lundi17 avril 2006

SOS : pays africains cherchent désespérément des écrivains....

Ces derniers temps des universitaires africains sont montés au créneau pour soit crier contre l’absence d’écrivains dans leur pays, soit se réjouir - trop vite d’ailleurs - d’une petite prétendue embellie...

A décrypter les plaintes des chroniqueurs gabonais et congolais (RDC), deux pays francophones d’Afrique noire souffriraient actuellement d’une absence de littérature (le Gabon) ou d’un manque de romanciers (la Republique Démocratique du Congo, RDC). Fainéantise des gabonais ? Les Congolais de l’autre rive seraient-ils, eux, plus musiciens de soukouss, ndombolo et rumba qu’écrivains ?

Ainsi, pour la RDC, c’est le professeur Alphonse Mbuyamba Nkakolongo qui se lamente dans un article intitulé « La littérature congolaise [ex-Zaïre] de langue française en panne » paru dans Le Potentiel :

« Il y a quatre ans, la revue Notre Librairie (n°146, octobre-décembre 2001) publiait une livraison intitulée Nouvelle génération consacrée à la création littéraire contemporaine du Sud. L’expression, qui a fait date, dessinait les contours d’une nouvelle scène littéraire au travers d’un certain nombre d’auteurs. Le choix, pour être significatif, n’avait cependant et bien évidemment rien d’exhaustif. Fait cependant remarquable est qu’aucun auteur de notre pays n’y figure ! »

Et comme si ce malheur ne suffisait pas, ce même professeur rappelle le calvaire que la revue Notre Librairie a encore fait subir à son grand pays :

"Dans son récent et dernier numéro, le 158, avril-juin 2005, la même revue dans une livraison titrée Plumes émergentes s’intéresse à d’autres talents littéraires naissant en Afrique. Quatorze auteurs sont ainsi présentés par des écrivains plus confirmés. Plus surprenant encore que dans ce choix et cette sélection sévère aucun nom d’un Congolais n’est mentionné. Qu’est-ce à dire ? Il est manifestement perceptible que notre littérature écrite -singulièrement de langue française qui est encore la langue officielle de notre pays - est véritablement en panne."

Alors, le découragement est à son comble, le professeur d’université perd son latin mais nous lance son petit « J’accuse » en termes suivants, bien que moins vibrants que ceux d’Emile Zola :

« Que faire dès lors ? Nous ne pouvons qu’interpeller, en premier lieu, le Pouvoir public pour qu’il se ressaisisse en vue de la promotion et de l’assomption de la chose littéraire dans notre pays. Pour ce faire, comme pistes de solution, il y a entre autres la relance des concours littéraires au niveau du ministère de la culture, le soutien financier à la récréation des maisons d’édition, la valorisation du statut de l’écrivain dans la société en lui facilitant surtout la publication de ses oeuvres, etc.

Et voilà encore un professeur qui ne réalise pas que les gouvernements africains se foutent de l’écriture et qu’on ne peut pas pondre des écrivains par décrets présidentiels. Sauf à faire une littérature de masse et sans intérêt !

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Ludovic Obiang

Chez les Gabonais, au contraire, l’heure est à l’autosatisfaction même si je ne vois rien qui puisse me dire que le Gabon a enfin une littérature et quelques écrivains majeurs. Dans les colonnes d’Africultures.com, Jean-René Ovono Mendame exulte et nous commet un article "romantique" intitulé en toute modestie : Gabon : Naissance d’une littérature : Chantal Magalie Mbazo’o Kassa une romancière en pleine croissance.

L’introduction de cet article ressemle beaucoup à un cocorico dans une basse-cour dont le reste de la volaille douterait de l’apparition du soleil :

« Après de nombreuses années de balbutiements, la littérature gabonaise, en particulier le roman, connaît de progrès remarquables depuis 1980. »

Ah bon ? C’est à croire que les années 80 nous sont passées par-dessus la tête au point que nous n’avons pas remarqué ces fameux écrivains gabonais qui ont contribué louablement « au progrès remarquable » comme le souligne ce chroniqueur vraisemblablement averti... Notre chroniqueur campe sur ses positions comme un gréviste de la faim et nous dit en substance, mon Dieu, que la littérature doit servir la promotion du patrimoine culturel d’un pays - donc un peu comme au temps du communisme dur et sec :

« Dans ce mouvement d’éveil intellectuel, les femmes affichent nettement leur détermination à promouvoir par l’écriture le patrimoine culturel national jusque-là mal connu du public africain et francophone. Déjà, à l’actif de son bilan deux romans, Sidonie et fam, le jeune auteur s’annonce dans l’espace de la créativité littéraire féminine comme une étincelle que le talent fera croître pour devenir flamme. »

Encore des mots, rien que mots. Si je comprends bien, pour les Gabonais, d’abord on seJPEG fait étincelle, puis on se fait flamme ? A cette allure le Gabon va attendre des années-lumière pour atteindre l’embrasement littéraire. Qu’il est bien seul le grand Laurent Owondo, premier romancier gabonais ! Tenez, recommandons d’ailleurs la lecture de son livre Au bout du silence, paru en... 1985 (les fameuses années 80) chez Hatier, dans la Collection « Monde noir poche » que dirige toujours le professeur Jacques Chevrier.

Pour le reste, si vous voulez mon avis, le voici : il est clair que Ludovic Obiang (voir photo), auteur de nouvelles, semble le plus sérieux espoir des lettres gabonaises tandis que Justine Mintsa - auteur d’Histoire d’Awu, roman paru en 2000 - a créé une grande déception en regressant de la collection Continents noirs de Gallimard à l’Harmattan ! Ayant dit cela, je sais que je ne vais pas me faire que des amis...

Commentaires

  1. Posté par Zik, le 17 avril 2006 à 19:56

    N’ayez crainte Mr Mabanckou, vos opinions restent vos opinions. On peut par contre choisir de les partager ou non. Avez vous seulement fait une serieuse etude des produits litteraires des 2 pays que vous citez ? En avez vous lu les auteurs et deduit de facon independante qu’ils etaient en effet "sans interet" ?

  2. Posté par A. Mabanckou, le 17 avril 2006 à 21:03

    Cher Zik,

    Oui, j’observe au maximum les choses.
    Il faut toutefois dire que la litterature ne se limite evidemment pas aux romans. La RDC est par exemple un pays qui est tres en avance sur la critique litteraire, si on compare avec le Congo-Brazzaville en face - qui est, avec le Cameroun, le Senegal et la Cote d’ivoire un des grands pays d’ecrivains. On compte des grands noms de critiques litteraires venant de la RDC : George Ngal, Pius Ngandu Nkashama, V.Y Mudimbe... Et il y a aussi des romanciers de talent en RDC. Deux principalement qui me viennent a l’esprit : Achille Ngoye (le premier africain a publier des romans dans la fameuse collection Serie noire de Gallimard, je crois, Serie noire a ne pas confondre avec Continents noirs) ; un autre ecrivain de la RDC, Bolya Baenga : grand essayiste sur le systeme de l’Afrique a la japonaise et grand prix litteraire de l’Afrique noire avec son roman Cannibale. Il est par ailleurs un auteur de roman policiers (Lire a cet effet son hilarant roman policier Les cocus posthumes, paru au Serpent a plumes) !

    Deux nations ont pratiquement signe l’acte de naissance du roman policier en Afrique noire francophone : la RDC et le Senegal (avec Abassane Dione, auteur de La Vie en spirale, dans la Serie noire de Gallimard, comme Achille Ngoye)

    Pour le Gabon, c’est encore vague est sans chemin precis. Depuis Laurent Owondo en 1985, les textes qui paraissent n’apportent rien de neuf.
    Il faut peut-etre compter aussi avec les essais de l’historien Gregoire Biyogo qui est, lui, un egyptologue, le seul a parfois porter la contradiction a l’indeboulonnable Cheikh Anta Diop et son eminent disciple officiel, le Congolais de Brazza Theophile Obenga...

  3. Posté par Zik, le 17 avril 2006 à 22:34

    Merci de cette reponse prompte et enrichissante. Je ne suis pas litteraire de profession, mais plutot consommateur de culture (ou des cultures). Je me mefie des generalisations et des classements en tout genre. L’activite creatrice est d’abord un acte solitaire. Donc les grands assemblages nationaux ont, a mon sens, tres peu de valeur. Mongo Beti est (etait) un tres grand ecrivain. J’hesiterai tout de meme d’elargir son talent a toute la nation Camerounaise. On parle ici d’une activite solitaire et non de football, qui se pratique en equipe. Il ya aussi l’eternel question des "gouts et couleurs". Je trouve certains "grands" tres mediocres. Sont-ils vraiment mediocres ou alors nos atomes ne sont tout simplement pas crochus ? Pour prendre un exemple plus pres de vous, j’ai lu avec amusement vos eloges de Koffi Olumide. Pour moi, Olumide, c’est de la sous-culture, de la vulgarite. Je ne vois pas pourquoi des gens supposes etre de l’intelligentsia Africaine, encensent des gens a peau orange, du au decapage chimique, qui font une musique qui pour moi n’est que tintamare. Mais pourtant, du haut de votre perchoir culturel, vous semblez aimer ca. Doit-on supposer que vous aimez la vulgarite ou plutot respecter votre choix sur la base des "gouts et couleurs" qui ne se discutent pas ? Pour ma part, n’etant ni Congolais, ni Lingalophone (ca se dit ?), j’opte pour la notion des gouts et couleurs.

  4. Posté par Boris, le 18 avril 2006 à 00:19

    C’est reparti pour un débat que j’imagine déjà tendu. Je me rappelle qu’une fois sur ce blog je m’étais moi meme inquété constatant l’absence d’écrivains gabonais dans le microcosme des lettres francophones. Quelqu’un(Nicolas je crois) m’avait alors parlé de la "suisso-gabonaise" Bessora. D’ailleurs pourquoi Alain ne mentionnes-tu pas Bessora dans ton papier, sauf si elle ne se considère pas gabonaise à part entière ? Personnellement, le Gabon est un pays qui me fascine parmi les pays francophones car meme en dehors de la littérature j’entends peu parler des intellectuels de ce pays. Quand on parle du Gabon,un seul nom revientgénéralement :"Papa Omar l’indécrotable". Meme quand je pense livres en termes du Gabon je ne vois qu’un seul livre :"Blanc comme Nègre", livre-entretien du président du Gabon,publié chez "Grasset" svp. Bon j’imagine que c’est bien facile pour nous de voir les choses à des milliers de kilomètres dans des pays d’hiver car j’imagine que localement dans le domaine culturel,ça doit bouger au pays de "papa Omar"(comme le chantait Zaiko dans l’album Zaiko au Gabon que j’adore). Et c’est pareil pour la RDC, on connait mieux les artistes musiciens de ce pays que ses écrivains par exemple, mais n’empeche que je sais que la RDC est un éléphant dans le domaine culturel.Quand on enlève sa musique, on peut parler de son theatre. Je me souviens toujours de cette pub à la télé "zairoise" (de l’époque)qui annonçait les représentations de telle ou telle pièce dans cette salle au nom magnifique :"Moto na moto abongisa" (traduction:que chacun s’arrange ou que chacun se débrouille).ou encore dans le célèbre studio "Mama Angebi". Et puis toujours à propos du theatre de la RDC, tous les congolais des 2 rives se souviennent du theatre de chez nous que diffusait la télé zairoise.Il y avait des acteurs célèbre comme Ebalé mondial, Masumu, Kwédi, Mopépé(une femme belle comme Ananda Dévi)et j’en passe(Ah tout une époque, n’est-ce pas Blaise ?).
    Pour revenir à l’article d’Alain je dirais que peut-etre que la littérature africaine doit maintenant etre scindée en deux, celle des écrivains de la diaspora,qui jouissent de la renommée internationale, et celle locale dont peu de gens sont au courant car personne ne semble s’y intéresser. Car on ne va pas me faire croire qu’il nexiste pas de littérature au Gabon ou en RDC.

  5. Posté par Boris, le 18 avril 2006 à 00:34

    Zik, le conseil que l’on donne souvent aux fans ou aux lecteurs, c’est justement de s’intéresser à l’oeuvre de l’artiste sans trop vouloir s’intéreser à sa personne. Alain, dans le papier que vous evoquez(ah zut on va encore dire que...tant pis)ne faisait pas l’eloge de la personne Olomidé, mais de l’artiste. Et puis comme vous le dites vous meme, c’est vraiment une question de gout et de couleur. Car dis-toi mon cher ami qu’ils sont nombreux les fans d’Olomidé qui aiment le voir dépigmenter sa peau.C’est la loi du genre. Et puis malgré ce défaut ou les défauts que vous lui trouvez, quand tout sera fait et dit sur la carrière musical d’Olomidé, on le citera comme l’un des 10 plus grands musiciens d’Afrique. Donc vraiment c’est une affaire de gout et de couleur.

  6. Posté par Minga, le 18 avril 2006 à 03:40

    Le Gabon et son désert littéraire ne sont pas un mythe. Et je serais bien sotte de m’offusquer qu’une analyse pertinente, qu’une démarche intellectuelle invite à appeller un chat un chat..

    C’est bien mon pays. Mais n’ayons pas peur des mots/maux. Souvent, je me suis surprise à penser qu’au pays de "Yaya Omar", la culture (intellectuelle, je devrais préciser ?) n’est pas une priorité. Chaque année, nos ravissantes Reines de beauté nous le rappellent d’ailleurs lors de la fameuse "épreuve" de culture générale ; disons même locale.

    Le Ministère de la Culture et tous les organismes associés sont les parents pauvres du pays ! L’UDEG (Union Des Ecrivains Gabonais) fait peine à voir... Elle n’a de solennel que le nom. Ce qui n’est sûrement pas le cas dans au royaume de la déesse finance et du dieu pétrole...

    Revenons aux talents : Au bout du Silence de Laurent OWONDO détient effectivement la palme en matière de roman gabonais. Bessora, oui tiens, pourquoi l’avoir oubliée, notre Helvéto-Gabonaise ? J’ai dévoré son 53 cms. Un roman au style espiègle et à l’humour décapant : véritable cocktail tropical à consommer sans modération !

    Quant au Professeur Okumba Nkoghé, connu comme le plus prolixe des auteurs gabonais (sic), j’attends toujours de lire enfin SON livre, au moins un ! Les précédents m’ayant toujours laissée sur ma faim/fin. Circonstances atténuantes pour Justine Mintsa et Ludovic Obiang... Je préciserai au passage que Grégoire Biyogo n’est pas Historien, mais "compendieusement" (terme qu’il affectionne) Enseignant de Littérature...

    Pour en finir : la littérature gabonaise... On attend toujours le Messie alors ? Ou plutôt Godot ? Une chose est cependant sûre : Au Gabon nous n’avons peut-être pas de littérature. Mais nous avons le pétrole ! Je voulais terminer sur une note humoristique. Et vous ?

  7. Posté par Zik, le 18 avril 2006 à 04:04

    Cher Boris,

    La question que je voulais soulever est celle des jugements de valeur lorsque l’on parle de l’art. Nous (Africains)reprochons a longueur de journee aux Europeens leur nombrilisme culturel. Combien de fois n’a t-on pas lu dans des revues specialisees des articles ayant des titres tels : "L’Afrique a t-elle une litterature ?". Je voulais simplement faire remarquer a notre hote que ses gouts n’etaient pas toujours des gages que qualite ou meme de talent. Il est difficile de faire l’unanimite. Un critique donne son opinion, mais face a ceux qui se veulent censeurs de la qualite litteraire et surtout du potentiel des uns et des autres, moi je prends du recul. Si Mabanckou n’a rien lu d’interessant venant du Mali, par exemple, il devrait dire : "je n’ai rien lu d’interessant venant du Mali", et non pas declarer : "il ne se passe rien de litteraire au Mali". C’est pretentieux et de tres mauvais gout, a mon HUMBLE opinion. Ceci n’est que mon opinion. Ce que Mabanckou rejette, quelqu’un d’autre (tout aussi qualifie) pourrait en dire du bien. C’est ca aussi l’art. Certains aiment Koffi Olumide, d’autres comme moi le trouve ridicule. Ainsi va la vie.

    A propos, si Bessora n’est pas Gabonaise, Henri Lopes lui est-il toujours Congolais ? Il est metisse aussi, si je ne m’abuse. Mais enfin...Va t-on arriver au debat de l’Africanite comme ils ont fait avec l’Ivoirite en Cote d’Ivoire ?

    Koffi Olumide comme l’un des 10 meilleurs musiciens Africains ? Vraiment ? Voici 10 musiciens Africains que j’estime etre superieurs a Olumide :

    Franklin Boukaka, Franco, Salif Keita, Rochereau, Pierre Akendengue, Francis Bebey, Fela Kuti, Manu Dibango, Myriam Makeba, Cesaria Evora.

    Koffi Olumide sur cette liste tiendrait la place du proverbial cheveux dans la soupe (encore une fois, mon avis, rien de plus).

    Bien a vous.

  8. Posté par Zik, le 18 avril 2006 à 04:24

    Minga,

    J’espere que vous n’irez pas penser que je reproche a notre hote de dire ce qu’il percoit et pense. Loin de la. Je venais seulement lui rappeler qu’il etait dangereux d’envelopper une opinion personnelle d’un universalisme que celle ci n’a pas. Je pourrais par exemple demander a notre hote si le Congo-Brazza a plus d’ecrivains (historiquement) que le Benin (O.B. Quenum) ou encore le Mali (Amadou Hampaté Bâ) ? Alors pourquoi classer l’un comme pays de grande litterature et les autres non ? Jugement de valeur, quand tu nous tiens.

  9. Posté par D.O.W., le 18 avril 2006 à 10:15

    Est-ce qu’on ne pourrait pas dire, à la décharge du Gabon, qu’en terme de démographie, il compte seulement un peu plus d’1 million d’âmes... ? ça joue un peu quand même, non.. ? Mais plus sérieusement, je ne peux pas croire qu’il n’y ait pas là-bas, comme partout, des talents cachés, masqués, découragés. Le post de Minga est très instructif, et il est bien dommage vraiment, que des Africains vivant au pays n’interviennent pas plus souvent sur ce blog pour nous dire quelle est la situation sur place. Moi, franchement, j’étais persuadé qu’on n’attendrait pas longtemps pour voir déferler ici des Gabonais répondant à Alain et lui citant à la pelle des talents locaux oubliés par la critique parisianno-parisienne.

    Enfin, je dis ça, mais on sait bien quelle proportion de nos frères et soeurs accèdent à Internet là-bas, et dans quelles conditions...

  10. Posté par Lili, le 18 avril 2006 à 11:45

    DOW, la Martinique compte moins de trois cent mille habitants et Maurice n’est qu’un crachat de terre. Tu plaisantais sans doute !

  11. Posté par chantal, le 18 avril 2006 à 11:51

    Un machisme stupide, transmis d’âge en âge par... les femmes, noyait l’éducation des filles dans un infantilisme mortel.
    Heureusement, certaines parvenaient à contourner cette médiocrité par les études, les débats, le refus.
    J’ai été formée plus à l’école de la vie qu’à celle de ma mère.
    J’ai donc appris, très tôt à cultiver mon indépendence d’esprit.
    A en payer le prix aussi, bien sûr.
    la meilleure leçon a été celle du non.
    Difficile d’imaginer le scandale de ces trois lettres dans la vie d’une femme africaine !
    Depuis la nuit des temps, les hommes avaient fait du non leur monopole absolu.
    Au jour le jour, Dieu seul sait ce que m’a coûté le non face à mon père, à mon ex-mari, à ses amis, à son patron...
    Souvent cet exercice périlleux a débouché sur la négation d’une partie de moi-même.
    C’était la schizophrénie assurée pour quelques jours.
    Des jours hachés par la douleur de ces hommes à qui j’appartenais. A qui je me refusais et qui ne comprenaient pas...
    A l’issue d’une semaine innommable, mon corps a repris goût aux caresses du soleil et au murmure du vent dans les branches d’acacias.
    Les senteurs enivrantes des manguiers en fleur ont chatouillé mes narines, rappelant à mes sens engourdis les joies simples d’une terre gorgée d’eau et de chaleur.
    La sève se moque des phobies de l’arbre.
    Elle monte à l’assaut du feuillage, tant que l’arbre est viviant.
    C’est ainsi que nos actes les moins réféchis nous éloignent de l’obsession de la mort : se débarasser d’une fièvre, se nourir, se soulager, se maquiller, s’habiller...
    J’ai fini par retrouver la fraîcheur de mes traits au fond d’un minuscule miroir de poche.

    Ces lignes sont deJean-Claude Kangomba, 41 ans, écrivain originaire du Kasaï, marié, trois filles, collaborateur scientifique à Bruxelles aux Archives du Musée de la Littérature, il termine un doctorat de lettres à l’Université de Liège.
    Autres ouvrages : Misère au poing, roman, Ed Impala Lumumbashi 1988.
    L’enfer kasaïen de Kolwezi, récit, Ed Actuel , Herstal, 2000.
    Qui veut ma peau ?
    Premier prix de la nouvelle au service du livre luxembourgeois 2004.

    A vous d’apprécier ou non cet extrait.

    Chantal

  12. Posté par monofila, le 18 avril 2006 à 12:02

    Cher Alain,
    La littérature est un pays dont les limites ignorent les frontières coloniales ; l’écrivain est un citoyen universel. Je dirais dans une certaine mesure que tout écrivain africain est gabonais quelque part. Cela étant le Gabon compte de nombreux talents littéraires, la phratrie africaine à laquelle appartiennent Waberi, Efoui, Béyala et vous-même !

    En plus je m’indigne du peu d’intérêt porté aux écrivains dans les pays africains ; c’est comme si on tenait à tout prix à ne pas voir les choses changées. Car rappelons-le : si l’acte d’écrire se suffit à lui seul, il reste qu’écrire c’est témoigner de sa mémoire, sa douleur, son existence, percer le mystère des choses qui nous entourent, donner à voir la face du monde qui se chaque en soi. Les pays africains craignent qu’en développant le secteur littéraire, dans lequel on pourait ranger la promotion de l’écrit, des individus longtemps voués au silence et abandonnés dans la misère ravissent la vedette aux politiques. Ceux-ci n’hésieront pas à porter à nue les travers et distorsions du pouvoir tel que pratiqué en Afrique. On le sait : un écrivain qui a longtemps souffert, n’a pas la langue de bois ; quand il s’agit de crier son mécontentement, il crie de telle façon à crever sa rage ! Comment alors vouloir développer l’écrit quand on se sait coupable d’avoir causé du tort à la population ?
    Les politiques africains sont au pouvoir pour eux-mêmes, pour se maintenir à tout prix. Ce serait donc qu’être bête que d’ouvrir une telle brêche, au risque de voir sa stratégie mise à nue !

    L’indignation du critique littéraire devant une telle "mort" ne peut qu’être un appel lancé à l’endroit des pays africains. Je reste pessimisme cependant qu’il soit suivi.

  13. Posté par Mayombe82, le 18 avril 2006 à 13:34

    En effet, Alino, des amis, tu vas t’en faire ici avec ce texte. et un bon paquet ! qu serait la vie sans piment, poivre et autres ingrédients qui nous égayent. Je vais un peu dans le même sens que toi concernant le texte de J-R. OVONO-MENDAME : ça m’inquiète beaucoup. A moins que son auteur soit du genre à se contenter de peu, voire de très peu comme le bec d’un oiseau. BOLYA ? J’adore ce mec et je conseille particulièrement son essai Afrique, le maillon faible (chez le Serpent à plumes), livre que je lisais un jour dans le métro et je fus abordé par un frère Martiniquais qui disait bien le connaître et aimer aussi ce livre. L’humour est garanti chez ce bonhomme qui n’a pas sa langue dans sa poche. Merci Minga d’avoir apporté ta cuillérée de piment sur ce sujet. L’œil d’un(e) Gabonais (e) ne pouvait être de trop. Bien au contraire. Il est quand même dommage que tu sois la seule Gabonaise à intervenir sur le sujet. J’ai eu un frère Gabonais ce midi à qui j’ai demandé d’intervenir, il m’a dit:1/ il n’a pas le temps ; 2/ si ça ne parle pas de musique (il est musicien à ses heures perdues), il ne voit pas l’intérêt. Bon, on ne peut pas tout aimer, ou bien ? Il est vrai que si on me demande d’associer littérature+Gabon, je dirai Bessora. D.O.W., Omar triche chaque fois sur la population du Gabon : il y a moins d’1 million d’âmes. Mais bon, je ne crois pas que ça puisse justifier la chose. Chantal, merci pour ce texte de J-C KANGOMBA. J’ai apprécié. @+, M82

  14. Posté par Timba Bema, le 18 avril 2006 à 16:02

    A mon avis l’Afrique a aussi besoin d’une “littérature populaire” de qualité ou pour la moins “dés-intellectualisée”. Comme partout ailleurs, ce sont les femmes qui lisent le plus et leurs sujets de prédilection sont l’amour, la famille, etc... Je pense aussi que les lecteur(rice)s africain(e)s ont besoin de rêver. Ils n’ont pas nécéssairement besoin qu’on leur rabatte les oreilles avec leur misère qu’ils essayent de dominer. A voir la quantité de nous-deux et autres Barbara Cartland qui circulent dans les librairies de rue, on ne peut pas nier qu’il y a là un créneau trés intéressant. Alors, aspirants écrivains d’Afrique innondez le continent de lettres légères.

  15. Posté par Hannibal, le 18 avril 2006 à 19:47

    Salut à Tous,

    Modérateur sur les Forums de Congopage, je ne suis presque jamais intervenu sur ce Blog. Partisan plutôt d’une littérature engagée et militante, même si je ne partage la forme de littérature de M. Manbackou et Cie (excusez mon franc-parler, j’ai mes raisons...), néanmoins je respecte.

    Passionné d’Egyptologie, je me situe naturellement comme disciple de Cheikh Anta Diop et d’Obenga. Je connais aussi la plupart des disciples de ces deux géants non seulement comme Frères militants, mais également par la qualité de leurs travaux dont BIYOGO Grégoire.

    M. Manbackou a écrit :

    "Il faut peut-etre compter aussi avec les essais de l’historien Gregoire Biyogo qui est, lui, un egyptologue, le seul a parfois porter la contradiction a l’indeboulonnable Cheikh Anta Diop et son eminent disciple officiel, le Congolais de Brazza Theophile Obenga..."

    Je ne sais pas, mais je trouve cette affirmation un peu rapide. M. Manbackou peut-il me dire quel travail de Biyogo qu’il a lu qui fonde cette affirmation ?

    Il y a 6 mois encore, je ne connaissais Biyogo que par ses excellents travaux sur l’Egyptologie. Il faut dire qu’il se situe plutôt comme continuateur, fidèle disciple de Cheikh Anta Diop et d’Obenga. Et tout dernièrement à l’Université Toulouse, j’ai du modérer une conférence animée par Biyogo et son ami Agbohou, auteur du livre le "F CFA et l’Euro contre l’Afrique", préfacé d’ailleurs par Biyogo lui-même, et là j’ai fait connaissance directe avec Biyogo toute la journée.

    J’ai pu apprécier concretèment l’enthousiasme que Biyogo manifeste envers les deux géants cités plus haut, cela n’a fait que confirmer les impressions que j’avais en le lisant. D’ailleurs, il est fondateur d’un Institut Cheikh Anta Diop dont il a même tiré des cartes de visites. Il m’a raconté même que Cheikh Anta Diop l’avait presqu’adoubé de son vivant lors d’une rencontre.

  16. Posté par Hannibal, le 18 avril 2006 à 19:52

    Désolé,

    Je n’avais pas conclu, par mauvaise manip, mon message a été validé.

    Enfin, pour conclure, je voulais juste dire que M. Manbackou s’avançait un peu trop vite sur ce point.

    Biyogo est un excellent Egyptologue, mais la présentation qui est faite, n’est pas juste.

    Panafricainement,

    Hannibal

  17. Posté par Boris, le 18 avril 2006 à 19:53

    Zik,je te repete mon frere, c’est vraiment affaire de gout et de couleur. Car si pour toi la musique d’Olomide s’arrete au Ndombolo et aux danseuses qu’il exhibe presque nues sur scene, pour nous autres qui bercons dans sa musique depuis notre plus tendre enfance, Olomide, c’est Coucou, ngobila, diva,koweit rive gauche, zero faute,les prisonniers dorment, desespoir,doless, miss des miss et j’en passe.C’est -a-dire des chansons d’une poesie inegalable. Oui mon cher Olomide c’est aussi ce jeune qui avant de tenir un micro fut le jeune parolier qui ecrivait des chansons pour les Wemba entre autre. Donc comme je te dis c’est plus que ce que tu ne retiens de lui.
    Et puis ta liste elle est vraiment subjective car moi aussi je peux te donner une liste toute aussi valable avec les youssou ndour,wemba, franco,alpha blondy, brenda fassie,Mamadou(amadou ?)et mariam, johnny clegg,olomide,makeba,dibango...
    Donc tu vois que ce n’est pas ca le but, c’est juste dire qu’Olomide, qu’on aime qu’on aime pas, il figure parmi les grands noms de la musique africaine. Bref, c’est vraiment une affaire de gout et de couleur.

  18. Posté par A. Mabanckou, le 18 avril 2006 à 20:21

    Hannibal,

    Merci de venir nous rendre visite. Cela nous honore infiniment. Biyogo est un grand ami, je le connais depuis fort longtemps : brillant intellectuel, grand esprit flamboyant, certainement l’un des plus doues de sa generation. Je ne nie pas son "oeuvre" de continuateur de l’esprit Anta Diop. Loin de la. On peut continuer une oeuvre dans la critique. On peut critiquer Anta Diop et etre dans son esprit. C’est le cas de Biyogo - et il ne faut pas entendre "critique" par insulte ou denigrement !
    Notre ami Biyogo est un "membre" du cercle Anta Diop... Son ouvrage "Aux sources egyptiennes du savoir" (paru si je me souviens bien chez notre ami camerounais Mezopo qui dirige les editions Menaibuc) est un bon element de regard critique sur la question...

    Bien a vous

  19. Posté par Hannibal, le 18 avril 2006 à 20:40

    Merci Alain Mabanckou.
    C’était juste pour avoir des précisions.

    Bonne continuation !

    Hannibal

  20. Posté par Zik, le 18 avril 2006 à 21:30

    Boris,

    Je vous recois 5 sur 5 comme on dit en jargon radio. Vous venez d’etailler a suffisance ce que je disais sur la subjectivite des classements en tout genre. Nous avons tous des sensibilites distinctes qui orientent nos gouts et preferences. Je m’insurge contre les "Grands Pretres" qui veulent forcer une certaine vision des choses. Je fais plus confiance a mon libre arbitre qu’en tout critique lorsqu’il s’agit de choisir une lecture, une peinture ou un film.
    Je pense que dans le fond, nous sommes sur la meme longueur d’onde.

  21. Posté par D.O.W., le 18 avril 2006 à 22:40

    Ma chère Lili, naturellement je n’étais qu’à moitié sérieux. Mais tout de même...La Martinique (qui, il faut le remarquer, est française), et Maurice, ont fait ces efforts que précisément le gros des pays Africains n’a pas faits (et pour lesquels nous les blâmons régulièrement). Mais je voulais dire (mi-figue, mi-raisin donc) que parmi les canards boîteux africains, le Gabon a, en plus, l’inconvénient d’être sous-peuplé. Après tout, la démographie a son importance Lili. Elle n’explique pas tout, mais elle compte. Les USA ont certes une politique d’immigration agressive et dynamique, les meilleures universités au monde, mais ce ne sont pas là les seules raisons qui expliquent qu’ils aient produit tant de prix nobel. De même, je n’ai pas compté, mais il y a probablement plus de médecins nigérians dans le monde que de tout autre pays africain. Bref, la démographie a une importance infime (et d’autant plus infime dans les domaines littéraires et artistiques), mais pas nulle.

  22. Posté par diva, le 18 avril 2006 à 23:18

    il faut de l’irreverence, des paves dans la mare et des pieds dans le plat. Sinon, c’est l’ideologie qui guette. Il ne s’agit pas de defendre becs et ongles tel ou tel auteur ecorche dans un blog, ou tel ou tel pays, et de fremir des que le debut de l’ombre d’une critique s’exprime. Il est clair que la litterature ne se decrete pas par lois et reglements. La seule chose que peuvent faire les politiques d’etat (et donc aussi les conseillers culturels a l’etranger, que tu citais dans une autre de tes chroniques alain), c’est de creer les conditions favorables a la creation. Elles garantissent alors l’augmentation de la production (bonne et mauvaise), et on peut esperer que de la quantite surgiront quelques perles rares. Mais si ces politiques s’accompagnent d’un controle des contenus, il vaut mieux qu’elles n’existent pas du tout. Si le pouvoir veut s’offrir des griots, c’est son probleme, mais qu’on n’appelle pas cela de la litterature ou de la pensee. Un auteur n’a pas a ecrire des brochures touristiques ou des textes de propagande. Un penseur libre leur tournera le dos. Le createur est seul face a son projet, et voila. Il le choisit parce que son desir de formaliser une vision est plus fort que son desir de la reconnaissance et des honneurs. Sinon comment expliquer qu’Haiti, un des pays les plus pauvres du monde, ou la structure politique va de deliquescence en degenerescence, soit un vrai chaudron d’ecrivains : dans le desordre Trouillot, Franketienne, Ollivier, Depestre, Alexis, Laferriere, etc etc. Le mystere de l’ecriture est plus grand que celui des politiques culturelles, et c’est tant mieux.

  23. Posté par Henri, le 18 avril 2006 à 23:49

    Alain repercute avec raison l’inquietude du critique congolais Mbuyamba Kangolongo sur l’absence de production litteraire au Congo-Kinshasa. j’annonce sur ce blog la parution très prochaine (mois de juin) d’un roman du congolais Fwala Yenga chez Acoria Editions de notre frère Caya Makhélé. Si cela peut consoler Mbuyamba en attendant que les congolais eux-mêmes décident de se nourrir de leur propre production littéraire comme ils le font si bien avec le ndombolo.

  24. Posté par Minga, le 19 avril 2006 à 03:28

    Bonsoir à tous,
    Comme vous, l’absence de mes compatriotes gabonais sur ce débat me... Mais enfin, à chacun ses priorités. J’ai lu avec attention vos interventions et voudrais avant tout rassurer Zik : non, jamais je n’ai pensé que vous reprochiez à M. Mabanckou son point de vue qui reste, bien entendu, subjectif et donc discutable.

    Par contre, je trouve pertinente votre allusion sur le métissage biologique d’Henri Lopès. Un statut qui ne l’a jamais empêché d’être et de se sentir Congolais. Tout comme Bessora n’en a jamais été moins gabonaise. Rassurez-vous, ce n’est pas pour le bonheur (sic) de provoquer une tempête dans un verre de Malamba (vin de palme)... Juste rendre à César ce qui est à César.

    Ensuite DOW engage le conversation sur la faible population du Gabon qui pourrait justifier l’absence - non, décidément le terme me dérange - la qualité des productions littéraires du pays. Ce serait trop facile de plébisciter cette argumentation. La petitesse de David l’empêcha-t-il de vaincre le géant Goliath ? Les bananiers nains ne donnent-ils pas des fruits comestibles ? De même, durant la Mondiale 1998 de Foot, j’ai été émue jusqu’aux larmes devant la remarquable prestation de la toute jeune Croatie en demi-finales !

    Pour dire que la taille d’une population n’influence en rien la qualité de sa littérature. Encore heureuse alors qu’il n’y a pas que la littérature dans la vie d’un pays ! Malherbe s’en taquinait déjà au XVIIème siècle : Le poète n’est pas plus utile dans l’État qu’un joueur de quilles .

    Si l’écrivain n’est pas prophète en son pays - et c’est là que je rejoins Monofila - il peut donc tenter d’être démocratiquement citoyen universel. Et produire tout simplement de la littérature ; sans avoir besoin d’accoler à ce terme un pédoncule sensé l’enraciner exclusivement dans un microcosme. Enfermement réducteur à bien d’égards...

    Un Alain Mabanckou par exemple a tout autant le droit d’être né Congolais, de devenir Français et de vivre aux USA. Il a le droit d’être désigné, indifféremment par les Français comme "écrivain congolais" (quand ce n’est pas "écrivain africain" tout court), et comme "écrivain français" par les Américains.

    Ce sera mon humblissime avis.

  25. Posté par Zik, le 19 avril 2006 à 04:28

    Minga,

    J’ai peut etre oublie de le signaler dans mes interventions precedentes, mais comme vous, je suis Gabonais de nationalite. Plus precisement, Fang originaire d’Oyem. J’ai le meme patronyme, Mintsa, que Justine du meme nom, meme si nous n’avons aucun lien de parente, a ce que je saches. Je vous donne ces renseignements pour que vous me situez mieux culturellement. N’etant pas un professionnel du genre, mon evaluation de la donne culturelle du Gabon ne peut etre que partielle, car j’ai quitte le pays a l’age de 18 ans, en 1998, apres mon bac, et je n’y vais que chaque ete pour 2 mois tout au plus. Ces visites sont insuffisantes pour reellement prendre le poul de ce qui se passe sur le terrain. Par contre, je puis vous dire qu’en terme de peinture, il ya un Fanguinoveny qui fait des choses interessantes, et Minko-Mi-Nze qui est excellent et dont je possede maintenant un tableau. Si vous etes de passage a LBV, faites un tour a la Galerie Olima, sis a la descente de Louis (face a l’hopital Jeanne Ebori), ils ont des pieces originales magnifiques, mais c’est cher (la moindre statuette va chercher dans les 150 000 F cfa minimum). N’oublions pas non plus les fameux masques et reliquaires qui ne sont plus a presenter. Cote musique, il ya d’excellentes nouvelles avec l’emergence d’Annie-Flore Batchielilys (orthographe ?) et Naneth qui sont tres bonnes et confirment.

    Pour finir, j’ajouterai que le "malamba" est plutot le vin de cane a sucre. Chez nous les Fang, le vin de palme s’appelle "meyok m’alen" et chez les Punu, il s’appelle le "Musungu".

  26. Posté par A.Serbin, le 19 avril 2006 à 08:54

    je prédis que dans une décennie, cette pénurie constatée d’absence d’écrivains romanciers des pays notifiés, RDCongo,et autres, sera comblée. On voit par exemple un pays comme le Gabon, l’emergence des jeunes auteurs est plus que palpable. Certains autres pays vont emboîter le pas. Surtout avec l’avenèment de l’internet où il est plus facile d’écrire. Eveillant la vocation ou le talent caché des jeunes. Une bonne chose puisque dans les pays lusophones, comme l’Angola, Cap-Vert, Mozambique, Guinée-Bissau, les romanciers ont déjà recommencés à produire des oeuvres de plus en plus de qualité.

  27. Posté par rosita poulara, le 19 avril 2006 à 11:11

    moi, l’enfant

    faudrait faire sans blanc

    mais ya un twist mon jazz

    soleil je t’adore

    soleil de mes indépendances

    soleil en poire

    mon cher William

    comme les seins de nos femmes

    poires pour leur soif

    elf elf elf

    Blanche d’Aquitaine

    une autre croisade

    les miens les mains dans le cambouis

    sans les louis

    elf elf elfe ;) quelle bonne fée

    Charente-Poitou

    je rentre partout

    moi, l’enfant noir

    dans l’espace blanc

    dieu soit loué

    je suis chanceux

    ma limousine

    mes gants blanc-beur frais

    allons voir si la rose...

    soupir

    espace blanc

    Krouchemard

    docteur honoris causa la malaria la mouche tssé-tssé ;(

    raz-lebol de riz amer de mamy europa bénie oui oui pour ses si beaux restes

    Adam et eve de leurs décombres

    Soupir

    Des nouvelles de l’An pire ??

    Opération 11 11 11 du neuf !

    Tour un, tour deux et carrousel d’images

    Ce n’est pas moi l’enfant noir

    C’est l’arabe de l’autre coin

    Complêtement dingue

    Regarde ceux qu’on enterre vachement bien

    Dind dong entrée fracassante dans leur World

    Paniquez et crevez-en tous car ceci est mon premier avion livré pour vous

    Complêtement dingue, affaire à suivre

    Ding dong les dogoneux, les neveux neu neu de tonton

    continuent la chanson
    des pom pom filles
    des pom pom fleurs

    des hiboux et des cailloux
    des choux et des poux de Bruxelles

    Les Mobouti, les moboutades, les moboutardes me montent au nez

    je vais griotter les sales fifils du Général

    L’or et l’argent du zaïre pour les toqués du chef

    les Cornés du Palais Royal

    dans la grosse huile la pom pom frite
    les pom pom poches des pom pom proches
    la grande vie des campagnes nord-sud pour le champagne et les peaux de vin.

    Moi, l’enfant noir
    vouloir faire sans glands

    Adam et Eve de leurs décombres

    Nouveau paradis ?

    Casse pipe

    Sans Léopold blanc Barbe Bleue

    Saxophone tambour et cheval de bois

    Je compte les mains coupés qui jonchent mes sols à miner

    Moi l’enfant noir

    Sans radis, sans fromage blanc dans le paradis blanc

    Soleil cou coupé

    Buvez car ceci est mon sang vendu pour vous blancs

    Buvez mes veines géologiques

    Buvez mon pétrole dans vos caisses à volants qui me foutent la trique

    Bois-sans-soif, moule à gaufres

    Milou, milou, viens faire un tour

    Voir ma triste mine

    Viens zy voir zyvereirrr
    Zy voit rien le petit rapporteur a des oeillières pour les bandes décimées

    Tintin, fini, ouf

    Tourné la page de notre histoire

    Pas d’horreurs svp

    Dans les salons des gens à l’aise

  28. Posté par D.O.W., le 19 avril 2006 à 11:56

    Dis donc Alain, ça fait aussi atelier d’écriture chez toi ? Quel succès et quelle plurivalence ! ;-)

    Tout à fait d’accord avec toi Diva : le contrôle des contenus, et de façon plus générale, l’enrégimentement des imaginaires, sont irréconciliablement incompatibles avec la littérature. Et de fait, partout dans le monde, et quelque soit le genre littéraire qu’il pratique, la qualité première de l’écrivain (le vrai, pas le thuriféraire), est avant tout d’être subversif. Et si on parle de l’importance des politiques culturelles, en fait, cela a un impact plus direct pour des disciplines à la logistique plus sophistiquée (pour écrire, il faut un stylo et du papier ; pour peindre et en faire son métier, il faut un atelier, des galeries pour exposer, etc.). C’est vrai que pour la littérature, ce n’est pas qu’il n’y a pas d’impact, mais il est plus indirect : d’abord, pour être écrivain, il faut avoir lu. D’où l’importance de pourvoir les bibliothèques en oeuvres variées. Ensuite, l’écrivain a besoin d’un public, donc il faut élever le niveau d’instruction populaire, donner le goût de lire aux gens. Je voulais juste faire ces précisions-là, mais sur le fond de ton post, je souscris à tout ce que tu dis.

  29. Posté par D.O.W., le 19 avril 2006 à 11:57

    Par ailleurs, Minga me fait - très légitimement - le reproche d’invoquer l’argument démographique, irrecevable à son goût. En réalité Minga, il n’y aura pas de désaccord entre nous parce que, à condition de dire les choses avec nuance, je suis pleinement de ton avis. On ne peut très sérieusement, dans le domaine littéraire, dans les domaines artistiques, dans les champs de la stylistique et de la sensibilité, on ne peut invoquer sérieusement un tel argument, et tel n’était pas mon intention. J’ai déjà dit que c’était une forme de taquinerie. Mais tout de même, si on voulait chipoter, on pourrait dire que des David ont vaincu moins de Goliath que l’inverse. Et de même que les dictatures n’ont jamais empêché l’émergence en leur sein de grands écrivains, on sait néanmoins qu’elles ont probablement limité le nombre de grands écrivains qui y purent advenir. Le total de la population ne détermine ni le nombre, ni la qualité des talents, mais peut-on dire qu’il n’a absolument aucune importance ? La tradition littéraire peut être très forte dans tel petit pays, mais à tradition littéraire égale, est-ce que l’argument démographique peut être totalement disqualifié ? Il serait stupide de dire qu’un tel argument est décisif ; mais il serait assurément imprudent de ne pas envisager de le prendre en compte, disons dans les 15 facteurs qui expliquent la présence littéraire d’un pays dans le macrocosme des lettres mondiales.

    Voilà, je souhaite avoir été plus clair. Mais je n’espère pas faire l’unanimité (rires).

  30. Posté par chantal, le 19 avril 2006 à 13:41

    cher Boris,

    je suppose que tu dors encore avec Sharon Stone, décalage horaire phantasmatique oblige.
    Bien sûr j’ai vu BI2 et SS dans ses oeuvres.
    Je ne conseille à personne d’imiter la scène d’introduction, se doigter à côté d’un maccabée à du 200 à l’heure dans un tunnel plein de virages.
    D’ailleurs le monteur n’est pas arrivé à rendre çà crédible, Sharon ne peut pas avoir sa main dans sa culotte et hurler de bonheur tout en tenant son volant.
    ca m’a fait bien rire !
    Pour la suite il faut avouer que la toile d’araignée dans laquelle s’empêtre le malheureux psy qui devient de plus en plus consentant est le fruit de circonstances toujours plus fortuites.
    Où qu’il aille il tombe sur Sharon.
    Les rôles secondaire du coup deviennent un peu faiblards, qui arrive à croire 5 secondes que le flic pourri va arriver à contrer notre fatale romancière ?
    J’aurais aussi aimé voir la scène, paraît-il censurée où la femme de ce pauvre psy vire sa cuti et découvre la sensualité dans les bras de Sharon, David Lynch était quand même plus généreux dans Mulholland Drive ;).
    La scène de fin n’est pas mal, le brave homme dans une chaise roulante, le regard dans le vague, n’entend même pas Sharon qui lui roucoule des remerciement pour sa participation à son nouveau polar.
    Les écrivains sont des incompris, pauvre Sharon ;(
    Dans le genre ces dernières années il faut dire qu’on est gâtées, The Hours avec une Virginia Woolf suicidaire mais qui continue quand même sous le regard consterné de son pauvre mari, Swimming Pool de François Ozon avec Charlotte Rampling en romancière anglaise coincée et dépressive qui mange du fromage blanc de manière obsessionnelle,heureusement qu’il y a la fraîche adolescente Ludivine Sagnier avec ses bikinis ou pas...
    Bref autant dire qu’on est fleuriste ou marchande de lingerie, et planquer ses activités littéraires , hein ?

    Pour les tuyaux journalistiques, je suis pas très compétente si tu viens des States, ici mes amis journalistes accompagnent les missions diplomatiques pour des évênements politiques et certains s’arrangent pour vendre des articles de fond culturels de plusieurs pages dans des magazines illustrés par la suite.

    Bien à toi,
    Chantal.
    Pour les mollets je t’ai charrié question de te mettre un peu mal à l’aise.

  31. Posté par Minga, le 19 avril 2006 à 17:01

    Zik,

    Vous m’avez devancée alors. Car, juste après l’envoi, je me suis rendue compte de la confusion. En effet Malamba en Fang (je suis, comme vous, originaire du G9. De Bitam) désigne notre savoureux et traditionnel vin de canne à sucre. Merci pour votre oeil de lynx, mon frère.
    Pour résumer, vous ne vivez pas au Gabon, et y repartez de temps en temps. Ce n’est pas bien grave, je suis dans la même situation. L’essentiel étant de rester en contact avec l’actualité de Bongoland, n’est-ce pas !

    Dites, vous faites bien d’évoquer les artistes qui émergent dans les domaines de la sculpture, la peinture, la musique. Comme quoi, il n’y a pas que la littérature en lice au grand rendez-vous des talents africains. Oh, ne faites pas attention à moi. C’est de l’humour au ras des PAQUEretteS.
    J’ai alors pensé à notre musique : Vickos Ekondo - et sa troupe - qui ne compte plus ses prestations internationales très saluées. P-C Akendengué, P-C Zeng et la très juste A. Flore Batchielilys dont vous parliez. Pour ne citer que ceux-là.

    En peinture, je m’en mordrais les doigts ne pas citer Maître M’bourou (Georges). En 1996, notre classe de lycée avait eu le privilège de visiter l’atelier (situé au quartier Louis) de ce peintre. J’en garde une anecdote : pendant qu’on patientait à l’entrée, mon regard errait sur les visages inconnus présents. Je tentais d’y déceler toutes les caractéristiques du peintre comme je l’imaginais : grisonnant, d’apparence excentrique, pittoresque, le cheveu en bataille, l’oeil allumé etc. Ah préjugés corrupteurs !

    Mes condisciples et moi avions déjà trouvé "notre" peintre dans les traits d’un inconnu qui se tenait assis sur un banc au fond du jardin. Et quelle ne fut notre surpise quand notre enseignant s’en revenait accompagné de l’original, Maître M’Bourou : jeune, plutôt réservé, discret et habillé de façon classique. Un être humain ordinaire, quoi.

    Un an plus tôt, 1995, Maître M’bourou avait réalisé son inoxydable Ogâsô : Gourmandise en langue Myènè du Gabon (parions que je ne me trompe pas cette fois-ci de traduction). Le tableau représente une fraîche et sensuelle jeune femme ébène - une reine de beauté à en croire la tiare sur sa somptueuse chevelure - vêtue très légèrement. La délicieuse créature tient dans ses bras entrecroisés, posés sur des feuilles de bananiers, des fruits locaux.

    Je me souviens de notre ébahissement général devant tant de grâce sublimée !

    On dira que je fais de la publicité gratuite ? Pourtant, il n’en est rien. Juste un moment d’émerveillement que je me repasse... Celui que je vécus ce jour-là devant les toiles de Maître M’bourou. Ravissement que même une toile aussi célèbre que le Guernica de qui vous savez n’a jamais réussi à me procurer... ON me dira prétentieuse ? Essayez donc ! (rires)

  32. Posté par D.O.W., le 19 avril 2006 à 20:22

    Plus fort que Guernica ? Il doit valoir le détour ce Maître M’bourou. On aimerait pouvoir exercer sur Minga le même envoûtement (rires)

  33. Posté par Zik, le 19 avril 2006 à 22:30
  34. Posté par Zik, le 19 avril 2006 à 22:41

    Quelques autres artistes-peintres du "black hole" culturel que serait le Gabon :

    http://www.kambasita.com/
    http://www.aidatoure.com/
    http://www.iwogo.com

  35. Posté par Chantal, le 20 avril 2006 à 00:04

    Je n’avais pas ose comme toi donner autant de details sur BI2, mais la tu racontes presque le film aux pauvres gens qui ne l’ont pas encore vu... j’espere que tu n’as pas coupe leur envie. Je vois que tu es une grande cinephile alors. c’est tjours bon a savoir.

  36. Posté par Boris, le 20 avril 2006 à 01:45

    Le precedent message est plutot de moi et il est adresse a Chantal. Mon dieu que m’arrive t-il ? tous les travaux de Richard m’embrouillent...

  37. le 20 avril 2006 à 02:52

    Puisque quelqu’un a mentionne Gregoire Biyogo, certaines de ses initiatives au Gabon :

    http://www.sangonet.com/FormationRe...

  38. Posté par Minga, le 20 avril 2006 à 03:23

    Sans blague, DOW, vous vous extasiez devant les toiles de Picasso ? Moi je trouve le prestige surfait, mine de rien. J’ai une sainte horreur des génies et autres intellectuels installés dans leurs charentaises. Des personnalités qui, parce que leur seul nom suffit désormais, seraient capables de faire uriner leur animal de compagnie sur une toile ; ou encore d’écrire un mauvais livre, réaliser un navet et réussir à en faire l’événement du siècle !

    Dans ce cas précis, je préfèrerais encore accrocher un maladroit dessin de ma fille dans mon salon, plutôt qu’une toile de Picsou... Oops Picasso même si, comme Steeve ô Steeve, elle valait trois milliards...
    De plus, une telle acquisition servirait tout au plus à m’attirer des cambrioleurs prêts à tout... Alors ce sera un big : no thanks ! (rires)

  39. Posté par D.O.W., le 20 avril 2006 à 09:29

    Merci Boris : de si bonne heure le matin, tu m’as fait avoir un fou rire tragique. En lisant ton message, j’en étais à me dire : mais elle est schizophrène notre Chantal, quand j’ai lu l’explication juste en bas. Un moment de franche rigolade...

    Ma chère Minga, puisque vous questionnez mes goûts, et bien que je ne parle jamais de mon intimité artistique (rires), je vais vous révéler néanmoins que j’ai deux peintres de chevet si je puis dire : Kandinsky et Monet. Pour le reste, je connais très mal les peintres africains (la faute à qui ?) ; et j’apprécie les autres seulement au cas par cas. Je hais comme vous la "panthéonisation" et avec moi, chaque auteur, chaque artiste, doit chaque fois faire ses preuves. Achille Mbembe par exemple, dans le domaine de la pensée sociologique, est un de ceux a qui on donne maintenant inconditionnellement un quitus. Ses écrits sont probablement ce que j’ai lu de plus profond sur l’Afrique depuis...que je sais lire, mais cela ne m’a pas empêché, sur ce site même, d’être très critique à son égard sur certaines de ses thèses récentes.

    Bref, tout ça pour vous dire que je n’ai pas un avis mécanique, "l’avis du plus grand nombre" comme on dit, mais que j’aime pourtant beaucoup de choses chez Picasso (pas tout). Et Guernica donc, fait partie de ceux de ses tableaux qui ne me laissent pas indifférent. Mais c’est bien connu : des goûts et des couleurs... Et quant à savoir si le prestige est surfait, je ne suis pas un spécialiste, mais j’ai une tendance à trouver le "prestige" toujours surfait, et mes goûts sortent souvent des canons. On m’a beaucoup reproché par exemple de ne pas trouver Zidane "hors du commun". Mais je sais, on rentre là dans un espace d’allergie pour la gent féminine (rires).

  40. Posté par Boris, le 20 avril 2006 à 23:03

    DOW, si tu touches a Zizou meme moi je vais te faire la guerre. Mais bien sur qu’il est hors du commun Zidane. D’abord penses-y, combien de surdoues du ballon rond chauves as-tu vu courir les stades ? Les chauves sont plutot du genre intello. Mais Zidane, lui c’est sur le gazon et avec ses jambes qu’il decortique les theoremes de pythagore, la poussee d’archimede,l’acidite et la basicite du pH. Non mon gars, des Zidane y en aura pas deux au monde. Comme tu vois bien qu’on a eu qu’un seul Marien Ngouabi, un seul Sankara, un seul Lumumba et un seul ATT.
    D’ailleurs ce n’est pas pour rien que les journalistes appellent l’equipe de sa majeste Zidane et sa bande "la generation lumiere". Car depuis qu’ils ont vieilli, tu vois bien que le foot francais vit au rythme des delestages (sic)...

  41. Posté par Minga, le 21 avril 2006 à 03:35

    Erreur DOW.

    Toute femme sois-je, je suis une fana du foot. Du sport en général, oh que si ! (rires)

    Vers 12-15 ans, je jouais au foot amateur avec les garçons. Ensuite, je regardais les matchs à la TV, surtout parce que j’ai un faible pour de belles jambes de mecs. Hi hi hi Puis, la passion et l’admiration pour les joueurs : courir ainsi durant plus d’une heure ! En même temps calculer le bon moment pour un but ! Alors là, bravo !

    Et tu ne sais pas ce que tu rates avec Zizou, le roi modeste. C’est une pièce rare. Même si mon coeur bat virtuellement pour Paulo Maldini et Grégory Coupet...

    Mais pour revenir à nos moutons, il y aussi une équipe de foot au Gabon : Les Panthères ex Azingo, appellation que je préférais... Et comme par hasard, on n’y retrouve pas plus de férus de littérature là-dedans, au grand dam de M. Mabanckou. (rires)

  42. Posté par D.O.W., le 21 avril 2006 à 10:42

    Une meuf qui vibre pour le foot.. !? Mais elle va finir par me plaire cette Minga (rires). Aahh l’Azingo, moi aussi j’aimais cette appellation (au fait, tu peux nous traduire Minga ?), et je ne savais pas qu’ils étaient à présent "les Panthères". C’est beaucoup moins original...J’espère au moins qu’ils seront du coup plus féroces parce que pour l’instant, l’Azingo n’a pas vraiment marqué l’histoire du ballon rond en Afrique (oups, je vais me faire jeter des tomates ;-)

    Boris, je sais que la côte d’amour, non pas en France, mais dans le monde, de ce cher Zizou est telle, que je frôle le lynchage chaque fois que je questionne à son sujet. Fort heureusement, Minga et toi n’êtes pas des violents (enfin, pas encore). Mais qu’il soit bien net que sur le plan humain, pour moi, c’est en effet la crème des hommes. Mais footballistiquement, il m’a toujours fait l’effet d’un très grand, mais pas d’un génie unique et incomparable. De même, je suis de la vieille école, et l’équipe de France de 82-84, restera toujours supérieure, dans mon souvenir, à celle championne du monde. Gagner des trophées de m’impressionne pas, moi c’est la qualité du jeu qui seule m’envoûte. Et c’est pour ça que pour moi, qui ai découvert le foot avec la coupe du monde 82, l’équipe du Brésil de cette année-là, restera pendant 100 ans encore, la meilleure. Et que tel ou tel gagne six fois la coupe du monde n’y changera rien. Mais, mais, des avis comme le mien apparaissent tellement loufoques, et minoritaires, que le grand Zizou peut bien dormir tranquille. Le peuple a décidé : he’s the best. After all, why not ? There’s no quarrel for me ;-)

  43. Posté par D.O.W., le 21 avril 2006 à 10:44

    En revanche, je suis tout à fait de ton avis Boris : c’est panne d’électricité dans l’équipe de France depuis le départ des anciens, et singulièrement à la période où Zizou ne fut plus là.

  44. Posté par Ludovic Obiang, le 21 avril 2006 à 19:11

    Bonjour Alain,
    Merci pour ton hommage appuyé, même s’il peut me paraître équivoque. En effet, je me méfie toujours de passer pour l’exception qui confirme la règle ausi bien dans le milieu des "Blancs" (par rapport aux autres "Africains") que dans le milieu des "Africains" (par rapport aux Gabonais). Ce n’est pas que je n’ai pas mon avis sur la question de la littérature gabonaise. Il existe et il est même assez dur (cf. mon article publié dans Notre Librairie 158-159 et un autre à paraître dans la revue Interculturel de l’Alliance française de Lecce, n°10, juin 2006). Je pense que par rapport à la littérature comme pour de nombreux secteurs, les Gabonais se contentent de l’argument facile de "l’exiguïté", argument qui leur permet d’arguer systématiquement de leur isolement ou de leurs conditions socio-politiques particulières pour affirmer ou reconnaître leur littérature. "Nous sommes un petit pays...", "nous sommes une littérature jeune...", "nous faisons avec ce que nous avons...", etc. Avec cela, soulignons l’absence d’institutions critiques, de culture littéraire suffisamment développée, ça donne une climat général de complaisance et de facilité... Ce n’est pas pour autant que toi, tu vas tomber dans le même piège et te permettre des analyses trop faciles pour "amuser la galérie". C’est le reproche que je t’ai toujours fait et celui que ta carrière (collusion entre l’enseignement et l’écriture sans véritable formation, ni de pédagogique ni de théorie littéraire) m’encourage plus que jamais à réitérer. De quel droit peux-tu te permettre un avis aussi tranché et aussi condescendant sur la littérature gabonaise ? Parce que tu es toi-même écrivain (à succès), homme de goût, esthète passionné ? Mais la critique littéraire - scientifique - exige plus. A moins que tu ne te confines dans un rôle de critique d’humeur, de circonstance, comme notre ami Boniface, auquel je note par ailleurs que tu n’es pas loin de dérouler le même tapis rouge de complaisance et de solidarité ethnique que Romaiz (Jan-René Mendamne) déroule à Chantal Magali. Boniface n’est pas un critique au sens de théoricien de la littérature, mais c’est un billetiste qui profite de sa tribune parisienne, pour faire consommer au peuple des banalités - je pourrais m’expliquer plus longuement sur la chose, mais je ne veux pas lasser par un discours trop technique. Si tu veux parler de critique africain, cite plutôt Romuald (Fonkoua), Ngalasso, Chalaye, Tahar Bekri, Papa Samba Diop, Ludovic Obiang même (pourquoi pas !), etc., dont les carrières médiatiques se doublent d’une véritable carière universitaire. Pour te donner une idée de la valeur scientifique des travaux de Boniface, rappelle-toi qu’il n’enseigne dans aucune université sérieuse et qu’il n’a jamais publié dans un véritable revue scientifique. Alors je voudrais te conseiller en ami, en frère, de mesurer tes propos "publics", du moins, de mieux les construire, de toujours les maintenir dans les limites de ton propre savoir. Je ne vois pas en quoi tu es accrédité à juger les oeuvres de la littérature gabonaise, d’un autre point de vue que de celui de ton libre arbitre de lecteur, mais ne te t’érige pas comme une autorité, ou alors fais le avec les réserves et l’humilité d’usage ; Tu as une grande responsabilité devant le public. Heureusement que la plupart des intervenants ont prouvé qu’il avait du sens critique ou du recul. Je crois que c’est ton succès (parisien et américain) actuel qui te monte un peu à la tête, mais n’oublions pas, cher Alain, comment le succès se forge dans ces hauts lieux. Pas forcément par le talent. Nous savons de nombreux talents enterré sous les pactes peu glorieux. Ce qui arrive à de nombreux auteurs, c’est qu’il n’accepte pas le dictat des grandes éditions (Gallimard et autres), la compromission ou le reniement que cela supposse presque toujours et je suis bien placé pour l’affirmer. Je pense que le talent n’est pas toujours l’arguement majeur d’une signature ou d’un contrat prestigieux, mais l’intrigue, le relationnel, la capture, la génuflexion. Le collègue Congolais n’a pas tort de vouloir absolument interpeller l’Etat, mais il devrait essayer de remonter la filière des noms retenus dans les différentes compilations ("Nouvelle génration", "Ecritures émergentes"), il comprendrait que ce n’est pas seulement par le talent qu’ils sont là. Je terminerai en insistant sur l’appel à l’humilité, à l’objectivité et à l’exigence qui fait le vrai scientifique et qui distingue le billet d’humeur de la recherche rationnelle. As-tu pris le temps d’affiner tes critères ? Sur quoi te bases-tu pour décider de la qualité d’une littérature ? Donne-nous d’abord ces préalables et nous pourrons évaluer avec toi le retard des Congolais ou des Gabonais. En l’absence de tels précautions, ton texte n’est que jeux de mots et abus d’un statut privilégié. A bientôt. Ludovic

  45. Posté par Boris, le 21 avril 2006 à 20:41

    Monsieur Obiang,

    Je ne vais pas entrer dans la chicanerie comme disent nos amis quebecois. On ne vous defend pas d’avoir vos avis, mais la ca devient l’injure personnelle, je dirai meme plus de la jalousie et de l’aigreur quand on lit votre papier. Et puis au lieu non seulement d’attaquer Mabanckou, mais vous vous en prenez aussi a Mongo Mboussa(alors qu’on n’a pas fait mention de lui dans ce papier).
    Ensuite, c’est vrai que l’avis d’Alain n’a aucun caractere scientifique, c’est son point de vue, mais vous nous faites un long papier qui ne nous apprend rien de plus. Ce qu’on aurait aime, c’est que vous veniez, arguments a l’appui nous dire :" ne faites pas attention aux niaiseries de Mabanckou, la litterature gabonaise existe, en voici les preuves". Mais non, vous vous contentez a la place, d’accepter les fleurs d’abord et ensuite de tomber dans l’injure inutile.
    Franchement c’est trop bas.
    Apres tout ce n’est pas un mensonge que la literature gabonaise n’existe presque pas, en dehors de Bessora(la seule que je connais).
    Allez M. Ludovic, ne soyez pas si amer et laissez Mongo-Mboussa en dehors de ce debat, il ne l’a pas souleve.

  46. Posté par emmanuel cheiron, le 21 avril 2006 à 23:17

    Et Moses ISEGAWA ? Il est peut - être en train d’écrire la plus importante oeuvre que l’Afrique ait jamais portée... Certes, il écrit en anglais et il vit aux Pays Bas, mais quand même... Ses livres sont majeurs ! Et il a moins de 40 ans

  47. Posté par Minga, le 22 avril 2006 à 04:23

    Waooh ! Avec la surabondance de testostérone dans les messages précédents, j’en arrive au mien : suffoquée, tremblante, presque apeurée de me prendre un coup de poing perdu dans le dentier (rires)... En tout cas c’est musclé, viril. Mais humain !

    Après avoir recouvré, en partie, mes esprits, je tiens à saluer M. Ludovic Obiang. Eminent professeur et homme de Lettres que j’avais, en 2003, eu l’honneur de connaître à Lille (France), lors d’une conférence internationale sur la littérature africaine. Il y avait aussi Justine Mintsa, Véronique Tadjo, Ken Bugul, Sami Tchak (le même qui participe sur ce blog ?) etc.

    Revenons au principal : M. Mabanckou fait une réflexion (personnelle, rappelons-le) sur un sujet qui l’a interpellé. Je ne basculerai pas dans le procès d’intention comme Boris. D’où ma responsabilité - et tant pis si je me trompe - de croire que l’initiative de M. Mabanckou n’avait d’autre but que la réflexion intellectuelle, l’échange courtois entre adultes réfléchis. Le débat était donc ouvert, souhaitant même vivement les avis des Gabonais(es). M. Ludovic Obiang (un Gabonais, et pas des moindres) est donc passé : cool !

    Ensuite, l’empressement de Boris à trancher me dérange. Surtout qu’il tombe lui-même dans l’injure gratuite qu’il venait de reprocher... Dire à mon humble avis qu’on ne peut accuser quelqu’un de jalousie, d’aigreur et d’amertume sur simple commande. Je veux dire sans connaître au-delà d’un simple écran ou page de livre. A moi aussi le mordant de M. Obiang est apparu à certains passages de son intervention. Sauf que je ne me serais jamais permis de mettre ceci sur le compte d’une supposée misère humaine dictée par la jalousie et l’aigreur. Boris en sait peut-être mieux que moi sur ce point...

    Disons que j’ai plutôt perçu la contribution comme le plaidoyer d’un Gabonais piqué à vif - peut-être bien las - d’entendre des discours péremptoires sur la littérature gabonaise (ou plutôt l’absence de littérature gabonaise). Une sorte de coup de gueule. Mais ne sous-estimons pas pour autant M. Mabanckou. Tout écrivain qui monte est conscient que : "Monter, c’est s’immoler. Toute cime est sévère". V. Hugo, Les Contemplations . Notre hôte a bien compris que la critique est aisée, mais pas forcément nuisible...

    C’est clair que si l’on se fie au nombre d’écrivains (re)connus au Congo, Cameroun ou au Sénégal, notre Gabon ne paie de mine. Mais cette seule statistique est-elle suffisante pour décréter une absence d’activité intellectuelle au Gabon ? Surtout si elle doit conduire à pareilles réflexions : "le Gabon est un pays qui me fascine parmi les pays francophones car meme en dehors de la littérature j’entends peu parler des intellectuels de ce pays." En plus de renchérir : "ce n’est pas un mensonge que la literature gabonaise n’existe presque pas, en dehors de Bessora(la seule que je connais)"

    Vous venez de quel pays, Boris svp, si ce n’est pas trop indiscret ? (rires) N’empêche que si vous ne péchiez pas autant par attentisme, vous auriez fait l’effort d’aller vers l’Autre : le Gabonais, le Gabon. Vous auriez alors découvert que derrière l’apparence de désert de Gorbi littéraire, le Gabon a aussi ses intellectuels. Bien sûr il faudrait redéfinir le terme. Disons alors que le Gabon a aussi ses roseaux pensants. A moins que la foudre ne s’abatte sur le petit million d’âmes que nous sommes, qui peut, à ce jour, prédire que nous avons dit notre dernier mot ? Raison de plus pour ne pas s’échauffer les esprits...

  48. Posté par Minga, le 22 avril 2006 à 04:29

    Pour détendre un peu : oui DOW, je peux expliquer. En fait, Azingo, c’est le nom d’un lac. Le lac Azingo est situé sur la rive droite de l’Ogooué en aval de la ville de Lambaréné.

    PS : L’Ogooué est l’un des fleuves les plus importants du Gabon, si ce n’est le plus important : 1 200 km.

  49. Posté par D.O.W., le 22 avril 2006 à 10:25

    Ouh là, c’est chaud par ici ce matin ;-) Bon, au moins, la critique de Ludovic Obiang est précise et argumentée. Ce qui n’était pas le cas (et je le lui avais dit) des réquisitoires que dressait ici notre ami Blaise Kibonzi par exemple. De toutes façons, Alain devrait comprendre (mais je crois que c’est fait) que lorsqu’on devient homme public, on est exposé désormais à la critique, juste ou infondée. Celle de L. Obiang ici, est bien des fois injuste. En effet, Alain, dans ce petit article, ne s’exerçait pas en critique littéraire. Il me semble que ce n’est pas son métier. Sur ce qui n’est finalement qu’un blog, il a fait état d’un sentiment personnel, comme chacun de nous qui intervenons. Il faudrait alors nous adresser à nous tous les critiques qui lui sont faites. Ensuite, quand il est écrit : "Je crois que c’est ton succès (parisien et américain) actuel qui te monte un peu à la tête", il me semble qu’il y a là une outrance langagière dont nous pouvons faire l’économie dans un débat serein. De même, quand on se cite soi-même comme parangon du bon critique littéraire, comment dire, ça manque un peu de finesse.

    Maintenant, pour le reste, je crains que mes compétences ne soient pas suffisantes pour me prononcer sur le point de savoir si B. Mongo-Mboussa est un critique talentueux ou non, et sur la question d’apprécier quels requis sont nécessaires pour articuler une carrière universitaire ou de critique exerçant une critique littéraire scientifique. Mais je retiens que le discours de Ludovic Obiang, d’une part fustige les compromissions qui fabriquent souvent de bien artificiels talents, puis d’autre part, va de façon plus générale dans le sens d’une plus grande exigence. Et j’ai assurément cela - le goût de l’exigence - en partage avec lui.

  50. Posté par D.O.W., le 22 avril 2006 à 10:27

    Merci Minga d’éclairer ma lanterne. Grâce à toi, je connais désormais le nom d’au moins un fleuve au Gabon ; et je dormirai donc moins idiot cette nuit ;-)

  51. Posté par D.O.W., le 22 avril 2006 à 10:52

    Notes, après lecture attentive : Minga a probablement voulu parler du désert de Gobi ; et Emmanuel Cheiron fait erreur : Moses ISEGAWA a passé la quarantaine (oh, pas de beaucoup ; né en 1963).

  52. Posté par Jo Ann, le 22 avril 2006 à 18:11

    En voilà un débat.
    Je viens de ce pas mettre mon grain de sel, si vous me le permettez.
    Je suis une Angolaise inculte en littérature africaine. J’ai été éduquée à la française (académiquement parlant) et il y a peu de temps, j’ai décidé de combler mes lacunes, moi qui adore lire. Mariama Bâ, Fatou Diome, Calixthe Beyala, André Brink... Mais, (mal)heureusement ce sont les plus médiatiques.

    Alors, je tiens déjà à vous remercier, blogger et lecteurs, car grâce à vous, ma liste de livres à lire avant la fin de mes jours dépasse le Nil en longueur. Ce n’est pas pour me plaindre.
    Du côté des Angolais, même désert (pour moi) car malgré la longue liste de nos écrivains, je n’ai lu que Pepetela et Manuel Rui (que j’ai essayé de faire découvrir dans un club de lecture), avec l’envie de remplir mon sac de voyages de livres quand je rentrerai chez ma mère cet été.
    Mais j’ai remarqué que

    1) les écrivains (les plus médiatiques) écrivent (plus) sur les problèmes sociaux. Désolée si je ne me souviens pas du nom du lecteur qui a dit qu’on aimerait s’évader et pas lire ce qu’on connaît déjà et "essaie de dominer" (je crois que c’est ça, désolée si je ne remonte pas à la source).

    2) L’Angola a beau être prolixe en terme de littérature. Des écrivains angolais, il y en a, mais... il n’y a pas de lecteurs (ou très peu). Si un grand pourcentage de la population est analphabète, et un pourcentage de ceux qui savent lire ne s’intéresse pas à la littérature, c’est à décourager plus d’un.

    3) Angola, pays de 11/12 millions d’âmes, notre grand Pepetela fait l’exploit de vendre un livre en 3000 exemplaires.

    4) Le livre n’est pas sacralisé comme en France (et sûrement d’autres pays occidentaux). Un écrivain se sent plus à même de lutter pour se faire publier en France que dans un pays que, malgré les intellectuels, ne se tourne pas vers la littérature comme il se tourne vers la musique, qui elle, est toujours au top et centre des intérêts.

    Voyez bien, je ne suis pas spécialiste dans le domaine. Je constate juste qu’on doit inculquer l’envie de lire dès le plus jeune âge. Voilà ce qu’ont fait mes parents. D’ailleurs, mon nom "Jo Ann" qui ne fait pas du tout Angolais/Lusophone ou encore Africain a été sorti d’un livre que mon père a lu lorsqu’il avait 16 ans. Dans ma famille, même les cancres (dont moi) aiment lire. Personnellement, le livre est une richesse et une passion pour moi. J’aimerai bien dépasser les 50 livres (lus) par an, mais...

    Au fait... l’Afrique manque d’écrivains ? Ou ne manquons-nous pas de lecteurs ?
    Qu’écrire c’est bien beau. On est seul devant notre papier/clavier, les idées se bagarrent pour sortir la première, il y a toujours trop d’idées pour une seule histoire, ou alors on n’a qu’une seule vie pour toutes les développer. Mais le "must", ne serait-ce pas d’être lu ? Et apprécié ?

    Il faudrait peut-être repartir à la base. Enseigner l’amour du livre et des connaissances, de l’imaginaire et du réalisme, et sacraliser ne serait-ce qu’un (petit) peu le livre pour qu’on le respecte, et que l’écrivain africain lambda n’ait pas à s’exiler pour vivre de son art...

    Jo Ann

    (Au fait, merci tout le monde pour des débats productifs. J’apprends et ça fait du bien.)

  53. Posté par Boris, le 22 avril 2006 à 20:07

    Minga,
    Sachons utiliser les mots et savoir leur signification. Je n’injurie pas M.Obiang, je dis juste suite a ses injures a lui qu’il est rempli d’aigreur et de jalousie. Mais si pour vous ca constitue des injures, tant mieux.
    Y en a marre des docteurs en ceci et cela qui pensent qu’ils peuvent donner des lecons a tout le monde. Quelle legitimite a t-il lui M. Obiang pour dire que Mongo Mboussa sert au peuple des banalites et n’a jamais enseigne dans une universite serieuse ?
    Minga, mon empressement a trancher vous gene, mais l’empressement d’Obiang a traiter a mots couverts les autres d’idiots, ca ca vous parait normal. Je le repete ici, nous suivons du mieux que nous pouvons l’evolution de la literature africaine francophone. Et la verite est de dire que le Gabon y brille par son absence. Et arretez de vous cacher derriere l’argument de la taille et du nombre. Le Congo, le Togo, la Cote d’Ivoire, leCameroun sont d’aussi petits territoire(par la superficie) que le Gabon. Le Congo est aussi sous-peuple que le Gabon (2 millions d’hab) pourtant il est une fourmillere d’ecrivains. Rien qu’avec les ecrivains de ce pays on peut former deux equipes nationales capable de dignement nous representer a n’importe quelle olympiade.
    Sur la scene litteraraire africaine francophone trea active en ce moment j’entends parler des noms suivants : Tchak, Waberi,Beyala, Effa, Tadjo,Nganang, Rahimana,Nimrod, Dongala,Diome,etc. Aucun n’est gabonais, sauf bien sur Bessora. Alors ou est le mensonge ? Ou est le Gabon sur la scene litteraire ? Et ca M. Obiang ne nous apprend rien dessus, il ne nous donne pas de noms, il n’envisage meme pas de plans pour l’avenir ,sauf dire que les autres sont nuls et puisqu’ils n’ont aucune formation pedagogique, il ne meriterait pas d’etre prof.Et surtout ne confondez pas, car on ne parle pas d’intellectuels car tout ecrivain ne se reconnait pas forcemment intellectuel. Le Gabon n’est un pays de con, forcemment qu’il a une elite. On parle ici simplement de sa litterature qui, on l’a vu dans certains pays a ete faite avec brio par des autodidactes.
    Dow, je me demande ou tu vois M. Obiang faire une critique argumentee et objective sauf reprocher ceci a Mabanckou et vouloir tourner Mongo Mboussa en bourrique. Lui qui ecrit dans des revues scientifiques et serieuses pourquoi la tribune parisienne ne le sollicite pas alors ?
    Ce sont les memes choses qu’on dit ici tout le temps, arretons ca, cette aigreur qui tue l’Afrique.
    En plus si vous prenez le temps de lire la conclusion du papier d’Alain il dit bien :"si vous voulez mon avis". Raison de plus que ce qu’il dit n’a pas de valeur scientifique.
    Minga tu veux savoir d’ou je viens, mais je vais me faire un immense plaisir de te le dire :
    JE viens donc de ce pays que Dieu a maudit en le dotant de petrole, ce pays ou cobra ne designe plus un serpent dangereux, mais plutot un jeune drogue que les vassaux de la France ont arme pour leur bonheur, Je viens de ce pays qui me decoit un peu plus tous les jours. Ce pays dont je n’ai plus de porter la nationalite tellement il est tombe bas. Mais a chaque fois que je veux le faire, je fais cet etrange reve ou je marche au bord du fleuve a cote de Jean Malonga qui me sifflote coeur d’aryenne, de Sony Labou Tansi qui me dit que le commencement des douleurs a aussi une fin, de Dongala Emmanuel qui me dit en cachette de boire du vin de palme et d’ecouter du jazz pour oublier ma douleur, de Biyaoula qui me chante ses agonies...
    Si bien qu’a mon reveil, rien que pour ces porte-etendards de mon pays, je continue a porter la nationalite de mon pays avec fierte. Oui, Minga je suis un congolais fier et heureux de l’etre, malgre tout.

  54. le 22 avril 2006 à 20:15

    Et c’est reparti... D’ailleurs, à quoi bon avoir un arbre à palabre dans un village s’il n’y a pas de palabre ?
    C’est dommage qu’il n’ y ait pas assez de Gabonais qui interviennent sur ce blog pour contredire , s’il y lieu Alain Mabanckou...
    Au rique de revenir sur un débat dépassé, je suis sûre qu’il y a à Libreville, des maisons d’éditions qui ploient sous le poids des manuscrits...mais tant que ces écrivains en herbe ne passeront pas par Paris,capitale culturelle de l’afrique francophone, ils écriront en vain.
    Ceci étant, peut être Alain pourrait ils préciser un truc style " ceci n’est qu’un blog où l’auteur ne fait que donner ses sentiments personnels...
    Boris, un président, fut-il d’un fan club ne tient pas ce genre de propos dignes d’un "répondeur automatique". A moins que tu ne soit le répondeur automatique d’Alain Mab...
    Tima Bemba A Abidjan, une maison d’édition, ( Nei) a une collection de roman à l’eau de rose appelé Adoras. De la litterature facile, qui ne coûte rien et se vend comme de petits pains. Toutes les lycéennes veulent avoir leur collection d’Adoras. Un boite de production en a voulu faire une serie de film, elle n’a pu réaliser que deux car les bailleurs de fonds ont estimé qu’"avec tous les problèmes qui minent l’Afrique, ils ne vont pas financer un cinéma qui montre des africains dans de grosses Villa, des Harley Davidson, célébrant des mariages dignes de contes de fées"
    DOWcontente de te relire. Toute cette semaine j’ai préparé un reportage de 52 minutes sur l’art contemporain en Afrique , que m’ont inspiré nos échanges d’il y a un mois. Comme quoi, le blog de Mabanckou, ça sert aussi à ça : inspirer les journalistes en manque de sujets...Edwige H.

  55. Posté par Minga, le 22 avril 2006 à 20:53

    DOW, le nom du désert est bien Gobi. Merci. Ensuite, je ne voudrais pas "envenimer" les choses. Et ça me fait plaisir de constater que tu es dans la même logique. De toute façon, Messieurs Mabanckou et Obiang, en hommes intelligents, n’ont pas besoin d’assistance pour se congratuler... (rires)

    Jo Ann, tu fais bien de nommer le problème de l’analphabétisme dans nos pays africains. Tout comme ce peu d’engouement pour les nourritures terrestres jusque dans les milieux éduqués... En effet la lecture, la culture livresque, reste le vilain petit canard.

    Il y aussi un autre pan à ce sujet : la place de la littérature dans nos sociétés africaines. A quoi sert la littérature ? La Philosohie ? Déjà entendu, ça. Tout commence à la Fac : les filières littéraires, auparavant prisées, n’attirent plus des foules. Les nouveaux étudiants pensent à étudier utile : un diplôme avec, au bout, de la souplesse dans les débouchés. Ce qui n’est pas toujours évident dans les filières littéraires.

    Jo Ann, tu parles aussi de (re)donner l’amour du livre aux jeunes Africains. C’est possible. Mais laisse-moi te dire qu’en Europe, la situation n’est guère plus brillante. J’ai souvent le bonheur de me frotter à de petits Français qui ne sauront te dire qui est Marcel Pagnol, Georges Sand, Victor Hugo ou Marie Curie... Etourdie que je suis, j’avais prévu une séance de travail sur le très classique poème Le corbeau et le Renard de qui vous savez... Par maladresse, j’ai demandé des infos sur l’auteur : Jean de la Fontaine : "c’est un rappeur !" "un homme politique !" "un acteur !", j’ai meme eu droit à "un acteur de films X !" qui a déclenché un fou rire chez ces pré-ados, je signale...

    Pour finir, tu dis : "Le livre n’est pas sacralisé comme en France". Possible. Mais en France, tous les livres ne sont pas sacralisés et - M. Ludovic Obiang l’a souligné - ce n’est pas toujours le talent qui motive le sacre. Combien d’oeuvres méritoires ont été écartées au profit d’une para-littérature fast-food dont personne ne se souviendra dans cinquante ans !

  56. Posté par Minga, le 22 avril 2006 à 21:44

    Une fois encore me voici chancelante, pantelante. Je crois avoir échappé de justesse aux coups de griffes du sieur Boris. Un intervenant qui me paraît encore plus furibard et surexcité que M. Obiang qu’il a entrepris de juger.

    Boris, oui, pour moi vous êtes aussi injurieux que vous le reprochez. Assûrément que donner du jaloux et aigri à un parfait inconnu n’est pas un compliment. Mais un grotesque procès d’intentions. Le nier me ferait penser que nous ne venons pas du même monde... Et ce serait très sympa de continuer à me tutoyer !

    C’est absurde de prétendre que je me planque derrière l’argument de la taille du Gabon pour justifier du crime de son absence de littérature. Voyez où ça conduit quand on est plutôt pressé de juger, condamner, injurier ; sans plus prendre le temps de lire, d’écouter l’autre. Discuter en bonne intelligence avec vous doit en coûter. La meilleure défense chez vous étant l’attaque... Ensuite, vous avez raison d’être fier de votre pays. Pour moi, la question ne se pose même pas : sur le coup, la tigresse ne va pas feuler sa tigritude.

    Vous dites : "la literature africaine francophone. Et la verite est de dire que le Gabon y brille par son absence" Avec ce genre d’arguments, on vous soupçonne aisément de vouloir pervertir le propos originel qui était celui de M. Mabanckou. Et de vouloir le détourner au profit d’un raport de force insensé, avec en toile de fond cette condescendance (que je ne vous permets nullement) sur le Gabon. Surtout que vous ferez mieux de retourner à vos cours de Géo, réaliser qu’en matière de superficie, le Gabon n’a rien à voir avec la Côte d’Ivoire, le Congo ou le Cameroun. Une parenthèse.

    Pour en finir avec vous Boris, sachez que votre impulsivité ne vous rend pas plus viril à mes yeux. Sachez aussi que la vanité est un trait de caractère qui ne trouve pas d’écho chez moi. Mais je suis obligée de vous dire que même si le Gabon n’a pas de littérature, ce pays a au moins deux ou trois domaines qui le classeront d’emblée loin devant le Congo et les autres pays qui vous enchantent tant. Comme quoi, on ne peut tout avoir dans la vie...

  57. Posté par Sami, le 22 avril 2006 à 22:09

    Boris, crois-moi, parfois tu pourrais économiser tes doigts et ta "salive" (je sais qu’homme du pays du grand fleuve tu n’auras jamais la bouche sèche, veinard !) Ludovic et Alain se connaissent très bien, nous nous connaissons très bien. Minga, oui, à Lille, oui, avec Ken et les autres, Ludovic, Nimrod, Ouaga-Ballé, Alain Mabanckou, Ananda Devi, Fatou Diome, Kangni, c’est toujours notre bande qui s’élargit, avale toutes les générations, fertile en basses flatteries, en éloges hypocrites, en admirations sincères, en jalousie, en haine... Une bande de simples humains quoi ! Une chose quand même : un pays n’est pas grand pays de littérature par le nombre de ses écrivains, la qualité d’un seul suffit à faire pays. On n’en connaissait pas des tonnes en Côte d’Ivoire à une période donnée. Oui Bernard Dadié. Oui Adiaffi. Oui. Mais Kourouma seul est un pays littéraire qui vaut le Congo et le Cameroun, comme Marquez vaut la France ou Céline le Japon et l’Allemagne pour dire des choses aussi bêtement.

  58. Posté par Sami (suite), le 22 avril 2006 à 22:10

    Bessora, Ludovic, pour ne citer que deux Gabonais de la bande (toujours cités dans toutes les manifestations, Ludo étant au Gabon mais présent avec nous dans certaines manifestations en Europe et en Afrique), je disais que Bessora et Ludo pour ne citer qu’eux témoigent de la littérature. Leur pays est le nôtre, celui des mots. Et je crois que dans ce pays-là, mon Dieu qu’ils sont nombreux, qu’elles sont nombreuses ! Un jour, Ludo, Alain, d’autres, moi aussi, eh ben, autour d’un pot chez Michel Cadence et on rira de tout ce qui ici semble chaud. On en a l’habitude, crois-moi, Boris. Quant à Boni, alors là, tu ne le verras pas venir répondre. Il a sans doute déjà fini d’en rigoler. Docteur en littérature, pouvant lire Dostoïevsi dans le texte, il s’est coltiné la théorie littéraire pendant des années. Mais un pied hors de la fac, il a choisi la vulgarisation. Sauf quand il a, comme ce fut le cas, l’occasion de publier dans des magazines comme Le Magazine littéraire. Là il s’adresse à des spécialistes. Ses essais ont, eux, un but très précis : donner envie de lire des auteurs africains à des personnes qui n’en avaient jamais entendu parler et qui ne sont pas forcément en train de faire une thèse sur Gombrowicz.

  59. Posté par Boris, le 22 avril 2006 à 22:57

    Sami,

    Voila ce que j’appelle une critique argumentée et étayée de preuves. Point un ramassis d’injures et de jugements de valeurs.Oui, en effet tu as tout dit Sami. Si dès le départ on était parti sur cette voie...
    Edwige, Edwige, salut. Mais je préfère pour l’instant suivre le conseil de Sami.
    Sami, pour terminer, tu dis que vous vous connaissez tous, d’accord, les Sarkozy, les Jospin, et les Chirac se connaissent aussi tous, n’est ce pas ?
    Pourquoi Boni(comme tu dis) viendrait répondre à de tels propos ? remarque, meme quand on lui jetait des fleurs dans un autre article, il s’était tu.

  60. Posté par Zik, le 23 avril 2006 à 00:08

    Tiens tiens, j’ai l’impression d’etre tombe dans une tanniere a loups. Tiens tiens, ils se connaissent tous. Oh la la et moi qui ne connais et n’est connu de personne, voudrais lever la main et demander la permission, au grand maitre, de m’exprimer. J’aimerai apporter ma contribution sous la forme d’une reflexion terre a terre (c’est mon niveau) : Dans le vie, comme en boxe, quand on donne des coups, on ne doit pas s’etonner d’en recevoir. C’est d’ailleur un grand philosophe du "noble art", Mike Tyson qui disait : "in boxing, Every fighter’s got a plan, until they get hit in the mouth." (1)

    (1) Source : http://en.wikiquote.org/wiki/Mike_Tyson

  61. Posté par D.O.W., le 23 avril 2006 à 00:11

    Réponses multiples :

    Edwige : tout aussi heureux de te relire. Et très flatté que les quelques élucubrations que j’ai énoncées dans nos échanges précédents aient pu t’inspirer. Ces échanges furent instructifs pour moi aussi.

    Minga : en effet, si nous faisions tous l’effort d’être honnêtes intellectuellement, les choses n’auraient aucune raison de s’"envenimer", et en tout cas, moi, ma logique n’est jamais de les envenimer.

    Boris : pour commencer, ce n’est pas Minga qui avançait comme argument que le Gabon était un petit pays, c’était moi, et je m’en suis largement expliqué. Ensuite, je n’ai pas dit que la critique de L. Obiang était "argumentee et objective", j’ai dit qu’elle était "précise et argumentée". En français, le choix des mots est important, et ils ne sont généralement pas interchangeables. Je maintiens que cette critique est précise, et argumentée. Ce qui ne fait pas d’elle forcément une critique objective. J’ai même essayé de montrer que pour précise et argumentée qu’elle soit, elle était toutefois, en quelque point, mal argumentée, et même sans objet.

    Pour le reste, je suis navré Boris, mais tes objections, tout à fait sur un plan de principe, sont bien inconsistantes. L. Obiang peut très bien juger simplement qu’à ses yeux, Alain et B. Mongo-Mboussa n’ont pas la compétence suffisante. Il peut penser cela sans pour autant vouloir les tourner en bourrique. Et d’ailleurs, que cela nous choque ou pas, c’est tout à fait son droit. Moi je trouve par exemple que Calixte Beyala, fardée de tous les prix que l’on veut, est une écrivaine médiocre ; je trouve que Camara Laye fut un piètre écrivain. Et pourtant, je ne veux nullement les tourner en bourrique. Je n’ai jamais connu ni l’un, ni l’autre. Je peux comprendre que d’autres ne le pensent pas, mais je ne vois pas pourquoi on m’empêcherait de le dire. J’ai peur que tu n’appartienne à cette catégorie de gens Boris, pour qui, quand la critique est positive, ils s’en réjouissent. Et quand elle est négative, elle vient forcément d’ennemis et de jaloux. Il faut que nous apprenions à accepter de ne pas recevoir seulement des éloges flatteurs. Moi, personnellement, les critiques négatives m’ont toujours plus enrichi que les compliments que l’on me fait. Enfin, chacun sa philosophie, mais quoi qu’il en soit, chacun a le droit d’avoir son opinion, quelle qu’elle soit, à condition de l’argumenter. Et c’est précisément la qualité de l’argumentation qui nous permet de juger si c’est de l’aigreur ou simplement de l’objectivité. Les revues littéraires seraient bien ennuyeuses si tous les études consacrées à Mabanckou, à Mongo-Mboussa, à Waberi, à Sami Tchak, etc, étaient toutes à leur gloire. Ce ne serait plus de la critique, ce serait pur dithyrambe.

    Tu écris encore : "Lui qui ecrit dans des revues scientifiques et serieuses pourquoi la tribune parisienne ne le sollicite pas alors". ça aussi, c’est un argument faible. La tribune parisienne comme tu dis, est réputée surtout pour sa forte tendance au copinage. On ne peut donc très sérieusement envisager que c’est elle qui décide qui sont les talents. Je ne connaissais même pas ce Ludovic Obiang. Lui qui juge tout le monde médiocre, je ne sais pas quelle est sa valeur, mais on ne peut pas l’étalonner par le nombre de fois où il est sollicité par la "tribune parisienne".

  62. Posté par Sami, le 23 avril 2006 à 00:19

    Arrête Zik ! Tu connais tout le monde et tout le monde te connaît. Je peux te le prouver : tu es Gabonais de nationalite. Plus précisement, Fang originaire d’Oyem. Tu as le même patronyme, Mintsa, que Justine, même si vous n’avez aucun lien de parenté, du moins aucun lien avéré à ce jour. Plus sérieusement, ce que tu appelles terre à terre résume tout. On peut aller un peu plus loin : dans la vie, comme en boxe, même quand on ne donne pas des coups, on peut en recevoir. Et le grand Tyson l’illustrait en envoyant KO sa compagne, du moins si les accusations étaient fondées !

  63. Posté par Zik, le 23 avril 2006 à 02:02

    D.O.W.,

    Je partage avec vous une aversion pour Beyala, qui pour moi fait dans un genre de racollage intellectuel qui, pour tout vous dire, m’enerve un peu. Par contre, ahhhh pas mon Camara Laye. J’ai une relation emotionnelle avec Camara Laye. Voyez vous, quand j’ai passe le CEPE au Gabon, je devais reciter "A ma mere" de Camara Laye. Je n’ai jamais autant lu et relu un texte de ma vie. Meme aujourd’hui, presque 18 ans plus tard, je puis vous reciter ce texte, sans respirer ni me tromper, en 1 minutes (talk about slam poetry !). Ce texte est dans mon ADN.

    Sami,

    Pour Mike Tyson, faites attention quand meme, ses reflexions philosophiques peuvent vous entrainer vers une stratosphere et troposphere intellectuelle insoupconnee. Morceau choisi :

    "I might just fade into Bolivian, you know what I mean ? I ain’t got nuttin’ to do or nowhere to go."

    La pauvre Bolivie, qui se retrouve substituee a "oblivion" (L’oubli) dans l’esprit torture de "Iron Mike".

  64. Posté par Timba Bema, le 23 avril 2006 à 11:09

    Sami ; beaucoup d’écrivains originaires d’Afrique vivant en Europe et aux USA se connaissent et se fréquentent parfois même ; c’est une évidence. Mais de là à écrire avec un tel fiel et de se révendiquer de la critique, tu ne trouves pas que c’est exagéré pour un ami ?

    D.O.W ; je me demande si tu as lu le même post de L.O que moi. Il n’y a rien de “précis et d’argumenté”. La proposition de l’édito est entre autres : La Littérature Gabonaise est presque inexistante. L.O l’accepte au début de son post en rejetant toutes les justifications pour aboutir par la suite à remettre en question cette proposition. C’est normal, voir même salutaire de le faire, sauf qu’il n’apporte aucun contre exemple de la vitalité de la littérature gabonaise ingnorée par les critiques parisiennes. Est celà être “précis et argumenté” ?

  65. Posté par Sami, le 23 avril 2006 à 11:32

    Timba, tu sais, je tentais de minimiser l’effet du post. Sinon la première chose qui m’a frappé, c’est la violence de la charge de Ludo, mais lui-même précise qu’il a déjà fait cette critique à Alain, il ne fait que la réitérer. Bon, pour le sujet, je crois que si on levait un peu plus la tête, pour regarder encore plus haut, on constaterait que les stimulations nécessaires à une grande littérature dépassent le cadre d’un pays, c’est souvent un continent, une civilisation... Je ne suis pas sûr que la petite Martinique, mille cent six km² (1106km²), même pas la taille d’une grande ville, je ne suis pas sûr que si cette île s’était retrouvée quelque part en Afrique on y aurait eu Césaire, Fanon, Glissant, Chamoiseau. Et je ne crois pas que si l’Irlande, surtout Dublin, s’était retrouvée entre le Congo et le Gabon, on y aurait eu Swift, Oscar Wilde, Joyce, Beckett, Synge, O’Brien, O’Casay, Kavanagh, Yeats, Shaw, Behan, Godlsmith. Bon, ça, ce n’est qu’un point de vue, j’assume ma subjectivité.

  66. Posté par D.O.W., le 23 avril 2006 à 13:16

    Les gars, on sort de téléfoot (beau reportage sur Zidane), content, heureux, léger, et voilà qu’il faut de nouveau se taper la "prise de tête" avec vous (rires).

    Zik : je me sens un peu honteux d’entacher quelque peu ton beau souvenir ;-) Tous petits, nous avons tous éprouvé cette émotion pour "l’enfant noir" de Camara Laye. Quoi de plus normal ? Un texte, dans cette Afrique au paysage littéraire pas si luxuriant à l’époque, qui célébrait la mère (à laquelle chacun d’entre nous a voué une adoration depuis le berceau) ; qui célébrait aussi notre couleur de peau si vilipendée en maints endroits du monde. Seulement, il peut arriver que l’on devienne par la suite plus exigeant. Pour moi, un texte littéraire doit avoir de la personnalité. Et "L’enfant noir" est seulement un chapelet de mièvreries. (On a bien compris que ce n’est là qu’un avis personnel, que je ne veux offenser personne, et que je reconnaîs à chacun le droit d’avoir un avis différent du mien).

    Timba : Je ne sais pas en quelle langue il va falloir que je le dise, et je ne sais pas combien de fois on va me demander de le répéter : ce post est précis et argumenté. Et c’est toi même Timba qui le prouves, puisque tu écris : "L.O l’accepte au début de son post en rejetant toutes les justifications pour aboutir par la suite à remettre en question cette proposition". Ce processus par lequel il "rejette toutes les justifications", ce cheminement par lequel il "aboutit à remettre en question cette proposition" (si c’est bien cela qu’il fait), ça s’appelle précisément l’argumentation. Et dans ton post, mon cher Timba, tu ne montres pas que le post de L.O. n’est pas argumenté, tu montres seulement qu’il est "mal argumenté", et ce qui est mal argumenté est déjà avant tout argumenté. L. Obiang parle de distinguer le billet d’humeur de la recherche rationnelle ; il écrit par ailleurs : "As-tu pris le temps d’affiner tes critères ? Sur quoi te bases-tu pour décider de la qualité d’une littérature ?" Et tout ça fait que pour moi, c’est argumenté. Mais j’ai déjà indiqué que le tout, ainsi argumenté, n’avait aucun sens. Le fait même que Alain, si je ne m’abuse, ne soit pas d’ordinaire un critique littéraire (ce qui n’empêche pas de publier des articles), et n’officie donc pas ici en tant que tel, ce fait-là, à mon sens, disqualifie l’argumentation essentielle de L.Obiang. Celui-ci écrit : "Je ne vois pas en quoi tu es accrédité à juger les oeuvres de la littérature gabonaise, d’un autre point de vue que de celui de ton libre arbitre de lecteur" Mais c’est exactement de ce point de vue que le billet d’Alain a été écrit ici. En réalité, je pourrais consacrer trois pages à dire tout ce qu’il y a d’incohérent dans le post de L.O. mais j’ai franchement autre chose à faire de ma journée.

    Seulement, je défendrai toujours le droit pour chacun d’exprimer un avis motivé, même mal motivé. Quand on aura appris à répondre à la critique par des constructions intellectuelles, et non plus par des mots lapidaires comme beaucoup l’ont fait ici, y compris L.O. lui-même ("jalousie", "aigreur" : Boris ; "fiel" : Timba ; "ton succès te monte à la tête" : L.O.), quand on aura appris à faire cela, vous verez, tout sera beaucoup plus serein.

  67. Posté par Zik, le 23 avril 2006 à 14:28

    Pas de probleme D.O.W., j’avais compris le sens originel de votre reflexion sur C. Laye. Mais, en non specialiste, je me pose quand meme la question de savoir si en litterature, tout doit etre necessairement technique et de haute voltige. Mes tendres souvenirs de C. Laye sont ceux d’un enfant de 10 ans, mais a cet age, il est important de lire des choses qui stimulent les reactions emotionnelles. Peut etre que si on m’avait force a lire Nabokov a cet age, je n’aurais plus jamais ouvert un autre livre de ma vie. De la meme facon, en France, il y a Jean de la Fontaine et sa poesie simpliste, sinon banale. Mais que je saches, il fait partie des plus grands, dans le panorama litteraire Francais. Je me trompe ?

  68. Posté par Minga, le 23 avril 2006 à 18:15

    Eh ben les gars, pourquoi les plus crispés n’iraient-ils pas faire un bon footing par ce beau dimanche ? Ca vous fera grand bien. Les abonnés à l’injure facile et autres censeurs autoproclamés trouveront là - mieux qu’une bagarre virtuelle - un bon exercice pour se détendre, ou se défouler, à voir... bref

    Zik et DOW, vous évoquez C. Laye : l’un aime, l’autre trouve... piètre ! (rires) Comme tu es dur DOW. Figure-toi que je suis moi aussi attaachée à l’Enfant noir. Ah, ma nature sentimentaliste... Je ne sais combien de fois j’ai relu ce livre. Tiens depuis mon bureau, je l’aperçois au bout de la pièce, coincé entre les autres livres dans ma bibliothèque...

    Pour te dire que malgré le style nu, dépouillé (simpliste, si on veut) de C. Laye, je trouve son livre vrai, nature, émouvant. En tout cas, bien plus vivant que... L’Enfant noir a une âme. C’est indéniable pour moi. C’est d’ailleurs toujours avec une pointe de nostalgie que je me replonge dans l’univers de ce petit village africain, de cette forge paternelle...

    Et puis, l’époque... Les années 50... Depuis, le style des écrivains africains a évolué dans le bon sens, je trouve. Nous avons même un style (qui n’est pas mon préféré comme celui) de Véronique Tadjo(Côte d’Ivoire) qui fait penser à l’écriture automatique des Surréalistes. Ou à cette autre Ecole qui prônait le refus de l’intrigue...

  69. Posté par Mayombe82, le 23 avril 2006 à 19:57

    Pas eu le temps de revenir entre-temps. Excusez-moi d’avance, mais je n’ai pas lu tous les posts datant de vendredi soir à maintenant. J’avais essayé de répondre à D.O.W. dernièrement, mais mon PC m’avait faussé compagnie. Si c’est déjà fait, ne tenez donc pas compte. Azingo (si ma mémoire ne me trompe pas) est un lac dans la Région Gabonaise du Moyen-Ogooué. Je vous lirai plus tard, très chers. D.O.W., on se rejoint sur le football. Je suis un inconditionnel du Brazil. Je refais tous les jours le match Brésil-Italie de 82 : comment Paolo ROSSI a-t-il pu nous planter 3 banderilles ce jour-là, contre 2 seulement de nôtre part ? Même Télé SANTANA (coach en 82), paraît-il, refuse avant toute interview de revenir sur ce match. @+, M82

  70. Posté par Timba Bema, le 23 avril 2006 à 20:52

    D.O.W ; je serais de dernier à refuser à quiconque le droit de s’exprimer mais à partir du moment où L.O ne démontre pas la vitalité(uniquement en terme de production) de la littérature gabonaise, il ne contredit pas la proposition de la presque inexistence de cette littérature. Cette proposition est uniquement d’ordre “comptable”(permets-moi l’expression) et à aucun moment elle ne se propose d’apprécier la portée des oeuvres des écrivains gabonais actuels.

  71. le 23 avril 2006 à 20:55

    Chers Amis,
    J’ai lu avec plaisir et même émotion la plupart des interventions et je me félicite de ce que leur caractère souvent passionné ait pu relancer le débat, sinon lui donner davantage d’envergure. D’emblée, je répondrai à Boris à propos de fiel ou d’aigreur qu’il peut avoir parfaitement raison, qu’il peut y avoir dans ma position une part de fiel - c’est humain déclarait Sami - parce qu’il faut différents ingrédients pour motiver un acte, mais tout est question de dosage, comme il faut dans un mélange donné, des substances toxiques, nocives, sans lesquelles le mélange ne serait pas efficace. Mais - du moins je l’espère- ce n’est pas seulement l’aigreur qui a motivé mon intervention.
    Ce qui me motivait de façon dominante, c’était de mettre à jour certains non-dits du discours d’Alain et de l’appeler ainsi à plus d’humilité - ce qui n’était pa évident au départ, ni pour lui ni pour les lecteurs. Qu’il s’exprime dans sa propre tribune en simple esthète, qu’il veuille donner son avis sur tout, se permettre une saillie ou se payer du bon temps sur le dos d’une certaine "misère littéraire", c’est son droit, mais comme l’a dit un intervenant, il faut dès lors qu’il s’attende à des réactions, emportées, passionnées ou mesurées selon les personnes, les humeurs. Mon problème, est que le discours d’Alain ne marque pas ses propres limites, son "champ problématique" et l’on ne sait pas vraiment si c’est l’écrivain qui parle, le "liseur", le "critique" ou l’enseignant de littérature, sachant qu’Alain a de plus en plus tendance à confondre les costumes (cf. sa petite biobibliographie) et à se fourvoyer dans des domaines ou des questions dont il n’a souvent qu’une connaissance conventionnelle pour ne pas dire superficielle - je répète que je connais une autre face que la face publique d’Alain... Face aux questions complexes que pose la littérature, (Qu’est-ce que la littérature ? Qu’est-ce qu’une bonne littérature, une grande littérature ? Un grand écrivain ?, etc.) il est bon de se montrer mesuré et de s’imposer certaines réserves, même réthorique (un autre intervenant les a relevées dans mon propos). Il suffisait à Alain de dire : "je ne suis pas critique, mais,...", "Je ne fais peut-être pas autorité en la matière mais...", "si l’on part du point de vue qu’une grande littérature se définit par...", "si je m’appuie sur ma propre expérience ou sur mon propre parcours, etc." ... on peut estimer que..." Ce sont des bases en matière de discours public, mais peut-être qu’Alain n’a pas le bon conseiller à la communication - de grâce qu’il ne prenne pas Boris ! J’en parle effectivement avec une certaine autorité (relevée comme maladresse), parce que je suis moi-même responsable d’un enseignement à l’Université de Libreville sur la littérature gabonaise. Il s’intitule : "Existe-til une littérature gabonaise" et j’y dé-montre qu’en fonction du point de vue ou de l’hypothèse théoriques - comme l’ont reconnu de nombreux intervenants-, une littérature existe ou n’existe pas, est grande ou ne l’est pas, etc. Par exemple, du point de vue de l’histoire littéraire, la littérature gabonaise n’existe quasiment pas jusqu’aux années 1980 avec l’avènement d’Angèle Rawiri et bientôt avec l’anthologie d’Alain Rouch sur les littératures nationales, etc. (cf. Notre Librairie, revue de l’ADPF, je l’ai déjà recommandé). Les intervenants qui me demandent plus de d’informations et un apport plus constructif seront servis. J’ai pensé que le présent forum n’était pas le lieu adéquat pour de tels approfondissements. Pour ceux qui le souhaitent, je peux citer toutefois les références suivantes. J’ai écrit un article intitulé : Voyage au bout du silence, panorama critique du roman gabonais. Papa Samba Diop en a écrit un autre : Ecrire l’Afrique aujourd’hui, les écrivains gabonais" qui continue mon travail et se propose de souligner l’émergence des nouveaux talent gabonais sur la scène littéraire africaine. Je souligne qu’il ne s’agit pas d’un Gabonais comme moi ou Ovone Mendamne (auteur de l’article mis à mal par Alain), mais d’un universitaire sénégalais de réputation mondiale. Je publie dans quelques mois (Interculturel n°1, juin 6) - mais je pensais l’avoir déjà dit - un article intitulé : Un passé en devenir : le roman gabonais dans l’histoire littéraire africaine subsaharienne. Il s’agit de montrer que de part l’engouement actuel autour de la littérature gabonaise, la tendance va être à un retour au passé de cette littérature, à redécouvrir ses précurseurs, que la régence de la négritude avait occultés. J’en profite par la même occasion pour revenir sur la question du critique que je distingue du billétiste lequel ne fait que répéter les textes de façon paraphrastique, se permettant en fonction de son audience (ou de ses affinités avec l’auteur) d’avancer un jugement de valeur. Favoritisme qu’Alain récuse à propos de Chantal Mbazzo, mais qu’il se permet - je le répète - à propos de Boniface (ou Boris ?). Pour moi, un critique est celui qui va au-delà du texte pour trouver les réseaux (paradigmatiques, intertextuels) cachés, qui peut mettre à jour des constructions ou des significations que l’auteur n’aurait jamais soupçonnées, qui reconstruit un livre ou un corpus de façon à lui faire révéler les lois profondes qui en ont articulé la genèse. Je prendrais un exemple. Dans un article que j’ai intitulé "Sans père mais non sans espoir" (Cf. Google), je démontre que le personnage de l’orphelin qui apparaît comme un des motifs les plus récurrents des nouvelles voies d’écriture africaine, en rupture ouverte ou présumée avec la négritude, ne fait que confirmer la continuité, sinon la filiation thématique et structurale entre ces diférentes périodes de notre littérature. Ce personnage qui anime la plupart des romans actuels, est un personnage qui remonte déjà au conte traditionnel où il était porteur d’une charge positive extrême (Le pagne noir, etc.). Ce qui est intéressant c’est que lorqu’il passe au roman moderne, il conserve cette charge positive au point d’influencer un roman qui se veut ouvertement pessimiste (écritures de la guerre, de la déréliction, du marasme, etc.) et d’en faire une oeuvre profondément optimiste (L’aînée des orphelins, Charly en guerre, Nour 1947, etc.) C’est dire que je peux si les intervenants le désirent m’étendre et durcir mon argumentation, mais je pense que ce n’est pas le cadre et que les intervenants ont internet pour s’imposer plus de recherches. Je les encouragerai aussi à lire les travaux de véritables critiques à mon sens, Congolais ou autres, Pius Ngandu Nkashama, Amadou Koné, André Patient Bokiba, etc. Ils y apprendraient certainement plus de choses que la somme d’interviews qui constituent l’essai critique de Boniface (Désir d’Afrique), à moins qu’ils ne soient plutôt alléchés par le caractère anecdotique de cette compilation... C’est donc fort d’une certaine expérience que je peux affirmer, sans fausse complaisance, que la littérature (et la critique) gabonaise existe bel et bien et qu’elle peut même être de qualité, mais cela dépend de la perspective. Il est évident que si l’on se place du point de vue de l’institution littéraire occidentale, des "grands prix", des "grandes maisons" d’édition, elle n’occupe qu’une place anodine, mais si l’on se place d’un point de vue "objectif" (le grand mot !), si l’on accepte de lire les textes (j’aimerais savoir combien de romans gabonais Alain a réellement lus), de s’intéresser à leur contenu, à leur substrat culturel, à leur réception populaire et scientifique, etc., on s’apercevra qu’elle peut tenir la route, en tous les cas, qu’elle n’a pas grand chose à envier à ces pays qui se veulent des réservoirs en matière de "grand écrivains". Mais je rappelle avec Sami qu’un grand pays en matière d’écriture, c’est souvent une grand écrivain, qu’en la matière, la qualité prime souvent la quantité. A propos du Gabon, je pourrais remonter l’histoire et citer Angèle Rawiri (Au carrefour, Fureur et cris de femmes), Okoumba Nkoghé (La mouche et la glu, Présence Africaine - puisque ça compte), Laurent Owondo (Au bout du silence), Auguste Moussirou (Parole de vivant, L’Harmattan même si c’est dommage), Ferdinand Allogho Oké (Biboubouah, L’Harmatan, encore), et Hubbert Freddy Ndong Mbeng (Les matitis), dont le texte a fait l’objet d’une mise en scène et d’une tournée théatrâle, et j’en passe... Comment ne pas citer Bessora, à moins de ne pas en faire une Gabonaise à part entière... Mais elle n’a jamais récusé son héritage gabonais. D’ailleurs, elle sera en résidence d’écriture au Gabon dans les prochains jours. Ce sont autant d’auteurs et de livres qui qui méritent le détour, si l’on ne se contente pas de les regarder avec des lunettes faussées par l’applaudimètre occidental. Faut-il parler de moi ? Cela risque de gêner encore quelques-uns et de me faire passer pour un fat. Mais quand je l’ai fait, c’était dans la blague, car il faut toujours relativiser. Ce n’est pas la guerre mais la palabre, cher Boris, mais je rends à Alain la violence qui était la sienne. De toutes les façons, il s’attendais à ma répartie, car je ne suis pas le genre à me laisser marcher sur les pieds ou à laisser dire des inepties sur le ton de la sentence. Je n’entends pas sa dérision générale sur la littérature gabonaise comme je n’entends pas ses fameuses "circonstances atténuantes". Il sait que je ne suis pas un parfait inconnu, sauf pour ceux que leur propre littérature n’intéresse pas. Pour ceux-là, je dirais qu’en plus d’être un universitaire confirmé(Université Omar Bongo, Université de Limoges) ayant publié dans de nombreuses revues scientifiques, africaines ou occidentales (cf. Google) - il faudrait que certains internautes se cultivent un peu plus - je suis écrivain et je peux (orgueil insigne !) remplir les conditions "d’elligibilité" auxquelles Alain accorde tant de prix. Que faut-il pour être un "grand écrivain" et donner de son pays une autre image que celle qui est véhiculée par le discours conventionnel, normalisant ? Alain sait que j’ai un certain parcours : Festival des Francophonies à Limoges, Fest’africa de Lilles, Etonnants Voyageurs de Bamako, etc. Alain sait que nous figurons ensemble dans une récente anthologie (Nouvelles voix d’Afrique), que j’ai participé à des compilations internationales (Amours de villes, villes africaines, Je suis de bonne foi, Le huitième péché, etc.) Que faut-il encore pour mérité plus que des "circonstances atténuantes" ? Une institution littéraire puissante que je n’ai pas, malheureusement, et qu’il me faut chercher en Europe ? Une tutelle internationale (un "grande" maison d’édition) que je n’ai pas, mais qui me coûterait une liberté que je ne peux pas aliéner ? C’est pourquoi les propos de l’universitaire congolais restent bien de saison : sans une institution littéraire digne de ce nom, pas de véritables grandes littératures africaines, mais des ersatz de ce qui se fait en Europe, ou bien des écrivains africains obligés d’aller chercher la gloire en Europe, comme les footballeurs et les musiciens. Le problème c’est qu’il me semble que les footballeurs soient plus humbles et que leur souci soit toujours de promouvoir le maximum de leurs concitoyens... A ce niveau, se précise toute l’importance de mon intervention. Je ne souhaite pas le plébiscite ou plaire à qui que ce soit, me susciter des amis ou me constituer un fan club. Les choses que nous remuons ici, l’air de rien, sont graves. Il ne s’agit rien de moins que de notre avenir et de la position morale que nous aurons à choisir devant la postérité. L’hydre de l’aliénation a de nombreux visages, mais le visage le plus odieux est le nôtre propre ou celui de notre frère. Tous ceux qui n’ont vu que de l’aigreur dans mon propos, feraient mieux de se méfier des paroles d’un Africain qui déclare aux yeux du monde, de façon péremptoire ou avec condescendance, qu’une certaine littérature n’existe pas ou "ne vaut rien". C’est déjà une grande faute de goût, mais c’est surtout un acte de reniement public déplorable. A moins que ce ne soit une mise à mort commandée sinon conditionnée. C’est l’Afrique qu’on assassine, mais les mains blanches ont cédé le couteau aux mains noires. Comme ça, plus de cas de conscience : ils s’entretuent entre eux ! Acceptons de poser les quesitons majeures au lieu de nous voiler la face. Pourquoi faut-il qu’une grande littérature le soit selon les normes et les critères occidentaux ? Pourquoi faut-il que ce soit du lointain de son exil doré parisien que Alain Mabanckou affirme que les autres écrivains n’existent pas ? Parce que pour qu’ils existent, il faut qu’ils fassent comme lui. Qu’ils réussissent selon les mêmes critères et selon le même itinéraire que lui, qu’ils reçoivent les mêmes prix prestigieux, qu’ils soient publiée par les mêmes "grandes" maisons que lui(cf. la pique à Mintsa). Mais la littérature, ce n’est pas que la littérature occidentalisée, et le monde ce n’est pas seulement l’Europe - terrible eurocentrisme quand il est le fait d’un Africain ! Des millions d’exemplaires de romans en Yorouba sont vendus et lus au Nigéria. Des littératures - en langues européennes ou africaines - existent en Afrique qui n’ont pas besoin du satisfécit occidental. Plus loin, même, des cultures, des savoirs existent en Afrique qui se soucient peu de savoir si elles plaisent ou non à l’Occidental et à ses avatars africains. Les propos d’Alain me paraissent ceux d’un "désorienteurs", de ceux qui disent il n’y a rien de bien en Afrique si ce n’est marqué du sceau de l’Occident. Comme ces gagnants aux courses dont la fonction est de donner envie aux autres parieurs "d’essayer encore", de persister. Au Gabon, je pourrais parler des heures durant du Bwiti, religion de l’Iboga et de la Harpe sacré (je suis en effet ethnomuscologue et directeur du Conservatoire de Musique). En son sein des personnes s’affirment et s’épanouissent sans pour autant attendre que du lointain de leur chaire parisienne des "Peaux noires, masques blancs" leur disent qu’ils n’existent pas. Au contraire, dans ces alcoves retirées, des musiciens travaillent, des écrivains oeuvrent, des sculpteurs s’appliquent, et mûrissent en silence le Gabon, l’Afrique de demain. C’est cela le vrai sens de la vie et la loi que respecte toute Grande Oeuvre - qui ne vise pas le plébiscite populaire, mais le perfectionnement de l’homme. Le Bien n’aime pas le bruit et le Bruit ne fait pas le Bien. Au lieu de mettre l’écrivain à la place du livre, laissons le livre suivre son cours. Son temps, nous le savons, échappe à la mesure humaine, il avance au rythme des siècles. Combien d’écrivains à succès n’ont pas survécu au déclin de leur époque ? A l’inverse, combien de génies, combien de chefs d’oeuvre ont dû attendre la sanction du temps, le meilleur des juges, pour occuper leur vrai rang ? Qui sait que Le discours sur l’inégalité de Rousseau n’a reçu que le second prix de l’Académie de Genève ? Mais où est passé le premier ? Molière n’eut pas droit à une sépulture honorable, de même que Mozart ou le Douanier Rousseau, mais leurs oeuvres comptent parmi les merveilles de l’humanité. Baudelaire était presque un inconnu de son temps, mais qui lit encore Sainte Beuve, célébrissime critique du XIX ème ? Laissons le temps au temps et nous saurons demain qui étaient les vrais écrivains... Bob Marley dirait "les véritables révolutionnaires"... A bientôt.

  72. Posté par Ludovic Obiang, le 23 avril 2006 à 20:57

    J’ai oublié de préciser que le précédent message était de moi. Mais je pense que la plupart des internautes auront reconnu mon ton. Ludovic Obiang

  73. Posté par Timba Bema, le 23 avril 2006 à 21:11

    Sami, je suis totallement en accord avec toi sur l’idée de la “non-nationalité” de la Littérature. Mais dès qu’on l’a dit celà n’empêche pas de constater que les nations récupèrent leurs écrivains pour en faire des “héros”. D’une certaine façon la Littérature, comme les autres Arts, se fait rattraper par les ambitions nationales d’où même l’objet de ce débat.

  74. Posté par Timba Bema, le 23 avril 2006 à 21:18

    A mon avis, L.O apporte dans son dernier post la réponse à ma préoccupation sur la complétude sa démarche ; Il y a bel et bien une vitalité de la littérature gabonaise.

  75. Posté par Sami, le 23 avril 2006 à 22:17

    Timba, tu te trompes légèrement quand tu dis "Cette proposition est uniquement d’ordre “comptable”(permets-moi l’expression) et à aucun moment elle ne se propose d’apprécier la portée des oeuvres des écrivains gabonais actuels." Alain écrit clairement : "Chez les Gabonais, au contraire, l’heure est à l’autosatisfaction même si je ne vois rien qui puisse me dire que le Gabon a enfin une littérature et quelques écrivains majeurs." Tu ne peux dire que cette proposition à aucun moment ne se propose d’apprécier la portée des oeuvres des écrivains gabonais actuels. Et je pense qu’Alain apprécie plus en écrivain avec ses goûts qu’en critique littéraire. Mais cela nous a valu le magistral article de Ludovic que j’ai lu de a à z. Ludo, reconnais-le, la tribune d’Alain, elle sert à quelque chose, quand même, reconnais-le, hein ?

  76. Posté par Sami, le 23 avril 2006 à 22:20

    (suite) Ludo, là où tu te trompes un peu, c’est de sembler croire que lire des essais de vulgarisation comme ceux de Boniface signifie pas forcément ne lire que ça. Tu sembles aussi ignorer qu’il y a des personnes qui n’ont pas le temps ni la nécessité de lire des articles aussi profonds que le tien parce que ce n’est pas leur tasse de thé. Edwige H. parlait de la collection Adoras, j’avoue que j’en ai lu avec plaisir des titres, cela ne m’empêche pas de me remettre à mes Joyce, Mishima, Coetzee, Farah, etc. Il y a dans tout champ place pour tous les niveaux et il y a dans tout public des demandes très variées. Timba, bien évidemment, une fois qu’une littérature a émergé, elle devient d’abord un ferment de fierté nationale si ses auteurs sont fréquentables, avant d’être une nourriture mondiale. En littérature, contrairement à ce que dit le proverbe, on est prophète d’abord chez soi. En Colombie Marquez n’est pas seulement un écrivain, c’est un Dieu. On peut donc comprendre ici la fierté de certains Congolais vis-à-vis de leurs auteurs et on peut aussi comprendre une certaine dimension des réactions de Ludovic comme une part de nationalisme au sens positif du terme.

  77. Posté par Sami, le 23 avril 2006 à 22:35

    signifie forcément (le pas est de trop dans la phrase là où tu te trompes un peu, c’est de sembler croire que lire des essais de vulgarisation comme ceux de Boniface signifie pas forcément ne lire que ça). Ludovic, dommage que tu n’aies pas découpé ton article en plusieurs parties. Je ne suis pas sûr que tout le monde le lira en entier.

  78. Posté par Zik, le 24 avril 2006 à 00:06

    Sami,

    Je viens de finir l’article, ouf ! interessant. On est au moins 2 a l’avoir fait.

  79. Posté par D.O.W., le 24 avril 2006 à 00:34

    Je crois bien que ceux qui disaient que ce n’était pas argumenté en auront pour leur compte (rires). L. Obiang a d’abord une rhétorique splendide, puis il dit beaucoup de choses qui me plaisent. Mais lui aussi, quelquefois, il retombe dans les mêmes travers que ceux qui l’invectivaient précédemment : je ne parle en lieu et place de personne, mais strictement d’un point de vue de principe, dire que juger négativement une littérature africaine c’est forcément être dans l’aliénation n’est pas très sérieux. Bien entendu, il est possible que le fait soit imputable à une certaine aliénation. Mais quelles modalités a-t-on ici pour décider où s’inscrit le propos d’Alain ? Non, on peut seulement discuter d’une éventuelle faute de goût ou d’une mésestimation ; rien d’autre. Mais je souscris totalement à l’idée d’une tendance à un certain eurocentrisme qui nous guette souvent tous, pour des raisons qu’il serait trop long d’expliciter ici.

    Je note que l’objection que j’opposais à L. Obiang demeure valable, et qu’elle disqualifiait presque totalement son premier post : Alain n’étant pas critique professionnel, le cadre ici étant celui d’un blog (même d’une personnalité publique), les critiques énoncées devenaient sans objet. Tout le monde reconnaîtra qu’Alain ne peut pas ici amorcer tous ses billets littéraires par "je ne suis pas critique, mais,..." ainsi que le lui demande L.O. Mais fort heureusement, dans son deuxième post, L.Obiang dit davantage de choses, et surtout des choses qui ne s’adressent plus seulement aux professionnels de la critique. Et en effet, il dit cette fois-là des choses pertinentes et plus profondes, utiles cette fois-ci pour nous tous qui émettons des avis ici.

    Enfin, L. Obiang écrit : "je ne suis pas un parfait inconnu, sauf pour ceux que leur propre littérature n’intéresse pas", puis encore : "il faudrait que certains internautes se cultivent un peu plus". J’ai humblement avoué auparavant que je ne le connaissais pas. N’en prenez pas ombrage cher Ludovic Obiang. Dans la dure condition d’Africain en ce monde, où il faut lutter quotidiennement pour sa survie, nourrir peut-être une famille, etc, on n’a pas toujours le temps d’avoir la culture idéale. Bien d’autres Africains valeureux, des peintres, des dramaturges, des penseurs, méritent probablement mon attention. Et je ne suis pas très fier de ne pas la leur accorder. Mais promis, je travaillerai à réparer ce préjudice.

    p.s. Sami a raison : c’est une bien belle tribune qu’Alain nous offre ici. De même, maints reproches peuvent lui être faits (comme il y en aurait à faire à chacun d’entre nous), mais reconnaissons que c’est bien lui qui initie ces débats.

  80. Posté par D.O.W., le 24 avril 2006 à 00:49

    Zik : d’abord, permettez-moi donc de vous tutoyer. Le vouvoiement me semble un peu rigide dans un cadre comme celui-ci ;-) Ensuite, rassurez-vous, moi non plus, suis pas spécialiste de littérature, même pas du tout ; en ça, on est deux (rires). Pour le reste, je dois dire qu’il m’est difficile de ne pas vous rejoindre, quant au fond de votre post. Je crois bien que vous parvenez à me convaincre, et je me demande même si, après vous avoir lu, je ne serai pas en train de reconsidérer l’oeuvre de C. Laye (rires). D’autant plus que notre charmante Minga vote elle aussi pour "L’Enfant noir" (re-rires). Non plus sérieusement, c’est surtout la réflexion de Zik qui m’interpelle : il y a peut-être dans le livre, quelque chose que mon regard adulte n’a plus su voir, et qui parlait à l’enfance. Bref, mon jugement se fait moins tranché à partir de ce soir ;-)

  81. Posté par D.O.W., le 24 avril 2006 à 00:54

    Mon cher Mayombe : d’abord merci pour l’info sur l’Azingo. Minga m’avait répondu, mais au moins tu me confirmes qu’elle ne s’était pas trompée (on sait jamais avec les femmes ;-) Mon frère, les grands esprits se rejoignent : tu as prononcé le nom magique : Télé SANTANA. Ce nom-là, chaque fois qu’il est prononcé, me fait frisonner depuis 20 ans (rires). C’était un magicien, un enchanteur, un alchimiste diabolique ! Et moi aussi, je refais souvent dans ma tête Brésil-Italie, Brésil-Argentine de 82. Et qui se souvient encore que c’est l’Ecosse qui avait ouvert le score au cours de Brésil-Ecosse ? (affront vite lavé). Bref, je n’ai rien oublié de cette année : l’Algérie de Belloumi (je peux citer tous les noms) ; le Cameroun de Milla (oui, déjà ! et ici aussi, je peux citer tous les noms). Mais arrêtons là. Ne tombons pas dans la nostalgie "d’un temps que les moins de dix huit ans..." Merci mon cher M.82 de m’y avoir ramené quelques instants.

    Bien à toi.

  82. Posté par Boris, le 24 avril 2006 à 01:17

    Je crois que c’est une réponse de ce genre qu’on attendait au départ de M.Obiang plutot que cette premiere reaction d’une méchanceté inutile. Oui,Ludovic(si je peux me permettre)au moins là vous prenez la peine d’argumenter et d’apporter des éléments qui éclairent le lecteur. Mais j’avoue que plus que ce que vous avez pu avancer sur Alain c’est votre jugement suffisant sur Mongo Mboussa qui continue à me choquer.
    Ensuite ce qui m’enerve et me déçoit avec vous (TOUS) les écrivains d’Afrique Noire Francophone c’est l’hypocrisie dont vous faites preuve.
    Mais bien sur que la littérature africaine francophone(et je précise francophone) n’existe pas sans le sceau de l’occident(de la France). Qui parmi les héreaults de la littérature africaine n’a pas été d’abord adoubé par la France ? donnez-moi un seul nom.
    Et vous memes (que ce soit Obiang, Tchak, Wabéri, Alem, Bessora et j’en passe) qui ne souhaite pas qu’etre publié dans les grandes maisons parisiennes pour bénéficier d’une vraie légitimité ? M. Obiang ne trompez pas le peuple, la seule littérature africaine francophone qui existe c’est celle qui passe par la France. Les autres passeront toujours pour secondaires. C’est la France qui légitime l’écrivain africain (Kourouma,Labou Tansi, Oueleguem, Utam’si, Laye, Senghor,C.H KHANE et j’en passe.) Dites-moi avec toute la sincérité de votre coeur M. Obiang si vous n’avez jamais envoyé de manuscrit au Seuil, a Gallimard et consort ? Alors arretez avec ce discours hypocrite une fois que vous n’obtenez pas les faveurs d’un grand éditeur parisien. Le copinage, la collusion, la genuflexion comme vous disiez n’est pas qu’un fait propre à la littérature. C’est le monde dans lequel nous vivons qui est comme ça. Quand Diome publiait à Présence Africaine qui la connaissait ? Il a suffit qu’elle aille dans une maison Parisienne, pour qu’avec un seul roman elle devienne l’une des plumes les plus prometteuses de l’Afrique. Chers écrivains, dites la vérité au peuple. Dites aux jeunes qui veulent suivre vos pas : c’est vrai qu’on n’est pas obligé de publier à Paris, mais si tu le peux tu as plus de chance que ta carrière ait une dimension internationale.Combien d’écrivains talentueux qui résident et publient en Afrique mourront dans l’ignorance et la pauvreté la plus totale ?
    Sami nous a parlé à une époque de la jeune congolaise de 14 ans qui a publié soi-disant un premier roman magistral, qui sur ce blog en a entendu parler ? Y a un proverbe qui dit qu’on peut mentir son interlocuteur, mais on ne peut pas se mentir soi -meme. Ben Jelloun est-il un des monuments de la littérature parce qu’il a publié au Maroc ou en France. Et puis ne nous evertuons pas à séparer succès médiatique et succès littéraire.
    M.Obiang,c’est vous qui désorientez le peuple en voulant les faire avaler des couleuvres. Croyez-vous qu’Eto’o peut venir dire à un jeune camerounais qu’il peut reussir sa carrière sans passer par l’Occident ? Ou que Mabanckou peut se permettre de dire a un jeune congolais qu’il peut tout aussi publier aux éditions ndzé et rever du prix Goncourt ou d’une aura littéraire ?
    En Afrique, il sefait certes des choses bien dans le domaine littéraire, mais un écrivain congolais vivant et publiant au Congo, sera toujours classé derrière un Mabanckou aux yeux des connaisseurs que vous etes et meme du public. Alors arretons de nous raconter des bobards. Timba merci, je croyais que je n’étais que le seul à ne pas savoir lire.

  83. Posté par Sami, le 24 avril 2006 à 01:32

    Dow, j’étais étudiant en 2e année de philo à Lomé et de tous ces magiciens un m’est resté gravé dans le cerveau : Paolo Rossi. Pas seulement parce que ce diable marquait au moins un but à chaque match mais parce qu’au Togo une légende courait à son sujet : on l’aurait libéré de prison juste pour le Mondial. En réalité, il s’agissait d’une suspension de deux ans, car, après avoir rejoint Pérouse, venant du Milan je crois, éclate l’affaire du Totonero. Avec d’autres joueurs, le voilà accusé d’avoir truqué le résultat d’un match. Deux ans de suspension pour ce buteur de génie. Deux mois après le retour sur les terrains, le voilà convoqué pour faire partie de l’équipe italienne pour le Mondial 1982 en Espagne. Ce sera l’attraction mondiale, ce Pablicito. On pouvait ne pas supporter l’Italie, pas lui. Moi qui supportais le Brésil, mon coeur ne battait que pour les buts de Rossi. Un Mondial comme on en verra de moins en moins. Mais, Dow, arrête, tu ne vois pas qu’on se fait vieux ?

  84. Posté par Sami, le 24 avril 2006 à 02:00

    Boris, une petite précision : quand Fatou Diome a publié son recueil de nouvelles La préférence nationale chez Présence africaine, elle a été tout de suite connue, des pages dans les journaux dont le Canard enchaîné. Dans les FNAC, surtout après l’arrivée de Le Pen au second tour, les vendeurs te demandaient si tu as lu La préférence nationale de Fatou Diome. Plusieurs éditions de son livre en un an. Le succès de Fatou s’était préparé en partie chez Présence. Mais Présence africaine est à Paris et non au Sénégal, c’est une maison parisienne, en plein dans le cinquième arrondissement, tu le sais. Hélas, mille fois hélas, tu as raison : Paris demeure le lieu de la promotion de nos littératures afrofrancophones, comme Londres par exemple l’est pour les afroanglophones. Hélas, mille fois hélas, Ludovic a aussi raison : c’est quand même triste que nous soyons dans l’obligation de considérer cette dépendance culturelle comme une chose qui va de soi. Et si de nos littératures on ne peut voir que le petit bout accueilli à Paris, que dire sinon que l’essentiel de nos richesses culturelles reste encore dans l’ombre. On peut le regretter, quand même ! Mais en l’état actuel des choses, le réalisme s’impose à beaucoup d’auteurs, surtout à ceux qui vivent en Occident : publier là où il y a un peu plus de chance de visibilité. Mais l’erreur serait pour nous de nous prendre pour les meilleurs que l’Afrique peut produire, cela signifiera que nous avons totalement adhéré aux critères définis par les autres pour nous évaluer et développé à l’égard de tous ceux qui sur place écrivent un mépris ou une insultante condescendance (deux grandes dames de la littérature sénégalaise, Mariama Ba et Amina Sow Fall ont publié leurs grands romans à Dakar, Une si longue lettre pour la première, La grève des battú pour la seconde.) Publier en France s’impose, mais nous ferions parfois dans ce cas de bons produits, mais il est clair que nous ne rentrerons presque jamais dans la mémoire culturelle de la France. Ce n’est pas pour rien que cette littérature n’est pas au programme dans les collèges et lycées. Et vu sous cet angle, on ne peut réduire à de l’hypocrisie le regret qu’un auteur, même publié à Paris, pourrait manifester de n’avoir pas "une nation littéraire", c’est-à-dire un pays où existent les conditions globales d’une vie littéraire sur toute la chaîne, donc capable de se nourrir de tous les courants du monde et d’apporter ses notes à ces courants. Comme Cuba qui a donné Lezama Lima et Alejo Carpentier. Et il me semble que les auteurs qui gagnent réellement le monde sont souvent ceux qui ont un arrière pays d’où part leur voix. Il serait difficile à un auteur africain, question qualité mise de côté, d’avoir par exemple l’aura mondiale de Marquez ou de Gunter Grass. Boris, on peut être réaliste et lucide, donc suivre une voie comme étant dans un contexte donné la meilleure possible tout en évaluant les épines.

  85. Posté par Bakima, le 24 avril 2006 à 03:34

    Dependance culturelle quand tu nous tiens, meme apres 46 ans d’independance(rire) ! C’est un bon debat, lire les autres me satisfait pour le moment. Rien a redire. Bon vent au debat !!!
    Mathieu

  86. Posté par Minga, le 24 avril 2006 à 05:54

    "une fois qu’une littérature a émergé, elle devient d’abord un ferment de fierté nationale" Oui Sami. D’ailleurs rien à redire sur ça. Juste que c’est humain, trop humain... Tant que cette fierté ne devient pas un subterfuge pour rabaisser son voisin, le stigmatiser sur le ton de la condescendance. Car on n’a pas toujours tout pour soi dans ce bas-monde. Vous le dites vous-même : la quantité n’est rien. Parfois un seul écrivain fait un pays. Sommes-nous alors si hors-course que ça au pays de Yaya Omar ? (rires)

    Sinon, on parle bien de littérature ou de romans ? Car c’est le sujet qui revient sous la plume empressée du sieur Boris... Devrais-je lui rappeler que le roman n’est qu’un genre littéraire parmi d’autres ? Une goutte d’eau dans l’immensité d’une littérature : ensemble des oeuvres à caractère esthétique ? Bref

    Boris, souffrez que je revienne à vous. Votre allégation selon laquelle l’Africain n’a qu’un destin et il est parisien me laisse un tantinet perlexe... Pourquoi parler d’hyocrisie à ce sujet ? Bien sûr, il serait vain de nier que vous (Boris) comme moi ne faisons pas partie de ces millions d’hommes à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe d’infériorité, le tremblement, l’agenouillement, le désespoir, le larbinisme. De facto, notre appréciation du Beau, du Vrai, du Grand n’est censé passer que par le seul prisme du tout Rome-Paris-Bruxelles, pour ne citer que ceux-là.

    Mais avez-vous songé une seconde que tout le monde ne rêve pas de paillettes. Que tout le monde n’est pas prêt à TOUT pour TOUT ? Ca vous paraît invraisemblable qu’un Africain puisse terminer brillamment des études sup. et choisir de rentrer cultiver son jardin dans son pays natal ? Mettre ses acquis au service de sa nation. Sommes-nous tous appelés à espérer le sacre, le bus de la "chance" chez les Oncles qui, en plus, nous accueillent avec tous les honneurs dus à notre rang ?

    Détrompez-vous, mon cher. Il existe encore des personnalités capables de renoncer - de gré ou à contrecoeur - aux hourras sporadiques pour privilégier l’essor de l’Afrique. Et crois-moi, il y a beaucoup à faire chez cette Mère Afrique qui nous a allaités, mais qu’on fuit, renie parfois avec une facilité déconcertante ! Oui, pour un bout de rêve en plus. D’ailleurs, ne déclarez-vous pas, sans ciller, avoir honte de votre propre pays natal ? Ici : "Je viens de ce pays qui me decoit un peu plus tous les jours. Ce pays dont je n’ai plus de porter la nationalite tellement il est tombe bas".

    Vous auriez aimé être Français, Américain, Suisse ? Continuez donc à convoiter le bien d’autrui, et à ne plus être honoré par votre nationalité. Ca en fait du bois de chauffage pour les Oncles... Il se peut effectivement que ce soit là votre plus grand regret : un acte manqué ce qui justifierait, en partie, cette envie de tuer au bout de la langue que vous avez là quand on ose secouer vos convictions.

    Mais, de grâce, permettez-moi de continuer de penser que la notion de bonheur comme de réussite est relative. Pour d’aucuns réussir, être heureux c’est publier dix contes pour nourrissons par mois chez Seuil, dîner dans le XVIè arr. avec Frédéric Beigbeder, voyager en first class avec pour voisine de siège Adriana Karembeu. Pour d’autres - comme Albert Schweitzer - ça se résumera à aller s’enterrer dans une petite ville gabonaise et soulager tant bien que mal les souffrances de son prochain. Je suis d’accord avec vous cependant : on ne peut pas tous avoir les mêmes priorités dans la vie...

  87. Posté par D.O.W., le 24 avril 2006 à 09:07

    Ah Sami, qui ne se souvient pas de Paolo Rossi ? Je crois bien qu’il termine meilleur buteur du mundial cette année-là (à confirmer). Un tout petit bonhomme, tout mince, mais un vrai diable pour les adversaires. Toutefois, d’autres m’auront plus marqué que lui dans l’équipe d’Italie, je pense notamment à Bruno Conti, ailier gaucher intenable. Mais tu as raison, tout ceci ne nous rajeunit, mais alors vraiment pas ! (rires)

  88. Posté par D.O.W., le 24 avril 2006 à 09:27

    J’allais réagir au post de Boris quand j’ai lu Sami et Minga, qui ont à peu près dit ce que j’allais accoucher. Je ferai donc plus court. Boris : tu as raison, sans hypocrisie, il faut bien reconnaître qua dans les conditions actuelles, le succès de large portée passe par l’Occident. Mais tu mélanges deux choses : c’est le succès (commercial et de grande notoriété) qui passe par l’Occident, mais pas le talent ! Alors là non !! Non seulement Minga a raison, il y en a qui refusent délibérément de faire le détour par l’Europe, y compris dans la littérature. Je connais personnellement des gens en Afrique, qui écrivent (avec talent !), et qui refusent obstinément de sortir (physiquement et éditorialement) de leur pays. Mais plus encore, il y en a d’autres qui le voudraient et que maints facteurs empêchent d’émigrer, mais dont le talent est lumineux. Boris écrit : "la seule littérature africaine francophone qui existe c’est celle qui passe par la France". Rien n’est plus faux. Que ce qui se fait sur le continent demeure toujours dans l’obscurité et dans l’ombre, certes. Mais cela existe bel et bien. Were-Were Liking faisait, là-bas sur le continent, de bien jolis travaux depuis très longtemps, et elle était déjà connue de tous ceux qui faisaient sérieusement les choses. Boris écrit : "Et puis ne nous evertuons pas à séparer succès médiatique et succès littéraire". C’est le conseil le plus dangereux que j’aie jamais lu ! Précisément, si ! Il faut toujours faire cette séparation, sinon le marketing viendrait à diluer tout ce que la littérature a d’authentique. Boris écrit encore : "Combien d’écrivains talentueux qui résident et publient en Afrique mourront dans l’ignorance et la pauvreté la plus totale ?". Tout à fait d’accord. Mais cela n’enlèvera jamais rien à leur talent (s’ils en avaient) qui est parfois largement supérieur à celui de biens de "bankables". L. Obiang le disait assez bien : dans certains cas, c’est le verdict du temps qui rendra justice.

    Je termine enfin en réitérant que cela dit, si l’on excepte le talent (qui ne dépend de rien du tout), sur la question du succès populaire, et de la notoriété internationale, Boris a tout à fait raison. Mais en dépit même de la situation actuelle, bien des choses sont encore à faire, le salut est encore possible, et il ne faut pas céder à la fatalité. Je crois que c’est J.B. Adjibi qui émettait ici l’idée que se constituent, ici ou en Afrique, des maisons d’édition africaines majeures, qui offriraient ce que l’on doit aujourd’hui aller mendier. Une telle ambition n’est pas utopique.

  89. Posté par Sami, le 24 avril 2006 à 10:01

    DOW, oui, Paolo Rossi a terminé meilleur buteur cette année-là et eu aussi, dans un autre contexte, le ballon d’or. Pour la littérature, tu sais, la vision de beaucoup d’Africains vivant hors d’Afrique est à la limite d’une certaine cécité. Sinon, les littératures africaines faites sur place jouissent, elles, d’un dynamisme interne, en Afrique du sud, au Nigeria, au Burkina, etc., pas beaucoup de lecteurs, mais font l’objet d’études universitaires très pertinentes. Ludovic l’a démontré en parlant de ce qui se fait sur la littérature gabonaise. Vu d’ici, parce que nous ne savons plus voir que d’ici, nous ignorions tout cela. Mais cela n’est pas propre aux pays africains. L’essentiel de la littérature latinoaméricaine se fait dans les pays latinoaméricains, les auteurs publient sur place, font partie de la vie littéraire sur place et ne sont pas connus hors de leur pays. Nous connaissons peu d’auteurs chinois mais ils sont des milliers chez eux. Alain s’étonnait de lire sur le blog de Kangni tant de noms d’écrivains togolais. Eh oui, la littérature togolaise est plus active au Togo qu’à l’étranger et bien des auteurs sur place sont plus en phase avec leur lectorat même restreint, mais un lectorat des tripes. Autre chose : si nous dépendons, nous, de la France, les auteurs français, même les plus grands, à quelques exceptions près, ne sont connus qu’en France. Ils n’ont pas, je répète le nom, l’aura mondiale de Marquez par exemple. Et ce n’est pas faute de rêver d’un tel destin. L’idée que seul ce qui est révélé en occident a une valeur renvoie à autre chose de plus profondément tragique.

  90. Posté par D.O.W., le 24 avril 2006 à 12:46

    Tu dis si bien les choses Sami. Que rajouter d’autre ? Tu exprimes très bien ce quelque chose de tragique (qui prend souvent la forme de l’aliénation) en disant que "nous ne savons plus voir que d’ici". C’est pour cette raison, que j’ai souvent regretté ici que n’interviennent pas plus souvent des africains vivant au(x) pays ; que l’on n’ait pas plus souvent des regards, des visions, "vierges" de tout ce qui nous aveugle, nous.

    Bien à toi.

  91. Posté par Ludovic Obiang, le 24 avril 2006 à 13:13

    Salut Sami, salut Boris, Minga, Temba et tous les autres,

    Je me suis peut être laissé emporter à certains endroits et n’ai pu éviter quelques dérapages, mais je vous remercie de m’avoir rattrapé quand il le fallait, pour que l’essentiel, le constructif, s’impose aux yeux de tous.

    Il est important,en effet, que les Africains se parlent, dialoguent, confrontent leurs idées, leurs savoirs, leurs expériences pour pouvoir ensemble envisager, non seulement le devenir de l’Africain, mais celui de l’homme en général.

    Un autre monde est possible et, c’est vrai Sami, la tribune d’Alain nous aura permis d’en dessiner les contours.

    A bientôt. Ludovic

    P.S. : Au fait le Ministère de la culture du Gabon organise depuis hier une manifestation en continu sur le livre et les droits d’auteur...

  92. le 24 avril 2006 à 15:03

    " La seule litterature africaine francophone qui existe est celle qui passe par la France" Je suis outragée et outrancée par la façon très cruelle dont Boris juge la litterature qui est faite en Afrique et qui sait peut-être , tout ce qui est fait en Afrique : valeur nulle, non existante. Venant d’un africain (?), c’est désespérant. Quand l’Afrique s’autoflagelle ainsi, on ne sait que dire. C’est comme si on voulait nous désespérer et nous faire voir en noir notre chère Afrique. Pour avoir osé dire un jour que la ruée des journalistes vers Alain Mabackou finira, Boris, dans un excès de fébrilité dont il a lui seul le secret m’avait, entre autres, traité d’afropessimiste...Je crois que Boris devrait revoir la notion qu’il a de l’afropessimisme... La litterature africaine francophone n’exite pas sans "l Afrance". Pouruqoi pas l’Afrique francophone n’existe pas sans la France...et pour conclure : l faut que la France recolonise l’afrique... Edwige H.

  93. Posté par Sami, le 24 avril 2006 à 15:25

    Ludovic, l’espace des blogs en général est un lieu d’emportement, mais l’essentiel c’est que le débat s’initie et continue. De toutes les façons, dès que j’ai lu le sujet d’Alain, pour moi il ne s’agisait plus que d’heures ou de jours pour qu’on t’entende. Alain te connaît très bien pour savoir, en mettant ce sujet, que tu interviendras. Et bingo ! Tu es venu. Eh ben, au-delà de l’emportement, tu as relancé le débat et des choses intéressantes ont été dites. N’est-ce pas cela aussi un blog qui marche ? Edwige, je te comprends. Mais tu as bien remarqué que tout le monde ne pense pas ainsi, que chacun a sa liberté d’opinion et de ton, mais qu’à aucun moment il n’y a eu un "unanimisme" passif autour des questions touchant "l’Afrique". On peut saluer une dame comme Aminata Sow Fall qui met son propre argent au service de la littérature pour publier dans sa maison d’édition à Dakar des auteurs sur place. Rien ne s’écrit en ou noir ou blanc. Bon, l’article tu ne me l’as toujours pas envoyé. Tant pis.

  94. Posté par Boris, le 24 avril 2006 à 16:29

    Apres mon post, Sami, DOW, Minga, Edwige et Ludovic ont intervenu, mais n’ont rien ajoute de pertinent.
    Ludovic, merci pour ton mea-culpa,cela ne peut que te grandir,et nous apprendre tous a etre humble.
    Chers amis,chers freres et soeurs, helas il faut toujours revenir sur les memes choses.Sami Presence africaine pour moi n’est pas une maison parisienne, c’est une maison qui est a Paris. Et puis si comme tu dis Diome avait senti qu’elle aurait pu decoller a presence,elle y serait restee. Ne crois-tu pas ? Mais la realite est de constater qu’elle est partie vera la ou elle sentait qu’elle aurait plus de chance.
    Mes amis, au fait on dit tous a peu pres la meme chose. Minga si c’etait a refaire ou si j’avais eu le choix, sans reflechir j’aurai choisi de naitre americain, francais ou suisse. Ecoutez combien sont en Afrique la-bas des qu’ils ont leur femmes enceintes les envois accoucher en Amerique ou en Europe ? N’est ce pas pour qu’ils beneficient des nationalites de ces pays ? Minga (si tu es une femme)j’aimerai te voir aller accoucher en Afrique. Les gars quand les choses vont mal,il faut dire que les choses vont mal. D’ailleurs vous ne faites que parler mais ne me donnez pas de reference. Aminata et Mariam Ba, si je ne trompe pas leurs romans dont tu parles Sami ont ensuite ete reprises par des maisons parisiennes.Pendant que vous voulez croire a une litterature africaine, la realite veut que TOUS nos grands auteurs ont ete faconne et fabrique a Paris.
    Edwige, oui, il y a des gens qui font des choses bien, il y a des choses qui se font en Afrique,mais qui donne les subventions ou finance les 2/3 des projets culturels en Afrique ? n’est ce pas la France par le biais de la francophonie ou de je ne sais quelle institution "coloniale". Edwige, si tu ne le sais pas encore, eh oui, la colonisation continue.Surtout celle des mentalites. Mais on ne va pas detourner le debat. Continue a etre choque, mais ce que moi je sais, c’est que sur 100 auteurs negro-africains, si vous leur donnez le choix de publier a Presence africaine ou a Gallimard, tous les 100(je dis tous) courront a Gallimard(ce qui n’est d’ailleurs pas mauvais).Alors qu’on ne se raconte pas d’histoires. Sami, n’est ce pas que tu vas publier en Aout chez Mercure de France ?
    Et je repete, Paris,surtout pour la litterature francophone est la norme, le jour ou elle decidera de boycotter les negres eh bien on verra ce qu’il adviendra des litteratures du Sud. Je ne dis pas tout ca par resignation,mais simplement pour qu’on soit un brin realiste et qu’on s’organise. Sami combien de fois nous somes-nous plaint sur cette tribune pour dire que les africains d’Afrique claquent plus d’argent dans les debits de boissons(Nganda et autres) que dans l’achat des livres. Et puis avec ca vous voulez me parler d’une litterature qui existent en Afrique sans la France.
    Je n’ai pas fini, DOW je reviens pour toi...

  95. Posté par Boris, le 24 avril 2006 à 17:37

    DOW,desole d’etre aussi cynique, mais on ne mange pas le talent. Si toi tu estimes important de separer succes mediatique de succes litteraire, tant mieux. Discutons concretement, avec des faits. Posons simplement la question a Sami, qui a au moins l’humilite de venir discuter regulierement ici avec les anonymes que nous sommes. Demandons-lui pourquoi quand il a decide de quitter Gallimard "continents noirs" (qu’eux meme les ecrivains qualifient de ghetto), il n’a pas envoye son manuscrit a Presence Africaine, a Ndze, a Nea, mais plutot a Mercure de France ? Pourtant en lisant les quelques romans que j’ai deja lu de lui, on sent que c’est un ecrivain talentueux. Pourquoi ne se contente t-il pas de publier n’importe ou, meme a compte d’auteur ? puisqu’il a du talent.
    Sami, je le repete, dites la verite au peuple vous ecrivains, ne l’edulcorez pas avec des "oui mais."
    DOW, il y a un projet de bibliotheque qui a vu le jour(presque) sur ce blog, qui le pilote ? n’est ce pas un vieux mundele a la retraite ?
    J’entends en ce moment un refrain de tous les ecrivains qualifies "francophones".Ils sont tous la a bouder cette appelation. Mais pourtant ils n’arrivent pas a vivre en dehors de cette institution. Aujourd’hui Sami, entre le grand prix litteraire d’afrique noire(encore subventionne par la France et preside par Chevrier) et le prix de la Francophonie, lequel est le plus convoite par les ecrivains negres ?
    DOW,talent,talent, oui c’est bien beau, mais combien de joueurs du championnat camerounais sont plus talentueux ou s’estiment plus talentueux qu’Eto’o. Pourtant l’histoire du football ne se souviendra jamais d’eux. Le plus grand joueur du football liberien s’appelle George Weah et ce n’est pas en Afrique qu’il a accede a l’immortalite.Idem pour Milla, Abedi Pele et j’en passe.
    DOW, on est au 21e siecle, ouvrons les yeux. S’’il ne s’agissait que de talent, eh bien Mabanckou par exemple serait reste poete. Car ca aussi c’est un autre probleme, quand on veut faire croire aux gens que l’essentiel est d’exprimer son talent car derriere ca le besoin pecunier l’emportera toujours.
    Certains comme Edwige appelle ce que je dis afro-pessimisme, moi j’appelle ca realisme.
    Et ce realisme, me pousse a dire que le jour ou moi je publie par exemple mon premier livre en Occident, forcemment que je me sentirai superieur a celui qui publie en Afrique(meme s’il a plus de talent que moi).Tu sais pourquoi DOW ? parce que lui meme aura ce complexe a mon egard et que le jour ou je repartirai au pays, apres mon sejour, il me remettra son manuscrit pour me demander d’essayer de le faire publier dans ma maison d’edition francaise.
    Au fait, quel est le titre du dernier roman de Ben Jelloun ? PARTIR.
    Alors arretons avec ces discours hypocrites. La realite on la connait tous, car tous nous allons regulierement en Afrique. On sait tous que rien que ta chemise "Faconnable" ou "Ralph Lauren" te permet de t’atrapper n’importe quelle pimbeche.
    Alors soyons francs envers nous-memes et arretons de vouloir nous donner une image idyllique quand la realite est differente.

  96. Posté par Sami, le 24 avril 2006 à 18:43

    Bois, tu es parti sur un faux chemin. Fatou a quitté Présence, bon, et alors, elle a aussi quitté Anne Carrière où elle eu un succès phénoménal. Tu sais, les succès, en changeant les éditeurs, on ne peut partir sur l’idée de les avoir, ils font partie des mystères du domaine. Moi je quitte une collection de Gallimard pour une maison du groupe gallimard, cela ne me garantirait pas des ventes supérieures à celles que j’ai maintenant. Talent et succès. Boris, la plupart des auteurs que tu cites ici, tous d’ailleurs, n’atteignent pas à l’orteil de Faulkner ni au cheveu de Joyce, ni au doigt de Borges, mais ces auteurs-là n’ont jamais été des succès, mais des repères dans l’histoire mondiale de la littérature. Cela ne signifie pas que talent et succès sont incompatibles, puisque Marquez, Vargas LLosa, Gunter Grass, Philipp Roth, Kundera, là je cite les très très très grands, font partie des plus énormes et constants succès, des ventes phénonémales dans le monde. Boris, j’ai bien souligné que tu as raison sur un point : un certain réalisme conduit nombre d’entre nous à publier à Paris, c’est mon cas, ou à vouloir le faire, c’est ton cas.

  97. Posté par Sami, le 24 avril 2006 à 18:45

    (suite) Mais ce que je disais aussi, c’est que ce n’est pas une situation qui nous rejouit, c’est un constat de dépendance culturelle qui explique que même ceux que nous considérons comme les plus grands d’entre nous ne sont en France que tout au plus un produit, parfois passager. Ils n’entrent jamais dans la véritable histoire littéraire de France. A-t-on au moins le droit de trouver déprimant ce constat ? Senghor l’académicien est mort anonyme, personne pour accompagner sa dépouille. Un académicien français aurait eu des égards. Eric Orsena s’est plaint de cette indifférence, mais Senghor n’est pas Paul Eluard ni André Bréton. Ensuite, Boris, du réalisme qui me pousse à publier à Paris, devrais-je déduire que tout ce qui se fait sur place dans mon pays ou ailleurs n’a pas de valeur ? Ce serait, de ma part à moi, faire preuve d’une certaine méconnaissance des réalités littéraires, mes voyages ne m’auraient donc servi à rien. Ce que je sais, c’est que l’essentiel des littératures sont nationales, je veux entendre par là que, tout en étant nourris de tous les courants du monde, la grande majorité des écrivains n’ont d’existence que dans leur pays. Beaucoup d’écrivains américains n’existent que dans l’état où ils vivent, parfois dans leur quartier. Les littératures africaines n’échappent pas à cette réalité mondiale. Qu’on lise en moyenne moins dans les pays africains que dans les Amériques ou en Europe, eh ben, cela ne change pas les données : la plupart des auteurs n’ont d’existence que dans leur pays, comme 99% des auteurs francfrançais. Pauvre de nous pour qui nos propres pays ne comptent que pour du beurre. Et puis, Boris, sauf mauvaise foi, les gens qui envoient leurs femmes accoucher en Europe ou en Amérique, est-ce un phénomène si important sur le continent africain ? J’ai presque envie de rire en te lisant, mais je ne peux rire puisqu’il y a une tragédie dans tes mots, elle est aggravée par le fait que tu dis de façon assurée des choses que tu ne connais pas forcément. Parlant de talent et de succès, ici, en France, je ne vois aucun auteur africain aussi respecté, vénéré, comme Marie N’Diaye ou Pascal Quignard, mais ce sont des auteurs qui n’ont pas de succès populaires. Et si toi tu te sentirais supérieur aux auteurs publiant en Afrique parce que tu aurais publié en Occident, alors, c’est ton droit et tu n’es pas le seul à penser ainsi. Moi une telle idée ne germerait jamais dans ma tête.

  98. Posté par Sami, le 24 avril 2006 à 19:14

    Quand je me dis que sur ce même blog on a insulté Calixthe Beyala, traitée d’aliénée, de laide, de tout ! Eh ben, si le succès populaire et les prix sont la marque du grand écrivain ou si c’est la raison pour laquelle on écrit, puisque tu demandes, Boris, lequel du grand prix littéraire d’Afrique et du Prix des cinq continents, les africains convoitent le plus, Beyala est le seul auteur afrofrancophone a avoir été installée pendant des années sur la scène littéraire parisienne et entre autres prix, elle a eu le prix de l’académie qui est l’un des prix les plus convoités par les francofrançais, la seule africaine à l’avoir eu à ce jour. Je vais te poser une question, Boris : Si Alain n’avait pas eu des prix pour Verre cassé, s’il n’avait pas eu un moment de médiatisation, n’aurait-il donc jamais compté à tes yeux comme écrivain ? Parce que j’ai l’impression que de tout l’objet littéraire, ce qui t’attire réellement ce sont les lumières. Et si Alain était resté poète, rien n’aurait exclu qu’il devienne un grand poète et ait une aura que n’ont pas les romanciers. Sais-tu qu’en France, depuis des années, le seul auteur nobélisable, qu’on cite et recite, c’est le poète Yves Bonnefoy ? Une autre question : tu n’as pas encore publié en Occident, cela ne saurait tarder, mais tu vis dans le plus puissant pays du monde, est-ce que déjà tu te sens supérieurs à toutes les personnes qui vivent en Afrique ? Puisque quand tu rentres, sûr que certains te demandent de les aider à quitter le Congo, non ? Tu n’es pas cynique, Boris, ce n’est pas du cynisme. Ou c’est de la provoc ou c’est plus grave que certains n’ont pu le penser. A moins que cela fasse partie de tes devoirs de président de fan club autoproclamé ?

  99. Posté par Boris, le 24 avril 2006 à 19:24

    Attention aussi a ce que tu dis Sami. Quand je parle des femmes qui vont accoucher en Europe ce n’est qu’un exemple, ca peut etre des gens qui y vont se faire soigner,y commandent leurs vetements,etc. Tu sais tres bien que chez l’africain francophone tout doit passer par Paris pour avoir de la valeur.Donc ne reduit pas cela a ce seul exemple.
    Oui, Diome a quitte Anne Carriere, pourquoi n’est-elle pas repartie chez P.A ou encore, puisqu’elle a gagne beaucoup de fric, decide de publier au Senegal ou a compte d’auteur ?
    Senghor n’est pas mort dans l’anonymat selon moi, sauf pour ceux qui s’attendaient a ce que la France lui rende plus d’honneur qu’il ne le meritait selon eux. Senghor a ete pleure dans toute l’Afrique.Et ca suffit a mes yeux.
    Pour moi Marie Ndiaye n’a d’africain que son nom, alors je ne la classe et ne la classerai jamais parmi les ecrivains africains.
    On a ce complexe-la qui est en nous Sami, avouons-le. Si toi tu ne te sentirais pas superieur a un auteur qui publie en Afrique, tant mieux, mais sache que la-bas chez toi et chez moi, quand une entreprise recrute. A un etudiant sorti de l’universite de Lome on lui fera passer un test, mais a celui qui a etudie a la Sorbonne on lui donnera le boulot les yeux fermes.
    Si vous faites le choix de fermer les yeux devant ces realites criardes,c’est votre choix,pendant ce temps le monde avance et nous on continue nos lamentations.
    Je te reponds pour la suite...

  100. Posté par Sami, le 24 avril 2006 à 19:33

    Ah, Boris, je citais Marie N’Diaye parmi les auteurs français, elle n’est pas un auteur africain, je te prends l’exemple des auteurs connus et reconnus pendant au moins vingt ans, comme c’est son cas, puisqu’elle a fait son entrée sur la scène depuis le lycée et depuis plus de vingt ans la sortie de chacun de ses livres (roman, nouvelles, pièces de théâtre) est un phénomène. Mais elle n’est pas ce qu’on appelle un succès populaire. Ah, pour toi Senghor pleuré par l’Afrique cela suffit ! Tu vois que ça compte quand même, les larmes des africains pour leur grammairien. Les larmes parisiennes n’ont pas d’importance puisque cet homme est notre symbole, aimé ou haï, à nous. Là, nous sommes parfaitement sur la même longueur d’ondes.

  101. Posté par Zik, le 24 avril 2006 à 19:42

    Boris,

    Juste une petite bemole pour preciser que s’il est vrai que la France a ete le passage oblige dans l’esprit de beaucoup d’Africains, aujourd’hui force est de contaster que la France a perdu beaucoup de ses lustres, chez les Africains. Sur une echelle arbitraire de 1 a 10, pour la generation de mon pere la France etait a 10. Pour moi et ceux de ma generation elle est au maximum a 5 (et je suis genereux). Ca n’empeche pas que les gens y aillent toujours a la recherche d’un mieux vivre, mieux etudier, mieux se soigner etc...Mais dans l’ensemble, le romantisme de la France-merveille a pris un sacre coup de pieds dans le derriere.

  102. Posté par Boris, le 24 avril 2006 à 19:52

    Sami,bien sur que quand tout sera dit et fait, quand Beyala(que moi meme j’ai traite de tous les noms) aura fini sa carriere, elle sera consideree comme l’une des plus grandes plumes d’Afrique. Et dit toi qu’il n’y a que les grands qui suscitent autant de debat. Je fais en ce moment un travail sur les noirs americains, tu n’imagineras jamais l’opinion qu’avaient les noirs d’Ali par exemple. Il etait autant deteste qu’adule.
    Tu me demandes si Alain, n’avait pas eu les prix pour verre casse est ce qu’il aurait compte a mes yeux comme ecrivain ?
    Moi je te redemande si Alain n’avait pas eu ses prix et le succes mediatique, nous fatiguerions-nous a venir sur son blog ? combien de blogs d’ecrivains existent mais qui meurt de faim et de soif(comme tu le dis toi meme ?)
    Pour te repondre, sans les prix de verre casse et la mediatisation Alain aurait ete un ecrivain banal pour moi.
    Un exemple simple, va au Congo et demande a l’homme de la rue combien connaissent Biyaoula et combien connaissent Dongala ?
    Sami le but secret d’un ecrivain c’est justement les Lumieres. Qui n’aimerait pas etre un Dan Brown ou un Houellebecq ou encore un Gaston Kelman ? Et par lumiere, je ne parle pas que de prix.
    Oui Alain aurait pu rester poete et serait entrain de s’affoler dans sa chambre tout seul avec ses poemes,il aurait pu devenir le meilleur poete qu’il veut etre, mais helas il n’allait cotoyer qu’un public d’inities.
    Mais bon, Sami arretons parce que tu vois exactement ce que je veux dire. Dieu fasse seulement qu’on ait un jour cette discussion de vive voix.
    Avoue que ca sonne bien "president auto-proclame" ? et je revendique mon fauteuil.
    Zik, je suis d’accord avec toi et c’est exactement ce que je veux que ces chers ecrivains avouent.
    Ils trompent le peuple.SAMI,vous nous trompez.

  103. Posté par Boris, le 24 avril 2006 à 20:01

    Et puis Zik, c’est vrai que la France n’est plus percue de la meme facon par les nouvelles generations, mais est-ce au profit d’un certain africanisme ou plutot pour embrasser de nouveaux modeles neo-coloniaux ? On abandonne la France pour les USA,la chine et autres.
    Et a mon sens c’est la meme chose.
    Sami, ton Bonnefoy,totalement inconnu au bataillon car pour moi les seuls poetes francais que j’ai connu sont morts il y a des siecles.Et ils s’appelaient Baudelaire,Lamartine,Hugo.
    Apres eux la poesie est morte.

  104. Posté par D.O.W., le 24 avril 2006 à 20:46

    "Je n’ai pas fini, DOW je reviens pour toi...". Quand j’ai lu ça mon cher Boris, j’ai craint un instant pour ma gueule (rires). Plus sérieusement, quand je t’ai lu, j’ai beaucoup ri, mais, comment dire, c’était un rire comme mêlé de larmes et de profonde tristesse. Parce que tu fais des constats qui sont malheureusement avérés. Cela n’est pas dérangeant. Ce qui chagrine profondément, c’est que tu sembles t’en accomoder, genre "c’est comme ça, contentons-en nous". Et puis, je te concède tout ce que tu veux, mais sur une chose, je ne te suivrai jamais : je te disais dans un post, il n’y a pas longtemps, que je préférais l’équipe de foot de France des années 82-84, à celle championne du monde. Parce que vois-tu Boris, je suis un esthète, c’est plus fort que moi. Je suis un romantique. Les trophées, les succès, les applaudissements, les best-sellers, je m’assoie dessus. Jamais tu n’arriveras à me faire dire que le talent on s’en tape, et qu’il s’agit d’avoir du succès et de beaucoup vendre, jamais !! Je garde toujours chaud dans mon coeur, le souvenir des talents que l’on a oubliés. Quand plus personne ne se souviendra de Ouologuem, il sera en bonne place dans mon panthéon personnel. Je le crie haut et fort, mon cher Boris : je placerai toujours le talent au-dessus de tout !! Je me moque des succès de librairie, je leur marcherais dessus pour attraper un talent, et je donnerai toujours la priorité au talent caché auquel personne ne fait attention. Ce qui ne veut pas dire que les best-sellers sont tous dénués de talent. Mais je refuse de ne pas voir ce qui brille parce que trop d’objets plus ou moins ternes le cachent.

    Enfin, juste un dernier mot : si tu écris : "le jour ou moi je publie par exemple mon premier livre en Occident, forcemment que je me sentirai superieur a celui qui publie en Afrique(meme s’il a plus de talent que moi)", c’est bien que toi aussi tu sépares succès médiatique et littéraire. Dire qu’il a plus de talent que toi, c’est dire que tu reconnais sa supériorité sur le plan littéraire. Anyway, tu peux me dire Boris qu’on ne mange pas le talent, et que ça ne compte pas. Tu ne serais d’ailleurs pas le seul à le penser. Mais le talent existe bel et bien. Il est observable, identifiable. On ne peut le nier. Après, effectivement, chacun lui donne la place qu’il veut.

  105. Posté par D.O.W., le 24 avril 2006 à 20:50

    "Qui n’aimerait pas etre un Dan Brown ou un Houellebecq ou encore un Gaston Kelman", MOI !!, pouah ! trois fois pouah !! Même si on me met sur la table leur cachet !!! ;-) Et libre à chacun de me croire ou non (rires)

  106. Posté par Sami, le 24 avril 2006 à 21:28

    Là tu te trompes. Avant le blog, j’échangeais avec Alain plus que je n’écris sur le blog, et nos échanges portaient justement sur la littérature, le talent et le succès, Alain étant de ceux qui, logique, ne pensent pas que talent et succès soient forcément liés ni que succès signifie forcément grande littérature, de ceux qui, comme Edwige H l’a écrit une fois, savent que les lumières peuvent s’éteindre brutalement pour certains, qu’elles ne s’allumeront jamais pour d’autres, que d’autres y naîtront pour y demeurer, que rien n’est jamais gagné même quand on est sous les lumières. Je le lisais et discutais de ses livres comme il le faisait des miens, crayon à la main et remarque même au sujet d’une virgule. Je ne le découvre pas avec Verre cassé. Lui et moi sommes des lecteurs exigeants et avons pas mal de références littéraires en commun. Son blog je l’aurais fréquenté dans tous les cas, comme je fréquente celui de Kangni. Les auteurs mille fois plus connus qu’Alain ont leurs pages persos, Houellebecq par exemple, cela ne m’intéresse pas, tu vois ce que je veux dire ? Beaucoup d’écrivains français mille fois plus connus depuis des décennies qu’Alain ont des blogs, je sais que ça existe, je n’y suis jamais allé. Et crois-moi que si Alain publiait un livre qui ait mille fois plus de succès que Verre cassé mais à mon goût moins abouti je le lui dirai, parce que, contrairement à ce que tu penses, lui, beaucoup d’écrivains, s’ils souhaitent le succès, tu as raison, souhaitent encore plus qu’on les reconnaisse comme des écrivains, qu’on salue leur talent. Et contrairement à ce que tu penses, Alain n’a pas vendu des centaines de milliers, il ne fait pas partie de ces auteurs à grand succès comme Fatou, Gavalda, Houellebecq, les grands Marquez, Kundera, les très populaires D’Ormesson. Ce qu’il a surtout gagné et qui le rend fier, c’est la reconnaissance, la reconnaissance par le milieu de la qualité de son livre. Je ne suis pas sûr qu’il ait les mêmes valeurs forcément que toi. Parce que toi, tu es entré sur ce blog en les affichant : tel a eu le goncourt, donc c’est un grand écrivain, tel publie un roman par an pourquoi les africains n’en sont pas capables ? C’est honorable, ces critères, sauf que les vrais passionnés de littérature, écrivains et lecteurs, écrivains-lecteurs, savent partout et toujours mépriser des succès qui ne reposent pas sur du solide, sur du talent (malgré la subjectivité, il y a parfois des livres objectivement mauvais, des auteurs objectivement mauvais, qui font événement).

  107. Posté par Sami, le 24 avril 2006 à 21:28

    (suite) Quand je lis, ou Alain lit, Une trop bruyante solitude de Bohumil Hrabal, un livre qui fait partie de nos communes références, je ne sais si ce type a eu ou non du succès, je me sais en revanche devant un livre comme j’aurais bien voulu les écrire. Je pense que si le succès devient la seule motivation, et je sais que ce n’est pas du tout ta seule motivation en tant qu’écrivain, dans ce cas, sincèrement il vaut mieux ne pas écrire. Sony est à ce jour le plus important écrivain congolais, un des écrivains les plus importants tout court, pas grâce au succès qu’il n’a pas eu, ni des lumières braquées sur lui, mais grâce à une écriture détonante et déroutante, grâce à sa magie des mots pour dire la folie du monde. Cela constitue l’obsession des auteurs, ils sont plus jaloux des talents que des succès. Je ne suis pas en train de te dire qu’ils ne souhaitent pas le succès, non, mais que cela ne peut être la motivation première d’un écrivain ou de quelqu’un qui se croit tel. Une telle idée peut venir d’un faiseur, pas de celui qui croit à la nécessité d’écrire au point peut-être de crever dans la solitude.

  108. Posté par Minga, le 24 avril 2006 à 23:36

    "Et puis ne nous evertuons pas à séparer succès médiatique et succès littéraire" Voici ce que nous recommande notre ami Boris. C’est fou ce que ses messages provoquent le rire. Le mien fut carnavalesque en lisant ça, croyez-moi... Le succès, la gloire, les paillettes, la face émergée, les lumières (comme dit Sami), il n’y a donc que ça qui stimule notre Boris ? Tant mieux. Comme ça mon choix est vite fait !

    Ensuite, le débat sur le talent. Je suis comme DOW : j’aspire au Vrai, au Beau. Les contrefaçons, les colifichets même parées d’or je m’en passe ! Par exemple, je ne suis pas très portée sur les bijoux. Mais quitte à m’y mettre, je ne porterai pas du toc ! Tiens, ça me rappelle l’inoubliable nouvelle de Maupassant "La Parure". Bref, revenons au succès médiatique qui passe avant tout chez Boris et dont je me fous complètement !

    Ensuite, Boris demande si j’accepterais d’accoucher en Afrique. Drôle de question. De nombreux enfants naissent tous les jours là-bas et s’en portent bien, le mien ferait l’exception ? Vous me surprenez au jour le jour avec cet attachement pathologique aux apparences au qu’en-dira-t-on, aux biens matériels. Sans oublier la nationalité qui semble revêtir un intérêt vital à vos yeux ! Vous dites clairement regretter de ne pas être né Français, Américain ou Italien... Pauvre Afrique. Ben voyez-vous, je n’ai pas ces priorités-là. J’ai la chance d’être une femme qui plaît.

    Si obtenir une nationalité sésame-ouvre-toi avait été ma quête, il y a 5 ans que je serais mariée ; et peut-être même divorcée. Mais voyez-vous, ma nationalité gabonaise n’est pas une opprobre. Elle ne m’a jamais desservi depuis le temps que je vis en France. Si mes futurs enfants y naîtront, ce sera un pur hasard, et non un obscur calcul d’intérêts. Et ça les dispensera pas de la nationalité gabonaise et du Fang, ma langue maternelle. Et pourquoi pas de mon nom de famille ?

    Je termine avec votre allusion sur le succès médiatique de M. Mabanckou qui conditionnerait l’affluence ici : erreur ! La première fois que j’ai lu ce nom c’était sur l’écran de l’émission du 9 mars dernier sur France3. Puis, un soir, au hasard de mes recherches sur le net, je suis arrivée ici. Décidément, votre foi dans les paillettes vous obnubile... C’en est risible ! :))

  109. Posté par Minga, le 24 avril 2006 à 23:41

    DOW, après lecture du débat que tu m’as proposé, et du spectacle sur celui-ci, je me demande si Blaise n’est pas Boris...

  110. le 25 avril 2006 à 00:46

    Boris, la France est francophone mais la francophonie n’est pas française. C’est de Calixte Beyala... Et pour moi la Francophonie n’est pas une institution coloniale. J’étais au sommet de la Francophonie à Ouaga et au sommet France Afrique à Bamako, je peux te l’assurer, ces deux choses n’ont rien à voir. Boris, si la colonisation continue, c’est parce qu’il y a des gens comme toi qui l’acceptent, des gens qui, sous pretexte de réalisme acceptent la main mise de la France,des gens qui ne veulent pas lutter...Pour reprendre ton exemple sur les auteurs et Gallimard, je prends un autre exemple : si tu proposes à 100 auteurs français de " le cherche midi" ou de je ne sais quel autre petite maison d’édition le choix entre leur maison et Gallimard, c’est sûr, ils choisiront Gallimard. Ce n’est pas une question d’auteurs africains et la France... Boris, il y a des auteurs en Afrique qui écrivent, qui vendent et qui vivent bien sans passer par la France.Je connais un gars à Abidjan, isaie Biton Koulibaly. Une véritable star ce monsieur. En Cote d’Ivoire, il a peut être 2 ou 3 fois plus de lecteurs que Kourouma. Il a un veritable fan club, très actif , qui publie tous les mois un bulletin, qui organise tous les ans un concours de nouvelles à partir d’une nouvelle écrite par ce dernier... Bien sûr, pour toi, ce gars n’existe pas parce qu’il n’a pas publié en France et que tu ne le connais pas. La France donne une reconnaissance internationnale aux auteurs africains mais la France ne fait pas les auteurs africains. Boris, je crois que tu est un peu déconnecté. Fais un tour à la Filo ( foire internationale du livre de Ouaga), au Sila ( Salon inter du livre d’abidjan), au Salima ( salon du livre du Mali) ou à la Fildak ( c’est vrai que ça été un fiasco cette année mais ...) va voir les files pour les dédicaces, demandent aux organisateurs le nombre d’entrées, renseignent toi sur les chiffres d’affaires que font les maisons d’éditions à ces périodes, assiste aux débats avec les critiques littéraires et autres universitaires et vient me dire qu’il n’y a pas de littérature en Afrique...Minga, t’as raison...finalement, Blaise n’est pas si différent de Boris.
    Ps : la parure de Baudelaire ? J’ai a-do-ré
    Edwige H.

  111. Posté par Boris, le 25 avril 2006 à 02:09

    Mais bien sur que vous vous connaissiez tous Sami, c’est bien ce que tu dis toujours, mais je ne parle pas de vous les ecrivains. Mais bon... Minga, fais un peu attention quand tu dis des choses. Tu dis que c’est grace a une emision de tele que tu as decouvert Mabanckou. Tu ne penses pas que ca rejoint ce que je dis ? DOW t’inquiete je n’avais pas l’intention de t’agresser.Mais DOW l’equipe de France 82-84 n’etait pas une equipe de perdant a ce que je sache, ils ont aussi gagne la coupe d’Europe. La plus grande equipe du Bresil a ce que je sache demeurera aux yeux de certains celle de Pele. Mais bon, separer autant que vous voulez, soyez esthete et puriste, ce sont les gouts de chacun, la vie continue, l’avenir nous dira. N’oubliez pas qu’il y a des ecrivains qui ecrivent aussi sur ce blog,l’avenir nous dira, et beaucoup plus tot que vous ne le croyez,on est la, qui vivra verra. Et non mes amis, je ne suis pas Blaise et je ne serajamais Blaise comme lui ne sera jamais moi. Mais de grace laissez son prenom tranquille.

    Bien a vous

  112. Posté par Mayombe82, le 25 avril 2006 à 06:58

    Juste pour parler de foot, chers Boris et D.O.W. Mon équipe préférée ? C’est le Braaaaazil 1970, avec le Roi corrigeant, fessant avec ses frères l’Italie en finale du Mundial Mexicain. Mon footballeur préféré en activité ? Depuis 1994, c’est Ronaldo, même s’il a failli me rendre fou en quittant d’abord le Barça en 97, et pire, en rejoignant le Réal en 2002. C’est la vie ! La France ? Bien qu’y vivant, je n’en ai jamais été supporter. Autant je souhaite que la coupe reparte à Brasilia, autant je souhaite que les garçons de DOMENECH repartent dès le 1er tour : je danserai tout ce qu’il faut pour ça. Les gars, vous ne serez jamais d’accord, et c’est tant mieux comme ça. On ne va quand même pas prôner la pensée unique dans ce village, ou bien ? Il n’est qu’à voir comment nous nous écharpons au sujet des maisons d’éditions et de « l’aide » supposée ou réelle de la France à nos auteurs. Au passage, Minga, j’adore te lire. Je me marre à chaque fois. Sami, on s’est opposé sur l’affaire Ilan HALIMI, mais là force est de reconnaître que j’ai du mal à rebondir après tes démonstrations ! Je suis scié ! @+, M82

  113. Posté par SIMA EYI Hémery-Hervais, le 25 avril 2006 à 07:26

    Je découvre à l’instant ces propos de l’écrivain congolais Alain Mabanckou, aussi me suis-je empressé de dire un petit mot. Universitaire, je le suis. J’ai fait mes premières classes comme enseignant du supérieur dans une université nord américain où j’ai fait mon Ph.D en Littérature. Mon nom, SIMA EYI Hémery-Hervais. Je dirige depuis deux ans le Centre d’études en littérature gabonaise (Célig). Je voudrais révéler à Monsieur Alain Mabanckou sa méconnaissance de la littérature gabonaise et surtout son institutionnalisation. Je crois lire les propos d’un étudiant dont la curiosité peut excuser une telle facilité à l’affirmation. Je ne joue pas les revanchards, mais je suis surpris par les propos de l’auteur congolais. Comment peut-il dire des choses comme : "absence de littérature, quand il s’agit du Gabon et d’un manque de romanciers, s’agissant de la Republique Démocratique du Congo (RDC), quand on sait que le romancier, en tant qu’agent culturel, est un des maillons forts de la chaîne institutionnelle de la littérature. Par conséquent, s’il y a absence ou manque de romanciers, on n’est plus en présence d’une littérature totale. Au Gabon, nous sommes en marche vers la mise en place d’une chaîne littéraire qui doit intégrer tous les maillons ; et dans ce domaine, nous sommes les pionniers en Afrique. L’Udeg a déjà fait la démonstration que l’imagination créatrice gabonaise peut initier des choses salutaires. Nous sommes une eau douce et profonde comme notre littérature.
    Que l’écrivain Alain Mabanckou aille consulter les archives du Congo, son pays natal que je connais, il verra bien que ce sont les Gabonais qui ont dirigé les principales revues qui ont publié les premiers textes littéraires au Congo, pendant la colonisation. Je citerai, entre autres, Jean-Rémy Ayouné. Dans ces revues, il y a plus de textes de Gabonais que ceux des Congolais. Si le Gabon avait bénéficié de tous ces avantages matériels du temps colonial comme le Congo (imprimerie, revues etc.), il serait la locomotive en matière littéraire en Afrique subsaharienne. Représentez-vous que Louis Bigmann et son cousin Laurent-Cyr Antchouey ont créé, en 1920 à Dakar au Sénégal, l’un des premiers journaux d’Afrique noire : L’Écho gabonais. La littérature gabonaise qui approche le centenaire, compte à ce jour plus d’une cinquantaine d’auteurs. L’Université Laval au Canada a honoré des écrivains africains, un Gabonais, Tsira Ndong Ndoutoume, vient en deuxième position après Senghor. Ce dernier fut l’un des premiers à parler de la littérature gabonaise en 1963. Témoins : Tsira Ndong et Jean-Marc Ekoh. L’Abbé André Raponda-Walker a été Lauréat de l’académie française pour ses oeuvres. Pour celles et ceux qui s’intéressent à la littérature gabonaise, sachez qu’il y a du mouvement ; quelque chose de nouveau est en train de prendre forme dans ce beau pays qui est une poésie en soi.

    Cordialement.

  114. Posté par D.O.W., le 25 avril 2006 à 07:32

    Mayombe : tu es en forme le matin on dirait ? ;-) Ronaldo ? bon choix mon cher. Et ne me dis pas que tu aimes le Barça ? On serait alors totalement en phase. Je suis un grand fan ! Et depuis au moins 10 ans, c’est-à-dire bien avant que Ronaldinho n’y soit. Et pas supporter de la France pour un sou. (Plus depuis 84). En 1998, je me suis battu à chaque match avec des frères qui étaient pour le coq bleu.

    Minga : Oooh erreur ! Ne confonds pas trop souvent Boris et Blaise ! Contrairement à ce que dit Edwige, ces deux-là sont comme chien et chat (rires ; non je vous taquine les gars, le prenez pas mal). Et puis Boris a raison, ne parlons pas de Blaise dans son dos. Mais je n’ai rien dit ici sur lui, que je ne lui aie déjà dit auparavant.

    Edwige : "La France donne une reconnaissance internationnale aux auteurs africains mais la France ne fait pas les auteurs africains", c’est très bien dit ça. Et merci de nous donner souvent le point de vue de là-bas, et les infos que nous n’avons pas ici (et qui, quelquefois, sont encourageantes).

    Boris : Oui, France 84, championne d’Europe des nations. Oui, le Brésil de Pelé, Garrincha et Vava, une des meilleures équipes de tous les temps. Mais il y a simplement que, quelquefois, le talent a rendez-vous avec le triomphe ; quelquefois, la virtuosité rencontre la gloire ; quelquefois, le brio et le génie se marient avec le succès. Et c’est là des sortes de summum, même pour moi. Car j’ai peut-être dit les choses sans nuance tout à l’heure : je ne méprise pas le succès, je le méprise soit quand il n’enchâsse pas le talent, soit alors quand il fait de l’ombre au talent.

    Bien à tous les "villageois".

  115. Posté par Sami, le 25 avril 2006 à 14:18

    L’un des écrivains les plus encensés au monde, le très célèbre barcelonais Enrique Vila-Matas, traduit dans plus de onze langues, couvert prix, a écrit dans Autodafé : "Un écrivain doit nourrir les plus grandes ambitions et savoir que ce qui est important n’est pas la célébrité ou être écrivain mais écrire, se lier pour la vie à un maître noble mais implacable, un maître qui ne fait pas de concessions et qui mène les vrais écrivains vers le chemin de l’amertume".

  116. Posté par chantal, le 25 avril 2006 à 15:21

    en effet quelle étrange façon de vivre, contente de rencontrer un assidu de la rue Vanneau...

  117. Posté par D.O.W., le 25 avril 2006 à 16:59

    Ah mon pauvre Alain, qu’est-ce qu’on s’en prend à la place où tu es ! Chez Ludovic Obiang, il y avait incontestablement une envie d’objecter légitimement, de construire des contre-arguments ; puis il y avait aussi un certain brio. Ce qui me dérange chez notre Ph D, c’est qu’on sent, sous-jacent à tout cela, une réaction d’abord nationaliste. "Au Gabon, nous sommes en marche vers la mise en place d’une chaîne littéraire qui doit intégrer tous les maillons" ;... "dans ce domaine, nous sommes les pionniers en Afrique" ;... "Nous sommes une eau douce et profonde comme notre littérature", etc, etc. Le post fournit des informations très intéressantes, et vraiment enrichissantes. Mais quand on est président du Célig et qu’on ne cite que des auteurs d’il y a 40 ans, qu’on ne cite, pour le mettre en valeur, aucun auteur actuel, n’est-ce pas un signe parlant ? Moi je suis de ceux qui ne peuvent même pas douter qu’il existe une littérature gabonaise talentueuse et de qualité. Mais en revanche, on peut douter des capacités structurelles qui ont charge de la mettre en valeur.

    Sami : qu’est-ce qu’elle me plaît cette citation ! Pour sûr, ce barcelonais-là n’est pas n’importe qui ! ;-)

  118. Posté par Minga, le 25 avril 2006 à 18:10

    Bonjour à tous,

    Je vais répondre au cas par cas : d’abord à Edwige (priorité aux dames dans cet univers surpeuplé de virilités fébriles) (rires). Oui Edwige, je voulais juste repréciser un détail dans ton message. L’auteur de La Parure est bien Guy de Maupassant et non Baudelaire, sauf omission de ma part...

    Coucou à Mayombe qui dit aimer me lire. C’est sympa. Moi aussi j’aime (tous, vous) lire. :))

    Boris, je devrais faire attention à ce que je dis ? Ben, je crois que c’est valable pour tous. Je ne pense pas avoir outrepassé les limites de la bienséance, en plus. Non ? Sinon, je vous confirme que non, je ne suis pas venue ici alléchée par le succès médiatique de M. Mabanckou. D’autant plus que l’émission sur France3 ne retraçait pas la bio de l’auteur. Il était question de la Francophonie. Je ne me suis as ruée sur Google pour arriver sur ce blog. Mais je suis très contente d’être ici avec vous, fût-ce du virtuel. Et de découvrir cette facette de M. Mabanckou.

    Quant aux prix de M. Mabanckou, excusez-moi Boris, mais vous êtes à présent condamné à combler mes lacunes sur le sujet qui vous émoustille tant. Car j’avoue mon ignorance en la matière. Merci d’avance.

    DOW : je ne crois pas que M. Sima s’est contenté de citer des "momies". (rires) M. Bigmann (lui aussi enseignant à l’UOB) est bien contemporain, et encore d’attaque comme on dit. Et puis, M. L. Obiang avait déjà fourni quelques noms dans ses dernières interventions... Ce n’est peut-être pas encore suffisant pour ceux qui sont convaincus du désert culturel qu’est Bongoland ? :))

  119. le 25 avril 2006 à 18:57

    Ah minga, je me souviens pas avoir écrit Baudelaire mais puisque j’ai vu que c’est écrit, c’est que je l’ai écrit... Et puis je commence à me perdre...le joujou du pauvre, c’est de qui ? La parure, c’est dans petits poèmes en prose non ? je ne sais plus.ce sont tous des textes qu’on a étudié au passage en commentaire composé, au lycée... Edwige H.

  120. Posté par D.O.W., le 25 avril 2006 à 20:58

    Minga, je n’ai pas dit que les auteurs d’il y a 40 ans étaient tous morts ! (rires). Par auteurs actuels, je ne veux pas dire auteurs vivants, mais auteurs de la génération nouvelle. Si Louis Bigmann a crée des choses à Dakar en 1920, ce n’est pas vraiment ce qu’on peut appeler un auteur actuel.. ? Ou bien ? Et même...je suis en train de faire le calcul : es-tu sûre de parler du même Bigmann ? Non parce que s’il vivait en 1920, et qu’il était déjà en âge de faire des choses, il doit être centenaire au moins. Si avec ça, il est toujours d’attaque, je le salue très respectueusement. Enfin, en effet L.O. a fourni des noms actuels, mais disons que lui n’est pas président du Célig.

  121. Posté par Zik, le 25 avril 2006 à 22:39

    Louis Bigman était un parlementaire Gabonais qui a fait parti de la génération des indépendances. C’est de lui qu’on parle dans le texte plus haut. Ce Bigman est bel et bien mort. Celui dont Minga fait allusion est son fils ou petit-fils du nom de Magloire Ambourhouet-Bigman. Il est Professeur à L’universite de Libreville et titulaire d’un Doctorat de L’université de Paris-XII en 1980 (*).

    (*) Source : Le site du ministere Gabonais de l’Enseignement Superieur (http://www.educasup.gouv.ga/)

  122. Posté par D.O.W., le 25 avril 2006 à 22:50

    Tout s’explique donc ;-)

  123. Posté par Minga, le 25 avril 2006 à 22:53

    Au temps pour moi DOW, non ce n’est pas le même Bigmann. :)) Sûrement un aïeul de celui dont je arlais... Sorry. Mais le problème n’est pas là. Président du Célig ne rime pas avec infaillibilité, voyons ! Et M. Sima ne m’a pas paru en avoir la prétention. Et si M. Obiang a cité quelques noms, c’est négligeable ?

    ON en exige davantage, d’autres preuves ? Et ne pas s’exécuter reviendrait à conforter le tribunal sur l’absence de littérature au Gabon ? Ben tu sais, à ce rythme ça va surplomber le neutre débat d’esprit que j’ai cru (naïvement ?) percevoir au début ; pour devenir un immense souk. Et Boris y pourvoira d’ailleurs... Boris, si vous me lisez ! (rires)

    Edwige, le joujou du pauvre est bien de Baudelaire... Et La Parure de Maupassant. On peut le retrouver dans le recueil intitulé Le Horla ou en individuel(accompagné de 2 ou 3 autres nouvelles du recueil) intitulé La Parure. Bien à toi !

  124. Posté par Minga, le 25 avril 2006 à 22:58

    Tous, vous avez du vous poser la même question : le silence de M. Mabanckou sur ce sujet... Pourtant, on l’aperçoit de temps en temps sur d’autres... Snifff

  125. Posté par D.O.W., le 25 avril 2006 à 23:10

    Minga, je crois qu’on s’est mal compris. Comment exprimer autrement ce que je disais tantôt... Les auteurs cités par L.O. me suffisent amplement, et de toutes façons, moi qui n’ai pas besoin de best-sellers pour dire qu’il existe une littérature dans un pays, je n’avais même pas besoin que l’on me cite des auteurs gabonais. Pourquoi un pays tout entier comme le Gabon n’aurait pas en son sein des auteurs brillants dans l’ombre ? Mais je disais seulement, non pas au sujet de la valeur de la littérature gabonaise, mais au sujet du post de ce matin, que j’avais l’impression qu’il était plus motivé par un sentiment nationaliste que par des préoccupations littéraires. Car si la préoccupation était seulement littéraire, la démarche serait de citer aussi (et peut-être surtout) des auteurs actuels. Mais peut-être aussi, que ce n’était plus la peine, puisque L.O. les avait déjà cités.. ? Ma yem ki. J’espère que j’ai été plus clair, mais je n’en suis pas sûr (rires).

  126. Posté par Minga, le 25 avril 2006 à 23:29

    Oui tu es clair DOW. Et tu parles bien Fang. :))

    Dis, c’est pas pour chicaner. Mais tu évoques du sentiment nationaliste dans les propos de M. Sima... Tu n’as pas eu la même impression, parfois en lisant certaines interventions ? Du genre : Ô rage ! Ô désespoir ! Peuh, voyez comme le Gabon n’a pas d’écrivains (re)connus ! Alors que chez moi/nous... (rires)

  127. Posté par A. Mabanckou, le 25 avril 2006 à 23:42

    Chere Minga,

    Rassure-toi, je trouve que le sujet est bien mene grace a vous tous. Je ne regrette qu’une chose : les freres du Congo-Kinshasa n’ont pas pour l’heure reagi - meme pas pour me taper dessus ! Tu te rends compte de l’injustice qu’il y a sur cette terre, hein ? (rires)

    A bientot

  128. le 26 avril 2006 à 00:57

    Ah oui Alain Mabanckou, je l’avais remarqué...C’est à se demander, avec toi, si" Les Congolais de l’autre rive seraient-ils, eux, plus musiciens de soukouss, ndombolo et rumba qu’écrivains ", et internautes...
    Ah non Minga, cette fois ci, je suis sûre de ne pas me tromper. La parure est un texte de boules de suif.
    Edwige H.

  129. Posté par Minga, le 26 avril 2006 à 03:22

    No soucy Edwige.

    Yippiiiii Alain est apparu ! Et dire que je l’imaginais "loin là-bas" faisant le dos rond face à cette pluie de... Non, rien ! :)) Et puis, je le soupçonnais bien que cet Alain Mabanckou est quand même un brin masochiste ! (rires) Qu’il ne craint pas de recevoir les coups perdus, lui.

    Moi j’ai failli en encaisser ici dans la foulée. Parce que quand notre tendre ami Boris sort de sa réserve, il ne distingue plus une tête - pourtant en général sympa - de bonne femme, de celle - habituellement - à claques des hommes. Hi hi hi

  130. Posté par D.O.W., le 26 avril 2006 à 11:57

    Certainement, Minga, que le nationalisme n’est pas que d’un côté (rires). Et ne demande pas à notre hôte de répondre à tout ici. Par Jupiter, il y passerait toutes ses journées...et toutes ses nuits ! ;-)

  131. Posté par Ludovic Obiang, le 26 avril 2006 à 13:06

    Chers tous,
    Heureux de revenir à vous. Le mail de Sima tombe à point pour me sortir des aléas du quotidien et me rappeler que j’ai un devoir « d’intellectuel » à remplir.

    Au-delà du travers nationaliste - c’est le hic chez beaucoup de Gabonais - il faut en reconnaître la portée et souligner combien il est complémentaire de mes premières livraisons.

    Ce que Sima confirme c’est que - n’en déplaise à D.O.W.- un auteur de la trempe de Alain Mabanckou ne peut pas prendre son blog pour un défouloir ou un bêtisier ouvert à tous les délires, à toutes les écarts de langage et de comportement. Il devrait toujours s’étalonner à son propre mérite d’écrivain et s’imposer de la qualité chaque fois qu’il s’exprime. En l’occurrence, il a manqué de tact, d’humilité et fait preuve d’une relative méconnaissance. Il doit le reconnaître.

    Ce qui m’amène au second mérite de l’intervention de Sima. Elle confirme ma position selon laquelle des questions de l’ordre de la valeur littéraire ne peuvent être abordées selon un seul point de vue. J’ai fait la proposition de l’histoire littéraire, lui a apporté la contribution de l’institution littéraire. Son centre de recherche est un des organes les plus dynamiques d’une institution en pleine ébullition. Avec ce centre, il a cité l’UDEG (Union des Ecrivains Gabonais) et aussi le tout nouveau département des Littératures africaines avec une filière Littérature gabonaise (pour confirmer les propos de Sami à propos de la littérature togolaise et vous annoncer que nous sommes bien décider à ne plus attendre le satisfecit de nos « amis » mundele pour vivre et travailler).

    Mais ce qui me semble l’apport décisif de Sima c’est son hypothèse relative à la dette de la littérature congolaise vis-à-vis du Gabon.

    Il postule que la fameuse littéraire congolaise qui se targue d’être une des plus performantes et de plus riches en fait de « grands écrivains », le doit d’abord à un effort d’institutionnalisation consenti pendant la période coloniale, effort auquel ont contribué de façon majeure nombre de figures gabonaises. Louis Bigman, entre autres, qui - chère Minga - est bien l’aïeul de Ambourhouet Bigman, enseignant à l’UOB. L’histoire coloniale nous apprend, en effet, que pour engraisser Brazzaville la belle, capitale de l’AEF,le Gabon a payé de sa contribution financière, minière, forestière, humaine, culturelle, etc., saignée plurielle qui pourrait expliquer le fameux retard constaté par les « sapeurs » congolais. En ce sens, Sima prépare un article important qui s’attellera à rétablir certaines vérités. L’article s’intitulera : Les racines gabonaises de la littérature congolaise.
    Je vous signale enfin que les travaux de Sima m’ont beaucoup servi pour la rédaction de mon article « Un passé en devenir » que je suis prêt à mettre à la disposition de chacun d’entre vous .
    A bientôt. Ludovic

  132. Posté par Ludovic Obiang, le 26 avril 2006 à 13:11

    A D.O.W.

    La question de la légèreté d’Alain continue de me tarabuster.
    En effet, à sa place j’éprouverai beaucoup de peine à m’avancer sur des chemins semés d’œufs et d’embûches.

    En fait, je ne sais pas ce qu’en pense Sami, mais il en va de la littérature autrement qu’avec la majorité des autres savoirs. C’est en sera qu’elle ne sera jamais strictement science ; c’est à la fois sa grande force et son insigne faiblesse. Il ne viendrait jamais à l’esprit d’un profane en la matière de donner un avis « technique » sur une intervention chirurgicale par exemple, de donner des leçons sur le pilotage d’un avion ou sur la confection d’une recette gastronomique. Mais dès qu’il s’agit de littérature, tout le monde y va de son petit commentaire, de son avis plus ou moins éclairé, plus ou moins autorisé.

    C’est le fait il me semble de ce que la littérature est un acte langagier qui puise ses moyens aux mêmes sources que les actes langagiers les plus élémentaires. Tout le monde s’exprime, parle, écrit, raconte des histoires, selon une compétence de base, au prix d’un effort et d’un accompagnement minimums. Alors tout le monde se sent capable d’écrire un roman. De même, tout un chacun parce qu’il possède un peu d’esprit - « la chose du monde la mieux partagée - se sent capable d’émettre un avis impromptu sur la littérature.

    Certes, on peut l’admettre et même l’encourager chez des non-littéraires, mais d’un « grand écrivain », « professeur (de surcroît) de littérature francophone » et critique littéraire à ses moments perdus, cela me semble un grand signe de légèreté. J’y reviendrai, encore et encore. Ludovic

  133. Posté par Ludovic Obiang, le 26 avril 2006 à 13:18

    Cher Boris,

    Je ne sais pas si tu réalises tout le mal que tu fais à Alain en tombant ainsi le masque de la vénalité et de ce que tu appelles cynisme - en fait simple démagogie, carriérisme, larbinisme, etc..

    D’une part tu sembles lui faire dire qu’il n’aurait de la littérature qu’une vision intéressée, commerciale, de l’autre tu confirmes bien qu’il manques cruellement de compétences pour juger, autrement que par la gouaille, d’un sujet de littérature.

    A te lire - déchiffrer plutôt - on a le sentiment que la littérature n’est pour toi - et pour Alain - qu’un moyen d’affirmation de soi, d’élévation sociale et d’enrichissement matériel. C’est ce qui expliquerait sans doute qu’il ait écarté la poésie au « profit » du roman, plus vendable, plus médiatique.

    Ce qu’il rechercherait donc c’est le succès à tout prix, même s’il lui faut pour cela écarter ses véritables amours littéraires. Ce qui compte c’est de pouvoir susciter le scoop, la furia des journalistes et se frayer un chemin embaumé parmi la haie d’honneur des groupies, celles que tu appelles "pimbêches". Les paillettes, le strass, les flonflons, etc. En cela je trouve que vous êtes bien en conformité avec les courants de "sapeurs" congolais. Tout dans le paraître, rien dans le ventre. A vous lire je pense au roman de Biyaoula L’impasse, dont le héros est amené par la pression des siens (Boris, Alain et les autres) à rompre avec ses valeurs fondamentales et à opter pour une vision « normale », conventionnelle, conformiste de choses, c’est-à-dire porter des costards parisiens, se teindre et la peau et les cheveux, tomber les filles comme des mouches et animer la vie nocturne de l’underground afro-parisien.

    Quant à l’incompétence d’Alain, j’ai déjà insisté là dessus, mais je m’impose d’y revenir.

    S’il avait poussé plus avant ses recherches, sa culture, ses questionnements, en un mot, s’il était vraiment digne de l’enseignant et du critique qu’il prétend être (en plus de sa casquette de juriste - quel droit et quel diplôme ?), il aurait su que la notion de « grand écrivain » est une des plus relatives, des plus complexes et mêmes, des plus discriminatoires qui soient.

    Le succès populaire, les récompenses de prestige, les royalties sont des critères parmi tant d’autres, mais souvent les pus décriés par les écrivains eux-mêmes - ces hypocrites !

    Je connais pourtant nombre d’auteurs qui ont une vision plus haute de la littérature et de la grandeur en cette matière. Un des plus « grands écrivains » au monde et celui en tous les cas qui avait une des relations les plus intimes, presque physique avec la littérature, s’appelait Franz Kafka. C’était de son vivant un modeste employé de bureau, poitrinaire et complexé vis-à-vis des femmes, vivant sous l’ombre tyrannique de son père.

    Presque inconnu de son vivant, on s’arrache aujourd’hui le moindre graffiti qu’il a tracé sur une boîte d’allumettes.

    La plupart de ses « grands » textes sont en miettes, inachevés, ou on été réduits en cendre par lui même.

    Pourtant, c’est le même qui disait : « Ecrire est pour moi ce qu’il y a de plus nécessaire et de plus important ».

    Cher Boris transmets à Alain mes salutations derrière son silence de carpe et rappelle-lui que les plus « grands » écrivains ne sont pas les plus connus, que beaucoup de « grands » écrivains meurent sans avoir connus la faveur d’une interview sur Apostrophes, au Magazine littéraire ou à Lire, mais ils ont la satisfaction d’avoir peut être achevé « un monument plus durable que l’airain ».

    Alain, apprends-le mon frère, il n’y a pas de grands écrivains, nous sommes tous de pauvres mortels, mais de grandes écritures, de grandes pensées, en un mot, de grands textes !

    A bientôt. Ludovic

  134. Posté par D.O.W., le 26 avril 2006 à 15:32

    Cette fois, ça confine un peu à l’acharnement quand même. D’abord, je dois commencer par dire que je ne défends ni Alain (que je ne connais pas, et à qui j’ai tout au plus serré la main il y a quelques temps au salon du livre), ni personne d’autre. Moi, quand j’ai connu ce blog, ce qui m’a fait y rester, c’est qu’on y disait de temps en temps des choses intelligentes, enrichissantes. Je me suis dit : "voilà, c’est une des choses qui manquent le plus à l’Afrique actuelle : l’exercice de la réflexion, la réflexion collective, l’esprit critique". Et comme la particularité d’un blog c’est que chacun peut influencer le cours des choses, je m’étais promis - du point de vue d’un Africain ayant le souci de ce continent - de participer à ce blog, en essayant toujours - autant que ma petite personne le pourrait - de faire que l’on aille toujours plus loin dans la réflexion. Et le débat contradictoire est une des choses qui rendent plus fécond l’exercice de la réflexion. Je viens donc ici avec toujours deux choses en tête : 1) il peut y sortir des choses pour l’Afrique. Expatriés ou non, dans la diaspora ou ailleurs, nous sommes une de ces générations qui seront le fondement d’un ordre nouveau en Afrique, plus ou moins proche. 2) Il faut libérer les énergies intellectuelles, fuir l’enfermement, les restrictions qui ont cours dans nos pays ; faire place à l’audace en laissant s’exprimer chacun et le plus de points de vue pertinents possibles.

    Je n’appartiens donc ici à aucune chapelle. Mon seul souci dans ce cadre, c’est l’Afrique. Et je sais que quand une belle idée s’exprime ici, elle sert l’Afrique. Quand nous discutons un article d’Achille Mbembe, cela sert notre continent. Mais quand nous sombrons dans l’invective, l’Afrique n’y gagne rien, pire, elle y perd. Quand nous tombons dans la hargne, qui y trouve gain ? Je me le demande.

    Alain avait initié un débat. Ludovic Obiang lui a dit en quoi, ce faisant, il était blâmable. Et chacun de nous a signifié sa manière de voir. Et alors que nous avions convenu qu’il n’était peut-être pas utile de dire plus que ce qui était nécessaire au débat intellectuel et à l’échange d’arguments, on entend de nouveau parler de "bêtisier" et de "délires". Sami nous avait averti que dans le milieu littéraire Africain, on se connaissait. Il faut espérer que des comptes ne soient alors en train de se régler, peut-être, à notre insu. Autant le point de vue d’Alain sur la littérature gabonaise, et son ton clairement sarcastique, étaient légers et blâmables (du moins ont-ils eu le mérite de susciter le débat), autant on nous ramène maintenant vers des débats oiseux. On nous parle de sapeurs congolais (est-ce un argument ou un contre-argument ? et si c’est seulement de la raillerie, alors ne retombe-t-on pas plus bas que les griefs que l’on dressait soi-même ?). Le Congo, dans sa matière et son instituion littéraire, est redevable au Gabon, je ne le savais pas, et en effet, je suis reconnaissant à M. Sima de me l’avoir appris. Mais alors deux choses : d’une part, le Congo qui est ainsi redevable, devrait veiller à ne pas l’oublier, mais on ressort toujours ce genre d’épisode seulement pour le ressentiment. C’est néfaste ! Puis d’autre part, est-ce vraiment sérieux de prétendre que le retard du Gabon (s’il y a retard. Ce n’est pas moi qui le dis) serait dû à cela ?

    Enfin, j’ai déjà dit ce que j’en pensais, mais à propos de pouvoir émettre un avis sur la littérature, pourquoi dire : "Certes, on peut l’admettre et même l’encourager chez des non-littéraires", et refuser à l’écrivain lambda (qui n’est pas critique littéraire professionnel) de pouvoir faire état lui aussi de son sentiment ? S’il est vrai que le quidam ne donnera pas son avis sur la manière de piloter un avion, ce n’est point là une interdiction déontologique ou idéologique, c’est seulement la trace d’une incapacité. Dès lors que les gens se sentent en capacité, pourquoi devrions-nous leur intimer des interdits ? Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point, ni le nombre des anées, ni les façonnements académiques. Mon cher Ludovic Obiang, laissons chacun s’exprimer, mais alors ne nous gênons pas pour juger. Si vous jugez que "Alain est incompétent" et que vous démontrez en quoi, je n’aurais rien à vous reprocher. Si vous dites que je suis incompétent, dans vos arguments, je trouverais probablement de quoi m’améliorer. Mais si vous dites "Alain est nul parce qu’il est un sapeur congolais", à ce moment-là, reconnaissez que nous nous égarons dans des culs-de-sacs infertiles. Revenons aux choses utiles. A l’argument sévère ou impitoyable, mais à l’argument. Vous avez un talent que vous devriez utiliser à autre chose qu’à l’invective. Quand vous dites notamment : "il n’y a pas de grands écrivains, nous sommes tous de pauvres mortels, mais de grandes écritures, de grandes pensées, en un mot, de grands textes !", c’est exactement la ligne où je me situe. N’oublions pas souvent que vous (en tant qu’intellectuel), et nous (en tant que citoyens soucieux de notre continent), devrions peut-être songer à l’Afrique, et à elle seule, en venant ici. Elle n’a que trop besoin de nous pour que nous nous adonnions à autre chose.

  135. Posté par Sami, le 26 avril 2006 à 16:16

    Je n’aurai qu’une chose à dire : Ludo, tu fais une grave erreur en voulant confondre Boris avec Alain sur la façon de concevoir la littérature. Je suis d’accord avec toi que ce n’est pas réellement (je reformule à mon sens) reconnaître à Alain son mérite réel que de ne parler de lui qu’à travers le plus dérisoire, passage à la télé, c’est une véritable star, notre hôte est la star de ceci ou de cela. Il peut le déplorer, lui, mais devrait-il imposer à celles et ceux qui l’admirent une façon de l’exprimer ? Il est un homme public de par son activité. Les autres ont avec cette dimension de sa personne des réactions qui ne concernent qu’eux tant que cela ne l’empêche pas, lui, d’avoir la tête sur les épaules, de savoir, et de le poursuivre, ce qui lui semble essentiel. DOW, tu comprends maintenant pourquoi je redis, au point de paraître ennuyeux, que nous nous connaissons tous. Il se joue sur ce blog des choses hors-blog. Tu t’en aperçois et moi je m’en suis douté dès le début.

  136. Posté par Zik, le 26 avril 2006 à 17:49

    Sami,

    Je pense qu’avec finesse, vous venez de nous reveler un petit secret : il y aurait un peu de "poisson boit di l’eau et di l’eau boit poisson" (expression de quartier au Gabon), entre nos specialistes. Nous profanes, sommes peut etre en train d’assister a un lavage de linge sale. Dans ce cas, je m’installe aux premieres loges car je ne veux rien rater, avec un casque sur la tete tout de meme, sait-on jamais !

  137. Posté par Minga, le 26 avril 2006 à 18:00

    Bonjour les gars,

    Je souris, mais c’est pas drôle. Alors, c’est reparti pour un second round ? :)) Boris ne vas pas tarder à rappliquer lui aussi... En tout cas, le débat est houleux.

    Bien, je suis de l’avis de Ludo : les plus grands écrivains ne sont pas toujours les plus en vue. Aussi vrai que tout ce qui brille n’est pas de l’or. Combien de fois, la "liseuse" lambda que je suis a-t-elle terminé le livre d’un auteur maudit en se disant que ce dernier mérite d’être plus connu ! Et d’autres qui croulent sous des compliments sans vraiment en avoir l’étoffe. Je pense à la médiatisation surfaite de Christine Angot, Marie Ndiaye, Frédéric Beigbeder, Gatson Kelman etc. Il y a comme un côté obscur de la force... :))

    D’accord aussi avec Ludo sur l’assomption de ce que l’on est capable d’avancer. Blog, pages perso, journal intime, interview : la parole est comme l’eau, une fois versée, elle ne se peut plus reprendre. Boris nous le rappelle d’ailleurs : "Attention aussi a ce que tu dis Sami". "Minga, fais un peu attention quand tu dis des choses". J’ai rétorqué que tourner sa langue sept fois dans la bouche est l’affaire de tous ! Même d’un écrivain de la trempe d’Alain Mabanckou... Après, on assume ses actes ou pas, c’est à chacun de voir...

    Ensuite DOW et Sami suscitent ma curiosité. En effet, il y a comme un sérieux règlement de comptes dans l’air... Alors planquez-vous les gars. Si vous ne voulez pas recevoir des patates et tomates avariées sur la tronche. (rires) DOW le souligne bien : le ton sarcastique d’Alain et celui railleur de Ludo se tiennent. Le premier suppute la "Fainéantise des gabonais" et le second évalue les "sapeurs congolais".

    Oh, de grâce, ne me demandez pas qui a commencé. Ca ferait un peu cours de récré : "c’est pas moi maîtresse ! C’est lui qui m’a poussé ! Non, il ment. C’est lui qui a craché sur mon pied !" Et puis, je l’ai écrit plus haut : Alain et Ludo sont de grands garçons, ils n’ont pas besoin d’assistance pour se complimenter. (rires)

  138. Posté par Timba Bema, le 26 avril 2006 à 18:36

    CHERS AMIS PRIERE DE LAISSER AUX FUTURES GENERATIONS LE SOIN D’APPRECIER CE QUI POURRAIT ETRE LES CHEFS-DOEUVRES DE NOTRE EPOQUE.

    IL ME SEMBLE QUE CERTAINS OUBLIENT QUE LA LITTERATURE EST D’ABORD ET AVANT TOUT UN ART. TOUTE OUTILLEE QUELLE SOIT UNE SCIENCE DE L’ART NE PEUT PAS FIXER LE MYSTERE DE L’OEUVRE.

  139. Posté par Ludovic Obiang, le 26 avril 2006 à 19:05

    Cher D.O.W,
    Je l’ai dit quelque part, il m’importe peu de me faire des amis ou de me rallier des complicités, mais de susciter chaque fois que cela est possible des réactions conséquentes.

    Tu estimes qu’il peut y avoir de l’acharnement dans mes propos, c’est possible et c’est peut-être souhaité.

    Mais que gagnes-tu toi aussi à t’agacer et à t’emporter ? Il s’agit de la Palabre, mon frère, et dans ce cadre toutes les qualités morales sont autant d’armes qu’il faut savoir utiliser et sortir au moment opportun.

    Garde ton calme et, soucieux comme tu l’es de construction et de dialogue, recherche toujours le point de synergie.

    D’autant plus que tu te montres d’une patience angelique avec un Boris, qui aura dit dit toutes les gueuseries du monde sans susciter ton émoi.

    Commence d’abord à mon avis par bien me lire, et cela sans préjugés.
    Je ne reprendrai pas par le menu le cours de tes observations, mais j’insisterai sur certains raccourcis que tu prends et sur la façon que tu as de falsifier ma pensée.

    Une seule chose. Je n’ai jamais dit que "Alain Mabanckou est nul parce qu’il et un sapeur congolais". Ce sont tes propres propos, un amalgame hâtif.

    J’ai dit, et je le maintiens, que la même pensée qui anime une vision mercantile, intéressée, commerciale, médiatisée à l’outrance de la littérature, rejoint la tendance qui veut que au Congo, le paraître, le clinquant, la sape, passe toujours avant les valeurs.

    Ce n’est pas une hypothèse négligeable ou simplement rageuse. Mais une piste sérieuse d’explication des choses.

    Si pour Alain, le grand écrivain c’est l’écrivain à paillettes, c’est parce que pour lui, de par son substrat culturel, le grand homme en général se distinguera par ses paillettes, par sa médiatisation. C’est le syllogisme que je fais et c’est lui qui doit t’intéresser.

    Pr contre, je constate que le Gabonais et le Fang en particulier (cf. ton avis et celui de Minga, de Sima,e tc.)aura une tout autre conception de la littérature, qui correspond à une tout autre conception de la vie, de la nationalité, de la réussite - j’ai lu dans ce sens avec beaucoup d’émotion la répartie de Minga, une "femme", une grande "Dame" effectivement à mon sens.

    Pourquoi prendre un tel raprochement à la légère ou enprendre ombrage.

    Relis les invectives et vitupéraitons de Boris - qui ne ménage personne - et reconnais qu’il traduit un modèle de vie qui n’est pas le nôtre, mais qu’il clame pourtant comme le modèle par excellence.

    Je connais à Libreville, en effet des réseaux de passeurs Congolais en direction de l’Europe et de la France singulièrement.

    C’est une tragédie d’entendre ces frères n’avoir d’yeux que pour la France, pour la "civilisation" occidentale, pour les costards, les Weston, les banlieux parisiennes, etc.

    Il y en qui vont jusqu’à se marier avec des inconnues françaises pour obtenir des "papiers". Il y en a un qui pour sa première nuit à Munich, a dormi dans une cabine téléphonique et qui s’est fait rapatrié le lendemain. Il n’a qu’une idée actuellement, celle de repartir.

    ce n’est pas seulement des questions d’ordre économique, sociopolitique, amis c’est aussi d’ordre psycho-socaial, culturel, etc.

    Je refuse, même s’il faut pour cela m’attirer ton courroux, de taire cette conformité, cette homologie.

    Tu parles du destin de l’Afrique, mais il est là.

    Je le répète - et tous les empêcheurs d’aliéner en rond se répètent et agacent -, nous ne gagnons rien à des philosophies faciles, gouailleuses, qui nous montrent l’Occident comme l’unique port possible de notre accompllissement.

    Pour la liberté de s’exprimer et de doner son avis, je te demande simplement de me relire un peu mieux, avec ton sang froid retrouvé.

    Tu connais l’importance de la parole. Elle a d’autant plus de poids que celui qui la délivre est grand. Quand des millions de personnes vous lisent ou vous écoutent on ne peut plus se permettre d’être un intervenant lamda.

    C’est le prix du succès. Pour certains, il en est devenu un fardeau, un poids tel qu’il les a coulés.

    A bientôt.

    Ludovic

  140. Posté par Sami, le 26 avril 2006 à 19:27

    Et dire qu’Alain lui-même s’est moqué des sapeurs dans Bleu-blanc-rouge ! Ludo, allez, allez, n’exagère pas même dans tes hypothèses, puisque tu le sais, le grand Sony a vécu dans une telle simplicité, celui que les congolais pouvaient voir marcher en sandalettes, habillé pauvrement même. Et comme il est pour moi le plus grand écrivain, du moins l’auteur des plus grands textes, de la littérature congolaise, un des plus originaux de la littérature, je n’aurai pas besoin d’objections supplémentaires à ton hypothèse sape-paillette en littérature. Timba, tu as raison. Attraction du tout Paris de son époque, Eugène Sue se moquait du jeune Balzac en qui il ne voyait pas un avenir littéraire. Aujourd’hui, on ne connaît de Sue que tout au plus son nom. Un écrivain en revanche a fait école dans le monde entier : Balzac. Mais il y a des écrivains qui ont occupé de leur vivant la place qu’ils occupent aujourd’hui par leurs oeuvres. Victor Hugo, pour ne citer que celui-là. Aucune règle, tu as pleinement raison.

  141. Posté par D.O.W., le 26 avril 2006 à 20:09

    Minga, je crois que le mieux que j’ai à faire, c’est suivre ton conseil et me planquer quand se jouent des choses qui ne me concernent pas. Si j’ai éructé tant, c’est que je croyais que l’Afrique aussi se jouait ici, et là, ça me concernait. De même, et même si je ne pense pas vraiment avoir perdu mon sang froid, je vais suivre également le conseil de L.O. et essayer de rester calme et équanime. Tu as raison Minga, la "fainéantise des Gabonais" m’avait échappé, même si elle se termine d’un point d’interrogation sybillin. Et en effet, Minga, comme le dit L.O., par la constante pertinence de tes posts, par tes efforts d’objectivité permanents, tu es en effet ce qu’on appelle en certains endroits chez nous une grande Dame.

    Et que je termine donc, par quelques brèves réponses à L.O. Et d’abord je lui indique que je ne suis pas Gabonais. Mais je n’ai rien contre mes frères Gabonais auxquels je porte le même attachement, pas plus pas moins, qu’à tous les autres Africains ;-) Ensuite, il m’est reproché, combien injustement, d’avoir montré trop d’indulgence à l’égard de Boris. Que c’est inexact ! Il n’y aurait qu’à relire (entre autres) mes posts des 23 avril à 00h11 très exactement, et 24 avril à 09h27 (c’est juste là haut). L’attitude de Boris ici, m’a paru comme une de celles qui font le moins progresser le débat. De même, je lui ai signifié que son idée de l’importance du succès, était juste diamétralement opposée à mes conceptions (je l’ai illustré abondamment, et il n’y aurait qu’à relire les posts). Mais si l’attitude de Boris est regrettable, peut-on l’affecter à tous les Congolais ? Et peut-on estimer que ce sont tous les Gabonais qui voient les choses comme Minga ou comme L.O. ? On peut en douter. J’ai en effet sous-estimé la portée du propos de L.O. sur les comportements de sapeurs, mais il faudrait peut-être dire maintenant que ces comportements-là sont caractéristiques, non pas d’un pays (d’où ils sont effectivement originaires), mais (bien malheureusement !) de toute une frange de nos populations africaines, toutes nationalités confondues.

    Remettre les arguments en perspective, sortir de tout ce qui a tendance à restreindre le champ, voilà ma seule préoccupation.

  142. Posté par D.O.W., le 26 avril 2006 à 20:53

    J’ai dit que l’attitude de Boris m’apparaissait comme faisant le moins progresser le débat. Il faut peut-être que j’explique pourquoi, il pourrait croire que je lui en veux personnellement. C’est dans le sens où il empêchait systématiquement toute critique d’Alain, de ses propos, de ses points de vue. Voilà tout.

    Les gars, nous ne pouvons nous traiter ici en ennemis les uns des autres. Certains sont peut-être "scripturalement" devenus français, ou Américains, ou autre chose ; beaucoup ne sont plus que "diasporas". Mais que l’on ne s’y trompe pas : nous portons tous, comme une casserole accrochée à nos basques, le même destin ! Bon, c’est pas tout ça, mais Samuel Eto’o est en représentation ce soir. @+.

  143. Posté par Boris., le 26 avril 2006 à 21:11

    DOW, toi pas inquieter, moi pas fache avec toi,toi et moi freres, debattons seulement. Moi y en a pas chance de voir Eto’o comme toi ce soir. Mais toi dire a moi combien lui y en a marque de buts ? car moi y en a envie de voir lui et Henry en finale.
    Merci d’avance.
    Au fait toi y en a vu le gars qui venu donne a Henry le maillot du Barca hier pendant match. Tres marrant n’est ce pas ?

  144. Posté par Zik, le 26 avril 2006 à 21:23

    Voici une lecture documentée qui va peut être permettre de resituer le débat sur la teneur et l’histoire de la littérature produite par les Gabonais (es). Malheureusement, cette étude très détaillée n’est pas signée, mais elle provient du très officiel site de l’universite de Libreville. Il contient des arguments qui entrent dans la logique de ce qu’ont voulu exprimer tour à tour messieux Obiang et Sima.

    http://www.refer.ga/lit-afq/article...

  145. Posté par D.O.W., le 26 avril 2006 à 22:49

    Mon cher Boris, si toi pas fâché, alors tout va bien. Et sache que ton voeu est exaucé : on aura bien les deux grands hommes l’un contre l’autre en finale le 17 mai prochain (score : 0-0 ce soir). Et vois tu, hier je tenais absolument à regarder un théma d’arte sur sur la question de l’emploi et notamment la crise de 1929, si bien que je n’ai vu que les...25 dernières minutes d’Arsenal/Villareal (mais je crois avoir vu le moment le plus dramatique du match : le penalty raté). Du coup, c’est toi qui m’apprends que quelqu’un a donné à Henry le maillot du Barça. Comme quoi...

  146. Posté par Boris, le 26 avril 2006 à 23:01

    Merci DOW, moi y en a content pour Eto’o et Henry. mais toi y en a pense qui va gagner match dur comme ca. Moi y en pense que Barca va gagner match dur-la comme caillou.

  147. Posté par chantal, le 26 avril 2006 à 23:20

    Bonsoir,

    je salue ici le courage de Minga qui en effet a réussi a équilibrer les plateaux et rire malgré le double règlement de compte, sur le net et hors toile.

    N’étant pas africaine, je ne me serais
    pas permis de le faire.

    Je viens de trouver un auteur gabonais qui me rappelle sa verve et son humour décapant, il est gabonais et pourtant, je me suis abimé les yeux à relire les posts ici, pas de trace ni d’éloge ou critique cinglante sur le sieur Ferdinand Allogho-oké.

    Pourtant je vous jure sur la tête de ma digne mère que Biboubouah suivi de bourrasque sur Mitzic valent mieux que tous les discours sur la littérature.

    Il faudrait peut-être séparer recherche universitaire, analyse de philologues, billet d’humeur sur un blog... et plaisir de lire .

    Timba ,
    Je n’ai pas encore fini Cendrars ;)
    12 volumes chez Denoël vraiment tu as décidé de m’assasiner.
    J’espère qu’Octavio Paz est moins prolixe...

    Pour les saignantes le film dont j’ai parlé plus haut , je vous dirais prochainement où il sera programmé.

    Soirbon
    ch.

  148. Posté par Sami, le 27 avril 2006 à 00:15

    Merci Chantal pour cet auteur. Allons le découvrir et débattons sur du concret. Né vers 1953 à Bitam au Gabon, Ferdinand Allogho-oké est enseignant de formation, animateur, acteur et encadreur de différentes troupes de théâtre.
    Surtout connu pour ses pièces satiriques et comiques, il est aussi auteur de poésies, roman et nouvelles.

    Textes édités :

    L’adultère, théâtre, dans la première anthologie de la littérature gabonaise, IBN, Libreville, 1972.

    Le caca, long poème satirique publié dans Phréatique, miroir poétique, Arcam, Paris, 1980.

    Biboubouah, chroniques équatoriales, suivi de Bourrasque sur Mitzic, roman, L’Harmattan, collection "Encre noire", 1985.

    Vitriol Bantu, poésie, Editions Raponda-Walker, 2001

    La mésaventure de Nguéma, nouvelle, in "Je suis vraiment de bonne foi", éditions Ndzé, 2001.

    Autres écrits :

    La poésie s’écrit au pluriel, poèmes, 1974-1994.

    Le trésor des calebasses, roman, 1995

    La guérisseur Carimbaud, théâtre, 1995

    Tortuaire, mon bestiaire, contes, 1995

    Pleurons sans verser des larmes, poèmes, 1995

    La panthère inculpée, conte, premier prix du Concours littéraire BIGIC,

    Amie des Arts et lettres, 1995.

    Meurtre à Carpe Diem, 2e prix du Concours de nouvelles organisé dans le cadre de la lutte contre le sida au Gabon, 1996.

    La campagne électorale, théâtre, 1996

    Les mémoires d’un perroquet, roman
    Nouvelles et... consorts, nouvelles, 1997

  149. le 27 avril 2006 à 00:40

    Peut être que cela pourrait interesser queqlques villageois...Je viens de voir sur un site sénégalais rewmi.com, une vidéo sur Fatou Diome intitulé " la sénégalaise qui impressionne toute la france". Les commentaires ? Rien à envier à la réaction des villageois dans "l’affaire Kelman". Faites y un tour. Il y a par ailleurs une itw de Boris Diop qui dit avoir voulu porter plainte contre Stephen Smith..Faites y un tour

    Edwige H.

  150. Posté par Zik, le 27 avril 2006 à 03:10

    Edwige,

    La video est assez courte et ne permet pas d’avoir un bon contour du personnage. Mais les contributions des internautes laissent supposer que cet auteur est vue par un grand nombre de lecteurs dans le meme moule que Beyala-Kelman. Je ne puis donc me prononcer specifiquement sur cet auteur. Mais je dois avouer qu’a moyen terme, cette litterature de derision de l’Afrique finira par devenir bien monotone. Ces auteurs disent tous la meme chose, en un mot "j’aime la France et je voudrais my integrer aux conditions etablies par la societe dominante". C’est bien beau mais quelle est la longevite litteraire d’un tel courant ? Tres vite, les principaux clients (la petite bourgeoisie Francaise) aura fait le tour de la question et ne trouvera plus ce theme original. A qui ces auteurs, qui sont en train de se laisser cataloguer, iront vendre leurs insipides theories ? Avec le recul, on se rendra peut etre compte que tout ce tralala n’a ete qu’une vaste escroquerie mediatique.

  151. Posté par Minga, le 27 avril 2006 à 05:06

    Ludo, Dow vos compliments me touchent. Je tenais à vous le dire. Merci les z’amis. :))

    Et bien heureuse que les malentendus se régulent. Au moins le dialogue, la communication auront servi à quelque chose.

  152. Posté par Minga, le 27 avril 2006 à 05:21

    Ewige, je suis allée sur le site que tu as indiqué. Ouh là, pauvre Fatou Diome ! :)) Elle s’en rend lein la gueule. Mais bon, hormis la vulgarité de certaines réonses, il y a es validités... Sur le fait que Fatou Diome se fraie son chemin dans la jungle occidentale comme elle peut. C’est à dire comme la grande majorité des Africains : au prix de sacrifices inavouables.

    Un internaute écrivait : "tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute. F. Diome fait son beurre avec les Toubabs. Laissez-là profiter". Oui, le profit... Les mêmes réflexions m’effleurent quand je prends un écrivain africain en flagrant délit d’autodérision commerciale. Taper sur la Mère Afrique, balancer dans la cour ses vieux dessous usés/usagés, histoire de laver le linge sale en public... Besoin de reconnaissance en amusant la galerie ou lâcheté suprême ?

    Car rien de plus amusant pour un oeil extérieur que le spectacle d’un Caïn poignardant son frère Abel. Rien de plus distrayant sur la scène des épreuves d’athlétisme (Jeux olympiques de Sydney en 2000) que le duel - orchestré - entre deux championnes noires : Marie-José Pérec et Cathy Freman ! Mais hélas, le plaisir fut émoussé par la très sage décision de Pérec qui refusa de se donner en spectacle pour le seul plaisir de petits pachas racistes et sexistes !

    Plaisir qui est celui du public blanc our qui nous écrivains, (nos frères, soeurs, fils, filles, pères et mères) seraient prêts à vendre leur âme pour entrer au Panthéon des meilleures ventes ! A jeter toutes les perles de l’Afrique aux hyènes pour un bout de fauteuil sur un plateau de TV ! Honte à cette catégorie-là ! C’est de la même farine que Allah superstar, de l’Algérien Y.B. Un roman(?) sensé dénoncer l’extrémisme religieux du monde arabe. Soit. Ca fait toujours plaisir par ici, un(e) Musulman(e) qui fustige sa religion. Un(e) Africain(e) qui caricature les siens...

    Non, non, la critique n’indispose pas l’Africain plus qu’un autre. Non non, nous ne recherchons pas que des fleurs ! Peut-être juste des porte-paroles originaux, libres ! Qui sachent trouver leurs voies autrement qu’en quémandant des sourires sous cape. Parce qu’ils auront croqué leurs semblables sous les mêmes traits que ceux qui pondaient à la hâte des récits de voyage pour revenir, avec panache, alimenter les préjugés racistes chez eux en Occident.

  153. Posté par Timba Bema, le 27 avril 2006 à 08:43

    Edwidge ; ce que tu appeles le courant “j’aime la France et je voudrais m’y integrer aux conditions établies par la société dominante”est tout à fait légitime. Il me fait penser au mouvement des droits civiques des noirs américains et dans le fond ils disent à peu près la même chose : « Nous sommes français comme tous les autres et nous voudrions être considérés comme tels ».N’est ce pas leur droit en tant que citoyens français ?

  154. Posté par Timba Bema, le 27 avril 2006 à 09:06

    Alors Chantal je te dis bon voyage avec Cendrars. O.PAZ est aussi prolixe si on inclut dans sa bibliographie ses Essais. Mais, je suis certain que sa Poésie te consolera. Tiens par exemple ça :

    je vais au travers ton corps comme par le monde,

    ton ventre est une place ensoleillée,

    tes seins sont deux églises où l’on célèbre

    le sang et ses mystères parallèles,
    mes regards te couvrent comme du lierre,

    tu es une ville que la mer assiège,

    une muraille que la lumière divise
    en deux moitiés de couleur pêche,

    un lieu de sel, de roches et d’oiseaux
    sous la loi du midi ébahi,

    vêtue par la couleur de mes désirs
    comme ma pensée tu vas nue,

    je vais au travers tes yeux comme par l’eau,

    les tigres boivent le rêve de ces yeux,

    le colibri se brûle dans ces flammes,

    je vais au travers ton front comme par la lune,

    comme le nuage au travers ta pensée,

    je vais au travers ton ventre comme par tes rêves,

    Extrait Pierre de lune

    Salutations “trans-sibériennes”

  155. Posté par Timba Bema, le 27 avril 2006 à 09:09

    Correction : Extrait Pierre de soleil

  156. Posté par Sami, le 27 avril 2006 à 09:23

    Timba, on ne peut faire l’économie des essais de Paz. Lucide et profond, il a traité brillamment beaucoup de problèmes des sociétés dominées, la sienne mexicaine d’abord, dans Le labyrinthe de la solitude. Dans La flamme double, l’amour. Il est à lire dans la totalité

  157. Posté par Timba Bema, le 27 avril 2006 à 10:38

    SAMI ; c’est précisément ce que je voulais dire. Merci du coup de pouce.

  158. le 27 avril 2006 à 10:51

    A propos de Stephen Smith contre qui B.B. Diop aurait voulu porter plainte, je crois que son dernier livre (écrit avec Géraldine Faes) va encore beaucoup faire parler. Il s’intitule : "Noir et Français !". Tout un programme ! Les Américians diraient : "propaganda", moi je dis, avant même de l’avoir lu : éditorialement hypocrite, commercialement bien calculé. Et contrairement à ce que disait Zik, on n’en a pas fini : n’ayant jamais épuisé leur sujet (si mesquin pourtant), ces gens-là ont une telle propension à se renouveller !

  159. Posté par D.O.W., le 27 avril 2006 à 10:53

    On a bien compris que le message précédent n’était pas de Stephen Smith ;-) Il était de moi. So sorry

  160. Posté par Ludovic Obiang, le 27 avril 2006 à 17:09

    Bonjour Chantal,
    Tu n’as pas trop forcé sur tes yeux alors.

    Retourne sur mon post du 23 avril. Mais je te recommande aussi mon analyse du roman dans Voyage au bout du silence (Notre Librairie) et les nombreux articles que Sima lui a consacrés.

    Et puis ne vient pas encore simplifier les choses à propos de la lecture.

    Lire, c’est toujours lire d’un point de vue théorique, idéologique, selon un filtre culturel, etc.

    Il n’y a pas de lecture même la plus impressionniste qui ne soit conditionné par une formation théorique préalable.

    Qu’est-ce que vous êtes chatouilleux dès qu’il s’agit de science littéraire !

    De Ferdinand, je te recommande particulièremement Vitriol Bantu. Exceptionnel !

    Ludovic

    Ludovic

  161. Posté par Ludovic Obiang, le 27 avril 2006 à 17:16

    Salut Sami

    Désolé de venir encore déranger la belle harmonie.

    Je savais que tu avais fait des études de philosophie et de sociologie, mais je ne te savais pas toi aussi « juriste », au point de te constituer avocat... du diable...

    En effet,il n’y a pas besoin de creuser beaucoup ou d’être un Georges Ngal pour décrypter l’idée qu’Alain se fait du « grand écrivain » et de l’écriture.

    En attendant qu’il s’exprime de façon explicite sur la question, on peut lire son fameux post comme un miroir qui reflète ses présupposés théoriques, sinon idéologiques.

    Puisque tu m’obliges à faire ce travail d’analyse, je m’y attellerai, au grand dam de ceux qu’agacent mes prétentions lancinantes à la scientificité. Parcourons donc le texte :

    « SOS : pays africains cherchent désespérément des écrivains ». De quel côté de la barrière se tient notre ami ? Celui du « grand écrivain, évidemment, qui peut regarder avec une condescendance d’aigle ou d’épervier l’agitation survenue dans la « la basse-cour » gabonaise.

    « Qu’il est bien loin Laurent Owondo, premier romancier gabonais ». En quoi, par la parution ? Non, évidemment, puisque avant lui s’échelonne une litanie de textes. Alors, par le talent, c’est à dire la maison d’édition « Hatier », sous les hospices d’un certain « professeur » Jacques Chevrier... Professeur Emérite des Universités Françaises, Paris XII, Paris IV-Sorbonne, membre (très) influent de l’ADELF, Membre de maints conseils scientifiques et d’administration, etc.

    « Ludovic Obiang, auteur de nouvelles ( ?) semble (seulement) le plus sérieux espoir ». Puisque le brave Ludovic a part à quelques rassemblements de prestige, mais il lui manque encore les galons définitifs (un roman, un éditeur prestigieux, un grand prix ?).

    « Tandis que Justine Mintsa a créé une grande déception en régressant de la collection Continents noirs de Gallimard à L’Harmattan » ! Mon Dieu, pourquoi cette dégénérescence ? Serait-ce dire que la qualité d’une œuvre se juge de par la maison qui l’édite ? Pour Alain, cela ne fait aucun doute.

    Alors, dis-moi encore qu’Alain n’a pas une vision et pailletée et médiatique et snob de la littérature.

    Non, Sami, je crois qu’il importe de dire à Alain, règlement de comptes ou pas, jalousie ou pas, qu’il a débité des c... et qu’il doit avoir des c... pour le reconnaître.

    A bientôt

    P.S. : Je profite de l’occasion pour signaler la présence de la maison d’édition Ndzé où il arrive à Alain, Sami, Kangni et quelques autres de « régresser » quelquefois le temps d’une publication.

    Une espèce de Tiers monde de l’édition franco-africaine générée par un certain Michel Cadence, peut-être le vieux mundele à la retraite dont parlait Boris.... C’est en effet un vieux baroudeur à la mentalité retorse, mais il a l’avantage d’aimer vraiment les livres et les auteurs, et de se montrer scrupuleux dans leurs rétributions.

    Avec les moyens du bord, soit ses moyens personnels, il a réussi à monter une maison d’édition sérieuse qui fait la nique aux supers producteurs français.

    www.ndze.com

  162. Posté par Ludovic Obiang, le 27 avril 2006 à 17:26

    Salut D.O.W.
    Pour toi voici ma « Lettre à un jeune poète »
    Mon « Epître à Télémaque »

    « A quoi sert-il à un homme de gagner le monde s’il vient à perdre son âme ? »

    « Il n’y a pas de pire aveugle que celui qui ne veut pas voir »

    Deux exordes bibliques, solennelles pour réagir une dernière fois à ton post et te laisser comme un viatique, sur le chemin d’un accomplissement que j’entrevois méritoire.

    Ainsi, cet envoi constitue mon ultime contribution à notre forum, parce que je pense avoir dit tout ce que j’avais à dire, à moins que de nouvelles incartades ne me tirent de mon hibernation.

    Je te laisse donc à tes attentes et à tes convenances, en espérant que tu pourras les faire valoir suffisamment auprès des autres pour le partage pluriel et libre que tu souhaites. Chemin qu’il est en train de prendre, me semble-t-il.

    Pourtan, je préfère te dire que je n’y crois pas. Il en va de l’échange d’idées comme d’un vaste champ de guerre où la bagarre, le pouvoir, l’autorité sont les seules règles, quelles que soient les armes, et où les plus forts chercheront toujours à soumettre les plus faibles.

    Il n’y pas de pire aveugle »... Il te faut voir la guerre en jeu, guerre symbolique, guerre des mondes, guerres des opinions, etc. Ne la refuse pas et ne lui tourne pas le dos. D’autres préfèrent s’abriter sous les casques et d’autres veulent la laisser en héritage aux générations futures, tant il est plus rassurant de faire l’autruche, etc. Libre à eux, mais ils ne diront pas qu’ils n’ont pas été prévenus.

    Un autre avertissement, méfie-toi des écrivains, ce sont des jongleurs habiles, des manieurs de mots. Ils s’en servent comme des « armes miraculeuses » qu’ils choisissent avec soin, comme un peintre évalue les différentes couleurs de sa palette.

    Tu parlais d’acharnement et je t’ai répondu : « à escient, volontaire, délibéré ». J’ai choisi les mots, les ai soupesés, pesés, parce que je voulais créer cette impression d’insistance, d’acharnement, parce que l’acharnement est la marque de la passion et de l’insatisfaction positive.

    Diogène s’est promené toute sa vie dans les rues d’Athènes avec une lanterne, parce qu’il cherchait, disait-il, un homme.

    Jean le Baptiste refusait de connaître le luxe et le confort des palais parce qu’il attendait la venue du Fils de l’Homme.

    Caton l’Ancien commençait tous ses discours au Sénat par la formule : « Il faut détruire Carthage »

    Nkrumah est mort en répétant : L’Afrique doit s’unir » et Martin Luther King n’avait qu’une idée fixe : l’égalité totale entre les communautés raciales de l’Amérique.

    Et faut-il citer Bob Marley, le dernier des prophètes modernes : « Tant que l’apartheid et toute autre forme de discrimination ne seront pas éradiqués, il n’y aura pas de paix dans le monde. », etc.

    Il ne doit pas y avoir de répit pour la ruse, l’imposture, la corruption, l’injustice, etc. Tu penses que j’exagère. Libre à toi.

    D’autre part, tu me blâmes de m’être exprimé par des hyperboles telles que « bêtisier », « défouloir », « délire », « inepties », etc.

    Mais j’accepte que tu me prennes au mot, au-delà de l’emphase esthétique, pour parcourir avec toi le texte et en souligner les bêtises bien réelles :

    « Alain Mabanckou, romancier et poète » (?) Ca veut dire quoi encore aujourd’hui ? Faut-il prendre l’excuse du sens commun ? Il serait plus sage de parler d’auteur ou, à la limite, d’écrivain.

    « SOS : pays africain cherche désespérément écrivains ». Cf. mon dernier post à Sami. Belle preuve de condescendance.

    « Prétendue embellie » par rapport à quoi ou à qui ? Suffisance quand tu nous tiens.

    Fainéantise des Gabonais » ? Cliché. Tu remarqueras que je relève uniquement les attaques au Gabonais, laissant le soin aux Congolais de se défendre eux-mêmes. A moins que ces derniers n’aient choisi la voix de la sagesse, celle qui veut qu’on réponde aux im... par le silence (mais je vais encore me faire taper sur les doigts !)

    « Chez les Gabonais, au contraire, l’heure est à l’autosatisfaction même si je ne vois rien qui puisse me dire que le Gabon a enfin une littérature et quelques écrivains majeurs [...] Jean-René Ovono Mendame exulte et nous commet un article "romantique" intitulé en toute modestie [...] 

    Note la satire, la hauteur et la suffisance de sa majesté des... Mais, apparemment, il peut se le permettre...

    « Notre chroniqueur (vraisemblablement averti) campe sur ses positions comme un gréviste de la faim et nous dit en substance, mon Dieu, que la littérature doit servir la promotion du patrimoine culturel d’un pays - donc un peu comme au temps du communisme dur et sec 
    « Allons, allons, poussez mes bons amis de cours ? » Est-ce cela libre d’exprimer son opinion. Surtout que le ton reste modéré ;’il n’y a pas d’invective, d’insulte, de rage, etc. Juste un peu de gouaille et d’ironie.

    « Si je comprends bien, pour les Gabonais, d’abord on se fait étincelle, puis on se fait flamme ? A cette allure le Gabon va attendre des années-lumière pour atteindre l’embrasement littéraire. Qu’il est bien seul le grand Laurent Owondo, premier romancier gabonais !

    Plus fat je meurs ! Mais je me répète : premier en quoi ? Et l’a-t-il seulement lu ce « premier romancier gabonais » ?

    Cher DOW si ce ne sont pas là des bêtises ou du défoulement ! Si c’est là le forum continental que tu attends ! Si c’est là ces « nourritures terrestres « que tu espérais en t’invitant ici, si c’est là le sommet que tu attends d’une autorité intellectuelle et artistique ! Eh bien tu es servi - mais gare à l’indigestion !

    Au moins tu peux être certain d’une chose, ma voix discordante ne viendra plus déranger vos jolis chœurs, sauf par le biais de mes humbles canaux habituels.

    Bonne continuation et bonne chance.

    Ludovic

    P.S. : Minga vous me manquerez. Mais je vous laisse mes coordonnées : fepeli@yahoo.fr
    Je serai heureux et très honoré de renouer nos trop courts échanges de Lille.

  163. Posté par Sami, le 27 avril 2006 à 17:47

    Ludo, à aucun moment je n’ai remis en cause tes analyses du post initial d’Alain, moi aussi je l’ai lu et si je répète qu’après lecture j’avais su que tu interviendrais c’est parce que moi aussi je sais comprendre ce que texte veut dire. Te connaissant, j’aurais même eu la plus grande surprise de ma vie si tu n’avais pas manifesté ta colère au-delà de la pertinence de tes analyses. Je me serais dit : "Tiens, tiens, Ludovic Obiang a changé" ou "Ludo ne lit donc pas le blog d’Alain !" Dans mon dernier message qui te concernait, je te reprochais seulement ton hypothèse sape et consort en te donnant l’exemple du Congolais Sony le simple dans le vestimentaire. Tu sais, pour aimer les paillettes à la place de la densité, on n’a pas besoin de connaître l’idéologie congolaise de la sape. Le monde de la littérature est aussi un monde de spectacle et on ne peut nier l’attrait des paillettes ni faire croire qu’il ne fait pas des victimes. Nous "regressons" parfois, comme tu dis, malin, le temps d’une publication chez Ndzee. Non, c’est plutôt avec un énorme bonheur que nous contribuons à la vie de la maison d’édition d’un ami, ici Michel. Et sans exiger un rond, Ludo. Quand l’ami Kangni nous a sollicités pour ce recueil de nouvelles à la demande de Michel, le oui était sorti de lui-même de notre bouche.

  164. Posté par Sami, le 27 avril 2006 à 17:58

    Et puis Ludo, si tu as vu un choeur dans toutes ces interventions, comme tu le dis dans ton post à DOW, je dirais que tu es un peu de mauvaise foi ! Aucun de nous n’a à entrer dans la véhémence de vos tons qui se répondent. Au ton du post d’Alain, répond ton ton, moi j’ai trouvé cela normal, justifié. Mais les intervenants peuvent, eux, dire parfois les mêmes choses que vous, parfois en désaccord avec vous, mais avec des tons pas neutres forcément mais relativement plus mesurés. Donc choeur : la voix de Timba Bema, la voix d’Edwige H., la voix de Minga, la voix de Zik, la voix de Chantal, la voix de Boris, etc ! Choeur (ce qui, reconnais-le, est une insulte)... Nous ne sommes pas un fan club, mais des voix individuelles qui viennent se conjuguer ou se heurter sur un espace où les gens ne se rencontrent que par illusion.

  165. Posté par D.O.W., le 27 avril 2006 à 18:41

    Cher Ludovic (je crois que je peux me le permettre maintenant ;-) j’ai cru entrevoir des compliments. J’en suis flatté, et d’autant plus qu’ils viennent de vous. Je crois malheureusement être un poil trop vieux pour figurer un idéal Télémaque, mais comme il n’y a pas d’âge pour apprendre, j’apprends. Faut-il aussi préciser que je goûte à toutes les références dans le texte. Et pour le reste, j’ai renoncé momentanément aux longues envolées discursives, et je méditerai pendant un certain temps mes propres états d’âme. Mais bien évidemment, comment dire...je lis tout avec intérêt. Cet intérêt-là même, qui est le ferment de la curiosité intellectuelle, et partant, l’agent de tous les enrichissements cérébraux.

    Bien à vous.

  166. Posté par D.O.W., le 27 avril 2006 à 19:04

    Et assurément, le viatique me servira ! (rires)

  167. Posté par chantal, le 27 avril 2006 à 19:57

    Monsieur Ludovic Obiang,

    excusez-moi, je n’avais pas ma triple loupe pour décortiquer votre post du 23 et je m’en excuse bien bas.
    Je ne dirige aucun institut littéraire ni n’ai de formation de philologue, par contre vous avez raison nos lectures sont souvent le fruit de notre éducation, de notre pays d’origine et de nos envies personnelles.

    Je trouve un peu déplacé de votre part de mêler votre commentaire de fond certes très fondé, aux attaques personnelles sur le comportement privé d’Alain Mabanckou, (juste une mini suggestion) çà aussi c’est un peu réducteur :)

    N’étant qu’une pauvre humanoïde égarée dans le dédale du net et de la littérature, si DOW ne se voit pas dans le rôle de Télémaque et préfère aller méditer, moi je refuse de filer un mauvais coton de jour pour ensuite détricoter ma tapisserie la nuit...

    J’ai juste suivi une modeste formation en littératures Africaines de trois mois sous la houlette de Jean Pierre Jacquemain au rythme soutenu de trois livres par semaine, en plus de mes activités littéraires personnelles.

    Dans une bibliothèque qui possède l’ouvrage que je suis en train de lire et que j’ai cité, il y a peut-être votre Vi(tri)ol Bantou.

    Bien à vous
    Chantal

  168. Posté par Serigne, le 27 avril 2006 à 21:13

    bonjour à tous,
    je suis de passage après une longue absence due aux déplacements professionnels. Je suis content de retrouver Samy, mon ami virtuel ! Comment allez-vous, cher adversaire (coupe d’Afrique de foot, on en avait discuté ici même, vous vous en souvenez, j’espère).

    De mon Sénégal lointain, je découvre des polémiques outre-tombe qui font à la fois rire et pleurer. Littérature gabonaise ? Oui, j’ai découvert Jean Divassa par hasard, une sorte de Pagnol de la littérature africaine, je crois qu’il est gabonais, j’ai aimé sa manière de m’enfoncer dans la lumière des villages gabonais avec les rites et les croyances paysanes. Je suis choqué des mots que je lis ici, de Ludovic Obiang, assez virulent à mon goût, face à M. Mabanckou.

    M. Obiang, êtes-vous écrivain aussi ? Si oui, qu’avez-vous écrit ? Où publiez-vous ? J’aimerais vous lire.

    Boris, écrivez-vous aussi ?

    Edwidge, je vous ai aperçue au ccf Dakar, j’aime votre démarche.

  169. Posté par D.O.W., le 27 avril 2006 à 22:03

    Oh, méditer se révèle souvent salutaire, et du reste, ce n’est pas Ludovic Obiang qui a suscité mon élan de méditation ;-)

  170. Posté par Minga, le 27 avril 2006 à 22:20

    Dommage que Ludo s’en aille ! Sniff. Dommage aussi qu’Alain ne se soit pas exprimé - un tant soit peu - sur ce sujet. Au final, il me reste cette désagréable impression que notre capitaine a lancé ce débat comme on fabrique une barque, y embarque des gens ensuite les abandonne en pleine mer au beau milieu d’une tempête. Et tout ceci sans la moindre explication supplémentaire.

    En concluant son texte par : "Ayant dit cela, je sais que je ne vais pas me faire que des amis..." Il est clair qu’Alain savait très bien ce qu’il escomptait : la ruée des Gabonais (d’un Gabonais en particulier ?) sur le débat. Il savait pertinemment que le retour du bâton allait être rude. On peut avancer, sans se tromper, que le "coup" était prémédité, calculé. Et Ludo a mordu à l’hameçon... Même si c’est lui qui doit, à ce jour, souffrir bien de suspicions...

    Oui Ludo a marché. Ce que souligne d’ailleurs Sami : "du post initial d’Alain, moi aussi je l’ai lu et si je répète qu’après lecture j’avais su que tu interviendrais c’est parce que moi aussi je sais comprendre ce que texte veut dire. Te connaissant, j’aurais même eu la plus grande surprise de ma vie si tu n’avais pas manifesté ta colère au-delà de la pertinence de tes analyses."

    Ce que je tenais à dire sincèrement à la suite de tout ceci c’est le regret de ne pas avoir lu Alain sur un sujet explosif qu’il a quand même consciencieusement fignolé puis choisi de mettre sur SON blog. Alors pourquoi ce silence doctoral, cher Alain ? Le silence coupable ou méprisant du coquin qui, subrepticement, jette un piment dans le feu de bois et s’éclipse au loin pour rire des autres qui s’accusent et se chiffonnent ?

    Excusez-moi, mais je trouve cette attitude sacrément snob, inacceptable et très en-deça de l’idée que l’on voudrait se faire d’un écrivain de la carrure d’Alain Mabanckou. Non, sérieux, je suis désappointée ce soir...

  171. Posté par Bakima, le 27 avril 2006 à 22:25

    J’ai soif de lire l’essai de M. Sima sur l’apport, ou mieux la dette de la visibilite de la litterature congolaise au Gabon. Cher monsieur Ludovic Obiang, je suis avec un interet certin ce debat depuis son lancement. Apres vous avoir lu, j’ai pense que je me devais de vous faire savoir ce je pense. Vous dites que le Gabon a payé de sa contribution financière, minière, forestière, humaine, culturelle, etc., saignée plurielle qui pourrait expliquer le fameux retard constaté par les « sapeurs » congolais.. Bravo ! Ainsi, le Gabon aurait fait la republique des lettres congolaises d’hier et d’aujourd’hui. Mais alors pourquoi le Gabon lui-meme, qui s’est saigne pour le Congo ne possede t-til pas une floraison d’ecrivains de renom, traduits dans plusieurs langues comme les sont les Sony, Dongala, Lopes pour ne parlez que de ceux la ? 46 ans d’independance ne sont-ils pas suffisants pour qu’une generation d’ecrivains puisse eclore et porter le flombeau des lettres gabonaises ? C’etait comme si les maliens affirmaient que le Senegal, dont Dakar etait la capitale de l’AOF, devait sa flame litteraire au Mali. Ou que la Guinee de Camara Laye devait son passe litteraire au voisin ivoirien, etc. Et pourtant cher Obiang, en vous lisant, j’ai senti un rayon d’intelligence dans votre expression, mais helas aussi la malice dans votre argumentaire... Enfin, qu’est-ce que la SAPE vient faire dans ce debat ? Je vous laisse seul responsable de vos attaques perso sur votre "ami" Alain, puisque vous vous connaissez, selon ce que je lis ici. Ce que j’exigerai d’un Bac +100 comme vous, c’est une critique du texte que M. Mabanckou a propose au village. Mais bon, on attend l’essai de votre compatriote sur les origines gabonaise de la litterature congolaise. J’ai serai le premier acheteur. Bien a vous.
    Mathieu
    P.S. : Je suis Africain, Brazza-Kinois, natif de la rive droite Congo(vous n’avez compris)

  172. le 27 avril 2006 à 22:32

    A Mr Obiang,

    Gabonais comme vous, j’ai ete le premier a repondre a Mabanckou pour lui signifier combien je trouvais ses conclusions aussi hatives qu’exagerees, sur la question de la litterature au Gabon (et aussi en RDC d’ailleurs). Mais j’ai toujours preface mes propos a indiquant n’etre qu’un amateur sans formation academique en la matiere. C’est a ce titre que j’ai fort apprecie vos interventions et celles de Sima, qui ont servi a retablir un juste equilibre quand a l’appreciation de la litterature Gabonaise. Comme vous n’avez cesse de le signifier, l’homme (ou la femme) de sciences ou l’artiste qui se respecte, est avant tout quelqu’un de fondamentalement libre, generalement autonome et surtout raisonnable. Ces qualites peuvent malheureusement etre ingrates et ne pas tisser facilement des lauriers a ceux qui les portent. Certains prennent donc des raccourcis, et des libertes avec les faits, ce qui peut avoir la consequence de presenter un visage peu reluisant du travail et des efforts des autres. Une telle attitude n’est pas acceptable et ne saurait etre toleree. Mais petit a petit, les langues se sont déliées et beaucoup ont su resituer le debat. Pour moi, votre contribution aura surtout permis d’evacuer les “a-prioris” faciles et fournir une information qui laminait point par point certaines affirmations complaisantes de Mr Mabanckou. A cause du role que vous avez joue dans cette remise a l’ordre des choses, je viens vous suggerer de rester un des interlocuteurs dans un espace comme celui-ci, car sans ce contrepoids de specialiste, les lecteurs non-avertis s’exposent malheureusement a une information orientee qui peut meme etre a dessein de nuisance. Ici, quand je parle de nuisance, c’est par rapport au fait que comme vous l’avez signale, le succes puisse amener certains a vouloir marcher sur les autres, glisser des peaux de bananes etc...Enfin comme on dit chez nous, "toi meme tu sais".

    J’espere que vous reconsidererez.

    Zik

  173. Posté par Binetou Fall, le 27 avril 2006 à 22:42

    Serigne, contrairement à vous, je n’ai aucune envie de lire Ludovic Obiang, s’il était écrivain bien-sûr. j’avais juré que si blaise kibonzi, mon fiancé du village se tirait de cet espace, je le suivrais sans hésiter, et puis merde, j’ai parcouru ces lignes qui attisent mon indignation. tout écrivain africain ou pas meurt d’envie de briller sous les paillettes, les médias et les discussions d’arrière boutique. dès l’instant où c’en est un autre qui perce avant lui, l’écrivain africain le descend, le fustige et lui attribue tous ses malheurs d’écrivain inconnu. c’est ce que fait cet obiang. dommage que nous ne puissions pas nous réjouir du succès mérité des nôtres. j’ai lu verre cassé, aucun mot caricatural sur l’afrique ou l’africain, j’ai dévoré african psycho, même remarque, j’ai lu place des fêtes de sami tchak, pareil. de quoi se plaint M.Obiang ? bientôt ce sera son tour, de la patience et du courage, il arrivera bien à se hisser au même arbre que ceux dont on parle aujourd’hui.

  174. Posté par Minga, le 27 avril 2006 à 23:05

    Je cite : "Je suis choqué des mots que je lis ici, de Ludovic Obiang, assez virulent à mon goût, face à M. Mabanckou." C’est qu’un rien vous effarouche, mon cher Serigne. Ou alors, vous portez des oeillères. M. Obiang s’est exprimé avec les mots, le ton qui l’ont inspiré sur le sujet. Comme vous devez aussi en varier selon que le débat vous interpelle ou pas. Nous sommes tous comme ça : imparfaits, faillibles... Sauf vous, peut-être ?

    Comme un rien vous choque, je tenterai d’y aller mollo. Mais excusez-moi, vous ne pouvez juger atroce le discours de Ludo sans avoir soupesé celui d’Alain. Car lui a choisi un silence pontifiant, laissant les autres, eux, vider leurs sacs. Néanmoins, le contenu (non-dit) de son texte initial vaut le détour.

    J’ignore, Serigne, ce qui se passe entre nos deux amis, quels comptes ils règlent sans nous l’avouer. Mais je résume comme suit : Alain, subodorant le répondant de Ludo, adresse un cadeau (flèche) empoisonné à l’élite (oui, pourquoi pas !) gabonaise. La réaction fut à la hauteur (au-delà) de ses espérances. Alors, arrêtez svp de désigner de méchants bourreaux tout en décrétant d’innocentes victimes.

    Parlant de violence verbale, avez-vous lu Boris ? Sûrement que lui mérite votre mansuétude... Me semblant un rien saugrenu, je m’interroge sur votre besoin de savoir si X écrit et où il publie. C’est vital pour avoir l’insigne honneur de s’exprimer sur ce blog ou de contredire Alain ? Sinon, et vous, vous publiez où svp ?

    Non, habituellement je suis calme. Mais je sens que je vais pousser un énoooooorme cou’d’gueul là... Cette situation me déçoit un brin.

  175. Posté par Minga, le 27 avril 2006 à 23:36

    Bakima, je vais vous répondre au cas ar cas, selon des segments de votre message que j’ai découpés :

    1- 46 ans d’independance ne sont-ils pas suffisants pour qu’une generation d’ecrivains puisse eclore et porter le flombeau des lettres gabonaises Peu importe le temps qu’il faudra our ça. Vous fanfaronnez en citant Lopès, Dongala, Sony, bref, une génération d’écrivains. D’autres germeront à la suite. Mais si ça vous arrange, continuez de proclamer la déficience de la littérature gabonaise. Continuez donc de claironner, d’ironiser. Mais votre plus grande vanité sera de vous imaginer que les jeux sont faits : que les Gabonais(es) ont déjà dit leur dernier mot !

    2- j’ai senti un rayon d’intelligence dans votre expression, mais helas aussi la malice dans votre argumentaire. C’est fou alors ce que vous apprenez vite. Car on ne dirait pas mieux de votre message.

    3-qu’est-ce que la SAPE vient faire dans ce debat ? Elle vient comme une tentative de comprendre d’où s’origine cette forte prédilection pour le paraître, le clinquant dans les desiderata de certains...

    4-Ce que j’exigerai d’un Bac +100 comme vous, c’est une critique du texte que M. Mabanckou a propose au village. J’adore vos balourdes tentatives de condescendance qui retombent à plat comme une crêpe ratée... Mais pour la peine, commencez par ôter vos oeillères et relisez les échanges. Vous aurez la réponse complète de votre requête.

  176. Posté par Minga, le 27 avril 2006 à 23:39

    "Serigne, contrairement à vous, je n’ai aucune envie de lire Ludovic Obiang, s’il était écrivain bien-sûr" Ma chère Binetou, c’est votre droit le plus absolu. Ca évitera la corvée à votre dico.

  177. Posté par D.O.W., le 27 avril 2006 à 23:47

    Boris, dans tout ça j’ai oublié ton message. Yes my dear, I’m definitely for Barcelone too. Mais je suis très mauvais au jeu des pronostics. J’espère pouvoir encore m’acheter un billet, puisqu’après Istanbul, ça se passe par ici cette année.

    Edwige : Serigne parlerait-il de ta démarche intellectuelle ou bien.. ? (mort de rire)

    Minga : ne perdons peut-être pas notre self-control. On t’a rarement vue comme ça ma chère ;-) Je crois par exemple que c’est de bonne foi que Serigne disait qu’il aimerait lire L. Obiang. Et puis tout ceci est un peu décevant, vraiment. Il faut toujours que l’Afrique disperse ses forces là où d’autres les rassemblent. Il faut toujours que chacun choisisse un camp. What a pity.

  178. Posté par Boris, le 28 avril 2006 à 01:07

    J’ai envie de reprendre cette belle phrase qui ouvrait l’article sur Lutumba poste par notre hote : " il y a des moments ou les elans philosophiques nous prennent et nous regardons le monde avec un brin de pitie..." Mais bon la vie est trop belle pour la focaliser sur la chicanerie. Alors passons et grande sagesse a toi qui a compris que le silence est d’or.
    Eh oui c’est comme ca la vie, d’ailleurs au moment ou je vous ecris permettez-moi de vous decrire mon accoutrement ;j’ai un pantalon super 120 gris,une chemise blanche a carreaux de chez Pink, et bien entendu au pied (toujours)une mocassin Weston bordeaux. Desole mais c’est comme ca, on est ne sapeur et on mourra sapeur. On a ca dans le sang. On a l’elegance qui va avec et surtout on aime s’habiller. Surtout que rien n’interdit d’etre sapeur et erudit. Tiens, quand je vois la photo de BHL dans le dernier "Lire" deambuler dans les rues de New York avec une chemise blanche de sapeur et des lunettes de jeune premier, je me dis que les philosophes d’aujourd’hui ne sont plus ce qu’ils etaient avant.
    Chez nous on dit:bien s’habiller, bien manger et savourer la vie...Oui savourer la vie comme elle s’offre a nous.C’est ce qu’il y a de mieux a faire. Le reste ? bof... on en rit.

  179. le 28 avril 2006 à 01:18

    Bakima,

    Dans votre post 171, vous faites dire a Mr Sima des choses qu’il n’a jamais dites ni meme insinuees. Voici le copier-colle des propos de Mr Sima :

    "Que l’écrivain Alain Mabanckou aille consulter les archives du Congo, son pays natal que je connais, il verra bien que ce sont les Gabonais qui ont dirigé les principales revues qui ont publié les premiers textes littéraires au Congo, pendant la colonisation. Je citerai, entre autres, Jean-Rémy Ayouné. Dans ces revues, il y a plus de textes de Gabonais que ceux des Congolais. Si le Gabon avait bénéficié de tous ces avantages matériels du temps colonial comme le Congo (imprimerie, revues etc.), il serait la locomotive en matière littéraire en Afrique subsaharienne."

    Vous poussez un peu le bouchon en deduisant qu’il aurait attribue les talents de Lopes, Dongala et Co au Gabon. Je pense qu’il est important de tenir les gens responsables de ce qu’ils disent sans en rajouter. C’est dans le contexte ci-dessus que Obiang est venu ajouter ce qui suit :

    Mais ce qui me semble l’apport décisif de Sima c’est son hypothèse relative à la dette de la littérature congolaise vis-à-vis du Gabon.

    Il postule que la fameuse littéraire congolaise qui se targue d’être une des plus performantes et de plus riches en fait de « grands écrivains », le doit d’abord à un effort d’institutionnalisation consenti pendant la période coloniale, effort auquel ont contribué de façon majeure nombre de figures gabonaises. Louis Bigman, entre autres, qui - chère Minga - est bien l’aïeul de Ambourhouet Bigman, enseignant à l’UOB. L’histoire coloniale nous apprend, en effet, que pour engraisser Brazzaville la belle, capitale de l’AEF,le Gabon a payé de sa contribution financière, minière, forestière, humaine, culturelle, etc., saignée plurielle qui pourrait expliquer le fameux retard constaté par les « sapeurs » congolais. En ce sens, Sima prépare un article important qui s’attellera à rétablir certaines vérités. L’article s’intitulera : Les racines gabonaises de la littérature congolaise. Je vous signale enfin que les travaux de Sima m’ont beaucoup servi pour la rédaction de mon article « Un passé en devenir » que je suis prêt à mettre à la disposition de chacun d’entre vous .

    Si vous avez bien lu, vous vous serez rendu compte que Obiang parle ici d’un postulat. Je sais que la temperature a tendance a monter, mais gardons notre calme et surtout ne faisons pas dire aux gens ce qu’ils n’ont jamais dit. Debatons les faits, sans les fabriquer de toutes pieces juste pour s’en servir comme vehicule a vilipender les gens.

  180. Posté par Zik, le 28 avril 2006 à 01:19

    Le precedent texte est de moi.

  181. Posté par Zik, le 28 avril 2006 à 01:41

    D.O.W. vous avez sagement dit : "Il faut toujours que l’Afrique disperse ses forces là où d’autres les rassemblent."

    Je voudrais quand meme rappeler qu’on ne pourrait pas dire que l’article originel de Mr Mabanckou etait un appel a la conciliation.

  182. Posté par Boris, le 28 avril 2006 à 01:44

    Oui mes amis parlons de la S.A.P.E(societe des ambianceurs et personnes elegantes). Ce phenomene sociale que l’on attribue aux congolais des deux bords. Parlons du mythe de la griffe(Smalto,Versace, Dior, Ferre, Marithe, Ungaro, Dr Martens, J.M Weston...).
    A propos de la SAPE que des musiciens comme Wemba et Niarcos par exemple ont eleve en religion. Ainsi on parle aussi de la religion "Kitendi" comme on parle de la religion chretienne. Cela signifie qu’il y aurait des papes de la sape, des cardinaux de la sape,bref des representants de la religion de la sape devant Dieu. Pour ceux qui veulent enrichir leur connaissance sur le sujet, je conseillerais des bouquins comme Bleu, Blanc, Rouge, premier roman de notre hote qui lu a valu le grand prix litteraire d’Afrique Noire.
    Ou encore aux editions l’Harmattan :Au coeur de la SAPE (moeurs et aventures des congolais a Paris) du Docteur Justin Daniel Gandoulou( docteur en anthropologie sociale et culturelle et qui enseigne les sciences sociales a l’universite de Rennes 1 et Rennes 2).
    Si apres ces deux bouquins vous voulez toujours en savoir plus sur la SAPE, vous pouvez toujours lire du meme auteur et chez le meme editeur :Dandies a Bacongo. Maintenant si apres tout ca vous decidez de devenir sapeur, eh bien si vous etes a Paris, vous savez ou ca se passe, si vous etes ailleurs dans le monde, eh bien commandez de Paris, ca passe mieux.(Surtout attention, un sapeur ne s’habille pas avec des fringues made in China). Et puis ne croyez pas qu’il n’y a que des Weston que vous pouvez chausser(Croco ou lezard). Depuis que Dumas a popularise Berlutti, on s’y est mis aussi.D’autres par contre prefere Capo Bianco ou Ferragamo ou Dr Martens.
    Pour les fana du cinema comme Chantal, je conseille des films comme "Black mic mac" avec le celebre Djo Ballard baptise par certains le roi de la sape.
    Oui, soyons sapeurs et sapeuses. Remarque c’est nettement mieux de voir un homme ou une femme intelligent(e) bien habille...et sentir bon(Ouf j’ai failli oublier le plus important).
    Allez decontractons-nous, ceci n’est qu’un blog.

  183. Posté par Minga, le 28 avril 2006 à 02:48

    DOW, tu as raison sur le fait de garder le self-control : bien faire et laisser braire comme dit la sagesse populaire... T’inquiète, l’énergie de l’Afrique ne sera pas dispersée par moi.

    Mais, quitte, à la préserver, je crois que l’affaire de tous. Personne n’est dispensée. D’autant plus que l’Afrique ne se limite pas au Congo et au Gabon. Et que la littérature n’est pas l’unique valeur qui distingue un pays.

    Il y a tout de même un détail ubuesque dans ce décor qui sent bon la friperie et l’after shave bon marché : cet attachement par à-coups à son propre pays qu’on fuit pourtant, dans lequel on ne souhaiterait plus vivre et dont on avoue (sans vergogne) avoir honte de porter la nationalité !

    Et soudain revenir hypocritement s’en proclamer digne fils quand il y a quelque chose à vanter. Attitude complètement loufoque et puérile. Mais qui a le mérite de m’arracher des sourires en coin. :))

  184. Posté par Zik, le 28 avril 2006 à 02:58

    Boris,

    Au moment ou j’ecris ces lignes, je porte un T-shirt que j’ai recu en cadeau lors d’une viste a l’aquarium de Baltimore. Ce T-shirt porte le dessin d’une creature marine appelee "horseshoe crab" (Limulus polyphemus). En regardant l’etiquette interne, il est marque que ce T-shirt est : "made in El-Salvador". Je porte un Sweat-pant (jogging) bleu, de marque "St Johns Bay" (on ne doit pas en parler dans le guide du parfait sapeur), dont l’etiquette dit qu’il est : "Hecho En La Republic Dominicana". J’ai aux pieds des sandales (je me trouve chez moi) de marque Evans qui sont "made in China". And last but not least, un calecon en sous vetements, de chez Banana Republic qui lui est "made in Indonesia".

  185. Posté par Timba Bema, le 28 avril 2006 à 09:42

    Revenons à la Littérature. Est ce que le fait de nommer une littérature par la nationalité des écrivains qui la composent n’est pas une reduction qui falsifie l’affiliation réelle de ces productions ? Pour qu’une Littérature soit purement nationale, il faut qu’elle soit suffisament soustraite aux influences extérieures pour ne plus se singulariser que par l’interaction de ses propres acteurs. Or, celà n’est jamais le cas ou alors qu’exceptionnellement. Par ailleurs, les lieux communs de l’imaginaire ne peuvent constituer en eux seuls les marques nationales d’une Littérature puisque le rapport avec ces lieux communs est variable parmi les écrivains d’un pays. Ainsi, avant de parler de Littérature Congolaise, Gabonaise, Française, Russe, etc...on devrait se prémunir des précautions d’usage explicitées plus haut. Le débat qui voudrait envisager une Littérature que sous cet angle est motivé par des ambitions “extra-littéraires”. La seule façon cohérente d’aborder une écriture littéraire est celle de la compréhension de sa démarche artistique. En conclusion, IL N’YA PAS DE LITTERATURE CONGOLAISE COMME IL N’YA PAS DE LITTERATURE FRANçAISE ET ETC...

    Pour revenir à notre débat ; Serait-il inutile de rappeler que la Littérature est un Art ? Qu’elle est le produit d’un acte de création indivuduelle qui met en évidence un rapport singulier au monde ? Un rapport tellement singulier qu’il s’isole et isole l’imaginaire collectif ? Qu’il traduit un “substrat” et non une réalité complète ? Qu’il permet de se chercher soi-même sous le prisme de l’autre ? Dans ce sens, le rapport à l’écriture littéraire ne peut être qu’un prolongement du rapport individuel au monde. De manière cariturale, pour certains ce rapport se trouve dans l’ascétisme total voir même parfois la réclusion tandis que pour d’autres il est dans la communion avec l’autre voir la fusion. Construire ainsi une critique sur le rapport d’un écrivain au monde est aussi inconséquent que l’idée de “nationaliser” une écriture littéraire. Dans le fond, la question qu’on devrait simplement se poser est : « QU’EST CE QUE CET ECRIVAIN A A DIRE AU MONDE ? »Bien à vous.

  186. Posté par Sami, le 28 avril 2006 à 09:48

    Serigne, Serigne, content de te retrouver. Tu sais que j’étais à Dakar en décembre ? Et nous avions, à maintes reprises, vu Edwige H dont tu apprécies la démarche !!! Comme tu avais déserté le blog à un moment je n’avais pas eu l’occasion de te signaler que je serai chez toi pour la FILDAK. Dommage, j’aurais mangé un bon repas de tes mains ! De Ludovic Obiang, tu peux lire le recueil de nouvelles L’enfant des masques, tu n’auras pas à le regretter. Et pour ceux qui auraient tendance à considérer les nouvelles comme un genre mineur, il faut rappeler que Jorge Luis Borges, le père de la modernité littéraire latinoaméricaine, n’a jamais écrit un roman, que des nouvelles. Mais après lui, on n’a plus écrit comme avant. Binetou, lis Obiang, je pense que ce serait plus juste, non ? Peut-être tu n’aimerais pas, mais... Quant à la sape, il faut préciser que dans Bleu-Blanc-Rouge, Alain ridiculise cette religion du paraître, il n’en fait pas l’éloge. Et l’essai Au coeur de la sape analyse avec les méthodes de l’anthropologie un phénomène, il ne le loue ni ne le dénonce, c’est une démarche scientifique. BHL est sapé tout le temps comme un mannequin. Mais est-ce un philosophe ? Si on n’a plus des Heidegger aujourd’hui, si on n’a plus de philosophes, puisque ça n’existe plus, c’est en partie parce que les futilités ont pris le pas sur l’exigence de pensée. Et le grand Dongala, quelle simplicité dans sa façon de s’habiller ! Mais quelle simplicité, ce grand homme ! Lui, il peut porter des habits made in China sans être moins Congolais que les sapeurs. Heureusement que tous les Congolais ne sont pas dans cette obsession du paraître et que bien s’habiller n’a rien à voir avec les idioties de concours de sape où des crétins exhibent les étiquette de leurs chaussures, pantalons, etc. Je ne le connais pas, l’ami Bakima, mais je peux déduire que s’il avait été de ceux qui participent à de tels concours, il n’aurait pas eu le temps de faire des choses dans son pays en tant que journaliste.

  187. Posté par Sami, le 28 avril 2006 à 09:55

    Timba, quand tu passes, plus rien à dire, tu dis tout. Alain n’est-il pas plus proche de Boccace que d’Henri Lopes ? Sony n’est-il pas ouvertement marquesien, Kourouma célinien ? Une vision nationale de la littérature est avant tout un signe de paresse.

  188. Posté par Ludovic Obiang, le 28 avril 2006 à 18:46

    Zik : je ne pouvais pas rester sourd à tant d’éloquence et de sincérité. Mais juste le temps de ne pas te faire insulte. Je ne reviendrai plus, car je pense que tu es suffisamment armé - demande à Bakima - pour tomber les masques de l’imposture. De toutes les façons, tu as mon mail.

    Minga : tu es encore plus belle en Amazone.. Tu me rappelles une maîtresse-femme, une certaine Rose Bouche Dorée, que j’ai croisée quand je parcourais le monde avec mon ami Corto Maltese.

    D.O.W. : Excuse-moi, j’ai tendance à te confondre avec Zik. Mais tu auras compris que ce post visait plus que ta personne présente, mais l’éternel enfant en toi et en nous tous.

    Chantal : ne sois pas susceptible et vexée. Evalue mon post d’après tes propres écrits. Je n’ai fait que te renvoyer ta violence, je ne suis qu’un miroir, un simple miroir. Essaie ma tendresse et tu verras !

    Alain : j’avais oublié de te dire pour ta gouverne que Justine (Mintsa) n’a pas publié de nouveau roman, mais qu’elle n’a fait que rééditer son roman "Un seul tournant Makôsu" (La pensée universelle). Mongo Beti l’avait déjà fait avec "Remember Ruben".
    - J’espère Docteur M. que ça va pouvoir ralentir la regression ?
    - Non, mademoiselle. C’est trop tard. Toutes les cellules sont atteintes. Il faudrait une édition par Grasset et un prix Nobel dans la foulée, mais où trouver ça ? Dans quelques milliard d’années-lumière, Justine Mintsa sera retournée à l’état de romancièrecule, une horreur quoi !

    Ludovic

  189. Posté par Bakima, le 28 avril 2006 à 19:07

    Cher Zik, tu vas trop loin la. Tu me fais passer pour une bourrique sans le dire ouvertement, bref, c’est votre style peut-etre... Moi, les jugements de valeurs ou toutes les appriories, je n’en fais pas ma tasse de the. Revenons a la trame de notre echange d’hier. J’avais lu Sima avant le post d’Obiang, et pourtant je n’etais pas intervenu. Mais quand Obiang, dans son post affirme ouvertement que le Congo doit sa notoriete litteraire a son voisin gabonais, j’ai choisi d’intervenir, ou mieux de m’interroger sur les motivations reelles d’Obiang et non celles de son compatriote Sima(etant donne que sa dermarche se voudrait scientifique). Voici un extrait tire du post d’Obiang : le Gabon a payé de sa contribution financière, minière, forestière, humaine, culturelle, etc., saignée plurielle qui pourrait expliquer le fameux retard constaté par les « sapeurs » congolais. Zik, j’etais loin de sous estimer ou sous evaluer les lettres de votre pays. Par ailleurs, je pouvais aussi apporter d’autres arguments tels la stabilite politique et une meilleur sante economique du Gabon par rapport a l’instabillite politique et au cahos economique permanent qui caracterise le Congo. En 46 ans d’independance, dans un environement de paix, le Gabon qui etait reste dans le giron francais (alors que le Congo, lui, s’etait tourne vers une experience avec l’ex Urss) aurait pu creer, de mon point de vue, des infrastructures en mesure de compenser sa pretendue perte multiforme au profit du Congo durant la periode coloniale, qui l’aurait sans nul doute aider a hisser les voiles de sa litterature. J’avoue que le probleme peut paraitre a la fois contradictoire. En fait, il est pourtant ailleurs mon cher Sik. La creation litteraire depend plus des individus que des etats et de leurs organisations. L’instabilite politique et sociale du Congo a du aussi contribue a degage les les enrgies intellectuelles. Elle proposait des sujets d’ecriture. A defaut d’en parler ouvertment, de facon directe, les congolais se tournerent vers une autre forme d’expression ou de contestation : l’ecriture. Enfin, je respect la Nouvelle. C’est un genre litteraire qui m’interesse. Parce que l’homme de media que je suis est aussi appele ecrivain de l’instant. J’ai ouvert cette petite fenetre pour vous dire Zik que je considere Obiang comme ecrivain, peu importe le genre qu’il a choisi pour exprimer son talent... A l’ami Sami, je dis que tu as raison sur ma modeste personne. La SAPE n’a jamais ete mon truc, quoique je m’aime me sentir bien "endimanche"(rire). Mais je n’ai plus non plus une sorte d’apprehension a son egard. Je sais que comme le dit le vieil adage que l’habit ne fait pas le moine. Pour conclure avec toi Sami, laisses-moi te raconter l’histoire d’un fait divers dans le Bronx a New York. Un apart ou habite quelques africains est en feu. Les celebres pombiers new yorkais arrivent a temps, pas 30 minutes comme a Brazza ! On evacue les residents. On interdit la zone au public. Pendant que les personnes coincees s’affolent et temtent de quitter la tour infernale, on voit arriver un jeune noir de 27 ans. A son accent, les pompiers comprennent qu’il n’est pas Americain, mais Africain. L’Africain veut acceder dans son apart. On le lui indertdit. Un faut mouvement a droite, il seme la vigilance des pompiers. Il s’elance vers l’immeuble en flames. Les pompiers qui sont a l’interieur crient "where’re you going ? You gonna died young boy !" Peine perdue. Alors qu’on le croit mort, l’Africain, bien que prisonier du feu est sauve in extremis sur le balcon de sa fenetre. L’elevateur du camnion des pompier le ramene a terre. Le fou courageux n’a que sa paire de chassure Kapo bianco a la main. C’etait un Congolais biens sur ! Suis-je fier d’un tel compatriote ? Non, bien sur. Hell no !
    Mathieu
    Mathieu

  190. Posté par Ludovic Obiang, le 28 avril 2006 à 19:10

    Cher Tous,

    Il est possible, en effet, que la jalousie ou l’aigreur aient motivé mes pas, mais ça ne concerne que le pauvre mortel en moi, une masse de boue et de viscères que la société appelle "Ludovic Obiang".

    Mais il y a plus grand en moi, un Etre sublime, une Divinité, que j’évoque quand les circonstances l’exigent ou qui m’appelle à Elle quand le besoin s’en fait sentir. Et pour cette notabilité des hautes sphères, qu’importe les mérites que s’accordent les Humains : succès, prestige, fortune, luxe, etc. Qu’importe ? Folies et futilités d’un temps si bref et sans lendemains.
    Je suis Beti Ngoma (Porteur de la Harpe sacrée), mes frères, une Force hiératique qui marche de conserve avec moi et dont les Souffles entrent dans la composition de mon sang ! C’est elle qui m’a encouragé à réagir dès lecture de la fameuse note et c’est Elle qui me chuchote que le temps de la Colère a/est passé. "Il est un temps pour la guerre et il est un temps pour la paix". Je me retire donc et vous laisse ma Paix. Rechercher le meilleur de ce que j’ai dit et jeter l’ortie au feu !
    Lorsqu’elle se retire, l’assemblée des Bandzi (Anges) chante :
    "Pirogue de vie,
    Pirogue de vie,
    Moi, Mère de la vie, je me lève
    Beyène Ama se lève
    Elle distille ses souffles (bénédictions)

    Mes frères, je suis Beti ngoma (Maître harpiste) et mon coeur bat au rythme de la harpe. Alors, je me lève de son mouvement, mais je vous laisse ses bénédictions. Ce ne sont pas des plaisanteries, mais vos propres Biens (Bissembè) que personne, non personne, ne pourra jamais vous contester et qui attendent que vous les déployer au- dehors.

    Quelque chose est en train de naître, par la douleur ou par la satire, ne le compromettez plus.

    Adieu

    Nzame Eliame (C’est mon nom d’initiation, un Nkombo)

  191. Posté par Zik, le 28 avril 2006 à 19:59

    Salut a vous, Mr Obiang. J’espere pouvoir vous rencontrer prochainement car je rentre definitivement au pays avant la fin 2006 (juste le temps de boucler ma soutenance). Je serais dans le domaine hydroelectrique. Mes prochains employeurs seront soit la SEEG, soit ENELEC ou encore SETEG. Mais enfin on verra. Je vous contacte des que je peux, sur votre mail.

  192. Posté par Sami, le 28 avril 2006 à 20:26

    Bakima, Bakima, cette histoire, pourquoi tu n’en ferais pas un livre ? Un homme prêt à se faire griller par le feu pour sauver sa paire de chaussures, cela vaut un livre ! Tu m’as fait rire, même si ce n’est pas drôle. Ludo, ta bénédiction sur le "village" ! Je crois que la paix va tomber maintenant.

  193. Posté par Zik, le 28 avril 2006 à 20:31

    Bakima,

    Merci de m’avoir repondu de facon pausee et argumentee. La discussion, meme passionnee, ne doit pas devenir un fourre tout ou seul l’invective, meme sournoise, regne. A cet effet, je n’avais nullement voulu laisser l’impression de vous tourner en "bourrique". Oh que non, ce que j’avais voulu souligner etait le danger de prendre des ecrits et de s’en eloigner en faisant une interpretation elastique. A mon avis, les faits sont suffisement riches pour nous fournir matiere a discussion. Je ne connais personnellement ni Mr Obiang, ni Mr Mabanckou et de ce fait, je ne puis me poser la meme question que vous vous posez, c’est a dire : "quelles sont les vraies motivations de Obiang ?". Imaginez que je me demande quelles soient les motivations de Mabanckou, je pourrais aussi pondre toute sortes d’hypotheses sur le pourquoi de la teneur de son texte. Mais je prefere me concentrer sur ce que je sais, c’est a dire ce qui est ecrit devant nous tous. Le texte de Mabanckou est suffisement eloquent dans son contenu, pour me faire reagir de maniere "critique", sans que je n’ailles fouiller dans ses motivations, qui me sont totalement etrangeres. Et en plus, il est muet le Mabanckou, alors pas facile de psychanalyser du mutisme.

  194. Posté par Zik, le 28 avril 2006 à 20:36

    Grrrrrrr ! Je n’aime pas les fautes d’orthographe, j’aurais du ecrire "suffisamment" dans le texte precedent au lieu de "suffisement".

  195. Posté par Boris, le 28 avril 2006 à 21:35

    Sami ne te sens pas non plus oblige de repondre a tout ou de justifier tout. Chacun est libre de ses propos sur ce blog.Et chacun l’assume pleinement. La SAPE.oui qu’on l’aime qu’on l’aime pas c’est l’etiquette qu’on aime nous coller a la peau et on s’en sent fier. Ce que toi tu estimes comme une denonciation de la SAPE dans bleu blanc rouge, moi je peux le prendre comme son apologie, ca depend de l’angle sous lequel on voitla chose. Pourquoi veux-tu toujours expliquer ceci ou cela,juger tel ou tel. Oui pour moi BHL est un philosophe, si ce n’est pas ton avis alors c’est pas grave, qu’il soit sape n’enleve rien a son charisme ni a son erudition.Quand les gens remplissent les salles lors de ses conferences ce n’est pas pour venir voir ses costumes sur mesure.
    Ton interventionnisme commence a devenir agacant.

  196. le 28 avril 2006 à 21:41

    Dis, Bakima, ce Congolais n’aurait il pas un petit prénom russe de 5 lettres ?
    Boris, ce n’est pas là que je t’attendais. T’as toujours pas répondu ( en tant que défenseur attitré et autoproclamé de Mabanckou) aux "attaques" de Obiang. Ou, faute d’argument, as tu préferé changer de sujet ?
    Zik, je crois que si Mabanckou est muet, c’est parce qu’il est en ce moment très occupé au Salon du livre de Genève. ( Boris, tu vois que je travaille pour toi, je t’enverrai la facture)
    Serigne, stp, éclaire notre lanterne. De quelle démarche parles-tu ? Et comment t’as su que... c’était moi ?
    Edwige H.

  197. le 28 avril 2006 à 21:47

    Et puis Boris, je suis un peu surptise que tu considères BHL comme un philosophe alors que tu ne considération pour Louis Aragon.N’est ce pas toi qui disait, entre autres, que les poètes français que tu as connus sont morts il y a un siècle.Quid des philosophes ?
    Edwige H.

  198. Posté par Zik, le 28 avril 2006 à 21:57

    Edwige,

    L’article originel de ce "thread" date du 17 du mois en cours. J’imagine donc que le silence de Mabanckou pourrait etre d’ordre volontaire, histoire de laisser passer la tempete. Pourtant dans les memes temps, il a bien poste l’article sur Boukaka.

  199. Posté par Sami, le 28 avril 2006 à 21:58

    Excuse-moi, Boris, de t’avoir agacé. Hélas, je ne suis pas le seul à avoir ce défaut, tu comprends ce que je veux dire ? Allez, j’aurais suivi ton conseil, mais la politesse exige que je te réponde.

  200. Posté par D.O.W., le 28 avril 2006 à 22:07

    Cher Ludovic, je n’ai aucunement été offusqué de figurer Télémaque le temps d’une bien enrichissante épître. Au contraire, je disais regretter de n’avoir plus l’âge pour pouvoir en être un véritablement typique. Après tout, Télémaque n’est-il pas symboliquement réceptacle d’instruction et de culture ? Et moi je m’en nourris. Toutefois, comme tu dis, quel que soit donc l’âge, il semble que sommeille toujours en chacun de nous un enfant ;-) Pour le reste, hors les excès qu’il y a eu de part et d’autre, mon avis est que tu as ici enrichi le débat.

    Bien à toi.

  201. Posté par Boris, le 28 avril 2006 à 22:11

    Oui, Edwige c’aurait pu etre moi ce congolais. Je me verrai bien le faire.
    Mais vous dis donc vous ne savez pas ce que vous voulez a la fin. Quand on defend Alain vous vous plaignez, quand on vous laisse vous defoulez librement alors que le type est calmement dans le train qui a quitte la gare depuis longtemps vous vous plaignez. C’est a en perdre son latin. Rien a dire Edwige,vraiment rien a dire, l’histoire nous dira tout un jour.
    Non, tu ne travailles pas pour moi, tu travailles pour toi meme car toi aussi tu aimes Mabanckou(ses livres je devrais dire sauf si...), donc je ne suis pas le seul a pouvoir le defendre. Tu as bien lu Alain Serbin non ? Ca se passe de commentaires.
    Ok, pour te faire plaisir, BHL n’est pas philosophe, c’est un brillant intellectuel engage qui vient d’ecrire un brillant livre que je lis en ce moment et qui s’intitule American Vertigo.
    Edwige, t’inquiete, toi et moi on se verra dans un proche futur,tres proche meme, et je parie que quand tu me verras dans mes costumes et Weston tu diras :"ce mec quelle classe et elegance" tu ne diras pas :"ce mec quelle intelligence".Pourtant apres notre premier verre de Bissap tu pourras enfin dire les trois. Donc ceux qui pensent que l’habit ne fait pas le moine n’ont qu’a bien reflechir.
    Au fait Edwige, as-tu remarque que notre hote a aussi change la photo d’accueil de son blog.Qu’en penses-tu ?

  202. Posté par Minga, le 28 avril 2006 à 22:36

    Bonsoir Villageoises, Villageois !

    Ludo : Banzi, Nkombo, boka yè ! Yè ! Osim da mwè, é ho ne mone mbote ! (rires). Je ne suis pas initiée, moi. Juste curieuse du monde qui m’entoure... Tout comme Zik, Ludo, j’espère aussi te revoir bientôt. Sûrement durant les grandes vacances prochaines.

    Zik, ça me ferait tout autant plaisir de te rencontrer à LBV. Au pire, on ira manger de délicieuses grillades où tu sais. Hein frangin ? :))

    Timba : je me joins à Sami qui te complimente sur la qualité de tes idées. Oui, quand tu passes, on peut toujours repasser : RAS ! Tu dénonces la nationalisation systématique, l’embrigadement, l’autarcie de la littérature et dis : "Le débat qui voudrait envisager une Littérature que sous cet angle est motivé par des ambitions “extra-littéraires”." J’épouse cet avis. Et ton argumentation tient la route, rien à rajouter.

  203. Posté par Minga, le 28 avril 2006 à 23:25

    Bakima, l’anecdote du Bronx : une tragi-comédie ! Poignante et hilarante à la fois, je n’ai pu m’en empêcher. Risquer sa vie pour une paire de chaussures ! Les badauds ont du se marrer à en perdre la voix. En lisant, je me suis souvenue de cette nuit, terrible ! Un incendie nocturne dans notre pâté de maisons à Libreville. La voix affolée de la mater qui criait : "Dieu du ciel ! Vite, les enfants debout, sortons !" Nous avons déguerpi, les mains vides...

    En 2002 un samedi soir, j’avais eu un accident sur autoroute avec mon ex. Des blessés dans la voiture qui nous avait foncé dessus. Chez nous : égratignures ! Mais la voiture sacrément amochée. Son premier réflexe ? "Mon BB, ça va ? Tout va bien ?" Et quand nous avions pu sortir de là, constaté les dégâts, il m’a rassurée : "c’est rien BB. Nous avons la vie sauve, c’est l’essentiel !" Sûrement qu’un SAPEur émerite se serait d’abord soucié de sa "caisse" de luxe puis de reprocher à la conductrice en face de lui avoir gâché son groove du samedi !

    Ces anecdotes pour signifier ce que je peux bien penser des natures superficielles chez qui le par-être est une religion, et qui, par conséquent, ne savent plus être. Ce qui ne signifie pas que je manque de fantaisie, ai horreur du confort, suis repoussante, pas coquette ou autre. Juste que je me méfie des béquilles branlantes, des artifices.

    De toute façon, j’ai passé l’âge de respecter un individu parce qu’il arbore une montre suisse, des fripes italiennes au volant d’une voiture de sport japonaise. Comme si mon petit doigt me dictait que pareil tape-à-l’oeil cache souvent une bien belle laideur ! Une mocheté suprême, au sens laboutansien...

    Après, c’est à chacun sa personnalité, son éducation, ses priorités et ses complexes. Moi, je me marre ! :))

  204. Posté par Minga, le 28 avril 2006 à 23:28

    Coucou Edwige,

    Je crois aussi qu’Alain aurait pu se dégoter meilleur avocat... du diable ! (rires)

  205. Posté par Zik, le 29 avril 2006 à 00:20

    C’est promis Minga, on se voit a LBV. Les grillades, j’adore. Il y a un bon coin sur la voie express, du cote du "Charbonnage", qui en fait d’exquises.

  206. Posté par Zik, le 29 avril 2006 à 02:38

    Voici un texte qui merite d’etre lu.

    http://www.african-geopolitics.org/...

  207. Posté par D.O.W., le 29 avril 2006 à 11:31

    Zik, le lien marche pas. Dis nous de quoi ça parle et on pourra procéder autrement pour retrouver l’article.

  208. Posté par Serigne, le 29 avril 2006 à 11:35

    Sami, j’étais justement au Congo pendant la FILDAK. Dommage, je t’aurais commandé un grand thiebou dien à ma femme, je ne cuisine pas , tout mauvais Africain que je suis. Chez moi, c’est la femme qui se colle aux fourneaux (sans machisme, juste une réalité de ma maison). Tu me recommandes donc de lire M. Obiang, je vais le faire.
    Dis donc, c’est rude votre cercle de penseurs afro-franco-intello-écrivains. Pourquoi vous tapez-vous dessus quand l’heure est au rassemblement d’idées ? Jalousie, frustration ? Eclairez ma lanterne, svp. Le silence de M. Mabanckou, n’est-il pas d’or ? Je crois qu’il n’a pas tort d’ignorer les attaques de Obiang.
    Edwidge, tu me demandes comment j’ai su ue c’était toi ! Tu n’ignores quand même pas que la population dakaroise te connaît avec ta plume journalistique qui me fait bondir quelque fois. Au fait, je parlais de ta démarche de djiguène, la façon que tu as de fuseler tes jambes que tu marches. Beau spectacle.

  209. Posté par Sami, le 29 avril 2006 à 12:24

    Ah, Serigne ! Bon, il y aura une autre occasion pour ce bon thiebou dien. Tu peux en effet lire le recueil de nouvelles de Ludovic, et oublie ces querelles internes, Ludovic n’a pas plus attaqué qu’il ne s’est senti attaqué, et cela est propre à tous les milieux où les egos sont démesurés, où chacun se prend pour le Dieu du domaine en oubliant parfois de regarder beaucoup beaucoup beaucoup plus haut que lui. C’est notre défaut si humain qu’on peut nous l’excuser ! DOW, si tu recopies le lien dans un moteur de recherche comme Google ou Yahoo, ça marche.

  210. Posté par Zik, le 29 avril 2006 à 14:42

    D.O.W.

    C’est bizarre, le lien marche pour moi. Essayez de copier la portion suivante : african-geopolitics.org/show.aspx ?ArticleId=3658

    Mettez la sur le moteur de recherche Google, et ca devrait vous conduire vers un article de Veronique Tadjo dont le titre est : Halte a la Domination Etrangere. Cet article a du mordant.

  211. Posté par Zik, le 29 avril 2006 à 15:14

    Serigne,

    Il est trop facile d’ecrire un article et de se retrancher derriere un silence lourd, des qu’il y a des personnes qui revendiquent une autre interpretation. Il y a la comme de la fourberie (a mon sens). Si vous croyez en ce que vous ecrivez, et vous faites confiance a votre plume, vous ne devriez avoir peur, ni de la critique, ni de l’insulte. La discussion a sens unique ne devrait pas exister a ce niveau, surtout lorsqu’on est ecrivain et qu’on fasse les grands salons litteraires du monde a la recherche de lecteurs et d’interlocuteurs. Meme dans la presse ecrite, le droit de reponse existe. Si un journaliste ecrit quelque chose au sujet d’un politicien, celui-ci a le droit de repondre en ses propres termes. Et cette reponse doit etre publiee, generalement dans son integralite, par le journal (fair is fair). Je puis vous dire que de mes discussions avec mes compatriotes, par la position sociale des differents auteurs qui se sont sentis ou se sentiront attaques par le mot de Mabanckou (Obiang, Mintsa, Bessora, Owondo) etc..., cet article collera a la peau de Mabanckou pendant longtemps. Je connais mon pays, je sais comment les gens reagissent.

  212. Posté par Timba Bema, le 29 avril 2006 à 16:52

    Je viens de terminer la lecture de l’article de Véronique Tadjo. Je me contenterais juste de porter une appréciation de principe faisant abstraction des considérations techniques intéressantes comme le développement du lectorat africain, l’organisation du marché du livre et la promotion auprès de la jeunesse de la littérature.

    Voici quelques propositions que j’ai extrait de cet article.

    Proposition1 : «  Nous n’avons pas encore su imposer nos propres critères d’appréciation et cela nous laisse vulnérables à un détournement de notre littérature »

    V.Tadjo ne nous apporte pas dans son exposé des précisions sur ce que seraient des critères d’appréciation de la Littérature proprement africains. Ce qui est bien dommage. Cependant, son propos induit implicitement que ces critères d’appréciation seraient du ressort des spécialistes. En d’autres termes, il appartient aux spécialistes africains de la Littérature africaine de produire les signifiants de cette Littérature. Il faut donc ainsi éduquer les non africains qui ne comprennent pas encore la qualité de notre Littérature. Or, à moins de me tromper, les critères d’appréciation d’une Littérature sont du ressort du lectorat.

    Par ailleurs, les agents du détournement de la Littérature africaine sont les maisons d’éditions et la critique occidentale. Elle décrit le mécanisme de ce détournement comme étant la conséquence de la prolifération des clichés sur l’Afrique dans les médias occidentaux. Premièrement, il est totallement inconséquent de considérer l’influence des critiques dans les textes des ecrivains africains(trés peu s’y intéressent d’ailleurs).Dans quel pays celà s’est-il déjà produit ? Leur donner autant de pouvoir c’est preuve d’exagération. Par ailleurs, les éditeurs occidentaux ne commandent pas systématiquement aux écrivains africains d’écrire dans un sens ou dans l’autre. Le prétendre c’est faire preuve aussi d’exagération.Deuxiément, à l’heure des NTIC il me semble réducteur de penser que les écrivains africains en Occident n’ont qu’un canal d’informations sur le continent. Par ailleurs, ils sont trés bien informés des évènements-qui s’y produisent-rarement couverts par les médias occidentaux. De là à parler de détournement, c’est considérer que nous sommes encore au XVe siècle.

  213. Posté par Timba Bema, le 29 avril 2006 à 16:58

    (Suite)Proposition2 : « La littérature africaine a atteint le stade où elle est aujourd’hui grâce aux modèles sur lesquels elle s’est bâtie, c’est-à-dire grâce à la littérature orale, aux littératures écrites en langues nationales et à la littérature produite par les écrivains de la négritude ou de la tigritude (référence à Wolé Soyinka). Nier cela, c’est nier son identité même ».

    Les exigences de l’oralité ne sont pas celles de l’écriture. Alors, insérer l’oralité dans la généalogie de la Littérature africaine s’est opéré une filiation sans fondement. Par ailleurs, les contes et les légendes ne sont pas une spécificité proprement africaines et il ne vient pas autant à l’esprit d’autres civilisations faire de tels rapprochements. On peut également se demander si V.Tadjo n’a pas une vision monolithiques de la littérature africaine ? Un peu comme si elle refusait aux générations présentes le droit d’avoir un rapport contrasté avec le passé littéraire de leur continent. La diversité des domaines d’investigation nuirait-elle autant à la littérature africaine ? je pense que non.

    Proposition 3  :« La littérature africaine d’aujourd’hui n’apportera rien au continent noir si elle n’est que la réplique des littératures occidentales, si ses écrivains sont d’obéissants apprentis, prêts à tous les sacrifices pour entrer chez de grands éditeurs occidentaux ».

    Encore une vision “ethinicisante” de la Littérature. Quand L.S.Senghor se nourrisait de Saint John Perse, S.L.Tansy de Marquez, etc...Les defenseurs d’une pureté de la Littérature africaine les déclasseraient-ils pour autant du champ littéraire africain ?

  214. Posté par Timba Bema, le 29 avril 2006 à 17:02

    (Suite)Proposition 4 : « Mais l’Afrique n’est pas une fiction, et ce n’est qu’en tant que continent africain qu’elle s’en sortira, pas en tant qu’appendice de l’Occident et du monde « civilisé », pas en tant que mendiante attendant que l’on veuille bien l’accueillir dans le concert des nations. »

    Pour un écrivain africain précisément l’Afrique reste et demeure une fiction. Ce n’est que sous cet angle là qu’il peut essayer de l’envisager. A ce que je sache un écrivain n’est ni sociologue ni éthnologue ni encore moins anthroplologue.

    Proposition 5 :« les écrivains africains qui revendiquent le droit d’être acceptés comme écrivains à part entière ne pourront parvenir à ce stade-là que s’ils assument pleinement leur africanité. »

    Qu’est ce l’africanité ? Heureusement que V.Tadjo avoue ne pas pouvoir le définir. La seule façon positive et ouverte de devenir africain c’est de s’évertuer à devenir un meilleur homme dans une meilleure société et pas de chercher vainement à se rattacher à un passé qui lui échappe.

  215. Posté par Timba Bema, le 29 avril 2006 à 17:07

    (Suite et fin) Proposition6 : « il est en train de se créer deux types de littératures « africaines » parallèles : celle qui est écrite en Afrique et celle qui est écrite en Occident. »

    V.tadjo prétend qu’il y a une unité conceptuelle et artistique dans, respectivement, la Littérature qui se fait d’une part en Occident et celle qui se fait en Afrique d’autre part. Encore des généralisations qui ne reposent sur aucune réalité. Il y aurait schématiquement une-celle qui se fait en Afrique- qui serait “engagée” et une autre-celle qui se fait en Occident- qui serait “dés-engagée”. Au contraire, il se dégage comme similitude un certain rapport à l’auto-dérision, à la lucidité, à l’extra-ordinaire, à l’existence, au destin, etc...

  216. le 29 avril 2006 à 20:51

    Ah Serigne, dans ce village où on se connait sans jamais s’être vu, tu as réussi à donner une image de moi...Une image qui me colle à la peau que je n’apprécie pas trop. Et Dieu seul sait combien d’effort je fais pour ressembler à une journaliste (et non à un mannequin)...Quelqu’un m’a dit un jour que le nom Edwige H. faisait plus penser à un mannequin qu’à une journaliste. Bref Serigne, la prochaine fois que tu me vois, salue moi ; ne fais pas comme Alain Serbin qui "épie" tous les gestes
    de Mabanckou sans oser le saluer et se présenter...

    Boris, c’est quand ce futur très proche ? Weston et autre d’accord mais de grâce, ne soit pas "habillé comme un congolais", chez les ivoiriens, habillé comme un congolais est plutôt péjoratif. Ils ont pour réputation de mettre leur ceinture trop au dessus ..de la ceinture...
    La nouvelle photo d’alain ? J’aime bien ce plan de profil, avec ce regard qui se veut tourné vers l’avenir, sauf que l’avenir pour moi, c’est de la gauche vers la droite. Et puis j’espère que c’est la dernière photo pour cette année.S’il change de photo souvent, sa va froler le culte de la personalité . Et ça , c’est bien pour un site de fan club. Dis Boris, pourquoi tu ne créerais pas un site pour le fan club que tu diriges ? Je te propose une première activité pour ton fan club:j’ai lu sur Congopage qu’il y a 250 titres de livres dans Verre Cassé. Tu pourrais lancer par exemple un concours qui constiterait à trouver ses 250 titres...Nous en parlerons autour du verre de bissap.
    Minga, ton post me fais penser à cette phrase que j’ai lu dans une nouvelle de Pierre Assouline (dans un receuil collectif) : elle préfère les signes de richesse interieure aux signes extérieurs de richesse"
    DOW il y a une expo sur l’art sénégalais contemporain au musée dapper en ce moment. J’ai reçu le catalogue hier. Tu pourrais peut être y faire un tour...
    Edwige H.

  217. Posté par D.O.W., le 29 avril 2006 à 23:58

    Sami, Zik, merci les gars. Mais en fait, j’ai compris ce qu’il y avait comme problème. Moi j’ai fait un copié/collé sur Zik, alors que vous avez dû tapé l’adresse (non.. ?). Et si on fait un copié/collé, y a un souci parce que tel que tapé par Zik, il y a un espace (coupable) entre "aspx" et " ?". Bref, là c’est ok.

    Edwige : merci. Je verrai si l’art sénégalais est à la hauteur de ce que tu sembles souvent nous en dire ici (rires). Et j’espère que ça ne se termine pas trop tôt (emploi de temps un peu compliqué semaine prochaine). Merci encore.

  218. Posté par Minga, le 30 avril 2006 à 01:15

    Bonsoir la tribu,

    Zik, moi aussi j’ai essayé avec le lien, ça n’a pas fonctionné. Je vais procéder sur Google comme l’a dit DOW que je salue au passage. :)) Et puis Zik : bravo pour ton droit de réponse au sieur Serigne.

    Je cite Serigne : "Jalousie, frustration ? Eclairez ma lanterne, svp. Le silence de M. Mabanckou, n’est-il pas d’or ? Je crois qu’il n’a pas tort d’ignorer les attaques de Obiang." C’est pas encore fini de jetter de l’huile sur le feu ? M’enfin, je ne me priverai pas de donner la réplique aux fanatiques. Quitte à agacer les plus impatients.

    Serigne, Ludo serait jaloux d’Alain, à quel sujet ? C’est affolant comme on passe l’éponge sur les extravagances des uns. Et qu’on extrapole les incartades des autres ! Les attaques d’Obiang, dites vous. Où avez-vous dégoté ça ? A la rigueur, si Ludo avait surgi de nulle part pour invectiver Alain, sans raison apparente.

    On aurait légitimement pensé qu’il attaque ou agit par frustration selon vos allégations. Or ici, c’est Alain qui ouvre le bal en visant (ironiquement ?) les Gabonais. Normal qu’on s’y colle, chacun avec son tempérament. Et tant pis si des frileux ont des crampes après avoir lu. Qu’ils s’en abstiennent. Ca évitera bien de jugements hâtifs.

    Sans oublier qu’à mes yeux, le silence d’Alain n’est pas d’or. Mais désespéré, coupable. Ou pire, condescendant. Dans ce cas, M. Mabanckou n’en sort pas grandi ; surtout qu’un personnage public aurait grand tort de snober le menu fretin. Hélas, humain trop humain, et il n’est pas rare que l’humain (aussi haut perché soit-il) apparaisse débordé, dépassé par les événements...

  219. Posté par Minga, le 30 avril 2006 à 01:18

    Coucou Edwige,

    Juste te dire que je me délecte de ton humour aigre-doux... surtout quand tu abordes le sujet Boris-la-sape ! :))

    Boris, si vous me lisez, bien le bonsoir, mon frè ! (rires)

  220. Posté par neil, le 30 avril 2006 à 02:43

    Ce bloc m’enjoye cher Alain je n’en ai guere vu un sur toute la toile.felicitation !

  221. Posté par D.O.W., le 30 avril 2006 à 09:37

    Mamzelle Minga, bien le bonjour ma douce. Je vous retourne votre salut avec plus de cordialité encore ;-) Ce n’est pas moi qui recommandais de passer par Google, c’était Sami. Et pour tout te dire, je ne crois pas que cela résout le problème. Relis mon message précédent, et si ça ne marche toujours pas, enlève dans l’adresse l’espace qu’il y a entre "aspx" et " ?" (par espace, j’entends la case vide, le blanc quoi. non parce qu’on m’a dit que les femmes et l’informatique ça fait souvent deux (rires)

    Zik, merci pour l’article de V. Tadjo. Contrairement à Timba, je trouve qu’il est remarquable et pétri de bon sens. A quelques exceptions près : d’abord le ton de l’article : plutôt que formuler un point de vue, il semble intimer des injonctions. Or rien n’est plus libre qu’un(e) artiste ou un(e) écrivain(e) ! Il ou elle fait absolument ce qu’il (elle) veut. Mais ensuite, nous pouvons en effet dire ce que nous en pensons, et moi, je pense exactement comme Mme Tadjo, mais je le formulerais avec un ton moins impératif. L’autre chose qui ne rencontre pas pleinement mon assentiment, c’est quand elle évoque les écrivains africains "qui passent la plus grande partie de leur vie d’écrivains en Occident". L’écrivain vit où il veut, et à rebours de V. Tadjo, je ne pense pas que cela induise qu’ "Ils n’ont plus de territoire propre, mais seulement des souvenirs". Quantité d’écrivains du monde, dans l’histoire, ont vécu une large partie de leur temps artistique loin de leurs racines, et si en effet chez d’aucuns on a pu voir des altérations, des métamorphoses, chez la plupart pourtant, est souvent demeurée profonde, la trace de leur ensourcement primordial.

  222. Posté par Sami, le 30 avril 2006 à 10:06

    DOW, moi j’ajouterais, à tes objections, que Véronique cite les pères de la négritude en semblant oublier qu’eux aussi ont écrit en "exil", c’est-à-dire à Paris, et que leurs textes ont presque tous été parrainés par les intellectuels français les plus en vue de l’époque, Sartre pour préfacer Senghor (et Fanon qu’on ne cite pas pour la négritude, il n’en fait pas partie), Bréton pour découvrir Césaire et... Ensuite, être écrivain, si ce n’est pas comme le dit Timba, vivre dans un espace fictionnel, alors il faudrait redéfinir la littérature. Mais bon, cet article est vieux de plus de deux ans et entre dans le chaud débat ravivé par la boutade de Kossi Efoui à qui on a fait dire que "L’Afrique n’existe pas" alors qu’il a dit "La littérature africaine n’existe pas", expliquant pourtant clairement "La littérature des catalogues touristiques". Véronique ne prend pas une posture, elle s’interroge, sinon elle qui vivait il n’y a pas longtemps à Londres, maintenant en Afrique du sud, continue à scruter les légendes de sa Côte d’Ivoire natale en publiant ses livres en France. Elle-même est l’exemple de cet enracinement, si l’auteur choisit cette démarche, de l’écrivain en son milieu qu’il porte partout où il "s’exile".

  223. Posté par Timba Bema, le 30 avril 2006 à 11:37

    Merci SAMI de nous rappeler le fait “déclancheur” de ce débat.ça précise mieux les choses.

  224. Posté par Sami, le 30 avril 2006 à 13:16

    Minga, tu seras à Lille cette année ? Tu sais, les accusations de jalousie, je pense que nous les aurons chaque fois qu’on dira quelque chose sur un auteur qu’on estime "parvenu". Il n’y a pas longtemps, avant qu’Alain ne soit un peu plus visible, puisqu’il n’était pas un inconnu, il a relaté dans Africultures l’histoire du manuscrit de Fatou Diome chez Présence africaine, le manuscrit de La préférence nationale, le recueil de nouvelles à succès que d’autres lecteurs avaient jugé mauvais et qu’Alain, en dernière lecture avait estimé digne d’intérêt. Mais il relatait cette histoire après le succès du Ventre de l’Atlantique. Nous étions à Bamako, je m’en souviens très bien, tout le monde n’y avait vu qu’une chose : jalousie, envie, aigreur de la part d’Alain, alors l’affreux jaloux qui aurait voulu être cet auteur ayant vendu plus de cent mille exemplaires... Et quand on lit le texte en question, on cherche les traces de cette jalousie dans les virgules et les parenthèses, même à la loupe. Une seule solution pour éviter cela : nous rappeler les griots et ne plus faire que flatter. Il n’y aura jamais trop de moutons sur la terre. Les bêlements à l’unisson devraient constituer notre marque de fraternité. Exit l’intelligence de Timba, la lucidité de DOW. Et comme ça, nous recréerons le grand parti unique des lettres africaines francophones, puisque chez les anglophones, on n’est jamais complaisant même à l’égard de ceux qu’on a déjà placés très haut. A moins de suivre l’exemple de Mongo Beti qui avait sa liberté de jugement et ne bêlait pas forcément avec les critiques, lui qui ne voyait en Kourouma qu’un analphabète (je ne souscris pas à ce jugement, je souligne la liberté de ce monsieur si singulier dont une dizaine de tomes d’inédits à paraître chez Gallimard portent le témoignage. Sur les autres écrivains, sur les politiques, sur les Français, les Noirs... Commencez à préparer vos poches, l’autre Beti s’apprête à vous gueuler sa vision des choses et ce n’est pas dans du mou).

  225. Posté par Serigne, le 30 avril 2006 à 15:17

    Zik, quand je loue le silence de Mabanckou, c’est parce que justement il est plus sage de ne rien dire quand on sait que tout ce qu’on dira sera juré et interprèté. J’ai relu l’article, j’ai l’impression que je suis le seul à avoir vu que son auteur lançait plutôt des fleurs à Obiang, d’où mon étonnement devant les virulences de celui-ci.

    Minga, gardez votre calme, je ne suis qu’un vilain visiteur qui essaie de comprendre ce qui se trame outre afrique, je ne cherche en aucun cas à juger Ludo, puisque vous le nommez ainsi, de quel droit me le permettrais-je ? Je sais à peine écrire une phrase sans faute ! Je trouve quand même qu’il y a beaucoup d’animosités entre les auteurs.

    Sami, ton dernier post est bien amer, souffrirais-tu aussi d’accusations de jalousie et de frustration ? Pourtant, tu ne devrais pas, mon ami. Comme tu le dis si bien, un écrivain "parvenu" a toujours des empêcheurs de tourner rond, et Dieu sait que ce n’est pas propre au milieu littéraire.

    Edwige H, je te salue.

  226. Posté par Sami, le 30 avril 2006 à 16:15

    Serigne, tu as une lecture neuve, c’est putôt un plaisir. Tu t’es longtemps absenté du blog, tu aurais remarqué qu’à chaque fois que quelqu’un a tenté de faire une analyse même la plus neutre possible, l’accusation de jalousie est tombée. Et je rappelle que c’est une tendance générale, tout le monde pouvant être à la fois accusé et accusateur selon la posture qu’on prend. Dans tous les cas, ce qui serait négatif, c’est qu’il n’y ait plus de débat mais des éloges. Ceux-ci, même bien mérités, ne peuvent fermer la porte au regard lucide, critique, qui sait aussi relativiser un peu les choses. Je ne sais pas si Il y a peut-être moins d’animosité que de mise au point entre certains auteurs quand cela leur semble nécessaire, il y a aussi des amitiés sincères, durables, des alliances de circonstances selon la direction du vent, il y a l’humain dans son habituelle complexité. Tu ne sais pas écrire une seule phrase sans fautes ? Eh ben, nous sommes au moins deux dans ce cas. La légère différence entre toi et moi, nous deux musulmans, c’est que moi je fais aussi la cuisine.

  227. Posté par D.O.W., le 30 avril 2006 à 16:22

    Sami, c’est tellement juste ce que tu dis sur les pères de la négritude. Je n’avais pas eu vent de cet article de V. Tadjo ; en revanche, j’ai entendu parler de "l’affaire Kossi Efoui". Et j’en ai pensé des choses diverses, beaucoup trop sans doute pour les étaler ici. Mais je me suis toujours demandé si ce point de vue "universaliste" s’énoncerait de la même façon à propos des littératures d’ailleurs. Je suis de ceux qui détestent l’enfermement de l’écrivain (dans un territoire, une étiquette, ...), mais est-ce que Kossi Efoui dirait que "la littérature française n’existe pas" ? Je suis curieux de savoir ;-)

    Et sur "les bêlements à l’unisson", rien en effet ne m’est plus insupportable. Le seul camp auquel j’appartiens, se veut toujours être celui de l’objectivité. C’est pour cela qu’ici, bien avant que Ludovic ne soit parmi nous, je n’ai jamais manqué de signifier à Alain, le plus clairement, quand je n’étais pas d’accord avec lui. De même que j’ai été un des premiers à réclamer pour L.O. le droit de dire tout ce qu’il voulait, tout en lui indiquant chaque fois en quoi je ne le rejoignais pas, soit dans le ton, soit sur le fond. Nous ne bêlerons jamais à l’unisson, si nous laissons chacun s’exprimer, et si, jugeant son discours, nous ne nous intéressons qu’aux idées, et non aux affinités. Et c’est pour ça, en effet, que Mongo Béti était pour moi un modèle intemporel. Il ne lui serait jamais venu à l’esprit de défendre Kourouma par solidarité africaine. De même, il combattit férocement certains camerounais, c’est-à-dire ses "compatriotes", et même - ô sacrilège ! - certains de son ethnie (et avant tout l’actuel chef de l’Etat). Parce que son seul pays à Mongo Béti, c’était celui du talent et du sérieux. Lui apparaissaient comme ses "frères", seulement ceux qui avaient une certaine idée de la dignité. Et moi, Mongo Béti fut un de mes plus proches "parents" en ce monde. Vivement donc ces inédits que tu nous annonces Sami ! ;-)

  228. Posté par Zik, le 30 avril 2006 à 16:24

    Serigne,

    Pour que tout soit clair, ce n’est pas tant que ça le silence de Mabanckou dont il est question dans mon post. Mais plutot l’attribution d’une “hauteur morale” que vous donnez á ce silence. Je voulais simplement vous rappeler qu’á mon sens, il n’y avait rien de moralement élevé á écrire quelque chose et se réfugier derrière le silence, face á une opposition argumentée et réfléchie.

  229. Posté par Sami, le 30 avril 2006 à 16:46

    DOW, bonne question ! Dirait-on La littérature française n’existe pas ? La littérature latinoaméricaine n’existe pas ? La littérature japonaise n’existe pas ? Non et non. Mais bon, au cours de ces dernières années, certains nous ont même faits auteurs collectifs de cette boutade en nous interpellant rudement pour nous reprocher notre négation de nos racines. Pas plus qu’en décembre, on me l’avait reproché à Dakar et comme toujours il m’a fallu redire que cette boutade a un auteur qui s’assume comme individu et assume à la fois ses écrits et ses déclarations. Hélas, certains regards créent une catégorie qui devient pour nous autres vivant hors de nos pays comme une camisole de force. Les écrivains africains écrivant hors d’Afrique sont en danger, écrit carrément Tadjo. Et on taira l’importance des production puisant toujours et souvent exclusivement dans les expériences que nous avions eues dans nos pays ou continuons d’y avoir puisque nous ne sommes quand même pas des "coupés" de racines ! Nimrod, Waberi, Mabanckou, Efoui lui-même, Raharimanana, Alem, pour ne citer que ceux-là, construisent leurs oeuvres au coeur de leur pays. Les discours parallèles aux écrits ont peut-être d’autres fonctions. Est-ce surtout à cause de cette irréductible extranéité (en grande partie) de notre marché ? Bon, allons, allons, le Mongo Beti ne saurait tarder, le premier tome arrive dans peu de temps, tout mis en ordre grâce à la collaboration d’un universitaire camerounais aux Etats-Unis et de Boniface Mongo. Mais c’est du tonnerre, le verbe de ce monsieur quand il était en colère, et il l’était très souvent. Disons qu’il est mort en colère, hélas ou heureusement selon...

  230. Posté par Sami, le 30 avril 2006 à 18:13

    Je fais bien évidemment la part des choses entre la fascination que suscite un écrivain et les bêlements à l’unisson. La fascination, elle a toujours, elle, existé. Quelqu’un raconte son expérience : à Paris,
    il allait parfois dans certains restaurants juste pour pouvoir voir de loin un écrivain qui était l’attraction du Tout-Paris : Julio Cortazar. Celui qui était tant en admiration écrivait déjà ou tentait d’écrire, mais c’était un jeune inconnu. Plus tard, ce jeune inconnu éblouira le monde et sera même Prix Nobel : c’est Gabriel Garcia Marquez. Il n’a plus rien à envier à Cortazar, au contraire...

  231. Posté par Ludovic Obiang, le 30 avril 2006 à 20:25

    Cher Bakima
    Je sors de ma lointaine réserve juste le temps de préciser mes positions et de te permettre d’affiner ton analyse - le pauvre Sami, qui s’en charge d’habitude, ploie sous le fardeau et les menaces...

    Sima introduit, en effet, une hypothèse qui me semble particulièrement séduisante : le mérite actuel des écrivains congolais le doit, dans une certaine mesure, à la contribution des précurseurs d la littérature gabonaise pendant la colonisation. Cette hypothèse me semble particulièrement féconde, au moins pour trois raisons :

    Primo, elle prouve - je suis d’accord avec Timba sur ce point - que la carte d’identité et le chauvinisme ne sont pas des critères suffisants pour définir une littérature nationale. Il aurait suffi en effet que le nez de Cléopâtre soit moins long et le crayon du colonisateur moins véloce pour que la plupart des écrivains concernés par la controverse soient tous Congolais ou tous Gabonais.

    Secundo, elle (l’hypothèse) affirme le rôle majeur de l’institution dans l’épanouissement d’une littérature de qualité. Sans dénier le patrimoine culturel exceptionnel des peuples du Congo, il faut admettre qu’en l’occurrence (en littérature) la génération dorée de Tchicaya U Tam’si, Sylvain Bemba, Tati-Loutard, Henri Lopes, Maxime Ndébécka, Sony Labou Tansi, jusqu’à Emmanuel Dongala, etc. (sans véritable continuateur aujourd’hui) aura bénéficié du travail de fond effectué à l’époque coloniale. Je rappelle l’importance des instances pédagogiques (missions catholiques, etc.), des concours et manifestations diverses, lesquels auront permis par exemple l’éclosion d’un Lomami Tchimbamba (Ngando, etc.).

    Sima souligne donc le rôle joué par les Gabonais dans cette institutionnalisation de façon à vouloir, non pas tirer la couverture du succès congolais à soi, mais de façon à arracher un minimum de respect à l’artiste suffisant qui juge la littérature gabonaise du haut de son succès neuf.

    Tierco. Le post de Sima rappelle aussi que l’effort d’institutionnalisation littéraire a été accompagné d’un effort d’émancipation politique patent. Les Gabonais, par leur engagement journalistique et littéraire, ont contribué à la prise de voix des populations congolaises et gabonaises. Mais une fois l’indépendance acquise, le champagne débouché et les puits de pétrole forés...

    D’où l’inanité de ton argument selon lequel le Gabon aurait dû tirer partie des quarante six ans de « paix » sociale pour développer une littéraire de haut niveau. Au contraire, révise tes classiques, il n’y a rien de pire pour la littérature et les arts en général que la paix et la farniente. Les périodes de paix sont généralement des périodes de décadence et de grande corruption.

    Le Gabon, une fois englué dans une paix relative, s’est contenté de ronronner alors que les Congolais continuaient de faire valoir leur « récalcitrance » naturelle. C’est peut être dramatique de l’admettre, mais l’instabilité politique du Congo, les guerres larvées, les conflits résurgents, sporadiques, endémiques, ont peut-être servi l’épanouissement de votre littérature. Victor Hugo disait qu’un homme assis ne peut être poète.

    Aujourd’hui l’espèce de « Renaissance » des lettres et des arts qui s’amorce au Gabon est forcément la conséquence de la paupérisation extrême qui affecte le pays.

  232. Posté par Ludovic Obiang, le 30 avril 2006 à 20:31

    A Bakima (suite...)

    Le deuxième point de ton intervention concerne la position que j’adopte vis-à-vis de mon très cher confrère et frère Alain Mabanckou, et les mots particulièrement durs que j’ai tenus à son endroit.

    Je m’exprimerai encore une fois sur ce sujet, puisque de nombreux intervenants (les nouveaux en particulier) font encore la sourde oreille ou s’affublent d’œillères pour ne juger que par leur cœur.

    Tu juges mes paroles déplacées, insultantes, virulentes, ineptes, pour un Bac+100 comme moi, etc. Mais, comme te l’ont recommandé Minga et Zik, relis la « note » d’Alain, sans l’anesthésiant du chauvinisme ou du sentimentalisme, et dis-moi ce que méritent des propos qui sont non seulement insultants et condescendants (cf. l’analyse que j’en ai fait à Sami ou à D.O.W.), mais qui sont pour la plupart sans fondement, traduisant une méconnaissance absolue, non seulement du sujet qu’il veut évoquer, mais des grandes problématiques de la littérature en général.

    N’oublions pas que celui qui parlait se targue d’être tout à la fois écrivain (romancier et poète), et professeur de littérature francophone (catégorie dans laquelle se range « modestement » la littérature gabonaise).

    Vois comment tu as réagi dès l’instant seulement où l’on te dit que le Congo a peut-être contracté une dette littéraire vis-à-vis du Gabon ou quand on établit une symétrie entre la position des écrivains et la SAPE de l’ami Boris. Qu’est-ce que ça donnerait si on se mettait à insulter « tes » écrivains » ? Pourtant que de choses à dire sur ces noms prestigieux que tu cites. J’y reviendrai...

    Pour l’instant, je veux réaffirmer qu’Alain Mabanckou n’a jamais lu le moindre roman d’un auteur gabonais, même ceux qu’il cite, ni le moindre essai traitant de la littérature gabonaise. Alors comment peut-il prétendre parler de cette littérature ? J’ai cru percevoir une lueur de sérieux dans tes propos. Alors dis-moi par quelle magie cela est-il possible ? Comment peut-on parler d’une littérature qu’on ne connaît pas, autrement que pour avouer son ignorance ?

    Je répète, puisque tu le souhaites, qu’Alain fait remonter le roman gabonais à l’année 1985 avec la parution de Au bout du silence de Laurent Owondo, alors que le premier roman officiel de la littérature gabonaise apparaît en 1971 avec Historie d’un enfant trouvé de Robert Zotoumbat. Cela le moindre enfant qui tête sa mère le sait au Gabon. Peut-être pas en France ou au Congo, mais il lui aurait suffi alors de lire mon article paru dans la revue Notre Librairie, - revue pour laquelle Alain a été pressenti comme membre du conseil « scientifique - Mon Dieu, jusqu’où va le copinage chez les Blancs !

    En voici les références :
    Ludovic Obiang
    Voyage au bout du silence, panorama critique du roman gabonais, in Notre Librairie n° 138-139, Actualité littéraire 1998-1999, septembre 1999-mars 2000, pp. 30 à 40.
    Cet article a été redoublé par celui de Papa Samba Diop publié dans la même revue et intitulé : Ecrire l’Afrique aujourd’hui, les auteurs gabonais, in Notre Librairie n°150, 40ans de littérature du Sud, avril-juin 2003, pp. 86-91.

    Je profite aussi de l’occasion pour vous informer de l’existence d’un site créé par Jean-Marie volet sur les romancières africaines. De nombreuses auteures gabonaises y sont à l’honneur.
    Alors, il y avait quand même de la matière pour s’informer, si c’était le savoir qui était le vrai souci d’Alain. Je maintiens qu’il voulait juste faire de l’esprit et se rehausser aux yeux de ses fidèles.

  233. Posté par Ludovic Obiang, le 30 avril 2006 à 20:35

    Il parle d’un nouveau roman de Justine Mintsa, alors qu’il s’agit d’une réédition d’un roman publié en 1994 à La Pensée universelle...

    Tant d’ignorance pour fonder même une simple opinion méritait un désaveu public et j’en ais assumé la responsabilité, que ça plaise ou non au fan club. Au moins cela aura permis de préciser les positions des uns et des autres vis-à-vis de la littérature.

    En effet, les propos d’Alain Mabanckou nous aurons permis de savoir de quel point de vue lui et ses affidés perçoivent la littérature.

    Il est manifeste que pour Mabanckou, l’écrivain, le « grand écrivain » correspond à une vision marchande, lucrative de la littérature, qu’il évalue la qualité de façon « comptable » comme un colporteur égrène ses cauris, mais aussi comme un sapeur soigne ses Weston, ses Pierre Cardin, ses Lacoste, etc. Toi-même, lorsqu’il s’agit de défendre la littérature congolaise, c’est par le nombre, « floraison d’écrivains » traduit en « 46 langues » etc.

    J’ai voulu montrer, en toute sincérité, qu’il y avait une autre façon d’appréhender la littérature et de vivre son engagement artistique (cf. Timba, même si j’estime que ces beaux arrêts scientifiques ne sont au fond, de par l’usage qu’il en fait, que de la dérobade et des Panglosseries : « Il demande à chaque idée : qui sers-tu ? »). Mais l’on m’a accusé de jalousie et de perfidie. Pourtant, oui, Bineta, ça peut te paraître exceptionnel ou ringard, mais il est des auteurs africains qui ne souhaitent pas « se hisser » sur l’arbre du succès planétaire, du moins pas au prix que cela coûte. Demande à Alain quelle marche il lui a fallu monter pour accéder à ce sommet. La seule chose qui est sûre ce n’est pas envoyant ses manuscrits par la poste...

    Il semble bien que la collusion avec certaines instances de décision (politique) et de finances soit une des caractéristiques du succès de nombreux écrivains congolais. Je ne citerai pas de nom, mais toi, Bakima, tu les connais bien. Explique-nous, à la suite de Mongo Mboussa, comment la littérature peut si bien rimer avec la « démocratie » de ton pays.

    J’ai dit que j’avais la chance d’être à la fois des deux côtés de la barrière et je t’assure, mon cher Bakima, que si je te disais seulement le millième de ce que je sais sur nos grands écrivains de la « migritude », tu ne dormirais pas de la nuit.

    Alors ce que je voudrais dire à Alain et à tous ceux qui le flattent, c’est ceci. Si vous avez choisi d’être les « fucky niggers » des Blancs - comme Fatou Diome tiens - faites-le, c’est votre droit, mais ne prenez pas prétexte du succès qu’ils vous concèdent pour venir jouer les gros bras chez nous et nous imposer vos visions déformées. Nous-mêmes, on se connaît.

    Ciao

    Ludovic

    P.S. : Mes salutations à mon ami et frère Apollinaire Simbou, l’éloquence congolaise personnifiée et à Sauve-Gérard Ngoma du... Potentiel ?.

    P.S.S. : Au fait Sami, ce n’est parce que l’on se moque ouvertement des sapeurs qu’on n’est pas sapeur soi-même dans l’âme. Il s’agit là d’un inconscient textuel qui échappe à Alain lui-même. C’est justement le rôle du critique, de faire remonter à la surface des choses que l’on garde dans le ventre.

    On parle à ce propos de « raison subjective « , les intentions avouées, explicites de l’auteur et de raison objective « les significations qui se mettent en place de part ses choix d’écriture. Mais on va encore me faire le reproche de pontifier.

  234. Posté par Jo Ann, le 30 avril 2006 à 21:15

    Le hasard ne saurait exister !

    A Montpellier, fin mai, place à la francophonie. Je ne rate aucun rendez-vous littéraire qui me soit intéressant ! Enfin, ils le sont tous, mais les uns plus que les autres.
    Donc, dans ma p’tite ville du sud de la France, le 21, je vais pouvoir voir M. Mabanckou, Bessora, Fatou Diome, Waberi, Kofi Kwahulé (que je ne connais pas encore), JL Raharimanana (idem).

    Mais fallait-il vraiment que ce soit un dimanche à 11h du matin ? :|

    Thèmes :
    ► “Ecrire en présence de toutes les langues” : ou la genèse de la langue d’écriture chez les auteurs francophones. De la langue maternelle au français, ou du français à la langue maternelle, quels chemins, quels détours l’auteur a-t-il empruntés ?

    ► “Mémoire et amnésie des cultures, à quel jeu joue l’écrivain de langue française ?”

    ► “Ecrire dans la fureur du monde” : Quels choix d’écriture pour un continent en proie à la guerre et à la pauvreté ? De quelle marge de liberté l’écrivain francophone dispose-t-il ?

  235. Posté par D.O.W., le 30 avril 2006 à 22:00

    Plus ça va, plus tes arguments cher Ludovic sont débarrassés de toutes scories inutiles. Il se font alors plus persuasifs et plus percutants ; et nous on aime le débat quand il prend ces chemins et ces voies-là.

    Sami : l’ "universitaire camerounais aux Etats-Unis" c’est forcément Ambroise Kom, qui a déjà consacré un ou deux livres à Mongo Béti ; et qui était plus ou moins directement lié à l’élaboration d’un site internet qui avait pour ambition de reconstituer la totalité des articles de la revue de Mongo Béti "peuples noirs, peuples africains (PNPA)". Je ne sais pas si l’entreprise est achevée (et pour tout dire j’ai un peu la flemme de rechercher l’adresse du site), mais les textes que préparent Boniface Mongo Mboussa proviendront probablement, au moins partiellement de cette source. J’ai lu à l’époque les premiers numéros mis en ligne, et, effectivement, c’était de la dynamite ! (rires)

    Jo Ann : tu as bien de la chance d’y être : les sujets que l’on discutera à Montpellier sont passionnants !

  236. Posté par Sami, le 30 avril 2006 à 22:41

    Oui, Dow, c’est lui-même, Ambroise Kom, LE BETISTE PAR EXCELLENCE !

  237. Posté par Minga, le 1er mai 2006 à 00:10

    Mince pour cette rencontre à Montpellier... C’est cuit pour moi, je ne pourrais y être. Ann, tu me feras le compte rendu, ma belle, promis ? :)) Merci d’avance.

    Sami, oui je serais à Lille cette année ? Tu viens manger du manioc (de l’ablo si tu veux) chez moi ? (rires) Amusant cette affaire de bêler à l’unisson. Mais ça ne profite à personne la flagornerie... La critique n’est pas forcément nuisible ou déconstructive. A condition que chacun sache l’accueillir avec une once de modestie.

    Sinon, Sami et Dow, vous évoquiez Mongo Beti qui "agresse" littéralement Kourouma en le traitant d’analphabète ! C’est extrême de dire ça quand même. Combien d’analphabètes M. Beti avait-il connus et qui ont été capables d’écrire des opus comme Kourouma l’a fait ? Ce jugement "entier" me rapelle le procès (révoltant !) de Diaw Falla, l’attachant Docker noir de S. Ousmane.

    Ok, il m’est arrivé deux fois d’assiter à des rencontres où Kourouma faisait une communication. Disons que l’homme n’était pas une référence en matière d’éloquence, d’aisance verbale. On sait aussi que son style n’est pas le plus lisse, conventionnel qui soit. Mais c’est justement cette originalité qui lui a valu son pesant d’or. Ce côté granuleux, rugueux et iconoclaste dans l’écriture...
    Est-ce une raison pour discréditer son oeuvre et le déclarer analphabète ?

    PS : puisque la tribune est dédiée à (l’inexistence de) la littérature gabonaise (rires), j’en profite pour proposer le premier roman de Peter Ndemby, mon très cher ami, compatriote et ancien condisciple du Département de Lettres Modernes à Libreville : Les Oubliés de la forêt des abeilles paru récemment aux Editions Amalthée - une rognure, je sais. (rires)

  238. Posté par Sami, le 1er mai 2006 à 00:24

    L’ablo ou le manioc, le colombo au cabri, tout j’adore. De par mes multiples identités, terre natale, pays de vie, île par alliance, il n’y a plus un seul plat qui ne me convienne. Donc Minga, selon tes ingrédients. Oui, Mongo Beti était violent, il disait la même chose de Ferdinand Oyono. Mais au fond, il savait reconnaître en ces deux-là de bons écrivains. Disons que son charme se trouvait aussi dans son excès. Quand il aimait, il ne comptait pas ses mots (cf son admiration pour la révolution de Sankara), quand il n’aimait pas, c’était pareil.

  239. Posté par Timba Bema, le 1er mai 2006 à 08:56

    DOW ; La société des amis de Mongo Beti a créée un site web dans lequel ils publient en ligne des artiles de la revue peuples noirs et d’autres contributions.

    Ambroise Kom en est membre ; un critique brillant mais une lecture tendance radical de gauche. Le site est :www.mongobeti.org ou www.arts.uwa.edu.au/mongobeti/

    Sami ; Certaines langues disent que Ferdinand Oyono n’est pas l’auteur de ses livres.

    Minga ; Les écrivains se donnent tellement de mal à produire leurs oeuvres qu’une petite phrase mal intentionnée peut les mettre dans tous leurs états. Mongo beti était une sorte de rhétoricien de la langue parfois extrême que ses propos sur A.Kourouma peuvent être compréhensibles. Ne serait-il pas utile de rappeler que dans les années 50-70 la tendance majeure de l’écriture en Afrique était plutôt classique ?

    L’autre chose que révèle cette petite phrase c’est qu’on ne fait parfois pas l’effort de critiquer une démarche d’écriture ou de pensée mais qu’on se contente juste de quelques phrases qu’on croit faussement emblématiques de cette démarche. On a fait pareil avec L.S.Senghor et ça continue encore aujourd’hui comme tu as pu le constater sur ce blog.

    Bien à vous

  240. Posté par Sami, le 1er mai 2006 à 09:44

    Timba, on dit que Ferdinand Oyono ne serait pas l’auteur de ses livres ? Finalement, quel auteur africain d’une certaine époque aurait été réellement l’auteur de ses livres ? Ah ! Comme si quelqu’un aurait pu écrire à sa place Le vieux Nègre et la médaille ! Moi c’est l’un de mes auteurs préférés. Peu produit, mais une oeuvre complète en trois titres.

  241. Posté par D.O.W., le 1er mai 2006 à 12:59

    Merci Timba, je vais faire un petit tour sur ces sites. Minga, pour ma culture, les Editions Amalthée, c’est gabonais ?

  242. Posté par D.O.W., le 1er mai 2006 à 13:17

    Oui Timba, c’est ce site-là même ! Dis donc, ils ont bien avancé. 44 numéros déjà. Mais il faut sacrément de temps pour lire tout ça. En tout cas, plutôt que le "Da vinci Code" et autres niaiseries, voilà une saine lecture pour l’été (rires).

  243. Posté par Zik, le 1er mai 2006 à 16:18

    D.O.W. :"les Editions Amalthée, c’est gabonais ?"

    Non, c’est Franco-Francais il me semble : /www.editions-amalthee.com

    Sami a propos de Ferdinand Oyono : "Moi c’est l’un de mes auteurs préférés. Peu produit, mais une oeuvre complète en trois titres."

    Preuve qu’en art, qualite et quantite font bien deux. Cas emblematique, Ralph Ellison, l’auteur de "Invisible Man", publie en 1952. Ce roman est classe parmis les 100 meilleurs romans de tous les temps aux USA (Classement Random House : www.randomhouse.com/modernli...). Ce roman est classe a la 19ieme place. Saul Bellow, qui lui meme n’etait pas un ami litteraire des causes noires, et qui avait meme publie plusieurs romans racistes, avait dit que pour lui, c’est le meilleur ouvrage jamais ecrit par un Americain. Pourtant, Ralph Ellison n’a publie qu’un seul roman (quand il est mort, il essayait d’achever son second).

  244. Posté par Sami, le 1er mai 2006 à 16:31

    Très juste, Zik. Italo Svevo avec l’unique La conscience de Zeno, Giuseppe Toamsi Di Lampedusa avec l’unique Le guépard, Juan Rulfo avec son unique roman Pedro Paramo et le recueil de nouvelles Le llano en flammes, oui, ces auteurs ont, avec un ou deux titres trouvé leur place au sommet. La quantité n’est pas le plus important. Pour ceux qui ont beaucoup produit, souvent il faut faire un grand tri.

  245. Posté par Sami, le 1er mai 2006 à 17:17

    Tomasi et non Toamsi

  246. Posté par Zik, le 1er mai 2006 à 17:57

    Sans vouloir donner l’impression de trop m’apesentir sur le sujet, j’aimerais revenir sur le theme central des mots de Tadjo et Obiang. Ma lecture de leurs reflexions est que tous les deux s’inquietent de la confiscation et de l’orientation des lettres Africaines, par des forces dont les interets sont extra artistiques. Il semble que les auteurs Africains a la recherche de reconnaissance, sont appeles a aller la ou le public, ayant especes sonnantes et trebuchantes, se trouve. Il y aurait donc une falsification du contenu des themes abordes par ces auteurs, car il faut satisfaire les attentes de ce public (souvent Europeen), leur dire et leur faire lire ce qu’ils veulent entendre et lire. Comment expliquer les demarches des Beyala et tous les autres “clones” qui ont suivi ? Un hasard ? Je pense que non. Lorsqu’on ne presente l’Afrique que sous les traits d’un espace aux coutumes “malades” dont les nouvelles generations doivent etre “vaccinees” contre, pour reussir en France (le theme central de Kelman), lorsqu’on demande ostensiblement aux parents Africains de proteger leurs enfants contre leurs pratiques et croyances ancestrales, a quel jeu joue t-on ? Qui veut-on impressionner ? Quel est le public susceptible d’etre d’accord avec vous, et le prouver en deboursant 20 euros ? Aime Cesaire, Senghor, Mongo Beti et Co., sont des dieux des lettres Africaines ; combien de fois ont ils ete invites sur les plateaux de la television Francaise pour parler de culture ? En contraste, combien de fois avez vous vu Beyala ou Kelman a la tele ? Un ecrivain est d’abord un temoin, un relateur, un raconteur, un analyste et interprete. C’est donc notre collectif qui se retrouve oriente et guide, lorsque nos ecrivains qui ont le billet d’entrée au bal de la “congratulation”, ne sont plus que des pantins dansants au rhythme d’un tambour major qui nous connait a peine. Nous nous retrouvons face a face avec l’ecriture formulaique, pleine de cliches et sentences. L’ecrivain est un regulateur social dont la fonction n’a de sens que si celle-ci est honnete. Lorsque l’ecriture ne se traduit plus qu’en recette de caisse, on devrait arreter toute pretention et ecrire comme le font Gerard de Villiers, Danielle Steel ou encore Stephen King ; des ouvrages en “fast food” pour les longs parcours en train ou en avion, ou encore en taxi-brousse (on aime Gerard de Villiers en Afrique).

  247. Posté par Minga, le 1er mai 2006 à 19:20

    Hum hum ! Que dire frangin Zik ? Tu m’épates ! Une fois de plus bravo pour ta dernière contribution : mesurée et bien balancée, dis donc ! A cet instant précis, je ne me gênerai pas de "bêler" avec toi à l’unisson. Mais un bêlement franc et sincère n’a jamais été désagréable. :))

    Et merci pour l’info à DOW. En effet les Ed. Amalthée sont françaises. A ce sujet, j’ai été réveillée ce matin par Peter Ndemby, le compatriote en question. On a passé une petite heure au tél. Bien entendu, je lui ai proposé de venir lire l’article d’Alain. J’aurais aimé inviter d’autres "roseaux pensants" gabonais. Mais bon, ce n’est non plus la guerre bisso na bisso bokilo, hein ? (rires)

    Timba : c’est énorme ceux qui susurrent que F. Oyono aurait un (vieux) Nègre dans les placards... Info ou intox ? De toute façon, vu l’énergie que les détracteurs sont en mesure de déployer pour détruire, on se demanderait bien pourquoi ceux-ci n’ont jamais révélé le nom du supposé Nègre d’Oyono. Sûrement pas par grandeur d’âme...

    Ensuite Mongo Beti-critique, j’avoue que j’ignorais encore cette facette excessive, quasi "homérique" du personnage. M’étant surtout familiarisée avec ses fictions. Bien sûr que son effort de critiquer est louable. Qu’il soit allé en guerre contre les flatteries obséquieuses et autres politiques du prestige est tout à son honneur. N’empêche qu’il me surprend avec ce qualificatif à Kourouma...

    Déjà que des personnes instruites, capables de logique et d’imagination peinent pour trouver les mots et rédiger un traître poème à leur douce moitié. Et voici qu’un illustre analphabète nous lègue une oeuvre magistrale ! Une que bon nombre d’érudits ne sauraient égaler. M’est avis que si Kourouma n’était pas ce fieffé analphabète que l’on prétend, il était soit génie soit magicien. (rires)

  248. Posté par Minga, le 1er mai 2006 à 19:52

    Je renchéris suite au propos de Zik. Ce sera aux plus agacés de disposer. (rires) Alors, oui, la quantité n’a jamais garantit la qualité. Comme la maison d’édition ne sera jamais synonyme de littérarité...

    Okumba Nkoghé, compatriote et enseignant de Littérature est considéré comme le plus prolixe des écrivains gabonais. Pourtant, de lui je ne reconnais que son roman La Mouche et la Glu... Christine Angot publie chaque année des "soupes" chez Pocket-Plon. On la voit sur tous les plateaux de TV. Surtout depuis qu’elle est entrée dans l’Histoire de la France en quittant une émission en direct, vexée par les pitreries misogynes d’un célèbre cabotin.

    De même, on fait du bruit dans la presse dès que la maîtresse abandonnée d’un homme politique s’en vient raconter leurs secrets d’alcôve chez Seuil ou Albin Michel.

    Par contre, Alain Fournier n’a pas eu besoin de tribune officielle pour continuer à nous ravir avec son unique roman : Le Grand Meaulnes. Pareil Le Désert des Tartares, l’exception de Dino Buzzati. Sans oublier ces auteurs sud-américains publiés aux (petites ?) Ed. Métailié(France). Hernan Rivera Letelier, Luiz Ruffato, Tabajara Ruas etc. Des auteurs, méconnus en Europe. J’ai eu le plaisir de les lire pour un Magazine.com et de rédiger des articles sur leurs romans. Des livres qui valent un sacré détour !

  249. Posté par Zik, le 1er mai 2006 à 20:02

    Merci pour les bons sentiments, Minga. Les textes de Obiang et Tadjo m’ont interpelle a plus d’un degre. Je suis en train de lire la derniere biographie de Spike Lee (That’s My Story and I am Sticking to It). Du tonnerre, s’il est paru en France, je te le conseille. Ce dont parle Spike Lee est essentiellement la meme chose que disent les Tadjo et Co., c’est a dire qu’il est important et meme crucial de controler son propre message, son image et son patrimoine. Spike parle de son experience dans le cinema, face a ce qu’il a appele “la tyranie de l’imperialisme intellectuel”. C’est a dire cette notion qui veuille que certains sachent toujours tout et que d’autres soient eternellement des apprentis. Spike dit qu’il faille s’assumer et qu’il vaille mieux echouer spectaculairement, que de continuer a n’etre qu’une caisse de raisonnance a qui l’on commande le discours a tenir.

  250. Posté par D.O.W., le 1er mai 2006 à 20:43

    Non de dzeus ! faut peut-être que je sorte de mon trou alors.. !? Je ne connais les éditions Amalthée ni d’ève, ni d’adam ! C’est grave docteur ? (rires). En tout cas merci à Zik et Minga.

    Zik, tu relèves en effet un aspect très important de l’article de V. Tadjo. Quand j’y ai réagi, je n’ai pas spécifiquement réagi à celui-là (on en viendrait à faire de mini romans ici n’est-ce pas ;-) Mais je pense sur toute la ligne comme toi. (ouh là ! si on compte aussi Minga, ça commence à bêler à l’unisson là on dirait...(rires)

  251. Posté par Sami, le 1er mai 2006 à 22:03

    DOW, tu veux mon avis ? Je peux bêler avec vous. La seule chose peut-être que je dirais de façon légèrement différente concerne le sentiment en général qui finit par se dégager au sujet d’un écrivain qui devient un "succès". L’idée qu’il ait vendu son âme au diable flotte au-dessus de sa tête. La réflexion de Véronique aurait gagné à s’élargir, elle ne peut pas concerner que des écrivains africains "exilés". Minga l’a déjà élargie en citant Christine Angot, d’autres disent de Houellebecq qu’il est dans l’air du temps, pareil pour Beigbeder... Des écrivains africains dont on a dit du bien sur ce blog (je me dispense de le nommer) ont eu au sujet de Kourouma des propos tellement durs, mais tellement durs (peut-être Minga avait-elle pu les entendre, puisque cela s’était passé aussi à Lille en 2000, après son Renaudot). Et pourquoi ? Parce que, en partie, il représenterait, tant dans son écriture que dans sa façon de s’exprimer le Nègre qu’attendent les Blancs. Inutile de m’étendre là-dessus. Plus sérieusement, on ne peut nier, dans n’importe quel domaine de l’art, cette connivence consciente ou inconsciente entre beaucoup de créateurs et une certaine attente des instances de légitimation et du marché, donc du fameux public qui, lui, est en réalité formaté par des instances au-dessus de lui. Mais de cette connivence réelle, il y a le danger d’une suspicion systématique ou du moins qui pèse sur certains qui marchent. Et de cette connivence réelle, il y a danger de raisonnements qui spécifient des problèmes assez généraux. Les propos de Spike Lee que rapporte Zik sont, à mon sens, comme un avertissement à tout créateur, à Véronique elle-même, à moi, à tout le monde, même à Spike Lee puisque, malgré tout, il évolue dans un système. La faiblesse de la vision de Véronique, c’est son cantonnement aux écrivains africains vivant hors d’Afrique. Pour une Ivoirienne, elle aurait même pu analyser la logique d’une collection à succès comme Adoras où chaque auteur reçoit le "cahier" de charge, comment écrire, ce qu’il faut mettre dedans. Au misérabilisme, on substitue le cliché de l’Afrique de l’opulence. Le public en veut, en redemande, la littérature sur mesure est née au coeur d’Abidjan et devient un phénomène que des magazines et quotidiens parisiens analysent. Allah n’est pas obligé aurait-il intéressé en France si, au lieu des enfants soldats, des bras qu’on coupe, de la chair humaine qu’on bouffe, Kourouma avait parlé d’une histoire d’amour bien classique de deux jeunes Malinkés d’un village perdu de Côte d’Ivoire et de Guinée ? Si l’auteur lui-même n’écrivait pas avec l’ombre du marché sur sa tête, l’éditeur n’est-il pas conscient que l’histoire des enfants soldats était alors porteuse ? Il me semble qu’on oublie une chose, une seule : beaucoup d’oeuvres classiques en peinture surtout ont été des commandes, beaucoup d’oeuvres dramaturgiques ont été des commandes directes ou indirectes des rois, les artistes étant payés ou entretenus pour les produire. Ce qui permet à certains artistes d’être à la fois sous l’emprise des contingences matérielles et au-dessus d’elles, c’est ce petit truc qui dépasse à mon avis le talent, c’est le génie. Hélas, peu en ont. Le problème se situe là. Vénorique se retrouverait devant ce problème, moi aussi, les autres aussi. Ecrivant de là-bas ou d’ici, ce qui fait qu’on ne produit pas chaque lundi matin L’aventure ambiguë relève des incurables limites de chacun. Et puis le marché est ce monstre qui aussi sait transformer en modes des démarches rebelles. Parfois d’ailleurs, il en a besoin pour se révitaliser. Tout ce qui est rév

  252. Posté par Sami, le 1er mai 2006 à 22:09

    J’ajoutais que tout ce qui est dans un premier temps révolutionnaire, hors des modes, est la mode de demain. L’art, lui, peut supporter à la fois l’empreinte durable d’un créateur singulier, sinon de génie, et la vénalité au sens large du terme. Cf Picasso ou aujourd’hui ces grands écrivains que je ne cesse de citer, les Marquez, Vargas Llosa, etc., qui sont des gens très très riches.

  253. Posté par D.O.W., le 1er mai 2006 à 23:40

    Sami, c’est en effet là un vaste problème. Et il faut remarquer d’ailleurs qu’en général, on en parle d’autant plus facilement (et d’autant plus volubilement) qu’on n’est pas soi-même en position d’opérer le choix sur lequel on entreprend de discourir si abondamment. Et que j’évacue d’abord, d’un point de vue personnel, un des points que tu soulèves : il est clair que moi, si on ne parle pas d’un problème spécifique à l’Afrique, quand j’émets un avis sur les écrivains, ou la littérature, il est évident pour moi, que je le fais valoir pour tous les écrivains, et toutes les littérature. Et la question que nous évoquons est typiquement le genre de questionnement universel, c’est-à-dire comment on gère les éventuels arrangements avec le succès, et comment on concilie ses envies, ses logiques propres, avec les logiques de la production (de masse).

  254. Posté par D.O.W., le 1er mai 2006 à 23:43

    C’est donc pour moi clairement un problème universel. Maintenant pour le reste, que dire ? C’est un dilemme auquel on ne peut apporter qu’une réponse éminemment personelle. Et je pense qu’il nous faut d’abord éviter les simplismes : tous les gros tirages ne sont pas des produits calibrés et markettés, sans âme ; tous ceux qui publient chez les "majors" (Gallimard et cie) n’ont pas été mis en demeure d’opérer certain renoncement ; tous n’écrivent pas en se demandant qu’est-ce qui est susceptible de se vendre le mieux. Moi, si tu veux, je n’incrimine pas le succès, mais je dis qu’il faut que ceux de nos écrivains (les autres aussi, mais là je vais m’intéresser à ceux d’Afrique), il faut, disais-je, que ceux de nos écrivains à qui on demande de "choisir", ne pensent pas à ce moment-là seulement à leur succès, tant l’enjeu est lourd de conséquences. Et je ne parle pas à partir de rien : j’ai le souvenir d’une interview de Leonora Miano, où elle disait clairement qu’elle avait soumis deux (plusieurs ?) manuscrits à son éditeur, et qu’il avait spontanément choisi celui qui a été publié ("L’intérieur de la nuit" ; guerres en Afrique, cannibalisme, etc, etc ). Quand je donne mon point de vue, j’ai donc des exemples bien précis en tête. Le roman de Miano n’est pas mauvais du tout, ni même tendancieux. Après tout, est-il possible d’imaginer que le traumatisme de ces années n’entre pas dans notre matière romanesque ? Mais les raisons pour lesquelles je trouve de l’intérêt au roman, ne sont probablement pas les mêmes que celles de l’éditeur. Et, de façon plus générale, certes, on vit une époque où les enjeux se sont densifiés, et où il faut savoir entériner des choses, mais fondamentalement, quand l’éditeur se fait prescripteur, il y a là le début de quelque chose de discutable, pour ne pas dire plus. Je me souviens avoir lu quelque correspondance entre F.S. Fitzgerald et l’éditeur de "Gatsby Le Magnifique". Fitzgerald disait à maints endroits : "ne changez pas une seule virgule ! Mais si vous avez des suggestions à me faire, on en discutera". Inutile de dire que si suggestion il y avait, ce n’était jamais que raccourcissements ou autres "ajouts techniques". C’était quand même une autre époque. Bref, je crois vraiment que c’est à chacun d’évaluer les enjeux. Je ne crois pas qu’on fera à qui que ce soit le reproche d’avoir "vendu son âme" parce qu’il se serait montré ouvert à une suggestion de l’éditeur. Mais quand on n’écrit plus que sur des sujets voulus par l’éditeur et par lesquels on n’est pas passionné, et que durant tout le processus de création on se demande constamment qu’est-ce qui est susceptible de plaire non pas aux lecteurs (ça, c’est d’une façon ou d’une autre présent chez tous les écrivains - c’est mon avis), mais à l’éditeur, n’y a-t-il pas un vrai problème ? Moi je sais quelle serait mon attitude, mais je ne suis pas écrivain (rires).

    Bien à toi.

  255. Posté par Minga, le 2 mai 2006 à 00:51

    Je saurais également gré aux lecteurs (et aux simples liseurs comme moi) de bien vouloir croire que je ne suspecte pas tous les gros tirages d’être de la poudre aux yeux. Ce serait d’un amalgame ! Mon propos est juste que "tout ce brille n’est pas de l’or". Et que la qualité, la littérarité d’une oeuvre, surtout à notre époque, n’est plus LA valeur sine qua non.

    Je me souviens d’une jeune femme issue d’une émission de TV réalité (Loft2) qui a marqué les esprits par son QI de... et son langage R’N’B-verlan. Le parfait prototype de la bimbo sois belle et tais-toi. A la sortie de l’émission, elle a tout de suite publié un livre en 2002 chez... Michel Lafon.

    Inutile de vous dire que le produit s’est écoulé comme de petits pains. Parfaite inconnue, même avec un titre aussi racoleur que son Mon père a tué ma mère, qui l’aurait éditée ? Qui l’aurait même lue ?

    D’ailleurs, la jeune écrit vaine,(rires) lors d’une interview, avait confié qu’elle ne voulait pas participer au jeu télévisé. Mais une âme charitable (un contact) l’y avait fortement exhortée. L’assurant qu’après coup, son livre sera du pain béni pour le plus grand bonheur de tous. Comme quoi, le copinage a aussi son mot à dire dans les hauteurs. Et avoir un solide carnet d’adresses peut...

  256. Posté par Zik, le 2 mai 2006 à 02:23

    Puisqu’on a beaucoup parlé du Gabon, je propose une petite détente musicale avec un très jeune artiste Gabonais rendant hommage á son pays.

    http://www.gregsonworld.com/Video/G...

  257. Posté par Ludovic Obiang, le 3 mai 2006 à 12:26

    Zik : Ai-je jamais été en posture de t’enseigner quoi que ce soit ? En tout cas tes dernières sorties sont époustouflantes. Je me suis même senti dépassé. Félicitations.

    Au fait, ne t’en fais pas pour Alain. Le jour où il passe au Gabon, nous ne profiterons pas de notre "statut social" pour le jeter en prison. Non, comme nous sommes pour la plupart des enseignants, nous le traiterons comme un "mauvais sujet repenti". Pas de bonnet d’âne, mais une liste d’ouvrages à lire pour se mettre à jour.

    Ne t’en fais pas, nous avons bien compris qu’il faisait de l’esbrouffe. Quelqu’un qui prétend "observer au maximum les choses" et qui cite les travaux de Grégoire Biyogo , "historien" à ses yeux, comme seuls événements notables de la littérature gabonaise ne peut pas être sérieux.

    D.O.W. : Merci pour les compliments. Venant de toi, ils me vont droit au coeur. Et puis, autant il faut palabrer quand cela s’impose, autant nous pouvons prendre plaisir à "bêler à l’unisson".

    Sami : "Tous des pourrris". Non. Mais admets que le conditionnement est tel qu’il est difficile de faire valoir ses convictions profondes.

    Toi-même, malgré toute l’estime que j’ai pour toi, je dois te dire que j’ai souvent trouvé ton "pornographisme" un peu forcé et caricatural, fleurant bon - merci Minga - l’antinégritude et la rupture ou le rectificationnisme à bon marché.

    Je me souviens d’une déclaration de Lyonel Trouillot qui confessait recevoir plusieurs lettres d’Haïti dans lesquelles on lui demandait ce qu’il fallait écrire pour réussir en France... En réponse, un de nos confrère nous disait en apparté : "pour réussir dans l’édition en France,il faut tuer sa mère et violer sa soeur"... Je ne ferai jamais ça, sauf si j’en ressens la nécessité, pas à la commande.

    Tu pourrais chercher en toi - parce que tu les possèdes, incontestablement - des choses "excellentes pour notre enseignement", mais ça ne passerait peut-être pas aussi bien aux yeux des éditeurs.

    Mais un jour "toi aussi mon fils tu auras soif" et tu voudras t’abreuver à d’autres sources... ou aux sources premières...

    Au fait, je suis comme toi, je relis Le vieux nègre et la médaille chaque mois que Dieu fait et je n’arrive pas à m’en lasser. Par contre, pour achever certains romans de Mongo Beti... J’ai peur de lui préférer... Eza Boto dans Ville cruelle (et en cela je suis d’accord avec David Diop).

    Quant à la controverse avec Ahmadou Kourouma, voici mon avis tranché. s’il ne s’agit que des seuls romans, il n’y a pas photo, Ahmadou Kourouma est à des années-lumières de Mongo Beti (Monnè, outrages et défi ; En entendant le vote... sont des chefs-d’oeuvre).

    Mais pour avoir côtoyé Kourouma à Lille, pour l’avoir écouté à l’occasion de repas pris en commun, pour avoir donné une conférence sur son oeuvre à Limoges, en sa présence, voici ce que je pense très sincérement.

    Ahmadou Kourouma ne peut pas être le seul responsable des textes publiés. Il y a manifestement une intervention de tiers à un certain niveau de l’élaboration. Kourouma apporte un matériau brut qui est mis en récit, en prose, façonné, construit, agencé, complexifié et qui débouche enfin sur les romans qui sont mis à la portée du public.

    A l’occasion d’une conférence donc, j’ai pu montrer la profonde unité de l’oeuvre de Kourouma, laquelle est conditionnée par sa culture de chasseur. Il y a dans l’oeuvre de Kourouma un susbtrat cynégétique qui détermine chacune des composantes des textes. Prenez par exemple les innombrables comparaisons et métaphores, elles ont toujours rapport avec la faune, la chasse, etc. Prenez sa technique narrative, en particulier dans Allah n’est pas obligé, qui fonctionne selon un processus de reconstitution indiciaire, comme un chasseur remonte les traces de son gibier... Prenez la plupart de ses personnages, ce sont des chasseurs traditionnels ou modernes (soldats ou miliciens, etc.). Prenez les fameux Lycaons, etc. Le monde pour Kourouma est une vaste jungle où les plus forts se doivent de dévorer les plus faibles. "Hommes ou bêtes ?" se demandait Madeleine Borgomano.

    Ceci explique, à mes yeux, son profond pessimisme et sa prédilection pour des thématiques guerrières, sanglantes, carnassières, etc.

    Mais au-delà de cette unité thématique, il ya une élaboration esthétique qui ne peut pas être l’oeuvre de Kourouma. Je suis prêt à metre ma main au feu.

    Je ne voudrais pas faire insulte à un mort, mais exprimer simplement mon avis personnel.

    Bien à vous tous.

  258. Posté par Zik, le 3 mai 2006 à 15:52

    Mr Obiang,

    Je dois vous remercier pour vos encouragements. Mais il y a des sujets qui stimulent en nous une reflexion parfois insoupconnee. Dans mon domaine, je travaille tous les jours dans un contexte ou la precision est importante. Mon directeur de these dit souvent : "l’ennemi de la precision est la precipitation". Il m’est donc difficile de supporter les approximations, surtout quand l’information est a la portee d’une petite fouille de quelques heures.

  259. le 3 mai 2006 à 23:35

    Ludovic a écrit Obiang :

    Sami : "Tous des pourrris". Non. Mais admets que le conditionnement est tel qu’il est difficile de faire valoir ses convictions profondes. Toi-même, malgré toute l’estime que j’ai pour toi, je dois te dire que j’ai souvent trouvé ton "pornographisme" un peu forcé et caricatural, fleurant bon - merci Minga - l’antinégritude et la rupture ou le rectificationnisme à bon marché...

    Ah Ludo, merci de traquer tous ces faux frères qui nous vendent là-bas avec leur littérature qui déshonore l’Afrique !!!
    Je te tire mon chapeau. Sami est tout d’un coup silencieux, c’est très rare. Ekiééé ! comme on dit chez moi.

  260. Posté par Timba Bema, le 4 mai 2006 à 00:15

    Ludovic Obiang ; On dirait que tu as des comptes personnels à régler. Me trompe-je ?

  261. Posté par Boris, le 4 mai 2006 à 02:46

    Jusqu’au 17 avril 2006 c’est-a-dire la date de parution de l’article d’Alain, personne mais alors personne ne connaissait ce Ludovic Obiang.Pardon personne sauf ses compatriotes et une poignee d’ecrivains qui sont soi-disant ses amis. Car grace a Alain on apprend qu’Obiang serait soi-disant un ecrivain gabonais dont le dernier livre publie(fiction en tout cas)date a des annees lumieres.Oui, c’est vrai que la qualite l’emporte sur la quantite, mais ce n’est pas comme si ce type a ecrit un chef d’oeuvre avec son vieux recueil de nouvelles.
    Et voila que depuis le sieur Obiang a decide de prouver au monde entier que le Gabon a les meilleurs ecrivains d’Afrique, qu’il n’arrete plus de distribuer des notes, d’annoncer des vrais-faux departs, de juger de l’intelligence d’untel,etc.. Quoi Alain tu as mis le "mfimfi"(desole pour ceux qui n’ont pas compris, c’est trop long a expliquer) sur ton blog ou quoi ? Car on dirait que des qu’on y goute,c’est fini, on devient accro.
    Et voila Obiang pris dans l’engrenage avec son bic rouge. Il distribue donc des notes du haut de son unique recueil de nouvelles(il est trop fort quoi).Mabanckou serait donc un con qui ne s’interesse qu’a la sape et qui ne connait rien a la litterature selon Obiang ; M.Mboussa ?il n’a pas l’etoffe d’un Obiang, le plus brillant critique africain de tous les temps. Et voila qu’il attaque maintenant l’ami Sami qui l’a pourtant defendu bec et ongles contre vents et marrees. Donc il traite carrement Sami de pervers(non Ca c’est trop fort quoi). Et puis il a le culot de douter de l’oeuvre du geant Kourouma( la je dirais que ca frise l’impolitesse).
    Chers amis, est ce que vous avez enfin compris que ce Obiang qui cherche on le voit l’affrontement des le depart a un petit truc qui a flanche en lui. Peut-etre que c’est la chaleur du Gabon qui fait ca.
    Obiang au lieu de critiquer Mabanckou, de l’insulter et de rever de verre casse toutes les nuits, devrait plutot le remercier de l’avoir donne une visibilite internationale, de l’avoir sorti de son ghetto. Car maintenant s’il se decide a envoyer un de ses manuscrits a un editeur, on saura qui il est grace au blog de Mabanckou, car ne vous trompez pas, le blog de Mabanckou est d’une popularite que vous n’imaginez pas. Et ca Obiang l’a compris et donc il s’en sert a fond(bravo Obiang, vous etes un malin).
    Mais il y a plus malin que vous, a savoir l’hote de ce blog qui a compris votre petit jeu et qui a refuse de tomber dans votre piege sans fin.
    vous avez tout dit, certains l’ont interpelle, mais comme il n’a plus les emotions a fleur de peau comme certains, il regarde ca d’en haut et rigole sous sa couette.
    Ah tous ceux qui revent de lumieres mais qui ne recoivent que les rayons et les ombres refletes par les lumieres des autres. C’est dur l’affaire la.
    Quelqu’un demande a Obiang s’il des comptes a regler. Mais avec qui mon cher ? Obiang, qui le connait ? il represente quoi ? il a ecrit quoi de majeur ? Allez ne distrayons pas le monde. Laissons ceux qui connaissent leur art l’exercer avec amour, passion et intelligence. Quant aux crieurs et aux eternels rebelles, ils mourront de leur belle mort, en silence et dans l’obscurite des tenebres.
    Mais bon ayant dit cela, je sais qu’Obiang qui dorenavant ne manque plus aucun rendez-vous sur le blog de Mabanckou, va encore se dechainer et nous sortir son chapelet d’injures, car voyez-vous il est tres susceptible le mec. C’est une vipere du "Gabon", des que vous vous approchez de lui, il lance son venin.
    Si bien que je me regale deja d’avance en attendant la replique assassine d’Obiang Nguema.Oh pardon, je voulais dire d’Obiang du Gabon.

    PS : Les pronostics sont ouverts pour voir combien de commentaires atteindra cet article qui on le voit a deja battu le record de Kelman avec plus de 250 commentaires. Au moins sur le blog de Mabanckou, les gabonais sont best-sellers(Aye, pourquoi j’ai dit ca moi aussi, la, ils vont tous rappliquer. Pardon je retire mes paroles).

  262. Posté par Zik, le 4 mai 2006 à 03:49

    Boris,

    Apres avoir echoue dans l’argumentation rethorique, vous faites maintenant dans la raillerie de bas etages. Mais sachez que vous ne reussissez qu’a mettre en evidence une lamentable secheresse d’esprit. En outre, sachez aussi que tant qu’il y’aura des gens comme vous qui sont pres a cautionner n’importe quoi, pourvu que cela vienne de son petit copain ou compatriote, il y aura des gens comme nous qui sont pres a en debattre de facon ouverte et frontale. Vous pouvez toujours vous consoler en pensant que le blog de votre idole est l’organe du genre le plus lu de la planete, et qu’il fait et defait des reputations. Felicitations, mais en ce qui me concerne, ce n’est pas une raison pour vouloir faire gober aux gens des aneries.

  263. Posté par Minga, le 4 mai 2006 à 04:52

    Bonjour Timba,

    Juste te dire qu’il ne faut non plus exagérer avec cette affaire de "régler les comptes" ! Maintenant tout devient prétexte à le penser ? Je te répondrai que, oui, tu te trompes de dire que Ludo règle ses comptes dans son dernier message. On l’a connu plus virulent que ça, tu te souviens... Ok, tous, n’avons pas la même sensibilité. Il y en a qui s’évanouissent en voyant une araignée, d’autres pas.

    Et en toute objectivité, là où le griot d’Alain et toi voyez des attaques envers Sami, moi j’y vois un moment de franchise. Mais je comprends, la franchise, le franc-parler n’ont jamais servi. Au pire, ils sont toujours perçus comme une attaque. Bêlons donc si on ne peut plus donner ouvertement son avis, sans qu’une âme charitable y voit là de l’impolitesse (sic). (rires)

  264. Posté par Minga, le 4 mai 2006 à 05:38

    Boris, peu importe finalement le nombre de contributions que ce sujet recueillera. Mais vos sarcasmes - faute d’avoir de la répartie - ne m’empêcheront sûrement pas de relever ce qui peut l’être dans votre tissu d’inepties. Ensuite, désolée pour de chastes yeux et les cardiaques. Mais Boris président du Fan-club d’Alain Mabanckou me fait plutôt penser à ces éternels hommes-à-tout-faire qui suivent les hommes politiques comme des ombres durant les campagnes électorales. On les appelle ironiquement (je traduis)"les porteurs de sacs/bagages" pour ne pas être grossiers en disant "lécheurs de c**".

    Boris, vain et creux comme vous le semblez, ne craignez-vous pas de desservir l’écrivain Mabanckou aux yeux des millions d’anonymes qui visiteraient son blog par jour ? Je vous cite : "le blog de Mabanckou est d’une popularite que vous n’imaginez pas" ? De renommée internationale, quoi. Raison de plus de ne pas vandaliser l’image du proprio, qui (je parie) ne vous a jamais conféré le moindre pouvoir de débiter autant d’imbécilités pour son compte.

    Clemenceau disait : "la guerre est une affaire trop sérieuse pour la laisser aux mains des militaires !" Or, de par ses rodomontades, sa rusticité, la platitude et la mièvrerie de son argumentation, notre Boris est même très en-deça du militaire lambda... Sniffff Personne ne connaissait Ludovic Obiang ? Peut-être bien. Mais tout dépend e qui vous jugez "public" "spectateur" pour estimer qu’un personnage est connu.

    Il est clair que si on fréquente le Bois de Boulogne, Pigalle ou encore les marchés noirs de friperie à Barbès, on est connu par une catégorie de personnes bien précises. Normal que ceux qui traînent au Quartier Latin, vers les Musées soit aussi familier avec une autre catégorie. Pas évident alors qu’un individu qui ne se repait que de Nourritures terrestres connaissent autre chose... ersonne ne vous en veut Boris.

    Mais Ludovic Obiang s’en porte mieux avec son vieux recueil de nouvelles, comme vous dites. Et vous, qu’avez-vous jamais publié ? Comment ne plus avoir la nationalité congolaise ? Comment acheter de la contrefaçon à Paris ? Ou se dépigmenter la peau... Et donc Ludo se servirait de ce blog pour se faire connaître ? (rires) Que vous êtes pitoyable !

    Se faire connaître de qui ? Du petit sapeur que vous êtes ? Parce qu’il en a besoin ? Je parie que vous êtes encore plus inconnu que lui, non ? Et que vous comptez sur ce blog pour rencontrer prochainement Edwige, par exemple ; et lui montrer votre dernière trouvaille à la friperie du coin ! Ah là là... :))

  265. Posté par Timba Bema, le 4 mai 2006 à 09:04

    Minga,
    A mon avis la franchise serait d’écrire : « Sami, malgré toute l’estime que j’ai pour toi, je dois te dire que je n’aime ton “pornographisme” » et le procès d’intention voir le règlement de compte serait d’écrire « "Tous des pourrris". Non. Mais admets que le conditionnement est tel qu’il est difficile de faire valoir ses convictions profondes. Toi-même, malgré toute l’estime que j’ai pour toi, je dois te dire que j’ai souvent trouvé ton "pornographisme" un peu forcé et caricatural, fleurant bon l’antinégritude et la rupture ou le rectificationnisme à bon marché.  ». Moi même un apôtre de la critique je trouve ces propos venant d’une critique qui se veut crédible sont incompréhensibles puisqu’elle consiste simplement à imaginer que les choix thématiques d’écriture sont déterminés par un pseudo conditionnement éditorial. Ne serait-il pas sensé d’élargir ce conditionnement ou cette préoccupation de l’écrivain à des critères sociaux ou individuels qui pourraient mieux les éclairer ? C’est le même procédé qui est actif dans cette critique-trés pertinente sur d’autres points-sur le fait que A.Kourouma aurait une seconde main qui peaufinerait ses écrits. Pour le dire, il ne suffit pas juste de présenter les divergences criardes entre la structuration de son écriture et celle de son language(les exigences de l’oralité n’étant pas celle de l’écriture) ; Il faut sortir des manuscrits, des écrits connexes, il faut pouvoir débusquer cette seconde main. Par ailleurs, il faut arriver à montrer comment son processus d’écriture ne lui permet pas d’aboutir à la mise en forme cohérente de sa pensée.

    On pourrait également se questionner sur les modalités par lesquelles ce “pornographisme” est « antinégritude et rectificationniste » ? Si il suffit juste de parler de baise pour sortir du cercle vertueux des belles lettres négritiques ? Que parler de baise est « rectificationniste »(de quoi ? du discours africain de la perception du corps ?Quoi ?)Tout cela flaire un peu le procès d’intention fait par Mongo Béti à Camara Laye suite à la publication de l’enfant noir. A croire que les bantou(e)s ne baisent pas !!!

    P.S : Plus que toi Minga, je souhaiterais vivement que Ludovic Obiang réponde à mon interrogation.

  266. Posté par Timba Bema, le 4 mai 2006 à 09:32

    Minga ; A te lire on dirait plutôt un officier de l’état-major de Ludovic Obiang.

    Je pense aussi qu’il serait caricatural d’apprécier mes interventions sur le blog comme étant celles d’un mouton qui bêle dans le même sens que la cohue.

    Nous avons encore en Afrique une façon trés binaire de voir les choses. Si tu analyses dans le fond l’objet de notre débat tu y verras les manifestations de notre complexe vis à vis de la “race” blanche. C’est dommage que l’on descende si bas ; apprécier le monde sur la base d’un complexe.

    En conclusion, je renvois dos à dos les défenseurs et les pourfendeurs de l’“africanité” ; tout cela procédant du même complexe.

    En espérant que tu percevras mieux ma démarche.

    Bien à toi

  267. Posté par D.O.W., le 4 mai 2006 à 10:21

    Je m’étais promis de rester coi chaque fois que le débat prendrait certains chemins, mais là, je crois que je vais quand même dire quelques mots (d’autant plus qu’il paraît qu’il y a un record de nombres de messages à battre). Et pardonnez-moi, gens d’ici, mais là, ça devient vraiment ce qu’on appelle un "débat de caniveau". Je ne sais pas si le père Mabanckou est fier que ce soit ce genre de discours qui se tiennent ici. Est-on vraiment obligé, de se vautrer dans le souk de cette mêlée peu glorieuse ? Pourquoi l’Afrique ne connaît donc que l’injure et la basse querelle ? On se croit ici différents, entre bonnes gens, mais dans le fond, tous ceux qui fomentent des génocides au Rwanda, des guerres un peu partout en Afrique, vous n’êtes pas bien différents d’eux, vous qui nourrissez ici le fiel. C’est toujours par ce genre de propos que les guerres les plus sordides commencent.

    D’une part, j’ai dit fraternellement et amicalement à Ludovic, qu’il était possible de dire à Alain son tort sans recourir à l’insulte (surtout quand, effectivement, on utilise l’espace qu’il offre, on peut au moins, dans ce cas-là, dire d’abord merci). D’autre part, j’ai dit dans un post que le ton sarcastique d’Alain était indéfendable, et que les critiques de Ludovic étaient au moins partiellement justifiées. Une fois qu’on a dit cela, les choses peuvent se régler, se pacifier, et tout rentrer dans l’ordre. Mais c’est mal connaître les Africains. Les uns ne viennent ici que pour défendre Ludovic parce qu’il est gabonais comme eux. C’est plus fort que Ludovic : il faut toujours que, retombant dans le propos blessant, il accuse Sami de "pornographisme". Un critique littéraire (talentueux, c’est l’idée que je me suis faite à présent) a d’autres moyens, tout de même, pour dire les choses. Et Minga, Zik, n’ont pas levé le petit doigt. Normal, Sami n’est pas gabonais. Relisez vos posts : votre seule motivation, c’était de défendre un compatriote. Pourquoi les réactions sont-elles toujours aussi nationalistes ? Etroitement nationalistes ? (Comme dirait l’autre : étriqué comme le nationalisme). Pourquoi les gabonais ici n’ont pas défendu la littérature Zaïroise qui était également attaquée dans le papier d’Alain ? D’un côté donc, on défend le compatriote. Mais de l’autre, ce n’est guère mieux : Boris ne défend pitoyablement que son "frère", son "idole".

    Mais frères, mes soeurs, que tout cela est vain ! Défendez donc l’Afrique, et parlez librement, au lieu de vous sentir toujours prisonniers de liens trompeurs (mon "pays", mon "ami", etc.). Cultivez votre liberté d’esprit, et soyez prisonniers d’une seule chose : l’intelligence et l’objectivité.

  268. Posté par suzanne, le 4 mai 2006 à 12:51

    Minga, Zik, je vous trouvais si pertinents, si justes dans les critiques que vous adressiez à Boris et à Alain, objectifs, sans volonté excessive d’opposer dos à dos deux pays. Mais, le chauvinisme, le nationalisme que vous reprochiez à Boris se retrouvent chez vous dans la mesure où vous êtes incapables de reconnaître l’excés chez un interlocuteur, simplement parce qu’il est l’un de vos compatriotes. Pourquoi ne pas voir l’excès chez Ludovic quand il suspecte chez presque tout le monde la volonté de se vendre et de cadrer avec les désirs du monde éditorial parisien ? Reconnaître cela n’est tout de même pas enlever quoique ce soit à la pertinence ce Ludovic Obiang sur d’autres points.

  269. Posté par Minga, le 4 mai 2006 à 13:03

    Non Timba, au risque de déplaire, je parlerai encore et encore de ce qui me plaira, tu vois. Puis c’est mal me connaître que d’avancer que je fais l’officier-major de Ludo. Mais bon, il se pourrait bien que ce soit le cas, de quoi suis-je coupable ? De nationalisme comme s’en lamente DOW ?

    C’est étrange comme on peut se croire objectif en reprochant aux autres de faire pencher la balance. Timba, après avoir décrypté le message d’Alain, as-tu eu le réflexe de lui demander également s’il avait des comptes à régler ? NON.

    En te figurant les rodomontades de Boris, l’as-tu gratifié de la même médaille d’officier-major ? NON. Mieux, Mongo Beti s’est attaqué frontalement à Kourouma. A lire tes commentaires magnanimes sur le (critique ?) camerounais, inutile de s’interroger : ça crève les yeux ton indulgence à son sujet. Mais sacrilège ! Ludovic Obiang a également osé un avis défavorable sur Kourouma. Là, ce n’est plus très drôle ! ON rigole moins.

    Car M. Beti, en intellectuel installé, a désormais tous les droits. Comme ON a supposé que F. Oyono et L. Camara ne seraient pas les véritables auteurs de certains de leurs romans, M. Beti aussi en a le droit sans être cloué au pilori. Lui peut se permettre des excès quand il n’aime pas ; et des largesses outrancières quand il apprécie. Normal : il a un nom, lui, une notoriété qui justifie tout et sacralise même ses pires bourdes. :)) Ses opinions sont vérités d’Evangile, indiscutables, irréfutables.

    Ce qui ne serait pas à la portée d’un simple mortel. Vu comme ça, je comprends très bien votre levée de boucliers à Boris et toi quand un parfait inconnu, inculte et opportuniste comme Ludovic Obiang (il veut se faire connaître internationalement via le très célèbre blog d’Alain Mabanckou) ose, lui aussi, donner son avis sur une icône que vous et moi admirons.

    Non mais quelle prétention Ludo ! As-tu pris le ticket d’entrée ? Non ? Alors présente ton permis de critiquer, ton droit à la parole, stp. Fichtre !

  270. Posté par Timba Bema, le 4 mai 2006 à 13:36

    Minga ; je pense que nous pouvons discuter à tête reposée.

    Je ne connais rien de la Littérature Gabonaise. Alors, lorsque dans son édito A.Mabanckou en fait une esquisse, je ne me sens pas dans la capacité de le contredire puisque je n’en sais rien. Je pense aussi que cette distance pourrait t’être utile ;IL FAUT PARLER. MAIS POUR CELA, IL FAUT D’ABORD VERIFIER SES SOURCES(Cf. Notre débat sur le traitement des africains par la France après la seconde guerre mondiale)

    Pour te faire une idée de ma liberté d’opinion par rapport aux éditos de A.Mabanckou je te prierais juste de lire le post 4 dans l’article intitulé Esclavage : La grande hypocrisie.

    P.S : Dommage encore cette fois-ci que tu ne puisses pas me comprendre à défaut de bien me lire. Dans l’allusion à Mongo Béti, j’en référais à la démarche de Ludovic Obiang. Alors de là à y voir de « l’indulgence à son sujet » ou de la « magnaninité »... Dommage !!!

    Bien à toi et mille excuses si mes propos, apparemment, t’ont choqués.

  271. Posté par Minga, le 4 mai 2006 à 13:38

    Quant à DOW, de grâce arrête un peu de te lamenter sur le dos de la Mère Afrique dès que l’on ne frôle pas les cimes de l’excellence stp. Tu nous a déja fait le coup de : "Il faut toujours que l’Afrique disperse ses forces là où d’autres les rassemblent." Ca a pleuré dans les chaumières. Aujourd’hui c’est : "Pourquoi l’Afrique ne connaît donc que l’injure et la basse querelle ?"

    J’accepte ton jugement DOW. D’autant plus que je n’ai jamais prétendu être un parangon de perfection. Même le Christ, il lui est arrivé de dévaster un Temple, si ma mémoire est bonne. Alors, en toute terrienne que je suis, parfois l’injure et la basse querelle comme tu dis ne m’effarouchent pas... Dommage non ? Mais je ne suis qu’une mortelle.

    Après, tu es libre de m’accuser de nationalisme. Surtout si tu préfères voir les choses sous cet angle. Maintenant pour te prouver mon attachement à notre mère Afrique, j’aurais du défendre la littérature zaïroise ? Ah boudiou et un Camerounais, une Zambienne, un Gambien, une Burkinabè auraient été moins aptes à le faire ? A moins d’estimer que, par solidarité entre pays déclarés sans littérature, Le Gabon et la RDC devraient se témoigner un peu plus de solidarité...

    Sinon, pourquoi suis-je plus sensée défendre la veuve et l’orphelin zaïrois que toi, par exemple, DOW ? Que sais-je seulement (pauvre de moi) de la littérature zaïroise pour prétendre la détacher des "griffes" d’Alain Mabanckou, disposé à la réduire à néant ? Désolée DOW, la présomption me répugne. C’est pourquoi je ne souhaite parler que de ce que je maîtrise. De peur d’entrelacer des approximations et paraître ridicule...

    Ensuite Zik et Minga n’ont pas levé le petit doigt pour défendre Sami qui pèche de ne pas être gabonais ? Non, mais arrête DOW ; ton allégation est complètement ridicule et gratuite. Tu dramatises ! Sami était donc en danger imminent et réel suite au pornographisme de Ludo ? Je m’en veux de le dire, mais je n’ai jamais lu Sami...

    Récemment un extrait de nouvelle : quelques lignes. Juste de quoi apprécier un style ostensiblement charnel et "accrocheur", où le texte démarre en trombe avec une affaire de "slip sale de femme abandonné sur le bord de la baignoire"... J’avoue avoir porté ma main à la bouche pour étouffer un petit rire gêné. Autant d’audace (vivifiante, certes) m’a toujours désarmée, moi qui n’ai pourtant rien d’une sage écolière ! (rires)

    Alors, si pornographisme y a dans l’oeuvre de Sami, qu’il s’assure que ce détail est loin de heurter ma sensibilité. Tant que la vulgarité ne vient pas corrompre la part d’esthétique de l’oeuvre. Ensuite, je crois vraiment, DOW que la dramatisation et les a prioris nuissent plus qu’autre chose. Il est facile d’enfermer l’autre dans une impression. Ensuite s’en servir comme d’un pré-requis pour comprendre, dans ses textes, ce qu’il a dit et même ce qu’il n’a pas dit !

    A cette allure, (déjà que Boris ne m’en donne pas l’envie) je m’abstiendrai encore plus de découvrir les livres d’Alain. Car je pourrais être amenée à critiquer un ou deux points. Et me retrouver au ban des accusés, condamnée pour jalousie, haine et critique sur icône intouchable. Vous craignez, les gars.

  272. Posté par Minga, le 4 mai 2006 à 14:02

    Ma chère Suzanne,

    Peu importe ce que vous nous trouviez Zik et moi. Comme c’est pas grave si votre regard a changé. Le problème n’est pas là, ma belle. Car de mon côté, du moins, je puis vous assurer que je m’en porte bien ! :))

    Maintenant il faudrait peut-être cesser ce refrain avec le nationalisme/chauvinisme. Le sujet est quand même axé sur un pays, qui, par le plus grand des hasards est le nôtre. Tu aurais souhaité quoi ? Qu’on y fasse l’impasse et devisions, mine de rien, des problèmes l’hérédité chez la mouche en Indonésie ? Ou de la reproduction des fougères géantes en Laponie... Mais non, on aborde un sujet sur le Gabon, nous parlons du Gabon.

    Quant à vos envies de nous voir scalper Ludovic Obiang, le gros méchant frustré-jaloux qui vilipende l’inoffensif Alain Mabanckou, faites-le vous-même. On dit en Fang : "la bouche qui exige qu’on appelle le chien peut très bien le faire elle-même". Alors que chacun fasse à son aise et que nul ne redoute plus l’effet boomerang.

  273. le 4 mai 2006 à 14:41

    Franchement je tombe des nues ! Voilà donc que Ludovic Obiang égratigne l’univers de Sami Tchak, il le fustige et le traite presque de littérature de commande européenne, voire parisienne... C’est plus que de l’obsession. Monsieur Mabanckou a tort d’affirmer que Ludovic Obiang est l’espoir le plus sérieux des lettres gabonaises. Il est plutôt, à mon avis, le désespoir de cette littérature, et cela se confirme par son acharnement aveugle contre tout le monde. Pour lui, en effet, tout le monde est mauvais, incompétent etc. Que reste-t-il après ça ? Un seul écrivain, pardi ! Et c’est qui ? Mais c’est lui-même Obiang, vous l’aurez deviné. Seulement pour être écrivain, il faut déjà écrire, convaincre un lectorat - même très restreint. Or que voyons-nous en ce qui concerne L. Obiang ? Du vent. Des mots. Moi j’ai la chance d’avoir lu les deux - Sami et Ludovic. Sami Tchak est à des années-lumière d’Obiang - dont les livres restent quand même à écrire, parce qu’en réalité, en dehors de ses fameux articles de la revue Notre Librairie qu’il ne cite que lui-même ici, il n’y a rien, le désert du Kalahari, voire du Ténéré ! Son recueil des nouvelles - L’Enfant des masques - est sans intérêt, très recroquevillé, tourné vers le passé décomposé, nous renvoyant du coup une espèce de littérature africaine anthropologique, forcée, rigide, avec des scènes rococo, des clichés à bon marché - j’allais dire à "mauvais marché" pour emprunter l’humour de Minga que je viens d’apprécier...

    En gros, Sami Tchak c’est autre chose, c’est une construction, des personnages, une ouverture au monde, un refus de vêtir des "masques" - même si un de ses livres porte le titre de La fête des masques. Obiang parle de pornographisme ? Lirait-il un chef-d’oeuvre comme La Philosophie dans le boudoir ?.

    A vrai dire, un écrivain qui nourrit le tabou comme le fait Obiang montre à suffisance qu’il est disqualifié dans la construction d’un univers foisonnant et singulier.
    Alors, qu’il se borne à enseigner, à écrire dans Notre librairie puisque c’est l’une de ses fiertés... Qu’il ne s’attaque surtout pas à plus haut que lui car moi je ne donnerais même pas une seule ligne de Tchak pour toute "l’oeuvre" (à venir) de Ludovic Obiang ! Qu’il apprenne la modestie, puisqu’il demande à ses confrères la même attitude !!!

  274. Posté par Zik, le 4 mai 2006 à 15:36

    Suzanne,

    Desole d’etre un peu en retard sur ma reponse, j’espere ne vous avoir pas trop fait attendre. La seule chose que je voudrai vous faire remarquer est que je n’ai jamais attaque le discours de qui que ce soit, sur la base du merite de ce qu’ils disent. J’observe, respecte et exerce moi meme le droit d’expression. Mais je me suis promis de relever le manque d’honnete, a chaque fois que je l’observe. Il y a une enorme difference entre la liberte d’expression et l’esbroufe. Lisez mes posts, mes propos sur Mabanckou n’ont jamais ete de nature orduriere. Je reproche generalement a certains d’aller de facon cavaliere vers des conclusions de complaisance qui souvent ne survivent pas a un examen profond, meme d’un profane comme moi. Maintenant, si dans la foulee des gens comme Boris veulent simplement tout reduire en confrontation avec des elans de nationalisme, ca ne me fait pas non plus peur. On peu y aller quand il veut. Pour finir, ce n’est pas parce qu’on est Africain que l’on doit ceder a la complaisance. Que l’on doit se taper sur l’epaule pour des niaiseries. Si j’ai des choses a dire, je le ferais avec la derniere energie. On reproche souvent aux Africains de manquer de rigueur, de repondant ; bien sortont un peu des sentiers battus et acceptons le debat vigoureux, surtout que nous ne l’avons pas initie. On ne peut pas jeter un pave dans la marre et se plaindre ensuite d’avoir ete eclabousse.

    J’espere que vous me comprenez mieux.

  275. Posté par Minga, le 4 mai 2006 à 15:54

    La moindre des choses quand on s’en va-t-en-guerre est d’avancer à visage découvert, non ? Je veux dire se présenter, du moins avec un pseudo. Qu’on sache au moins à qui on a affaire. Sinon ça fait également office de "vent". Au final, j’ignore qui vous êtes. Mais force est de constater que vous retombez encore plus balourdement dans les flaques où vous voyiez Obiang. Pour dire que votre langage autant que vos attitudes n’apportent aucun souffle frais : même débat de caniveau, comme dirait DOW. (rires)

    Sérieux, les gars, pour en arriver à vouloir envenimer les choses comme vous le faites, il faut vraiment aimer jeter de l’huile sur le feu ; diviser pour mieux régner. Vu que Ludovic a touché à Alain, il ne s’est pas fait des amis. Du coup, ON oeuvre dans l’ombre, guettant le moindre faux pas, la moindre faille pour revenir à la charge et en faire une bouchée. L’allusion au pornographisme avait été avancée par une bouche autre, pas grand monde n’aurait crié à l’outrage ou à l’égratignure !

    Mais c’est Ludovic Obiang. Depuis le temps que ça en agaçait certains de ne pas voir Sami en rajouter lui aussi une couche pour parfaire la diabolisation du bon à rien gabonais, non ? Alors que le mieux (pour nous tous respectables fanatiques d’Alain Mabanckou) aurait été de rassembler nos forces, et dissuader le petit Gabonais de continuer à s’attaquer à l’inattaquable !

    Autre chose pour finir, cher Anonyme : ne confondez pas, svp. L’humour "mauvais marché" n’est pas le mien. Je l’ai au ras des pâquerettes, mais n’exagérez rien, de grâce. Ensuite, vous affirmez que L’Enfant des masques relève d’une littérature africaine anthropologique. Et ça vous étonne ? Waoooh ! (rires) N’est-ce pas là l’insigne preuve que vous n’en savez pas grand chose sur Ludovic Obiang qui est justement Enseignant au département d’Anthropologie entre autres ? A moins qu’à vos yeux cette discipline compte pour des cacahuètes ! :))

    Il vous est tellement plus loisible d’écumer de rage en jugeant de la qualité d’une oeuvre sur fond de votre "histoire d’amour" passionnelle avec l’auteur ? (rires) Vous ferez un bien piètre critique littéraire, avec ça mon cher. Du moins si l’objectivité est toujours l’un des piliers de la critique... Merci néanmoins de m’avoir procuré un fou rire avec vos élucubrations, et vos amalgames en prime. :D

  276. Posté par D.O.W., le 4 mai 2006 à 17:19

    Minga, très bien, tu ne peux te prononcer sur la littérature Zaïroise, ni sur l’oeuvre de Sami sans les connaître. Et j’aurais sans doute dû y penser avant de te faire le reproche. Mais tout de même, il n’y a pas eu que des arguments et des points de vue littéraires qui étaient discutables ici. Or je persiste, et cela n’aura échappé à personne : même sur des questions non littéraires, on a la forte impression que les seules fois où tu es montée au créneau, ce fut seulement pour défendre Ludovic. Moi, j’ai été un des premiers à défendre avec acharnement Ludovic ici, et je ne suis pas Gabonais. Il est tout de même dommage que tu te sois beaucoup exprimé (à raison) sur les torts d’Alain, mais que tu n’aies jamais rien trouvé à redire quand, au moins dans le ton, Ludovic devenait criticable.

    Pour le reste, faire pleurer dans les chaumières à propos de l’Afrique, si tu sais depuis quand on sait le faire cela ! Et si tu sais combien de gens y excellent ! Malheureusement, ça ne lui a jamais rien rapporté à cette Afrique bancale. Et je puis donc t’assurer que si je nourris des rêves, même naïfs, pour l’Afrique, ils sont vraiment tout autres.

    Bien à toi.

  277. Posté par Ludovic Obiang, le 4 mai 2006 à 19:40

    Chers Tous,

    Voici une nouvelle fois la preuve que même dans notre petit "village", il faut bêler à l’unisson sinon c’est l’ostracisme, l’expulsion, le rapatriement pur et simple...

    Ce n’était pourtant de ma part (dixit Minga) qu’un "moment de franchise" et de rigolade, un petit moment (de trois lignes) dans un espace d’expression qui en avait payé chèrement le droit, mais je vois que les molosses rodent toujours, prêts à sauter à la gorge du moindre contrevenant.

    Pourtant, Sami crois-moi, faute de style ou pas, je ne troquerai jamais un seul de tes saluts pour mille excuses d’Alain. Je t’ai dis ce que je pensais de ton oeuvre avec la sincérité que tu me connais et avec l’humour qui ne la quitte jamais. Je sais que tu ferais pareil pour moi et je n’en prendrai pas ombrage. Tout comme je me soucie peu des satisfecits ou des objurgations de la meute qui s’est lancée à mes trousses.

    Sachez-le Suzanne, j’entretiens avec la littérature un rapport intime, confidentiel, tel que je répugne à la livrer à des tiers. Par l’écriture, je panse des blessures profondes ou j’atteins à des univers intérieurs tellement personnels que je préfèrerais les garder pour moi.

    De la sorte, que vous me lisiez ou pas, que vous me trouviez moderne ou pas, désuet ou pas... Je n’ai pas cité une seule de mes oeuvres de fiction depuis que j’interviens sur ce site et je ne m’abaisserai jamais à le faire. Même pas à la demande de Serigne ! Si à ma présente écriture vous ne m’estimez pas suffisament bon écrivain, pourquoi le feriez-vous devant une oeuvre publiée ? Quant à faire de la réclame. Voyons Boris ! Là, oui, c’est vraiment le caniveau...

    Par contre, il m’a fallu pour faire contrepoids à l’ignorance manifeste mais triomphale d’Alain Mabanckou citer au moins deux de mes articles, l’un publié ailleurs qu’à Notre Librairie. Et je peux vous dire que de par ma profession et mes activités, ces articles sont nombreux. Il est dommage que vous me lisiez (Suzanne) avec les oeillères de l’indignation ou du fanatisme, vous auriez vu que même dans le post qui a suscité votre courroux, je résume longuement l’un de ces articles. Pour le reste de mes publications, je vous invite à effectuer vos propres recherches, ne faisant en sorte de me citer que lorsque la question et/ou l’argumentation l’exigeaient.

    Seulement, toujours cette lecture partielle, qui ne veut voir de l’éléphant que la queue ou la trompe. Considérez toujours Ludovic - si vous en avez le temps ou l’envie - en entier et constatez que de tout mon dernier post vous n’avez retenu que 3 lignes, une boutade à l’adresse de Sami.

    Auquel je veux revenir pour finir avec cette petite mise au point - une de plus !

    Sami, mon frère, tu peux ne pas me croire, et être convaincu qu’il te faille hurler avec les loups, mais sache que ceux qui aboient le plus à ton génie ne sont pas les plus sincères et leurs hurlements ne sont pas les plus féconds.

    De toutes les façons, à un certain niveau de la création, peu importe l’avis des tiers. Tu sais ce que tu veux écrire et ce que tu dois écrire. Cela naît d’un profond commerce avec toi-même et avec les choses. Ce n’est pas moi d’en décider, ni qui que ce soit d’autre.

    Si pour toi être moderne, c’est comme le disait un lecteur à Lille :" du cul, du cul, du cul" ! tant mieux, alors, donne-nous "du cul, du cul, du cul !" Mais je pense avec mon humanisme désuet que l’Afrique a besoin d’autre chose. Simple avis ; aucun arrêt péremptoire. Quelqu’un est libre de dire mieux ou autre chose.

    Prenons notre ami Coua-Zotti. Une fois dans L’homme dit fou, il amène un de ses "héros" à violer un cadavre et une autre fois, dans notre dernier recueil collectif Le huitième péché (Ndzé, mars 2006), il envisage sereinement qu’un policier ripoux en vienne à violer une chienne en rut... J’en rigole,je le lis, mais en me disant, tout ça à la fin, c’est terriblement racoleur. Du moment que le public suive... Lequel ?

    Pourtant, lui ne se pose pas de telles questions. Il continue de développer ce type de poétique.

    A ce niveau, il n’a pas besoin d’avocat ou de procureur. De même, je l’ai souvent répété, je peux me passer de défenseur ou d’admirateur - je n’ai que faire d’un culte de la personnalité et de changer de pose tous les mois, "de face ou de profil", "avec casquette ou sans ?"

    Cher DOW, Minga et Zik, sont des personnes sensées, indépendantes, capables aussi bien que toi et moi de lire la fourberie ou la duplicité dans chacune de nos réparties. Alors faisont leur confiance.

    De toute façon, quand on lit le mail d’Alain, on ne peut pas leur en vouloir de faire un peu de "combine". En tout cas, je ne m’en plains pas. Boris, Bakima, ça sonne quoi ? Congolais non ?

    Allez, calmez-vous ! Le village semblait un peu dormir sur la musique que Zik nous avait proposée.

    Heureux de vous avoir réveillés.

    Ludovic

  278. Posté par GBM, le 4 mai 2006 à 22:02

    Bonjours chers tous et toutes

    J’ai lu grand nombre d’interventions et d’échanges de ce blog. Il faut dire que la sortie d’Alain Mabanckou les a suscités, en vérité, à cause de sa forme. Le contenu quant à lui est sujet à caution, puisqu’il exprime un goût.

    Je suis chercheur et j’enseigne à l’Université de Libreville, au département des "Littératures africaines" précisément. Je suis Gabonais. Mais cette affirmation n’a rien d’essentielle.

    La note d’Alain a suscité en moi un sentiment mitigé. D’abord elle est fondamentalement juste. La littérature gabonaise (le roman, puisque c’est de cela dont il s’agit) n’existe que depuis les années 1970. Cette jeunesse est liée à de nombreux facteurs d’ordre historique et qui relèvent de la politique coloniale française au Gabon. D’autres facteurs endogènes ont aussi empêché cette littérature d’éclore, notamment les choix politiques. Il n’est pas donc étonnant que quantitativement et qualitativement, cette littérature ait pris un énorme retard sur ses devancières comme les littératures dites congolaises (les deux Congo), sénégalaise, camerounaise, etc. Ce n’est pas un pêché que de le reconnaître ou de le dire. L’objectivité l’oblige et oblige de ne pas réagir autrement. Il appartient donc aux Gabonais de rattraper leur retard. Non pas sur le plan de la quantité des oeuvres produites ou à produire, mais au plan de la qualité... puisque la littérature est d’abord une affaire d’odeurs agréables et de magie, même quand elle nomme des choses "innommables"... Ce combat, deux auteurs Gabonais l’ont déjà initié : le premier est chronologiquement Laurent Owondo avec Au bout du silence. Le second, Auguste Moussirou-Mouyama, avec Parole de vivant. Des jeunes auteurs tels Janis Otsiémi (Tous les chemins mènent à l’autre), Georges Bouchard (Le jeune officier) ont aussi fait le choix de la qualité littéraire. Dans la presse locale je n’ai eu cesse de dire que la publication d’un roman n’indique rien sur sa qualité littéraire. Et être auteur n’est pas forcément être un écrivain, si du moins nous donnons à ce mot le sens que lui donne Roland Barthes.

    Le problème pour l’Afrique et cela ne date pas seulement d’hier, est qu’elle ne s’est jamais donnée les moyens d’exister sur la scène mondiale, de faire de ces auteurs des « écrivains », et non plus des « écrivains africains ». La différence est de taille !

    Le Gabon n’échappe pas à cette règle générale. Et le grand paradoxe est que ce petit pays a trop longtemps eu des moyens colossaux pour se valoriser et valoriser ses artistes et hommes de culture. Rien n’a été fait depuis les indépendances. Comme le dit Sony, on a cru que se développer était avoir des routes bitumées, des voitures de luxe et des bâtiments construits à coup de pétrodollars. Ceci permet d’évacuer l’argument démographique. Autre argument : le Gabon est parmi les premiers pays au monde a avoir un parc automobile 4X4 au Km le plus important. Et l’Etat gabonais est le premier consommateur de ces berlines ! Cela montre donc les priorités (pardon pour la réduction, mais ça marche quand même).

    Etre conscient de tout cela ne peut donc que conforter la note d’Alain Mabanckou. Mais comme je l’ai dit, ma réaction était mitigée. Les divers échanges me conduisent donc à réorienter ma réponse (dans le sens de la construction).

    J’ai voulu réagir en homme de sciences, mais Ludovic qui est un grand frère que j’aime bien l’a fait à sa manière sanguine (personne ne peut lui reprocher d’être lui-même et je me réjouis heureusement de le trouver toujours aussi bon sportif que "Maldini" : il a su amortir de la poitrine un torrent de paroles contradictoires pour relancer le débat sur des bases plus sereines). Sa réponse me satisfait donc. Elle mérite cependant d’être prolongée.

    Sur quels critères peut-on aujourd’hui dire d’un discours qu’il est littéraire ou pas ? En quoi ce discours littéraire serait-il spécifiquement africain, et plus encore gabonais, congolais, camerounais ? Ces adjectifs n’ont-ils pas quelque chose de gênant quand on sait qu’on parle souvent de Joyce, Kafka, Faulkner (l’orthographe ?) sans toujours les rattacher à leur nations ou Etats d’origine ? Qu’ils sont toujours considérés quant à leur génie littéraire ? Et qu’en France on parle de Beckett et de Picasso comme s’ils étaient nés Français ? Faut-il toujours se réjouir de ses qualificatifs nationaux en s’obstinant de ne pas voir que depuis l’ère coloniale ces taxinomies n’aident pas l’Africain à participer à la production de la culture universelle en tant qu’il est spécifiquement Africain, et non un humain comme les autres humains praticiens des Lettres ? Même s’il habite des régions "vénériennes" (aurait dit Césaire) ?

    La note d’Alain Mabanckou pose trop de problèmes qui sont à la fois d’ordre idéologique, scientifique, structurels (dans le sens de l’organisation et de la production de la culture du livre en Afrique. Là aucun pays du continent n’y échappe). Au-delà même du fait qu’elle manifeste une méconnaissance totale ou calculée de l’objet dont elle parle, peu importe son ton condescendant (même si c’est par là qu’elle affecte non pas seulement le Gabonais, mais tout homme de bon sens), cette note reste toute problématique (peut-être est-ce l’universitaire qui en étend les lectures). Elle ouvre la porte à tout sauf au débat qu’elle engage. Mais quel est-il véritablement ?

    Si nous parvenons d’abord à nous entendre (Alain et les autres écrivains « africains » y compris) sur ce qu’est la littérature, c’est-à-dire sa nature première, nous comprendrions alors que force romans ne méritent pas d’être lus, même s’ils ont été édités en France ou ailleurs en Europe, par des écrivains européens, africains, peu importe. Cette définition nous permettrait de comprendre aussi que de nombreuses vérités qui nous sont assénées depuis le lycée ne correspondent en réalité qu’à des vérités de circonstance et que ce que nous appelons littérature africaine souffrirait profondément dans sa chair en ce que ses auteurs à grands tirages souffriraient également d’un certain nombre de contestations.
    Faut-il rappeler aux uns et aux autres que nos goûts littéraires ne sont que le résultat d’un formatage intellectuel ? Qu’Aimé Césaire avait dit lui-même s’être trompé de croire que le surréalisme venait de la poésie française alors que celui-ci était typiquement africain ? Trop de tropismes affectent parfois nos sens et nous empêchent de discuter objectivement. Cela me semble maintenant encore plus évident.

    A mon sens, le débat fondamental (fondamental pour nous peut-être) ressortit à notre propre capacité d’être lucides. Il faudrait peut-être que nous cessions d’être les consommateurs des cultures mâchées et vouées au marché par les mass média. Nous autres apprécions quels dégâts cela cause en Occident ; aux USA en particulier.

    J’ai renoncé à répondre à Alain sur le ton doctoral de Ludovic. Simplement ajouterais-je que sur le plan de la théorie littéraire, de nombreux arguments prouveront que c’est toute la littérature africaine qui est à réécrire, qu’il s’agisse des romans d’hier ou de grand nombre de romans actuels. Non que des « écrivains africains » ne puissent pas être des Joyce dont on parlerait désormais comme on parle de Garcia Marquez, Beckett, Delibes et des Dostoïevski, mais parce pour gagner la bataille du respect des autres sur des bases objectives, de grands combats restent à mener. Et celui de la qualité et de la création littéraires en est un. Mieux, c’est une valeur cardinale dans ce domaine.

    Sortir un écrivain comme Justine Mintsa de son contexte, de ses croyances littéraires sans pour autant se poser les bonnes questions et mesurer ses réponses, c’est malheureusement donner le sentiment que nous sommes revenus au 19ème siècle français, lequel pratiquait une critique de goût qu’on croyait morte avec Critique et vérité ou Le degré zéro de l’écriture (R. Barthes) ! De même, Diction et fiction (G. Genette) interdit ce type de comportement intellectuel. Or pratiquer une telle critique « en robe de chambre » c’est forcément s’en prendre aux auteurs sur une base non objective : il y a des goût qu’il y a autant d’hommes et donc de critiques de goût. Et merci pour la communication !

    Plus fondamentalement, des auteurs comme Pius Ngandu Nkashama (Muloguishi wani) et Boris Boubacar Diop (Domi Golo - il faudra vérifier les orthographes de ces deux titres) ont compris l’essentiel qui se joue dans la littérature. On questionnera : pour qui écrivent-il ? La réponse est qu’ils doivent écrire ce qu’ils écrivent, pour les wolophones ou ce qui apprendront le wolof, par exemple (Papa Samba Diop heureusement partage cette idée en montrant comment le wolof est bien une langue aussi poétique que le français, l’anglais, ...). Cette posture, il est vrai, est hors circuit mercantiliste. Mais il y va des identités africaines, des imaginaires africains, de notre présence au monde (que les autres revendiquent sous les termes savants d’« exception culturelles »).

    Que le Gabon ait un auteur ne devait donc pas poser problème. Qu’il en ait deux ou trois de la trempe de Laurent Owondo, Moussirou-Mouyama et de Sandrine Bessora qui revendique sa gabonité ne devait pas non plus être une cause d’orgueil national. C’est déplacer le débat de fond. Le plus important dans ce débat est la question de la place de la culture et du livre en Afrique. Que fait l’Afrique pour que ses meilleurs fils ne s’évadent pas ou pour qu’ils aient le sentiment de participer au sens de sa marche ? Des politiques doivent donc être tentées pour en raffermir les talents continentaux ou en éclore : au plan littéraire comme sur d’autres plans, le continent ou ses Etats devront apprendre à « compétir » sur les mêmes bases que les autres Etats du monde. Dans ce siècle de l’information reine (« post-moderne » ?), une telle préoccupation devient urgente. (il faut à jamais vaincre l’illusion du pêché en lisant des hommes très sérieux comme V. Y. Mudimbe, Ali A. Mazrui, Théophile Obenga pour se remettre les idées en place et réfléchir justement. Ne pas non plus caresser la théorie de l’élection - je ne suis pas antadiopien, hélas !)

    Littérairement parlant, est-il possible que l’Afrique se vende (cette question ne se pose plus pour les autres continents) ? En théorie oui. Ce ne sont pas les talents africains qui manquent. Avant d’être happés par les éditeurs européens nombre d’entre eux comme Sony Labou Tansi, Tchicaya U Tamsi, Kourouma, ont commencé par écrire d’Afrique. Le problème est donc la mise en place en Afrique d’un réseau d’éditeur compétitif qui se chargera de rendre visibles des auteurs talentueux méconnus des Africains et du reste du monde.

    En quoi donc il n’est pas objectivement juste de s’en prendre à des hommes et à des textes qui ne demandent qu’à être transformés et soutenu pour leur propre bénéfice et pour le bénéfice de ceux qui les liront. Cette préoccupation fait des cas du Gabon et du Congo (RDC) une question périphérique. Peu importe que Bessora ne soit pas retenue par Notre Librairie qui a sa ligne éditoriale, une équipe d’hommes et de femmes. Aux autres de mettre les leurs en place. Bien au contraire, cette question enjoint à une préoccupation bien centrale : celle à laquelle des organisations comme la Société Africaine de Culture (SAC) avait entrepris de résoudre.

  279. Posté par Timba Bema, le 4 mai 2006 à 22:20

    Dommage Ludovic Obiang que tu n’ais pas répondu à mes questions. Vraiment Dommage !!!

  280. Posté par Boris, le 5 mai 2006 à 00:59

    Ah patriotisme quand tu nous tiens.
    Je veux juste reagir pour applaudir la brillante intervention de GBM. Mais vraiment ou etais-tu depuis tout ce temps mon gars. Au lieu de nous laisser nous insulter,nous taper dessus comme des bons sauvages que nous sommes (moi y compris). GBM en tout cas cher ami vous venez de signer l’intervention(selon moi)la plus brillante de ce long debat.Elle est claire limpide,argumentee, et nullement teintee d’aucun jugement de valeur. Votre intervention replace les choses dans leur contexte.Bravo encore. Apres ca je crois que moi j’en ai fini avec la palabre sterile.
    Cependant j’aimerai neanmoins vous poser une question, puisque vous dites etre prof. Pourquoi en Afrique doit-il exister un departement de litteratures africaines ? Au depart je n’aime pas cette expression litterature africaine, mais je comprends neanmoins son usage ailleurs qu’en afrique pour montrer la difference qui existe entre celle-ci et les autres. Mais pourquoi en Afrique doit-on dire litterature africaine ? pardonnez mon ignorance mais j’aimerai comprendre. Merci d’avance.

  281. Posté par Minga, le 5 mai 2006 à 01:22

    Décidément Timba, lui, en redemande ! (rires) Il ne voudrait pas que la musique s’arrête en si bon chemin...

  282. Posté par Minga, le 5 mai 2006 à 02:03

    Tiens, voici Boris-la-sape qui fait son intéressant en ironisant sur le patriotisme ! On aura tout vu dans ce village bantou !

    Vous vous interrogez : Pourquoi en Afrique doit-il exister un departement de litteratures africaines ? Pourquoi pas ? Ici en France, c’est pareil. Il existe bel bien une filière de littérature française. Tout comme à la Fac de Libreville, il existe une filière de littérature gabonaise.

    Connaître une Littérature ne se limite pas à dévorer des bouquins. De même, il ne suffit pas d’évoluer dans un espace précis pour maîtriser sa littérature. La connaissance passe forcément par une étude "approfondie", plus structurée sinon intellectuelle.

    Ca me rappelle certains camarades de lycée. Après le Bac, ils voulaient d’étudier l’anglais. Mais sont très vite tombés des nues en découvrant que la réalité est, en fait, à des années lumière des jeux linguistiques du lycée. Car à la Fac on aborde vraiment la littérature anglaise... Ils ont détalé. Les plus suicidaires triment encore en Maîtrise près de 8 ans plus tard !

  283. Posté par Minga, le 5 mai 2006 à 02:55

    Je cite : "cela n’aura échappé à personne : même sur des questions non littéraires, on a la forte impression que les seules fois où tu es montée au créneau, ce fut seulement pour défendre Ludovic." Tout à fait DOW. Pareil que Boris avec notre hôte. Mais c’est moins grave docteur ? Sinon, me voici rassurée que ma position n’a échappé à aucun villageois ! :)) J’en ris, car les secrets de Polichinelle me font toujours cet effet. On fait semblant de s’étonner. Alors qu’il était évident que les Gabonais montent au créneau, comme tu dis, après le coup d’envoi d’Alain.

    Mais peut-être que pour me la jouer originale, surprenante, j’aurais du conforter Alain dans sa thèse ? Corroborer contre vents et marrées, à mon corps/coeur défendant que la littérature gabonaise n’existe pas ? Juste pour dire que Gabonaise, je défends mon frère congolais ?

    T’inquiète pas DOW, (tu me crois ou pas) mais si Alain avait été largement défendable, je lui aurais exprimé mon soutien avec le même naturel. D’ailleurs crois que, je n’ai aucun a priori envers lui. Même s’il nous snobe actuellement du haut de son donjon pendant que nous palabrons ici, j’ose croire qu’il a des facettes plus... (rires)

    je retiens donc que DOW réclame l’unité de l’Afrique. Il y tient à ce bêlement à l’unisson. Un autre intervenant proposait d’aller contruire un mur de lamentations à Gorée. Pour s’y rendre en Pèlerinage comme les Musulmans à la Mecque. Qu’en penses-tu, mon frère ?

  284. Posté par Sami, le 5 mai 2006 à 02:57

    Ah, j’ai raté le débat sur ce sujet. Raison simple : depuis hier, en arrivant au Canada je n’ai eu que le temps de me remettre du décalage horaire. Je n’ai pu aller sur ce blog. Je viens de lire ce que j’ai raté depuis. Ludo, j’avoue que je suis un peu "pervers" dans ce que j’appelle avec un peu de prétention mon univers. Hélas, cela a toujours été présent dès mon premier roman Femme infidèle publié depuis 1988 à Lomé. J’accepte tes critiques et j’assume mes travers et faiblesses. La seule chose que je tente de nuancer, c’est que Paris n’est pas cette toute-puissance qui nous ferait écrire ce qu’il lui plairait, ce serait même un peu lâche de notre part de ne pas assumer nos choix parfois. Les miens je les assume et j’entends bien ta critique. Je respecte tous les points de vue, je suis de ceux qui expriment les leurs avec liberté. Quant à ton analyse qui te permet d’aboutir à l’idée que Kourouma n’aurait pas élaboré ses textes lui-même, je la trouve un peu forcée, il me semble. Tu reprochais à Alain de se montrer léger. Il me semble qu’il t’aurait fallu au moins avoir accès aux manuscrits de Kourouma pour une recherche plus approfondie qui pourrait justifier ce qui, au-delà de la critique, est une accusation grave, je pense. Il faudrait que tu fasses un peu attention, pour ne pas tomber dans cette suspicion un peu générale qu’on a fait peser sur certains écrivains africains. Si je ne réagis pas par la suite, c’est qu’au rythme des activités ici je n’aurais pas eu le temps de revenir sur ce blog. Mais dès mon retour en France, je réagirais si nécessaire.

  285. Posté par Sami, le 5 mai 2006 à 04:14

    Minga, slip sale sur le rebord de la baignoire, ce n’est pas si ragoutant que ça, je ne crois pas que ça racolerait plus d’un, surtout qu’il faut vraiment aller à la fin de cette nouvelle (sur la luxure) pour lire cette ligne. Quelque part pour revenir au débat initial, peut-être que tu as bien fait aussi de revoir tes propres positions. Dans ta toute première intervention, moi j’avais cru bêtement que tu adhérais un peu trop facilement aux propos d’Alain. J’ai relu ton intervention que voici :

    Posté par Minga, le 18 avril 2006 à 03:40

    Le Gabon et son désert littéraire ne sont pas un mythe. Et je serais bien sotte de m’offusquer qu’une analyse pertinente, qu’une démarche intellectuelle invite à appeller un chat un chat..

    C’est bien mon pays. Mais n’ayons pas peur des mots/maux. Souvent, je me suis surprise à penser qu’au pays de "Yaya Omar", la culture (intellectuelle, je devrais préciser ?) n’est pas une priorité. Chaque année, nos ravissantes Reines de beauté nous le rappellent d’ailleurs lors de la fameuse "épreuve" de culture générale ; disons même locale.

    Le Ministère de la Culture et tous les organismes associés sont les parents pauvres du pays ! L’UDEG (Union Des Ecrivains Gabonais) fait peine à voir... Elle n’a de solennel que le nom. Ce qui n’est sûrement pas le cas dans au royaume de la déesse finance et du dieu pétrole...

    Revenons aux talents : Au bout du Silence de Laurent OWONDO détient effectivement la palme en matière de roman gabonais. Bessora, oui tiens, pourquoi l’avoir oubliée, notre Helvéto-Gabonaise ? J’ai dévoré son 53 cms. Un roman au style espiègle et à l’humour décapant : véritable cocktail tropical à consommer sans modération !

    Quant au Professeur Okumba Nkoghé, connu comme le plus prolixe des auteurs gabonais (sic), j’attends toujours de lire enfin SON livre, au moins un ! Les précédents m’ayant toujours laissée sur ma faim/fin. Circonstances atténuantes pour Justine Mintsa et Ludovic Obiang... Je préciserai au passage que Grégoire Biyogo n’est pas Historien, mais "compendieusement" (terme qu’il affectionne) Enseignant de Littérature...

    Pour en finir : la littérature gabonaise... On attend toujours le Messie alors ? Ou plutôt Godot ? Une chose est cependant sûre : Au Gabon nous n’avons peut-être pas de littérature. Mais nous avons le pétrole ! Je voulais terminer sur une note humoristique. Et vous ?

  286. Posté par Zik, le 5 mai 2006 à 05:33

    D.O.W., vous l’avez echappe belle. Un mois plus tot et l’hiver Canadien se serait fait un plaisir de vous refroidir les os.

    Je venais intervenir plutot sur la necessite du debat vigoureux et depouille d’artifice en donnant un exemple. Il y a quelques annees, Henri-Louis Gates, le Chairman (doyen) du “W.E.B. Du Bois Institute for Afro-American Studies” a Harvard, avait realise une serie documentaire d’un total de 8 heures, pour la chaine de television Americaine PBS, appelee “The wonders Of the African World” (les merveilles du monde Africain). Malheureusement, il y a avait des erreurs qui se sont glissees dans le documentaire. Ali Mazrui, le grand chercheur Kenyan n’a pas supporte ca et a ecrit un editorial dans le “New-York Times”, fustigeant H.L. Gates a propos de son manque d’attention et de “scholarship” sur la question. Le probleme est que Gates n’est pas n’importe qui. C’est l’un des tout premier intellectual Americain toutes categories confondues, et il est le disciple et ami personnel du grand Soyinka dont il fut l’etudiant a Cambridge en Angleterre. Se sentant donc accule par Mazrui, Gates appella son sauveur Soyinka a la rescousse. Ce qui s’en suivra sera epique. Un debat intellectuel intense entre les deux geants Africains, dans la presse Americaine. Et pourtant Gates, Mazrui et Soyinka sont des amis et Mazrui avait meme preface le bouquin compagnon de cette serie televise. Je relate cette histoire juste pour rapeller que les grands esprits de ce monde savent que la science ne s’accommode pas de l’a peu pres. Meme lorsqu’ils sont entre amis, s’il ya des erreurs et manquements, les reactions sont robustes et sans retenues. Pour ceux qui sont interesses au debat Gates-Mazrui-Soyinka, ce lien vous en fait le resume (il est en Anglais) : http://quoteskenya.blogspot.com/200...

  287. Posté par Zik, le 5 mai 2006 à 05:43

    Un autre resume plus court de la controverse Gates-Mazrui : http://www.africaresource.com/war/v...

  288. Posté par D.O.W., le 5 mai 2006 à 10:20

    Minga : là où tu amènes le débat, je refuse d’y aller ma soeur. Tu voudras bien me pardonner. Je ne suis pas très à l’aise dans la sphère des choses sans importance. Je peux seulement te dire que souhaiter que l’Afrique avance ensemble, n’a rien à voir avec quelque forme d’unanimisme (lire ma réponse plus bas à Zik). Puis je voudrais renvoyer certains au post 112 du sujet "Comment immigrer...". C’est peut-être seulement une farce, mais ils verront ce qu’on pense d’eux pendant qu’ici ils s’écharpent. Et mènent leur mini-guerres. Et se gaussent des "lamentations de Gorée" et de "l’Afrique unie". - (à propos, réplique pleine d’esprit mon cher Timba).

    Zik : D’abord merci, tu nous donnes souvent des références enrichissantes. Ensuite, je ne comprends pas très bien l’allusion à l’hiver canadien. Peut-être as-tu pensé à Sami qui y est.. ? Ou alors, je n’ai vraiment pas compris. Et concernant maintenant la nécessité du débat vigoureux, tu ne peux savoir à quel point j’y adhère. J’y suis attaché probablement plus que toi Zik, et plus que quiconque au monde (rires). Je l’ai déjà dit ici, rien ne m’est plus insupportable que le consensus. Parce que le débat n’est riche que de sa multiplicité. Le premier ici, à avoir réclamé avec vigueur le droit pour Ludo de dire son fait à Alain, c’est moi. Que l’on relise les débats anciens que nous avons eus ici sur des articles d’Achille Mbembe par exemple. Je crois avoir montré à toutes ces occasions, que l’unisson, ce n’était pas trop pour moi. Et je peux encore te dire Zik, que j’ai perdu des amis, pour avoir préféré leur dire "ton travail n’a aucune valeur", plutôt que : "c’était pas mal". Parce que pour moi, le débat, l’exercice intellectuel ne s’accommode pas de la mollesse. La tiédeur, voilà ce qui mène à la médiocrité. Mais alors, il faut comprendre que la vigueur des débats, c’est la vigueur des arguments, et non pas la vigueur des insultes. J’ai dit à Ludovic : "dis à Alain qu’il est incompétent", je défendrai ton droit de le dire. Pour moi, "incompétent" n’est pas une injure, c’est un jugement académique (charge à son auteur d’en faire la démonstration). Mais force est de constater que la vigueur qu’il y a eu le plus souvent ici, c’était bien autre chose ! Pas la peine de revenir sur les mots et les arguments mesquins que l’on a vu fleurir (tu étais d’ailleurs une notable exception Zik. Car si j’ai dit avoir eu l’impression que tu défendais un "compatriote", force est de te reconnaître que tu as su rester toujours dans une certaine hauteur de vue). Je te crois sans l’ombre d’un doute, quand tu me dis que le débat des Mazrui et Soyinka fut rude, mais je me risque à prendre le pari que l’on n’y verra pas trace d’insultes. Car si l’intransigeance, le refus des concessions haussent le débat, l’invective, a contrario, le dessert.

  289. Posté par D.O.W., le 5 mai 2006 à 10:22

    Et promis, je vais un peu me calmer. J’embêterai plus le monde avec mes longues sentences morales. Un blog c’est fait aussi pour la déconne ;-)

    Bien à vous.

  290. Posté par SIMA EYI Hémery-Hervais, le 5 mai 2006 à 10:42

    En venant revisiter cette page après des jours, je découvre combien les propos de l’écrivain congolais ont réussi à rendre sonores nos silences.

    J’apprends toujours, et dans le cas d’espèce, j’ai beaucoup appris. Non sur le consensus, mais bien plus sur l’attachement des hommes et des femmes aux choses de l’esprit. À mesure que mes doigts jouent du clavier de mon ordinateur, je me pose quand même cette question à la Columbo : Pourquoi un écrivain, peu importe ses origines nationales, s’engagerait-il à diffuser sur une plate-forme de grande fréquentation comme l’internet, des propos de cette nature sur la littérature d’un pays dont il n’est pas citoyen ? Alain Mabanckou a vraiment manqué de tact. La sagesse universelle demande que l’on vienne à se prononcer sur ce que l’on maîtrise. Notre écrivain ne connait pas la littérature gabonaise.

    Dans ma première réaction, je ne recherchais pas nécessairement à me faire revanchard. Même si le silence demeure sur certaines facettes de l’histoire de notre continent, il n’en demeure pas moins que son ignorance n’est pas partagée par tous. Et c’est irrespectueux de dire de la littérature d’un autre pays qu’elle n’existe pas ou qu’elle est de mauvaise qualité !

    Pour notre ami DOW que je salue pour son intérêt porté à ma première réaction, il ne s’agit pas de célébrer mon identité nationale, mais d’une forme de légitime défense. Je suis gabonais, fier de ma nationalité ; tout comme le serait Alain Mabanckou de sa nationalité congolaise (je l’espère !). Il est vrai aussi que nos frères africains ont des préjugé sur les Gabonais. Il y a une unanimité silencieuse et parfois parlante à confiner le Gabonais dans la médiocrité, à l’incapacité au mérite. Nous, Gabonais, sommes noyés dans cet océan de préjugés sans raison ! On préfère nous voir exceler dans des choses viles et futiles. C’est ce que je fustige surtout chez l’écrivain congolais à travers son propos. Au-delà, je n’entretiens aucune rancune et je laisse le débat continuer.

    Amicalement.

  291. Posté par D.O.W., le 5 mai 2006 à 11:15

    Comme Boris, je voulais aussi dire à GBM que son post est brillant et pertinent, et qu’il pose surtout les bonnes questions et soulève les vraies problématiques.

    Je salue en retour M. Sima. S’il a existé des tendances pour confiner les Gabonais dans la médiocrité, je dois dire qu’elles n’ont eu sur moi, nulle influence. Au contraire, je découvre avec vous ici, des universitaires gabonais dont le propos fleure bon le talent, et auquel je ne vais pas manquer de porter un intérêt plus grand dorénavant.

    Bien à vous.

  292. Posté par GBM, le 5 mai 2006 à 14:37

    Cher Boris,

    Répondre à la question "pourquoi un département de littérature africaine" dans une université d’Afrique est fondamentale. Cela donne aussi un violent vertige intellectuel parce qu’elle pousse à la réflexion. J’avoue ne pas avoir lu un seul livre qui me suggère quelque réponse. En tant que chercheur, je vais modestement esquisser une réponse qui apparaîtra davantage comme une hypothèse personnelle. C’est-à-dire une vérité restreinte.

    Il faut d’abord dire que la "littérature africaine", en tant que concept, est à la fois ancien et récent. Ancien : Locha Mateso a brillamment montré qu’il est une résurgence de la littérature coloniale et de voyage (écrite par les Européens sur les Africains). En terme technique, on a souvent appelé ce type de littérature "la littérature de Loti".

    Récent : j’ai rencontré l’homme sans doute le plus décisif dans la consolidation de ce concept : Jacques Chevrier. Après la seconde guerre mondiale, la France ignorait l’existence des écrivains noirs, disons négro-africains pour élargir. Des gens comme Chevrier se sont battus alors pour introduire l’enseignement de la littérature africaine dans les universités françaises. D’autres comme Kesteloot et Cornevin ont mené des combats d’intellectuels pour la rendre visible en en défendant mordicus la pertinence. Ils sont nombreux ces français, belges, européens qui ont lutté en faveur de la littérature africaine dans les années post seconde guerre mondiale aux années 1970.

    Une hypothèse peut maintenant se formuler. "Littérature africaine" signifie pratique littéraire exercée par les colonisés d’Afrique, puisque nous parlons français, de langue française. Cette globalisation a donc une souche coloniale. En défendant des Africains communautarisé par le destin de la colonisation, on en a fait des hommes à destins communs. Ce sont ces hommes que d’autres comme Sartre, Breton,... ont défendu. C’est la littérature de ces hommes qu’on a introduite en France, dans les universités et les milieux littéraires français. Voilà comment le concept de « littérature africaine » a été renforcé, par le truchement de combats des Africains ethniquement communautarisés par le colonialisme et ses prolongements idéologiques actuels. Par conséquent, si la littérature a été enseignée de manière aussi générale en France, il s’en suit qu’elle ne pouvait que l’être en Afrique où les coopérants français ont installé les premières universités (Chevrier a largement contribué a mettre en place l’université nationale du Niger, si mes souvenirs de son propos demeurent encore corrects). Voilà comment nos départements sont devenus des "départements de littératures africaines", un peu comme à la française, pour soutenir les efforts des intellectuels français militants. C’est peu un vite dit comme ça. En réalité, il y a eu aussi une formidable pression des intellectuels et écrivains Noirs (souvenez-vous de la pensée panafricaine, de la SAC, des luttes de libération nationale... et idéologique, de la naissance de Présence Africaine, des Congrès de la Sorbonne et de Rome. Excusez-moi, tout est donné en désordre sans logique chronologique respectée).

    Mais il faut dire aujourd’hui que les choses ne se présentent plus dans les mêmes termes, les Africains ayant conquis une autonomie scientifique et intellectuelle. Beaucoup d’universités ont commencé par regarder leurs productions littéraires nationales différemment, de manière à construire, au plan universitaire, des identités littéraires nationales. En son temps, ce débat avait été prolongé, par Notre Libraire - je me souviens encore de la terrible colère de Tchicaya U Tamsi, paix à ce brave homme lucide et un des plus brillants littéraires contemporains -, mais les arguments ne tenaient pas la route et on est revenu à la notion de « littérature africaine ». Peu importe, les universités continuent d’explorer leurs littératures nationales (orale et écrite). C’est le cas de l’Université C.A. Diop au Sénégal. Au Congo (RDC), la tradition est plus ancienne, de l’époque où Mudimbe et Ngal y exerçaient. Au Congo Brazza, des gens comme A. P. Bokiba et d’autres n’arrêtent plus d’écrire sur leurs propres romanciers et poètes... Au Gabon, l’abondante production littéraire accumulée depuis les années 1970 a commencé par produire des spécialistes de littérature gabonaise formés dans les universités occidentales. Deux noms à retenir : Taba Odounga Didier, Jean-Léonard Nguéma. Je ne cite pas Sima Eyi qui a eu un Ph D. de littérature gabonaise au Canada parce qu’il s’est présenté lui-même. Par contre je me dois de citer un Congolais imprégné de littérature gabonaise : Misère Kouca (orthographe ?). Ce dernier a récemment publié l’anthologie de la littérature gabonaise la plus fouillée et la plus volumineuse (2 tomes). Taba Odounga Didier, Jean-Léonard Nguéma et Sima Eyi enseignent désormais ladite littérature au "Département des littératures africaines" de l’université de Libreville. Ce département est divisé en trois spécialités à partir de la licence : « littérature africaine écrite », « littérature africaine orale », « littérature gabonaise ».

    Cette tripartition de l’enseignement de la « littérature africaine » répond à un besoin d’en cohérer l’enseignement universitaire, en ce que les problématiques de chaque champ ne sont plus aujourd’hui forcément les mêmes. La multiplicité d’ouvrages de fiction ainsi que d’ouvrages théoriques recommande aussi de serrer de plus en plus les expertises. En outre, cette subdivision a eu le souci de rendre visible des champs scientifiques qui sont de plus en plus pensés par les spécialistes gabonais de littérature (et sans doute d’autres nationalités) comme heuristiquement autonomes. Mais là, c’est encore une question de points de vue et de stratégies internes au fonctionnement de tout département, au regard des objectifs visés à plus ou moins long terme.

    Voilà cher Boris. Une réponse probablement longue, en vérité parce que je l’ai voulue exhaustive. J’espère néanmoins vous avoir répondu.

  293. Posté par Zik, le 5 mai 2006 à 14:54

    D.O.W.,

    Je suis vraiment desole de t’avoir confondu a Sami qui nous annoncait son sejour au Canada. Voila ce qui arrive quand on ecrit a minuit, apres une journee de long labeur.

  294. Posté par Minga, le 5 mai 2006 à 15:42

    Bonjour à tous,

    Bien bien, après la réaction de Sami, j’imagine la désolation du côté de la "meute" (sic) qui talonnait Ludovic Obiang l’accusant d’avoir meutri l’intéressé. Et malgré moults appels désespérés au calme, des attitudes laissaient pourtant croire que d’aucuns avaient déjà préparé l’arène, réservé des places aux premières loges pour assister au combat des gladiateurs !

    Eh ben c’est raté, les gars. Il va falloir surseoir au pugilat. Les sensations fortes ne sont pas pour aujourd’hui. (rires)

  295. Posté par Minga, le 5 mai 2006 à 16:04

    Sami quand tu dis : "tu as bien fait aussi de revoir tes propres positions", je réponds que oui, c’est possible, vu les rebondissements. Quand tu écris : "j’avais cru bêtement que tu adhérais un peu trop facilement aux propos d’Alain", j’acquiesce que oui, tu avais mal cru. Car, mon propos initial n’était pas d’adhérer un peu trop facilement au discours d’Alain.

    Mais de mettre l’accent sur un fait réel dans mon pays, le Bongoland : la place ingrate accordée à la culture par la classe dirigeante. Le peu d’intérêt, d’engouement que la culture suscite au profit d’une politique d’apparat. Sami, ne me fais pas dire ce que je n’ai pas dit. J’ai peut-être exagéré en parlant de "désert litteraire". Mea culpa. Mais si j’en étais vraiment convaincue, je n’aurais pas surenchéri sur L. Owondo, S. Bessora, L. Obiang et J. Mintsa.

    Je réitère qu’Alain a le droit d’avoir SES convictions, SES croyances et de les exprimer. Je suis farouchement
    pour la liberté d’expression et le droit de réponse. Ensuite, nouvelle venue sur le blog, j’avais abordé le débat sans arrières-pensées ni préjugés ni procès d’intentions sur la personne d’Alain Mabanckou que je découvre. D’où ce passage : "je serais bien sotte de m’offusquer qu’une analyse pertinente, qu’une démarche intellectuelle invite à appeller un chat un chat..."

    Puis, nous avons eu vent d’un possible règlement de comptes avec l’arrivée de Ludo... Hypothèse qu’Alain n’a pas jugé utile de démentir, choisissant de se calfeutrer dans un silence sec. Se constituant, ipso facto, un brin suspect. Viens s’ajouter un Boris qui transpire le sarcasme et la provocation bon marché. Si révision de mes positions y a eu, je crois que tout est parti de là. Et personne ne voudra me déshériter d’avoir été naïve sur le coup.

  296. Posté par L’Homme là, le 5 mai 2006 à 18:20

    Je visite régulièrement le blog de Mabanckou et je suis attentivement le fameux débat. Pour ma part, il n’a aucun intérêt sinon exalter des égos en mal d’expression ( ce n’est pas insultant, je connais fort bien la susceptibilité de certains blogueurs qui ont " réagi à sec", piqués par leur fibre nationaliste. Je ne lui suis pas, même si j’ai bêtement une nationalité gabonaise arbitrairement définie par des non africains. Mais j’assume l’histoire normalement, sans passion, car je sais que ces notions pourraient n’avoir aucun sens dans des décennies).

    Le débat, à mon humble avis, ne ressort pas uniquement du jugement d’Alain Mabanckou qui n’est pas, je le pense, choquant ni infondé. Il faudrait voir la réalité en face : le dynamisme littéraire gabonais n’est pas chose visible. Gabonais, enseignant et praticien de l’analyse littéraire , je fais le même douloureux constat qu’Alain Mabanckou. J’ai cru en Moussirou, Owondo, Obiang...mais je ne comprends pas ce qui se passe. Pourquoi ces silences ? J’attends voir avec Peter Ndembyt, L’auteur des Oubliés de la forêt des abeilles, la jactance narrative semble prometteuse, un peu de déchets dans l’écriture mais cela se guérit rapidement quand on le veut. La politique pourrit la vie littéraire gabonaise, il faut le reconnaître. La mendicité des privilèges de la "canaille", la propension à vouloir épater un peuple peu avisé en jouant les spécialistes incontournables
    "tuent" les privilèges de la pensée et de la libre inspiration. Etre écrivain est un état d’esprit, une manière d’être...Il ne suffit pas de publier, il faut se battre pour la médiatisation de son écriture. Je ne dis pas la prostitution, car je ne crois pas qu’elle existe réellement entre les écrivains africains francophones et leurs éditeurs. Certes, il y a des attentes des lecteurs visés mais peu de dérapages préjudiciables à l’éthique artistique. Les éditeurs français ne sont pas tous des pourris pour faire la promotion des "faux-monnayeurs".

    J’apprends depuis peu à comprendre cet univers, en fréquentant des écrivains, en écoutant des gens lors des rencontres, en discutant avec des éditeurs. Ils m’ont ouvert à la littérature et je l’aime autrement, sans un nationaliste désespéré, ni exalté, seulement en Africain qui croit que la littérature est une tribune pour nous autres, oubliés et marginalisés dans le débat culturel mondial.

    J’apprécie le travail de Mongo Mboussa. Je crois qu’il a démythifié la relation du critique africain à sa littérature, à la rendant plus proche des attentes courantes. Mais cela ne veut pas dire qu’il ne sait pas "soliloquer" comme tous les mordus de la formule .

    Je ne puis juger Alain car j’ignore le contexte véritable qui l’a conduit à faire une telle déclaration. Mais il faut qu’il se détache de ce type d’affirmations qui font le terreau des

    polémiqueurs. Il incarne désormais une voie écoutée, espérée donc suivie. Alain, il faut un peu de modération. Mais rien de grave, reconnaissons-le.

    Mais je pense que le débat sur les nationalités littéraires africaines ne revèle rien de pertinent, sinon se lancer dans des dérives groupusculaires qui n’apportent aucune nouveauté aux communes réalités culturelles et sociales africaines. Nous sommes, africains francophones, engagés dans vaste monde culturel et intellectuel où notre présence ne vaut même pas, comme le disait Kourouma avec son humour connu, le " pet d’une grand-mère". Trop insignifiant pour être encore sur-divisé, émiétté..

    Une génération qui a longtemps cru que la colonisation avait éradiqué l"âme" africaine constate la ruse du temps : l’Afrique récupère ce que lui apporte le monde et le transforme en africain, lui donne un sens africain. Je veux dire notre manière de vivre et de sentir le monde qui fait qu’un africain, c’est-à-dire, un être "cultivé en Afrique", blanc ou noir,ne sera jamais un européen, ni un américain...

    Je crois que l’espace existentiel façonne des particularités culturelles qui permettent de ramener l’universel à notre espace.

    J’aime ce qu’écrit Mabanckou et je m’y attèle à une analyse qui voudrait démontrer le prolongement et le renouvellement de la stylistique de la Négritude .

    Je connais et apprécie Ludovic Obiang.Mais je n’ai rien compris à sa réaction. Je sens une absence de sérénité, sa qualité habituelle. Que se passe-t’il ?

    Le message de sagesse et de prudence de l’enfant de masque est une valeur à cultiver.

    « L’enfant des masques » et « Peronnelle » sont des textes bien écrits. C’est une des qualités de Ludovic Obiang. Ils ont un ancrage réel dans la culture fang, son ethnie, c’est aussi une autre qualité. Peronnelle, sa pièce de théâtre aborde un aspect de la colonisation en Afrique. J’ai bien aimé la mise en scène qu’en a faite Douma à Paris, en janvier dernier.Cela prouve que c’est un auteur dramatique apprécié. Mais est-il judicieux de vouloir rappeler ce qu’on a fait ou ce qu’on est dans un débat de blogueurs ?

    Tout écrivain possède une matrice thématique et stylistique. Mais, Ludovic Obiang n’explore pas la société gabonaise avec le suc langagier et symbolique qu’un Mabanckou utilise pour ces romans qui renvoient au Congo. C’est une différence importante. A mon avis, le fondement d’une écriture qui accroche, c’est la contemporéinité du sujet et la trajection que la langue ouvre à l’universel, en révélant le singulier ou le local.

    C’est cette relation au temps, à la vie,à la langue que Mabanckou sonde, explore, peut-être exclusivement chez les personnages les plus fragiles, les marginaux . Le lecteur aime les personnages romanesques singuliers. Car, ce sont eux qui donnent souvent une densité dramatique à la narration. Mais je me garde de porter un jugement qualitatif général et péremptoire sur les oeuvres littéraires. Tous les lecteurs n’ont pas les mêmes goûts. J’ai, en ce qui me concerne, la faiblesse d’aimer les oeuvres qui explorent la vie. Cette vie que je peux reconnaître dans chaque recoin du monde où je vais, que j’ai vue dans un documentaire, ou même imaginée .C’est pourquoi j’ai une attitude de "sociologue" quand j’analyse une oeuvre de fiction ; même si je suis conscient que c’est un objet fictif, manipulé par un individu que je ne connais pas et qui ne me connaît pas. Mais c’est un pacte. Il fait son oeuvre et je fais la mienne. Cela ne me pose aucun problème, car dans toute oeuvre que je lis, je tente de comprendre un monde. Quand je ne le comprends pas, je vais voir ce qu’en dit le référent évoqué, je l’interroge pour comprendre les ruses et les détours de l’écrivain, ce sympathique "filou" qui aime dérouter son fidèle lecteur.

    J’aime ce que font les écrivains africains, Mabanckou et les autres : Couao-Zotti, Abdourhamane Wabéri, Ken, ah cette Ken ! , Jean-Luc Raharimanana, Bessora ... et tous les anonymes internationaux connus ou adulés dans nos petits "trous" africains. Qu’importe que ce soit Alain Mabanckou, le nouveau porte parole de cette écriture plurielle africaine francophone,après tout, n’est-il pas talentueux ? Il rempli son rôle à merveille comme d’autres l’ont fait avant lui, Senghor, Sony, Kourouma....
    Notre "petit problème" à nous africains, ce que nous pensons en particules nationales isolées, quand les autres ( non africains) nous considèrent "les mêmes". Notre africanité est plus forte que nos miniscules nationalités.

  297. Posté par Zik, le 5 mai 2006 à 21:17

    L’Homme la,

    D’abord excusez moi pour le manque d’accents dans mes messages, car je travaille avec Windows en Anglais et ecrire correctement avec les accents en utilisant ce logiciel revient a m’arreter a chaque fois pour utiliser la fonction “symbol”. C’est un chemin de croix.
    Ceci dit, je viens de lire rapidement votre contribution et j’ai voulu relever les points ci-apres :

    1. “Le débat, à mon humble avis, ne ressort pas uniquement du jugement d’Alain Mabanckou qui n’est pas, je le pense, choquant ni infondé”

    Vous rejoignez les premiers propos de la plupart des intervenants qui s’accorde a reconnaitre que l’ecritue issue du Gabon est mal connue.

    2. “J’ai cru en Moussirou, Owondo, Obiang...mais je ne comprends pas ce qui se passe. Pourquoi ces silences ? J’attends voir avec Peter Ndembyt”

    Nous avons deja debattu “ad nauseam” des risques que comporte une vision simplement quantitative des choses de l’esprit. Quel est la periodicite d’un bon ecrivain ? J’ai pris la peine de consulter le palmares Goncourt. Beaucoup de laureats sont des "one hit wonders". Combien d’ouvrages a publie Tolstoi ? Et suivant quelle periodicite ? (voir nos messages precedent sur le sujet)

    3. “Etre écrivain est un état d’esprit, une manière d’être...Il ne suffit pas de publier, il faut se battre pour la médiatisation de son écriture. Je ne dis pas la prostitution, car je ne crois pas qu’elle existe réellement entre les écrivains africains francophones et leurs éditeurs”

    Sur ce point je pense que les avis sont tres partages. J’ai lu une interview de l’epouse de feu Mongo Beti qui affirme que depuis toujours, des editeurs, homme politiques, amis etc...avaient essaye de coopter le message de son epoux, d’en faire un de leurs chantres, de lui faire ecrire des choses sur commande, mais qu’il a toujours refuse. Ca laisse supposer qu’il y ait des forces de recuperations qui voudraient tout de meme orienter le debat.

    4. “Mais je pense que le débat sur les nationalités littéraires africaines ne revèle rien de pertinent, sinon se lancer dans des dérives groupusculaires qui n’apportent aucune nouveauté aux communes réalités culturelles et sociales africaines”

    Je pense que tous les intervenants vont dans le meme sens. Tous ? Peut etre sauf l’inimitable Boris qui veut faire de la production litteraire une espece de top 50 de l’activite cerebrale.

    5. “Mais est-il judicieux de vouloir rappeler ce qu’on a fait ou ce qu’on est dans un débat de blogueurs ?”

    Ici, vous posez rethoriquement la question par rapport aux reponses de Obiang Ludovic. Sans vouloir defendre Obiang (il le fait tres bien lui meme), je souhaite seulement indiquer que lorsque les divers intervenants parlent d’eux (Obiang compris), c’est souvent pour soit repondre a quelqu’un qui se demande : qui etes vous ? et quels sont vos “boni fides” en la matiere qui est discutee ? Sur ce plan, je pense qu’il est tout a fait souhaitable que les gens nous disent qui ils sont. Cela permet me mieux calibrer le debat. Vous le faites vous memes en nous devoilant etre enseignant, cotoyer des ecrivains et avoir lu Obiang. Ces informations nous indiquent que vous n’etes pas le premier venu et que vous savez de quoi vous parlez. Moi aussi me suis senti oblige de reveler aux gens que j’etais plutot etudiant (finissant c’est vrai), dans un domaine qui n’a rien a voir avec la litterature. Pour moi, cette information permet a mes interlocuteurs de savoir que mes avis ne sont pas ceux d’un professionnel en la matiere mais d’un amoureux de lecture comme il y en a des millions. Je ne voudrais pas qu’on m’attribu une expertise que je n’ai pas. Sur ces bases, le debat peut donc evoluer de maniere sereine. Chacun apportant ce qu’il peut dans l’edification d’une meilleure comprehension du sujet debattu.

  298. Posté par Boris, le 5 mai 2006 à 22:48

    Cher GBM,

    Sans flatterie, vous etes vraiment la lumiere qu’il manquait pour mieux eclairer ce blog. La vous m’avez conquis, car vous avez vraiment le sens de l’argumentation. Vos reponses sont d’une clarte que seul un dictateur ne saurait en comprendre la teneur(meme si on a aussi des dictateurs qui ont des doctorats en ceci ou cela.Certains se vantent memes de leurs doctorats "honoris causa",c’est pour vous dire).

    GBM, du coup votre belle reponse ou tentative de reponse a ma question vient finalement de m’inspirer. Et j’aimerai avec votre permission me servir de celui-ci pour un article que je dois remettre a un magazine ou je suis pigiste avant le 10. Si vous etes d’accord et que vous pensez que vous avez le temps de l’ameliorer, je me ferai un plaisir de vous donner un mail afin que vous me donnez plus de details et plus d’infos sur vous meme.
    Sincerement, j’apprecie beaucoup comment vous ecrivez et comment vous restituez les choses.C’est simple et convaincant.

    Ps:Minga ma belle Minga, serais-ce le mariage que tu veux avec moi ou quoi ?
    Parce qu’il n’y a aucun commentaire que tu aies fait sans me citer. Tu me cites meme plus que Mabanckou le proprio du blog. Si c’est le mariage, y a pas de petard ma belle. Congo-Gabon, nous sommes les poissons du meme marigot. D’ailleurs Bongo a deja ouvert le bal, alors nous on a qu’a suivre. T’inquiete pas si ca peut te convaincre, je brulerai mes Westons croco et lezard, je vendrai mes costumes Smalto et Versace, j’offrirai aux passants mes polos lacoste et ralph lauren, mes survet adidas,etc.Oui Minga, pour toi je cesserai d’etre sapeur.
    Mais toi ma chere, alors la je te comblerai de lunettes Gucci, de sacs Louis Vuitton, je te mettrai au rythme des mocassins Westons 2 tons, des tailleurs Christiann Dior. Attention je ne dis pas que tu ne t’habilles pas deja comme ca, mais la avec moi, tu n’auras plus a debourser le sou. Ok ?
    Allons faisons la paix ma belle, t’occupes pas de Ludo et d’Alain. N’est ce pas que Sami a dit qu’ils sont tous amis. Car dis toi bie que quand ils se retrouvent dans leurs salons la, ils se moquent de nous en nous traitant de pauvres cons. Mefie-toi des ecrivains Minga, ils sont aussi vicieux que des politiciens.
    Donc la prochaine fois que tu ecris mon nom belle Minga, j’espere que ce sera pour me dire Boris moi aussi je t’aime Ok ?

  299. Posté par Minga, le 5 mai 2006 à 23:37

    Sans oublier que la nuit tous les chats sont gris. Sur Internet n’importe qui peut se faire passer pour ce qu’il veut. Personne pour vérifier toutes ces allégations et personne pour attester de la bonne foi de tous ! Ainsi, n’importe qui peut endosser un pseudo se prétendre Gabonais, enseignant, homme, femme, blanc, noir sans être inquiété. Vive l’anonymat, hein ?

    Ensuite, ce qui est cocasse chez des personnages comme L’Homme-là c’est le luxe qu’ils adorent se payer à porter des jugements de valeur sur autrui. En même temps, qu’eux-mêmes ne dépassent pas d’une tête le troupeau d’égos en mal d’expression (...) piqués par leur fibre nationaliste dont la susceptibilité choque. Et qu’ils aiment bien sermonner en juges infaillibles qu’ils seraient, eux.

    Zik, merci de m’avoir épargné du clavier en répondant avec pertinence à L’Homme-là qui semble reprocher aux intéressés de citer leurs oeuvres. Pour quelqu’un qui dit visiter régulièrement le blog et suivre attentivement le fameux débat, il aurait au moins compris le pourquoi du comment. Mais non, peut-être bien trop pressé de venir donner sa petite leçon, le Monsieur. :)) Du coup, je me marre, moi !

    Enfin, L’Homme-là, vous dites : "je suis attentivement le fameux débat. Pour ma part, il n’a aucun intérêt." Aucun intérêt, et vous marquez quand même un stop dans une caverne (merci Platon !) infestée d’ego exaltés et susceptibles, vous si serein et mesuré ? Vous y apposez quand même votre si noble et précieuse signature ? A moins que ceux qui se rassemblent, ce sont ceux qui se ressemblent.
    Soyez salué !

  300. Posté par Minga, le 6 mai 2006 à 00:06

    Je cite : belle Minga, j’espere que ce sera pour me dire Boris moi aussi je t’aime Ok ? Non Boris. Ce sera pour d’autres sujets que je t’aime. Je me méfie tellement de ces trois petits mots magiques que je tiens toujours à employer à bon escient. Faire la paix ? Voyons, je n’étais pas en guerre contre toi. On ne se "connaît" que par pseudos interposés. Guerroyer, quitte à le faire, je préfère le réel. Pas toi ?

    Ensuite, tes Versace, Weston, Lacoste, Hermès et tutti quanti, rien ne t’oblige à les jeter aux orties. Surtout pas moi. C’est ton personnage, ta "marque de fabrique", la Boris’ touch comme on dira chez Uncle Sam. :)) Sérieux, un Boris sans SAPE ce n’est plus du Boris.

    Dans la foulée, je loue ta générosité virtuelle. Mais je n’ai pas besoin de tailleurs Dior, strings Rykiel, sacs Vuitton pour avoir confiance en moi. Pour te dire, non tu me surestimes, je ne m’habille pas avec des Marques. Et ça n’a jamais empêché des inconnus de se retourner sur moi dans la rue, mes hardes sur le dos.

  301. Posté par Zik, le 6 mai 2006 à 02:28

    Salut a toi Minga,

    Notre ami "l’Homme" n’a peut etre pas bien cerne pourquoi Obiang et Sima, entre autres, contribuent a visages decouverts. Moi, Je trouve ca tres bien. C’est la preuve que les gens assument leurs positions. Ca demontre le serieux des intervenants.

  302. Posté par Minga, le 6 mai 2006 à 03:01

    Tout à fait Zik. D’ailleurs, ce l’Homme-là... Bref, un air de déjà lu.

    Je le cite : Notre "petit problème" à nous africains, ce que nous pensons en particules nationales isolées, quand les autres ( non africains) nous considèrent "les mêmes". Notre africanité est plus forte que nos miniscules nationalités. Ben ça, tu vois coco, tu recopies sur papier, tu plies, hop dans une enveloppe. Et tu envoies en courrier recommandé à Alain Mabanckou, notre frère africain. Après tout, c’est lui qui donne le LA.

  303. Posté par Ludovic Obiang, le 6 mai 2006 à 12:08

    Minga, l’extrait que tu évoques (post du 4 mai 2006, 13h18) est tiré de Obsession (oui, cher soldat inconnu !), nouvelle de Sami publié dans le recueil collectif Le huitième péché (Paris, Ndzé, 2006, pp. 37-43).

    J’ai pris la liberté d’en citer des extraits plus larges afin d’illustrer, à mes yeux, les réserves (je dis bien réserves) que j’ai émises - gentiment ou ignoblement c’est selon - à l’encontre de Sami. « Pornographisme », « rectificationnisme et antinégritude à bon marché », etc.

    J’aimerais que chacun des intervenants s’imprègne de ses extraits et exprime ensuite son sentiment, s’il le veut, mais qu’il convienne surtout si les observations que j’avais faites n’étaient que des paroles en l’air. Je ne dis pas qu’elles étaient forcément judicieuses ou défendables, mais n’avaient-elles pas quelques fondements, ne pouvaient-elles trouver quelques motivations... ?

    Timba, toi, si soucieux de déontologie critique et qui scrutes chacun de mes mots, je crois que c’est un travail à la hauteur de ta loupe ou de ton télescope.

    Et toi D.O.W., que le moindre écart effarouche au point de voir le Rwanda partout, je crois que tu seras servi. Il y a dans les prochaines lignes, à mon avis, plus qu’une puanteur de « caniveau » (post du 4 mai 2006), mais bien comme une odeur de braguette ouverte.

    [...] Comme si le degré d’inceste entre nous avait été aussi important ! Cousine éloignée, franchement, cousine éloignée, si l’on songe un peu à tous les feux rouges les plus vifs allègrement brûlés par des cascadeurs de la braguette ! ne pouvais-je oublier le fils allant soupirer en sa mère, avec le consentement de celle-ci, le père vivant ses plus grands émois sur le corps allongé de sa fille, le fils avec sa belle-mère, la fille avec son beau-père, le frère le sœur et toute une gamme de relations incestueuses du premier degré avec leurs modulations culturelles.

    Elle, cousine éloignée, c’est-à-dire, un inceste mineur. Je devais me le dire, je me devais de le dire, ce n’était pas l’inceste, mais elle-même que je craignais, elle si raide comme une corde tendue entre le Ciel et la Terre, elle qui, lorsqu’elle abordait la question des rapports entre hommes et femmes retrouvait, pour son âge, des mots lourds des âges en faveur de la fidélité, ce qui , hélas, faisait de cette intelligente jeune femme le passif réceptacle d’une éducation pour moi surannée.

    Finalement, et je m’en rendais de plus en plus compte, plus les gens sont jeunes, plus il sont accrochés à des principes anciens, peut-être parce que la vie quine faisait que leur passer sur la joue une main duveteuse se montrait assez tendre à l’égard de leurs illusions. Je pense que c’est avec le temps que le réalisme vient, qu’on se défait de bien des carcans quand on commence à comprendre que chaque grincement de l’aiguille de la montre est un lambeau du temps à vivre qui s’en va.

    [...]
    J’avoue qu’un jour, pressée de s’en aller, elle avait laissé son slip sale au bord de la baignoire, alors que d’habitude elle trempait ses sous-vêtements dans une petite bassine rouge, elle l’avait laissé là, par terre, c’était même un string rouge.
    (Il est finalement où ce string, Sami, par terre ou au bord de la baignoire ? Il devait être tellement emporté ton correcteur, qu’il n’a pas pris garde à ce détail...)

    Et ce jour-là, lorsque je me retrouvai seul avec ce témoin intime de son sexe, je ne pus résister à cette attitude platement fétichiste, m’emparer du string, le porter d’abord sur mon nez pour en inhaler le parfum, l’odeur du sexe et de la sudation inter fémorale, cette odeur qui n’avait rien d’exquis mais qui, dès qu’elle m’envahit, me transporta si loin du réel que je me vis dans les champs de mon enfance derrière les libellules. [...]

    Je m’emparai de la crème et , fermant les yeux, le string devant moi, je me donnai rendez-vous à moi-même, d’abord frénétiquement pour apaiser un peu la tension de mon membre, puis avec délicatesse pour faire durer le plaisir. Je me sentais en elle, bien en elle, avec son consentement, en elle.[...]

    Le meilleur (le grand bonheur) reste, évidemment, à venir, mais vous tous, petits vicieux, je vous invite à lire la suite par vous-mêmes plutôt que de vous cacher derrière mes débordements.

    A bientôt.

  304. Posté par Ludovic Obiang, le 6 mai 2006 à 12:15

    Chers Tous,

    Comme tout Africain quelque peu concerné, « responsable », vous vous demandez forcément, ouvertement ou en aparté, quelles sont les causes du marasme africain, à quel mal profond s’enracine une telle déréliction, etc. ? D.O.W. est le plus fréquent interprète de ce malaise, son dépositaire même (cf. encore son mail du 4 mai), au point qu’il ne manque pas de nous ramener à cette question fondamentale chaque fois que nous avons tendance à nous relâcher.

    Je crois que nous tenons un élément de réponse dans le forum qui nous réunit et nous tient parfois en haleine depuis le 17 avril 2006 (Boris a eu la gentillesse de me rappeler que je n’ai intégré la grande famille que sur le tard). Je pense que nous avons là un début d’explication en direct, nous avons concentré en cet échange un gros plan des bassesses, des mesquineries, gueuseries, veuleries, qui sapent en profondeur les minces poteaux de nos institutions et interdisent à l’Afrique toute possibilité de synergie et d’efficience.

    Un écrivain congolais, auréolé récemment de deux grands prix (occidentaux), profite de sa propre tribune (un blog) pour se fendre d’un discours à la fois mensonger, plat et bourré de prétention arrière sur la littérature gabonaise. Un quidam, un inconnu, sans ticket (merci Minga, le 4 mai à 13h03), sans accréditation de prestige, intervient et, arguant de ce qu’il est, et Gabonais, et universitaire, et spécialiste de la question, rétablit la vérité, met à nu les mensonges et la duplicité du soi-disant grand écrivain. Mais comment réagissez-vous ?

    Personne, mis à part mes deux compatriotes, Zik et Minga, n’a interpellé Alain Mabanckou pour lui demander de s’expliquer sur des dérapages désormais avérés. Personne ! Quelques traits griffonnés à la hâte me concèdent une relative légitimité. Ce Ludovic Obiang dit parfois des « choses intéressantes » ; on perçoit quelquefois dans ses propos comme un « rayon d’intelligence » ; je peux même passer pour un critique littéraire « talentueux », du moment, avec une certaine « pertinence (...) sur d’autres points », du moment que je ne touche pas aux tabous, aux icônes (Mabanckou, Kourouma, etc.). On s’étonne de mon emportement, moi d’ordinaire si calme. D’autres me reconnaissent bien là, dans ma fougue légendaire - la même personne - et se gaussent de mon caractère sanguin. Mais on cite, en exemple, la liberté d’opinion et de comportement de Mongo Beti - qui était bien plus virulent que moi - liberté qui m’est refusée : "tu as encore tes preuves à faire" Lesquelles ? Porter les valises de quel monarque ?

    (A suivre)

  305. Posté par Ludovic Obiang, le 6 mai 2006 à 12:20

    D.O.W., GBM, L’homme-là, et consorts, ne jouons pas avec les mots et ne multiplions pas les dérobades.

    Assez de cette lâcheté qui prend l’éloquence pour bouclier ! Si nous sommes dans un espace de liberté, d’intelligence et d’objectivité, je revendique d’être parmi les plus libres de ce forum, arguant de cette indépendance, sans souci des représailles ou des pseudo-convenances. Je rappelle que je n’ai pas répugné à parler à visage découvert, prouvant en cela combien j’assume mes propos.

    Mais personne d’autres que deux jeunes compatriotes, mes complices ou avocats pour certains, pas même toi, cher D.O.W., malgré ton grand cœur et ta hauteur de vue, n’a réclamé ouvertement au « grand écrivain » de descendre de son piédestal et de rendre les excuses qu’il doit, non pas à Ludovic Obiang, mais à la littérature gabonaise, à la culture, et à tous les personnes susceptibles de lire sa note. Personne !

    Au contraire, ç’a été, et ça reste, depuis un concert d’aboiements, d’objurgations, de vitupérations, etc. J’ai été traité d’affreux jaloux, d’aigri, d’envieux, de piètre écrivain, de désespoir de la littérature gabonaise, etc. J’ai été soupçonné de vouloir profiter de cette tribune pour « régler des comptes personnels » ou pour faire la propagande sur mon nom et mon œuvre. On m’a confondu à mon illustre homonyme et tortionnaire de Guinée Equatoriale. On m’a traité de vipère du Gabon, etc. Ingrat que je suis, je m’acharne contre le bon Alain, « j’accuse » ce brave Alain, qui n’a tenu que des compliments et des éloges à mon endroit, alors que j’aurais dû m’agenouiller et le remercier pour l’occasion qu’il m’offre, enfin, de partager sa gloire à cinq étoiles... et battre mon record personnel d’audience...

    (A suivre)

  306. Posté par Ludovic Obiang, le 6 mai 2006 à 12:39

    Je le répète, je me répète. J’ai souligné chacune des incongruités et rodomontades d’Alain. De la toute première « petite prétendue embellie », jusqu’au persiflage sur mon statut de nouvelliste et d’éternel espoir, ainsi que la confusion sur la « régression » dont serait victime Justine Mintsa. J’ai relevé l’ironie sur la « fainéantise » et « l’autosatisfaction » des Gabonais, sur l’article « romantique » d’un « chroniqueur vraisemblablement averti », « campant comme un gréviste de la faim », mais « exultant » inconsidérément au point de semer l’émoi d’un trompetant « cocorico » dans la « basse-cour » de la littérature gabonaise. J’ai relevé le processus en chaîne qui va mener cette littérature de l’apparition d’une étincelle jusqu’à l’embrasement littéraire. J’ai souligné l’anachronisme à propos du premier roman gabonais et la confusion sur Biyogo, prétendu « historien », en réalité un touche à tout, souvent de génie, dont les travaux sur l’Egyptologie méritent attention, certes, mais qui vaut surtout par ses recherches sur le mvet et sa spécialisation en théorie et philosophie de la littérature (c’est un spécialiste, entre autres, de Maurice Blanchot).

    Mais lequel d’entre vous a sérieusement renchéri. Lequel s’en est ému et exigé des explications, des éclaircissements, sinon des excuses de la part de Mabanckou ? Seuls deux compatriotes, toujours. Zik déjà, le premier à avoir souligné la fragilité et la légèreté des arguments de Mabanckou. A quoi il lui a été répondu : « j’observe les choses avec le maximum d’attention ». C’est-à-dire je donne ici plus qu’un avis de profane, mais un arrêt de spécialiste... Pourtant combien de fois n’a-t-on pas brandi l’excuse de la libre et simple opinion, sans prétention de science et d’approfondissement. De toute part, ce n’était que feulements, miaulements, feutrés, compatissants, etc. Toi, Timba, le constitutionnaliste, et toi, DOW,le loyaliste, qu’est-ce qui vous a empêché de vous élever vigoureusement contre tant d’ignorance triomphale, comme l’a fait Minga tiens ! Non, vous vous êtes contentés de flairer le règlement de comptes ou l’accusation sadique. Timba, mon cher frère, épargne nous ton argument sur ta méconnaissance de la littérature gabonaise. On n’a pas besoin d’avoir lu cent ouvrages de littérature gabonaise ou de théorie littéraire pour déceler la duplicité d’un discours et pour rappeler à un écrivain la nécessité de maintenir son crâne dans les limites de la nature humaine ? Pareil pour Suzanne, Boris, Chantal, et le soldat ou le dieu inconnu, etc.

    Je ne parle pas de mes collègues de l’UOB, mon "petit frère" GBM ainsi que l’homme enqui je devine un talent de girouette, capable à la fois d’écrire un essai de 200 pages sur la modernité du roman gabonais et de déclarer deux jours après que ce roman a pris quelque retard.

    Voic l’exemple même de ce talent à trouver le point de désencastration" dont parlait Césaire.

    Non, L’homme-là, je ne me suis pas fait tout d’un coup le chantre de la litérature gabonaise et je ne suis pas tout d’un coup l’inconditionnel de Justine Mintsa ou de Jean Divassa Nyama, mais je refuse qu’un écrivain, même bourré du talent que vous voulez lui reconnaître ne prenne prétexte de son succès pour se moquer de choses que manifestement il ne connaît pas ou très mal. C’est un débat de "forme" oui Georice, mais c’est aussi un débat de fond. Ce que l’on attend d’un écrivain d’envergure c’est d’ouvrir des voies, des pistes, encourager son public de coeur au meilleur,au dépassement, pas au persiflage et à la moquerie gratuite.

    Maintenant, quant à l’écriture elle-même, à ses modalités et aux lectorats qu’elle se choisit... Sincèrement L’homme, il m’importe peu de "t’accrocher" par "la contemporéinité du sujet et la trajection que la langue ouvre à l’universel, en révélant le singulier ou le local". Toi qui juges que tout "lecteur aime les personnages romanesques singuliers" et qui te "garde de porter un jugement qualitatif général et péremptoire sur les oeuvres littéraires". Que de contradictions ! Que de verbiage pour ne signifier qu’une seule et même chose : "ferme ta gueule et laisse Mabanckou parler !

    Vous me rappelez tous cette tirade du Misanthrope :

    « De cette complaisance on voit l’injuste excès
    Pour le franc scélérat avec qui j’ai procès :
    Au travers de son masque on voit à plein le traître ;
    Partout il est connu pour tout ce qu’il peut être ;
    Et ses roulements d’yeux et son ton radouci
    N’imposent qu’à des gens qui ne sont point d’ici. [...]

    Nommez-le fourbe, infâme et scélérat maudit,
    Tout le monde en convient et nul n’y contredit.
    Cependant sa grimace est partout bienvenue :
    On l’accueille, on lui rit, partout il s’insinue ;
    Et s’il est, par la brigue, un rang à disputer,
    Sur le plus honnête homme on le voit l’emporter. »

  307. Posté par Ludovic Obiang, le 6 mai 2006 à 12:54

    Comment ne pas faire le lien avec ce qui nous arrive ? Obiang n’a qu’à se taire. "Il est qui" ? Mabanckou, on connaît, il a gagné de haute lutte le droit de débiter toutes le conneries qui lui trottent par la tête. C’est toute la différence entre vous et moi. Qu’il soit auréolé de toutes les médailles de prestige ou de fer blanc, pour moi, un con est un con, et s’il me provoque, je ne manquerai pas de le juger selon la même aune qu’il m’a appliquée.

    Par contre, venant du troupeau, pas un mot plus haut que l’autre. Au contraire, on n’a pas hésité à lui trouver d’avance des circonstances atténuantes. On lui a dégoté par anticipation des réactions les plus louables, les plus nobles : « le type est calmement dans le train qui a quitté la gare », « son silence est d’or » ; "il est sage de ne rien dire quand on sait que tout ce qu’on dira sera juré et interprété". "Alain, il faut un peu de modération. Mais rien de grave, reconnaissons-le".
    Seuls deux de mes compatriotes - auquel il faut ajouter Sima - pas de brillants universitaires, mais de "pauvres" étudiants n’ont vu dans ce silence que lâcheté, dérobade et incompétence. Ca leur a coûté ! On les a traités de farouches nationalistes/chauvinistes, de suppôts de Satan (Obiang), « d’officier de l’état-major de Ludovic Obiang », etc. Parce qu’ils ont eu le courage de s’indigner, au lieu de bêler avec le reste des moutons.

    Vous vous demandez où réside notre Mal et ce qui fait obstacle à tout décollage possible. Je pense qu’il est là.

    Dans ce culte aveugle, irrationnel, de la personnalité, dans cette soumission au paraître, à la tyrannie des con...venances, officielles, commerciales, publicitaires, etc. Dans ce culte de la normalisation, d’autant plus efficace et perverse, qu’elle adopte les visages de l’actualité, de la modernité, de l’éloquence et de la sophistication philosophique. Dans cette aptitude à bêler avec la masse, à marcher au rythme de « la musique qui marche au pas » (Brassens), et non selon des convictions personnelles, fermes, profondes. Il suffit qu’on nous dise qu’il fait jour en pleine nuit pour que nous en soyons persuadés et que nous menacions de mort tous ceux qui s’opposeraient à cette « vérité ».

    Voyez Kourouma, combien le connaisse, l’on vraiment lu, l’on approché, côtoyé pour se faire une idée personnelle de lui, mais tout le monde est prêt à me lyncher parce que j’ai osé une irrévérence sur sa mémoire.

    Seulement, moi, Kourouma, je l’ai approché, côtoyé, écouté, et fort de cette expérience, je peux dire que, entre le Kourouma écrivain, que j’adore, et l’homme que j’ai approché, il y a un précipice vertigineux, au point que je conteste la totale paternité de son œuvre romanesque. Sincèrement, si Kourouma est l’auteur de ses romans, alors, il y a comme un dédoublement de personnalité ou une espèce de transe mystique... mais il ne peut y avoir un travail conscient,maîtrisé, d’un bout à l’autre du texte.

    La chaîne du livre est un mystère et, entre le produit fini qui atterrit dans un rayon et le manuscrit déposé sur la table de l’éditeur, qui peut dire ce qui se trame ? Cela, parce que le livre est un média, un support, susceptible de falsifications, alors que la performance orale immédiate ne souffre aucune réserve de cet ordre (les prouesses technologiques mises à part).

    Il ne s’agit pas cher Timba, cher Sami, de preuves matérielles, je n’en ai pas besoin, mais de recoupements, de déductions, d’opérations logiques, qui participent aussi de la science la plus haute. La problématique de l’auteur, de la propriété intellectuelle, est une des problématiques les plus anciennes et les plus fécondes de l’institution littéraire. Qui est réellement l’auteur de la Genèse, de L’Ecclésiaste, des textes de Socrate, qui se cache ou ne se cache pas derrière le Cours de Linguistique Générale de F. de Saussure ? Combien d’hommes politiques écrivent eux-mêmes leurs discours, leurs dédicaces, leurs préfaces, leurs livres, etc. ? Alors, pourquoi ces réserves ne seraient-elles pas valables au niveau de l’écriture... disons... littéraire... Alexandre Dumas aurait eu des « nègres », de même que Paul-Loup Sullitzer... En Afrique, il y a une légende sur L’enfant noir, une autre selon laquelle A.H. Ba aurait détourné le manuscrit de L’étrange destin de Wangrin... Pourquoi ne pas supputer des magouilles astucieuses derrière l’institution Ahmadou Kourouma ?
    (A suivre)

  308. Posté par Ludovic Obiang, le 6 mai 2006 à 13:06

    Cher Timba, le débat sur le « complexe » vis-à-vis de la race blanche est éternel et, tel l’hydre de l’aliénation, je l’ai déjà dit, il adopte différents avatars, dont le moins dangereux n’est pas le visage de notre propre frère. Je déclare que le Mal de l’Afrique aujourd’hui naît de ce que de nombreux Africains s’emploient, délibérément ou ingénument, à nier le travail insidieux de l’ancien colonisateur ou les conséquences néfastes de son action « positive » de "civilisateur". Ca ne remet pas en cause nos propres tares, mais sachons faire l’équilibre. Face aux gros moyens mis en œuvre par l’ennemi comment se défendre ? C’est le colonisateur qui aujourd’hui prend la plume de nos propres frères pour nous dire, abandonner vos tabous désuets, dépassés, démodés, etc. C’est lui qui nous dit, ceci est bon pour vous, cela l’est moins, cela ne l’est carrément pas... C’est lui qui nous dote de nos autorités morales, politiques, spirituelles, et nous les gobons avec la satisfaction d’oisillons affamés. C’est lui qui nous dit : vous tenez en Mabanckou un écrivain surdoué, en Sami Tchack une pensée audacieuse et libérée, en Ludovic Obiang un écrivain en devenir, s’il accepte de fermer sa grande gueule, en Kourouma un vrai dieu. Qu’importe si ce dernier est incapable d’aligner deux phrases correctes ou de répondre clairement à une question. C’est le signe du génie... C’est ainsi que le néocolonisateur et son complice, le désorienteur, nous font voir nos propres acquis culturels comme des vestiges d’un passé séculaire, « anthropologiques », enterrés dans la mémoire des roches les plus anciennes, nous laissant ainsi ouverts à toutes les influences et à toutes les pestilences.

    Oui, cher Timba, ce vieux complexe comme tu dis, est loin de mourir, parce que notre dernier espoir, de survie ou de libération, réside dans sa permanence. Le jour où il sera complètement mort, étouffé sous l’abâtardissement, eh bien, oui, je crois que ce jour-là, nous pourrions décréter la mort irrémédiable, l’enterrement définitif à quatre sous de l’Afrique.

    Puisque nous sommes morts, adieu donc et cette fois-ci, mon cher Boris, pour de bon.

    Bien à vous.

    Ludovic

  309. Posté par L’homme là, le 6 mai 2006 à 14:12

    Chers Zik et Minga,

    Je vous remercie de m’avoir lu et avoir souvent noté des éléments, dans mon propos du 5 mai, qui prêtent à réagir. J’aime le débat et tente de le poser en termes simples et clairs. Ce n’est pas toujours facile.

    Je sais bien qu’Alain Mabanckou a donné un avis sur une situation d’écriture dans quelques pays francophones d’Afrique. Mais je crois qu’il a surtout insisté sur les productions récentes, diffusées par des éditeurs connus qui ont un espace de diffusion élargi.

    Pour juger ses propos, il faut partir de ce fait. Mais cela ne signifie pas qu’il méconnaît la production littéraire gabonaise, puisqu’il cite Owondo et Obiang, par exemple. On ne peut lui en vouloir d’avoir des préférences.

    J’en fais les mêmes. A mes étudiants du Gabon comme ceux de France, quand je parle de littérature gabonaise, les oeuvres que je fais découvrir sont celles de ces deux auteurs, particulièrement. Il y a de la matière. Je ne dis pas que le reste n’est pas bon, mais c’est un jugement sur des critères orientés, en fonction de ce que je recherche à l’instant et ce qui m’est demandé dans un cours.

    On ne peut faire la promotion de tout ce qui s’écrit en littérature. Il y a des oeuvres riches comme des moins bonnes.

    S’agissant du cas de Bessora qui est gabonaise et qui ne le nie pas. Mais qui assume son métissage culturel et biolgique. D’où son refus de cette étiquette nationale comme critère de définition de son oeuvre.
    La question pertiente qu’elle pose, à mon avis, renvoie à la difficulté de lier nationalité et style littéraire d’un écrivain : la nationalité serait davantage une question de carte nationale d’identité qu’une manière d’écrire, notion plus complexe à dégager d’un écrivain à un autre. Les influences sont tellement réelles, conscientes ou inconscientes.

    J’accèpte quand l’un de vous dit qu’il y a des pressions chez les écrivains pour adopter telle ligne d’écriture, tel sujet. Mais mon propos concernait les grands éditeurs parisiens comme Le Seuil où publie Alain après Présence et Le Serpent à Plume. L’arrivée d’Alain aux éditions du Seuil est une véritable aubaine pour lui, consacrant son immense talent. Cette maison d’édition possède un important réseau de distribution, une rénommée liée à des attentes réelles du public français
    , elle sait donc qui promouvoir pour répondre à une attente ou à une
    curiosité du lectorat. Îl est vrai qu’il y a une ligne à respecter quand on est publié par ces grandes maisons qui pensent d’abord à leur lectorat français, ceux qui achètent et qui justifient l’intérêt porté sur tel auteur. Mais cette relation de l’écrivain et de son éditeur peut effectivement déraper et entraîner une reprobation de l’écrivain qui ne souhaite pas que telle partie de son manuscrit soit supprimée ou transformée. Sony l’a connu avec le Seuil mais il y a eu, en définitive, des compromis. C’est une affaire commerciale et intellectuelle, il y a des intérêts à préserver pour les deux. Si un écrivain , n’est pas satisfait, il va voir ailleurs. Les jeux sont clairs.
    Je ne parle donc pas de l’instrumentalisation d’un écrivain pour servir des causes peu nobles. Pour cela, je comprends bien vos remarques et les partage.

    Revenons au débat initial. Je trouve les remarques de Mabanckou justes sur la littérature gabonaise pour deux raisons essentielles qui ne signifient pas dévalorisation de celle-ci

    1- Le dynamisme actuel constaté dans cette littérature, est strictement local, peu connu à l’extérieur, à l’exception véritable d’Owondo et Bessora dont nous avons déjà parlé. Mais ce n’est pas qu’un problème spécifiquement gabonais, il concerne beaucoup de pays, y compris la France, par rapport à certains auteurs héxagonaux publiés par des petits éditeurs. Il y a un débat international à ce niveau qui concerne la main mise des grands éditeurs dans les circuits de la distribution du Livre. C’est pour cela que je partage le combat de Vents d’ailleurs, un éditeur engagé français.

    2- Pour qui écrit-on ? Quel public vise t’on ?

    * soit, on écrit juste pour écrire et se faire un petit nom dans son coin, c’est malheureusement le cas de maint écrivain gabonais, entre autres Chantal Magalie Kasse Mbazo’o qui édite ses propres textes, dans sa propre maison d’édition, La maison gabonaise du Livre. D’accord, c’est bien mais qui juge, qui reçoit ? Qui lit au Gabon ? Mais je repète, cela ne veut pas dire qu’il n’ y a pas de bonne chose dans ce qu’elle fait, peut-être qu’il y a des choses trop bonnes mais trop générales, rien d’innovant.

    Lodovic Obiang a, à son actif connu, deux textes dont une recueil de nouvelles publié par les éditions Ndzé dont il était, à l’époque de publication, le responsable de l’édition littéraire. Je citerai également quelques nouvelles, çà et là, qu’il a écrites, dans des ouvrages collectifs. C’est dommage qu’il ne vise pas un éditeur plus connu. Je pense qu’il gagnerait car il a du talent.
    Mais rien ne sert de faire de son écriture un enjeu nationaliste. C’est là l’un des problèmes des écrivains gabonais. Je pense ici à Jean Divassa Nyamat, avec sa triologie romanesque, véritable Pagnol gabonais, mais qui est peu connu parce que peu lu.

    Le cas d’Okumba Nkoghé est particulier, connu dans maint pays africain francophone, son roman, La mouche et la glu, publié à Présence Africaine, en 1984, a été pendant quelques années au programme du DEUG, au département de lettres de l’Université de Cocody (Côte-d’Ivoire), mais en dehors de ce roman, c’est en général du compte d’auteur, chez des éditeurs souvent peu connus. Il dort sur ses lauriers et son succès national. C’est dommage !

    Quant à Moussirou-Mouyama, avec Paroles de vivant, publié chez l’Harmattan, en 1991, succès national évident de son roman, certainement l’un des écrivains gabonais, les plus étudiés au Gabon, mais après, plus rien, silence. Son roman,que l’humble lecteur que je suis, estime être l’une des oeuvres représentatives de cette littérature contemporaine est peu connu sur le plan comparatif de la critique littéraire africaine.

    S’agissant d’Angèle Rawiri avec ses quatre romans publiés chez quelques éditeurs connus. Elle a été longtemps parmi les voix romanesques féminines d’importance en Afrique francophone, elle mérite certainement un autre sort, mais c’est également son silence prolongé qui affecte sa réputation. Son premier roman est presque contemporain du premier roman, Le Baobab fou, de Ken Bugul( années 1980) mais Ken a su résister à l’usure du temps, elle est toujours dans le circuit et comment !

    Enfin, je ne ne voudrais pas parler des jeunes écrivains actuels, je pense, pêle-mêle, à certains comme Janis Otsiémi, Peter Ndembyt ... Il faut attendre un peu pour juger. On ne peut pas aussi simplement faire une histoire critique d’une littérature, il faut qu’il y ait du grain moudre. C’est logique. Je pense aussi à des anciens disparus ou encore vivants, des poètes confirmés
    comme Edgard Moundziégou, des nouvellistes, conteurs comme Alloghé Oké, feu Ntsira Ndong, qui ont contribué à faire connaître cette littérature gabonaise qui ne naît pas avec Chantal Magalie Kassa, contraiement à ce qu’affirme Owono Mendamne dans son article.

    *Soit, on écrit, le talent est tellement patent qu’un grand éditeur vous prend, soit on se bat, on travaille à se faire connaître et on est recompensé.
    Mais la littérature est champ total. Il y a certes l’écrivain qui crée, qui prend du temps, mais il y a une certaine vie , autour de la littérature, qui donne une tribune aux écrivains, un lectorat important, avec une critique, ce n’est certainement les deux longues pages écrites souvent dans une langue inaccessible au grand public, dans un journal populaire que la littérature gabonaise trouvera enfin un contexte global adéquat d’expression.

    Il y aurait tellement à dire sur l’absence d’une véritable répercussion de cette littérature, de son art en général, mais que voulez-vous, laissons du temps au temps. Je crois que ça viendra, les promesses sont bonnes et les silences peut-être, porteurs.Mais, je refuse de faire du nationalisme pour des questions de création esthétique, on aboutit, en général , à confondre, la vocation universelle de toute littérature.

    Quant à moi, pour terminer qui suis-je ? L’Homme là. Voilà, mon identité pour ce débat. Le reste ne changera pas ce que j’ai dit. Faut-il nécessiarement un répère possible pour me situer dans le débat, alors que j’ai dit ce que je fais (activité professionnelle) et ma nationalité ? Comment pouvez-vous la remettre en question avec toutes les pistes semées tout le long de mon propos ?
    A bientôt, j’espère.

  310. Posté par Timba Bema, le 6 mai 2006 à 14:26

    Ludovic Obiang ; L’inceste est punit dans presque, sinon, tous les pays du monde. Ne ce reste que sur ce point tu conviendras avec moi que ce “pornographisme” n’est donc pas en-soi de “antinégritude”, ni un quelconque “rectificationnisme” puisque vu sous un angle moral il est condamnable sous toutes les latitudes.

    Le travail de l’écrivain n’est-il pas de fleurter avec l’insondable ? de questionner les divers tabous ? Et c’est précisément cette extension de l’exploration de l’humain qui fonde la liberté de l’écrivain. La liberté de l’écrivain que je défendrais toujours.

    Concernant A.Kourouma comme je l’ai noté dans un post précédant, ton observation est juste. Je t’invitais juste à un peu plus de mesure dans la formulation de tes hypothèses qui, même si elles sont fondées, ne sont pas vérifiées dans ton discours.

    P.S : C’était un plaisir d’échanger avec toi.

  311. Posté par Serigne, le 6 mai 2006 à 14:46

    M. Mabanckou a rompu le silence de la carpe, comme dirait l’autre. Je viens de lire ici même sur la page d’accueil du site (congopage.com) qui abrite son blog ces quelques lignes qui confortent l’idée que j’ai de l’écrivain. Finalement, après quelques interrogations suscitées par la verve que j’ai sentie ici, je suis persuadé que M. Mabanckou est un grand homme. En plus, il répond avec franchise quand la question sur le supposé écrivain vendu lui est posée sans ébullitions.

    Question de Blanchard Alice :

    BA : Aujourd’hui, on reproche à certains auteurs africains d’écrire pour se faire vendre et plaire au public européen. Ne pensez-vous pas que nous sommes en train de perdre quelque chose dans cette connaissance et reconnaissance de l’Afrique, de sa littérature ?

    AM : Ce sont des lamentations des gens qui pensent que dès qu’un écrivain africain émerge en France et dans le reste de l’espace francophone, forcement il devient suspect, vendu, à la solde de l’Europe - celle-ci ne cessera jamais d’être l’éternelle inculpée des individus en proie au désespoir et au pessimisme. Il n’est pas interdit d’être un écrivain libre et lu par un large public. Publier un livre c’est le proposer au public. Le paradoxe est que, tant qu’on ne vous lit pas, tant que vous n’avez pas assez de lecteurs, les gens bien, les perpétuels moralisateurs estiment que vous avez du génie, et que le monde ignore votre talent. Dès qu’on vous lit en grand nombre, la suspicion commence. C’est plus qu’un cercle vicieux.

    Je ne connais pas un éditeur français qui est venu me dicter ce que je dois écrire. J’envoie toujours mes manuscrits par la poste, sans demander une quelconque recommandation à qui que ce soit. Si les éditeurs refusent mon manuscrit, eh bien, je vais chercher ailleurs. D’ailleurs pourquoi viendrait-on dire aux écrivains africains : "Ecrivez ceci pour avoir de la célébrité" ? Les éditeurs français ne sont pas à la recherche des auteurs africains à qui on donnerait des sujets pour qu’ils commettent leurs fameux romans qui les rendraient célèbres. Quand un éditeur publie un livre, c’est parce qu’il l’a aimé.

    Et il faut savoir que ces éditeurs européens peuvent vivre sans les écrivains africains puisqu’ils ont leurs auteurs qui sont à l’affiche comme Patrick Modiano, Jean-Paul Dubois, Laurent Gaudé, Amélie Nothomb, Christine Angot, Michel Houellebecq etc. Si vous voulez par contre que la littérature africaine soit un ghetto - c’est-à-dire qu’on écrirait des textes qui ne seraient lus que par nos oncles, tantes et cousines - eh bien, faites donc cette littérature du recroquevillement et de l’escargot empêtré dans sa bave ! Quant à moi, j’ai toujours souhaité - sans pour autant vendre notre âme - que notre littérature soit lue même en Mongolie supérieure, au Japon, en France, en Colombie, à Porto-Novo. On ne doit pas se contenter d’une littérature cocorico, celle du palmier, de peaux de léopard, celle des masques, celle qui tournerait finalement autour de la case de son père au motif qu’il faut à tout prix défendre les racines africaines.

    Sans commentaire.

  312. Posté par Minga, le 6 mai 2006 à 17:52

    Serigne : comme ça le silence aurait été rompu ? C’est peut-être valable pour toi. Mais sûrement pas pour moi, tu vois. Navrée. Si silence y avait à rompre, c’est bien ici, dans ce panier à crabes, ce creuset du nationalisme qu’Alain Mabanckou devait le faire. Quitte à nous rappeler la Cène : le Christ rompant le pain béni sous les regards émus de ses apôtres.

    Mais hélas ! Il a allumé un feu de brousse, puis s’est bravement tu, éclipsé. Que comprendre au final de ce silence, malgré les relances ? Alain, dans son énoncé, stipule que chez les Gabonais, "d’abord on se fait étincelle, puis on se fait flamme", moi je pense que sur le coup, il a procédé à l’envers : d’abord flamme puis tristement étincelle...

    Acculé sur son propre terrain, notre frère s’est replié au pays des Merveilles trouver un peu de réconfort auprès d’Alice Blanchard ? Et dis-moi Serigne, (puisque c’est toi le chargé de la communication) c’est depuis cette énième tour blindée qu’Alain est sensé nous gratifier des bribes d’explication que nous quémandions ici ? Ben, c’est un peu mou. Tu ne crois pas ?

  313. Posté par Minga, le 6 mai 2006 à 18:19

    Je reviens....

  314. Posté par Ludovic Obiang, le 6 mai 2006 à 19:23

    P.S.S. : Avec la « générosité virtuelle » de Boris, je me permets de revenir et de réparer une petite incorrection. Cher Geo... Autant pour moi, cher GBM, n’ayant pu renchérir à chaud à ton post, j’ai pu te donner l’impression de te confondre avec mes détracteurs.

    Ce qui serait injuste. Sans vouloir prendre parti, tu nous fourni une argumentation riche et lumineuse, qui vient compléter la mienne, en particulier en ce qui concerne l’importance d’une bonne culture théorique pour nourrir certaines opinions. Je relève tout particulièrement, entre autres, que tu admets l’importance du conditionnement extérieur dans la perception et l’évaluation du produit littéraire, sinon culturel en général. « Il faudrait peut-être que nous cessions d’être les consommateurs des cultures mâchées et vouées au marché par les mass média. Nous autres apprécions quels dégâts cela cause en Occident ; aux USA en particulier ».

    Partant, tu soulignes des exemples tels que B. Boris Diop ou encore Pius Ngandu Nkashama, illustrations par excellence de positions radicales et courageuses de ruptures linguistiques, voire idéologiques. De ce fait, tu confirmes mon hypothèse relative à l’importance - cruciale - d’une institution littéraire africaine suffisamment forte pour faire le contrepoids de la pondeuse, « machine à clonage » occidentale. « Que fait l’Afrique pour que ses meilleurs fils ne s’évadent pas ou pour qu’ils aient le sentiment de participer au sens de sa marche ? Des politiques doivent donc être tentées pour en raffermir les talents continentaux ou en éclore : au plan littéraire comme sur d’autres plans, le continent ou ses Etats devront apprendre à « compétir » sur les mêmes bases que les autres Etats du monde ». Tu constateras ainsi par toi-même qu’il s’agit bien autant d’une question de forme que de fond. D’où mon unique bémol, ton refus de t’attaquer frontalement à Mabanckou. Je comprends bien qu’il est possible de remettre quelqu’un à sa place de différentes manières, mais quelquefois la manière douce n’est pas la plus opérante, de sorte qu’il faille parler à l’insensé le langage qui lui est familier.

    Quant à « L’homme-là », que dire d’autre après le passage de Minga et de Zik. Sinon surenchérir sur un discours poseur, prétendument aérien, dégagé, truffé de contradictions internes, formelles, inconscientes, digne du discours béat d’un dictateur obèse, après un repas bien arrosé, clôturé par un gros cigare. Je relève simplement que Minga l’identifie à Alain Mabanckou, ce qui, à mon avis, serait descendre notre hôte encore plus bas que je ne l’ai fait.

    Eh oui Minga,
    Voici nos grands hommes, nos grandes âmes.
    Vois comment il rentre chez lui : par la petite porte, un trou de souris.
    Heureusement qu’il y a des Serigne pour cautionner cela. A moins que ce ne soit... Oui, Serigne tu es un futé. Je comprends tout à présent. Merci. Tu jouais juste la comédie pour l’amener à se dévoiler. Formidable et félicitations !

  315. Posté par Ludovic Obiang, le 6 mai 2006 à 19:27

    Cher Timba,

    Pour en finir avec Ahmadou Kourouma et t’assurer de ma bonne foi ou de ma rigueur « scientifique », voici une anecdote.

    Le 28 mars 2001, je dîne à Limoges avec la célébrité (Kourouma), en compagnie de quelques officiels de la ville. Nos discussion partent vite - comme toujours - sur certains cultes et rituels d’Afrique. Nous en venons à parler du byeri, culte des ancêtres chez les Fang, célèbre pour le statuaire qui l’accompagne. Kourouma n’y entend rien (sans mauvais jeu de mots). Je sursaute. Vous n’avez jamais entendu parler du byeri. Non, jamais. Ca alors, comment ? Je me le demande à par moi. Il n’a jamais entendu parler du byeri. Il ne sait donc pas que son avant-dernier roman évoque ce culte propre aux Fang (Beti et/ou Bulu au Cameroun), culte que son narrateur attribue de façon erronée - autre faute lourde - aux Bamiléké (cf. En attendant le vote des bêtes sauvages, pp. 137-139) ! Curieux n’est-ce pas ! J’entends déjà tes objections. C’est anecdotique. Tu as dit toi-même qu’il ne fallait pas juger un éléphant à sa queue... Mais admets quand même que c’est curieux.

    Un autre fait. Une autre fois, à table, un éditeur français m’a montré le manuscrit d’un de ses « meilleurs » auteurs africains. Goguenard, il m’expliquait le système. L’auteur envoie un manuscrit au sens propre, ficelé dans une chemise cartonnée à l’ancienne, avec des lignes qui vont dans tous les sens, des pages qui se succèdent sans ordre, des verso qui ne correspondent pas au recto, etc., et l’éditeur déchiffre, agence, réécrit, ajoute ce qu’il entend, etc. Alors, par association d’idées, je me suis dit, est-ce que ça ne se passerait pas comme ça pour notre grandissime écrivain... ?

    A toi de juger.

    Ludovic

  316. Posté par Zik, le 6 mai 2006 à 19:49

    L’Homme la,

    Si j’ai bien lu votre derniere intervention, vous reprochez aux auteurs issus du Gabon de faire une ecriture trop locale, qui s’exporte mal. Ou encore, qu’ils ne se battent pas suffisemment pour avoir des contrats avec des majors Europeennes. Mais permettez moi de revenir sur le debat initial, qui etait d’apres Mabanckou, LE MANQUE DE QUALITE de la litterature Gabonaise. Relisez le texte initial, il n’y a aucune equivoque sur son contenu. Votre problematique est differente car vous pronez la prise d’assaut des majors Francaises comme gage de success litteraire. Mais pour moi, il faut separer success commercial et success litteraire. Soyinka est notoirement reconnu comme pietre vendeur, Mongo Beti n’a jamais eu de best seller (au sens contemporain). J’ai verifie les chiffres autant que possible, du moins chez Amazon, il se trouve que 53 cm de bessora s’est largement mieux vendu que Verre Casse de Mabanckou. Alors soyons serieux dans le choix de nos criteres. Si on parle de litterature, parlons du contenu et laissons la comptabilite aux boutiquiers. J’ai cru lire dans le texte de Mabanckou que justement le contenu de la production litteraire Gabonaise etait plutot rachitique. Je cite : “Qu’il est bien seul le grand Laurent Owondo, premier romancier gabonais ! Tenez, recommandons d’ailleurs la lecture de son livre Au bout du silence, paru en... 1985 (les fameuses années 80) chez Hatier.” Il n’etait pas question de commercialisation mais de qualite litteraire tout court. Pour Mabanckou, en dehors de Owondo (qui a eu des prix internationaux), tout le reste c’est du tourisme litteraire, du vide. Soit, mais il ne faut pas vouloir masquer le debat derriere des considerations de production et de distribution qui n’ont rien a voir avec le propos initial. Les ouvrages de tous les Gabonais que vous citez sont en vente et trouvable en France (L’Enfant Des Masques de Obiang, que j’ai commande a la Fnac, est disponible pour 11.50 euros). Si quelqu’un voulait se faire une idée de la qualite de ces auteurs, je ne pense pas que demander “qui est son editeur ?” soit la vraie question, mais plutot “ecrit-il bien ? Le roman est-il interessant ? Etc...”

    Vous qui etes un inconditionnel des grandes boites Francaises gagnerez a savoir que dans un autre secteur, la musique, c’est justement un campement sur ses positions et un controle de sa production artistique, qui a amener les noirs a faire des progress. Cas d’ecole, Berry Gordy. Dans les annees 50, les noirs sont negliges et meprises par les grosse boites Americaines qui ne veulent que du Elvis, Jerry Lee Lewis etc...Berry Gordy, qui en a marre, decide en 1959 de monter son propre studio, produire et distribuer lui meme ses artistes. Au depart, les grosses ecuries rigolent de ce petit negre qui ose croire en SON PROPRE TALENT. La suite comme dit “is history”. De ce petit studio appele TAMLA MOTOWN, sortiront : Jackie Wilson, Smokey Robinson, Holland-Dozier-Holland, Stevie Wonder, Marvin Gaye, Diana Ross, The Temptations, The Four Tops, The Jackson 5, Gladys Knight & the Pips, Lionel Richie and The Commodores, Rick James, pour ne citer que ceux la. Tout ca a commence par une prise de conscience qu’il fallait se prendre en main au lieu de toujours aller GRATTER LA TETE CHEZ NOS MAITRES. Autre cas d’ecole, Bob Marley. Au moment ou Marley explose en Europe, sa discographie est deja solidement etablie par le biais de Tuff Gong, son label Jamaicain. Vous pensez que Marley aurait eu besoin d’un tuteur Europeen pour produire des chef-d’oeuvres comme “Stir it up ou Rastaman Chant ?”. Specialement pour vous L’Homme, je suggere l’ecoute attentive du titre de Marley “Running Away” ou ce dernier nous dit : “you are running away from yourself ?” (Vous fuyez votre propre etre). Il faut savoir ce qu’on veut. Soit on est en course pour la reconnaissance Europeenne, soit on est en course pour faire des choses qui seront perennes dans le temps.
    Meme a la fin de sa vie, Mongo Beti se battait pour monter au Cameroun, un systeme d’edition viable. Et il en savait quelque chose sur la litterature le pere Mongo Beti, n’est-ce pas ?

  317. Posté par Serigne, le 6 mai 2006 à 19:56

    Je me sens triste quand je cherche à concevoir que Minga est gabonaise, donc Africaine ! Chère amie, ne seriez-vous pas une intruse, cachée derrière une identité pas vôtre ? Votre acharnement m’effare. L’imbécillité est l’apanage des imbéciles, suivez mon post. Là je m’énerve et je m’en excuse.

  318. Posté par D.O.W., le 6 mai 2006 à 20:46

    Cher Ludovic,

    l’indistiction que tu fais dans tes récriminations est coupable. En général, tout comme le manque de nuance affaiblit le propos, ta tendance à faire de tous ici des disciples polis de Mabanckou ne brouille-t-elle pas ton message ? Assurément, elle ne l’anoblit pas. J’ai souligné à ton intention plusieurs fois, que jamais rien ne m’as empêché ici de dire à Mabanckou quels désaccords plus ou moins profonds j’avais avec lui. Tu t’obstines à ne pas vouloir l’entendre, parce que comme si tu n’étais pas suffisamment confiant dans tes arguments, il te faut peut-être arborer en sus la position de l’incompris. Tu as confessé avoir rejoint sur le tard la communauté de ce blog. Avise-toi donc peut-être de savoir quelles ont pu être nos désaccords antérieurs avec Mabanckou avant de faire de nous tous ses adulateurs. Je pourrais t’indiquer chacun des posts où je lui ai signifié une distance par rapport à ses vues. J’ai même écrit qu’il était regrettable que médiatiquement, il n’y en ai eu que pour lui au salon de la francophonie, alors que bien d’autres talents eurent mérité que l’on illumine un peu plus leur univers. Certains ont dit, mon cher Ludovic, que tu venais ici chercher de la notoriété. Tu voudrais, toi, que tout le monde l’ait dit. Ceux qui l’ont dit, je les trouve aussi puérils que peu sagaces. Mais il y a ici 313 messages, j’aimerais vraiment, mais je ne peux répondre à tous. De même, tu nous reproches de ne pas avoir dit à Mabanckou qu’il faisait fausse route. Là non plus, si tu as bien vu, je n’interviens pas ici sur tous les sujets. Je ne suis tout de même pas forcé de donner un avis sur tous les sujets que Mabanckou met en ligne. Cela dit, une fois qu’il y a eu débat, et notamment après ton intervention, je n’ai pas manqué de dire à Alain que ce qu’il avait écrit était indéfendable. Que veux-tu de plus ? Qu’on lui demande de faire ses excuses et de te répondre. Mais qui suis-je, pour dicter ici à quelqu’un quel comportement moral il doit avoir ? Toi, je t’ai donné des impressions sur ton propos. Idem pour Alain. Mais je ne me sens vraiment pas quelconque droit de te dire "fais ceci", ou à Alain "fais cela". J’ai déjà dit, et je répète, que ce Alain Mabanckou, je ne le connais pas. Je lui ai une fois serré la main, comme j’aurais été content de te serrer la main à toi Ludovic. Je vous sais gré, à tous les deux, de donner une visibilité artistique à un continent auquel je suis très attaché, voilà tout. Je n’ai donc rigoureusement aucune raison d’être plus indulgent avec lui qu’avec toi dans mes jugements. De grâce Ludovic, sois objectif, et ai peut-être l’amabilité de bien faire la distinction entre tous ceux qui interviennent ici. Je ne t’ai jamais reproché autre chose que d’utiliser un ton qui probablement dessert le débat. Tu reproches aux bloggeurs de ne pas avoir soutenu les arguments que tu as opposés à Alain. Je peux te dire que si tu avais dit absolument les mêmes choses que tu as dites, en y enlevant simplement ces mots dont on sentait bien qu’ils étaient là pour blesser, probablement plus de monde se serait joint au débat, et probablement plus de monde de ton côté. Et je reconnais que je dois dire la même chose à Alain (je l’ai déjà fait d’une autre façon) : si tu avais écrit ton article, Alain, avec d’autres mots que ceux qui semblaient là pour railler et moquer, le débat aurait été plus serein, et plus riche.

    Et pour le reste, n’emportez pas tout le monde dans vos querelles. Les seuls ici, dis-tu Ludovic, à avoir fait un reproche à Alain, c’était tes deux compatriotes. Tu sais bien que ce n’est pas vrai. Relis les posts, tu me verras faire reproche moi aussi à Alain. Mais sans doute que moi, à la différence de tes compatriotes, j’ai eu probablement le tort de te trouver à toi aussi quelque défaut. C’est bien connu, les gens parfaitement neutres, finissent toujours par être rejetés par les deux camps. Et de façon générale, la vie, et une longue expérience maintenant, m’ont appris le prix qu’on paie (en incompréhension, parfois même en calomnie, etc) pour la liberté et l’objectivité. Après mûre réflexion, j’ai décidé de continuer à le payer souvent.

    Bien à toi.

  319. Posté par Timba Bema, le 6 mai 2006 à 21:24

    Ludovic Obiang ;

    L’erreur d’attribution du Byeri est en effet symptomatique et ne peut que soulever de sérieuses intérrogations pour au moins deux raisons :

    1. A.Kourouma a vécu dix(10) ans au Cameroun (1974-1984). Il avouait avoir fréquenté certaines sociétés initiatiques traditionnelles du Centre-sud et de l’Ouest.

    2. Une lecture de son oeuvre sous l’angle du “Savoir” nous permet d’établir cette opposition entre le savoir scientifique et le savoir initiatique ; cette opposition étant présentée par A.Kourouma comme la matrice de la dynamique des sociétés africaines contemporaines. On observe aussi sa fascination pour cette dernière forme de savoir et on peux donc conclure que ce sujet préoccupe l’écrivain et l’homme comme tu me l’affirmes.

    Pour l’instant, je me contenterais juste de te confirmer comme je l’ai fait précédemment que ces incohérences que tu illustres encore plus dans ton dernier post sont des hypothèses de départ parfaitement acceptables. Mais il faut aller plus loin pour établir des faits positifs et tu conviendras avec moi que seuls les manuscrits et l’interview de son éditeur forment la base de ce travail.

    Bien à toi.

  320. Posté par SIMA EYI Hémery-Hervais, le 7 mai 2006 à 04:54

    Je n’avais pas encore lu Georice (GBM) dans sa réaction du 4 mai. Je trouve le propos du sémioticien fort soutenu et très riche pour permettre aux lecteurs de mieux cerner l’enjeu du débat, au-delà de la géographie sociologique littéraire dans laquelle l’a confiné l’écrivain congolais. Si, au début du XXème siècle, la définition de la littérature venait des personnes revendiquant le statut d’intellectuels et des écrivains eux-mêmes ; il faut reconnaître que la réponse à cette même question n’est plus du ressort des mêmes personnes aujourd’hui. Ainsi, la littérature n’apparaît plus comme un domaine que l’on peut facilement définir sans heurter au passage certains spécialistes de la question.

    Parlons un peu de l’institution littéraire. Pour bien saisir ce qu’est l’institution littéraire : (lire surtout les travaux de l’universitaire belge, Jacques Dubois + ceux de Marc Angenot, Pierre V Zima, Jacques Leenhardt etc.,). En explorant cette science nouvellement connue en études littéraires, on s’aperçoit vite, comme le dit si bien GBM, que nous sommes victimes d’un formatage institutionnel qui nous amène à établir des sélections faciles que nous admettons comme vraies. Moi, je veux continuer à faire oeuvre de pédagogue ici ; et je ne cache pas ma satisfaction profonde de savoir la littérature gabonaise en débat sur le net. Alain Mabanckou est un des nôtres, nous n’allons pas le rejeter pour ce qu’il a dit ; je veux même dire qu’il a permis un échance fructueux et intello sur ce qui n’était jusque-là que domaine d’enjeu secondaire dans la géographie littéraire négro-africaine.

    Pour la petite histoire, chers lecteurs. En mai 1994, se réunissaient lors du congrès annuel de l’Acfas à Montréal, les chercheurs en théories littéraires du Canada, des États-Unis et d’Europe. Je prenais part à ladite rencontre. Me présentant à l’auditoire comme étudiant gabonais, le groupe venu de Boston aux Usa m’a posé la question suivante : connaissez-vous l’écrivain gabonais Maurice Okoumba-Nkoghé ? J’ai répondu par l’affirmative. L’un d’eux m’a dit : "c’est le meilleur écrivain romancier africain noir des deux dernières décennies. Nous avons surtout apprécié son roman La mouche et la glu". Au Gabon, la patrie de l’auteur, personne ne l’a jamais dit. Cette position américaine qui élève un Gabonais plutôt qu’un congolais ou autre romancier africain, doit nous amener à ne pas toujours prendre pour acquis et vérité vraie les positions ou les choix des éditeurs français. Je ne nourris aucun préjugé contre les maisons d’éditions françaises. D’ailleurs, pour les lecteurs, il faut savoir que les derniers romanciers gabonais de l’heure ont publié pour la plupart en France : Ovono Mendame, Sylvie Ntsame, Éric-Joël Békalé etc. Et avant eux presque tous les autres écrivains romanciers gabonais, depuis Angèle Rawiri en 1980, ont aussi publié chez des éditeurs français, à l’exception de quelques-uns. Donc, le raisonnement qui fait dire que parce qu’on publie en France, on est nécessairement meilleur, me paraît d’un autre âge ; il n’est pas d’actualité. La preuve, les Américains qui suivent aussi la vie littéraire des Africains, préfèrent lire un Gabonais, Okoumba-Nkoghé. Je veux aussi rappeler que l’École de Francfort en Allemagne, dans les années 1930, a fortement combattu la valeur marchande de l’art incluant la littérature. En d’autres termes, on ne peut dire d’une littérature qu’elle produit des oeuvres de qualité seulement parce qu’elle se vend bien. Faut-il alors vouer la création littéraire à sa seule valeur marchande, pour déterminer sa qualité ? Qu’on dise que la littérature gabonaise est mal connue, voilà un argument qui tient ! Et je suis entièrement de cet avis. Il y a lieu, pour Alain Mabanckou et les autres acteurs qui accordent de l’intérêt à la littérature gabonaise de chercher à comprendre le pourquoi. Cette réflexion est suffisamment amorcée dans certains cercles littéraires au Gabon. Le Centre d’études en littérature gabonaise (Célig) a déjà fait l’état des lieux de la littérature gabonaise ; Georice GBM assistait en juillet dernier à la conférence donnée par le directeur de ce centre sur la question. C’est fort de ce travail et de ses résultats, et au regard du fonctionnement global de la littérature africaine noire d’expression française, que nous nous étonnons de la position de l’écrivain congolais au mois d’avril 2007 ; puisque le Gabon n’a pas une littérature à part en Afrique subsaharienne avec ses propres modes de fonctionnement. Comment va t-on accueillir demain la littérature équato-guinéenne quand elle va se révéler au monde ? Surtout si elle doit se présenter comme existant depuis des décennies ? Pour le moment, on ne sait presque rien de cette littérature. Est-ce là une raison justifiée pour affirmer qu’il n’existe pas de littérature dans ce pays ou qu’elle est de mauvaise qualité ? C’est la situation de la littérature gabonaise qui se révèle soudainement au monde alors qu’on ne parlait pas d’elle. Toutes nos littératures se ressemblent, aux plans thématique et institutionnel. Le Gabon compte peut-être moins d’exilés (écrivains) que d’autres pays.

  321. Posté par Jo Ann, le 7 mai 2006 à 08:03

    Ah non ! Un si beau message, parti dans le vide cybernautique ! Qu’est-ce que j’ai pu écrire d’illuminé dans le défunt ?

    Je disais donc... après les testaments que j’admets avoir lus en diagonal, je viens à la conclusion que la littérature gabonaise n’est pas inexistante, pas plus que d’autres. Mais que les lecteurs genre moi non-académiques n’ont pas accès à cette littérature car elle ne passe pas par Paris, symbole tout-puissant de l’édition francophone. Combien de temps un écrivain talentueux, génial et autres adjectifs hyperboliques, prend-il à être publié dans son pays d’origine et le moment de sa reconnaissance en France ? Être écrivain est d’abord une nécessité pour ceux qui en ont pour passion. Celui qui est passionné par ce qu’il fait, écrit d’abord, et pense à publier ensuite. Ce n’est pas "je veux être publié, donc j’écris" (pour ça, il suffit de faire une émission de télé-réalité, on publie pour vous...). Contrairement à des écrivains qui pondent des best-sellers tous les ans qui se ressemblent tous... Mais quitte à être publié... pourquoi ne pas tenter sa chance d’être lu par le plus grand nombre ? Est-ce que vendre dans une maison d’éditions franco-française, à part être plus prestigieux (peut-être) qu’une maison prestigieuse in loco, est un crime de lèse-majesté ? On ne va sûrement pas accusé quelqu’un de prostitution si on tente de vivre de son art, et soyons sincères, il n’y a pas beaucoup d’écrivains (en Afrique comme ailleurs) qui ne sont qu’écrivains. Ils sont dans la plupart enseignants dans les universités nationales, voire internationales (je parle de "mes" écrivains angolais), même minitres si nécessaire.

    En tout cas, dans ce long débat, des noms sont ressortis dont Bessora. J’ai donc acheté "les taches d’encre", j’ai lu et emmagasiné, reste à savoir si j’adhère à son style. En tout cas, je suis bien contente d’avoir un(e) Gabonais(e) dans ma bibliothèque. C’est le long chemin vers ma rééducation (ou éducation tout court) en ce qui concerne la littérature africaine.

    Veuillez bien excuser un résumé aussi hâtif, mais j’essaie de stocker les infos des 320 messages précédents, moi qui ne lit que pour mon bon plaisir, la corvée de lecture s’étant arrêtée à la fin de mon Bac L. D’ailleurs, ça me fait penser une anecdote. Et comme je suis bavarde de toute façon...

    Quand j’étais au lycée (français) en Afrique du Sud, j’avais une prof de lettres qui m’aimait pas du tout (c’était réciproque, je vous rassure). Je ne sais pas comment elle me notait, mais elle arrivait à me mettre de mauvaises notes, disant le combien tout ça est superficiel, alors que quand on échangeait les profs, en faisant le même travail, j’avais largement au-dessus de la moyenne. Bref. On a eu une conférence avec des écrivains français et francophones, comme Nancy Huston, Sylvie Germain, Kourouma... Je travaillais avec Maryse Condé qui est une dame géniale. Deux heures plus tard, à la fin de la séance de travail, alors que ma meilleure amie et moi nous entretenions avec Maryse Condé, "la" prof arrive et demande "elles ont bien travaillé ?" MC : "Oui, très bien. Elles ont posé des questions très pertinentes et profondes. Un très bon travail." La prof "Oh, ce sont des Littéraires. Elles sont toujours profondes." Je vous assure. Je suis la fille de ma mère, j’ai été élevée à la bastonnade. Je ne manque jamais de respect à un aîné, même s’il est injuste. Mais qu’est-ce que j’avais envie de l’envoyer valser, celle-là !!

    Bref. Je vous souhaite un bon dimanche, un bon férié (pour ceux qui en ont). Il est huit heures, et je dois continuer à travailler !

    Jo Ann

  322. Posté par Ludovic Obiang, le 7 mai 2006 à 20:47

    Alors, où sont les hommes et les femmes de ce village ? Je ne vous entends pas ! Où sont-ils, les aboyeurs, les hurleurs de service, l’assemblée des corbeaux attentive au moindre dérapage ? Je ne vous entends plus, alors qu’il y aurait tellement à dire sur la dernière sortie de notre multi-médaillé. Boris, on ne fait plus le Ngando ? C’est quoi ce détour piteux, lâche, désespéré, fielleux ? On ne s’exprime plus à cœur ouvert, de façon directe en désignant les adversaires ? C’est quoi cette « drôle » de guerre ? Où sont les armes conventionnelles de l’argumentation, de la contradiction, de la transparence ? C’est quoi cette échappée sur la page d’accueil du site Congopage, c’est quoi cette « Alice Blanchard » et c’est quoi cette interview taillée sur mesure, comme l’abacost d’un dictateur ?

    Mais enfin Serigne, tu lis avec quoi ? Avec le même organe que nous tous ou avec la... ?Tu as été longtemps un de ceux qui disaient qu’il n’y avait aucun attaque à mon endroit dans la fameuse note d’Alain :

    « J’ai relu l’article, j’ai l’impression que je suis le seul à avoir vu que son auteur lançait plutôt des fleurs à Obiang, d’où mon étonnement devant les virulences de celui-ci ».

    Après lecture de sa « non-réponse du 5 mai », en es-tu toujours aussi sûr ?

    J’ai lu les même lignes que toi, celles que tu as eu l’obligeance de nous céder à crédit, en bon colporteur consciencieux, mais, tout comme Minga, je ne vois pas la même chose que toi.
    Moi, je ne vois qu’une mise en scène piteuse. Je vois un « écrivain » acculé, désemparé, à court d’arguments et qui se concocte un chouette porte de sortie, à la manière des dictateurs. C’est qui cette Alice Blanchard et c’est quoi cette façon de poser des question.
    BA : Aujourd’hui, on reproche à certains auteurs africains d’écrire pour se faire vendre et plaire au public européen. Ne pensez-vous pas que nous sommes en train de perdre quelque chose dans cette connaissance et reconnaissance de l’Afrique, de sa littérature ?

    Quel dictateur a-t-il jamais reconnu les exactions dont il était le coupable ?. Mais enfin Serigne tu voyais - sérieusement - Alain Mabanckou répondre : « oui, ma sœur, c’est le prix du succès. Il faut bien vivre, bien se saper, se taper de belles oies blanches et payer la scolarité des petites frères qui sont restés au pays...

    Arrête-ça. Puisque tu le fréquentes ce gars, pose-lui les questions suivantes :

    « Avais-tu jamais lu le moindre roman gabonais avant de pondre ton papier du 17 avril ? »

    « Ignores-tu que Bessora est gabonaise ? Tu ne peux pas décemment estimer que ses trois derniers romans ne représentent « rien » de suffisamment « notable » pour ne pas te « dire que le Gabon a enfin une littérature et quelques écrivains majeurs ».

    « Que savais-tu réellement des travaux de Grégoire Biyogo avant d’en faire le seul événement notable des 25 dernières années littéraires au Gabon ? »

    « Pourquoi fais-tu remonter le premier romans gabonais à l’année 1985 ? et d’ailleurs, qu’entends-tu par « premier roman » ?

    « Pourquoi as-tu déserté ton propre blog, du moins le forum sur les pays en désespoir d’écrivains et préfères-tu répondre de façon indirecte sur la page d’accueil du site congopage ? »

    « Ne serait-ce pas une attitude lâche ? Il apparaît à travers ta réponse à cette chère Alice ( ?) que tu suis attentivement l’évolution de la discussion et que tu dévores chacune des interventions. Tu sais donc que, les intervenants ne font pas que mettre en doute la moralité de « leurs » écrivains expatriés, il réclame aussi ton retour parmi eux et une mise au point franche par rapport aux critiques qui ont été émises sur ta note du 17 avril 2006 ».

    « Pourquoi estimes-tu que passer des éditions L’Harmattan à celle de Gallimard constitue une régression ? N’y a-t-il pas là une vision élitiste (snob) des choses qui juge de la qualité d’un livre par l’emballage plutôt que par son contenu ? »

    Pose-lui ces questions là et s’il est capable de répondre, alors je saurais qu’il a des « couilles », des véritables « couilles de nègres » (dixit Henri Lopes).

  323. Posté par Ludovic Obiang, le 7 mai 2006 à 20:50

    A propos de « couilles de nègres » voici un extrait charmant qui a fait suite à la sortie des 5 premiers romans de la collection « Continents noirs de Gallimard. Je n’ai pu m’empêcher de le soumettre à votre lecture.

    « Collections africaines et couilles de nègres »

    A la fin de chacun des livres publiés dans la nouvelle collection « Continents noirs » chez Gallimard, on trouve un texte du directeur de cette collection qui tente de la justifier. Ce texte atterrant est un ramassis de clichés avilissants qui feraient rire s’il ne nous faisaient pas honte : « les écritures africaines... chargées de la primitive puissance créatrice... jouent magiquement des métaphores et des métamorphoses... » Mais tout serait à citer de cette innommable galimatias, des « fétiches en papier qui prennent le relais des fétiches en bois » à « la civilisation de l’oral qui disparaît » (vous savez l’histoire du vieillard qui brûle sa bibliothèque) en passant par les « couilles de nègres », chères à Henri Lopes.

    L’auteur de cette prose, écrivain au demeurant, parle de « l’avènement récent de l’écrit », dans ce siècle, en Afrique noire et semble ignorer qu’elle produit de grands écrivains depuis plus de 50 ans. Mais sans doute lui faut-il justifier sa découverte : les nègres savent écrire, ils ne font pas que chanter et danser. Las, de découverte littéraire, il n’y en a point. [...] Sur 5 livres publiés à ce jour on trouve : une réédition de L’ivrogne dans la Brousse, de Tutuola [..]

    Mais quelle idée, en ce début du XXIe siècle que d’avoir créé une collection ghetto ! Ce doit être une inspiration du marketing de chez Gallimard, dont le pauvre Schifano (le directeur de collection) a hérité. Ainsi va la « grande » édition, elle s’intéresse de moins en moins aux livres et aux auteurs, de plus en plus aux produits.

    Notons simplement que d’autres éditeurs n’ont pas besoin de collection pour publier des auteurs africains : Le Seuil, par exemple, le fait depuis longtemps et plus récemment Le Serpent à Plumes. Si Actes Sud, de son côté, a créé une série « Afriques », c’est avec beaucoup plus de discrétion, puisqu’il n’en fait pas mention sur la couverture. [...]

    Ces lignes sont de qui ? Ludovic Obiang, amer de toute sa rancune et jalousie à l’encontre des 5 récipiendaires ? Non de Bruno Tilliette, un journaliste français, animateur de la Revue Noire.

    Sources : http://www.revue-noire.com/Magazine...

    C’était une façon, vous l’avez compris de répondre à notre hôte qui déclare posément : « Et il faut savoir que ces éditeurs européens peuvent vivre sans les écrivains africains puisqu’ils ont leurs auteurs qui sont à l’affiche comme Patrick Modiano, Jean-Paul Dubois, Laurent Gaudé, Amélie Nothomb, Christine Angot, Michel Houellebecq etc. »

    Des histoires, le bizness littéraire a besoin de s’ouvrir de nouveaux marchés et de nouvelles possessions. Le hic dans notre affaire c’est que l’embauche professionnelle et mercantile s’accompagne d’une dépossession de soi, aussi bien chez l’écrivain que le lecteur, de toute véritable liberté de penser et de réfléchir.

  324. Posté par Ludovic Obiang, le 7 mai 2006 à 21:00

    Alain, mon frère, c’est l’occasion pour moi de t’interpeller encore une fois directement, même si tu nous fais la "poisse" depuis le 18 avril en nous tournant le dos.

    Tu ne peux pas vouloir « proposer un livre au public (occidental en général) et ignorer ce public, ses goûts, ses préférences, ses attentes, etc. Or, le public occidental est, en effet, adepte de ces explorateurs téméraires des temps modernes qui « flirtent avec l’insondable », c’est à dire - à les lire - avec le scabreux, l’obscène, le caca, le sexe, l’inceste, l’abject, etc.

    Alain, explique-nous comment tu peux te sentir « libre » d’écrire ce que tu veux face à un public dont tu attends qu’il t’admire, qu’il t’adule, qu’il te congratule, etc., selon ses propres critères...

    Comment peux-tu contrarier des personnes dont tu sais qu’ils doivent te payer pour ta peine, t’inviter, te loger, te donner du travail, te trouver des femmes, etc. Ne joue pas avec les mots et parle de temps en temps avec ton cœur.. Mais alors, gare au chômage...

    D’autre part, Beau-Frère, que s’est-il passé entre le 17 avril et le 5 mai ?

    Le 17 avril tu écrivais : « Pour le reste, si vous voulez mon avis, le voici : il est clair que Ludovic Obiang (voir photo), auteur de nouvelles, semble le plus sérieux espoir des lettres gabonaises

    Et voilà que 20 jours après tu déclares en faisant clairement allusion à mon recueil de nouvelles, L’enfant des masques :
    « On ne doit pas se contenter d’une littérature cocorico, celle du palmier, de peaux de léopard, celle des masques, celle qui tournerait finalement autour de la case de son père au motif qu’il faut à tout prix défendre les racines africaines ».

    Serait-ce que, entre tes deux interventions, il y a eu ma désertion, le refus de jouer le jeu de l’élection et de la discrimination ?

    Mais tu sais, Alain, avoir raison ou pas, peu m’importe, ce qui compte c’est d’avoir infusé à chacun des lecteurs de ton blog ( ?), une inquiétude salutaire qui agira comme un filtre chaque fois qu’il abordera un produit du marketing occidental... comme toi.

    Voici mon intention, réveillez en chaque lecteur un instinct critique, un recul, un discernement qui avait tendance à s’endormir ou à se mourir En un mot le « conscientiser ».

    Il y a en chacun de nous un « troisième œil », une force de perception qui fonctionne comme un rayon X et leur permet de voir à travers les « masques », toujours actuels, des convenances et des banalités.

    C’est cette force-là que j’ai voulu interpeller pour rappeler à chaque internaute qu’il ne faut pas croire d’un homme ce qu’il dit de lui, mais ce qu’il trahit de lui. C’est pour cela que je traque les réseaux de significations profonds derrière l’ordre apparent des choses.

    D’où le combat que j’ai entrepris ici avec « ébullitions » peut-être et d’où l’occasion pour moi d’en rappeler le sens premier. Il ne s’agit pas pour moi de me dire meilleur écrivain que Mabanckou ou de remettre en cause le talent de ce dernier. Mais je veux chercher « le serpent dans le livre »... Le poison qui est subtilement instillé et qui empoisonnera insidieusement chacun des lecteurs.

    Tu sais Serigne, les Nazi possédaient et possèdent encore de prodigieux écrivains, musiciens, architectes, sculpteurs, linguistes, philosophes, chimistes, etc. Une bonne partie de la musique folk des Etats Unis est censée exacerber la haine criminelle du Klux Klux Klan, et pourtant, combien d’Africains se laissent bercer par elle...

    Alain Mabanckou peut écrire des textes d’une virtuosité décapante, d’une Beauté éblouissante, ça n’empêche pas qu’il - puisse être - une sorte de Cheval de Troie pour « notre » Afrique à nous - du mauvais côté de la barrière - une Force sournoise de suggestion qui visent à étendre partout l’ordre du Profit et de la Discrimination, l’ordre de la Décadence et de Luxure.

    Tu ne veux pas me croire, Serigne, libre à toi, mais, tu auras été averti.

    A bientôt.

    Ludovic

  325. Posté par Ludovic Obiang, le 7 mai 2006 à 21:03

    Au fait, voici un billet du même Bruno Tilliette à propos du roman de Justine Mintsa publié à Gallimard :

    « Depuis qu’elle était mariée, Awu menait la vie sociale dont elle avait toujours rêvée »

    Un roman de sociologie rurale (ou forestière plutôt, puisque ça se passe au Gabon) qui aurait pu être regardé avec quelque attention à l’époque du Batouala de René Maran (1921) ; l’écriture est celle des instituteurs de la même époque. Mais depuis, on a lu cette histoire 712 fois. Il faut qu’un éditeur comme Gallimard ait beaucoup de condescendance envers les nègres pour publier ça.

    Comme quoi, pour Bruno Tilliette du moins, l’emballage ne fait pas toujours le livre, et pour lui, Justine ne risque pas de régresser beaucoup en passant de Gallimard à L’Harmattan.

  326. le 8 mai 2006 à 00:22

    Je n’ai pas eu le temps de lire toutes les réactions mais le moins que je puisse dire, c’est que Boris à réussi son coup. Provoquer, provoquer des réactions pour pouvoir dire un jour " orsque Alain Mabanckou propose un sujet, il y a plus de 300 réactions. Du jamais vu dans l’histoire des blogs.Je vous l’avais dit, il est le meilleur".
    Bien à vous
    Edwige H.
    Minga, rassure toi, je ne me laisse pas impressionner par les congolais.

  327. Posté par Serigne, le 8 mai 2006 à 03:22

    Ludo, vous me donnez envie d’être écrivain publié chez les blancs, je ne savais pas qu’ils servaient en prime des femmes. Heureux soit M. Mabanckou qui a eu ce privilège. En plus, il ne répond toujours pas malgré les aboiements, quel homme !
    Si je puis me permettre, M. Mabanckou, ne répondez pas aux rugissements des faux lions. Mon grand-père me disait quand j’étais petit : le jour où sur dix personnes, il y en a six qui te dénigreront, souris et sois heureux, cela voudra dire que tu as réussi là où ceux qui te dénigrent voudraient bien se poser. M. Mabanckou suscite beaucoup de bave ( j’ai dit bave ? ça me fait penser à l’escargot recroquevillé dans sa bave, il est fort cet homme), bavons et bavez tous, il en vaut le coup. A chaque fois qu’un homme en dépasse d’autres, la bave coule à volonté, n’est-ce pas mon ami, Sami ? Obiang, vous avez attaqué tout le monde, même Sami et en plus, vous qui refusez d’être le serviteur des Blancs, vous citez quand même les propros d’un Blanc : Bruno Tillette qui dénigre le roman de Justine Mintsa sous votre mesquine béatitude.

    Vous vous permettez de m’énoncer des questions à poser à M. Mabanckou, qui êtes-vous ? Qu’avez-vous fait ? Où allez-vous ? De quel droit voulez-vous que je m’aligne derrière votre frustration d’auteur pas encore affirmé ? Travaillez, prenez de la peine, c’est le fond qui manque le moins, puisez dans votre fond, vous y arriverez un jour et moi, fidèle admirateur des Africains qui gagnent, je vous défendrai.
    Encore une fois, je dis : l’imbecillité est l’apanage des imbéciles.

  328. Posté par Zik, le 8 mai 2006 à 17:04

    Cher Serigne,

    Votre courroux semble laisser transparaitre un appel a la pensee unique. Seul Mabanckou a le droit de poser des questions et toute tentative de lui retourner la pareille n’est que bave et aigreur. OK, A vos ordres, grand gardien du temple.

  329. Posté par Ludovic Obiang, le 8 mai 2006 à 18:11

    Cher Serigne, Serigne, où est la majesté qui sied avec ton titre ? Là, tu me donnes vraiment le "coup de pied de l’âne" - tu vois, moi aussi, je peux citer La Fontaine...

    Tu me demandes encore qui je suis ? Ce que j’ai écrit, ce que je fais ou je vais, etc. ? Mais c’est une « obsession » ! Après tant de post, tu ne me connais toujours pas ! Mais tu te contredis. Tu l’as dit toi-même. C’est vrai, je ne suis pas l’homme des émissions à succès, des magazines chics, des salons feutrés... Je ne suis pas un "Africain qui gagne", je suis un "imbécile", Serigne, un "escargot recroquevillé dans sa bave"... Mais moi, au moins, j’ai l’avantage de te connaître, Serigne...

    Je sais qui tu es. Tu es de ces miliciens qui ont prêté leurs épaules aux colons pour juguler la révolte de leurs frères. Tu es de ces assassins qui fauchaient à tour de bras dans les masses indigènes, rendues exangues par les travaux forcés et les impôts. Tu es de ces tirailleurs qui ont fait rempart de leur corps aux Alliés pendant la guerre, faisant preuve d’une bravoure sauvage qu’on leur paye encore aujourd’hui avec la monnaie qui leur est familière, la monnaie de singe, quand on ne les enterre pas dans une fosse commune qu’ils auraient creusée de leurs propres mains. Tu de ces vigiles serviles, aux grandes dents blanches ouvertes, qui chez nous défendent l’entrée des nantis tout le jour et qui, la nuit venue, se transforment en sicaires professionnels pour les basses besognes du crime et de la sorcellerie.

    Senghor disait que certains pays retardaient l’Afrique, il ne savait pas qu’il parlait du sien. Mentalité de serf, d’esclave, de vassal, asservi à tout ce qui brille, à tout ce qui "gagne" par la force ou par la duperie et qui étouffe la moindre velléité en soi de critique ou de remise en cause. Ne pas réfléchir, ne pas discuter, pour ne pas affronter les incertitudes de l’avenir ou le poison du scrupule, du remords "beau comme le crâne d’un Hottentot, etc.". Pauvre Afrique, vendue et esclavagiste. Cette Afrique qui s’abandonne à des illuminés à grande barbe et s’en va combattre au Koweit l’avancée de l’intégrisme...

    Je me dois pourtant à cette Afrique-là, elle aussi, et c’est pourquoi malgré tout le mur qui existe entre nous, je m’en vais te répondre, en te demandant le temps de cette réponse, de faire un effort de dépassement et de réflexion.

    Tu me demandes pourquoi tu devrais poser certaines questions à Mabanckou de ma part ? Mais c’est par respect des règles qui nous ont amenés à nous croiser toi et moi, règles du jeu dont nous sommes les protagonistes, règles que tu respecteras tant qu’elles te seront profitables, mais que tu renieras dès que tes défenses seront tombées, règles de l’argumentation et de la contradiction, règles du débat ouvert et de l’échange.

    Mabanckou a initié un débat dans son blog et incité le public à réagir. Il se doit de poursuivre la discussion, même si ses positions sont mises à mal, même si le ton n’est pas celui qu’il attendait. Il doit faire la preuve de sa capacité à gérer chaque intervenant et à imposer ses points de vue.

    Tu es bien conscient de cette nécessité, puisque tu as cru nécessaire de nous colporter sa réponse. Assume simplement le fait que cette procédure était maladroite, sujette à caution, au lieu de te dérober et de te cacher derrière l’ironie facile ou l’irritation.

    "Appel à la pensée unique" disait un compatriote, qui a pour nom fanatisme et extrémisme dans les pays islamisants...

    Ce n’est pas que le persiflage te soit interdit. Tu as le droit d’utiliser l’ironie si tu crois la maîtriser, mais n’oublie jamais l’essentiel, le respect de la logique et de l’argumentation. Moi-même, j’ai employé l’humour contre toi, te traitant de « colporteur » et te soupçonnant « de cueillir les cerises ave la queue ». Mais ça ne m’a pas empêché de toujours coller aux règles fondamentales du jeu. C’est pourquoi je ne répugne pas à te répondre aujourd’hui, de façon directe, sans le recours à un tiers ou par le biais d’un montage.

    Ne t’effarouche pas, Serigne, la colère, l’énervement n’est souvent qu’un prétexte, un faux-fuyant. Réponds et agis. Démontre, prouve, argumente. Pèse tes propres paroles et évalue mes réponses proportionnellement. Comprends que si je t’invite à relancer Mabanckou, c’est par respect pour toi, par respect pour les règles que tu as toi-même imposées.

    Toi qui tentais de me convaincre par cette réponse de seconde main, je te propose d’autres questions qui te permettront d’évaluer une fois pour toutes la sincérité de « notre » idole. Tente un peu pour voir et confonds-moi.

    Mais si au contraire, j’avais raison... Aïe, le risque, le risque que le miroir éclate et que tu sois obligé de reconstruire le monde que tu avais patiemment bâti autour de lui... Perspective vertigineuse, alors tu te retires derrière l’insulte facile, une instruction de milicien colonial et pourquoi pas, bientôt, le... couteau...

    Tu me demandes pourquoi je recours à la pensée d’un Blanc alors que... etc. Je ne vois pas très bien le rapport. C’est toujours la même chose dès qu’on critique le Blanc devant ses inconditionnels. « Mais vous vous habillez comme les Blancs, vous mangez la nourriture des blancs, vous parlez la langue des Blancs, etc. » Alors, Serigne, sache-le une fois pour toutes. L’échange et l’emprunt sont des nécessité vitales pour toute société humaine, mais la survie de cette société exige que ces échanges soient contrôlés, équilibrée, dosés, etc. Le protectionnisme est partout présent, mon cher Serigne, en France, aux USA, au Japon, en Chine, pourquoi ne les serait-il pas en Afrique ? Je suis Africain parce que je suis capable de dire ce que je peux prendre de bien chez l’Autre et ce que je dois refuser.

    Ceci dit, je ne vois pas très bien le rapport avec ma citation. Tu fais preuve là, mon cher Serigne, non seulement d’un esprit buté mais aussi d’un manque criard de finesse. Pauvre Mabanckou qui doit se contenter pour sa défense d’un sapeur et d’un Talibé. Fais tomber ce turban épais qui gêne ta compréhension.

    Si je recours à Bernard Tilliette, c’est pour montrer que, contrairement à l’allégation de Mabanckou, il n’y a pas que les Africains à penser que le monde de l’édition est un monde pourri, dominer par l’esprit de profit et de copinage. Ca me semblait facile à voir...

    Quant à l’allusion à Mintsa, tu devrais plutôt me féliciter. C’est la preuve que je ne suis pas un nationaliste aveugle et que je ne défends pas la littérature gabonaise sans nuances. Au contraire, je suis capable de confronter différents avis et de me montrer très critique à son encontre. Lis GBM, il aura répondu en partie à la satire de Bernard Tilliette.

    Mon intention était de montrer que même pour les Blancs, la qualité d’un roman ne dépend pas toujours de son emballage. En tout cas, pour Bernard Tilliette, Justine Mintsa ne représentait pas l’exemple-type des trouvailles littéraires que promettait Gallimard. De toutes les façons, vous seriez allés sur le site et vous auriez dit : « ce Ludovic Obiang, il cite Tilliette quand ça l’arrange... »

    Voilà mon bon Serigne, ce que je pourrais te répondre à chaud, en sachant - « pertinemment » que ça n’infléchira pas tes convictions, ton fanatisme. Mais tu n’es heureusement pas le seul visiteur de ce site et si quelques personnes seulement réagissent, beaucoup d’autres nous lisent et c’est pour elles que je me devais de répondre.

    Porte-toi bien.

    Ludovic

  330. Posté par Ludovic Obiang, le 8 mai 2006 à 18:21

    Chers Corbeaux,

    Je relis la plupart de vos allusions directes ou indirectes à mes précédentes interventions et je m’étonne de la partialité et de la mauvaise foi qui les animent - mais les deux vont toujours ensemble.

    C’est peut-être le piège de ne le lire qu’en diagonale ou avec des Ray-Ban de policier Boer.

    Où ont-ils pris que je refuse à un écrivain africain le droit de s’établir en Occident et de s’affirmer au sein de l’institution littéraire locale ? D’où tirerais-je cette autorité et fort de quelle majesté pourrais-je restreindre à ce point la liberté des gens ?

    D’ailleurs la plupart des écrivains africains, mêmes les Gabonais - Zik le prouve, mais il fallait le lire - sont publiés en France (à Paris) ou profitent d’un relais relativement huilé (Afrilivres, ALFA, etc.).

    Non, ce que je dis c’est ce que Alain Mabanckou et consorts ont le droit de se faire les valets des Blancs, si ça les amuse ou les rapporte, mais je regrette qu’ils prennent prétexte de leur position privilégiée pour se moquer des littératures africaines moins médiatisées et pour se faire les chantres de systèmes de promotion et de valorisation occidentales dont les mécanismes sont loin d’être aussi blanc que la peau.

    Alain Mabanckou en tant qu’auteur talentueux, expatrié, a forcément quelque chose à apporter et à enseigner à ses confrères restés en Afrique, mais ce n’est par la gouaille, le persiflage, et en se faisant l’ambassadeur d’institutions réactionnaires qui pratiquent le snobisme et l’apartheid littéraires.

    Voici mes propos et me convictions. Ne les falsifiez pas.

    Ludovic

  331. Posté par Ludovic Obiang, le 8 mai 2006 à 18:25

    Concernant la moralité et les mécanismes qui président à certaines distinctions, lequel d’entre vous doute qu’ils peuvent être troubles et maffieux ? Minga nous en a donné des exemples. A moins de s’amputer volontairement de certaines organes, qui ne voit pas que les mécanismes de sélection et de promotion dans les éditions obéissent à d’autres critères que le talent et la liberté de conviction. Les critères-rois sont le rendement, le bénéfice, auxquels s’ajoutent le pouvoir, la jouissance de l’autorité, de l’empire sur les autres, etc. La plupart d’entre nous en savons quelque chose, par ouïe-dire ou par expérience. Pourquoi faudrait-il que les données changent parce qu’on a affaire à des écrivains africains ? C’est ce qui explique mon cher L’homme-là que je « ne vise pas un éditeur plus connu » et que certains de mes compatriotes et confrères s’enlisent dans un « silence prolongé qui affecte (leur) réputation. Ce n’est pas notre volonté propre, mais la contrainte d’un « circuit » qui en coûte sur le plan moral et nerveux. D’où la nécessité comme le rappelaient Georice et Zik d’institutions locales fortes, à peu près indépendantes et capables d’imposer leur propre ligne éditoriale. Voici ce que les écrivains africains ayant réussi en France doivent proposer à leurs compatriotes, comme Mongo Beti qui rentre en Afrique pour fonder une libraire ; comme Dessailly qui ouvre une école de football au Ghana, etc., au lieu de se gausser de leurs confrères- tu te dis enseignant de lettres et tu n’a pas relever la satire dans les propos de Mabanckou ? Bravo ! Mais dis-moi L’homme-là, ignores-tu qu’intégrer les écuries de Gallimard, Le Seuil, Mercure de France, etc., c’est accepter les « règles ». Et là, je m’excuse les manuscrits ne passe par la poste...

    Un exemple. Je connais un écrivain africain, de bonne plume, ami par ailleurs, qui a publié son premier roman dans une maison de prestige parisienne, sur la base d’un simple projet d’écriture, une intention ! Il a achevé le roman par petits bouts, chapitre par chapitre, sur la pression des délais ! C’est dire que son manuscrit n’a jamais été soumis en entier, lu, évalué par une pseudo-commission !

    C’est ça l’establishment, et ses lois à défaut d’être écrites, sont rigoureuses. Elles concernent tous les domaines, la littérature, la musique, les arts plastiques, etc.

    Savez-vous quE Pierre Akendengué est un des précurseurs de la fameuse world music. Il publie ses premiers albums au début des années 70 avec Pierre Barouh pour producteur. Mais Barouh lui impose ses préférences « classiques et sud-américaine », illustrées par des cessionnaires prestigieux (Nana Vasconcelos, Mino Cinelu, etc.) . Akendengué veut faire sa fugue, jouer de la musique de danse (Soulevé) avec ses amis d’enfance. Il fonde le groupe Sakuna. Le dédoublement tient quelques années puis Akendengué est obligé de rompre le contrat. Ils sont restés bons amis, mais Akendengué n’a pas eu la grande carrière promise et méritée...

    En 1983, le même Akendengué reste une valeur sûre de la musique africaine. Il finit par signer pour CBS, avant Kassav, un album solo intitulé Mando, co-produit par Hughes de Courson. L’album est une réussite, mais Akendengué pleure. Il n’a pas maîtrisé la totalité de la production et surtout, la campagne de promotion harassante. L’année d’après il rétrograde, « régresse », de CBS à ses propres éditions, les éditions Ntché, pour un swinguant Awana Afrika. Qu’importe le label et l’argent, la musique passe toujours !

    Par contre, que dire des compromissions douteuses de Manu Dibango ou de Youssou Ndour avec le gros bizness français. « Kirikou, n’est pas grand , mais c’est mon ami » Beurk !

  332. Posté par Timba Bema, le 8 mai 2006 à 18:25

    Edwidge H ; Je pense qu’il faudrait aussi imputer à Ludovic Obiang le fait qu’on ait dépassé les 300 posts. C’est un véritable TURBO ce mec là et dommage que sur certaines questions de fond il n’ait pas eu d’interlocuteurs à sa mesure. Il a quand même démonté l’argumentation de A.Mabanckou sur l’inexistence de la Littérature Gabonaise, sur la prétendue regression de Justine Mintsa, etc... avec des formes qui ressemblent, à mon grand désespoir, au pigilat.

    Il faut aussi avouer l’interview proposée de A.Mabanckou en guise de réponse est trop simpliste. J’ai de la peine à croire qu’il justifie ses choix ou sa démarche d’écrire uniquement que par son désir d’élargir son public. A mon avis ce sont des considérations essentielles mais secondaires. Je cite« Il n’est pas interdit d’être un écrivain libre et lu par un large public. Publier un livre c’est le proposer au public » Interview de A.Mabanckou par Alice blanchard ; Salon du livre de Genève. Je pense que la justification majeure au désir d’élargir son public aurait été de donner les raisons pour lesquelles il souhaite être lu du grand public.

    Je reste néanmoins convaincu que ces raisons là, il est capable de les donner et qu’il ne fait pas dans cet interview.

    Bien à vous

  333. Posté par Camer nouveau, le 8 mai 2006 à 18:27

    Alors, Alain Mabanckou et Ludovic Obiang se font la guerre par émissaires interposés ou quoi ? (rires). Bon, sérieux, les gars, vous n’avez rien d’autre à faire ou quoi ? Moi aussi je trouve que Alain Mabanckou fait bien de ne pas descendre dans l’arène dans laquelle Ludovic Obiang souhaite le convier alors que c’est un thème qu’on nous a proposé pour débattre pas forcément avec l’auteur du billet. Le pauvre Ludovic Obiang, il doit attendre, mais Alain Mabanckou, dans sa finesse et son élégance, a choisi de de regarder l’horizon comme sur sa belle photo de la page d’accueil du Blog. Allez serrez-vous la main, les gars, et buvez un coup sec...
    Au moins de ces échanges je vais enfin lire Ludovic Obiang dont je connaissais même pas l’existence comme écrivain. Je vais chercher son "Enfant de masque" au centre culturel français en espérant qu’il s’y trouve. Comme quoi, à quelque chose malheur est bon.
    Mes salutations de Yaoundé.

  334. Posté par Ludovic Obiang, le 8 mai 2006 à 18:30

    Timba, oh Timba, tu ne vas pas me faire le coup de Serigne, qui « cueille les cerises avec la... ». Tu ne vois pas « la rupture forcée et l’antinégritude à bon marché » dans l’extrait de Sami ? Mais enfin ! Je vais finir par te condamner toi aussi à réviser tes classiques.

    La négritude se voulait, entre autres, un mouvement d’affirmation et de réhabilitation des cultures et des valeurs traditionnelles africaines. Prenant le contre-pied du colonisateur qui en faisait un paria, les tenants de la négritude encourageait le nègre à retourner à ce patrimoine séculaire. D’où les nombreux essais à caractère anthropologiques visant à vaincre le traumatisme et à redonner une fierté. Parmi quelques classiques : Ce que l’homme noir apporte, Au pied du Mont Kenya, Le manifeste de l’homme noir, Nations nègres et culture, L’Afrique doit s’unir, etc.,

    Alors quand Sami ( ou son narrateur) se plait à banaliser l’inceste, à n’y voir qu’un tabou « suranné », entrave ou « carcan » à une vision hédoniste du monde, c’est bien d’une remise en cause de la négritude qu’il s’agit. D’ailleurs, Sami a toujours affirmé que ses romans et ses essais constituaient une travail de démythification aux accents de Devoir de violence. Pour preuve un extrait d’une critique européenne méritoire :

    Très provocateur, Heberto/Tchak refuse qu’on le rattache à la prétendue civilisation orale de l’Afrique : [...] Il se proclame citoyen de la culture du monde et cite constamment à l’appui de son récit les grands écrivains du monde entier [...] Ce roman de Sami-Tchak illustre avec talent l’élargissement auquel on assiste aujourd’hui d’une littérature d’origine afro-française dont la thématique devient résolument mondiale. (Daniel Delas, Notre Libraire n° 150, Note de lecture de Hermina, p. 130).

    Evidemment, c’était une critique positive, mais dès qu’il s’agit de contester, on crie tout de suite à la jalousie ou on feint de ne pas voir le lien...

    D’autre part, je voudrais te demander Timba, pourquoi est-ce que lorsque nous parlons d’explorer l’insondable, il s’agit toujours de l’abjection ? Du caca, du pipi, du cul, etc. Pourquoi est-ce que ça ne serait pas l’insondable de l’Esprit, de Dieu, de la Matière, de la Non-Matière... Nos aînés avaient au moins cela de plus que nous. Rappelle-toi Hampaté Ba (Kaydara), Senghor dans la majorité de ses poèmes "et nous baignerons ma soeur dans une présence Africaine, etc." Kotia-Nima, Le double d’hier rencontre Demain, La savane rouge, Monnè outrage et défi, même, etc. Mais, évidemment, ce serait prêter le flanc à la critique qui déclare : "on ne doit pas se contenter d’une littérature cocorico, celle du palmier, de peaux de léopard, celle des masques, celle qui tournerait finalement autour de la case de son père au motif qu’il faut à tout prix défendre les racines africaines".

    Entre-temps la science occidentale (la physique) travaille, se perfectionne et approche des réalités transcendantales que le moindre conte d’enfant mettait naguère à notre disposition. Dommage.

  335. Posté par Ludovic Obiang, le 8 mai 2006 à 18:34

    Zik,

    J’ai lu avec attention ton intervention sur les institutions musicales afro-américaines. Très intéressante. Je voudrais y revenir. Donne-moi un peu de temps... Le temps de reprendre mon souffle.

    Ludovic

  336. Posté par Zik, le 8 mai 2006 à 19:50

    Pas de probleme Ludovic, on est là. Je suis tout de même surpris des discours de nos amis Serigne et Camer nouveau. A suivre leur raisonnement, les intervenants sur ce blog se devraient donc d’être tous légers, badins, inconséquents, sans opinions affirmées et surtout ne rien défendre face aux onctions du MAITRE des lieux. Il semble, pour certains, inadmissible qu’un inconnu (ou moins connu que le Maitre des lieux) s’attaque à la vision des choses ou même à l’éthique du Maitre. A les lire, entrer en contradiction avec le maitre, ne peut être que le choix d’un de ces frustrés qui se vengent de leur infortune en attaquant “ceux qui ont réussi” (encore faut-il avoir une idée de la “réussite”). Bien, excusez moi, je ne savais pas que les intervenants ici, ne jouissaient que d’une liberté tout à fait “conditionnelle et surveillée” ; car, pour peu que vous sortiez de la logique prévisible qui consiste a caresser le Maitre dans le sens du poil, vous recevez les remontrances de ces cerbères du “comment bloguer”, ces concierges et gardiens de la réputation du Maitre ; c’est comme une véritable gestapo de la bonne pensée.

  337. Posté par Bakima , le 8 mai 2006 à 19:54

    Cher Obiang ! Le 30 avril vous m’aviez adresse deux posts. Pris par mon quotidien fou au pays des yankee je n’ai pas pu revenir sur le village. Aujourd’hui, je voulais te repondre, mais en lisant les posts qui ont suivi, je fais le choix simpliste de te dire a travers ce post que, je me retouve dans le post de ton compatriote GBM que je lis pour la premiere fois sur la place du village. Il a mis la barre haut. Il a su dire les choses avec clarte et sagacite. Le debat ayant positivement evolue, ca serait pas elegant, moins encore sage de revenir sur tes posts m’interpellant. Etant un modeste homme lettre, je me devais de te repondre. Et c’est fait. Meme si, je le sais, c’est pas ce que tu aurais souhaite... Bonne continuation a toi. Mathieu, le brazzakinois.

  338. Posté par Serigne, le 8 mai 2006 à 20:03

    Reprenez votre souffle, Ludo, à force de baver la haine des autres, vous voilà à bout de venin. Après les écrivains que vous descendez parce que vous n’avez pas leur verve, vous voilà parti contre toute une nation, le Sénégal et contre les Talibés (les musulmans ). En fin de compte, tout ce qui n’est pas vous vous écoeure, désolé, mon peu cher, vous n’arrivez pas à la hauteur de ceux que vous fustigez ! Le Sénégal a fait ses preuves avec ses grands écrivains et ses autres talents ; du Gabon, je connais Jean Divassa, grand homme poli et élevé. Je ne peux l’imaginer tenant des propos aussi bas que les vôtres, ce qui me défend de mettre tous les Gabonais au même petit niveau insipide que vous. Vous venez de faire la preuve de votre bassesse. Je ne vous répondrai plus sur ce sujet.

    Merci pour la leçon de finesse, M. Mabanckou. Le silence des Grands est un coup de pied au c... des petis cons.

  339. Posté par Minga, le 8 mai 2006 à 20:25

    Mon petit Serigne, je me doutais bien que tu n’étais qu’un poids plume. Vois la miette qu’il suffit de te jeter pour te faire craquer. Et ton vrai visage apparaît : hideux ! L’Homme-là qui s’indignait des ego susceptibles en aura pour sa patience. Alors écoute-moi bien, coco : si l’imposture et la fourberie sont tes poux de tête, inutile de les chercher sur ma tête, stp, ok ?

    Tu te demandes si je suis bien Gabonaise, Africaine. Si je ne serais pas une intruse. A toi de me définir le profil de la Gabonaise, ou de l’Africaine-type. Pourquoi, d’ailleurs, viendrais-je me présenter sous un faux profil ? C’est peut-être ton cas. Et alors le fieffé imbécile c’est toi. Doublé d’un incurable bouffon !

  340. Posté par Minga, le 8 mai 2006 à 21:08

    Je cite : Vous vous permettez de m’énoncer des questions à poser à M. Mabanckou, qui êtes-vous ? Qu’avez-vous fait ? Malheureusement, Serigne, tu ne nous apprends rien de nouveau avec ça. D’autres de ta trempe l’ont fait éructé avant : pas de nom au Panthéon, pas le droit de critiquer, de toucher aux icônes . Ca me fait marrer tout ça. Quelle imbécilité (merci Serigne) que de penser les "anonymes" dénués d’esprit critique ; et donc rien à (re)dire si ce ne sont des flagorneries, des louanges, des fleurs etc.

    Bientôt, il faudra Bac+ combien pour mériter la moindre contradiction face aux propos d’un Alain Mabanckou, d’un Gaston Kelman, d’une Marie Ndiaye ou d’une Amélie Nothomb ? Tu te dis fidèle admirateur des Africains qui gagnent, je vous défendrai. Arriviste ou opportuniste, tu es ? Car il en faut pour s’avouer admirateur (QUE) des Africains qui gagnent...

    Et ceux qui ne gagnent pas, ils en sont moins Africains ? Moins dignes de ta noble considération ? Possible que tu sois du genre à ne fréquenter que les membres de ta famille qui ont "réussi". Et te sentir moins solidaire du sort des autres. Le familialisme comme diraient Achille Mbembe et Célestin Monga. Dis, toi qui nargues Ludo sous couvert d’Alain, qui es-tu ? Combien de best-sellers as-tu publiés chez Seuil & Co ? Tu es passé à quelles télés, magazines top10 pour siéger ici ? Quel est ton pedigree, toi qui radotes sur le talent littéraire des autres ?

    Ah, j’oublais, tu n’en demandes pas autant. Tu te vaux mieux en admirateur (passif) des Africains qui gagnent. Serais-tu alors un infatigable applaudisseur, pique-assiette sans vergogne, une hyène affamée qui se régale à l’ombre des baobabs ? Et ça se fend tout de même d’un discours sarcastique sur quelqu’un qui, lui, au moins a déjà publié.

  341. Posté par Minga, le 8 mai 2006 à 21:27

    Coucou Ludo,

    tu es grave toi. Tu ne te dépars donc jamais de ton humour poivré ? :)) Au grand dam de la meute désorientée qui tente, pour tenir debout, la raillerie de bas étage (comme irait Zik). Moi qui adores me marrer, je suis servie avec tes réparties humoristiques.

    Coucou Edwige,

    Je suis comme toi, ma belle : je ne me laisse pas impressionner par les Congolais. Surtout pas ceux, ici, qui puent la superficialité. Tiens, parlant de SAPEurs, j’ai regardé un DVD de Koffi Olomidé chez un pote congolais samedi. Les clips, les tenues pittoresques, l’extravagance clownesque de l’équipée, je hurlais de rire sans retenue. Non, plus ridicule, frimeur tu meurs. Sans compter la peau que le coco se dépigmente.

    Je ne parvenais même pas à me concentrer sur les chorégraphies (que je trouve tout aussi vulgaires), je détaillais ces tonnes d’extravagances sur l’artiste. Et bien sûr, c’est ça la sape ! Le bon goût ! L’élégance ! (rires) Sérieux, ces fringues ont beau coûter des centaines d’euros, c’est vraiment pas mon genre.

  342. Posté par Zik, le 8 mai 2006 à 21:34

    Une pensée de Ignacio Ramonet dont devraient s’inspirer certains (parue dans Le Monde Diplomatique de Janvier 2005) :

    “De plus en plus de citoyens libres se sentent englués, poissés par une sorte de visqueuse doctrine qui, insensiblement, enveloppe tout raisonnement rebelle, l’inhibe, le trouble, le paralyse et finit par l’étouffer. Cette doctrine, c’est la pensée unique, la seule autorisée par une invisible et omniprésente police de l’opinion.”

  343. Posté par Moa, le 8 mai 2006 à 22:33

    Thank you Ludovic Obiang (and Zik) for bringing light into darkness ! People like you is what this world badly needs.

  344. Posté par L’Homme là, le 8 mai 2006 à 22:45

    Cher Ludovic,

    Au-delà de la polémique suscitée par les propos d’Alain Mabanckou, j’apprécie ta culture et ta verve. Mais, il y a moult arguments que tu tiens qui me paraissent extrêmement contestables et qui peuvent laisser penser qu’une forme de frustration t’habiterait.
    Je ne le crois pas et je voudrais en être rassuré. D’où certaines questions que je te pose, parce que certains sujets que tu soulèves font partie de mon champ d’intérêt critique.

    1- Je connais bien la littérature gabonaise, je l’enseigne comme d’autres expressions littéraires africaines francophones. Je connais la plupart des écrivains majeurs gabonais dont toi.

    Penses-tu que l’article d’Ovono Mendame sur la littérature gabonaise soit satisfaisant pour le critique averti et confirmé que tu es ? Pour moi, il comporte une série d’éléments totalement incorrects. J’en citerai quelques uns, à titre indicatif.

    D’abord, il consacre un article sur la vitalité d’une littérature, en partant des oeuvres d’une écrivaine peu réprésentative de cette littérature et dont on attend encore une véritable confirmation nationale et surtout internationale. De ce fait, il ne paraît pas juste de parler d’une naissance littéraire gabonaise, en partant de Chantal Mbazo’o. Quelle est sa production et quel est l’impact de son oeuvre sur la production littéraire gabonaise pour mériter un tel intérêt critique, plaçant son oeuvre au centre d’une "naissance littéraire" ? Elle a publié deux romans dont l’un dans sa propre maison d’édition. Certes les thèmes qu’elle aborde sont d’actualité mais du point de vue de l’écriture, de l’architecture même des deux romans, rien de particulier en comparaison avec la qualité rhétorique du roman d’Owondo, Au bout du silence, ou de la force allégorique de ta nouvelle, L’enfant des masques ou encore l’art oratoire d’un Alloghé Oké , avec ses chroniques équatoriales.

    Que dit Mabanckou, au-delà de certaines généralités regrettables ? Il fait une analyse juste que ferait, à mon avis tout critique objectif. Je pense, néanmoins que certaines appréciations restent un peu simplistes, parce que peu argumentées.

    Je le concède à ton honneur défendant. Mais je ne crois pas qu’il y avait lieu à adopter une réaction si outrée.

    Ensuite, parlons de l’édition gabonaise. Trois éditeurs locaux se disputent la production littéraire locale, La Maison gabonaise du livre (qui appartient à Chantal Mbazo’o), Les éditions du silence ( de Moussirou -Mouyama)et les Editions Rapondant Walker ( de La fondation éponyme et de l’église catholique du Gabon). Quelques jeunes auteurs ont été revélés sur le plan local grâce à ces maisons. C’est une bonne chose. Mais qui les lit au Gabon. Nous en avions souvent discuté, parfois, avec certains enseignants, nous étions obligés d’imposer l’achat de ces oeuvres aux étudiants. Tu connais les efforts que tente l’UDEG depuis une vingtaine d’années pour populariser le livre. Quel résultat ? Soyons sincères envers nous-mêmes.

    Certes Owondo, Mintsa, Okumba, Rawiri,
    Moussirou, toi-même et d’autres aviez publié dans des éditions françaises ou autres, mais quel réel impact par rapport à un Nganang du Cameroun qui publie chez Serpent à Plumes ou bien en comparaison de Mabanckou du Congo qui publie maintenant au Seuil.
    Tu sais bien que même le grand Boris Diop du Sénégal qui a tenté une résistance en langue Wolof, chez un éditeur dakarois, avec Domi-Golo est revenu à écrire en français chez un grand éditeur parisien. Je ne crois pas qu’un tel écrivain ait renoncé à son combat, mais c’est une question de réalisme.

    L’essentiel pour toi serait d’écrire, sans viser forcément une bonne diffusion de ton écriture qui pourrait te mettre dans une relation commerciale _ ? Si le cas, pour quoi discuter longtemps avec Mabanckou dont la stratégie est différente ?

    Je ne crois pas que cet idéal ruine la qualité de son oeuvre. Je lis Mabanckou depuis ses premiers textes poétiques, j’en garde une bonne impression. Je crois que la
    préface de Ngandu Nkashama consacrée à La légende de l’errance, son premier récit poétique 1995, anonçait déjà la qualité d’une oeuvre riche. Je ne connais pas Mabanckou,lui ne me connait pas, je fais une appréciation de critique comme beaucoup d’autres. Quel mal alors qu’il incite les écrivains gabonais à mieux s’extériririser pour que cette littérature sorte de son carcan national et se confronte aux autres. C’est comme ça que j’ai perçu ses propos au-delà de certaines simplicités que je viens d’évoquer.

    2- Tu as émis des doutes sur l’authenticité de l’écriture de Kourouma. Moi aussi je l’ai rencontré, j’ai discuté avec Madeleine Borgomano qui est, selon moi, la critique la plus pertinente de l’oeuvre de Kourouma. Il est de notoriété que Kourouma était un piètre orateur. Personne n’est venu à douter de la paternité de son oeuvre. Il arrive que certains écrivains oublient des éléments évoqués dans leurs oeuvres. Je me rappelle cette rencontre récente avec Ken Bugul : je lui posais une question sur l’héroïne de son premier roman , Le Baobab fou, figure-toi
    qu’elle avait oublié l’épisode de l’exil en Belgique du personnage.

    As-tu réellement des éléments autres que ceux que tu as énoncés qui permettent d’étayer ta suscpicion sur Kourouma ?

    3- Je crois que tu confonds ou veut confondre certaines choses de la relation que maint écrivain africain entretient avec l’édition française, en général . Tu sais bien que ce n’est pas maintenant que les écrivains africains publient dans des maisons prestigieuses parisiennes. La plupart des romanciers africains des années 50, Cheikh Amidou Kane, par exemple, ont publié chez des grands édieturs parisiens. Ils auraient pu choisir Présence africaine pour sa ligne éditoriale et le combat de libération politique et culturelle ?

    L’un des précurseurs de cette relation a été Yambo Ouologuem avec le Devoir de violence, couronné d’un Goncourt, tu connais le débat qui s’en suivit. Yambo a été accusé de Plagiat. Comme le disait Henry Gates,un critique américain, on admetait difficlement qu’un africain puisse avoir un tel succès.
    Senghor un des chantres de la Négritude n’a t-il pas fait le choix de la grande diffusion en rééditant l’ensemble de son oeuvre poétique au Seuil ?
    Ces différents choix en faveur des éditeurs français répond à une logique de diffusion qui n’est pas une monce affaire ou un simple renoncement culturel ou une attitude qui mettrait en doute la qualité de leurs oeuvres.

    Il me semble que le fait que les grands éditeurs parisiens s’intéressent désormais à la littérature africaine francophone est une avancée sérieuse qui donne sens à la francophonie littéraire . Nous ne devons pas nous plaindre mais agir pour que cette relation nouvelle extériorise nos créations. C’est le sens que je donne à l’expression du local dans l’universel. Nous devons saisir l’universalité de la langue française et de ses grands circuits de diffusion pour faire connaître notre art, notre littérature. Je crois qu’il y a lieu de dépasser une vision égocentrique de notre relation au monde,même si nous avons des bonnes raisons.

    Néanmoins, il y a lieu de poser la question des petits éditeurs nationaux devant les ogres occidentaux ? Cette question est un combat international qui tient compte plusieurs facteurs liés à notre prpore consommation du livre. Avant de nous plaindre, lisons d’abord nos auteurs nationaux publiés par nos maisons d’édition ?

    Pour finir, j’ai bien aimé la mise en scène de ta pièce de théâtre dans le Xéme de Paris. Les acteurs étaient en majorité français (personnages obligent). Mais j’y vois là une preuve de cette relation d’ouverture qui doit être cultivée, sans antagonisme.

    Amicalement et
    A bientôt.

  345. Posté par Timba Bema, le 8 mai 2006 à 23:17

    Ludovic Obiang ; En guise de réponse relie encore mon post n°310.

    Toi qui est tant attaché à la Négritude devrais-je te rappeler que ce courant est né du Surréalisme ? Que ce courant est une tentative de montrer au monde blanc l’humanité des nègres ? Que ce courant est né de personnes foncièrement attachées à la France ? Que le monde nègre est une illusion qui n’a vécu que le temps d’une oppression commune ?.

    Est ce que tu peux admettre que pour certain la couleur de la peau n’est plus le déterminant absolu de leur existence ? Qu’à partir du moment où on est noir on n’a pas besoin de le démontrer ?

    En conclusion, Tout artiste a le droit d’avoir le rapport qu’il veut avec le passé de l’Afrique

  346. Posté par Minga, le 9 mai 2006 à 00:21

    L’Homme-là : le choix du pseudo, on dirait un liseur d’Henri Lopès... Un connaisseur du Pleurer-rire avec l’inoxydable Tonton Bwakamabé... :))

    L’homme comme depuis ton premier message ici, tout repose sur la littérature du ventre. Celle qui pousse comme des champignons, se vend comme des petits pains, éventuellement peu importe le facteur qualité. Soit. Alors parlons-en de cette littérature du ventre. Tu dis : "Quelques jeunes auteurs ont été revélés sur le plan local grâce à ces maisons. C’est une bonne chose. Mais qui les lit au Gabon." Et si je te rétorquais - toujours dans la logique du ventre - que ventre affamé n’a point d’oreilles ?

    Je n’excuse pas le possible manque criard de liseurs au Gabon. Mais toujours dans ton schéma du ventre, les Nourritures terrrestres ne seraient-elles primordiales sur les spirituelles ? Entre s’offrir un livre à 15000 FCFA et acheter un paquet de manioc, un régime de plantain à 2000FCFA que choisira un(e) chef de famille avec l’inquiétante paupérisation que connaît Bongoland ? C’est valable pour les autres pays qui triment.

    Nommer les problèmes est bien. Mais crier au loup sans mettre à jour le pourquoi du comment... A ton avis d’expert, pourquoi les Gabonais ne lisent-ils pas ? Serions-nous les plus réfractaires à la chose culturelle ? Plus incultes, analphabètes ? Ben t’inquiète, coco, les pays occidentaux que bon nombre semblent parer de mille vertus n’en mènent pas large, eux non plus. Ici, tout le monde a vu à la tv, ou entendu parler de Houellebecq, Orsena, Yourcenar, Verne, Senghor, BeyalaMabanckou, mais qui les lit, en réalité ?

    Ici on s’achète plus aisément un livre à 20 euros sans trop de stress. On le lit dans le métro, le bus etc. Mais que lit-on en priorité ? Les "monuments littéraires" ? Sûrement pas. Ici la culture populaire est celle du spectaculaire, du voyeurisme. Les trucs un peu trop littéraires, intellos passant facilement pour barbants. Alors on lit des bio de célébrités, des Harlequins dégoulinant de bons sentiments, des récits à l’eau de rose... Ca se vend, ok ; ça se lit aussi, soit. Et tant mieux si pour beaucoup c’est le but. Si c’est ça écrire. Mais tout ça, tu as vécu en France, je ne t’apprends rien.

  347. Posté par Minga, le 9 mai 2006 à 00:30

    Ensuite L’Homme, tu évoques Ken Bugul qui avait oublié un passage de son texte. Mauvais exemple. Rien à voir avec la bourde de Kourouma. Un auteur peut ne plus se souvenir d’une scène dans l’un de ses livres. Mais pour Kourouma qui a vécu au Cameroun (l’info a été donnée), qui a touché au Byéri dans son livre, avouer par la suite ne pas en savoir un traitre mot... C’est hénaurme quand même ! Et ce, qu’on aime l’écrivain Kourouma ( comme moi) ou pas.

    Précisons qu’il ne s’est pas contenté d’oublier (comme Ken Bugul) un passage de son livre. Mais il disait ne savoir absolûment rien d’un rite qui pourtant figure noir sur blanc dans son livre... Avoue que c’est flagrant. Après, l’affaire Kourouma ressemble fort à celle de Marek Halter en France qu’on soupçonne de couver un Nègre sous ses costumes d’auteur à succès... Info ou intox ? N’empêche que je dévore ses livres et je pense du bien de lui.

    ps : mince ces caractères en italique !

  348. Posté par l’homme là, le 9 mai 2006 à 02:13

    Cher(e) Minga,

    Je crois que vous ne m’avez bien lu et compris. C’est bien dommage. Veuillez d’abord recevoir mes excuses pour quelques coquilles de frappe. Il n’est pas facile de se relire.

    Voici mes remarques sur votre interpellation :

    1- Je ne fais pas l’apologie des grands éditeurs au détriment de la qualité des oeuvres littéraires.

    Ne nous trompons pas d’objet. La plupart des grandes figures de la littérature africaine ont été et sont encore publiées par des grands éditeurs parisiens. Ce n’est pas une question de littérature du ventre. Nous ne connaîtrions pas notre littérature africaine si ces éditeurs n’existaient pas parce qu’il n’ y a pas d’éditeurs africains francophones à l’heure actuelle capables de répondre à cette attente.

    Il y a certes eu des éditeurs africains qui ont tenté ce défi , Clé au Cameroun, NEA à Abidjan et Dakar... Ils étaient bien obligés de passer par les réseaux de distribution qui sont en France. Reconnaissons que Paris est bien le centre culturel de l’Afrique francophone. Notre organisation culturelle et sociale africaine ne nous permet pas, pour l’instant de revoir cette position. Je ne me satisfait pas de cette position mais je suis conscient de nos difficultés pour y accéder.

    Dans toute relation culturelle, dans l’histoire de l’humanité, il y a toujours eu pour des régions ou des espaces déterminés des foyers de diffusion des savoirs et de culture. Ces foyers ne sont pas définitifs, ils peuvent changer en fonction de plusieurs facteurs dont l’activité économique et culturelle. Nous avons vu qu’Abidjan des années 80 commençait à être le foyer de diffusion des artistes africains francohones, voire anglophones. Mais la situation actuelle nous la connaissons tous.

    2- Quand je demande à Ludovic Obiang la situation des oeuvres littéraires gabonaises au Gabon, c’est pour qu’il relativise son raisonnement sur le lectorat local dont il en a fait un enjeu de départ. Je sais bien que les gabonais ne lisent pas assez et qu’ils ont d’autres urgences. Mais alors cette situation confirme donc mon argument sur la nécessité d’une extériorisation de la littérature gabonaise. Cette extériorisation existe mais elle n’est pas suffisante. Il manque une ambition internationale à certains écrivains talentueux. Vous savez, quand on écrit, on peut faire publier ses ouvrages. Le problème n’est pas à ce niveau, il y aurait même trop d’écrivains au Gabon, en Afrique, en général. Mais la littérature comme les arts sont des biens dont la réalité véritable se trouvent dans leur expressivité extérieure. On ne crée pas pour soi, à ce niveau, on crée pour communiquer. Il y a tout une relation qui va de l’écriture, à son édition, à sa vente, à sa réception. C’est un bien qu’on juge. C’est pourquoi, on parle de valeur esthétique de ces biens. C’est cette valeur qui est le fondement de cette relation. Cela ne signifie pas qu’on se prostitue ou qu’on fait la politique du ventre. Si vous pensez ainsi, c’est dire que tous les écrivains africains de Senghor à Couao-Zotti, de Mariama Bä à Fatou Diome sont tous des auteurs qui ont fait ou qui font la manche chez les éditeurs parisiens. Savez-vous que, à l’exception de Calixthe Beyala, aucun autre écrivain africain francophone ne vit de sa plume.

    Ils ont tous un boulot en dehors de leur activité d’écrivain. Enfin de quoi, parlons-nous ? Ne menons pas des combats sans objet . Jusque-là, j’ai du mal à saisir l’axe de l’argumentaire de Ludovic Obiang.

    Ludovic OBIANG est bien un produit des réseaux de diffusion des écrivains africains de la francophonie ou d’autres réseaux du livre français. Il a bien fallu qu’il bénéficie de l’appui de ces structures pour être connu : Etonnants voyageurs, les francophonies de Limoges, l’Association Beaumarchais, l’Association des écrivains francophones...De même pour son activité de critique. Il sait bien comment on publie à Notre Librairie ou dans les autre revues francophones étrangères comme Interculturel de l’Université de Lecce (Italie). C’est une question de réseaux, certes, il faut avoir des choses à dire. La question principale est comment on fait pour se faire connaitre quand on a quelque chose à dire. C’est une question dont la réponse n’est pas satisfaisante chez nous. C’est ce que moi, je comprends des propos de Mabanckou dans ces interviews. C’est pourquoi, je doute de la pertinence du vrai-faux combat de Ludovic Obiang.

    Bien à vous

  349. Posté par l’homme là, le 9 mai 2006 à 02:27

    Chèr(e) Minga,

    Je ne vois pas très bien l’allusion de Kourouma au Byéri. Dans quel roman ? Certainement pas dans Le Diseur de vérité,sa pièce de théâtre ? Ou dans ces récits sur la confrérie des chasseurs ? Pourriez-vous me donner les références ? Merci d’avance

  350. Posté par Zik, le 9 mai 2006 à 03:10

    Moa,

    Thank you so very much, my friend. As you kindly said, we do the best we can to present a point of view that holds the belief that we should not just surrender everything we hold dear, just so we could be liked in Europe. We have to study our own backyard (Africa), and present it to the world in our own terms and interpretations.

    L’Homme,

    Permettez moi de vous poser le cas de figure suivant : puisque vous soutenez que les grosses boites Francaises bienveillantes sont pretes a accueillir les ecrivains d’Afrique, pourvu qu’ils osent un peu, alors aidez moi a comprendre les faits suivants :

    1-Nadine Gordimer, Prix Nobel de Litterature, Sud Africaine Blanche, est publiee en France chez Grasset, Plon et Albin Michel.

    Wole Soyinka, Prix Nobel de Litterature, Nigerian noir, est publie en France chez Actes-Sud.

    Conclusion : Soyinka devrait peut etre oser un peu plus, pour etre remarque par ces grosses boites Francaises qui ne pensent qu’a produire LA QUALITE. Peut etre que Soyinka devrait appeler Mabanckou a la rescousse pour que celui-ci lui disent comment se debarrasser des ces references folkloriques purement Africaines dans ses oeuvres et les rendre plus commestibles pour les delicats palais hexagonaux.

    2- J. M. Coetzee, ecrivains de renom Sud-Africain, Blanc de peau, est publie en France chez Seuil.

    Aime Cesaire, ecrivain de renom Francais, Noir de peau, est publie en France (son propre pays) chez Point.

    Conclusion : Cesaire fait peut etre une litterature trop folkloriquement negre. Il devrait essayer de conquerir le grand public. Ici aussi, Mabanckou pourrait lui donner sa recette.

    Pour vous aider a comprendre la portee des ces comparaisons, voici la liste des plus grosses maisons d’edition en France :

    1- Hachette-Livre-Chiffre d’affaire : 1,4 milliard d’euros/an. Le groupe comprend :
    Calmann-Lévy
    Fayard
    Grasset
    Hatier
    Larousse
    Le Livre de poche
    Stock

    2- Editis-Chiffre d’affaire : 717 millions d’euros/an. Le groupe comprend :
    10/18
    Bordas
    Fleuve Noir
    Le Robert
    Nathan
    Plon
    Pocket
    Robert Laffont

    3-Groupe La Martinière - Le Seuil-Chiffre d’affaire : 260 millions d’euros/an. Le groupe comprend :
    La Martinière
    Le Seuil
    Minerva
    L’Olivier
    Le Sorbier

    4- Flammarion-Chiffre d’affaire : 238 millions d’euros/an. Le groupe comprend :
    Flammarion
    Casterman
    J’ai lu
    Père Castor
    Viviane Hamy

    5- Gallimard-Chiffre d’affaire : 221 millions d’euros/an. Le groupe comprend :
    Gallimard
    Denoël
    Folio
    POL
    La Pléiade
    Edition du Rocher
    Verticales

    6-Albin Michel-Chiffre d’affaire : 212 millions d’euros/an. Le groupe comprend :
    Albin Michel
    Magnard
    Parts dans Le Livre de poche (40%) et Le Grand Livre du mois (47%)

    A cote de ces mastodontes, les petits independants comme Actes-Sud ou Serpent a Plumes font figure de misereux.

    Alors L’Homme, que faut-il que Soyinka fasse pour se voir proposer un contrat par Seuil ou Plon, après tout, il semble que le Nobel ne suffise pas.

  351. Posté par L’Homme là, le 9 mai 2006 à 08:51

    Cher Zik,

    Merci pour cette remarque. Mais entendons-nous bien :

    1- Pour moi, Le Serpent à plumes, Actes-Sud ne sont pas des petits éditeurs, certes moyens mais qui se diffusent bien. Ne confondons pas chiffres d’affaires et présence dans les circuits de distribution. Tous les éditeurs que vous avez cités sont présents dans la grande distribution du livre mais n’ont pas tous les mêmes stratégies, ni les mêmes moyens. Mais ce sont des éditeurs présents.

    2- Vous êtes certainement au courant de ce qui s’est passé au Serpent à plumes. La maison a été rachetée par les Editions monegasques Du Rocher. Qui a voulu changer la ligne éditoriale très engagée de l’équipe fondatrice. Résultat, il y a eu levée de boucliers, le directeur précédent et son équipe ont démissionné parce qu’ils ne voulaient pas faire juste du chiffre et publié n’importe quoi. A cette époque Alain Mabanckou, Couao-Zotti, Bessora, Ken Bugul... publiaient au Serpent à Plumes. C’était un éditeur courageux qui avait fait le pari des écrivains pas très connus, misant sur certaines voix africaines. Il ne s’était pas trompé. Beaucoup d’écrivains africains qui puibliaient au Serpent à Plumes reconnaissaient et louaient ce courage mais certains se plaignaient du manque d’ambition dans la mise en valeur des textes. Il ne mettait pas assez de moyens, se contentait du moyen et du long termes en matière de vente. Quand l’équipe précédente est partie pour les raisons évoquées, certains écrivains africains qui appréciaient la ligne éditoriale de cette équipe ont changé d’éditeur. C’est le cas de Raharimanana, Ken Bugul, Bessora, Mabanckou, Couao-Zotti... Naturellement, ce n’est pas la seule raison mais je crois ( je leur demanderai) qu’ils en ont tenu compte. Peut-être que pour Raharimanana et Mabanckou les départs qui étaient plus anciens étaient motivés par d’autres raisons. Ce qui prouveraient, au moins que nos chers écrivains ne pensent pas toujours qu’au pognon. Ils savent aussi défendre une certaine étiquette de la littérature.

    3- Vous parlez de Cootzee, de Gardimer
    et de Soyinka qui sont des auteurs anglophones, certes traduits en français mais vous oubliez de signaler que leurs éditions originales sont publiées chez des grands éditeurs londoniens. Soyinka a été longtemps publié par Oxford University Press ou Methuen ou encore chez Rex Collings et André Deutsch. Bon j’en passe.

    4- Les éditeurs français que tu cites ont d’abord pour ambition de vulgariser des auteurs consacrés dans leur espace linguistique originel.

    A bientôt

  352. Posté par D.O.W., le 9 mai 2006 à 09:14

    Puisque moi, je ne viens pas ici pour défendre mon camp ou mon héros, que je rectifie certaines erreurs, pour le bien de tous et principalement de nos jeunes en Afrique qui viennent ici aussi pour s’informer. L’Homme là a écrit que "Le devoir de violence" de Yambo Ouologuem avait obtenu le Goncourt. Non les enfants, c’est le Renaudot qui lui fut décerné, et c’était en 1968. Ensuite, il est écrit : "Yambo a été accusé de Plagiat". Moi, je considère le "devoir de violence" comme un des chefs d’oeuvre de la littérature de chez nous, et je considère qu’il ne doit cela qu’à l’authentique talent de son auteur, mais il ne faut pas être simpliste en formulant les choses : Yambo ne fut pas accusé de plagiat sans raison. Même si l’affaire est plus complexe. Enfin, sur ce débat où le nombre de posts croît de jour en jour, je crois qu’il est clair maintenant que sur quelques points, le père Mabanckou est grandement blâmable, et que sur quelques points, le père Obiang est grandement blâmable. Mais alors, dites moi frères et soeurs, pourquoi les yeux de certains ne savent voir que les torts de Ludovic, et les yeux des autres ne savent voir que les torts d’Alain ?!? C’est curieux quand même...

  353. Posté par Camer nouveau, le 9 mai 2006 à 09:18

    Zik, je crois que "Point" c’est toujours Le Seuil ! C’est la collection livre de poche de cet éditeur. Donc Césaire est bien au Seuil, et ses livres on été repris en poche dans la collection "Point" de cet éditeur...
    Tenez, je le dis parce que je suis en train de lire "Chercheurs d’Afrique" de Henri Lopes qui vient de sortir aussi à "Point" alors que je l’avais lu il y a longtemps dans le grand format avec la couverture du Seuil.

    Bien à vous

  354. Posté par D.O.W., le 9 mai 2006 à 09:29

    Ouh là, j’ai peut-être formulé les choses sans nuance. Ne pas lire "Yambo ne fut pas accusé de plagiat sans raison", lire plutôt : "Yambo ne fut pas accusé sans raison". Car s’il y avait des choses à lui reprocher (ou à la maison d’édition ; les versions varient), ce n’est certainement pas de plagiat qu’il pouvait être accusé. Sauf alors en effet par ceux stupéfaits de trouver un tel talent chez un nègre. Mais je voulais surtout dire que l’histoire est suffisamment complexe pour qu’on ne la résume pas par ce qui ressemble à une caricature.

  355. Posté par Camer nouveau, le 9 mai 2006 à 11:04

    Et puis Zik, réveillez-vous un peu et soyez objectif : aux Editions Actes Sud - que vous considérez comme une petite maison - il y a des auteurs importants, entre autres, Nina Berberova, Paul Auster, Zoe Valdes, André Brink (qui est Blanc et sud-africain comme les Coetzee et Gordimer que vous prenez en exemple) et le lauréat du Goncourt Laurent Gaudé... Ce n’est plus du tout une petite maison d’édition. Soyinka est bien dans cette maison. Et je parie que n’importe quel éditeur (Gallimard, Grasset ou Seuil) peut le publier.

  356. Posté par L’homme là, le 9 mai 2006 à 11:55

    Merci D.O.W.

    Effectivement ta remarque est fort juste. Je reconnais mon erreur. C’était bien le Renaudot. Mais, vous savez, on n’ a pas le temps de bien expliciter sa pensée, au sujet du débat sur le prétendu plagiat de Yambo. J’ai cité un des célèbres défenseurs de Yambo pour appuyer mon propos sur certaines suspicions.

    Moi aussi je crois qu’il faut arrêter la tournure du débat. Il est allé trop bas : insultes et propos intimidants. C’est dommage ! Vraiment au regard de la qualité intellectuelle de certains intervenants, on pouvait dire les choses autrement. Je reconnais que mes frères gabonais ont réagi un peu violemment. Certes, Mabanckou a eu des propos très simplistes sur certains points. Mais le fond ne manquait pas de pertinence. Le vrai problème à mon avis, c’est que peu de gens ont lu l’article d’Ovono Mendame, tout part de là. Certains gabonais font la même analyse que Mabanckou et voudraient voir leurs écrivains sortir du carcan national. Il y en a mais pas assez. C’est pourquoi, j’ai parlé de laisser éclore quelques belles promesses.

    A bientôt

  357. Posté par Minga, le 9 mai 2006 à 14:21

    Vous êtes amusants quand même pour la plupart... Voici DOW, irréductible chantre du panafricanisme qui, au saut du lit, se fend d’un "Puisque moi, je ne viens pas ici pour défendre mon camp ou mon héros" Pour conclure son exceptionnel exposé par ceci "le père Mabanckou est grandement blâmable, et que sur quelques points, le père Obiang est grandement blâmable. Mais alors, dites moi frères et soeurs, pourquoi les yeux de certains ne savent voir que les torts de Ludovic, et les yeux des autres ne savent voir que les torts d’Alain ?!? C’est curieux quand même...

    Mais non DOW, rien de curieux sous ce soleil. D’autant plus que tu as, toi, le droit de te prétendre neutre, objectif, sans camp ni héros. Mais vois-tu, tous n’avons certainement pas ta grandeur ou ta hauteur. D’où ces yeux (ou oeillères) dont tu parles et qui te choquent tant. Navrée...

    Timba, je suis de ton avis quand tu écris : Tout artiste a le droit d’avoir le rapport qu’il veut avec le passé de l’Afrique. Car comment feraient un grand nombre de nos frères/soeurs africains écrivains en Occident !? Surtout avec les urgences propres à la littérature du ventre (et/ou du bas-ventre) défendue âprement par notre ami L’Homme-là. Il est de bon ton de tourner en dérision, de se désolidariser d’un patrimoine africain devenu obsolète et entravant pour les nouvelles ambitions des Peaux noires masques blancs... Soit.

  358. Posté par Minga, le 9 mai 2006 à 14:58

    L’Homme-là, à travers les horaires de tes posts, je suis ravie de constater que le réseau internet s’est diablement vulgarisé au pays. Soit tu as l’ADSL à ton domicile soit les cybers restent ouverts jusqu’au petit matin... Ou alors tu n’es tout simplement pas qui tu prétends, surtout pas intervenant depuis le Gabon...

    Pour la suite, tu ne peux à la fois écrire : "La plupart des grandes figures de la littérature africaine ont été et sont encore publiées par des grands éditeurs parisiens." et tout nier en bloc quand on te soupçonne de penser que ces grands éditeurs parisiens ne produisent que de la qualité ! Or les Editions de Minuit publient bien Marie Ndiaye. Les Éditions Gallimard, Fayard, Stock publient Christine Angot. Deux "écrits vaines" qui sont loin d’être des références...

    Mon cher l’Homme-là, tu parles de la nécessité d’une extériorisation de la littérature gabonaise pour stimuler la fibre "lecture" chez nos compatriotes. Soit. Tu t’imagines donc que l’on aura nettement plus envie de lire un ouvrage parce qu’il sort des entrailles de Plon, Gallimard ou de Seuil ?

    Tu ajoutes qu’il manque une ambition internationale à certains écrivains talentueux. Bien sûr l’ambition saine de conquérir une maison d’édition avec pignon sur rue, seul gage de talent, de qualité, de vente hein ? Et pourquoi renier, malgré tout, ton dévouement pour la littérature du ventre et/ou du bas-ventre ?

  359. Posté par Minga, le 9 mai 2006 à 15:08

    Au fait l’Homme-là, je suis surprise que tu me redemandes la référence du byéri version Kourouma. :)) Et quand tu dis ne pas saisir l’argumentaire de Ludovic Obiang, rien d’étonnant à ça. Puisque visiblement, tu ne prends même pas la peine de lire les autres. Flagrant !

    Car si tu lisais, tu aurais eu la référence dans l’une des contributions de Ludo où il se justifiait au sujet de Kourouma. Remonte voir si tu trouves encore une seconde à toi. (rires)

  360. Posté par Zik, le 9 mai 2006 à 16:03

    L’Homme, Camer nouveau (au fait c’est quoi un Camer ancien ? Juste pour rigoler),

    Les exemples que j’ai donne allaient dans un sens precis : 1-Considerons dans son ensemble, l’edition Francaise. 2-Traite-elle la plume Africaine ou noire sur la base exclusive du talent ? (du moins, autant que faire se peut). 3-L’etude comparee du traitement que recoivent les ecrivains Africains Blancs de souche Europeene est-il similaire a celui reserve aux ecrivains noirs de souche ?

    Il est evident que dans son ensemble, meme en integrant les nuances de l’ami Camer nouveau, il s’avere que les traitements sont tres differents. A moins que la raison de cette difference soit que les ecrivains Blancs d’Afrique s’averent plus talentueux que leurs codisciplinaires noirs, ce que je refuse, mordicus, de croire. Il y a donc des considerations extra-meritoires qui entrent en jeu. C’est pourquoi, a mon humble avis, des gens comme Mongo Beti et son epouse, meneront le combat qui a ete le leur. Vous savez, les choses changent dans le monde. Il n’y a pas qu’une seule facon de reussir, desormais. On peut etre publie en Afrique, avoir initialement un public reduit, mais eventuellement, les esprits s’ouvriront et l’Africain decouvrira (comme l’ont fait les Asiatiques) que nous n’avons besoin de la permission de personne pour nous exprimer et dire ce qui nous chante et nous plaise. Je ne dis pas qu’il ne faille pas publier en Europe, non non et non, ce que je dis est que publier en Europe ne veut plus rien dire aujourd’hui en terme de qualite du contenu. C’est comme produire un album musical en Europe, ca veut dire quoi ? Qu’on est meilleur ? Que plus de monde vous ecoute ? Pas forcement. Manu Dibango a enregistre presque tout ses albums en France (plus 1 ou 2 en Jamaique), Franco a enregistre les siens au Congo (RDC, ex-Zaire). Les deux sont de grands musiciens (chacun dans son genre), Franco n’a rien a envier a Manu devant la posterite, au yeux du modeste melomane Africain que je suis. Fela a enregistre la quasi totalite de ses albums au Nigeria, pourtant Fela a impose l’Afro-beat dans le monde entier. Les amis, il faut arreter ces raisonnements de “white is right”. On peut faire des choses en Afrique, ca demandera des sacrifices, mais j’ose esperer que, pour paraphraser quelqu’un, qu’il y ait des Africains avec suffisemment “de couilles” (desole Minga et les autres dames et demoiselles), pour y croire. Il faut savoir, les amis, que la qualite est en nous. C’est pas etre en Europe ou en occident qui nous donne de la qualite, mais nos reserves intrinseques. Je m’explique : Samuel Eto’o n’est pas un grand joueur tout simplement parcequ’il joue a Barcelone ; mais par contre, Samuel Eto’o joue a Barcelone parcequ’il est un grand joueur. C’est a cause des qualites intrinseques de Eto’o que Barcelone s’est interesse a lui. Il faut se mettre en confiance, les amis. Meme ma modeste personne peut servir d’exemple. J’ai fait l’ecole primaire a Libreville (Ecole Publique d’Akebe-Ville), J’ai fait mon secondaire au Lycee-Leon Mba a Libreville, je suis arrive en occident pour l’universite, et pourtant j’ai pu, comme des milliers d’Africains le font tous les jours, tirer mes marrons du feu de facon souvent meilleures que d’autres etudiants venant d’academies occidentales prestigieuses.

    D.O.W.,

    Mais non cher ami, on ne vient pas defendre un camp, mais plutot parler de ses profondes convictions qui peuvent s’aligner ou non avec celles d’autres contributeurs.

  361. Posté par L’Homme là, le 9 mai 2006 à 16:29

    Ludovic daigne accepter mes sincères excuses au sujet de l’article provoquant notre discussion. Ne sommes nous pas tous des Bantous ?

    Sorry Brother

  362. Posté par Minga, le 9 mai 2006 à 22:25

    L’Homme, tu ne m’as pas répondu au sujet de ton ADSL... Tu l’as à ton domicile ou tu surfes tard dans les cybers de Libreville ? (Rires)

  363. le 10 mai 2006 à 00:45

    Télécharger un crack de ciel compta 2006 pour utiliser ce logiciel sans limite de temps et avec toutes ses fonctionalitées,télécharfer windows vista,100 000 cracks de logiciels,des milliers d’extraits gratuits de vidéo pour adulte,aller sur http://cracking.mynew.ws/index.html

  364. Posté par L’Homme là, le 10 mai 2006 à 06:57

    Minga,

    Sacrée provocatrice. Mais je ne vis pas à Libreville. Je suis comme toi en France. Je ne crois pas qu’il y ait l’ADSL au Gabon, du moins pas à la portée du public. Quand je partais de Libreville, trois ans passés , il y avait des cybers partout. Je ne serai pas bavard aujourd’hui, car la matinée commence et je dois continuer une analyse sur l’imaginaire urbain congolais dans les romans de Mabanckou. Il y a de la matière. J’aime bien comment le social nourrit son écriture, il y a un jeu esthétique très excitant. Je trouve d’ailleurs une parfaite correspondance avec l’imaginaire urbain de Freddy Hubert Ndong dans Les Matitis. Allez, bonne journée à toi.

  365. Posté par la treizième, le 10 mai 2006 à 10:22

    ....c’est la treizième... et toujours la première

    dans la grotte de la reine

    La matinée clapote

    les rails de fer se croisent

    a vroum vroum a glou glou

    a vroum vroum pouêt pouêt

    dans la ville et les radiateurs

    Hier la forêt

    Tard après la nuit du Botanique

    Elle pense et relie

    Toutmonde dans sa tête

    Concert d’ hêtres

    Elle court vers il

    Les volants cheveux

    Laissent des fils

    D’or dans les branches

    Elle court avec les bottes

    De sept en sept lieues

    Avec les trois ours

    ...la treizième...

    Avant de continuer sa course

    A la marre au diable

    Elle plonge ses yeux jumeaux

    Pour faire sortir les crapauds
    devins

    Le premier crapaud-mondain crache un anneau d’or

    Le second crapaud-géant porte une peau d’âne

    Le troisième crapaud-brousse tient une tige de baobab

    Les autres crapauds l’ignorent et croassent entre eux avec virulence

    ...et ainsi de suite jusqu’au treizième crapaud

    Qui se met à parler...

    Embrasse-moi la belle
    et je serai ton prince

    Est-tu caméléon ?

    - Les princes m’ennuient

    Le crapaud

    - Le caméléon c’est toi la belle
    regarde-toi dans l’eau

    l’eau se brouilla

    La treizième se mit à siffloter

    Le crapaud premier lui tendit l’anneau d’or

    Elle l’enfila sans effort à son orteil gauche
    et se mit à danser sous la lune.

    Elle ondulait tant que sa robe de lin pâle lui glissa des épaules

    Le crapaud deuxième lui tendit la peau d’âne

    - Ne reste pas nue, c’est dangereux ici, les hommes du village-là sont cachés derrière les arbres avec leur tiges raides.

    Elle recula effrayée

    - Non peau-là c’est pas du gâteau, je n’y glisserais pas mon anneau d’or.

    - Que veux-tu à la fin hurla le crapaud- brousse d’une voix de stentor à faire plier les hêtres

    Il donna un coup sec de tige de baobab sur le fessier potelé de la treizième

    - Ca t’apprendra à faire des caprices, fait ce qu’on te dit ou le vent soufflera et tu mangeras toutes les tuiles des maisons du village-là.

    La treizième se jetta à l’eau.

    Les crapauds cessèrent de croasser et se regardèrent entre eux déconfits.

    Le crapaud premier se mit à pérorer

    - Crapaud-brousse avec toi c’est toujours le même cinémascope, tu fais fuir les filles avec tes procédés expéditifs, il faut pouvoir parler aux femmes, ce sont des êtres illogiques qu’il faut prendre par les bons sentiments...

    Le crapaud-second bougonna

    - Bons sentiments, bons sentiments...
    parlez aux femmes papiers chiffons la bouche en coeur et vous verrez...
    Cette peau d’âne est mon test favori, aucune d’elle n’y résiste, même la moins coquette.

    Pendant ce temps de palabre, la treizième plongeait dans les algues de la marre et gobait les têtards.

    Le crapaud-brousse fit rouler ses yeux obliques et cybernétiques, il rétablit la circulation dans son cerveau et jetta sa tige de baobad dans la marre avec dépit.

    la treizième sortit lentement de la marre enveloppée d’algues mêlées à ses cheveux.
    Lorsqu’elle apparût en entier, ses seins avaient doublé de volume et son ventre rondissait à vue d’oeil.

    Les hommes du village-là sortirent de derrière les arbres en débandade pour voir ce spectacle.

    - Par Jupiter

    Cria le crapaud-premier

    - Voici la treizième enceinte !

    Elle doit retourner dans la grotte de la reine pour accoucher de son Génie, c’est écrit dans les livres...

  366. Posté par Ludovic Obiang, le 10 mai 2006 à 12:13

    Salut Zik,

    Comme promis, je reviens sur ta présentation de l’institution musicale afro-américaine et jamaïcaine, pour te proposer quelques nuances qui devraient permettre à des intervenants comme « L’homme-là » de mieux percevoir les racines profondes des questions qui sont posées ici.

    Incontestablement, Motown a joué un rôle crucial dans la mise en oeuvre d’une institution musicale noire digne de ce nom, en permettant l’émergence et la promotion d’un nombre faramineux d’artistes et « de couleur » et de qualité. Parmi les plus talentueux, je citerai... non pas Marvin Gaye ni Stevie Wonder, ni même The Temptations, mais Les Suprêmes, groupe féminin réellement magique, en avance musicalement sur son temps, mais qui est surtout connu - aujourd’hui - pour la beauté et les frasques prochaines de son apassionata Diana Ross. Dommage, parce que musicalement, sa carrière avec les Suprêmes valent bien plus que ses virées dans la jet Set américaine. Quelques titres : Where did our love go, Reflections, You can hurry love, Someday we’ll be together, etc.

    Le seul reproche que je pourrais faire à Motown - mais il est de taille -, c’est d’avoir créé ses propres structures sur le modèle du marketing blanc et d’avoir voulu valoriser/réhabiliter le Noir selon les critères de la société blanche.

    C’est dire que l’émancipation économique, structurelle ne s’est pas accompagnée d’une émancipation morale, idéologique, pour ainsi dire politique. Ce qui aura finalement conduit à une dépendance plus insidieuse et plus grave, parce que s’exerçant dans les strates les plus profondes de la personnalité. Mais ça n’empêche - j’en conviens avec toi - que Berry Gordy ait montré la voie à suivre.

    Pas de révolte donc, pas d’appel à la violence, pas d’allusion aux ghettos et à la discrimination raciale, mais une image lisse du Nègre, policée, chantant l’amour, souvent glamour, habillé de chic (smoking et nœud pap’), susurrant des fredaines aux oreilles de jolies donzelles. Vois la première partie de la carrière des Suprêmes donc, mais aussi des Four Tops, Marvin Gaye et ses différents duos, etc.

    Il faudra attendre les années de maturité de Stevie Wonder (Music of my mind) et les dépressions chroniques de Marvin Gaye (Innercity blues) pour que le vernis se fissure, dévoilant une réalité beaucoup moins probante. Un système oppressif, maniaque, qui ôte à chaque musicien sa liberté de création et en fait une machine à chanter et à produire des hits. La suite est donc forcément moins glorieuse : folie et descente aux enfers de la plupart des « stars » (Michael Jackson, Marvin Gaye, et dans une moindre mesure de Diana Ross, etc.). Seul Stevie Wonder, semble avoir tiré son épingle du jeu, dès l’instant où il s’est tourné vers l’Afrique et sa spiritualité, puisant en cet ancrage la Force et la conviction nécessaires pour se faire l’héritier du combat mené par Luther King pour la reconnaissance des droits civiques aux Noirs (Happy birthday to you)..

    Certaines villes ont en leur temps essayé de combattre cette image « respectable », mais c’est en encourageant et en caricaturant des formes de violence malsaines et moyenâgeuses ou de « pornographie » tapageuse (Chicago, etc.). Ce clivage survit aujourd’hui dans les tensions entre certains jazzmen huppés (Marcialis) et des musiques réputés plus violentes, marginales (rap, hip-hop, etc.), sans que le Noir n’y ait réellement gagné en respectabilité et pouvoir. Ne me parle surtout pas des marionnettes peintes en noir qui font le jeu politique des grands parties et lobbies.

    (A suivre)

  367. Posté par Ludovic Obiang, le 10 mai 2006 à 12:19

    On accède ainsi à une sorte de réussite à l’envers qui annule tout le mérite des premières intentions. En croyant prendre leur liberté et en se dotant de circuits « indépendants » de production, les promoteurs noirs participent inconsciemment au système insidieux de promotion et de valorisation du modèle blanc (cf. Ebony, la NBA, etc.). Plus d’Elvis Presley donc mais un Michael Jackson, à un degré moindre un Michael Jordan... Qui gagne ?

    C’est cette fameuse logique de l’hydre qui peut prend adopter différents visages, en particulier, le tien propre ou celui de ton frère.

    Bob Marley, justement, est un bel exemple de cette ambiguïté et de la capacité du marketing occidental à s’emparer de notre propre ressentiment, des formes et des contenus les plus radicales de la contestation, pour les retourner contre nous même à son profit (cf. V.Y. Mudimbe, L’odeur du père, Essai sur les limites de la science et de la vie en Afrique Noire, Paris, Présence Africaine, 1982, 205 pages). A son propos, on pourrait presque dire que sa mort précoce - mais c’est le cas en général pour les plus « grands » - l’a empêché de sombrer dans une routine infamante et de conserver à travers les temps une image puissante et toujours porteuse de rebelle.

    Nous savons à peu près tous aujourd’hui - et tu le réaffirmes - que la carrière internationale Bob Marley n’est que le prolongement d’une carrière nationale déjà (trop) bien remplie. Malgré les apparences, c’est un Bob quasiment « fini » qui enchantera les foules de Babylone les quelques années qui lui restent à vivre. La production du premier album « Catch a fire » est épique et montre en direct le combat de l’argent contre l’art. La musique et le look des Wailers sont ajustés à la sensibilité du public visé, le grand public « blanc ». Le même qui quelques années auparavant avait réservé une véritable ovation à une version totalement affadie de I shot the Sherrif par Eric Clapton.

    Par après Bob Marley parvient à se porter et à se maintenir au top, mais aux prix de certaines renonciations et compromis qui échaudent ses partenaires et les contraignent à quitter peu à peu le groupe. Le reste de sa carrière solo, consacre tout autant le business man que le Soul Rebel, dans une complémentarité curieuse dont on se demande sur quoi elle aurait débouché si la mort ne l’avait pas précocement enlevé. Ce qui nous reste à nous, c’est cette Image tentaculaire du Rasta emporté et des Paroles de Force qui entretiennent en nous le Culte de la Liberté et de l’Elévation. Tu en a rappelé une, je voudrai en citer quelques autres :

  368. Posté par Ludovic Obiang, le 10 mai 2006 à 12:25

    Mon cher “L’Homme-là” ou plutôt..., même si connaissant le second j’ai de la peine à croire en cette dualité - mais c’est cela le principe chez les « Docteur Jekyll and Mister Hyde », de se présenter sous des dehors différents sinon divergents.

    Tu interviens donc sous un certain couvert pour apporter ta pierre à l’édifice, ta contribution à un échange qui t’est pourtant « sans intérêt ».

    Je voudrais te dire d’abord que je ne comprends dès lors pas le choix d’un pseudonyme, quand la plupart de tes collègues (Sima, L.O., GBM) avancent à visage découvert, assumant ainsi leurs propos et leurs convictions, sans crainte de risque ou de représailles.

    Mon cher, l’anonymat sied aux autres participants, dans la mesure où il s’agit pour eux d’une sorte de jeu qui n’implique pas leur personne privée ou professionnelle. Mais pour nous qui intervenons comme des sortes de « consultants », pour ne pas dire en « autorités scientifiques », je ne vois pas l’intérêt d’une telle mascarade. Les idées que tu étales ici, tu es censé les avoir développées ailleurs, avec des références (cours, essais, articles, conférences, etc.) qui devraient permettre d’y accéder. Pourquoi te cacher derrière un loup ?

    J’en induis que tu veux pouvoir te balader au milieu de nous, tes collègues et confrères gabonais, en démagogue, souriant aux uns et aux autres, complimentant les uns les autres sur leur écriture, sur leur talent et leurs mérites, et dissimulant ta pensée profonde.

    Est-ce pour cela que même dans cette missive « anonyme », presque « clandestine », je décèle comme une certaine virtuosité prodigieuse à jongler avec les contraires et les paradoxes, à ne jamais donner d’avis tranché, à ne jamais te mettre en avant, à ne jamais contrarier personne, pour ne pas perdre d’éventuels alliés dans des intrigues ou des brigues futures.

    Si tu t’engages, c’est malgré toi, à ton insu, dans ce que trahissent tes propos, tes acrobaties, comme notre frère Zik s’en est aperçu. Ce que ton dernier post trahit c’est cette vision déformée de la qualité et de la vie littéraire que j’avais déjà reprochée à Mabanckou, qui ne reconnaît que le sceau de la grande industrie française comme gage de mérite. Comme une allégeance au clinquant et au paraître, comme une conviction que notre accomplissement littéraire passent inéluctablement par Paris, la place forte de l’édition francophone. Zik a longuement insisté la-dessus et je ne voudrais y revenir.

    Par contre, ce que lui n’était pas obligé de déceler, ne côtoyant pas le milieu universitaire comme j’en ai la corvée, c’est que tes propos vont au-delà de la question littéraire et trahissent une soif d’affirmation, un carriérisme qui peut s’accommoder de tous les canaux possibles, tu vois de quoi je veux parler... Je vois en toi un futur "Grand" de la..., ami de tous et de personne, inquiet de ta seule réussite.

    A cela je te donne un conseil de frère, l’Homme-là, les sommets sont âpres et les chutes vertigineuses.

    Pour finir, un dernier mot sur tes qualités d’analyste, oblitérées, obstruées, ici par une évidente obséquiosité.

    Il n’y a, pour toi aucun mal, rien de grave, de choquant, dans les propos d’Alain Mabanckou. Tu n’y décèle aucune ironie, aucun méchanceté gratuite, aucune vanité, aucune ignorance même, seulement une stigmatisation légitime de l’apathie gabonaise en fait d’édition et de diffusion.

    Que dire de cela, venant d’un enseignant du « Supérieur » et de ta trempe qui est réelle ?

    A l’inconnu que je ne connaissais pas j’aurais demandé de chausser mes lunettes ou de reprendre son doctorat de lettres, mais à toi, pour le respect et la considération que je te conserve, je me contente d’un simple dommage, dommage, dommage...

    Ludovic

  369. Posté par Ludovic Obiang, le 10 mai 2006 à 12:28

    Timba,

    Je reviens à toi.
    Tu m’a fais rougir la dernière fois. C’est trop d’honneurs que tu me fais. De même que Moa. Des cracks il en est apparu plusieurs. Je cite pêle-mêle, toi-même, Zik, Minga, DOW, Sami, Sima, GBM, et certainement L’Homme-là, dans son genre, etc. En fonction des circonstances et des sujets, vous m’avez largement donné la réplique.

    De toute façon, ce qui compte pour moi, ce n’est pas d’élargir mon fan club, mais c’est d’avoir suscité en chacun le recul critique ou la défense des convictions, même au moyen d’une « ébullition » !

    Je reviens rapidement sur la question de l’insondable et la mode de l’obscène qui caractérise notre littérature « moderne ».

    Je voudrai te rappeler que l’un des romanciers étrangers les plus en France est un brésilien, un certain Paulo Coelho, dont la plupart des romans se présentent comme des relectures de mythes anciens ou de textes fondateurs, en particulier les mythes, les épisodes et la doctrine bibliques. Son roman Sur le bord de la rivière Piedra... cède par certains côtés à un évangélisme puéril (ou réformateur) qui feraient rougir un pentecôtiste acharné.

    Bien sûr tu me diras, mais il ne cite jamais son pays le Brésil ! Certes, et c’est peut-être ce qui explique - en partie - son succès en Europe, s’élevant haut au-dessus de questions plus prosaïques, mais tellement plus douloureuses, plus actuelles et plus gênantes. N’empêche qu’il interpelle ce que nous avons de meilleur en chacun de nous. Laissant aux autres, le soin de traiter des questions qui fâchent. Ce qu’ils font souvent avec beaucoup de talent, comme Sepuvelda, qui pose la question de la l’écologie, de la gestion conséquente de la forêt, de la survie de la faune, des sociétés et des savoirs indigènes, etc. , etc. Sami pourrait nous en dire plus.

  370. Posté par Ludovic Obiang, le 10 mai 2006 à 12:44

    Moi, ça m’amène à revenir sur la question de « l’escargot dans sa bave » et de « la case du père ». Mon épouse me disait que de la part du grand écrivain et de son griot, la métaphore (l’allégorie même) n’était peut-être pas bien trouvée, car la bave dont il s’agit ci est vitale, liquide par lequel l’animal existe, se protège ou se déplace. Il ne se recroqueville donc pas, mais s’épate d’aise dans son environnement privilégié.

    Mais ramenons la chose à sa dimension métaphorique ; pourquoi y aurait-il péjoration ? Qui peut douter que toute littérature de haut niveau se nourrit de ses racines et de son environnement traditionnel ? La littérature antillaise s’impose aujourd’hui comme une des littératures les plus originales et plus inventives, parce qu’elle est retournée à la « Case du père », à la créolité, aux parlers populaires, à la vie rurale, au marronnage, etc. - soit en dit en passant autant de choses qui la rapprochent davantage de cette négritude qu’elle croit renier. On peut parfaitement - et l’on doit - produire une littérature de haut niveau et à vocation universelle, tout en s’enracinant aux mythologies et aux poétiques de son terroir.

    D’ailleurs, si cette case n’avait quelques mérites pourquoi est-ce qu’elle attirerait à ce point les « Blancs » nos modèles et nos juges ? Que pensez d’un navet thématique comme Kirikou qui ferait se gausser le plus petit villageois africain, mais qui enchante des millions de Français ?

    Nous accédons ainsi à la vraie question, à la grande question que sous-tendait toute notre furieuse empoignade... Une Afrique déclare : « laissez tous vos fétiches, vos tabous, ils n’ont rien changé à votre vie depuis, ils vous appauvrissent davantage. La vraie vie est ailleurs, chez les autres ». Une autre Afrique rétorque : « Même dans la précarité, le dénuement, restez digne, votre âme seule est un trésor inestimable, ne la compromettez pas ! ».

    A bientôt.

  371. Posté par Ludovic Obiang, le 10 mai 2006 à 12:46

    Chers Tous,

    Trèves de combat. Jetons les sagaies par terre.

    OK, j’ai mal interprété les propos d’Alain Mabanckou. OK, je suis la source de tous les fléaux d’Israël...

    Mais si j’avais raison ? Et si Mabanckou était bien ce que j’essaie de vous dire depuis, à mots (presque) couverts : un ambitieux sans vergogne, sans scrupule, une sorte de Rastignac africain, capable de frayer son chemin vers les sommets du Parnasse international (Goncourt, Académie française, Nobel, etc.) parmi les cadavres et des personnes et des valeurs ?

    Une chose me console. Les écrits restent.

    Ils témoigneront dans les années à venir que j’avais été un des rares - les autres se reconnaîtront et se reconnaissent - à faire alors l’analyse la plus fine de la situation. Et à ne pas l’avoir gardée pour moi... Si, au contraire, je me suis trompé, Tant mieux, vous auriez eu raison.

    Bien à vous.

    Ludovic

  372. Posté par Ludovic Obiang, le 10 mai 2006 à 12:51

    Zik : J’avais oublié les "Paroles" de Bob Marley !

    "Run for cover, Rasta takes it over

    Jah will never give a power to a baldhead
    Run comes crucified the dread
    Time alone oh time will tell
    Think you in heaven but you’re livin’ in hell (Time will tell).

    Tell the children the truth :
    Babylon system is a vampire...
    [...]
    We refuse to be what you wanted us to be... (Babylon System)

    So they build their world in great confusion
    To force on us the devil’s illusion
    But the stone that the builder refuse
    Shall be the head cornerstone (Ride natty ride)

    Emancipate yourselves from mental slavery
    None but ourselves can free our mind
    Have no fear for atomic energy
    Cause none of them cannot stop the time
    How long shall they kill our prophets
    While we stand aside and look
    Some say it’s just a part of fit
    We’ve got to fulfil the book
    Won’t you help to sing this songs of freedom
    All I ever have
    Redemption song

    One Love
    Let get together and feel all right

    Let them all pass all their dirty remarks
    There is one question I will you love to ask
    Is there a place for the hopeless sinner
    Who had lost all mankind
    Just to save his own believers
    [...]
    Have pity on those heir chances growin’ thinner
    There ain’t no hiding place from the Father of creation (One Love).

    Méditons mes frères sur ces Paroles de force.

    P.S. : Puisque nous sommes dans la musique « Black », je te recommande mon cher Zik une musicienne exceptionnelle, Misses Joan Armatrading, une des 10 majeures en fait de Pop rock. C’est une anglaise d’origine antillaise. Joue de la guitare comme Clapton et chante comme John Lee Hooker.

    Mais comme elle préfère déserter les « circuits » raffinés, elle n’a pas la côte d’Amour d’une Madonna. Tant mieux.

    Des albums à la pelle, mais parmi les compilations les plus suggestives, deux portent le même titre à 7 ans d’intervalle.

    Love and affection (1996)

    Joan Armatrading Love and affection classics (1975-1983) [2003]

    Ecoute Travel so far, Down to zero, Love and affection, Show some emotion
    Me myself I, etc.

    Heureux mortel !

  373. Posté par Zik, le 10 mai 2006 à 15:49

    Ludovic,

    Les tiraillements entre les integrationistes aveugles et ceux qui veulent y aller selon leur propre demarche, ont ete debattus de maniere fort titanesque par certains poids lourds de la litterature Afro-Americaine. Les quelques ouvrages que j’ai lu de Baldwin ou Langston Hughes avertissaient deja les noirs des dangers d’une embrassade a sens unique ou les noirs entreraient dans une espece de contrat illusoir avec les forces dominantes qui leurs feraient une place de complaisance autour de la table, tout en gardant pour eux toutes les cartes du vrai pouvoir (politique, economique et judiciaire). Aujourd’hui, il y a encore des auteurs comme Amiri Baraka et Ishmael Reed qui restent des grand sceptiques de la place des noirs dans le monde. D’ailleurs, Ishmael Reed utilise une expression assez cocasse pour qualifier ces noirs qu’on parade comme exemples de reussite. Il les appelle : des “rent a Black”, c’est a dire des “noir a louer”. Pour lui, l’establishment “loue” ces noirs pour un temps (Michael Jackson ou Colin Powell), les parade devant le petit peuple, les lache et en loue d’autres. Je ne sais pas si tu as lu les dernieres declaration de Harry Belafonte, ca vaut le detour. Il parle, sans langue de bois, du role que joue les noirs “ a succes” dans la haute societe Americaine.

    Je connais Joan Armatrading de facon assez superficielle, j’ai ecoute certains de ses titres et regarde certains documentaires a son sujet sur une chaine musicale assez serieuse (VH1). Mais j’avoue ne pas connaitre son oeuvre de maniere substancielle. Mais d’apres ce que vous en dites, la premiere personne qui me vient a l’esprit en guise d’analogie est Joan Baez. Je vais ecouter attentivement Armatrading.

  374. Posté par Timba Bema, le 10 mai 2006 à 16:20

    Ludovic Obiang ; Pour toi qui est tant fasciné par la Créolité je soumets à ton attention cette petite lecture de E.Glissant qui répond à R.Confiant et P.Chamoiseau et J. Barnabé aprés la publication de Eloge de la créolité(1989 ; Gallimard) sur leur tentative “naïve” de définition de l’“être” antillais.

    « Il n’y a plus que de l’étant c’est-à-dire des existences particulières qui correspondent, qui entrent en conflit. (...) Or, c’est ce que fait la créolité : définir un être créole. C’est une manière de régression. (...) Or, la créolité, en essayant de définir un être créole, met un terme à un processus que je crois infini, qui est le processus de créolisation. Et ce processus qui joue dans les Antilles, joue aussi dans le monde entier. Tout le monde se créolise, toutes les cultures se créolisent à l’heure actuelle dans leurs contacts entre elles » E.Glissant Poétique de la relation(1990 ;Gallimard)

    Il refuse en effet le concept de créolité pour celui de créolisation. Ainsi, ce concept n’est pas une référence au passé mais au devenir. Il ne saurait donc pas être une marque historique singulière des Antilles puisque l’“emmêlement” est un phénomène planétaire.

    je ne t’apprendrais pas la reformulation regressive de ce concept par R.Confiant et P.Chamoiseau dans Lettres créoles. Tracées antillaises et continentales de la littérature 1635-1975(1991 ; Hatier) . Ce qui m’ammène à conclure que la créolité est morte dans l’oeuf.

  375. Posté par Timba Bema, le 10 mai 2006 à 16:30

    ZIK ; On se demande ce que veulent certains noirs américains ? Ils ont déjà transmis leurs pseudo-problèmes d’identité aux noirs de France.

    BON DIEU QUAND EST CE QUE NOUS LES NOIRS CESSERONT DE NOUS ATTARDER SUR DE FAUX QUESTIONNEMENTS SUR NOTRE IDENTITE ? EST CE NOTRE DESTINEE SUR TERRE ?

  376. Posté par Timba Bema, le 10 mai 2006 à 16:50

    Ludovic Obiang ; Je pense que tu as en effet été traversé par un éclair de sagesse car il appartient aux générations futures de décider de qui seront les génies littéraires de notre temps.

    Au sujet du rapport à l’Histoire est ce que tu vois des écrivains français qui s’interessent aux valeurs de la gaulle antique ? Il y a plutôt une sélection de l’Histoire selon le critère du “prestige de la civilisation passée” qui va de La Grèce à Rome, et de Louis XIV à Napoléon Bonaparte.

    Le rapport à l’Histoire est donc subjectif chez les écrivains car il ne repose pas sur la volonté d’établir un inventaire historique du passé. Même la Littérature Classique Française ne s’intéressait pas à l’Histoire française mais plutòt à celle de la Grèce et de Rome qui les a colonisée...j’écris bien colonisé et pourtant elle n’a développé aucun complexe vis-à-vis de ses anciens colonisateurs. Ne lit-on pas toujours Racine ? Bossuet ?etc...

    En conclusion, le débat que tu relances sur la nécéssité d’un retour aux racines dans les lettres africaines est sans consistance pour ne pas dire inutile.

    Bien à toi

  377. Posté par Timba Bema, le 10 mai 2006 à 17:17

    Ludovic obiang ; Au sujet de “Time will tell”, il y a un excellent “Time will tell” de Robert “Bobby” Watson interprété par un band de Wynton Marsalis(Trompette)en 1980 au Bubba’s Restaurant(Lauderdale, Floride) paru chez Hallmark Music & Entertainment(1999). Je ne sais pas si tu aimes le Jazz mais c’est décapant. Je te donne le casting au cas où :

    - Wynton Marsalis : Trompette

    - Art blakey : Battérie

    - Jimmy Williams : Piano

    - Charles Fambrough : Bass

    - Billy Pierce : Sax Ténor

    - Bobby Watson : Sax Alto

    Fais toi plaisir !!!!

  378. Posté par Zik, le 10 mai 2006 à 22:31

    Timba,

    C’est justement en vivant aux Etats-Unis que j’ai appris a mieux apprecier l’Afrique. La situation des Noirs Americains est assez paradoxale, en ce sens qu’ils ont des succes incroyables a tous les niveaux. Ches les intellos, W.E.B. Dubois est un mastodonte de competence et d’intelligence. Dans mon domaine, il y a une expression que les gens utilisent pour indiquer qu’on est en presence de quelque chose de “bien”, on dit : “this is the real McCoy” (ca c’est le vrai McCoy). Qui est ce McCoy ? Elijah McCoy, un ingenieur noir de pur genie, qui est responsable de l’invention qui rendit possible le moteur a piston. Et sans le moteur a piston, pas de voiture, pas de train, pas d’avion etc...Ne parlons meme pas de l’art ni de musique ou sport. Mais en meme temps que les noirs avancent dans cette societe, il y a aussi des profonds problemes d’alienation et d’identite. En observant les noirs Americains, il me semble que la reussite professionelle ne suffit pas. Pour qu’une societe soit equilibree, il lui faut des reperes, des ancrages, et lorsque ces reperes n’existent plus, il y a une derive identitaire qui cause les paradoxes dont vous faites allusion. C’est a dire, des gens qui se demandent qui ils sont a perpetuite. Meme chez nous en Afrique, dans certains milieux, on observe ce phenomene. Je ne sais pas si Ludovic peut nous aider, mais il me semble qu’au Gabon nous remarquons que certains enfants metisses (mulatres) on du mal a se situer, et deviennent facilement susceptibles a toutes sortes de debauches (drogues, echecs scolaires etc...), meme lorsque leur parents ont beaucoup de moyens financiers. En observant mon entourage, j’en arrive a la conclusion que meme dans notre pauvrete en Afrique, nous avons les elements culturels necessaires pour nous permettre d’entrer dans la societe moderne avec nos propres aspirations, et faire un trillage de ce qui est bon pour nous et ce qui ne l’est pas. Moi par exemple, a chaque fois que j’ai des difficultes (les vississitudes de la vie), je pense a mes ancetres, et je m’interdis toute plainte car je me percois comme le maillon d’une longue chaine et que si je venais a echouer, c’est la chaine qui est brisee et tout le travail des mes ancetres est a l’eau. Je fais peut etre la tout betement de l’autosuggestion, mais ca marche pour moi car ca a un sens dans ma culture de Fang ou les ancetres sont au centre de tout ce que je fais. Si quelqu’un me propose de la drogue, je ne peux meme pas accepter car ja sais que cela me conduira a la ruine, et cette ruine brisera cette chaine dont je ne suis qu’un maillon. Vous voyez, Timba, ces reperes sont une source de courage et d’abnegation. Mais si vous vivez dans une societe qui vous dit que vous etes seuls, que tout commence et fini avec vous, vous n’avez donc aucun compte a rendre. Que vous soyiez drogue ou malfaiteur, vous vous en fouttez puisque de toute facon personne ne depend de vous et vous ne dependez non plus de personne. Ne vous fiez pas aux apparences, les Europeens sont tres attaches a leurs traditions. Nous n’en avons pas conscience car nous vivons dans leurs societes qui sont de toute facon baties suivant ces traditions. En fait nous baignons dans leur soupe. Mais tout ce qui est fait ici est selon ces traditions : la semaine de 7 jours, le conge le dimanche (le sabbat), les fetes de paques, noel, nouvel an, les solstices d’ete et d’hiver, l’halloween, les festivals, les vacances d’ete (le temps des recoltes) etc...Les Europeens ont reussi a codifier leurs traditions et en faire un model de mode de vie mondial.

  379. Posté par Zik, le 10 mai 2006 à 22:39

    L’Homme,

    Juste a titre d’information, l’ADSL existe au Gabon depuis environ 2 ans. La plupart des bons cybers l’ont, les grandes boites et grand hotels aussi. Mais par contre, les prix restent prohibitifs. Je pense que l’universite doit avoir l’ADSL car ils ont un campus numerique (http://www.refer.ga/). Ici aussi Ludovic pourrait nous eclairer.

  380. le 10 mai 2006 à 23:50

    Cher Ludovic,

    Je n’adopterai pas ton ton ironique et insultant. J’ai lu comme toi l’article de notre collègue Ovono Mendame. Je ne l’ai pas trouvé satisfaisant. Que Mabanckou fasse une analyse similaire, je ne peux que soutenir ce que je pense et j’attends
    à d’autres occasions le démontrer, car l’espace du Blog ne me permet pas d’utiliser la rhétorique langagière de la critique. Je veux être le plus simple et le plus clair possible. Il ne s’agit pas d’étaler des connaissances mais de répondre à des questions précises qui s’adressent également à des non spécialistes de la littérature africaine dont celle écrite pas des gabonais.

    Pourquoi dois-je nécessairement dévoiler mon identité ? Ne sont-ce pas les arguments qui doivent primer et non l’identité présumée des individus qui n’ajoute rien au contenu de leur propos. C’est un point de vue.

    Je ne cultive aucune ambition en m’exprimant dans un blog. Je ne veux pas sortir de l’appréciation des propos de Mabanckou et des réactions qu’elle a suscitées. Vois-tu, je ne vais pas emboîter ton propos.

    J’apprécie l’oeuvre de Mabanckou et je m’attèle à une analyse stylistique comparative avec d’autres écrivains africains francophones dont Freddy Hubert Ndong.

    Je considère que Mabanckou est l’une des écritures africaines francophones les plus intéressantes de ces cinq dernières années. Le dire ne signifie pas cultiver une ambition excessive, ni malsaine. Je n’ai pas attendu ce débat pour exprimer mon point de vue sur l’oeuvre de Mabanckou. Je l’ai fait dans des cadres indiqués.
    Il n’ y a pas lieu d’insulter ceux qui te donnent la réplique ou qui ne pensent pas comme toi.

    Certes, je suis gabonais mais cela ne conditionne pas une pensée unique et un nationalisme à tout vent.
    Je verrai Mabanckou dans quelques jours à Montpellier, je ne manquerai pas de signaler certains propos discutables de son billet sur la littérature gabonaise.

    Sans rancune et fraternellement.

  381. Posté par Zik, le 11 mai 2006 à 03:48
  382. Posté par Minga, le 11 mai 2006 à 03:59

    Cher L’Homme,

    Personne n’exige de toi un discours nationaliste. En retour, tu n’es pas obligé, parce que d’autres contredisent le propos de Mabanckou, de les classer terroristes-nationalistes ! Ainsi donc à Montpellier tu verras bientôt le Christ en personne marcher sur l’eau, changer l’eau en vin et multiplier le pain ? (rires) je plaisante.

    Sinon, je tenais à te dire que je n’ai rien d’une "sacrée provocatrice". Expression que tu aurais sûrement trouvée injurieuse si elle venait de moi ; vu ta susceptibilité à fleur de peau - toi qui juges frileusement le ton de Ludovic "ironique et insultant". Je disais donc ne pas être "provocatrice", juste fine observatrice et pas née de la dernière pluie, si tu l’avais cru.

    Et vraiment pas la peine de me la raconter au sujet de tes travaux sur l’oeuvre d’Alain Mabanckou, voyons ! Je ne suis pas ta gouvernante pour exiger de savoir ce que tu fais debout à 3h ou 6h du matin ! (rires) Moi aussi j’ai des univers à explorer ; je n’en parle point si on ne m’y invite pas. Mais toi, tu avais certainement de "bonnes" raisons de signaler qu’en disciple fervent tu lis "la Bible" et en étudies les grandes lignes ? Un habile clin d’oeil au père Mabanckou pour le disposer à t’accorder sa grâce lors u prochain "séminaire" de Montpellier ? :)) Soit.

    A cette allure, cher L’Homme, je vais penser comme Ludovic : que tu flaires le carriérisme... Cherchant à te faire inviter à la table du roi. Mais un roi avisé ne ferait même pas de toi son valet, vois-tu. Vu ta prestation ici et le chèvre-chou de ton discours à la "je t’aime moi non plus", tu ne tarderas pas à troquer ton habit de laquais contre celui du félon. Et que restera-t-il de l’imprudent qui eut la lubie de te croire sien ? Etrange et multiple créature virtuelle... :))

  383. Posté par Minga, le 11 mai 2006 à 04:00

    Autre chose, l’Homme : tu dis : l’espace du Blog ne me permet pas d’utiliser la rhétorique langagière de la critique. J’en ai lu de toi, mais celle-ci me paraît la plus "hénaurme" aberration que auras faite !

    Ainsi donc on a le droit, sur un blog, d’écrire que Jeanne d’Arc est née au XVIIIème S. et de faire avaler ça au monde ? D’écrire qu’à une époque la ville du Caire s’appelait Lutèce ? Ah non ! Devrais-je rappeller à un Gabonais, enseignant et praticien de l’analyse littéraire que les mots ne sont jamais inoffensifs ?

    Surtout s’ils incombent à un personnage public tel que notre frère Mabanckou ! Quand on s’élève, on est conscient d’être attendu à chaque tournant. Que le moindre mot malvenu, la moindre attitude déplacée n’échapperont pas aux "radars"... Les cimes ont un prix, hein ? :))

    Raison de plus pour notre frère de se montrer circonspect. A son niveau, il n’a plus le droit de manger le manioc comme Gaston Kelman et moi le ferions. Il est tenu à une rigueur sur laquelle le mortel lambda s’assiéra volontiers. Alors, L’Homme ton argument de blog-fourre-tout est un véritable coup d’épée dans l’eau...

  384. Posté par Minga, le 11 mai 2006 à 04:00

    Zik, intéressant ton allusion aux Rent a Black. Pas mal ! C’est exactement ça. Je me souviens de ma colère devant ma TV quand, après les émeutes dans les banlieues, ON est allé chercher les self made men noirs et arabes. Pour venir les brandir comme des trophées à la barbe des jeunes casseurs ! Conscients de la supercherie, ces Immigrés à louer osaient quand même prendre un ton sermonneur face à la situation. Ils récitaient la leçon, colonisés jusqu’à la moëlle...

    Mais quel cinéma alors. Car nul n’est dupe. S’ils s’en sont sortis, ce n’est sûrement pas grâce à la générosité de la mère France qui les aurait hissés là. Ce n’est pas les banques qui leur facilitaient des crédits, ni l’administration qui avait fait preuve de bienveillance en les accompagnant dans leurs projets. Ces Bakayoko, ces Diop, ces Rachid ont sué, trimé, saigné même 3 ou 6 fois plus que ne l’auraient fait un Broussard, un Félon ou un Courtecuisse, qu’on se le dise.

    Alors que nos Immigrés à louer viennent pas apporter de l’eau au moulin des manipulateurs dopés à la langue de bois. Des cocos qui ont recours à eux, car ne sachant plus à qui se vouer pour arrêter la machine infernale. A ce sujet, les jeunes de la banlieue ne sont pas des démeurés. Ils savent c’est que une fois la décenie 2 fils d’immigrés sur 10000 réussissent. Et ce n’est pas pour cette corde raide qu’on va sortir nos "mincouh", "mimbengne", "djembé" et "kora" pour danser !

    Heureusement que les artistes se sont refusés à ces discours politiquement corrects ; ils ne sont pas venus s’adresser aux jeunes en se posant comme modèles.

  385. Posté par Timba Bema, le 11 mai 2006 à 04:47

    Minga  ; je parle de la liberté de l’écrivain et par extension du citoyen par rapport à son histoire. Dire que les africains ne sont pas attachés à leurs coutumes s’est un peu refuser de voir la réalité.

    Bien à toi

  386. Posté par Camer nouveau, le 11 mai 2006 à 10:46

    Cher L’Homme-là,

    je suis admiratif devant votre calme, et surtout l’intelligence et la hauteur de vos argumentations. L’Afrique a encore des gens intelligents qui nouent les liens grâce à l’esprit et non par le biais des nationalismes grégaires. Vous êtes d’ailleurs le seul ici qui donne des éléments sur la littérature du Gabon. Même Ludovic n’a rien donné pour l’instant. Et quand je vois qu’on s’acharne comme ça contre vous, je me dis que ces attaques sont disproportionnées par rapport à votre calme et votre manière d’exposer le plus simplement les choses. Avez-vous remarqué qu’à la différence de vos compatriotes qui vous insultent, surtout Minga, vous n’avez aucun mot d’insulte dans vos longs posts ? Chapeau L’Homme-là. Restez comme vous êtes, on sent votre grandeur !

  387. Posté par Ludovic Obiang, le 11 mai 2006 à 13:11

    Cher Bakima,

    Merci d’avoir daigné répondre, c’est un geste de politesse appréciable et qui répare tout éventuel malentendu entre nous.

    Car, détrompe-toi, je ne t’en veux pas de ne pas partager mes opinions et convictions. Je ne suis pas un évangéliste ou un extrémiste. Je ne te demanderai jamais la vie contre l’adhésion ou la conversion. Je suis simplement quelqu’un qui essaie de penser sa vie, quelqu’un qui essaie d’avoir des convictions et de les partager avec son entourage.

    Par contre, si déception il y a, c’est au niveau des formes que tu adoptes pour me répondre. Que tu aies des convictions auxquelles tu t’accroches, c’est normal et même vital, mais que tu ne sois pas capable de les défendre, c’est ce qui pourrait me décevoir. Je dis bien qui aurait pu me décevoir, car je me rends compte depuis que je fréquente ce forum que la mauvaise foi et l’équivoque sont finalement la norme en matière de palabre africaine « moderne ». J’y reviendrai prochainement...

    En fait le principe n’est pas de persuader ou de convaincre mais de ne pas être convaincu, à tous prix. Les uns viennent avec leurs questions. Les autres avec leurs réponses. Tant mieux s’il y a coïncidence. Les uns lisent en diagonal et portent des jugements ; les autres ne lisent pas du tout mais donnent des arrêts. Moi, mon cher D.O.W., je prends plaisir à lire chacun des post, à la virgule prêt, et je le juge d’après sa propre cohérence.

    Cela pour te dire, bokilo Bakima, que je ne comprends pas les dérobades et les faux fuyants qui te servent de paravent. Tu m’avais posé des questions directes qui exigeaient des réponses précises. Je me suis empressé de te les apporter, autant par égard pour toi que par devoir. Tu me réponds des semaines après pour me dire que mon jeune collègue est plus modéré/sensé que moi, que sa contribution t’a ouvert l’esprit, que la discussion a évolué, que tu n’es plus en mesure de me répondre car tu n’es qu’un humble ceci-cela, etc.

    Excuse-moi, mais je ne peux pas me satisfaire de ça. Sans avoir à traverser le « pont » qui nous ramènerait aux sources de notre échange direct - qui restent la question de la dette littéraire du Congo vis-à-vis du Gabon - et ne voyant pas en quoi les derniers échanges d’un forum aussi confus - véritable dialogue de sourds - a pu constituer une « avancée », je voudrais que tu répondes aux questions précises suivantes. Si tu ne le fais pas, je comprendrais alors que tu es vraiment ce petit bonhomme que tu penses toi-même être.

    Voici les questions ; elles sont au nombre de trois :

    A quoi consistait fondamentalement la contribution de mon jeune collègue GBM ?

    En quoi diffère-t-elle radicalement de la mienne ?

    En quoi t’a-t-elle satisfait ?

    J’attends ta réponse. A dans deux mois peut-être...

  388. Posté par Ludovic Obiang, le 11 mai 2006 à 13:38

    Bonjour "Camer nouveau",

    Excuse-moi de ne pas avoir pris un contact direct avec toi jusque là, mais, comme tu vois, j’étais plutôt occupé...

    Pour commencer, excuse-moi aussi du ton que j’ai souvent employé, qui, je l’admets, par plusieurs côtés, n’est pas exemplaire. Je regrette simplement que des lecteurs habitués à lire des héros en train de violer des cadavres, sodomiser des chiennes, renifler des slips abandonnés, se montrent aussi frileux face à une discussion qui s’échauffent un peu. Mais encore une fois, pur toutes les âmes sensibles, désolé...

    Je ne vais pas revenir - pour le moment sur les raisons qui nous ont conduits êtres déraisonnables et peu recommandables, à perdre la boule et à nous crisper sur nos "nationalismes grégaires". je vais simplement te poser quelques questions qui devraient, si tu acceptes seulement de tes lires, t’édifier sur les racines profondes de notre "engagement".

    je t’amènerai pour cela ur un terrain qui est familier au moindre camerounais qui tête encore sa mère.

    Mais avant une question de littérature :

    - A part Nganang, où sont les écrivains camerounais aujourd’hui ? Qu’est-ce qui explique leur relatif effacement ?

    maintenant, venons-en au football :

    - Pourquoi Bell n’a-t-il jamais été responsabilisé au sein de la fédération camerounaise ?

    - Pourquoi les clubs camerounais sont-ils descendus aussi bas dans les coupes africaines - battus par les "équatos" ?

    - Pourquoi malgré tous leurs "pros", les meilleures équipes africaines ont-elles perdu la CAN au profit de l’équipe qui a présenté le moins d’expatriés. L’un des rares, avec le capitaine, nous a donné une démonstration de ce que peut être un joueur "star" gâté par les cajoleries du système occidental.

    Mets de côté toute partialité ou idées préconçues et réponds-moi de façon précise.

    A bientôt.

    Ludovic

    P.S. : Quant aux insultes, excuse-moi de te donner un cours d’analyse textuelle, mais il n’est besoin que de quelques tournures pour être plus grossier qu’un charretier.

    C’est ce que tu fais toi-même en nous rangeant dans une certaine catégorie, mais c’est surtout ce que cache le "calme" de L’Homme. Deux exemples. "Débat sans intérêt" ou "vrai-faux débat".

  389. Posté par Camer nouveau, le 11 mai 2006 à 15:04

    Cher Monsieur Obiang,
    Je te remercie de me répondre.
    Tu te demandes "à part Nganang, où sont les écrivains camerounais" ? Sans partialité, je t’avoues que la littérature camerounaise se porte bien. Récemment d’ailleurs deux de nos compatriotes ont fait leur apparition sur la scène internationale : Léonora Miano, auteur de L’intérieur de la nuit (éditions Plon) et Yémi, auteur de Banlieue Blues (éditions Robert Laffont). Ce sont des écrivains prometteurs, avec un ton original qui viennent compléter le nouveau paysage dont, j’en conviens avec toi, Nganang peut être considéré comme un des chefs de file. Le constat est que ces jeunes auteurs visent haut, sortent des circuits très fermés pour publier dans les grandes maisons d’édition. Par ailleurs, sur place ici l’activité littéraire est intense, avec des auteurs locaux qui, je le souhaite, sortiront de l’ombre un jour en publiant dans des structures plus grandes qui pourraient perpétuer la visibilité littéraire internationale de notre pays.

    Pour le foot, je vais te decevoir, je n’aime pas ce jeu et vraiment les querelles qui l’entourent me dépassent. Chez nous ce sport est devenu un enjeu national. J’en conviens qu’il y a des intrigues ici et là, mais est-ce que cela rend le Camerounais moyen plus heureux dans sa vie, lorsqu’il rentre le soir et n’a rien à manger ?

    Pour les insultes, je trouve en efet dommageable qui vous y allez à fond, presque encouragée par Minga qui, à mon humble avis, ternit votre image et vous donne l’étiquette de celui qui refuse toute remarque sur ce qui concerne votre pays ou votre littérature. Et puis, donnes-nous de l’espoir, parle des écrivains gabonais que tu aimes, entretiens-nous sur la richesse de leur écriture, sur les promesses de leurs oeuvres etc. C’est cela la construction. Et pour l’heure, je le répète, il n’y a que L’Homme-là qui a donné des éléments importants. Mais on semble lui reprocher de ne pas observer la discipline du nationalisme et d’être un "laquais". Comment peut-elle dire des propos aussi bas que ceux-ci :

    A cette allure, cher L’Homme, je vais penser comme Ludovic : que tu flaires le carriérisme... Cherchant à te faire inviter à la table du roi. Mais un roi avisé ne ferait même pas de toi son valet, vois-tu. Vu ta prestation ici et le chèvre-chou de ton discours à la "je t’aime moi non plus", tu ne tarderas pas à troquer ton habit de laquais contre celui du félon. Et que restera-t-il de l’imprudent qui eut la lubie de te croire sien ? Etrange et multiple créature virtuelle... :))""

    C’est simplement regrettable. Il y a des insultes graves : "laquais", "félon"... Cela valait-il la peine vraiment ? Notre soeur Minga est-elle consciente que l’insulte n’apporte rien, sinon la preuve d’une peur de se voir opposer une autre vision des choses, venant surtout de son propre compatriote ? C’est en tout cas mon avis, et je pense aussi que c’est peut-être pourquoi beaucoup de gens ont déserté ce sujet, vous laissant vous exprimer entre gabonais (Zik, Minga et toi). Mais bientôt elle me chassera aussi du sujet puisque je ne partage pas son avis... C’est pas grave, je lui laisserai alors l’espace.

    Bien à toi.

    PS : Monsieur Obiang, j’ai trouvé votre livre au CCF, je suis en train de le lire.

  390. Posté par Zik, le 11 mai 2006 à 16:00

    Camer nouveau,

    Il n’est jamais très agréable d’entrer dans les entrailles d’un processus. A mon sens, ce que nous faisons tous ici est d’échanger afin de mieux comprendre notre environnement litteraire. Si les propos (y compris les miens) peuvent parfois être acerbes, ne nions pas non plus le caractère concis de beaucoup d’interventions qui dans l’ensemble auront été d’un niveau d’argumentation élevé. Ceci dit, si nous voulons vraiment avancer, au lieu de se satisfaire de demi-mots et d’exploration de sujets en rase-motte, pourquoi ne pas scruter plus loin et “deconstruire” le thème ? Pour ma part, j’interviens lorsque j’ai des choses à dire. Si les autres décident de ne pas intervenir, pas grave, j’aurais dit ce que j’avais à dire.

  391. Posté par Ludovic Obiang, le 11 mai 2006 à 18:59

    Cher Camer Nouveau,
    Justement,j’allais te demander : pourquoi avoir tout de suite pensé au CCF ? Pourquoi pas une autre structure ?

    Pour le football, c’est dommage, parce qu’on a pas besoin d’être un passionné de foot pour s’intéresser à une activité qui concentre autour d’elle tant d’enjeux et qui réuni tant de dimensions.

    En fait, j’ai peur que par ta réponse, tu n’aies trahi une certaine méconnaissance du sujet et de ses enjeux.

    Au-delà des invectives et de ce que tu considères comme insultes, as-tu pris le temps de lire chacun des post- il sont nombreux - pour pouvoir juger de l’apport de chacun.

    Et en quoi peux-tu juger de l’apport de chacun ? N’es-tu pas conditionné par des idées préconçues ?

    Le problème qui se pose pour nous avec acuité est que Alain Mabanckou dans son panorama ironique de la littérature gabonaise souhaite justement, ce que toi tu considères comme un mérite, de "viser haut", de sortir des "circuits très fermés".

    Nous disons que ce n’est pas la solution. Que cela peut contribue certes à une promotion personnelle et nationale (indirecte), mais que justement cela n’apporte rien au Camerounais moyen et ne lui apporte pas à "manger". De même que cela contribue à renforcer une mode littéraire et donc culturelle qui participe d’une vision caricaturale et alarmiste de l’Afrique - celle dont les Blancs raffolent et qui suscitent en eux soit le mépris, soit une générosité moyenâgeuse. Sans parler de ce que cela coûte à ces jeunes du point de vue moral et de l’amour-propre personnel. Mais j’ai appris que le Camerounais n’a pas froid aux yeux...

    Par contre, qu’en serait-il si au lieu de penser à intégrer les circuits ouverts, signe de dynamisme et de talent, ces jeunes s’organisaient de façon à faire valoir leurs propres structures, dans la dignité et la liberté ?

    D’où le rapport avec le sport - je vais un peu vite. Le football camerounais a été saigné de ses meilleurs joueurs par manque de structures, de moyens et d’hommes de valeur.

    Imagine un instant - pose la question à un fana - quel peut être l’état d’esprit des coachs européens qui ont dans leur rang Eboué et Touré (Arsenal) d’un côté et Eto’o de l’autre.

    Tu crois qu’ils ont intérêt à encourager les africains à rester chez eux ?

    Les deux dernières meilleures équipes d’Afrique (Tunisie 2004 et Egypte 2006 n’ont rien à envier aux meilleures écuries européennes en fait de structures).

    l’entraîneur égyptien était un Egyptien, mais quel entraîneur pour l’Afrique noire ?

    Je ne vois pas que les Arabes ou les Chinois, les Hindous, etc se fassent un complexe particulier de ne pas être adulés de l’Europe. Il s’agit, dans ce culte forcené de l’exil, dans cette logique de l’Eldorado artistique européen d’un véritable complexe, lequel annule la position de Timba qui estime que la question n’a plus lieu d’être.

    Trouves-tu normal que pour lire un auteur gabonais tu sois obligé de passer par le CCF ? Où sont les centres culturels locaux ?

    Une anecdote. je suis à Bamako, en 2003 pour un festival. Pas d’avion pour Libreville et je suis attendu d’urgence. J’ai dû passer par... Paris pour rejoindre Libreville ! Je ne te parle pas des différents visas et des barrières douanières entre les pays.

    Je crois que de telles aberrations mnous interpellent. La question est grave, Cher Camer et elle mérite que tu prennes le temps de lire chacun de nous et que tu te fasses indulgent sur les éventuels dérapages.

    A bientôt.

    Ludovic

  392. Posté par Minga, le 12 mai 2006 à 03:14

    Cher Camer,

    Parmi la foule d’intervenants ici, tu es bien l’un des rares auquel je n’ai jamais prêté attention. Mais aujourd’hui tu as décidé de me faire de la pub gratos. Ne te gêne surtout pas, coco. Je ne vais pas te chasser du blog ; tu en partiras bien un jour pour raisons personnelles. Alors inutile de me croquer en Mère Fouettard.

    Mais là, tu m’as convoquée, et je vais te répondre. Te laissant ensuite le loisir de jouer les Madeleine en pantalon. De te lamenter pour des cacahuètes, toi qui côtoies certainement pire au quotidien. Je sais comment les esrits s’échauffent parfois très rapidement sous nos Tropiques. Mais devant un écran, sur un blog, il faut bien paraître civilisé, sembler correctissime. Et Monsieur cAMER met les petites calebasses dans les grandes !

    J’ai remonté le fil et constaté que dès ton arrivée tu as ironisé : Alain Mabanckou et Ludovic Obiang se font la guerre par émissaires interposés Bien sûr les émissaires interposés ce sont tes boucs et tes chèvres. Tu as renchéri  : Le pauvre Ludovic Obiang, il doit attendre, mais Alain Mabanckou, dans sa finesse et son élégance, a choisi de de regarder l’horizon comme sur sa belle photo de la page d’accueil du Blog.

    Pour quelqu’un qui redoute les coups de massue, je trouve que tu les évites très mal. Ensuite, lâche, tu évoques (sous couvert de congratuler l’Homme-là) les nationalismes grégaires. Les tiens en premier ; toi qui t’enorgueillis des jeunes auteurs camerounais qui se fraient le chemin dans des "circuits fermés".

  393. Posté par Minga, le 12 mai 2006 à 03:15

    Sinon cAMER, qu’entends-tu par "injures" à L’Homme-là ? Tu te fais fort de disséquer mon message pour crier au loup à ton aise, soit. Tu n’es pas un glane-ordures, juste un saint homme qui veut voir les Africains "unis dans la Concorde et la Fraternité", n’est-ce pas. Saine ambition !

    Mais alors c’était aussi valable quand Serigne nous traitait (Ludo et moi) d’imbéciles ? Où était-il ton radard automatique, sûrement éteint ou en panne, voyons !? Car le sieur cAMER condamne au faciès. Il est humain et besacier : taupe envers certains et lynx envers d’autres. Reviens me faire ta morale à deux centimes quand tu veux.

    Pour finir, cher cAMER si tu as le cran de provoquer, de narguer aies aussi le courage de ne pas larmoyer (comme une meuf) quand le retour du bâton survient. Mais si c’est au-delà de tes nerfs, pleurniche donc coco, en pointant un index accusateur vers la méchante et vulgaire Minga.

    Celle qui injurie d’innocentes gens. Ternissant ipso facto l’image du peuple gabonais. Mais tu sais, internationalement l’image des Gabonais n’est pas la pire. Vraiment pas de quoi rougir face à celle des Camerounais(es). Et c’est peu dire...

  394. Posté par Timba Bema, le 12 mai 2006 à 07:23

    Ludovic Obiang ; Je parle bien du retour aux sources dans les lettres africaines et non chez les africains puisqu’il est avéré qu’ils n’abondonnent pas leurs traditions contrairement à ce que l’opinion commune semble croire ; ils font le choix de celles qui leurs semblent pertinentes dans leur vie actuelle. Lorsqu’ils sont hors de leur continent, ils continuent de manger les mets de chez eux, ils fondent des tontines et autres associations pour s’entraider, ils écoutent la musique de chez eux, ils sont le plus souvent avec des femmes de chez eux, ils continuent de pratiquer leur réligion, ils consultent par téléphone leur médécin initiatique, ils commémorent les cérémonies les plus importantes de leurs villages, etc...Tout cela ressemble un peu à la loi de l’exception : il suffit qu’une personne ou un groupe restreint de personnes ne fasse pas comme les autres pour qu’on tire la sonnette d’alarme de l’aliénation culturelle en oubliant parfois que la réalité des faits indique le contraire.(Cas du décapage ou de la sape chez les Congolais)

    En ce qui concerne les Indiens, les Chinois, les Arabes permets-moi de te dire qu’ils sortent aussi en masse de chez eux et qu’ils ont des complexes énormes vis-à-vis des Occidentaux. Je m’explique : l’Extrémisme arabe n’est-il basé sur le complexe du colonisé ?Presque toutes leurs maisons d’édition sont contrôlées par les dictatures en place et parfois par les intégristes, alors lorsqu’ils ont une opinion plus libre à exprimer ils se font publier en Occident. Les Chinois se débrident les yeux, se font rallonger les jambes, parlent de plus en plus Anglais, changent leurs noms ou les anglicisent, etc...A ton avis c’est pour ressembler à qui ? Leurs maisons d’édition sont contrôlées de main de fer par le parti communiste et les dissendents se font publier en Occident. Leur complexe est basé sur la perception de l’occident comme étant un espace de mieux-être et de liberté.

    Je pense qu’il serait judicieux de consulter des écrits sociologiques en la matière au lieu de formuler la réalité par ton imagination ou en référant implicitement aux “lieux communs”. Tu vois donc que le “lieu commun” est l’apanage de tous ? et que même lorsqu’on le pourfend on finit pas y retomber ?

    Bien à toi

  395. Posté par Ludovic Obiang, le 12 mai 2006 à 12:51

    Oh Timba, mon frère, je ne t’ai pas oublié. Laisse-moi juste un peu de temps.

    Mais j’ai peur qu’avec toi, ce soit perdu d’avance.

    Tu amènes tes réponses et moi mes questions.

    En attendant, médite l’introduction de Mudimbé à son magistral L’’odeur du Père.

    Tom, ça te concerne aussi.

    Je te réponds dans les tous prochains jours.

    Excuse-moi d’avoir un peu forcé sur le bâton, mais c’est un peu ta faute. Quelle idée de te promener masqué en plein soleil !

    Quand j’ai compris que c’était toi, j’avais déjà préparé ma réponse à ton premier post. J’ai même dû baisser un peu le ton et adoucir les termes ! c’est pour te dire. Mais je m’adressais à un Homme-là inconnu, pas à un collègue et ami et frère, en général brillant et objectif.

    De même, il faut dire que tu n’avais pas fait dans la dentelle toi-même : "débat sans intérêt, vrai-faux débat, frustation de ma part, descendre bas, etc."

    Tu comprends,il aura suffi de s’en prendre ouvertement et fermement au "Maître" pour que les faux-fuyant abondent.

    Je prépare donc ma réponse à tes questions directes, mais d’avance, je t’annonce qu’elle renchérit aux critiques de Minga et de DOW quant au fait que soit, tu ne lises pas suffisamment les positions que tu critiques, soit tu as une vision réductrice des faits.

    Je te prie donc de lire ou de relire mes précédents post, car je crois qu’ils anticipent pour la plupart tes nombreuses questions.

    Par exemple, où as-tu pris que je contestais le talent d’écrivain de Mabanckou, ou bien que je mettais fondamentalement en question le droit pour chaque écrivain d’intégrer les circuits de production internationaux ?

    Cite-moi précisément les post incriminés.

    Concernant la violence et la virulence de mes propos, je voudrais te livrer dès maintenant ma motivation principale, fondamentale.

    J’ai voulu montrer à Mabanckou et à tous ceux qui se suffisent d’une pensée stéréotypée sur les choses - et sur le Gabon en l’occurence - que nous n’étions pas les ploucs, les marioles qu’il fallait juger selon l’échelle de notre situation politique.

    Bien plus, il n’était pas seulement question pour moi de rectifier, et de ramener gentiment Alain à la raison, ou à proposer, comme le demande Camer Nouveau, "de l’espoir, parler des auteurs gabonais que j’aime, etc.". Mais il me fallait lui montrer, de façon ferme, que nous sommes plus que des comparses, des apprentis qui mendions des leçons, mais des "Maîtres", en savoir, en savoir-faire, en savoir-être. Nous ne sommes plus seulement la voix des "sans voix", mais la Voix de l’Ombre,la voix de la Majesté, la voix des Profondeurs dont il (Mabanckou) n’est qu’un enfant prodigue, parmi tant d’autres et oublieux. j’ai voulu lui montrer qu’il était notre "petit". Et son silence contraint, marri, où d’aucuns voient de la sagesse, n’est que le signe qu’il aura compris.

    Tu le caresseras à Montpellier, si tu veux, tu le ramèneras doucement à la raison, mais je t’assure qu’il avait besoin de cette correction.

    Après moi d’autres gabonais se sont montrés plus assurés dans leurs convictions et leur ton (Minga, Zik) ou bien sont intervenus (Sima, GBM et toi).

    Ils soccupent désormais toute la place au grand dam de certains.

    Ils manifestent à mon avis , selon des positions diverses, plurielles,une culture riche, nuancée, ouverte à l’Autre, mais surtout décidée à se prendre en main et à décider de son propre devenir.

    Je ne sais pas si au sortir de ce forum, le lecteur aura décidé si la littérature gabonaise existe ou pas, si elle est de qualité ou pas, mais une chose est sûre, plus personne ne parlera de la littérature en pinçant le nez.

    Je crois, mon cher Tom, que ça valait la peine de débattre.

    Bien à toi.

    Ludovic

  396. Posté par D.O.W., le 12 mai 2006 à 16:15

    Oh quel langage Minga ! et quelles charges (rires). Venant d’une jolie fleur, et d’une si jolie plume, ça fait mauvais genre quand même. Où est la Minga des premiers posts, qui me causait ravissements, et qui pour moi était "grande dame" ? Tu dis que l’on n’est pas aussi pointilleux avec d’autres. Mais c’est peut-être parce que eux n’ont pas ton potentiel. Comme disait l’autre, à quoi bon cultiver une terre infertile (rires). Oui je sais, comme les autres, j’aurai droit à ma bordée d’injures. Mais je vise à ce que les talents ne se perdent pas, ne se gachent pas. Et pour le reste, je prends sur moi ;-)

    Edwige : si tu passes par là, sache que tu as fait oeuvre utile : il y a quelques temps, tu me conseillais l’expo "Sénégal contemporain" au musée Dapper. Eh ben, j’en reviens. Et je t’en remercie, parce que c’était ra-fraî-chi-ssant ! Je croyais voir plus de choses, mais c’était tout de même épatant. Je retiens deux noms, deux styles (en dehors du travail sur le moustique d’Henri Sagna) : Solly Cissé, et surtout Amadou Camara Guèye. Ai pas pu les rencontrer, mais si tu les vois, salue leur talent pour moi.

    Bien à vous, bloggers déchaînés.

  397. Posté par Minga, le 12 mai 2006 à 18:56

    DOW,

    C’est d’un touchant d’être comparée à "une jolie fleur" après avoir été gentiment traitée de furie dont les "charges" homériques font mauvais genre quand même. :)) L’avantage est que, connaissant déjà ton catatrophisme, j’en ris de bon coeur, cher DOW.

    Mais depuis quand les épines ont-elles empêché la rose d’être une belle fleur ? Depuis quand avoir du caractère rend moins Minga, je veux dire moins femme ? Toutefois, tu es libre de préférer les plats fades ; les personnalités sans la moindre aspérité : plus lisses, plus complaisantes. Complice avec tout le monde et avec personne.

    Où est la Minga des premiers posts Où veux-tu qu’elle soit ? Elle est bien là sous tes yeux ; et elle n’a pas changé. Juste réagi avec son coeur, ses tripes (plus élégant, non ?) pour te rappeler qu’au-delà d’un écran et un pseudo lisse, c’est une mortelle qui s’exprime et nullement une poupée de cire dénuée de sentiments, d’émotions.

  398. Posté par Minga, le 12 mai 2006 à 18:57

    Tu auras droit à ta bordée d’injures ? Mais qui donc serait le méchant bourreau d’un honnête homme de ta trempe ? :)) Surtout avec cette noble mission que tu as de paterner le troupeau et veiller à ce que les brebis égarées ne se perdent pas, ne se gâchent pas... Ah là là !

    Quant à tes ravissements virtuels, t’inquiète DOW, tu t’en procureras d’autres par les soins d’un(e) enfant de choeur. Un être d’exception qui n’aura pas d’états d’âme, et qui te confortera dans l’idée que tout va pour le mieux dans... Mais moi, vois-tu, j’ai horreur des castes. Horreur d’être confinée dans un rôle. Et ici le rôle de berceuse-troubadour que tu comptes m’assigner.

    A moins de ne pas oublier que la main qui berce sait aussi flageller le moment venu. Mais pour les alarmistes, c’est tout simplement impensable. Dès qu’on ne dégouline pas de bons sentiments (à leur sens), c’est de suite l’hécatombe-sauve-qui-peut !

  399. le 12 mai 2006 à 22:32

    DOW, et comme par hasard, je passe par là...Après une semaine "off" pour cause de...biennale de Dakar. J’étais sur le terrain de 8hà 22h et souvent plus. Pas eu le temps de m’asseoir devant une machine. Je suis contente de savoir que j’ai fait "oeuvre utile". Je m’en doutais bien...C’est la nouvelle génération d’artistes africains et, crois moi, ces gars n’ont, financièrement, rien à envier au mec qui est sorti de hec paris et qui bosse dans une multinationale ( ici, en Afrique)
    Soly Cissé, affiche souvent ses prix en euros, ici à Dakar...Pour ne pas choquer, m’a t il dit.
    La biennale de l’art contemporain africain vient de fermer ses portes. Difficile de dire et de décrire tout ce que j’ai vu...Peut être qu’un jour, tu verras "le reportage" de 52mn sur l’art contemporain africain...
    Edwige H.

  400. Posté par D.O.W., le 13 mai 2006 à 17:38

    Edwige : sur le terrain de 8h à 22h ?? et avec ça on dit qu’en Afrique on n’aime pas travailler (rires). Je guetterai ledit documentaire avec avidité et impatience. Tout ce qui se rapporte à l’Afrique est si peu vendable ici, mais sait-on jamais ? ;-)

    Minga : deux choses...ou trois ;-) D’abord, je me rends compte en effet qu’un certain ton paterne habite souvent mes propos. Mille excuses. Probablement un reste (néfaste) de différents rôles assumés dans la famille ;-) Et pour le reste, Grand Dieu non, que l’envie ne te prenne jamais d’être fade, non plus que lisse ! Ah ça non. Je fuis comme la peste tout ce qui est fade. Et puis, comme tu le dis si bien : les épines de la rose n’ont jamais rien enlevé à sa beauté. Ce serait même le contraire : sans les épines, la rose n’est plus la rose. Seulement, la Minga des premiers posts ne sortait pas seulement pour des charges en règle (rires), mais dans le même temps, elle n’était aucunement lisse. Je vais te donner quelques noms/pseudos de gens dont la caractéristique ici est précisément qu’ils ont toujours refusé d’être "berceurs/berceuses-troubadour". et je t’indiquerai prochainement le post exact où j’ai dit à chacun que je les admirais pour cela : Timba Bema, Ndoi, Blaise Kibonzi, et d’autres que j’oublie. J’aime plus que tout la controverse. Mais (et là je ne formule pas mon propos à l’intention expresse de Minga) ce stade où on n’écrit plus un post que pour répondre à une attaque par une autre attaque, ce n’est plus pourfendre la "lisseur", c’est promouvoir un certain type de mêlée, à mon goût un peu inutile. Mais ce n’est là qu’avis personnel, et vraiment, je ne tiens pas à confiner qui que ce soit dans quelque rôle. Que chacun choisisse donc librement le rôle où il se sent le mieux.

    Bien à vous bloggers échauffés ;-)

  401. Posté par Minga, le 14 mai 2006 à 03:40

    Je cite : la Minga des premiers posts ne sortait pas seulement pour des charges en règle. Ben oui, j’étais nouvelle. personne ne me chargeait et je ne chargeais personne en retour. Quoi de plus logique.

    mais dans le même temps, elle n’était aucunement lisse. Alors, chaque fois que tu y repenses, imprègne-toi tout simplement de la métaphore de la rose : magnifique fleur, mais qui ne serait rien sans ses épines. C’est tout moi, ça. J’ai beau être "la bonne copine", mais j’ai aussi des aspérités sans lesquelles je ne suis pas moi ! Et de grâce, qu’on ne me demande pas de (me) mentir pour le plaisir de "ravir" (sic) ou faire "bon genre".

    ce stade où on n’écrit plus un post que pour répondre à une attaque par une autre attaque Ou pour donner des leçons ? Dicter des lignes de conduite ? :))

    promouvoir un certain type de mêlée, à mon goût un peu inutile. Inutile ? Pourtant, tu ne manques pas à l’appel ! Pour adresser à peine quatre lignes à Edwige qui abordait un tout autre sujet que le débat oiseux, hein ? Et un chapitre entier pour Minga qui promeut la mêlée et se complaît dans des futilités, n’est-ce pas ? Etrange le DOW. (rires)

  402. Posté par PepMiC, le 14 mai 2006 à 08:58

    WOW ! 400+ postes... Ludovic, je suis vos commentaires, et le débat qu’ils suscitent, avez-vous considérez la création de votre blog ? juste une suggestion.

  403. Posté par Minga, le 14 mai 2006 à 19:57

    Oui ce serait sympa, Ludo que tu crées un blog. J’y viendrai avec joie !

  404. Posté par Ludovic Obiang, le 15 mai 2006 à 12:31

    Cher Zik,

    Merci pour toutes ces contributions, diverses et variées, lesquelles, je le répète, on le mérite de traduire une pensée riche, plurielle, ouverte à l’autre, mais consciente d’assumer son propre destin. Pour une ainsi dire une pensée décomplexée et fière de l’être. J’ai voulu en détacher un segment pour le présenter comme exemplaire et le proposer comme leitmotiv à tout jeune africain qui s’apprête à affronter le monde :

    « En observant mon entourage, j’en arrive a la conclusion que même dans notre pauvreté en Afrique, nous avons les éléments culturels nécessaires pour nous permettre d’entrer dans la société moderne avec nos propres aspirations, et faire un tri de ce qui est bon pour nous et ce qui ne l’est pas. Moi par exemple, a chaque fois que j’ai des difficultés (les vicissitudes de la vie), je pense à mes ancêtres, et je m’interdis toute plainte car je me perçois comme le maillon d’une longue chaîne et que si je venais a échouer, c’est la chaîne qui est brisée et tout le travail des mes ancêtres est a l’eau. Je fais peut être la tout bêtement de l’autosuggestion, mais ça marche pour moi car ça a un sens dans ma culture de Fang ou les ancêtres sont au centre de tout ce que je fais. Si quelqu’un me propose de la drogue, je ne peux même pas accepter car je sais que cela me conduira à la ruine, et cette ruine brisera cette chaîne dont je ne suis qu’un maillon ».

    Félicitations pour une telle pensée. Si tu as L’enfant des masques sous les yeux, je t’en conseille la troisième nouvelle « Ce que chuchote la mangrove », elle participe de cette logique qui nous est chère - mais on dira « toujours ces Fangs ! » Le cycle toujours renouvelé de la Vie (contrairement à l’Occidental pour qui l’existence respecte un déroulement linéaire et irréversible) et le maintien à tout prix de la chaîne généalogique.

    Quant à ta prise de conscience elle-même et à ce travail profond et décisif sur ta propre personne, ils me rappellent une pensée de V.Y. Mudimbé que je veux te proposer ici, de façon à t’indiquer en quoi ton attitude est remarquable et en quoi elle mérite d’être cultivée :

    « Je pense que nous avons autre chose à faire, de manière urgente : assumer librement la responsabilité d’une pensée qui porte sur notre destin et notre milieu avec comme objectif la réadaptation de notre psychisme après les violences subies ; ce psychisme que nous n’avons pas toujours le courage de nous refaire parce que, à tort ou à raison, l’entreprise nous paraît titanesque. C’est en cette entreprise que gît notre problème, le problème majeur. C’est de cette entreprise que dépend aujourd’hui et dépendra demain la pertinence des attitudes que nous pouvons développer face aux endémies qui nous viennent d’ailleurs ou que nous créons nous-mêmes, qu’elles soient de nature économique, politique ou idéologique. »

    Cet extrait fait suite à un passage d’autant plus important qu’il porte à lui seul tout le projet théorique et idéologique du célèbre penseur « congolais » :

    « Pour l’Afrique, échapper réellement à l’Occident suppose d’apprécier exactement ce qu’il en coûte de se détacher de lui ; cela suppose de savoir jusqu’où l’Occident, insidieusement peut-être, s’est approché de nous ; cela suppose de savoir, ce qui nous permet de penser contre l’Occident, ce qui est encore occidental ; et de mesurer en quoi notre recours contre lui est encore peut-être une ruse qu’il nous oppose et au terme de laquelle il nous attend, immobile et ailleurs. »

    Je n’ai pas résisté au plaisir d’associer ces deux extraits de Mudimbé à la remarquable pensée de Ignacio Ramonet que tu nous as proposée le 8 mai. Je trouve que pris ensemble, ces textes dessinent le cadre de notre débat et devraient contribuer à en suggérer l’intérêt aux yeux de certains (L’Homme-là et Timba) qui jusque-là restent dubitatifs ou partagés.

    Autrement, tu m’as interpellé plusieurs fois de façon directe et je me devais donc de te répondre.

    A suivre...

  405. Posté par Eric Joel Bekale, le 15 mai 2006 à 12:38

    Merci à toi Alain d’avoir suscité ce débat sur l’"existence ou non" d’une littérature gabonaise.

    Je pense qu’il aurait été plus clair, pour ceux qui interviennent en faveur de l’existence (dynamique) d’une littérature gabonaise, de citer, de manière plus ou moins détaillée, les oeuvres gabonaises et ceux qui en sont les auteurs. Cela aurait l’avantage d’éclairer tout le monde et ainsi apporter une information précieuse à ceux qui souhaitent lire les écrits gabonais.

    Pour ma part (célèbre inconnu), je suis l’auteur des oeuvres qui suivent :

    - LE CHANT DE MA MERE (poèmes), Edit. La Pensée universelle, Paris, 1993.
    - CRIS ET PASSIONS (poèmes), Edit. Bajag-Méri, Paris, 1996.
    - AU PAYS DE MBANDONG (nouvelle), Edit. L’Harmattan, Paris, 2001.
    - LE VOLEUR DE REVES (contes), Edit. L’Harmattan, Paris, 2003.
    - UN ETRANGE WEEK END A GENEVE (roman), Edit. Société des Ecrivains, Paris, 2005.
    - ELEVATIONS POETIQUES (poèmes), Edit. L’Harmattan, Paris, 2005.
    - LE MYSTERE DE NGUEMA (nouvelles), Edit. L’Harmattan, Paris, 2005.
    - LE CHEMINEMENT DE NGNIAMOTO (roman), Edit. L’Harmattan, Paris,2006.

    Rien que ça !

    Continuez vos bavardages ! Merci à toi Alain.

  406. Posté par Ludovic Obiang, le 15 mai 2006 à 12:41

    Concernant l’ADSL, tu es parfaitement informé. Depuis à peu près trois ans, les fournitures Internet sont de plus en plus rapides et disponibles. Si bien que je peux vous écrire depuis un cyber de quartier. Mais il semble encore loin le temps de l’Internet à domicile et à des prix dérisoires... Seulement, qui sait ? Avec la technologie et les affairistes...

    Pour le moment, on se débrouille avec quelques petites astuces. Moi, je viens sur le net, j’enregistre la page du jour - en ai-je le droit (le fameux copyright) ? - et je prends le temps de vous lire et de vous répondre sereinement.

    Concernant la situation des « métis », mon avis s’intègre à une réponse que je dois à Timba et que je prépare actuellement - et fiévreusement -, tellement elle est primordiale. En fait elle devrait brasser toutes les questions dont nous avons débattu jusque-là et résumer à elle seule toutes mes positions.

    Mais je voudrais déjà admettre avec toi que la question du « métis » est l’une des questions les plus sensibles et les plus controversées de la problématique identitaire africaine.

    Chez les « Lusophones » africains (ils n’aiment pas le terme), c’est le métis, l’assimilado, qui aura profité de sa situation de privilégiée pour sonner la révolte, mener la sédition (Mario de Andrade, Amilcar Cabral, Agostinho Neto, etc.). Mais de par leur naissance, ils seront enclins à gommer les différences raciales au profit des inégalités sociales et économiques. D’où leurs convictions marxistes et l’engagement militaire qui les conduiront à se démarquer radicalement de la négritude senghorienne.

    Au Gabon, la situation est extrêmement différente. Le métis, en particulier le métis myénè (populations côtières jalouses d’avoir commercé de longtemps avec les blancs, navigateurs et colons, etc.) a constitué rapidement une classe tampon, intermédiaire, élitiste et orgueilleuse qui bénéficiait des faveurs d’un système colonial fondé sur la discrimination. Le point d’orgue d’une telle aberration est la création, en plein Libreville, d’un « Cercle des Métis », interdit « en principe » à tout « colored ».

    La situation s’est progressivement rétablie avec l’indépendance, mais depuis, et en règle générale, le métis demeure une personne partagée, le « cul entre deux chaises », et optant souvent (moralement ou physiquement) pour son côté occidental. Mais, encore une fois, la situation peut varier en fonction du degré d’intégration et de « l’ethnie ».

    Quant à la situation générale des « Noirs américains », je voudrais aussi te renvoyer à ma réponse à Timba, laquelle ne devrait plus tarder et devrait forcer notre débat, mais aussi chacun de nous, dans ses derniers retranchements.

    Je te remercie simplement - mais grandement - pour les informations supplémentaires que tu m’a apportées. Les propos de Belafonte, en particulier, m’intéressent au plus haut point. Comment pourrais-je me les procurer ? Il me semble qu’ils viennent conforter ceux d’Arthur Ashe qui disait dans sa biographie « Days of Grace » : Il n’est jamais facile d’être noir, mais il y a rien de pire que d’être né noir au Etats-Unis.

    Pour finir Zik, pourrais-tu me traduire les paroles de « House of exile » de Jimmy Cliff ? J’ai pu apprécier tes compétences en la matière. D’autre part, je voudrais que tu me commandes un CD du guitariste de reggae-jazz Ernest Ranglin, Beyond the Bassline. J’aimerais que tu me l’amènes à Libreville, à ton retour. Mais tu à l’autorisation de l’écouter avant. Superbe.

    Timba, toi le féru de jazz (qui n’est pas sans me rappeler un autre mordu de Jazz, un certain Kangni Alem), je te le recommande aussi. Bien sûr je m’acquitterai du remboursement !

    De même, j’ai entendu parler d’un certain Alain Mabanckou, auteur d’un roman intitulé Verre cassé, aux prestigieuses éditions Gallimard. Il paraît qu’il marche très fort. C’est l’auteur francophone qui monte... Tu peux aussi me l’acheter. Par contre, pour celui là, pas de remboursement. C’est le prix pour ta bénédiction !

    A bientôt.

  407. Posté par Ludovic Obiang, le 15 mai 2006 à 12:50

    Cher Zik

    P.S. : Puisque nous en sommes aux présentations, je te conseille aussi de moi la nouvelle « On a perdu Monsieur Paul » dans le recueil collectif « Amours de ville, villes africaines », Fest’Africa/Dapper, 2001. Il s’agit grosso modo d’un parcours échevelé au cœur de la plèbe librevilloise (les fameux « matitis »).

    Je te "supplie" de te le procurer, parce qu’il est de grande qualité, avec des textes très libres sur les villes africaines (Mongo Beti, Tierno Monenembo, Coua-Zotti, Kangni Alem, etc.), mais aussi parce qu’il est introuvable à Libreville, tyrannie des grandes éditions oblige.

    P.S.S : Je pourrais aussi recommander le recueil à L’Homme-là, lequel ne me jugeant que sur la foi d’une seule nouvelle, me condamne à une sorte de traditionalisme puéril, et ne me reconnait pas le mérite de « nourrir » mon écriture par le « social ».

    Cher L’Homme, puisse ce texte te sortir de la déception que je t’ai occasionnée, toi qui a un moment « cru » en moi...

  408. Posté par Ludovic Obiang, le 15 mai 2006 à 12:57

    Cher Serigne,

    Excuse-moi pour le retard mis à te répondre, mais comme tu le sais, il me fallait recharger mon venin, dans l’espoir qu’il constituera le meilleur antidote pour l’aliénation profonde qui t’habite.

    Où as-tu lu que je m’en prenais au Sénégal entier, à chaque marabout « courbant » sa prière, au moindre lion baillant à se déboîter la gueule, à la moindre herbe de savane, etc. Tu as lu cela comme tu as lu que j’étais jaloux de Mabanckou, comme tu as lu que je n’étais qu’un comparse, comme tu as lu que Mabanckou me jetait des fleurs, etc.

    Si tu reviens sur la plupart de mes post, tu t’apercevras que le Sénégal reste une de mes références majeures, autour des personnalités d’envergure telles que Senghor, C.A. Diop, C.H. Kane, etc. De même, un de mes meilleurs amis et frères en écriture est un Sénégalais, originaire de Saint Louis et bien nommé Louis Camara. C’est un véritable esthète de la culture (féru de jazz), esprit particulièrement ouvert, dont les textes puisent leur source dans la culture... yorouba (Le choix de l’Ori, L’histoire d’Iyéwa, etc.)

    Ce n’est donc pas le Sénégal que je pourfends de ma plume, mais une certaine image du Sénégal, celle de l’intolérance, de l’endoctrinement, de l’univocité et du larbinisme intellectuelle. Celle qui se livre pieds et poings liés aux marchands de gloire et aux faiseurs de rêves.

    Je combats une image du Sénégal servile, incapable de se diriger par elle-même, de juger par son libre arbitre, mais attendant du dehors (le Blanc) qu’il vienne le nourrir des opinions passe-partout et des parangons d’opérette.

    Je vais t’en donner deux preuves formelles, « matérielles », bien que je sache qu’elles n’auront aucun effet sur toi.

    Tu déclares dans ton premier post ne connaître de la littérature gabonaise que Jean Divassa Nyama, « une sorte de Pagnol de la littérature africaine », que tu présentes un peu plus tard, comme mon contraire absolu, « un grand homme poli et élevé, etc. ».

    Je te dirai que cette formule traduit une allégeance aveugle et nuisible à l’opinion, car elle n’est manifestement pas de toi, mais d’un critique français - même l’Homme-là la reprend à son compte -, et tu l’adoptes sans en cerner la péjoration. Car si tu faisais preuve de discernement, tu verrais que cette présentation n’a rien de valorisante pour Jean Divassa Nyama, qu’elle ravale au rang de pastiche africain d’une référence française. C’est un Pagnol du pauvre en quelque sorte. Ce qui est éminemment triste. Mais le plus triste est que tu t’empares de ce « compliment » empoisonné pour le retourner contre Jean Divassa en croyant lui faire plaisir.

    C’est ainsi que nous autres Africains, nous nous faisons du tort en adoptant et en nous appropriant sans discernement les concepts et les notions, les représentations et les formules que les Blancs conçoivent pour flatter leur propre ego.

    L’autre preuve de ta « paresse » intellectuelle, c’est que tu te fais le chantre d’Alain Mabanckou, sans véritablement le connaître, par la seule foi de sa notoriété, par l’image qui est véhiculée de lui. L’homme-là « au moins » déclare : J’aime bien comment le social nourrit son écriture, il y a un jeu esthétique très excitant. Ca ne veut pas dire grand chose, mais ça possède au moins le mérite de justifier d’un intérêt personnel. Mais toi, pourquoi « supportes-tu » Mabanckou ? Par le fait qu’il représente aux yeux de certains « l’Afrique qui gagne ». Or ce que tu ignores, c’est que ce Mabanckou oeuvre fondamentalement contre toi, contre des personnes comme toi auxquelles il ne reconnaît pas le droit de penser autrement que par lui.
    Pour preuve, lis ce que tu dis de Divassa :
    « Oui, j’ai découvert Jean Divassa par hasard, une sorte de Pagnol de la littérature africaine, je crois qu’il est gabonais, j’ai aimé sa manière de m’enfoncer dans la lumière des villages gabonais avec les rites et les croyances paysannes
    . »
    Et maintenant reprends les paroles que tu nous as colportées de Mabanckou :
    « On ne doit pas se contenter d’une littérature cocorico, celle du palmier, de peaux de léopard, celle des masques, celle qui tournerait finalement autour de la case de son père au motif qu’il faut à tout prix défendre les racines africaines. »

    Restes-tu « sans commentaire » ? Voici l’homme que tu adules, admires, celui qui est pour toi le sommet par excellence.

    Tout ceci pour te dire mon cher Serigne que tu trompes d’adversaire, je dis bien d’adversaire et non pas de maître !

    A bientôt.

    Ludovic

  409. Posté par W. Idiatha, le 15 mai 2006 à 13:06

    je viens à la suite de beaucoup d’autres ici, réagir suite aux propos d’A. Mabanckou sur la littérature gabonaise.
    Je suis en ce moment étudiant à l’université de libreville, précisément en littératures africaines dans la filière "littérature gabonaise". Si je me suis inscrit en littérature gabonaise, c’est peut-être un peu par nationalisme, mais c’est surtout aussi parce que je crois en cette littérature.

    M. Mabanckou titre ainsi son texte :"SOS : pays africains cherchent désepérement des écrivains..." et nous dit que "pour le cas du Gabon " il y a "absence" de littérature" et encore que malgré "l’auto-satisfaction des gabonais à une "petite embellie" de (leur) littérature, "(il) ne voit rien qui puisse lui dire que le Gabon a enfin une littérature et quelques écrivains majeures". il nous dit encore que J. Mintsa a pour sa part, "regressé" pour avoir quitté la Coll. continents noirs de chez Gallimard pour L’Harmattan. Et il termine enfin avec ce ...Ayant dit cela, je sais que je ne vais pas me faire que des amis..." . Rassurez-vous M. Mabanckou, vous n’avez fait que nous donner votre opinion que je respecte d’ailleurs, même si je pense que celle-ci devait plus susciter un combat de coqs dans une basse-cour que celui de regler le problème aujourd’hui des littératures de RDC et du Gabon que vous indexez.

    Déjà, pour ce qui concerne J.Mintsa, très franchement je ne vois pas en quoi est-ce qu’elle "regresse" en faisant publier la seconde édition de son ouvrage Histoire d’Awu chez L’Harmattan. Parce que vous le savez bien, une maison d’édition ne constitue pas un critère de jugement ou de validation d’une oeuvre. Mais bien l’institution universitaire. Peut-être voulez-vous nous faire croire que la "coll.continents noirs" de Gallimard (puisque c’est dans ces registres que l’on insrit et publie les écrivains négro-africains) est beaucoup plus important que la "coll. écrire l’Afrique " de L’Harmattan. Mais le but de tout écrivain, n’est-il pas d’être publié ( et d’être lu), peu importe la maison qui l’édite ?

    Ensuite, je pense que vous interprétez (à mon avis) mal les analyses de R. Ovono Mendame (auteur de La famme des Crépuscules en 2004 chez L’Harmattan-très cher L’Harmattan !!-)lorsqu’il dit : "Dans ce mouvement d’éveil intellectuel, les femmes affichent nettement leur détermination à promouvoiur par l’écriture le patrimoine culturel national(...)". Ici, il est simplement question de l’ancrage anthropologique dans on est plongé lorsque l’on aborde les oeuvres des écrivaines gabonaises. Mais il faut signaler que l’ancrage anthropologique n’est pas le seul fait des écrivains gabonais mais de la pluârt des écrivains faricains qui, dans leurs oeuvres traduisent toujours une part de leur oralité. Wolé Syinka- la culture yoruba-, Amlos Tutuola-la culture Ibo-, J.-M. Adiaffi-la culture agni-,etc. Qu’on le veuille ou non, lorsqu’un écrivain africain écrit il y a toujours cette part subjective de son patrimoine culturel qui résurgit en toile de fond. C’est dans cet ordre d’idée que s’incsrit les propos d’Ovono Mendame. C’est ce que je crois, comme dirait BBY.
    Vous nous dites encore : "C’est à croire que les années 80, nous soient passées par dessus la tête au point que nous n’avons pas remarqué ces fameux écrivains gabonais(...). Et vous nous citez Laurent Owondo. Bien sûr. C’est UN GEANT. Mais il y a aussi Angèle Rawiri (Elonga, 1980 traduit en anglais, Fureuts et cris de femmes,, 1989, Gamèrakano, 1988), Okoumba-Nkoghé (La mouche et la glu,1984) F. Allogho-Oké (Biboubouah:Chroniques équatoriales-quelqu’un en a parlé, plus haut, je crois-, 1985)...et il y a plus au-delà de ces fameuses années 80. Faut-il parler de Bessora ( 53 cm,1999 ;... Petroleum 2004), de Moussirou-Mouyama (Parole de vivant,1992), Janis Otsiémi (Tous les chemins mènent à l’Autre,2000), Ludovic Emane Obiang ( L’enfant des masques,1999), Georges Bouchard ( Le jeune officier, 1999) qui s’inscrivent tous dans la modernité littéraire (votre fameux "embrasement littéraire") ?

    Il y a des textes littéraires publiés au Gabon (même s’il ne suffit pas d’écrire un texte pour se dire écrivain). La littérature gabonaise écrite existe depuis déjà très longtemps (1898 cf. l’article de Sima-eyi "Pour une analyse sociocritique de la littérature gabonaise : de 1898 à nos jours". Et celle-ci a longtemps été précédée par une littérature orale très vivace.

    La littérature gabonaise existe parce que l’institution universitaire la valide et la légitime. Actuellement, 14 étudiants de maîtrise sont spécialisés en "littérature gabonaise".Presque autant que les deux précédentes années.

    La littérature gabonaise dispose aujourd’hui de ses canons propres de fonctionnement . Certes, d’énormes efforts restent à fournir et cela, à tous les niveaux.

    En considération de cela, on oeut plus renier l’existence de la littérature gabonaise.

    Je ne vais pas m’étendre en longueur, je souhaite simplement que vous tous qui vivez là-bas du côté de la Seine, jetiez un tant soit peu vos regards au-delà. Sous l’Equateur, les choses avancent aussi.

    Savez-vous que la littérature équato-guinéene existe et qu’elle a 53 ans d’existence ?

    Bien à vous.

  410. Posté par Ludovic Obiang, le 15 mai 2006 à 13:09

    Chère Minga, chère Sœur et terrible Amazone,

    Il faut ajuster la grosseur du bâton à la largeur du dos.

    Je crois que l’ami « Camer » ne mérite pas un tel déchaînement. C’est un des ces gosses perdus, désorientés par les faiseurs de miracles et les marchands de rêves, incapable de s’orienter par lui-même et donc vulnérable à toutes les séductions, en particulier celles qui brillent comme des verroteries frelatées.

    Il est de ces garçons sans attaches, sans passé et donc sans avenir, incapable de cette discipline séculaire dont parlait Zik et qui lui permettra de faire le tri au sein de la friperie des valeurs et des savoirs qu’on lui propose.

    Il a donc besoin qu’on lui montre le chemin plutôt que de le flageller davantage.

    Son attitude m’inspire une réflexion qui va encore faire grincer des dents - mais au point où l’on en est...

    A bien observer les différentes interventions sur ce blog, on s’aperçoit que les propos les plus libres et les plus audacieux, les plus élaborés et les plus nourris, proviennent des Gabonais... Cela doit avoir un sens, du moins, pouvoir se rattacher à leur environnement socio-politique et économique.

    On peut dire beaucoup de choses et beaucoup de mal de « l’Etat-honteux » qui est le nôtre (cf. Georice Madébé), mais - du moins jusqu’à présent -, il nous a finalement garanti une aisance matérielle, un relatif confort de vie, qui nous confèrent une certaine amour-propre et une grande liberté de penser. Nous sommes enclins à nous suffire à nous-même et à refuser toute dépendance un peu exacerbée. C’est ce qui explique, en partie, le faible taux d’expatriation et le respect que nous manifeste encore à certaines frontières internationales - sans vouloir jouer les « bons élèves ».

    C’est ce qui explique que Zik après de brillantes études aux Etats-Unis, ne songe qu’à rentrer « au pays », étant assuré d’une situation matérielle confortable - sans parler de ses attaches généalogiques -, de même que Minga envisage sereinement son retour au bercail, avec les promesses de mariage et d’enfant, tout comme l’Homme-là, s’il ne se laisse pas tenter par les circuit et les réseaux à succès, devra faire profiter au Gabon de l’expérience emmagasinée.

    C’est ce qui expliquerait aussi mon cher L’homme-là, l’effacement des Gabonais et leur manque « d’ambition internationale ». Nous ne sommes pas - du moins pas pour le moment - des personnes qu’on achète et qu’on assujettit facilement (cf. Pierre Akendengué). Le principe est que : « je ne vais pas me faire tartir ici alors que j’ai un chez moi et de quoi vivre dignement. Tu me diras qu’une fois sur place nous ne nous vendons pas moins au système, mais ça paraît plus légitime à nos yeux. Même si ça n’en reste pas moins dommage...

    Mon cher Timba, cette digression apporte une démenti indirect à ton contre-argument sur la créolité, ta fameuse « créolisation ».

    Je ne pense pas très sérieusement que le poids d’Edouard Glissant, penseur versatile et caméléon (pas loin d’être un sophiste), peut suffire à ravaler la créolité à mes yeux. Il peut apporter un démenti, une forme d’inquiétude salutaire et m’imposer de complexifier ma réflexion, mais pas, de par sa seule autorité, me conduire à me rétracter.

    D’autant plus tout son verbiage me semble plutôt une question d’orgueil bafoué, une façon de punir des disciples un peu frondeurs et oublieux de l’ancien tuteur. Il s’en prend maintenant à la Créolité, lui l’ancien Emblème du mouvement, lui qui disait en introduction à un roman de Patrick Chamoiseau !

    « Je retrouve là le savant halètement des conteurs créoles : la parole y contraint d’attendre la parole, dont l » « chute » étonne et éclaire. [...]
    [Cette pratique d’écriture] s’articule autour de la rencontre, hier encore dénaturante, des langues française et créole. On reprochera ici aux écrivains antillais « d’enrichir » la langue française au détriment du créole ou de sa nécessaire défense, et là, de pervertir cette même langue, d’y introduire la cassure secrète d’une folle et inédite diversité ». Edouard Glissant in Un marqueur de paroles, Préface à Chroniques des sept misères de Patrick Chamoiseau, Gallimard, 1988, p. 5.

    En tous les cas, s’il décrète la mort de la créolité, je ne vois pas en quoi son concept de créolisation me semble plus porteur et plus légitime. Tel que tu me la présentes, la créolisation est un processus naturel de transformation et d’évolution, affectant tout individu ou tout groupe. Ce processus peut être conscient ou inconscient, contrôlé ou imposé. C’est ce qui fait que tout en étant Africains, Bantous, nous « évoluons » différemment en fonction de situations socio-politiques et économiques différentes. Les Camerounais verront l’avenir chez les Blancs, viseront les « hauteurs » des Salons parisiens, alors que les Gabonais chercherons d’abord à s’identifier à leurs sources et sauront se suffire du bonheur qu’ils trouvent auprès de leur « arbre » et de la « case de leur père ».

    Pour moi, la créolisation de Glissant peut se nommer « évolution », « transformation » et participer de la nature humaine. Alors que la « créolité » est la forme de « créolisation » propre à aux Antillais et qui constitue la « singularité incommunicable de l’être (qu’ils) possèdent » (Teilhard de Chardin).

    Bien à toi.

    Ludovic

  411. Posté par D.O.W., le 15 mai 2006 à 14:34

    Minga, je n’ai malheureusement pas beaucoup de temps en ce moment pour fréquenter assidument ce blog. J’aurais pris plus tôt le soin de répondre à tes objections et remarques qui sont en quelque chose, fondées et bien à propos. Je ne donne pas des lignes de conduite, mais comme j’ai déjà indiqué, la particularité des échanges sur un blog c’est que chacun peut tenter d’influencer le cours des choses. Je ne cache pas avoir essayé d’infléchir le ton des débats. Malheureusement en vain, je dois le reconnaître. Ensuite, j’aurais fait plus long pour te répondre que pour répondre à Edwige sur un débat plus profond. En effet, oui, trois fois oui. Hélas oui. Et bien avant tes remarques, il y a quelques temps, j’étais en train de penser que ce sujet du blog est probablement le seul, où je sois intervenu tant de fois, sans jamais en venir au fond du débat. Mais la faute à qui ? Tout mon effort ici (que tu railles en énonçant que j’ai voulu dicter des conduites) a consisté à essayer de faire en sorte que nous revenions sur le fond des choses. Et si tu relis les posts, tu verras que le premier à avoir félicité Ludovic de donner un fond plus dense au débat, c’est moi. Tu verras que chaque fois que quelqu’un s’est concentré sur le fond des choses (GBM par exemple), j’ai salué l’initiative. Mais je ne te cache pas que j’étais passablement immotivé pour hasarder ici les choses sur le fond du débat. Quand on est happé dans un amas d’invective, il y en a, comme moi, à qui cela ôte toute envie de rentrer dans le débat qui risque alors de perdre en qualité. Edwige pourra te dire qu’ailleurs sur ce blog, quand l’ambiance fut à la sérénité qui sied au débat enrichissant, nous avons déjà eu d’abondants échanges sur le sujet dont elle me reparlait ci-haut. Tu comprendras donc que je n’aie pas voulu la lasser en ressassant. Parce que dans le fond Minga, tu m’accuses à la fois de vouloir orienter le débat (je dirais même, sans fausse modestie, l’élever), puis en même temps, de m’y complaire tel qu’il est. C’est un peu contradictoire il me semble... A moins que je ne m’égare en interprétations hasardeuses. De toute façon, tu me reprocheras d’avoir fait trop long sur de l’inutile. Je m’arrête donc là ;-)

    Bien à toi.

  412. Posté par Jo Ann, le 15 mai 2006 à 15:55

    Cher Ludovic,

    j’attends avec impatience votre réponse à Timba sur les Métis principalement lusophones.
    En tant que Métisse Angolaise, j’assume mon africanité et ma lusophonité malgré mon nom allemand. Autant j’accepte le terme "lusophone", autant je me pose la question sur "assimilados". Bien sûr, je ne suis pas née pendant l’Indépendance, ce qui m’enlève un poids de la conscience.
    Mais encore aujourd’hui on est encore jugés que par la peau de notre peau, affirmant de ce fait notre place privilégiée au sein de la société. Je ne crois pas en quoi, tout aussi Métisse que je suis, serais-je plus privilégiée qu’une autre... après tout, mon père est bien né dans un bidonville et a dû arrêter ses études à l’âge de 14 ans...

    Jo Ann

  413. Posté par Eric Joel Bekale, le 15 mai 2006 à 16:00

    Bonjour à tous, heureux de lire vos commentaires et opinions sur l’"existence ou non" de la littérature gabonaise. Salut à Ludovic et à Hémery.

    Je pense qu’Alain à tout le mérite d’avoir soulevé la question sur l’existence ou la non-existence d’une littérature gabonaise. Il me semble évident qu’Alain, à travers cette question, cherchait à provoquer des réactions et ainsi permettre l’affirmation de la présence d’une littérature gabonaise qui souffre d’un manque de visibilité aussi bien au Gabon,en Afrique que dans le reste du monde (en France surtout quoi !). Pour l’avoir fait, je dis merci à Alain.

    Mais, j’aurais souhaité,en guise de réponse pertinente, que quelqu’un, il me semble avoir lu les réactions d’"experts de la littérature gabonaise", vienne, afin achever le débat, nous parler de la littérature gabonaise, de ses oeuvres et ses auteurs. Ainsi, tous ceux qui fréquentent cette toile s’en retourneraient avec des informations enrichissantes sur la littérature gabonaise.

    Aussi, je me permets de vous signaler que près de 100 auteurs (si ce n’est plus)font la littérature gabonaise actuellement. C’est vrai qu’ils manquent de promotion et de couverture, et c’est là tout leur malheure.

    Pour ma part (illustre inconnu), je suis l’auteur des oeuvres suivantes :

    - LE CHANT DE MA MERE (poèmes), Edit. La pensée universelle, Paris, 1993.
    - CRIS ET PASSIONS (poèmes), Edit. Bajag-Méri, Paris, 1996.
    - AU PAYS DE MBANDONG (nouvelles), Edit. L’Harmattan, Paris, 2001.
    - LE VOLEUR DE REVES (contes), Edit. L’Harmattan, Paris, 2003.
    - UN ETRANGA WEE END A GENEVE (roman), Edit. Société des écrivains, Paris, 2005.
    - ELEVATIONS POETIQUES (poèmes), Edit. L’Harmattan, Paris, 2005.
    - LE MYSTERE DE NGUEMA (nouvelles), Edit. L’Harmattan, Paris, 2005.
    - LE CHEMINEMENT DE NGNIAMOTO (roman), Edit. L’Harmattan, Paris 2006.

    Rien que ça. Je serai heureux que quelqu’un me dise qu’il m’a lu. Histoire de rire quoi !

  414. Posté par Zik, le 15 mai 2006 à 16:42

    Salut Ludovic,

    En ce moment, je recois la visite de certains proches et ma frequence sur le net s’en retrouve affectees. Merci pour les recommendations de lecture. Pour les bouquins et CD que vous avez demande, je puis les acheter immediatement, mais si vous tenez a ce que je vous les emmene en mains propres, vu que je soutienne en Aout, je partirais probablement pour le Gabon en Septembre 2006. Si c’est trop loin, je vous prie de me suggerer une forme d’expedition plus rapide (de grace, pas DHL qui coute les yeux de la tete). Je vais vous envoyer sur votre mail, quelques textes traduits des propos de Belafonte, ainsi que la traduction du titre “House of Exile” de Jimmy Cliff.

    Mr Bekale,

    Merci de cette mise au point car je me suis senti tout bete en constatant que malgre le fait d’avoit fait toutes mes etudes primaires et Secondaires au Gabon, j’ignorais votre oeuvre.

  415. Posté par Zik, le 15 mai 2006 à 16:54

    A propos, Ludovic, mon "Enfant des Masques" n’est pas encore arrive. Mais j’ai recu la confirmation de son expedition par la Fnac via email.

    Mr Bekale, vos livres sont-ils disponibles a LBV ? et a quel prix ? (j’essaie de comprendre les mecanismes de l’acces a la litterature chez nous).

  416. Posté par Minga, le 15 mai 2006 à 19:50

    Ca y est, DOW est tombé amoureux de moi ! (rires). C’est incroyable comme il est accro, malgré ses critiques ! Accro - lui si distingué - au point de revenir dans la "basse-cour" (sic) s’encanailler avec Minga. :))

    Sinon, bonsoir à vous tous : Edwige, Zik, Ludo, Jo Ann, Timba et les autres.

  417. Posté par chantal, le 15 mai 2006 à 20:14

    Bonsoir tutti fangui,

    en guise d’apéritif, comme je n’ai pas encore lu le recueil de proverbes fang aux Editions Raponda - Walker permettez-moi de vous offrir un petit proverbe chinois :

    Celui qui ne sait pas, et qui croit qu’il sait, fuis-le.

    Celui qui ne sait pas, et qui sait ce qu’il ne sait pas, éduque-le.

    Celui qui sait, mais qui ne sait pas qu’il sait, éveille-le.

    Celui qui sait, et qui sait qu’il sait, suis-le.

    Ensuite je voudrais dire que celui qui crache au ciel, mouille sa barbe , pas besoin de s’énerver pour communiquer !

    Pour W.Idiatha, bienvenue dans cette enrichissante conversation à bâtons rompus sur la littérature gabonaise en effet c’est moi qui ai parlé de Ferdinand Allogho-oké dont je viens d’achever Biboubouah, je m’étonne que son camarade Obiang, qui a fait une résidence en sa compagnie ainsi que Couao-Zotti et Dogué en 1998 à Limoges soit aussi taiseux à son sujet, ce Monsieur dirige apparement le théâtre national du Gabon.

    En allant sur le site du CRELAF dont vous faites partie, j’ai trouvé un excellent article de Jean Léonard Nguema Ondo de plusieurs pages qui nous parle du roman gabonais des origines à nos jours daté de 2005, il mérite je crois d’être lu par ceux du blog qui ne connaissent pas le roman gabonais.

    C’est très bien étayé, clair et sans aucun favoritisme apparent envers l’un ou l’autre confrère en plume.

    J’hésite un peu à suivre les conseils du Tambour-Maître, dans ses visions nocturnes il semble avoir vu Verre Cassé aux éditions Gallimard ? post 407...

    Peut-être est-ce un de ses manuscrits refusé réçemment au Seuil qui lui est retombé sur la carafe...

    Comme la vie est étrange...

  418. Posté par Minga, le 16 mai 2006 à 03:04

    Mais revoici la Chantal qui s’en revient régler ses comptes la lippe baveuse ? Pour ensuite faire l’ingénue d’Orléans quand on voudra la mettre sur le bûcher ? Ben tu sais cocotte, ta science infuse sur Allogho-Oké et ses Bibibouah est si immense que te disputer cet honneur ferait "mauvais genre" (hein, DOW ?) (rires). Voici que tu viens de terminer la lecture. Tu vas enfin pouvoir colmater nos grossières lacunes en la matière. Surtout que tu souffres autant du silence gabonais sur cet ouvrage.

    Par ailleurs, vraiment merci pour les très instructives sentences chinoises servies en guise d’apéritif. :)) Leur rafraîchissante sagesse a fait se connecter mes deux neurones, grave ! Profitons alors de l’événement pour te rendre la politesse, ma belle. De plus, j’ai cru comprendre que tu n’es pas fille de Sem. J’aimerais te remercier pour l’apéro, en te retournant quelques proverbes africains. Mais en guise de plat de résistance. Ce serait dommage de boire autant le ventre vide, n’est-ce pas ? Surtout si pour une amatrice...

    - Qui avale une noix de coco doit faire confiance à son anus.
    - Ce n’est pas parce que l’enfant joue avec les seins de sa mère qu’il va en faire autant avec les couilles de son père.
    - L’erreur n’annule pas la valeur de l’effort accompli.
    - Si quelqu’un te mord, il te rapelle que toi aussi tu as des dents.
    - Une pirogue n’est jamais trop grande pour chavirer.
    - Le chien a beau avoir quatre pattes, il ne peut emprunter deux chemins à la fois.
    - Le soleil n’ignore pas un village parce qu’il est petit.

    Que ceux qui savent entendre, entendent !

  419. Posté par Jo Ann, le 16 mai 2006 à 12:15

    Minga,

    je ne t’ai pas oubliée, je te dois un e-mail ! :D Mais les examens... :|

  420. Posté par Ludovic Obiang, le 16 mai 2006 à 13:31

    Cher L’Homme-là

    Comme promis je voudrais répondre à certaines de tes interrogations faisant suite à ma réponse musclée à la « note » d’Alain Mabanckou, autant par égard pour le collègue et l’ami que je respecte, que pour les besoins de la science littéraire que nous professons ensemble. Bien que je pense avoir déjà anticipé sur plusieurs de tes attentes, je m’efforcerai d’être aussi précis que possible. Cela risque d’être un peu ennuyeux pour ceux qui doivent endurer mon bagout depuis plusieurs semaines mais compte tenu de l’estime que j’ai pour toi, il me fallait faire ces approfondissements.

    C’est de ma part, confesser d’emblée un double regret : que tu n’aies pas pris le temps de lire mes précédents post autrement « qu’en diagonale » et que tu sois ainsi parti sur des présupposés qui ont faussé ta lecture. Dans l’attente du présent post, je te le posais déjà les questions suivantes :
    - Où as-tu pris que je contestais à Mabanckou son talent d’écrivain et son droit de se faire éditer par des maisons européennes ?
    - Où as-tu pris que je déniais tout mérite au fait d’être édité par ces grandes maisons ?
    De même je te demanderais où as-tu lu que je contestais à Mabanckou le droit d’émettre une opinion critique sur le roman gabonais et à quoi devines-tu que je défends les thèses d’Ovono Mendame ?

    Concernant le roman gabonais, tu sais ma position particulièrement critique et tu sais que cela m’a valu des inimitiés. Tu sais que j’ai rompu d’avec un organe comme Notre Libraire pour avoir pris position contre l’article de Papa samba Diop (Ecrire l’Afrique aujourd’hui : les auteurs gabonais) que je trouvais non seulement « pompé » sur le mien, mais en plus trop complaisant avec certaines « plumes émergentes », trop élogieux pour être honnête. C’est pour dire que je n’ai pas attendu Mabanckou pour être virulent et libre de mes réflexions.

    De même, je te rappellerai que Samba Diop comme de nombreux critiques font l’apologie de Chantal Mbazoo, sans que cela n’ait suscité ton indignation. Il ne fallait pas attendre cette tribune pour exprimer tes réserves. Au lieu de cela, partant de tes présupposés, tu t’es tout de suite engagé « contre » moi, parlant de me contredire sur des choses que je n’ai pas dites, de sorte, qu’évidemment ce forum pouvait passer à tes yeux pour un « débat sans intérêt » et mon combat pour « un vrai-faux combat ».

    Or il n’en rien et je me suis battu contre vents et marées dans ce blog pour signifier à chaque intervenant, favorable ou non à ma pensée, que le débat qui nous réunissait était crucial et pourrait décider de notre vision prochaine du monde. Ce que je tance chez Alain Mabanckou, c’est le plastronneur en lui, c’est la fanfaronnade, l’esbroufe, le jeu qui consiste à se moquer d’une littérature présumée indigente pour se mettre soit même en valeur.

    Mais je ne suis pas le seul à m’en être aperçu. Même DOW lui déclare : « si tu avais écrit ton article, Alain, avec d’autres mots que ceux qui semblaient là pour railler et moquer, le débat aurait été plus serein, et plus riche. » Ce que je récuse chez Mabanckou, ce sont les « non-dits », l’arrière-plan selon lequel sa position, sa réussite personnelle soit un critérium pour souligner la faiblesse des autres et les condamner à une sorte de mendicité intellectuelle.

    Voici ce que je conteste à Mabanckou et que je me devais de lui faire savoir avec le maximum de fermeté, pour en faire un précédent et dissuader tout autre parvenu à tenter cela à l’avenir.D’autant plus que illustrant à merveille le vieux précepte de la Bible, il juge de la paille qui est dans l’œil de son voisin sans voir la poutre qui est dans son propre œil.

  421. Posté par Eric Joel Bekale, le 16 mai 2006 à 13:32

    A l’attention de Zik (et des autres),

    Merci de l’intérêt que tu pourais porter à mon oeuvre. Je suis heureux de savoir que quelqu’un souhaite me lire. C’est reconfortant, en même temps, cela donne un sens à ce que je fais. "Un auteur qui n’est pas lu, c’est comme un chanteur qu’on n’écoute pas". N’est-ce pas triste ?

    Bref, mes livres sont disponibles à Libreville chez les libraires : Maison de la Presse (face au Ré-Ndama)et MAGALI (nouvelles galeries en face de Mbolo).

    En France, c’est chez L’Harmattan.

    Merci et bonne lecture !

  422. Posté par Ludovic Obiang, le 16 mai 2006 à 13:39

    Il se présente comme un juriste de formation ( ?) qui se retrouve enseignant de littérature francophone aux USA... Par quel miracle ou par quel parachutage ? Tu admettras avec moi, toi universitaire confirmé, que le volontariat a ses limites. Comment en plein XXIème se targuer d’être professeur de lettres sans en avoir la formation et les qualifications (pré-requis) ? Les « Blancs » se moquent vraiment de nous. Pourquoi ne pas lui donner je ne sais quel enseignement de droit ou de médecine ? Parce qu’il a écrit des romans ? Ahmadou Kourouma en aurait donc aussi les compétences. Tout comme Ken Bugul ou Ousmane Sembène ?

    Ce n’est au mieux qu’un intervenant ! En tous les cas, les limites et les lacunes de notre « enseignant » sycophante transparaissent à travers son discours : manque criard de lectures, méconnaissance absolue des problématiques de base, pauvreté terminologique, ignorance navrante de ce qui a été dit avant lui, etc. Il est à propos d’une discipline universitaire des conditions et des exigences, des outils didactiques et des objectifs pédagogiques, des concepts, des notions, des préalables qui constituent les fondements de cette discipline. Son enseignant ne peut les ignorer à moins d’être un imposteur, ce que notre ami est assurément, incontestablement.

    Ne m’oppose pas le même pauvre et éternel argument de la simple opinion, du simple avis. Minga t’a répondu sur la question et je renchérirai en disant que cette justification n’est apparue qu’après mon intervention. Jusqu’à mon intrusion brutale, Alain se bombait le torse comme un parangon. Lorsque le jeune Zik lui pose la question de savoir s’il s’est suffisamment documenté, Alain lui répond qu’il « observe les chose au maximum »....

    C’est à dire qu’Alain ne se contente pas de plastronner, mais il ment... effrontément, consciemment.... Il ment non seulement pour faire le paon, mais aussi pour grimper en estime et en valeur. Se donner des airs d’un intellectualisme qu’il ne possède pas. Je soutiens qu’avant cette « note », il n’avait jamais lu le moindre roman gabonais. Ni Au bout du silence, ni aucune de mes « nouvelles », ni le roman de Justine Mintsa qu’il distingue pour d’évidentes raisons de prestige. Son savoir est un savoir finalement standard, celui auquel peut accéder n’importe quel lecteur attentif à l’évolution de la littérature francophone en France.

    C’est donc quelqu’un sans scrupule, capable de se frayer un chemin par le mensonge. Pour nous, il perpétue la tradition selon laquelle « à beau mentir qui vient de loin ». Souviens toi que c’est avec de la verroterie et quelques épaulettes que nos ancêtres ont cédé nos terres - Djigui s’est contenté d’un train dans Monnè, outrages et défi... Il s’agit en fait de la même logique infamante du pseudo-discours averti, mais farfelu, truffé d’irrégularités, fondé sur notre crédulité et notre tendance à nous émerveiller de la moindre étrangeté.

    En fait une terrible imposture. Il s’agit de nous vendre n’importe quoi du moment que nous en redemandons, de la pacotille du moment qu’elle porte un bel emballage. Venant des Occidentaux, c’est à peu près normal, on connaît leur pragmatisme, mais d’un propre fils d’Afrique, c’est inadmissible. Que nous crachions nous-mêmes sur notre malheur, que nous contribuons nous-mêmes à l’abrutissement de nos masses, par ambition personnelle, en lui vendant une vision caricaturale de nos réalités, en nous faisant le passeur des stéréotypes réducteurs de ceux qui ont intérêt à nous voir par terre. C’est inadmissible !

  423. Posté par Ludovic Obiang, le 16 mai 2006 à 13:45

    Aujourd’hui les Arabes sont haïs mais respectés, parce qu’ils sont prêts à défendre, même au prix de leur vie, chaque centimètre de leur territoire symbolique, culturel, économique, politique, religieux, etc. Rappelle-toi l’affaire des caricatures... Il est temps aussi pour les Africains, sans aller jusqu’à de tels excès, de mettre les points sur les i et de décider de ce que sera leur territoire fondamental, leur « âme ».

    Est-il besoin que je rappelle les insuffisances des propos d’Alain ? Chacun de mes post en évoque au moins un. Je me contenterai d’évoquer celui qui me semble le plus caractéristique de ses intentions et de sa malice. Il dit de Justine Mintsa : « elle a régressé en passant de... », c’est-à-dire qu’elle aurait perdu en qualité d’écrivain. Or tout écrivaillon sait à Libreville que le roman de Justine Mintsa n’a pas été retenu pour sa qualité littéraire - sans augurer de cette qualité, que je laisse à l’appréciation de chacun - mais pour la position administrative de l’auteur qui ouvrait un certain nombre de portes aux responsables de Gallimard.

    Alors lorsque le « Maître » déclare que : « il faut savoir que ces éditeurs européens peuvent vivre sans les écrivains africains [...] », soit il ment effrontément soit il est particulièrement naïf. L’édition par Gallimard du roman Historie d’Awu a coûté une partie du budget de la coopération française pour le Ministère de la Culture du Gabon. Elle a privé toute une communauté artistique et culturelle d’une manne qu’elle aurait pu convertir en un apport collectif au profit d’une seule Gabonaise et de quelques aristocrates de l’édition française. Nous le savons.

    Alors que vaut le roman en question ? Que vaut l’appréciation de régression ou d’ascension, puisque ce sont l’intrigue et le calcul qui ont prévalu dans le choix ? D’où la remise en cause des pratiques et des mœurs éditoriales françaises, et celle de l’intégrité des fameux circuits et réseaux, et celle de la qualité des œuvres derrière l’emballage. Le fait d’être « adoubé » par l’institution littéraire occidentale ne peut être à lui seul gage de qualité et d’envergure intellectuelle et Mabanckou ne peut prendre prétexte de sa notoriété internationale pour passer ses doigts sur des plaies réellement vives.

  424. Posté par W. Idiathathéâtre national, le 16 mai 2006 à 13:48

    Bonjour Chantal,

    M. Jean-Léonard Nguema Ondo, a fait de nombreux travaux sur la littérature gabonaise, dont sa thèse soutenue en Sorbonne en 2002. Ce qui d’ailleurs fait de lui, un des spécialistes de cette littérature bien qu’il soit également très intéressé par la littérature d’autres pays de la sous-région. Dans le compte du CRELAF que je préside, il va animer le 24 mai prochain, une conférence qui portera sur :"53 ans de littérature équato-guinéene : Histoire et Identités littéraires".

    Par ailleurs, je ne sais pas si Ferdinand Allogho-Oké est toujours le Directeur du théâtre national-je crois qu’il ne l’est plus-.Mais il n’en demeure pas moins que ses Chroniques équatoriales -Biboubouah- soient un texte très plaisant, du moins pour ceux qui savent apprécier. Je vous recommande aussi son récueil de poèmes Vitriol Bantu -2001, éd.Raponda Walker- dont l’humour décapant -comme vous dites- ne vous laissera, une fois de plus, indifférente.

    Bien à vous.

  425. le 16 mai 2006 à 13:54

    En effet, Verre cassé c’est au Seuil et non chez Gallimard. Minga, qu’on te suive ou pas dans tes posts, on se rend au moins compte d’une chose : tu as une plume. Au plaisir de lire ton premier livre, sinon ce serait un gâchis. Tu dis que DOW est tombé amoureux de toi ? Qui ne tomberait pas amoureux de toi en te lisant, hein ?

  426. Posté par Ludovic Obiang, le 16 mai 2006 à 13:58

    Je ne conteste pas qu’il soit « grand « écrivain et que tu lui reconnaisses des qualités d’écriture que tu conceptualises comme tu peux. Mais reconnais aussi que l’étiquette joue un grand rôle dans l’appréciation générale - regarde un Serigne - et souvent un coup de pouce - ou de téléphone - suffit pour faire d’un obscur travailleur une star internationale. A mon avis, rien que de part le « soupçon » qui entache l’élection dans ces hautes sphères, il n’y a pas de quoi faire le ngando, même si l’on est sûr de son talent.

    Encore moins encourager les plus jeunes à se fourvoyer vers ces « cimes » de la vénalité humaine. C’est ce que j’ai voulu dire à ton ami Mabanckou et la manière la plus ferme. J’aurai pu le faire de façon plus sournoise et le confondre en le soumettant à jeu de questions vicieuses qui auraient mis à nue son ignorance et sa vénalité, mais j’ai préféré m’engager à vue. Par honnêteté vis-à-vis de lui et du public.

    Ce qui lui permet aujourd’hui de se retrancher derrière un silence outré et napoléonien. Silence qui n’est que demi-silence puisqu’il nous répond par interview interposée et par la voix de ses affidés, au nombre desquels je dois bien te compter. Puisque tu te flattes désormais d’être de ses intimes, demande lui l’air de rien, lorsque tu le verras à Montpellier : « Alino, entre nous, tu avais lu combien de romans gabonais avant de pondre ta note-là et puis, c’est quoi c’est cette histoire de « régresser ». Entre-temps il aura certainement réfléchi et lu un ou deux romans de plus et pourra te répondre. Mais je peux te dire que je n’attends rien de ses explications.

    Par contre, je suis heureux de voir que toi-même tu as évolué dans ta perception de ses mérites et de ses torts. Au départ, tu ne voyais rien de choquant dans ses propos, « ce n’est rien Alino », par après tu a reconnu qu’il y avait « certaines généralités regrettables » et que « certaines appréciations restent un peu simplistes ». Dans ton dernier post tu promettais même de lui « signaler certains propos discutables de son billet sur la littérature gabonaise ».

  427. Posté par Ludovic Obiang, le 16 mai 2006 à 13:59

    C’est déjà une avancée. Peut-être que tu finiras par admettre qu’il y avait un véritable poison dans ses propos et que ces derniers étaient inqualifiables au regard de la position et de la qualité présumée de leur auteur. Car ce qui pouvait me choquer - mais ça m’amuse désormais - c’est que ceux pour qui j’ai entrepris ce travail de réhabilitation, sont les premiers à me crier dessus, à me traiter de frustré, de sauvage, d’imbécile, de jaloux, de vaniteux, etc.

    Car il faut se détromper, la morgue de Mabanckou ne vise pas seulement les Gabonais, crispés selon certains dans un patriotisme aveugle, mais elle frappe également chaque Africain concerné par les mêmes stéréotypes et la même dévaluation. Le Congolais comme le Sénégalais, le Malien comme le Centrafricain, etc. Mais depuis quand l’homme juge-t-il avec sa tête : souvenons-nous du Christ et de Barrabas.

    Et puis, je m’attendais à être évalué avec la même mesure qu’on applique pour un autre. Je ne pouvais pas espérer autre chose que cette levée de boucliers, et je suis dès lors d’autant surpris par la verve et la loyauté des jeunes Gabonais qui m’ont accompagné jusqu’à présent, qui ont résisté à toutes les tempêtes et maintenu ferme leur positions. Je tenais à les féliciter et je leur promets bien des vicissitudes s’ils continuent sur cette voie.

    Je me féliciterai quant à moi d’une seule chose, c’est d’avoir permis de donner du Gabon une image autre que l’image d’Epinal ou la caricaturale habituelles. Après être passé par ce blog, plus personne, j’en suis sûr, ne parlera à la légère du Gabon, ni même de quoi que ce soit d’autre. « Nous faisons ce que nous savons et nous savons ce que nous faisons ». Porte toi bien mon frère, ton amitié m’est chère.
    Ludovic

    P.S. : Je pensais à quelqu’un d’autre à propos de l’ambition politique. Mais avec la vie on ne sait jamais...

  428. Posté par W. Idiatha, le 16 mai 2006 à 14:02

    P.S:Zut !j’ai par erreur écrit "w.Idiathatheatrenational" au lieu de "W.Idiatha"comme dans mon premier post.

  429. Posté par Minga, le 16 mai 2006 à 15:16

    L’auteur(e) du message posté ci-haut à 13h54 a tenu à garder l’anonymat ? :)) Mais je tiens à le/la remercier pour sa sympathie. Ceux qui ont fait les deux guerres occidentales (14-18 / 39-45) comprendront peut-être mieux le plaisir de recevoir un mot doux au fond d’une tranchée. (rires)

    Mon premier livre ? Oh là là, mon Directeur de thèse m’y encourage vivement. Mes amis, des proches... J’avoue que c’en est destabilisant. Peur de ne pas être à la hauteur de leurs attentes ? Phobie des cimes et de ses couleuvres ? Ou simplement la crainte de troquer la goutte d’innocence qui me reste, et qui me fait me lever chaque matin avec le bonheur d’être moi-même...

    Mais bon, "wait and see" comme on dit chez Uncle Sam... :))

  430. Posté par Zik, le 16 mai 2006 à 15:49

    Mr Bekale,

    Merci pour ces renseignements. Je constate avoir un certain retard a rattraper par rapport a la mise a jour de mes lectures. J’ai avec moi, ici, quelques ouvrages de Nationaux, mais je me promets d’avaler autant d’ouvrages que possible a mon retour a LBV. Sur la lecture au Gabon en general, si je me base sur mon experience personnelle au Lycee Leon Mba, nous lisions les grands standards litteraires qui etaient prescrits par les programmes scolaires, mais si nous voulions lire autre chose, c’etait plutot le bouche a oreille. Je ne sais pas s’il y a desormais des programmes de vulgarisation de la litterature, dans les radios (il y a des dizaines de stations radio au Gabon) ou televisions (il y a 5 chaines de television nationales). J’espere qu’il y ait au moins un programme hebdomadaire de presentation et discussion litteraire (ou culturel) sur l’une des chaines (RTG1, RTG2, Tvplus, TeleAfrica et RTN).

    Ludovic,

    Je suis en train d’effectuer les traductions. Je les envoie des que possible.

  431. Posté par Ludovic Obiang, le 16 mai 2006 à 17:58

    Chère Chantal,

    Sur tant de posts, vous n’avez jugé digne de votre attention qu’un simple lapsus ! Un détail, une virgule qui manque ou un accord oublié ; à moins que vous n’y ayez vu une erreur plus profonde, trace d’un trouble plus insidieux. Dans ce cas, n’hésitez pas. Nous sommes là pour nous corriger.

    Mais pour moi, Gallimard et Seuil, c’est bonnet blanc, blanc bonnet.

    Se tromper sur les deux, à mon avis, ce n’est pas plus grave que d’attribuer la Direction du Théâtre national à Allogho-Oké, 3 ans après son éviction . Mais cela, Minga l’a déjà dit, tout comme elle vous apporté des contre-proverbes que je fais totalement miens. Puissent-ils contribuer à votre accomplissement...

    Quant à faire l’impasse sur Allogho-Oké, combien de fois faudra-t-il vous dire que je ne suis pas ici pour me faire le chantre de la littérature gabonaise. Non, même pas pour la sympathie d’Eric-Joël Beckale.

    Je suis là pour corriger le vice d’un écrivain qui veut profiter du relatif anonymat d’une littérature réputée marginale pour faire valoir son propre mérite et véhiculer/imposer une certaine vision de la littérature et de l’institution littéraire.

    Voici mon projet. Maintenant, pour faire connaître la littérature gabonaise, il y a des cadres plus appropriés et vous en avez trouvé un par vous-mêmes.

    Chère Jo-Ann,
    Je vous remercie pour votre post.

    Vous n’avez pas besoin d’être ironique, car sans "juger des choses au maximum", je ne peux jamais avoir de la situation en Angola qu’une vision de loin, transmise par différentes méditations, en particulier celle d’universitaires (Jean Ziegler) et de journalistes.

    Votre contribution peut donc être cruciale et je me ferai un plaisir de la lire dès maintenant, au lieu de m’attendre au tournant de la rue.

    A moins que vous n’ayez d’informations contraires, je pense ne pas m’être trompé en ce qui concerne "les grandes lignes" (C.A. Diop). Autant les métis ont contribué à la libération des colonies lusophones, autant la communauté des métis - moins quelques exceptions comme le cinéaste Philippe Mory - a joué le jeu du système colonial au Gabon.

    Quant au terme de "lusophone", même si vous, vous ne le rejetez pas, il serait difficile de nous prouver que des personnes qui ont mené un combat aussi rude et implacable contre le colonisateur se font aujourd’hui une joie de parler sa langue.

    A ce niveau, je ne suis pas le seul que vous devez corriger. Je vous enverrai dans les meilleurs délais des références d’ouvrages qui vous montreront à quel degré - de votre point de vue -, la situation de l’Afrique lusophone est donc mal connue.

    En tous les cas, vous admettrez que je n’ai pas voulu me moquer un seul instant de la situation que je décrivais.

    Au contraire, j’ai beaucoup d’admiration pour les auteurs lusophones, en particulier ceux qui ont connu la colonisation (ou la guerre) et qui ont écrit des textes admirables dans des conditions extrêmes (Espérance sacrée, On a tué le chien galeux, etc.)

    A bientôt.

    Ludovic

  432. Posté par Eric Joël Békalé, le 16 mai 2006 à 18:35

    A Zik,

    Je suppose que vous êtes Enseignant... ou Etudiant ? J’ai effectivement constater, chez les Enseignants, et Dieu seul sait que je compte de nombreux amis et frères dans ce groupe,que pour lire un livre, il est indispensable que celui-ci soit, au préalable, inscrit au Programme officiel de l’enseignement. Je n’arrive pas à comprendre cela. Les livres, à fotiori lorsqu’on est Enseignant ou Etudiant, on les aime ou on ne les aime pas. Je me rends régulièrement en Librairie (quelque soit la capitale où je me trouve), je fouille, je lis les quatrièmes de couvertures, et lorsqu’un livre m’accroche, j’achete. C’est vrai, j’aime les livres.

    Je peux affirmer, et c’est un défi, que plus de la moitié des Enseignants de littérature (plus généralement de Français) du Gabon et leurs étudiants n’ont pas lu le tiers de la production gabonaise en littérature. Pourtant, ces derniers, en bons critiques, vous diront qu’il n’y a presque pas de production gabonaise (un peu comme Alain) ou que les écrits gabonais sont de qualité relative. Eh, oui ! le mal est d’abord et avant tout chez nous au Gabon. Il faut croire que nous ne nous aimons pas...

    Je suis convaincu que le rôle de l’écrivain est d’écrire. Il ne lui revient pas de faire sa propre promotion, de diffuser son oeuvre ou de proceder à sa propre critique. Que chacun remplisse sa fonction ! Aux Enseignants d’enseigner et donc d’aller chercher l’information (les livres) où ils se trouvent (librairies et Editions).

    A ce moment là vous comprendrez notre souffrance. Une bonne partie des écrivains gabonais enseigne aussi (collèges, lycées et Université). Il devient facile pour ces confrères, tous aussi paresseux que leurs élèves (qui ne lisent pas)de faire la seule promotion de leurs oeuvres en les recommandant. En ce moment-là, les écrivains gabonais, non-enseignants, peuvent aller se faire voir. Relevez les noms évoqués dans ces différents posts, vous constaterez par vous mêmes. Et c’est ainsi qu’évolue la gangrène, notre maladie.

    Bref, je vous encourage à plus de curiosité. La littérature gabonaise existe, même si on ne vous en parle pas. Allez vers les librairies que je vous conseille. Vous serrez agréablement surpris de découvrir tous ces anonymes qui participent, dans le silence, à la constitution d’une Mémoire gabonaise.

    Courage !

  433. Posté par chantal, le 16 mai 2006 à 19:26

    Notre personalité sociale est une création de la pensée d’autrui, c’est de Marcel Proust je crois...

    Si j’interprète çà de mon point de vue cher Ludovic cela signifie que nous nous faisons une idée des autres en fonction des rares éléments qui nous sautent aux yeux, genre petite biographie, idée sur les origines de quelqu’un, jugement hâtif sur quelques comportements...

    Je te remercie W .Idiatha pour ta réponse , c’est en tapant ton nom dans Google que j’ai trouvé plus d’infos au sujet l’auteur gabonais que j’ai découvert par hasard, il n’est plus directeur du Théâtre National, hélas les références internet datent parfois, ou ne sont pas mises à jour, et tout change si vite...
    Je lirai Vitriol Bantou car sa plume caustique me plaît.

    Merci Minga pour les proverbes Fang, je viens de tout digérer ;) et je me porte comme un charme.
    PS : n’ouble quand même pas de dormir, tes post à 3H du mat, comme tu prend la chose à coeur ;)

    L’Homme est ce qu’il est, son prochain, il faut toujours qu’il l’emmerde ou qu’il le baise...

    Hugo Claus, le Passé Décomposé.

    Auteur flamand qui lutte farouchement contre les dérives des nationalistes en Flandre, dont on ne peut que dénoncer avec force le comportement raciste et agressif, que ce soit vis-à vis des nombreux étrangers qui habitent Anvers et sa ceinture noire qui gangrène jusqu’à la périphérie de Bruxelles, qu’ils soient simplement francophones, ou immigrés, les évênements douloureux de la semaine dernière sont le résultat de la politique du Vlams Belang qui n’a rien à envier au Front National.

    Son ouvrage le Chagrin des Belges, est un succès mondial, de ses origines modestes dans un petit village, il retrace toute l’histoire de notre pays engoncé dans le catholicisme, les bons principes paternalistes, critique satyrique et portrait grinçants des petits bourgeois de province, il faut préciser qu’il a été le compagnon de l’actrice hollandaise Sylvia Christel plus connue sous le nom d’Emmanuelle qu’elle a interprétée à l’écran.

    Je vous suggère également "Un si petit monde de David Lodge, qui nous croque le monde des thésards universitaires qui mijotent entre eux et se prennent pour la queue de la poire... il connaît bien ce qu’il décrit.

    Bien amicalement Chantal

  434. Posté par Zik, le 16 mai 2006 à 20:21

    Mr Bekale,

    Je ne suis qu’etudiant (jusqu’en Aout prochain). Je lis par curiosite et simple desir d’accroitre ma culture generale. Je sais aussi que beaucoup de gens que je connais au Gabon voudrait bien lire, mais il faut rendre la lecture attractive et plus facile d’acces. Ceci peut se faire par une politique d’education populaire qui pourrait passer par la radio et la television pour atteindre une plus grande masse. De bonnes emissions de vulgarisation a la tele, avec des auteurs qui maitrisent bien leur sujet, seraient d’une utilite importante.

  435. Posté par D.O.W., le 16 mai 2006 à 20:56

    Ma chère Minga, un anonyme ci-haut l’a formulé mieux que moi : comment ne pas tomber amoureux d’une telle plume ? ;-) En revanche, accro à la tournure des débats ici au point d’y venir m’encanailler de bonne grâce ? Non, ça vraiment non. Simplement, j’ai trouvé qu’il serait inconvenant de ne pas répondre aux remarques que tu m’adressais. Même si, malheureusement, je vais probablement encore plus manquer de temps ces jours prochains.

    Bien à toi.

  436. Posté par MYLOVE, le 16 mai 2006 à 21:47

    Merci Alain Manbanckou pour cette note qui nous a fait connaitre la litterature gabonnaise grace aux interventions de GBM, L’homme la...

    Ton silence est d’or... certains universitaires "Confirmés" ont du mal a le supporter a tel point qu’ils ne peuvent poster un message sans faire des attaques personnelles sur ta personne...

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