprès de ses fournisseurs depuis
1998. La facture s’élève à 88 246 424 FCFA. Les
fournisseurs se sont constitués en collectif et
menacent de saisir les biens et meubles équivalents à
la somme due. Déjà, à partir du 2 mars 2002, ils ont
décidé de retirer les écharpes aux honorables
conseillers et de confisquer tout le matériel fourni
non payé.

« Les Echos » se sont aussi intéressés au point de
presse animé, le 25 février 2002, à Brazzaville, par
le Haut commissaire à la réinsertion sociale des
ex-combattants le colonel Michel Ngakala. Un
département qui avait été créé par la Convention
nationale pour la paix pour démobiliser, désarmer et
réinsérer socialement et économiquement les
ex-combattants. Il a déjà bénéficié d’un financement
de 5 millions de dollars (environ 3 milliards 375
millions de FCFA) de l’Association internationale pour
le développement (IDA). Mais, le programme ne sera
réellement opérationnel, d’après le Haut commissaire,
qu’après l’installation de cinq antennes régionales :
Niari, Bouenza, Lékoumou, Pool-Brazzaville et les
Plateaux. Le colonel Ngakala a, néanmoins, rassuré
que ce programme va débuter dans les tous prochains
jours. Il a aussi signalé qu’un travail dans ce sens a
déjà été fait par l’Organisation internationale pour
les migrations (OIM) qui a ramassé près de 1 198
armes, un chiffre insignifiant vu le nombre d’armes
illégales en circulation.

« La Semaine Africaine » interpelle, dans son
éditorial, par l’interrogation « jusqu’où ne faut-il
pas aller trop loin ? ». L’éditorialiste Joachim
Mbanza se demande en tenant compte de la remise en
cause du processus électoral par le cartel si cela
n’aura pas comme conséquence le prolongement de la
Transition. « Par quoi faudra-t-il alors commencer le
cadre juridique parfait auquel ils rêvent, pour
organiser les élections ? », poursuit-il. Les
exigences du cartel exigeant une transparence dans le
processus électoral restent pertinentes. Mais, les
parties engagées ne doivent pas oublier que le Congo
ne peut être sauvé que par le dialogue.

L’hebdomadaire catholique publie aussi en intégralité
l’interview accordée par Son Excellence Mgr Louis
Portella Mbuyu, nouvel évêque du diocèse de Kinkala à
« Pentecôte sur le monde », un bimestriel des
missionnaires du Saint Esprit, en France. Le prélat a
affirmé que la « la situation du Congo est très
complexe ». Alors que les congolais attendaient que
les démarches de réconciliation puissent apporter des
réflexions sur les guerres que le pays a connues et
comment les éviter, rien de cela n’a été fait.
Malheureusement, tout s’est, plutôt, centré sur la
Constitution. Aujourd’hui au Congo, les gens sont
prêts à tout pour avoir la paix. Des remarques et
contestations ont été faites, le gouvernement est
resté silencieux. Du coup, la Constitution est jugée
trop présidentialiste est contestée et le mandat
présidentiel de sept ans renouvelable trop long.
Sur les priorités du Congo, Mgr Portella pense qu’il
est urgent de continuer la démarche de réconciliation
en soignant les cœurs encore blessés. Il ajoute que
l’on doit favoriser l’éveil de la population « pour
qu’existe et s’exprime une société civile plus
consciente ». Selon le prélat, « il faut une société
civile qui soit capable d’interpeller le pouvoir par
un travail de conscientisation sur la justice et la
paix. Les gens doivent apprendre, petit à petit, à
défendre leurs droits ».
Sur le pétrole, il se demande où va cet argent. Avant
de constater : « je peux dire que l’élémentaire que la
population est en droit d’attendre de la part des
responsables politiques, cet élémentaire, les gens ne
l’ont pas, que ce soit sur le plan de l’éducation, des
infrastructures et de la santé ».
A propos de François-Xavier Verschave, auteur de « 
Noir silence », et « Survie », l’évêque de Kinkala
croit « comme beaucoup d’autres qu’ils disent la
vérité, même si elle est difficile à entendre… J’ose
dire que c’est pour moi une grâce d’entendre des
personnes qui osent parler et interpeller les gens.
C’est aussi un des rôles de l’Eglise de parler,
d’éveiller, d’interpeller. Il le faut, sinon le monde
finit par s’habituer à l’intolérable ».