vendredi15 juin 2007

Salut à l’artiste Ousmane Sembène

La mort du doyen Ousmane Sembène... Je n’ai jamais croisé l’homme, mais j’ai approché l’écrivain – de manière presque, dirait-on, coercitive : sur les bancs du lycée. Lecture obligatoire des Bouts de bois de Dieu en seconde. Et nous savons combien l’école peut "tuer" le plaisir de la lecture. On lit l’ouvrage de manière décousue. Des noms de personnages défilent certes, mais nous fermons un jour le livre pour de bon, parce qu’il nous rappelle le labeur, les nuits blanches à lire sous la lueur vacillante d’une lampe tempe (le jour où il ne manquait pas de pétrole, sinon il fallait lire le long de l’Avenue de l’Indépendance, mais là encore on n’était pas à l’abri d’une coupure de courant d’une ou de deux semaines...

Oh, Les Bouts de bois de dieu ! A l’époque nous étions persuadés qu’une grève pouvait tout changer. Nous le pensions parce que nous avions lu aussi Germinal de Zola et nous étions du côté de la classe ouvrière. Les bouts de bois de dieu ? Le roman semblait se passer dans notre ville. Nous le pensions parce que nous vivions non loin du chemin de fer, et nous voyions les cheminots à longueur de journée. Nous nous disions qu’un jour ils feraient aussi la grève. La lutte finale en somme...

Nous avions vu que l’écrivain privilégiait désormais le cinéma – il aura d’ailleurs fait plus de films que de livres. Il se trouve que sa démarche était bien pensée : conscient que son peuple ne pouvait pas toujours accéder au livre pour diverses raisons, l’image devait venir à la rescousse. JPEG D’où cette introspection souvent très sociale que l’on rencontre dans ses films. Un cinéma "utile" et "pédagogique". L’utilité de laisser une œuvre qui serve au continent. La pédagogie axée sur la diffusion des cultures africaines, même dans leurs déchirements les plus tragiques, comme dans La Noire de... Evidemment, beaucoup aurait pu lui reprocher une certaine immobilité avec un tel cinéma. Au fond, cette immobilité témoigne de la volonté d’un cinéaste qui ne céda pas aux modes, préférant mettre la vie en avant, la caméra n’étant plus qu’un moyen d’interprétation de nos actes. La cinéaste ne devrait pas alors faire dire, mais laisser dire. Après tout, la vie n’est pas un cinéma, elle précède celui-ci...

Imaginons notre artiste en paix désormais... Salut Doyen !!!


Visitez son site :

www.ousmanesembene.com

Lire ou relire ses œuvres :

Le Dernier de l’Empire. 2 tomes. Paris : L’Harmattan, 1981.

Le Docker Noir. London : Heinemann, 1987.

L’Harmattan. Paris : Présence africaine, 1965.

Les Bouts de bois de Dieu. Paris : Presses pocket, 1971.

Niiwam. Paris : Présence africaine, 1987.

O pays, mon beau peuple. Paris : Presses pocket, 1975.

Voltaïque. Paris : Présence africaine, 1971.

Xala. Paris : Présence africaine, 1973.

Voir ou revoir ses films :

"L’Empire Sonhrai" (1963)

"Borom Sarret" (1963)

"Niaye" (1964)

"La Noire de..." (1966)

"Mandabi" (1968)

"Taaw" (1970)

"Emitai" (1971)

"Xala" (1974)

"Ceddo" (1976)

"Camp de Thiaroye" (1989)

"Gelwaar" (1992)

"Heroisme au Quotidien" (1999)

"Faat Kine" (2000)

"Moolaade" (2003)

Commentaires

  1. Posté par Bahia, le 15 juin 2007 à 13:27

    Tu oublies de préciser que l’aîné des Anciens, comme il aimait à s’appeler lui-même était un autodidacte qui a fait tous les métiers à commencer par docker à Marseille, ce qui lui a inspiré son roman, le docker noir.

    Un homme de conviction qui n’a jamais changé de trajectoire, un panafricaniste, un homme engagé qui a toujours travaillé pour l’Afrique et les Africains dans un souci permanent de les informer et de les convaincre en dénonçant par exemple les dysfonctionnements de la société africaine comme dans le mandat. Il avait compris très vite que c’est par le cinéma, à la fois visuel et oral, qu’il pourrait plus facilement faire passer ses messages et toucher un maximum de monde, d’où l’adaptation de quelques-uns de ses romans au cinéma. On peut sans doute le considérer comme la première conscience du cinéma africain.

    Je crois bien qu’il est à l’origine de la création du Fespaco à Ouaga. Camp de Thiaroye, ce film réquisitoire sur les tirailleurs sénégalais m’avait vraiment bouleversée : un film à voir absolument.

    Juste une question : Qui sont aujourd’hui les héritiers de Sembene ?

    Les grands partent mais ne meurent jamais...

  2. le 15 juin 2007 à 15:10

    Quel bel héritage que celui laissé par le doyen Sembene Ousmane. Quel beau sillon, riche, dense et foisonnant ! Mais qu’elle belle manière d’habiter la vocation humaine que celle de ce Grand écrivain qui vient de changer de domicile comme on dit chez nous. Oui comme toi, Alain j’ai longtemps pris les moustiques à témoin sous les lapadaires long de l’avenue de l’indépendance pour conjurer le sort des dockers et des cheminots. Ce n’est pas le crissement des rails du chemin de fer qui blâmait la CFAO, qui pillait la maigre pitance que gagnait nos parents, qui eut voler à notre secour devant l’angoisse qui découlait de la lecture des bouts de bois de Dieu ! C’est avec Thiaroye que j’eu mes première larmes avec Sembene comme on perd son pucellage !
    Merci d’avoir pensé au Vieux Alain.

  3. Posté par KITUMBA , le 15 juin 2007 à 15:32

    oh sembène fanaal ak diam (dors en paix ) !!!

  4. Posté par l’oncle Kengué paulin, le 15 juin 2007 à 19:47

    Mes respects au grand Sembène Ousmane.

    Pour revenir aux appels d’air de MOLEKINZELA , qu’il se veut pour ses nièces et neveux.
    Déjà, j’en suis sûr et convaincu que vous êtes de ma génération ; génération qui, a connu les :
    - Indépendance tcha tcha tcha !

    - Y...a tout volé, Congo ô oh, ô oh !

    - JMNR , M22 ! et j’en passe...

    Comment pouviez-vous ne pas détenir ni les "proprettes" reférences (adresses) , ni la potion magique idoine ? A moins de jouer aux facéties burlesques.
    Noko que suis-je, se veut un pouvoir discrétionnaire (cétiris paribus).

  5. Posté par Alain Serbin, le 16 juin 2007 à 09:08

    Il méritait bien un hommage, Sembene Ousmane ! Il n’y a plus de gens de sa trempe qui regardent l’Afrique sans sourciller !!!

  6. Posté par abiba, le 16 juin 2007 à 12:17

    Sembene meritait bien un hommage. Des artistes-activistes de sa trempe, on en fait presque plus. Il ne machait pas ses mots et refusait faire dans la victimisation et le miserablisme. Quand a son didactisme, tout depend de quel angle on approche son oeuvre. Je pense qu’il accorde quand meme une marge critique au spectateur/lecteur. Il etait le premier a souligner qu’il posait des questions mais n’y repondait pas forcemment. Je pense que ses films exigeaint un certain effort intellectuel de la part de son audience. Il n’ ya qu’a revoir La Noire de.. ou encore Guelwaar. Je repense encore a la metaphore de la prostitution dans son oeuvre. Sembene etait remarquable aussi pour ses conflits epiques avec Senghor. Il aura travaille jusqu’a la fin. Il etait en train de finir le scenario de son prochain film intitule "la confrerie des rats".Ses medecins lui avaient demande de se reposer. La reponse de Sembene : mais j’ai toute ma mort pour me reposer.
    Dors en paix papy.

  7. le 16 juin 2007 à 12:37

    Homme-age à S.Ousmane mort. Mais ma fiansée p’te momie es porté disparu du Blogg ? Alors ke je la veus pour le mariage, le vrai ! Mes témoin de mariage seront MERE Eve et Dow.

    SONiééé Mawaaa , Tchadiii !
    SIGNE MALWATA DE BASE.

  8. Posté par sarah, le 16 juin 2007 à 14:05

    C’est décidément un GRAND. Et comme le souligne si bien un intéressant commentaire publié sur ce lien : http://cikurubatumike.blogspot.com/

  9. Posté par Minga, le 16 juin 2007 à 16:27

    A. Mabanckou wrote : Lecture obligatoire des Bouts de bois de Dieu en seconde. Et nous savons combien l’école peut "tuer" le plaisir de la lecture.

    - Je réalise alors la chance que j’eus de ne pas avoir dévoré ce roman sous la menace d’un quelconque prof de Français... C’est de voir mon petit oncle se boyauter, tout seul, comme un malade, un livre à la main, qui aviva ma curiosité naturelle.

    - Oh vous savez, à 13/14 ans on comprend déjà beaucoup de choses. J’étais en classe de 4ème. Pour commencer, je profitai de son absence pour me glisser, furtivement, dans la chambre du "lecteur apprivoisé" ; juste le temps de mémoriser le titre du mystérieux livre qui procurait tant d’hilarité.

    - Ensuite, ce fut très facile de me le dégoter à la bibliothèque du collège. Le titre, vu comme ça, m’avait laissée perplexe. Des bouts de bois , bof, s’il n’y avait que ça ! :) Mais alors ceux de " Dieu "... Ca, par contre, m’intriguait. Dieu-le Père : nos Religieuses de profs nous en parlaient déjà tellement que je brûlais de connaître un avis extérieur ; pourquoi pas celui de cet écrivain sénégalais.

  10. Posté par Minga, le 16 juin 2007 à 16:31

    - Dès les premières pages, je fus enrôlée ! Faut dire que l’intrigue frappe par son réalisme. Le verbe est haut, fort, trucculent comme je les aime. Ensuite les personnages féminins : elles occupent le devant de la scène. Presque familières, dotées d’un tempérament jusqu’au-boutiste. C’est elles qui vont "prendre en mains" la situation vécue par leurs "hommes".

    - Des passages à la fois dramatiques et loufoques vous arrachent des rires à gorge déployée... Comme cette scène de lutte au corps à corps, dans la cour, entre un personnage féminin et un bouc. L’une, excédée par la famine qui sévit, et déterminée à égorger le bouc (du voisin ?) ; et la bête se défendant avec acharnement, au point de dénuder la doyenne...

    - Ou encore ce moment de solitude ;) (et de fous rires, oh si !) où un épicier cupide se fait carrément piller par des mères de familles désespérées et excédées par ses refus obstinés de leur vendre du riz à crédit...

    - Me souviens aussi des cabotinages de cette jeune fille volage, véritable garçon manqué, qui rappelle étrangement la Mouquette personnage de Zola dans Germinal... Tiens !
    En fait, de part bon nombre de scènes, Les bouts de bois de Dieu comportent bien de similitudes avec le Germinal de Zola...

    Sembène Ousmane s’en est allé, vive Sembène Ousmane !

  11. le 16 juin 2007 à 16:46

    Ok MINGA.

    Mais ki est Mme Bongo Ondimba : Edith Lucie Sassou ou Pascaline Mferri ?
    Signé MALWATA DE BASE.

  12. Posté par Awono Jean-Claude , le 16 juin 2007 à 17:10

    Salut au glorieux écrivain cinéaste. Quand il est venu à Yaoundé ; je n’ai pas pu le rencontrer. J’espérais pourtant le recevoir dans ma classe et permettre à mes jeunes élèves de lui poser les questions de leur vie. On avait même préparé un livre qui lui était était déjà dédicacé. Mais il s’en est allé, un peu comme René Philombe. Que son corps ensemence la terre du continent qui est à la quête de ses écrivains. Et salut à toi Alain ! Tu fais du bon boulot.

    Jean-Claude Awono
    Yaoundé
    Cameroun

  13. Posté par Ngnagna, le 16 juin 2007 à 23:28

    Catharsis il y a des fois je souhaiterais qu’un miracle se produise pour que j’ai des dollars sans le moindre effort.

  14. Posté par catharsis, le 17 juin 2007 à 00:01

    et moi aussi Ngnagna ! Mais la reussite qui ds notre monde est correlée à l’épaisseur du porte feuille, a d’autre facettes. Et com nous ne serons jamais miliardaires...on a interet à les trouver. Est ce que survivre , de nos jours, n’est pas dejà en soi une réussite ? Pi si t’avais des dollards, qu’est ce que tu en ferais ? Quelle reussite lorsque l’on reçoit des biftongs com çà cadeau ? A vaincre sans péril, on trionphe sans gloire. ...enfin si j’avais un oncle en amerik qui subitement decede me mentionnant sur son testament.... je sais ce que je ferais !

    Mais rassurez vous j’ai des solutions :

    Loufoque:Je bosse à une greffe en ce moment.J’essai d’enter (merci les mots fléchés) un billet de 100 euro sur un rameau d’olivier.

    Utopique : je vais alller voir les riches les puissants de ce mondes et je leur demanderai d’aider ceux qui n’ont pas reussit.

    Impossible : les hom comprendrons bientot que seules les valeurs humaines sont inestimables.

  15. Posté par guibrich, le 17 juin 2007 à 11:05

    Je l’ai malheureusement pas connu autre part que sur les pages de vieux manuels souvent déchirés et moisis par le temps. J’ai souvent vu ces oeuvres chez beaucoup de panafricanistes et d’intellectuels africains.
    On ne peut que saluer l’artiste,et lui souhaiter de reposer en paix.
    La meilleure façon de lui rendre homage serait peut être de lire ses oeuvres, ou de les contnuer
    Merci pr ses différentes hommages que vous lui rendez, nous jeunes d’après indépendance nous le découvrirons, et comme on le dit si bien, "l’avenir est un long passé"... Nous allons essayer de changer la donne à l’aide de ses oeuvres...

  16. le 17 juin 2007 à 13:40

    Merci Minga kel humours.
    mè la chanteuse Mme Bongo exilée AU USA , s’apl pas pascaline.B ?
    SIGNE MALWATA DE BASE.

  17. Posté par Ngnagna, le 17 juin 2007 à 21:47

    « Qui sont aujourd’hui les héritiers de Sembene ? » Difficile à dire il est plus facile de voir « American Pie » qu’un film africain dans bon nombre de pays africain. Je ne peux me prononcer et de plus les films qui passent je les trouvent souvent étrange.

    La tendance s’inverse avec l’émergence d’un cinéma au Nigéria avec un marché qui tend à déborder de ses frontières. Les acteurs de cette industrie cinématographique naissante et florissante sont des petites stars. Je ne sais pas si on pourrait les qualifier d’héritiers de Sembene.

    Le cinéma documentaire tend à disparaître malgré l’aide européenne qu’il continue de bénéficier.

  18. Posté par Ngnagna, le 17 juin 2007 à 22:11

    Je ne sais pas si vous avez constaté comme moi qu’il est impossible de réagir à la page sur Les dernières nouvelles de M ?

  19. Posté par Ngnagna, le 17 juin 2007 à 22:13

    « Pi si t’avais des dollards, qu’est ce que tu en ferais ? » Un virement et je te repondrais si je ne suis pas trop saoul.

  20. Posté par Ngnagna, le 17 juin 2007 à 22:19

    « Je réalise alors la chance que j’eus de ne pas avoir dévoré ce roman sous la menace d’un quelconque prof de Français » C’est par hasard que j’ai lu le bouquin, et si je pouvais je rendrais la lecture obligatoire des oeuvres de Frantz Fanon.

  21. Posté par Ngnagna, le 17 juin 2007 à 22:20

    NJ j’espére que ta cure de désintox te fera grand bien.

  22. Posté par abiba, le 18 juin 2007 à 05:44

    Ngagna,
    Je pense que les heritiers de Sembene sont bien presents. La nouvelle vague du cinema francophone africain se porte assez bien. Je pense a Sissako qui a rendu d’ailleurs un bel hommage a Sembene, la vague du Burkina (Dany Kouyate, Kabore, Ouedraogo ...). Au Senegal, vous avez ben Diogaye Beye, Moussa Sene Absa, Jean Marie Teno et Bassek ba Kobio au Cameroun. Meme Mweze Ngangura dont le style est a l’oppose de celui de Sembene admet que c’est La Noire de.. qui l’a inspire a faire du cinema. Certains de ces cineastes se reclament de ’ecole de Sembene, d’autres sont alles voir ailleurs. Dans tous les cas, Il ont eu du mal a aller au dela de l’ombre de Sembene.
    Le cinema documentaire est toujours tres present. les dernieres productions sont excellentes.

  23. Posté par Ngnagna, le 18 juin 2007 à 19:23

    « les dernieres productions sont excellentes. » Lesquelles ?

  24. Posté par Bahia, le 18 juin 2007 à 23:44

    Très bonne question, Ngnagna.
    A part Bamako de Sissako, je ne vois pas, je ne vois rien. Ca m’aurait échappé ou alors affaire de goûts.

    Par ailleurs, c’est quoi "la nouvelle vague du cinéma francophone africain" ? Et "l’école de Sembene" ? (post 22 d’Abiba).

    Je pense qu’il y aura incessamment sous peu une rétrospective sur Sembene. Il y en avait déjà eu une l’année dernière ou il y a deux ans, je ne sais plus. Je n’avais hélas pas pu y assister.

    Pour l’heure, j’ai une autre proposition à vous faire.

    Samedi 23 juin à 14H00 : Projection de 5 films sélectionnés au Fespaco 2007 à l’Ambassade du Burkina à Paris. Entrée libre.

    Ezra de Newton Aduaka (Nigéria), Etalon d’or 2007.

    Darrat de Mahamat-Saleh Haroun (Tchad), Etalon de bronze 2007.

    L’or bleu de Didier Bergounhoux (France)

    Lamine la fuite de Samia Chala (Algérie), Prix 2006 festival international du film des droits de l’homme

    Deweneti de Diana Gaye (Sénégal), prix festival interfilm Berlin 2006 / Prix festival international courts métrages (Clermont-Ferrand).


    Alain,

    Je crois bien que tu es la seule personne à parler d’"Ousmane Sembene", ce "baobab qui s’est couché mais qui n’a pas été déraciné". Tout le monde l’appelle Sembene Ousmane, même les toubabs.

    Juste une remarque comme ça au passage.

  25. Posté par Molékinzela, le 19 juin 2007 à 01:21

    Post 4 Tonton Paulin,
    Tu caches bien tes bons plans
    Mais sache que si jamais on m’accusait d’être l’auteur d’une agression cabalistique contre un de mes neveux et nièce, alors que je ne leur veux que du bien, je te tiendrai pour responsable.
    S’agissant de Youlou,puis la JMNR j’étais trop jeune, mais j’ai capté tout de même cette chanson de "Youlou a tout volé...". Quant au M22, j’en ai des souvenirs très précis car j’étais déjà adolescent.
    De plus, j’ai connu même un peu à titre personnel, dans la vie, Diawara et Ikoko, les pricipaux acteurs de cette insurection.
    Le personnage qui m’interesse le plus c’est Youlou, car il cristallise toute loa dimension contradictoire du congolais.
    A la fin des années 70, il y avait eu une exposition au musée national sur le thème de Youlou. On pouvait y voir ses soutanes bien sûr mais aussi ses fétiches traditionnels. C’est à croire qu’il ne se sentait sans doute pas suffisamment "protégé" par l’esprit saint puisqu’il avait besoin, en "bon africain, avoir également des "protections du village".
    Récemment j’ai trouvé chez un bouquiniste, un exemplaire de son livre écrit pendant sa période d’exile.
    Tiens, tonton Paulin, parles-en de Youlou à ton fiston d’Alain. Ca pourrait faire un roman drôle avec succès d’édition garanti...

  26. Posté par l’oncle Kengué paulin, le 19 juin 2007 à 09:59

    A MOLEKINZELA

    Suis pas vieux-vieux. Youlou lui-même est tonton sans quelconque rapport de consanguinité, ni d’ethnocentricité.
    Le seul conseil gratuit pour tes nièces et neveux, c’est de leur faire du bien-bien , du vrai bien si tu le peux qu’au nom de Dieu. Et que, tu n’aies à rendre des comptes qu’à Dieu qui jugera de ta bonté et non aux hommes qui, risqueront de te taxer d’agression cabalistiques (cabale) ou d’agressivité cannibalistiques (anthropophage).
    Quant à moi, j’agis pour mon neveu Alain dans l’ombre d’alentours sans lui rendre des comptes, car je le fais au nom de Christ.

  27. Posté par Molékinzela, le 19 juin 2007 à 21:18

    Tonton Paulin,
    Je prends acte de tes sages conseils.
    Tu parles vraiment comme un tonton avec toute la mesure. Ca me rassure car la fonction d’oncle dans notre société, en grande partie matrilinéaire, nous confère un grand pouvoir mais aussi nous expose virtuellement à beaucoup de revers. Tu vois de quoi je parle...
    Alors, tes conseilles me rassurent pleinement.

  28. Posté par Bahia, le 21 juin 2007 à 19:36

    Suite Post 24 : Horaires et résumés des films sur le site de Faso.net

  29. Posté par Minga, le 22 juin 2007 à 18:18

    MALWATA DE BASE wrote : Merci Minga kel humours. mè la chanteuse Mme Bongo exilée AU USA , s’apl pas pascaline.B ?

    - L’ex madame Bongo, chanteuse, ex-exilée aux USA, se nomme actuellement Patience Dabany (alias Joséphine Bongo).

    PS : j’ai l’impression que ma première réponse ici à ce sujet a été supprimée... Bref, j’y disais qu’Edith-Lucie est l’épouse de Bongo, Pascaline est sa fille (adoptive).

  30. le 23 juin 2007 à 00:48

    Je découvre cette édition de "Les bouts de bois de Dieu " signé Ousmane Sembène. Et pourtant Sembène a tenu à signer toute ses oeuvres de Sembène Ousmane en lieu et place de Ousmane Sembène. Et ce refus de faire précéder son nom de son prénom, a été, entre autres, un des points de divergence entre le cinéaste et Senghor. Mais la plus grand point de divergence entre le "cinéastécrivain" et le "présidentpoète" reste la querelle autour de Ceddo, mot wolof et titre d’un film de Sembène. Pour Senghor, Ceddo devrait s’écrire Cedo et non ceddo...Au plus fort de sa querelle avec Sembène, Senghor aurait pris un décret qui stipulait l’orthographe correcte de ce mot ouolof...Le film de Sembène a été censuré au Sénégal pour " faute d’orthographe"...

    Edwige H.

  31. Posté par Mère Evé de Paris, le 23 juin 2007 à 11:42

    C’est drôle quand même, cette anecdote. De l’entêtement des grands hommes. Ravie de ton retour, Edwige H. !

  32. Posté par Nietzsche_junior, le 23 juin 2007 à 11:51

    c est un peu comme les religieux qui s entredechire pour une lettre voir une virgule mal placé .................

  33. Posté par A. Mabanckou, le 24 juin 2007 à 05:11

    Edwige H., dans ce qui semble etre son site officiel, il se fait bien nommer Ousmane Sembene - ce que j’ai repis ici. Revoici le lien du site :

    http://www.ousmanesembene.com/

    Et cette edition en poche des Bouts de bois de dieu a ete publiee avant sa mort. Donc je suppose qu’il etait d’accord...

    Bien a toi,

  34. Posté par Mayombe82, le 24 juin 2007 à 12:24

    Ed (post 30),

    J’avais entendu parler de cette «  hénaurme  » divergence entre l’homme de cinéma (entre autres) et Senghor dit « président poète » ça montre bien que malgré toute la poudre mise sur la chose, Senghor avait bien l’âme et les attitudes d’un dictateur.

    Concernant l’inversion délibérée de ses nom et prénom (Sembène Ousmane au lieu d’Ousmane Sembène), j’avais cru que c’était une sorte de raction légitime vis-à-vis des avatars de la colonisation. En effet, il aurait dit qu’il garderait cette inversion tant qu’il y aurait dans son pays des rues portant des noms de colons français. Mais, aussi curieux que cela puisse paraître j’ai apprends récemment que l’un de ses fils se prénomme… Alain ! Paradoxe, dit-on ?

    Le plus bel hommage que j’ai lu sur ce baobab : http://www.mwinda.org/article/sembene.html.

    @+, M82

  35. Posté par Minga, le 24 juin 2007 à 18:58

    ED wrote : Le film de Sembène a été censuré au Sénégal pour " faute d’orthographe"...
    - merci Ed pour cette info. J’ignorais cette querelle entre deux baobabs. Et pour être franche, l’attitude de Senghor, sur le coup, me semble aussi farfelue qu’exagérée...

    - Et malgré le respect du aux morts, je n’ai jamais caché mes réticences face à certaines de ses positions. En voilà un qui portait l’ambiguïté et le paradoxe comme un gant de velours...

    - Et là, je rejoins Mayombe. L’attitude plus qu’ambiguë du président poète face à ses confrères noirs qui tentaient, eux aussi, de s’en sortir dans le cercle très fermé des Lettres parisiennes ! Ils ne pouvaient, tout bonnement, compter ni sur lui ni sur son aval.

    - Du haut de ma petite personne, j’ai alors souvent pensé que l’homme de Lettres défendait âprement son auréole de premier Africain à l’Académie Française ; et se souciait de la conserver. Sous aucun prétexte, il n’aurait souffert que quelque "petit" ambitieux lui ravît ces prérogatives-là...

  36. Posté par Bahia, le 24 juin 2007 à 19:47

    Merci pour cette explication, Comandante.

    Ton lien serait sans doute intéressant s’il pouvait fonctionner.

    Possibilité d’emprunter des DVD de Sembene, dont un coffret, à la Médiathèque des Trois Mondes (www.cine3mondes.com / 01 42 34 99 00).

    Moi, j’ai emprunté Le Mandat, jamais vu, juste lu, que je visionne ce soir.

  37. Posté par Bahia, le 24 juin 2007 à 22:54

    Il va falloir que je me mettre au wolof, même pas sous-titré Manda bi !

  38. Posté par Mayombe82, le 25 juin 2007 à 10:15

    Je me demande pourquoi les liens que je mets ne marchent plus... (lol !) Je vais donc, très chère Salvador de B. copier l’intégalité de l’hommage du doyen E. B-Dongala à son illustre aîné. Très riche ! (je n’ai pas repris les photos par contre). bonne lecture, M82

    Bon vent, l’aîné des anciens Souvenirs autour de Sembene Ousmane Jeudi 21 juin 2007
    Ousmane Sembene, né à Ziguinchor (Casamance) en 1923 est mort le 9 juin 2007 à Dakar. Emmanuel Dongala, écrivain et chimiste congolais évoque quelques souvenirs de ses rencontres avec le grand cinéaste et écrivain sénégalais.

    Par Emmanuel Dongala

    "À cause du décalage horaire, je n’ai appris la mort de Sembene Ousmane que le 10 juin au matin en parcourant la une du New York Times. Je me suis immédiatement précipité sur Internet pour de plus amples informations mais je n’ai finalement pas appris grand chose si ce n’est la date (9 juin 2007) et le lieu (Dakar) de sa disparition. J’y ai aussi trouvé bien sûr la litanie des hommages de circonstance que les hommes politiques se croient toujours obligés de rabâcher par des phrases toutes faites du genre passe-partout « un digne fils de l’Afrique…une grande perte pour l’Afrique et le monde.. ». Ces formules vides de toute substance m’ont d’autant plus irrité qu’ils les avaient déjà utilisées lors de la disparition de Senghor dont, de toute l’œuvre, ils ne connaissaient probablement que le seul poème « Femme nue, femme noire », et encore ! Je me suis demandé si tous ces laudateurs qui découvraient soudain qu’ils avaient perdu un grand homme étaient capables de citer un seul film de Sembene.

    J’ai toujours pensé que pour rendre un hommage approprié à une personne qui a compté dans votre vie il faudrait s’arrêter un moment, suspendre temporairement ce que l’on est en train de faire même quand c’est important, et revisiter dans le silence ou la méditation ce qu’il vous a légué. S’il s’agit d’un écrivain, cette méditation consiste à relire les textes qui vous ont le plus marqué ou tout simplement que vous avez le plus aimés. Ainsi, pour Sony Labou Tansi j’avais relu La vie et demie, pour Mongo Béti Trop de soleil tue l’amour, pour Senghor presque tous les poèmes d’Ethiopiques et pour l’historien et penseur Ki Zerbo, le livre testament qui sommait toute sa pensée, Quand l’Afrique ? Pour Sembene, mon premier réflexe a été de revoir un de ses films. De lui j’avais lu tous les livres et vu tous les films, sauf un, Moolaade. C’était là l’occasion de combler ce vide.

    Mais voilà, je n’avais aucun de ses films à portée de main. Que pouvais-je donc faire, loin de Dakar, loin du Sénégal et de l’Afrique, seul Africain dans un « College » américain de la Nouvelle Angleterre en vacances de surcroît ? Pas grand chose si ce n’était de faire défiler sur l’écran de ma mémoire des fragments de souvenirs de mes rencontres avec lui.

    Je me suis d’abord souvenu que j’avais une photo avec Sembene quelque part dans mes archives et comme je n’ai pas mes photos bien rangées dans des albums, j’ai longtemps fouillé dans mes tiroirs, parmi mes documents et ma paperasse avant de pousser un cri de triomphe quand je l’ai enfin retrouvée. Une photo prise à Assilah, une petite ville marocaine près de Tanger, lors d’une rencontre entre écrivains Arabes et Africains organisée en août 1998 par le maire de la ville aujourd’hui Ministre des Affaires Etrangères de son pays. C’est Henri Lopes qui m’avait fait parvenir l’invitation. Pendant les débats, j’étais impressionné par l’attention et le respect unanimes que tous témoignaient envers Sembene. On l’interrogeait, on le sollicitait, on voulait connaître son point de vue sur tel ou tel sujet. Comme dans tout colloque, il y avait parfois des discussions byzantines entre Africains comme par exemple celle de savoir si nous étions des « écrivains africains » ou des « écrivains » tout court. Aujourd’hui je suppose que la question aurait été de savoir si nous étions des « écrivains africains » ou des « écrivains-monde » faisant de la « littérature-monde ». (Je pense avoir été le seul à revendiquer sans ambiguïté ma qualité d’ « écrivain africain ».) Sembene quant à lui, n’avait pas le temps de se poser des questions aussi oiseuses. Il était le doyen parmi nous, « l’aîné des anciens » comme il se qualifiait lui-même, un aîné généreux, entier, direct, qui pouvait aussi, et je peux en témoigner, piquer de grosses colères quand ça n’allait pas.

    Après avoir rangé la photo, j’ai appelé un ami qui vit à Brazzaville, Matondo Kubu Ture. Ce nom ne vous dira peut-être rien si vous n’êtes pas du Congo et pourtant c’est l’un des plus grands noms du théâtre congolais des années 1980-1990. L’on peut sans trop se tromper considérer cette période comme l’âge d’or du théâtre au Congo tant il y avait une explosion de troupes théâtrales. Parmi ce nombre impressionnant de troupes, trois dominaient tellement la scène qu’elles se virent attribuer par envie ou par dérision le sobriquet de SOMADO, acronyme formé à partir des noms Sony, Matondo, Dongala. Sony avec le Rocado Zulu Théâtre, Matondo avec le Théâtre Ngunga, Dongala avec le Théâtre de l’Eclair. Nous étions tous les trois très proches, nous assistions aux spectacles des uns et des autres, nous retrouvant très souvent pour casser la croûte ensemble, discuter, et raconter les dernières astuces que nous venions d’inventer pour ridiculiser les censeurs que le Parti envoyait assister à nos répétitions pour faire des rapports à la Sécurité d’Etat, car il faut savoir que c’était l’époque du Parti Unique avec son Président tout puissant, l’homme des masses et du peuple, et de sa puissante Commission de Censure . Parmi les œuvres censurées à l’époque figuraient mon recueil de nouvelles « Jazz et vin de palme » et deux romans de Sony.

    Cependant cette amitié entre nous, cette « fratrie » comme l’appelait notre aîné Sylvain Bemba, n’empêchait pas une féroce compétition – disons plutôt émulation - entre nous. Nous étions jaloux du succès de l’autre, cette jalousie d’artiste qui cachait en réalité la reconnaissance de la qualité du travail qu’avait fait votre rival. Matondo et moi étions jaloux de Sony pour la force de ses textes, sa capacité à transformer les mots en coups de poing, Sony et Matondo étaient jaloux de Dongala pour les belles mises en scène des textes d’auteurs aussi différents que Yukio Mishima et Jean-Paul Sartre, Dongala et Sony étaient jaloux de Matondo pour les moments de théâtre sublimes à la Artaud qu’il pouvait créer à partir d’une situation banale, mais surtout à cause de sa superbe mise en scène d’un texte que nous croyions impossible à scénariser… « Les bouts de bois de Dieu » de Sembene Ousmane. C’était en 1981.

    Comme un bonheur ne vient jamais seul, la veille de la première, Matondo reçut un coup de fil du Ministre de la Culture, Jean-Baptiste Tati Loutard, l’un de nos plus grands poètes aujourd’hui égaré en politique : Sembene Ousmane serait à Brazzaville et souhaiterait assister à la représentation. Vous pouvez imaginer l’heureuse surprise des acteurs mais aussi leur angoisse.

    Matondo et sa troupe avaient trouvé l’astuce technique qui leur permettait de donner une unité de lieu pour des évènements qui se déroulaient dans trois villes différentes, ce qui en renforçait encore l’effet dramatique. Ce fut un triomphe.

    À la fin de la représentation, Sembene Ousmane, acclamé de toute part monta sur scène et très ému remercia la troupe et l’audience. Toujours sous l’émotion et sous les ovations, il révéla que les noms des syndicalistes, des femmes et des cheminots qu’il avait utilisés dans le livre étaient les noms réels de ceux qui avaient participé à ce grand mouvement de grève du chemin de fer Dakar-Niger en 1948, et ces noms prononcés par les acteurs l’avaient replongé dans ses souvenirs et en les réentendant après de si longues années, une boule lui était montée à la gorge et ne l’avait pas quittée pendant toute la représentation.

    Après le spectacle, abandonnant ses hôtes officiels, Sembene accepta de venir à la modeste réception offerte par la troupe. Pendant toute la soirée, il était encore sous le charme de la représentation. Heureux, il nous livra plusieurs informations inédites pour nous sur « Les bouts de bois de Dieu ». Qu’il avait plusieurs fois pensé à l’adapter au cinéma mais y avait finalement renoncé. Que la troupe du Théâtre Sorano de Dakar, après plusieurs tentatives pour l’adapter avait jeté l’éponge. Qu’en toute honnêteté, quand il avait appris qu’une petite troupe congolaise s’était attaquée au livre, il était plus que sceptique quant au résultat...

    Ainsi, avec mon ami Matondo de l’autre côté de l’Atlantique, nous avons évoqué longtemps ces vieux souvenirs de 1981 avec Sembene et nous nous sommes demandés si en fin de compte le Théâtre Sorano de Dakar avait fini par relever le défi.

    Ce n’est pas par hasard que j’ai mentionné Senghor au début de ce texte. Mettre Senghor et Sembene côte à côte est une étude en contrastes, deux personnalités antithétiques mais emblématiques chacune à sa manière. Ils illustrent très bien la riche diversité de l’Afrique et témoignent du fait qu’il n’y a pas une pensée ou une voie unique pour aimer et faire avancer la cause de l’Afrique. L’un, bardé de diplômes, agrégé qui « enseignait le français aux petits Français de France », francophile, académicien, chef d’État et redoutable intellectuel a porté la voix de l’Afrique dans les plus hauts cénacles de ce monde et reste encore aujourd’hui le plus célèbre poète du monde noir. L’autre qui n’a même pas franchi les portes du lycée, autodidacte, docker, tirailleur, s’est pourtant imposé comme l’un des plus importants écrivains et l’un des plus grands cinéastes du continent, un artiste populaire et « engagé » comme on disait à l’époque, un combattant de la liberté qui ne s’est pas contenté de dénoncer le colonialisme et le néocolonialisme – trop facile, car quel Africain , même parmi les plus importants piliers de la Françafrique, ne dénonçait le colonialisme ? - mais a regardé en face les travers de sa propre société. Revoyez Le mandat, Xala, Ceddo, Faat Kine et vous saurez de quoi je parle.

    Congolais, je suis jaloux du Sénégal à cause de Sembene et de Senghor. Bon vent là où tu vas, aîné des anciens."

    Emmanuel Dongala

  39. le 28 juin 2007 à 20:30

    J’ai vu une autre adaptation de " Les bouts de bois de Dieu" monté par Serges Limbvani, un autre Congolais...Du grand théâtre ! comme quoi, les congolais hein... je crois que Serges Limbvani qui a pratiqué Sembène pourra faire un témoignage aussi émouvant que celui de Dongala.

    Quant à la polémique Sembène Ousmane/Ousmane Sembène, euh...bon, je laisse tomber

    Edwige H.

  40. Posté par Bahia, le 28 juin 2007 à 21:40

    Oui, très bel hommage, Comandante, d’une très grande sincérité, très personnelle, plein de vie, d’admiration et d’émotion (post 38).

    Merci à toi et merci à Dongala qui semble penser exactement comme moi au sujet de cette fameuse littérature-monde. Je pense avoir été le seul à revendiquer sans ambiguïté ma qualité d’"écrivain africain", écrit-il. Dieu merci, il en existe encore ! C’est rassurant. Sembene, quant à lui, n’avait pas le temps de se poser des questions aussi oiseuses. En tout cas !!!


    Pour couper court à la polémique Sembene Ousmane / Ousmane Sembene (post 39), il suffit tout simplement de l’appeler Sembene.

  41. Posté par Bahia, le 2 juillet 2007 à 07:54

    Très bel hommage très personnalisé, je voulais dire, et non pas "personnel".

    On va dire que c’est moi qui pense comme Dongala et non pas l’inverse. Je me comprends.

    Il a mille fois raison, Dongala : le meilleur moyen de rendre hommage à Sembene est de voir ou revoir ses films, de lire ou relire ses romans et surtout de faire partager l’admiration que nous avons pour ce Baobab.

    L’Ambassade du Burkina lui a déjà rendu hommage le 23 juin dernier lors du mini Fespaco 2007 de Paris en projetant Borom Sarret. Le Musée Dapper prend le relais ce vendredi 6 juillet.

    Merci à eux !

  42. Posté par Mayombe82, le 3 juillet 2007 à 23:29

    En effet, personnalisé, on devrait dire...

    Perso, j’ai lu ses livres, mais je connais mal ses films. Très mal même !

    Le Burkina Faso, malgré l’assassinat de Th. Sankara, souvent, porte très bien son nom. Je ne connais pas beaucoup de pays d’Afrique où un ancien chef d’Etat exerce tranquillement son métier de médecin après avoir été évincé du pouvoir et avoir tâté de la taule. Chapeau à eux car, chez moi à BZV, on fait des mausolées à la gloire d’un colon (sic !) @+, M82

    PS : By the way, S. de Bahia, as-tu déjà lu E. B.-Dongala ? Il vaut le détour, si ce , n’est déjà fait...

  43. Posté par Bahia, le 6 juillet 2007 à 10:37

    Tu es absolument impitoyable, Comandante. Je ne peux répondre en une phrase.

    Aux amateurs de cinéma, projection gratuite et en plein air demain de Il va pleuvoir sur Conakry du Guinéen Cheikh Fantamady Camara.

    Lieu : La place d’Aligre, Paris XII.

    Métro : Ledru-Rollin ou Gare de Lyon.

    La projection sera précédée à 20H00 d’un concert de Fatoumata Diawara, l’une des actrices du film.

    Encore une initiative de l’Ambassade du Burkina.

  44. Posté par Mère Evé de Paris, le 7 juillet 2007 à 14:52

    Merci chère Bahia, y seras-tu ? Je pense que je viendrai, fais-moi signe si on peut s’y retrouver : mere-eve(at)hotmail.com

  45. Posté par Mère Evé de Paris, le 9 juillet 2007 à 11:17

    C’était une belle soirée avec ce concert en ouverture, et la file était longue pour arriver aux beignets et jus de gingembre ! C’est un bon film, et je trouve que la critique d’Africultures en parle parfaitement, cliquez la.

  46. Posté par Bahia, le 9 juillet 2007 à 12:47

    Bonjour Mère Evé,

    Désolée mais je n’ai lu ton message que ce matin.

    Oui, très belle soirée. Moi, j’ai plus qu’aimé le film. C’est vraiment LE film que j’attendais depuis très longtemps, si longtemps que j’en arrivais parfois à désespérer surtout après avoir vu Africa Paradis.

    Ezra que j’ai vu à l’Amabassade et Il va pleuvoir sur Conakry sont la preuve même que le cinéma africain a un très bel avenir devant lui. J’aurai l’occasion de revenir sur ce dernier film mais comme j’ai un vrai problème avec le temps, je ne sais pas quand je vais m’y mettre.

    Il faut que je m’occupe avant de mon cher Comandante. Au fait, comment va-t-il ?

    Bien de choses à lui si tu l’as au téléphone.

    Rectificatif : l’initiative est de Clap Noir, une association qui vise à favoriser la connaissance des cinémas d’Afrique. J’imagine que l’Ambassade s’est juste chargée de transmettre l’info.

    http://www.clapnoir.org

    Au fait, Mère Evé, tu fais comment pour transmettre un lien sur lequel, en cliquant, on accède directement à l’info ?

    Encore une fois désolée pour ce samedi.

  47. Posté par Mère Evé de Paris, le 9 juillet 2007 à 18:53

    Bonsoir Bahia, j’espère que nous aurons d’autres occasions ! Le Comandante ? Il se porte comme un charme ! C’est de moi qu’il faut prendre des nouvelles, il a voulu m’assommer avec un sac de sport, je n’ai pas encore compris pourquoi, et personne dans l’assistance n’allait me porter secours, quelle idée aussi de lui donner pareil titre qui renforce son ego ;-) Ou alors il était fâché, tu t’occupes si bien de lui qu’il n’en trouve plus aucune autre à la hauteur ?

    En effet, j’ai été déçue par Africa Paradis, un peu trop de clichés dans le scénario à mon goût. Mais j’avais envoyé ensuite mon gamin et un pote à lui (24 ans à eux deux), ils ont été marqués et en ont beaucoup parlé, alors que leurs films de prédilection s’approchent plus de Harry Potter et autres super-héros…

    Pour donner un lien sans le copier ou en le copiant tu sélectionnes le bout de texte lors dans la fenêtre de saisie et tu cliques sur la petite icone SPIP dans les attributs de texte (à droite de italique et gras) au-dessus de la fenêtre, tout simplement.

  48. Posté par Bahia, le 9 juillet 2007 à 21:44

    Je vous ai donc raté tous les deux ?
    Enfin, nous étions dans le même lieu, unis par le même film, regardant dans la même direction, c’est déjà ça, non ?

    Mon cher Comandante serait donc violent ? Pauvre Mère Evé ! Ca va quand même ?

    Pour le lien, je crois que je me suis mal exprimée : il ne s’agit pas de sélectionner un texte. Je ne comprends pas pourquoi le lien que j’indique n’apparaît en bleu qu’en prévisualisation et devient noir qd je clique sur "message définitif".

    Je crois que ce n’est pas si clair que ça cette affaire de "spip" sinon tt le monde en ferait usage naturellement et simplement. Or, les liens indiqués par les blogeurs apparaissent plus souvent en noir qu’en bleu comme toi et le Comandante savez le faire.

  49. Posté par Mère Evé de Paris, le 9 juillet 2007 à 22:21

    Violent juste avec les sacs de sport remplis de bouquins, à ce que je sache ! Oui merci, je me remets ! (j’en rajoute pas, sinon il va se faire passer pour victime). Mais non, nous n’étions pas ensemble à cette projection vendredi, on n’est pas pacsés !…

    Pour cette question de lien, dans ta fenêtre de saisie, tu le sélectionnes, ou tu sélectionnes un mot de ton texte, puis tu cliques sur SPIP, il y a une fenêtre qui apparait, et tu y colles ou saisis le lien que tu veux indiquer et tu valides, puis normalement il apparaitra en bleu dans le poste définitif. J’espère que mes explications sont un peu plus parlantes, Sista !

  50. Posté par Mayombe82, le 11 juillet 2007 à 21:02

    Salvador de S.,

    N’écoute pas les très, alors là, très mauvaises langues. Je ne connais pas cette personne qui médit au sujet du Commandante. Et si ça continue, elle sera gbassée.

    Sinon, super chargé depuis jours, je t’avais néanmoins répondu sur le thread concernant la littérature monde : http://www.congopage.com/article4673.html
    @llez, je cours. M82

  51. Posté par Bahia, le 12 juillet 2007 à 13:58

    Mais dis-moi, cher Comandante, tu cours où comme ça à 21H02 ??? Faire un footing ? Attention à toi, j’ai peur que tu ne sois en train d’attraper la sarkozyte à l’insu de ton plein gré.

    Sinon pour ce qui est de Mère Evé - merci, ma chère, pour tes explications. Je crois en fait que c’est juste mon ordi qui est très crapricieux - elle a juste beaucoup d’affection pour son frangin.

    Oui, j’ai bien vu ta réponse sur l’autre page. J’y cours moi aussi, j’y saute, j’y vole dès que j’ai 3 secondes. Promis, juré, craché !

    Salvador de S. ??? Tu as vraiment besoin de vacances, très cher.

    Au fait, as-tu remarqué que tu es en couverture du dernier numéro de L’Histoire ? Un numéro spécial bien sûr comme lui l’était également.


    Pour ce qui est de Dongala (post 42), j’ai rencontré l’homme au salon du livre, comme je te l’ai déjà écrit, avant de rencontrer l’écrivain, exactement comme pour Boubacar Boris Diop.

    En fait, j’ai véritablement rencontré l’écrivain le jour même où j’ai rencontré Coltrane. C’était l’année dernière, un samedi soir au tarmac de la Villette.

    C’est un très bon ami congolais, que tu ne peux pas ne pas connaître, de nom en tout cas, qui m’avait invitée et comme il connaît personnellement Dongala et que c’est un homme de goût, je lui ai fait entièrement confiance, j’y suis allée les yeux fermés mais les oreilles grande ouvertes.

    Comment exprimer ce que j’ai ressenti ce soir-là ? Je ne connaissais ni l’un, ni l’autre. Je n’avais jamais lu le premier, je n’avais jamais écouté le second -sans doute, l’avais-je entendu ici ou là sans savoir qu’il s’agissait de lui ? - et ils étaient là ensemble avec moi, l’Africain et l’Américain, à ce RDV de l’Amour, l’Amour Suprême. Oui, c’est bien ça : Nous baignions dans un monde d’amour suprême sublimé comme l’écrit Dongala, A love supreme...

    Dans ce tout petit théâtre à l’atmosphère très conviviale, intimiste et quasi mystique, nous étions presque collés les uns aux autres, ce qui favorisait une sorte de communion entre nous tous. Mon ami et moi nous étions retrouvés, sans même nous en rendre compte, collés l’un à l’autre, main dans la main à savourer la profondeur du spectacle comme si nous étions emportés, transportés par la magie de ce jazz théâtre ou théâtre jazz grâce aux trois excellents musiciens (un saxophoniste bien sûr, un batteur et un contrebassiste) qui donnaient vie au texte de Dongala, texte admirablement dit par le comédien Adama Adepoju, un Adama heureux au bord de l’extase, ou plutôt dans une extase totale comme nous qui assistions, émerveillés, à ce dialogue, cette discussion entre Dongala et Coltrane qui ne faisaient presque plus qu’un, animés qu’ils étaient par le même idéal. Nous mêmes, nous ne faisions plus qu’un avec eux. C’était vraiment magique, tous nos sens étaient sollicités.

    Avant que ne commence le spectacle, voilà qu’Adama se dirige vers nous, sans dire un mot, avec une bouteille de champagne et deux flûtes. Avec beaucoup d’attention et de délicatesse, il se met à les remplir, toujours silencieux. Nous pensions qu’il allait en faire de même aux autres tables. Pas du tout ! Une fois sa tâche terminée, il retourne au bar fin prêt à entrer dans la peau de Dongala.

    Mon ami et moi nous sommes regardés ; je pensais qu’il le connaissait, il pensait que je le connaissais. En fait, aucun de nous deux ne le connaissions. Nous nous sommes interrogés et avons conclu, peut-être mal, qu’il avait tout simplement voulu nous remercier, remercier d’être là pour ce spectacle inédit. Nous étions en effet les seuls Noirs, pour ne pas dire Africains, ce soir-là. Je ne sais pas, je ne saurai jamais qui, de lui ou de nous, a été le plus touché. Ce fut pour moi un moment très fort que je ne suis pas prête d’oublier. Les mots ne sont pas toujours nécessaires, un simple geste, un simple regard et tout est dit. En étant présents ce soir-là, c’est de l’Amour que nous lui avons apporté, Amour qu’il nous a rendu à sa manière, avec ses moyens du moment. A la fin du spectacle, nous les avons tous félicités, y compris Adama, mais sans revenir sur ce beau geste inattendu.

    Nous n’étions plus à Paris, nous étions plongés en plein coeur du New York ségrégationniste, en empathie totale avec tous ces Noirs pour qui la vie au quotidien était très difficile, pour ne pas dire un enfer. A peine la colère commençait-elle à naître en nous (je devrais dire "en moi", en fait) à l’écoute de Dongala que Coltrane s’empressait de nous calmer, de nous apaiser malgré toutes ces tragédies humaines qu’on devinait et qui planaient dans ce tout petit théâtre.

    Après le spectacle, je me suis empressée d’emprunter Jazz et vin de palme et j’ai lu A Love Supreme. Texte absolument bouleversant, profond et sincère : Voilà un homme qui sait vraiment rendre hommage comme il l’a merveilleusement fait pour Sembene d’ailleurs. Je revoyais alors Adama, un saxophone dans la main et le recueil de nouvelles de Dongala dans la poche mais surtout j’entendais encore Coltrane.

    J.C. est mort, vive J.C. !

    Voilà comment j’ai été initiée à la fois à Dongala et à Coltrane qui, pour moi, représentent les deux faces d’une même médaille. Je ne peux évoquer l’un sans penser à l’autre et inversement.

    Je n’ai rien lu d’autres de lui, même pas les autres nouvelles du recueil, même pas Un fusil dans la main, un poème dans la poche. En revanche, j’ai lu sa préface qui date d’octobre 2003 ; il me semble rempli d’humilité et d’une très grande intégrité. On a très vite envie de le lire. En voici quelques lignes :

    "C’est un redoutable privilège que de voir son premier roman réédité trente années après et livré entre les mains d’une nouvelle génération de lecteurs. Bien des choses ont évolué en trois décennies et comme le roman reflète d’une manière ou d’une autre son époque, il m’a semblé qu’il serait bon d’écrire quelques mots pour ces nouveaux lecteurs qui vont découvrir ce livre publié pour la 1ère fois en 1973.

    En ces années-là, comme la plupart des écrivains africains de ma génération, je me considérais comme un "écrivain engagé". Et quelles années ! C’était l’époque de la guerre américaine du Vietnam où par solidarité tiers-mondiste nous proclamions notre volonté, comme le prônait le Che, de créer à travers le monde plusieurs brasiers qui devaient consumer l’impérialisme occidental, c’était l’époque du grand mouvement des droits civiques de l’Amérique noire avec Malcolm X et ses Black Panthers, sur notre continent, celle de la lutte contre le colonialisme portugais et pour la libération de Nelson Mandela embastillé par le régime raciste de l’apartheid sud-africain. En tout cas, le fond de l’air était rouge et nous avions fait nôtre le slogan de Mao "le pouvoir est au bout du fusil".

    Cela voulait dire que pour nous la littérature devait naturellement refléter les combats politiques et sociaux de nos peuples ou du moins elle devait les accompagner dans leur lutte de libération nationale. Notre certitude morale était absolue, nous allions changer le monde car l’Histoire, mythique avec un grand H était de notre côté. Le défi que j’affrontais alors en tant qu’écrivain novice était celui de transformer ces combats idéologiques dans lesquels j’étais baigné en oeuvre littéraire. J’ai ainsi écrit ce livre avec passion, sans recul, avec une sincérité et une naïveté désarmantes. C’est ce qui, je crois, a fait sa réussite.

    (......)

    "Le temps a passé. Mandela entre-temps est devenu Président de la République et nos cousins Noirs Américains se font maintenant appeler Africains-Américains, preuve qu’ils n’ignorent plus l’Afrique. Nos livres, j’en suis convaincue, ont leur petite part dans ces victoires. Mais aujourd’hui les héros sont fatigués et les fusils donnent des enfants soldats. J’ai écrit d’autres livres depuis et ma perspective aussi a changé. Cependant, je crois toujours profondément que nous pouvons changer ce monde en un monde meilleur et j’espère que le courage, la foi, l’optimisme et la générosité de Mayéla dia Mayéla, héros de Un fusil dans la main, un poème dans la poche, continueront d’inspirer les nouvelles générations de lecteurs, tant soit peu que la littérature puisse être une source d’inspiration.

    Maintenant, lecteur, vous pouvez entrer dans le livre. Je n’y ai pas change un seul mot"

    Emmanuel Dongala, octobre 2003

    C’est ma façon à moi de lui rendre hommage. Il le vaut bien lui aussi.

    Voilà, cher Comandante, ma réponse à ta question. Tu comprends maintenant pourquoi il est préférable d’éviter de me poser des questions.

  52. Posté par Mère Evé de Paris, le 12 juillet 2007 à 15:03

    Ma chère Bahia, je suis RAVIE ! Ravie de te lire raconter cette émotion en assistant à A Love Supreme au Tarmac. J’avais bien proposé, comme souvent, à notre cher Comandante de se joindre à moi, mais comme il affectionne tant les joggings à 21h02, il n’avait pu se libérer, et comme j’avais repoussé sans cesse et ne voulais pas manquer la reprise une fois de plus, j’y suis allée toute seule ! En fait, je n’avais pas relu la nouvelle depuis longtemps, et j’ai vraiment apprécié de revivre dans ce texte magnifiquement dit par Adama la même émotion qu’à la première lecture. Et c’est vrai que c’était une belle ambiance intime comme le spectacle avait lieu dans le lobby du théâtre. Chacun avait son verre à la main en dégustant le texte et la musique, et ton récit sur le champagne me semble familier, mais je ne suis pas sûre qu’il faisait ça chaque soir. Comme toi, je n’ai pu m’empêcher d’aller remercier toute l’équipe avant de partir. Et je racontais à Adama que j’avais été touchée de visiter l’été passé à Brazza la maison familiale où avait grandi Dongala (un drôle de hasard), il m’a dit que j’étais assise exactement à la place où le Maestro s’était installé deux semaines plus tôt pour assister à la mise en scène de sa nouvelle ! Je me suis aussi rempli les yeux de l’expo des photos de jazz de Samuel Nja Kwa.

    Lis, lis donc tout Dongala, ma chère Bahia, il est mon auteur congolais préféré, tu voyageras dans le rêve comme dans la réalité.

    J’aime beaucoup les productions du Tarmac, (le Comandante s’est sacrifié pour venir voir Monnè, Outrages et Défis !) et je vais ce soir assister à Africare qui se joue jusqu’au 28 juillet. Une pièce de Lorent Wanson construite lors d’un voyage en RDC avec 6 Congolais rencontrés là-bas. Commentaires à venir. Sur le site du théâtre, on peut télécharger en pdf les journaux de chaque pièce, excellents !

  53. Posté par Bahia, le 13 juillet 2007 à 08:22

    Non, ma chère, tu ne vas pas t’y mettre toi aussi ? Tu es aussi impitoyable que lui en fait.

    Comment veux-tu que je m’en sorte ?

    A ce soir ou demain.

  54. Posté par Mère Evé de Paris, le 13 juillet 2007 à 12:39

    Mais j’ai fait quoi, sista Bahia ? Hein ? Qui, lui ?

    J’y étais hier soir, voir cette pièce. La plus bouleversante de toutes les productions que j’ai vues au Tarmac. Je ne peux pas compter le nombre de fois où les larmes me sont montées aux yeux. C’est magnifique et poignant. Une leçon de vie. Je me suis sentie toute petite avec mes questions parfois existentielles en assistant à ces récits et témoignagnes et chants et danses… de vie, de mort, de douleur et de résistance, de survie, de résilience, avec une sensibilité, une subtilité, et un pétillement qui prennent aux tripes. J’y retourne samedi avec mon gamin, et peut-être encore une autre fois, à voir et revoir tant le contenu est riche.

    Africare est donc le récit de la RDC d’aujourd’hui par les Congolais à travers le pays. José Bau Diyabanza (metteur en scène et directeur de compagnie aussi avec qui j’ai parlé plus d’une heure après la représentation), délégué de production, a participé aux préparatifs de la pièce en voyageant dans le pays pour filmer les témoignages qui seront projetés dans la pièce en interaction avec les 6 comédiens (2 de Bukavu, 2 de Kisangani, 2 de Kinshasa). Ces hommes et femmes qui ont fui la guerre ou qui l’ont faite, cette femme qui raconte le viol et l’enfant qu’elle a du mettre au monde, ce chœur de prostituées, cet enfant-soldat, cette enfant bannie accusée de sorcellerie, ces shégués qui parlent de leur rue, ces handicapés survivants, qui VIVENT ! Ils ne pleurent pas, ils ne se lamentent pas, ils regardent aujourd’hui et peut-être demain, en sachant qu’ils doivent faire avec ce qu’ils ont traversé, mais que la vie ne peut pas s’arrêter à ce qu’ils ont vécu. Et le mythe d’Icare avec ces gamins de Kin qui l’étudient en classe. Les comédiens dansent, chantent, s’emmêlent dans ces filets de pêche où sont accrochées les plumes, labyrinthe, ces plumes et cette cire pour fuir ce monde qu’on ne peut fuir…

    Voilà, à voir absolument.

  55. Posté par Mère Evé de Paris, le 13 juillet 2007 à 15:03

    Un bon article sur Africare dans Le Soir.

  56. Posté par catharsis, le 13 juillet 2007 à 15:24

    pffff... evidemment on aura pas cà en province

  57. Posté par Mère Evé de Paris, le 13 juillet 2007 à 16:31

    Mon cher Catharsis, je ne sais pas où tu te trouves, mais si tu peux faire le voyage jusqu’à Paris, n’hésite pas. Ou en Belgique par la suite, j’ai oublié les dates, mais pendant le festival Yambi, à Bruxelles au Théâtre de Poche, à Mons, j’ai oublié les détails de la tournée.
    J’en profite pour vous donne encore un lien sur la pièce quand elle a été jouée à Kisangani, comme le public l’a perçu de l’intérieur.

  58. Posté par Minga, le 15 juillet 2007 à 03:09

    Please, c’est qui Comandante ? Je ne suis plus tout... LOL

  59. Posté par Mère Evé de Paris, le 15 juillet 2007 à 14:27

    Le Comandante ? C’est une tour et une forêt à la fois, voilà deux indices pour ton enquête, Minga :-D

  60. Posté par KITUMBA, le 15 juillet 2007 à 21:04

    Minga,el commande c’est mayombre82 si j’ai bien compris les indices de Mère évé.

  61. Posté par Mère Evé de Paris, le 16 juillet 2007 à 00:09

    Kitumba, tu as gagné une Primus virtuelle !

  62. Posté par Mayombe82, le 16 juillet 2007 à 06:51

    Kitumba est un homme très dangeueruex ! Travaillerait-il donc à la Sécu d’Etat ?

    Salvador de S, de B, de B, de SBB (toutes les lettres de l’alphabet te valent), je t’ai lue, le temps ne me permet pas de rebondir. Je cours ! @+ , M82

  63. Posté par Bahia, le 16 juillet 2007 à 07:12

    Rebondir ou courir, il faut choisir.

    Moi aussi, je cours... vers la salle de bains.

  64. Posté par KITUMBA, le 16 juillet 2007 à 10:47

    Mère évé il faut que ce soit la primus de brazza ou de kin car celle de pointe-noire n’a pas la côte chez un soulard de mon acabit. !rires

    El commande, t’inquiète pas je ne suis pas des services secrets de sassou , juste que je suis trop fort en devinettes , cahrades et autres trucs de ce genre, tu vois de quoi je veux parler ?

    Les trucs à amuser les esprits du genre, mon premier est une forêt du congo bz, mon second l’année de naissance du premier bébé éprouvette fraçais, mon tout est un intervenant de ce blog qui est sous le charme des mots de Bahia à qui il doit son sobriquet à la CHE GUEVARA , qui suis-je ?

  65. Posté par Ya Sanza, le 16 juillet 2007 à 13:48

    A propos de Primus, l’évènement du week-end c’est la nouvelle étiquette de la bière congolaise leader du marché.

  66. Posté par Bahia, le 16 juillet 2007 à 14:59

    Kitumba (post 64), un autre frère de Mayombe comme Mère Evé, dangereux en plus ?

    En fait, si je comprends bien, puisque je suis relativement nouvelle ici, ce blog serait donc essentiellement un nid de Congolais, Congolais éclairés et buveurs, et d’un Caucasien congolisé (post 65) ?


    Lis donc tout Dongala, il est mon auteur congolais préféré (post 52).

    Tu sais, Mère Evé, il y a tant et tant d’écrivains de qualité qui méritent d’être lus ! Le temps n’est malheureusement pas élastique. Dongala n’entre pas dans mes priorités actuelles mais ce jour viendra, je n’en doute pas car il me plaît beaucoup. J’aime beaucoup sa sensibilité et son intégrité entre autres.

    Je ne savais pas que le spectacle au Tarmac avait repris en début d’année sinon j’y serais retournée imprégnée que j’étais du texte de Dongala et pour revivre ce moment plus que magique et exceptionnel, tout simplement inoubliable.

    17 juillet 1967/17 juillet 2007 : 40 ans demain que J.C. sera parti, un peu avant ses 41 ans, triste, non ? très triste, même. Et moi qui ne l’ai vraiment découvert que l’année dernière ! Voilà pourquoi j’ai regretté d’avoir manqué l’hommage qui lui a été rendu le 21 juin au Baiser Salé. Il sera célébré demain au festival de Juan les Pins, festival où se produiront aussi Richard Bona et Gilberto Gil. C’est fou comme j’envie tous ceux qui seront présents.

    Sinon ton "drôle de hasard" (post 52), c’est quoi ? D’avoir visiter la maison familiale de Dongala ou de t’être assise là où lui-même s’était assis 2 semaines plus tôt ?

    Pour en revenir à J.C., quel énorme privilège que d’être immortalisé sous la plume de Dongala ! Qui plus est avec un titre qui porte le nom de son chef d’oeuvre, dit-on, ou tout du moins de son oeuvre la plus aboutie : A love Supreme... C’est vrai que ça demande une initiation quand on ne le connaît pas, surtout quand on commence par le haut de gamme.

    Je me souviens que Dongala disait, dans sa nouvelle, qu’il voudrait, quand il mourra, qu’on lui joue du jazz ou qu’on lui passe le disque A love Supreme. Il a raison - tout du moins, il n’a pas tort - de penser à sa mort. Je ne m’étais personnellement jamais posé la question avant et encore moins sur la musique ou la chanson qui accompagnerait ma veillée funèbre. J’y réfléchis depuis et même si quelques titres me viennent en tête, le délicieux Tadieu Bone d’Ismaël arrive, pour le moment, en toute première place. Je l’ai réentendu vendredi dernier à La Bastille et j’y ai de nouveau pensé. On dit que tout est perfectible mais je crois bien que cette chanson est la perfection même : la voix, la musique, l’harmonica, le ouolof, la prestance et la beauté du chanteur, tout cet ensemble se conjugue de façon complètement harmonieuse et on s’envole, on s’élève très haut avec les "malaïkas". Je ne sais pas ce que raconte la chanson mais je ne veux surtout pas savoir car elle m’a déjà parlé et je l’ai comprise. Cette chanson, c’est aussi le pays où j’ai été conçue et où j’ai vu le jour, c’est donc aussi mes parents et pleins d’autres raisons. Oui, pour moi, ce serait sans conteste Tadieu Bone.


    Tant d’événements sont organisé à Paris, Mère Evé, qu’il est impossible d’être présent partout à moins de s’appeler Sarko. Africare (post 54) est sans doute un spectacle très réussi, tu en parles et tu le défends très bien d’ailleurs. On t’a payé ou quoi ?

    Je ne pense pas que j’irai pour la simple raison que j’en ai plus qu’assez de tous ces livres, tous ces films, tous ces spectacles qui ne montrent que l’Afrique qui souffre, voilà pourquoi j’ai aimé, trop beaucoup même, Il va pleuvoir sur Conakry qui nous montre une Afrique heureuse, ou plutôt une Guinée où les gens vivent normalement avec leurs soucis qu’ils gèrent comme ils peuvent, ils sont heureux - pas malheureux en tout cas - et ne cherchent pas à quitter leur pays pour l’Occident. C’est, pour moi, l’équivalent de Aya de Yopougon sauf que ça se passe chez des gens d’un milieu plutôt aisé et tous les acteurs sont beaux, hommes comme femmes, jeunes comme vieux. Ca a son importance aussi : on préfère s’identifier à des gens beaux qu’à des gens laids. Le réalisateur Cheikh Fantamady Camara l’a très bien compris comme les Américains, eux, l’ont compris depuis bien longtemps, et son casting est excellentissime. Je l’applaudis haut et fort.

    Sache par exemple que j’ai refusé de payer une place de cinéma pour aller voir Hôtel Rwanda. On organise et on entretient des tragédies, pour ne pas dire des génocides et ensuite, certains en profitent pour se faire de l’argent sur le dos de toutes ces victimes et il faudrait que je contribue à ça ? Non. Est-ce que ça a empêché le Darfour ? Non. A quand un film sur cette autre tragédie ? Il est peut-être même déjà en route.

    Je n’ai toujours pas vu Hôtel Rwanda mais j’ai vu l’excellent Ezra qui a d’ailleurs bien mérité l’étalon d’or donc je crois que c’est bon pour moi. Ca m’avait bien secoué comme il faut, je m’en souviens encore. Je ne pouvais plus parler. Les Allah n’est pas obligé, l’aîné des orphelins, Murambi et autres ont certes leur utilité mais je laisse ça aux autres pour le moment.

    Bon, ma chère, le 28 juillet, c’est encore loin. Peut-être quelqu’un va-t-il me faire changer d’avis d’ici là ? Qui sait ? Rien n’est exclu, tout est possible...

  67. Posté par Mère Evé de Paris, le 16 juillet 2007 à 17:19

    D’accord, Bahia, je vais satisfaire ta question : le drôle de hasard, c’est comment je suis arrivée dans cette maison de Dongala ; en fait, on se promenait avec un ami qui avait bu plusieurs bières qui valurent cette “escale primussienne” au long de la promenade ! Comme je ne crois pas qu’il nous lise ici, je peux bien te confier ce détail, après tout ! :-)))

    Mon frangin M82, comment, tu ne sais pas que certaines lettres de l’alphabet comptent double ou triple ? ça vaut pour les noms aussi !

    A Pointe-Noire j’ai vu une bière à l’étiquette noire que je n’ai pas trouvée à Brazza (son nom m’échappe, une sorte de cousine de la 8.6 ?), tu veux remplacer ta Primus par celle-ci, Kitumba ?

    Quand même, entre amateurs de bières, il y a bien des risques d’entente plutôt que de méfiance entre les charadeurs et les charadés… Laissez les "sécurités" là où elles sont, de toutes façons ce sont des hydres, inutile de couper les têtes, d’autres repousseront… ;-)

    Bahia, c’est beaucoup d’endroits que nous fréquentons en commun, Tarmac, Baiser Salé, Place d’Aligre (grâce à toi), Bastille le 13 juillet (j’y ai croisé le père Lascony d’ailleurs)… Je crois que la prochaine fois que je sors, je plante dans mon kitambala un petit drapeau où sera écrit “Mère Evé cherche Bahia”. Bon non, personne ne m’a payée pour la promo d’Africare, j’ai eu un coup de cœur, tout simplement. Mais apparemment, je ne me suis pas bien exprimée si je t’ai donné le sentiment qu’il y a beaucoup de lamentations, les récits sont émouvants mais pas assommants parce qu’il y a aussi beaucoup de joie, des chants, des danses, des rires, l’irrésistible musique congolaise qui fait que ton pied ou tes doigts se laissent entrainer sans s’en rendre compte par la cadence, et un humour même s’il est parfois acide dans chaque vérité. Pas vu Hôtel Rwanda non plus. J’ai été très émue avec L’Ainé des Orphelins, mais rien de commun, il y a 1000 façons de raconter et 1000 angles possibles, n’est-ce pas ?

    A propos de Aya de Yopougon, j’ai trouvé au Tarmac aussi une BD très marrante (pensée à Catharsis) fait par un collectif de dessinateurs baptisé L’Afrique Dessinée (hélas leur site web est inaccessible) Une Journée dans la vie d’un Africain d’Afrique. Là aussi ce sont les tristes réalités qui sont évoquées, mais avec cet humour qui fait que même les choses graves peuvent porter à rire… L’histoire est découpée en tranches horaires dessinées chacune par un artiste différent (ils sont 10 de tout le continent) et un sommaire montre les visages des personnages selon chaque dessinateur. La journée se déroule à Degaulleville, un couple galère pour faire soigner sa petite fille atteinte d’une grave crise de palu tandis qu’une autre famille prépare une super fiesta dans sa villa…

  68. Posté par Mère Evé de Paris, le 17 juillet 2007 à 15:32

    Je n’aime pas devenir obsédée à avoir un nom sur le bout de la langue, alors j’ai retrouvé la bière dont je te parlais, Kitumba : Turbo King ! Une brune… Mais moi, j’étais adepte de l’eau pétillante Krest, homonyme du dentifrice anglais… Une Turbo, pour ton gain, ça te va ?…

  69. Posté par KITUMBA, le 17 juillet 2007 à 19:56

    Mère évé, cette soeurette brune de la primus , la pétillante turbo king est connue sous le nom d’affaire d’hommes je ne sais pour quelles raisons on l’a appelée ainsi comme s’il n’y avait que les mecs qui la cuvaient alors que les petites dames de brazzaville et kin s’en sont entichées comme c’est pas possible..
    Ah oui, la mémoire me revient, je sais pourquoi on l’appelle Affaire d’hommes, non mais j’ai honte de le dire Mère évé,vraiment qu’ils sont lubriques ces congolais c’est donc ça qui se cachait surnoisement derrière cette formule là,
    car ce ne sont pas le genre de choses qu’on ose dire à une femme dont le sobriquet me fait penser à mère malou, une grande damme moissi ya kilo comme on le dit au bléd !!
    Je vais oser, mais juste le temps d’avaler deux gorgées de ce bon rhum qui depuis ce matin ,me regarde avec des gros yeux , assis confortablement sur la table de bois de chêne made in IKEA ; à peine acheteé à peine brisée .

  70. Posté par JHM, le 17 juillet 2007 à 20:13

    Cher Kitumba,
    L’éthymologie de l’appellation populaire "Affaire d’hommes" de la Turbo King vient de la promo télé du produit. Des mecs barraqués comme de gros consommateurs d’anabolisants sauvent du nauffrage un petit vapeur pris dans des rapides. Ils se désaltèrent ensuite dans un bistro de brousse, comme je n’en connais aucun au Congo, à grandes tapes dans le dos en sifflant de la Turbo King. Une affaire d’hommes en est le slogan.
    Je ne sais pas où a été, plutôt bien, tournée cette pub, mais je l’ai toujours trouvée très conotée gay. Village People si vous voulez.

  71. Posté par Mère Evé de Paris, le 18 juillet 2007 à 01:39

    Aïe aïe aïe, affaire d’hommes ? Mouais comme les brunes en général, n’est-ce pas ? Moi j’aime bien la Kriek, amère, et qu’on qualifie (injustement ?) de masanga ya basi

    Mère Malou ! Ouh ! je frissonne ! Elle m’a toujours fait peur, cette femme, à chaque fois que je l’ai croisée, avec ses yeux énoooormes régulièrement couverts de lentilles bleues… Tu pensais peut-être à sa copine qui est ma ndoyi, Kitumba ? Je n’ai pas encore ouvert mon nganda, mais promis, si je le fais, je me débrouille pour y proposer toutes les bières du pays… :-D

  72. Posté par Bahia, le 18 juillet 2007 à 09:44

    Dites donc ! Ca boit beaucoup par ici !
    En fait, vous fonctionnez comme Fellag qui, dans ses spectacles, parle par moments arabe ou berbère, je ne sais pas, mais sans jamais traduire ces mots en français.

    Il faudrait peut-être penser à un petit lexique pour les non Congolais, non ? comme à la fin d’Aya par exemple.

    Alors, Mère Evé, comme ça, notre cher Jazzman italien est déjà rentré de Rome ?

    Ton kintambala (post 67) ???

  73. Posté par Mère Evé de Paris, le 18 juillet 2007 à 12:35

    Kitambala : foulard/mouchoir de tête ! c’est en kikongo. Et litambala en lingala, d’après ce que je viens de vérifier (merci de me corriger si erreur).
    Masanga ya basi : boisson (alcoolisée) de "femmes". Basi c’est le pluriel, au singulier c’est mwasi, que Kitumba a francisé à l’extrême (faut l’expédier au Ciciba, hein !) et je laisse le Comandante traduire mwasi ya kilo, il a un talent particulier pour les expressions idiomatiques, même s’il impose d’abord une devinette en chaine…
    Ndoyi : homonyme pour une personne avec qui on partage le même prénom.
    Nganda : maquis ;-)

    Et d’accord, il faudrait qu’on fasse des efforts de traduction, si on veut promouvoir les langues c’est la seule solution…

    Le jazzman, on n’en a pas parlé de son voyage, il était avec son “co-poète angélique” et moi avec la famiglia, donc on a juste échangé trois mots assez vite…

  74. Posté par Bahia, le 19 juillet 2007 à 08:28

    Merci pour ce petit cours, Ndeko, c’est bien ça ?

    Je préfère litambala car j’aime beaucoup le lingala et comme 2008 sera l’année internationale des langues, autant s’y préparer dès maintenant.

  75. le 19 juillet 2007 à 22:46

    Mère Evé, je vois que tu t’y connais en bars toi ! surtout propose aussi la guiness les vieillards lubriques en manque d’érection l’affectionnent particulièrement, semble t-il que ça les maintient bien debout(excuse), euhh enfin ça nettoie leur libido..

    Pour BAHIA, mwasi ya kilo veut dire approximativement, là je parle sous le contrôle de mère évé ,grande damme enfin qqch dans ce genre .

    Mère évé, ma bouche est impatiente, au point qu’elle rougit et rugit ,de goûter à la turbo king , vraiment
    baal mâ defal lougaw (fais vite s’il te plaît en wolof)envoie la moi, m^me par collisimo, surtout protège la bien, parce que les facteurs de la poste là ils ne savent pas chérir les colis (ils risquent de la brutaliser et de me la casser) ,surtout les colis de luxe comme une turbo king voyageant emballée en classe affaire,ça exige de la douceur et un respect de catholiques au pape de rome .

    Bon lundi j’ouvrirais après les coups de 11h ma boîte aux lettres, j’espère que la demoiselle brune sera là.

  76. Posté par Mère Evé de Paris, le 19 juillet 2007 à 23:52

    Toi aussi, M. 75 ! Quand on passe commande on donne l’identité du destinataire ! Ou bien ?

    Alors, je vais attaquer l’étude de marché pour le nganda, j’ai un filon pour le ntsamba (vin de palme) faut que je négocie la bière avec les frères Castel, et que j’oublie pas la grenadine des abstinents…

    Le wolof, j’adore le son, c’est si rythmé ! Mais sans savoir où on met l’accent, dur à apprendre… alors, faites le planning des cours en 2008, je vais bloquer mon année, merci ndeko Bahia !

    Quant à mwasi ya kilo, le contrôle a été remis au Comandante, mais il doit être en train de fondre à faire durer ses joggings de 21h02. Ohé, mon frangin, tu nous as abandonnées ?!

  77. Posté par KITUMBA, le 19 juillet 2007 à 23:57

    j’ai oublié de signer le post 75,MERCI mère évé de savoir que c’est moi.
    KITUMBA

  78. Posté par Bahia, le 20 juillet 2007 à 13:09

    Y a pas à dire, les violons de Mère Evé et de Kitumba sont plus que bien accordés sur la question. Justement, Kitumba, en te lisant (post 75), je n’ai pas pu m’empêcher de penser à Zao : Tout le monde m’appelle soulard, moi je ne suis pas soulard. Le vin rouge a rougi mes yeux, je n’attends que la mort. Le vin de palme a rougi mes lèvres, je n’attends que la bagarre... et à Tu bois beaucoup et tu bois beaucoup, tu bois beaucoup et tu bois beaucoup de je ne sais plus qui.

    Votre discussion me rappelle les maquis de Ouaga où la bière fait également fureur avec les pro-brakina et les pro-sobbra dont ils sont très fiers d’ailleurs, sans oublier le dolo, la bière traditionnelle à base de mil dont ils raffolent plus que tout, hommes et femmes confondus, musulmans compris. Ce sont, avec le fameux porc au four et les brochettes, les incontournables de Ouaga. C’est comme visiter la Tour Eiffel quand on vient à Paris.

    Je ne sais pas s’il existe au Congo ou, plus généralement, en Afrique centrale des chansons qui condamnent la consommation d’alcool comme c’est le cas en Afrique de l’ouest avec notamment Whisky coca du Bembeya Jazz, la chanson où ils ont le hoquet pour avoir trop bu : mano mambo, é mano hé, mano whisky soda, mano mambo, ama gnindé oh ama gnindé.... Je ne comprends pas les paroles mais je sais qu’ils disent que le whisky n’est pas bon, que si tu le bois, c’est amer, très amer et que ça te fait oublier Dieu. Elle vise donc à dissuader les gens.

    Il y aussi une autre chanson en peuhl de je ne sais qui qui dit exactement la même chose en s’adressant explicitement aux jeunes de Guinée : Bèrè moddja, soukabè Guinée, bèrè moddja..., donc toujours ce rôle de prévention.

    Ce qui nous rappelle que la chanson comme la littérature, le théâtre, le cinéma et autres ne visent pas qu’à divertir mais également à éduquer, sensibiliser, faire réfléchir, bref à agir sur le public comme l’a compris Sembene, l’art et la culture au service de l’Afrique, au service de la population.

    Quand je pense que cet article a commencé en célébrant Sembene et qu’on en arrive maintenant à célébrer l’alcool...

    Une chose est sûre, à vous lire, je serai une très, très, très mauvaise Congolaise.

  79. Posté par KITUMBA, le 20 juillet 2007 à 19:19

    BAHIA wrote "Ce qui nous rappelle que la chanson comme la littérature, le théâtre, le cinéma et autres ne visent pas qu’à divertir mais également à éduquer, sensibiliser, faire réfléchir, bref à agir sur le public"

    oui je pense que c’est même le but de la littérature,du théâtre, cinéma ,etc : celui d’éduquer tout en offrant le divertissement,le rire, d’où le dégoût que j’éprouve souvent lorsqu’une oeuvre ne me fait pas rire(c’est vraiment personnel et cela depuis qu’on ne m’oblige plus à lire un livre comme c’est d’usage au collège ou au lycée ).
    Après, tout dépend des jours, c’est selon mes humeurs,ça dépend de la convivialté du bistrot du coin, de la cuite de la veille,si elle fut bonne et chaleureuse ,le matin de cette veille je m’offrirais bien un Sony labou tansi, mais si elle vite oubliée comme elle est vite arrivée, là mon âme me dira de faire un peu le philosophe , alors je dégusterai bien volontiers un Sartre.Bref juste une parenthèse !!!

    NON rassure toi BAHIA connaissant la chanson culte du grand ZAO,c’est déjà un argument fort pour devenir Congolaise, tu peux donc postuler auprès de Mère évé ou de el COMMANDE pour une demande de naturalisation, j’ai oublié les pièces à fournir dans le dossier. !rires

    MERE évé,pour le wolof commence déjà par manger régulièrement du bon thieube dieune(riz au poisson), ensuite devient addicte au bissap (jus fait à base d’oseille),commence par esquisser qques pas de mbalax en écoutant,même sans comprendre, souvent viviane n’dour ou thione seck, là tu verras que les accents se mettront tout seuls, d’eux même, sans que tu te poses des questions !!rires ,
    moralité pour mieux apprendre une langue il faut savoir manger les plats et mets qui vont avec !

  80. Posté par Mayombe82, le 21 juillet 2007 à 08:46

    Salut le trio (la Baie, ME & Kitumba),

    Vous avez en effet dit ce qui se rapproche au sujet de mwasi ya kilo. Traduire c’est trahir, diraient les autres. Et ce n’est pas évident de dire exactement ce que recouvre cette expression qui littéralement signifie « Femme de kilo », ce qui ne veut rien dire du tout ! Sans vouloir offenser les dames sur cette fameuse question physique que constitue leur masse corporelle Dieu merci, jusqu’à présent, sous nos Tropiques, les femmes fortes et même très fortes ont la cote et ce n’est pas demain la veille que ça va s’arrêter, très peu de mes compatriotes africains appréciant de se retrouver avec des planches à pain sur une piste de danse ou au pieu ! ;)))).

    Les femmes friquées sont souvent affublées de ce surnom de mwasi ya kilo. Les femmes aisées. Celles qui tiennent les cordons de la bourse de leurs familles (biologiques, donc maris mis à part), celles qui sauvent une cargaison de pauvres frères, cousines etc.

    Je vois que vous abordez cette délicate question des bières : hum ! Je ne m’y attarderai pas car je serai plus volubile que ça…

    C’est vrai, Salvador de B., on a tendance à oublier que tous les villageois ici ne sont locuteurs du lingala. Mais ça fait plaisir quand on voit quelqu’un s’intéresser à sa langue, et c’est toujours avec plaisir que j’y répondrai, même si je deviens rare dans le coin, joggings et autres activités obligent.

    Allez, une petite colle pour vous 3,connaissez-vous la signification de likelele en français ? @+, M82

    PS : J’ai peur de me tromper, mais je ne me souviens as avoir déjà entendu le mot litambala ou lintambala, juste kitambala (pas de "n" devant le "t")

  81. Posté par Mayombe82, le 21 juillet 2007 à 08:58

    Minga (post 35),

    Je pense en effet que feu Senghor fait partie e ces gens qui arrivés à ce qu’ils pensent être le sommet de la réussite, de leur vie ou de je ne sais quoi d’autre, font tout ce qu’ils peuvent pour que personne d’autre dans la mesure du possible n’y mette ne serait-ce qu’un bout d’orteil. Et ils sont légion. Récemment, tout le monde a vu au Bénin comment le Caméléon Kérékou a snobé des mois durant thomas Boni Yayi (ils sont tous du Nord), car même s’il était prévu qu’il quitte le pouvoir, le Born again voulait être incontournable au Nord, le seul « grand » du coin. Combien d’entre nous n’ont pas subi cela dans leurs familles biologiques ou un aîné qui a atteint un jour une licence, une maîtrise ou obtenu une thèse se « bat » nuit et jour pour que neveux, petits frères et autres soient toujours à une case voire plusieurs en dessous d’eux ? « La thèse ne sert à rien, là où tu es déjà arrivé c’est très bien ! » Celui qui parle a parfois son doctorat qui date de 10, 20 voire 40 ans. « Pourquoi tu veux aller faire un DESS à l’étranger ? Ici, avec ta maîtrise tu peux te débrouiller » Six mois après, voire 22 ans après, le pauvre jeune trime encore avec une maîtrise. Chaque fois, c’est ave un sourire narquois que l’aîné lui tend une coupure de 500, 1000 ou 5000 FCFA. Et ce n’est pas étonnant d’entendre certains dire : " Je suis le seul intellectuel du coin  !" Dieu merci, ce mot, "intellectuel" est complètement galvaudé de nos jours. Ah ! Senghor a fait des petits !!! @+, M82

  82. Posté par Mère Evé de Paris, le 21 juillet 2007 à 19:10

    J’ai pas le temps de développer maintenant, mais je reviens. Je m’en vais porter plainte contre un certain frère pour abandon de famille… :-D

    PS : Kitambala, j’ai jamais entendu, mais dans mes dicos de lingala, c’est indiqué ainsi…

  83. Posté par Mayombe82, le 21 juillet 2007 à 21:34

    Salvador de B. et des autres baies (post53)

    « Comment veux-tu que je m’en sorte ? » C’est très simple, tu mets les autres lectures de côté et de ce jour, jusqu’en septembre prochain, tu liras Dongala.
    « En fait, si je comprends bien, puisque je suis relativement nouvelle ici, ce blog serait donc essentiellement un nid de Congolais, Congolais éclairés et buveurs, et d’un Caucasien congolisé (post 65) ? » (Post 66) non, tu comprends mal frangine. Dès ma naissance, j’avais renoncé à ma nationalité congolaise pour la nationalité africaine.
    « (...) 17 juillet 1967/17 juillet 2007 : 40 ans demain que J.C. sera parti, un peu avant ses 41 ans, triste, non ? » Triste pour ceux qui l’ont aimé et apprécié, mais je suppose que c’est beau de partir en pleine gloire, de quitter la scène pendant que tout le monde applaudit encore…

    Tadieu Bone ? Dire que j’adore serait vraiment de la rigolade. Si au Sénégal, je ne devais retenir qu’UNE SEULE chanson, ce serait bien celle-là. La 1ère fois que j’ai acheté ce Cd (pour tout dire, c’était pour cette chanson), je l’ai repassé des dizaines de fois. Le top a été le jour où, sur rfi, j’ai entendu l’artiste dire : « Si on m’appelle le Bob Dylan africain, alors, Bob Dylan est l’Ismaël Lô de l’Amérique ! » C’est y pas beau, ça ? J’en connais plein qui se seraient gargarisés d’une telle comparaison.

    «  Les Allah n’est pas obligé, l’aîné des orphelins, Murambi et autres ont certes leur utilité mais je laisse ça aux autres pour le moment. » Je te comprends, mais comme je dis, on ne peut pas tout lire. Autant à la TV, je cherche généralement à regarder des films drôles, plutôt que des films tristes, dans les bouquins, je privilégie les essais qui parlent de l’Afrique, des relations internationales. Bref ! il faut de tout pour faire un monde. J’ai regardé Hôtel Rwanda, j’ai aimé, mais le monde doit savoir que le héros de ce film, Paul Rusesabagina a maille a partir depuis un moment avec le pouvoir en place à Kigali.

    «  Mon frangin M82, comment, tu ne sais pas que certaines lettres de l’alphabet comptent double ou triple ? ça vaut pour les noms aussi ! » En effet, les lettres d’amour, de haine, de joie, de bonheur, de licenciement, de révocation…

    « pffff... evidemment on aura pas cà en province » Un conseil Catharsis : tu te fais embaucher à la SNCF et tu bénéficies des avantages et privilèges du train pour aller voir tout ça à Paris.

    « Rebondir ou courir, il faut choisir. » en effet, boire ou boire, il faut choisir.

    KITUMBA (post 64), ce n’est pas que je m’inquiète, mais tu es trop fort. Je te soupçonne d’être un des rescapés du M22.

    Kitumba (post 69) : « (...) vraiment qu’ils sont lubriques ces congolais (...) » MDR !!! Je me suis toujours demandé si cette Mère Malou ne serait pas la fille d’un marlou…

    ME (post 71) : «  Mère Malou ! Ouh ! je frissonne ! » Elle te fait tant d’effets ? Bientôt, tu vas virer ta cuti…

    Salvador de B. (post 72) : « En fait, vous fonctionnez comme Fellag qui, dans ses spectacles, parle par moments arabe ou berbère, je ne sais pas, mais sans jamais traduire ces mots en français. » J’adore Fellag ! il est grand, très grand ! C’est vrai que au boulot, autant je ne mets jamais un mot d’une langue congolaise (j’en parle plus de deux, et j’en comprends pas mal), autant quand j’ai en face de moi ou au fone un polyglotte comme moi, j’alterne dans la même conversation des mots de français, de lingala et d’autres. Sans le faire exprès. Ça me rappelle une Française d’origine béninoise, rencontrée dans une belle ville du Maghreb, mariée à un Antillais (ça fait beaucoup, hein ?) qui me disait que dès qu’elle était avec ses sœurs et ses parents, elle retrouvait automatiquement son accent béninois aussi, elle était très surprise de savoir que j’avais décelé ses origines béninoises…

    Zut, je dois à nouveau courir, ne sachant pas quand je vous retrouve. @+, M82

  84. Posté par Mayombe82, le 21 juillet 2007 à 22:58

    Soufflons un peu entre deux joggings…

    Salvador de B et des autres lettres nobles (post 51),

    « Mais dis-moi, cher Comandante, tu cours où comme ça à 21H02 ??? » Y aurait-il donc une heure pour courir ? si mes souvenirs ne me trompent point, je crois savoir que depuis même le jour de ma naissance, je courais déjà. Mais je n’ai pas eu la chance d’avoir le talent de Abébé Bikila, Haïlé Gébrésélassié et du tout jeune Kénénissa Békélé pour aller aux J.O., aussi, j’en fais juste profiter les vieilles femmes de mon quartier qui se mettent à leurs balcons pour admirer mes pauvres gambettes.

    « Attention à toi, j’ai peur que tu ne sois en train d’attraper la sarkozyte à l’insu de ton plein gré. » Même en rêve, ce ne serait pas possible. Lui et moi, c’est le jour et la nuit. Sachant que je suis le jour… Même si certains journaleux français en mal de sujets se sont mis à se poser publiquement cette question très existentielle : « Le jogging serait-il sarkozyste ? » ces journaleux ne me surprennent plus, mais ils me choquent toujours autant.

    « Oui, j’ai bien vu ta réponse sur l’autre page. J’y cours moi aussi, j’y saute, j’y vole dès que j’ai 3 secondes. Promis, juré, craché ! » Sur la tête de Sarkoynique ?

    « Salvador de S. ??? Tu as vraiment besoin de vacances, très cher. » Hélas ! je ne suis pas très vacances car je suis tout le temps en train de faire un truc par-ci, par-là, sans être un bosseur invétéré.

    « Au fait, as-tu remarqué que tu es en couverture du dernier numéro de L’Histoire ? Un numéro spécial bien sûr comme lui l’était également. » Je l’ai feuilleté très rapidement, ce number. Ah ! quand j’ai vu la fille de cet homme, médecin comme son trop illustre papa, embarquer pour le Venezuela dans le cadre de l’opération « Pétrole Vs Médecins », je me suis dit « il doit être fier de sa fille, le bougre ! » il est des Hommes comme ça qui meurent jeunes et qui deviennent des icônes, à… vie ! Et au cas un bon nègre banania me traiterait d’anti-sarkozyste primaire, voire de nègre revanchard suite à mon énième propos anti-sarko, lire http://w-next.typepad.com/whatsnext/2007/03/le_dsert_intell.html.

    Cette histoire de Coltrane (tiens, ce sont les mêmes initiales que Jésus Christ, une autre star morte avant ses 40 ans...), je m’en mords encore les lèvres et le doigt : je l’ai loupé, ce spectacle. C’est fou l’influence que peut avoir le jazz sur certains de nos auteurs : Henri Lopès, E. B.-Dongala, Kangni Alem pour ne citer que ceux-là. Et John Coltrane est très présent dans leurs mots, leurs textes (si tu peux, Salvador de B., jette un œil dans le blog voisin du très tonitruant Kangni Alem, mais je ne t’inviterai pas à le lire maintenant vu que d’autres livres t’attendent…).

    « C’est un très bon ami congolais, que tu ne peux pas ne pas connaître, de nom en tout cas, (…) » Tiens donc ! Cet ami s’appellerait-il DSN ? (! ! :-)))))))))))))

    « Comment exprimer ce que j’ai ressenti ce soir-là ? » Ca ne s’exprime que difficilement, ces choses-là.

    « Je revoyais alors Adama, un saxophone dans la main et le recueil de nouvelles de Dongala dans la poche » en voilà une qui aime vramaaaan Boundzéki-Dongala, je ne sais pas tu as fait exprès mais là tu évoques ce que je considère sans aucun doute comme l’un de ses 2/3 meilleurs ouvrages : un fusil dans la main, un poème dans la poche. Quand on est très critique des pouvoirs en place en Afrique, ce livre donne à réfléchir...

    « Voilà, cher Comandante, ma réponse à ta question. Tu comprends maintenant pourquoi il est préférable d’éviter de me poser des questions. » Ton compte-rendu de ta soirée au Tarmac devrait se passer de commentaires, mais je n’ai pu m’empêcher d’en faire… Décidément, le vin de palme est excellent, voilà pourquoi tout le monde devrait lire Un ivrogne dans la brousse…

    Salvador de B. (post 78) , « Votre discussion me rappelle les maquis de Ouaga » A propos de Ouaga où je n’ai jamais mis les pieds, je conseille à tout le monde d’écouter parfois sinon souvent Sacré Seydou Ouédraogo que je prends plaisir à écouter chez Alain Foka dans l’émission Médias d’Afrique où il narre régulièrement des faits divers du Pays des Hommes intègres.

    Kitumba (post 79) : « c’est déjà un argument fort pour devenir Congolaise, tu peux donc postuler auprès de Mère évé ou de el COMMANDE pour une demande de naturalisation, j’ai oublié les pièces à fournir dans le dossier. !rires » Ce n’est pas compliqué, mon cher. Cette nationalité, je la donne à chaque personne qui renonce à tout et qui remet son destin entre les mains de l’Afrique.

    Pour en revenir à la mort et aux chansons qui l’accompagnent, comme un peu évoqué par Salvador de B., j’ai toujours eu une attitude assez distante vis-à-vis de la manière dont elle est célébrée dans les eux Congo, au Gabon etc. Je pense que les morts coûtent trop chers et surtout, les chants ou chansons diffusées lors des veillées mortuaires sont complètement décalées voire inadaptées au « drame » en cours. Je ne comprends pas d’où vient cette propension à mettre de la musique religieuse durant la période de veillée mortuaire. Nos ancêtres enterraient meurs morts le lendemain de la mort, voire le même jour ou au pire des cas, deux jours après, entre autres à cause de la chaleur et du manque de chambre froide. De nos jours, on part pour une semaine entière de veillée avant l’enterrement voire plus. Personnellement, je dis tout le temps que je ne voudrais pas de veillée mortuaire à ma mort, mais personne ne veut m’écouter. Le seul compromis que j’ai trouvé concerne la musique durant les jours précédant l’inhumation : je veux et j’exige que soit mis la chanson Mokolo na ko kufa (littéralement, « le jour où je mourrai ») du Seigneur Tabu Ley, Rochereau, le plus grand chanteur d’Afrique que je connaisse. Le Grand chanteur évoque le jour de sa mort. C’est émouvant, touchant. Ajouté à cela de la musique traditionnelle, bien de chez mes ancêtres et alors là, je serais le mort le plus heureux au monde. Mais bon, il y a d’abord cette histoire d’incinération à régler avec ma famille qui ne veut pas l’entendre de cette oreille… @+, M82

  85. Posté par Mayombe82, le 21 juillet 2007 à 23:01

    "J’ai pas le temps de développer maintenant, mais je reviens. Je m’en vais porter plainte contre un certain frère pour abandon de famille… :-D" On va mettre ce brave Jamal Dati sur ta piste, il va s’occuper de toi comme il faut, même s’il n’est pas tunisien (lol !)@+, M82

  86. Posté par Mayombe82, le 22 juillet 2007 à 00:57

    "Rien n’a jamais lieu deux fois de suite" dit un mec au sujet de John Coltrane (si ce n’est lui-même), mais on peut corriger : lire "les deux Congo" et non pas "les eux Congo" ! 10 avé et 100 pater pour moi. @+, M82

  87. Posté par Bahia, le 23 juillet 2007 à 08:13

    Le lien sur ton énième propos anti-sarko (post 84) n’est pas fonctionnel... encore une fois, Comandante.

  88. Posté par Bahia, le 27 juillet 2007 à 09:19

    J’ai écouté le morceau de Tabu Ley qui m’a arraché les larmes des yeux. La vidéo n’est malheureusement plus disponible. J’ai qd même eu le temps de lire rapidement la traduction qui en a été faite en anglais. Oui, très, très émouvant et je comprends parfaitement que ton choix porte sur cette chanson qui est d’autant plus puissante quand on en comprend les paroles.

    Je vais tâcher de faire un crochet chez Kassi pour voir s’il l’a ce morceau.

    Franchement, tu es très dangereux, Baldo, trop dangereux même. Je me comprends...

  89. Posté par Mayombe82, le 29 juillet 2007 à 10:17

    Salvador de B.,

    (Post 87), ça devient en effet une manie de placer des liens qui ne passent pas. J’ai moi-même faite le test, il n’est plus actif et même en tapant simplement l’adresse de base, je ne retrouve pas ce lumineux texte d’un expat français pas du tout tendre avec le roi de France… By the way, j’écoute en ce moment même l’émission Mémoire d’un continent consacré au livre de Claude Wauthier, Sectes et Prophètes d’Afrique noire (Seuil) (notre hôte en avait parlé il y a quelques temps) et j’ai moi-même lu ce livre : poignant. A conseiller à tous ceux et celles qui croient trouver de l’espérance chez tous ces escrocs.

    (Post 88), « J’ai écouté le morceau de Tabu Ley qui m’a arraché les larmes des yeux. » Pascal Tabu, alias Seigneur Ley, Rochereau est grand. Si jamais tu passes par la station Denfert Rochereau, aie une pensée pour lui. Cet artiste est un géant. Certains l’ont appelé le chanteur des intellectuels, tandis que son aîné, très grand rival et plus populaire, Franco de Mi Amor était considéré comme celui du peuple. Mais bon, c’est une autre histoire… Il y a aussi feu Djo Mpoyi (une voix, un talent fauché en plein vol) qui avait déjà évoqué sa mort avec toutes les dérives existant lors des veillées mortuaires en Afrique centrale. Je ne me souviens pas du titre, mais de mémoire, je peux fredonner :
    mokolo na ko kufa hé !ekozala bongo

    baye ba kufa liboso to monak’ezalaka bongo

    soki ba meli ba langwe ba ye nde kotutuka hé

    soki ba meli ba langwe ba ye nde kotutuka hé

    ba kendeki muyu ba kosi ba kendeki matang’hé

    Pour ne pas faire du mot à mot, le chanteur fustige ceux et celles qui profitent de la mort des autres et ce, durant la période de la veillée mortuaire pour s’adonner à toutes les dérives possibles à l’insu de leurs officiels (les). Ce chanteur était très mélancolique, sur youtube, à moins que tu ne connaisses déjà, tu pourras trouver des clips comme Mamba et Mandola : des bijoux. Ça me replonge des années en arrière, quand sur les deux rives du Fleuve Congo les hommes politiques se contentaient de se trucider entre eux, laissant souvent le bas peuple se démerder dan sa fange. Les dimanches, j’entendais des gens dire : « Mais à quelle heure le Vieux X mettra en route sa chaîne musicale ? » Je pense plus à cette grande sœur dont les parents n’avaient pas les moyens de s’acheter une chaîne hi-fi, et qui se levait tôt les dimanches matins, se positionnaient là où il fallait, en attendant les décibels qui lui permettraient d’oublier une semaine merdique et elle me disait souvent : « On ne peut pas compter sur ton père. Il ne met la musique que pour lui-même, pour son salon, alors que nous dehors, on en a besoin ! »

    Quand pense-t-on le plus à sa propre ? Dès qu’on apprend que quelqu’un de son âge décède ? Quand on apprend la mort d’un très proche ? J’aime écouter cette chanson de Tabu Ley que j’ai en k7, sur CD, sur mon ordi car elle recoupe tellement de situations de notre quotidien.

    « Franchement, tu es très dangereux, Baldo, trop dangereux même. Je me comprends... » ne va surtout pas le dire aux keufs, ils pourraient saisir mon ordi. @llez, je dois encore aller courir. Je viens de terminer Mandola. M82

  90. Posté par Bahia, le 2 août 2007 à 10:09

    Dès ma naissance, j’avais renoncé à ma nationalité congolaise pour la nationalité africaine, Mayombe82, post 83.

    Elle me plaît beaucoup cette phrase, énormément. Si chacun de nous raisonnait ainsi, à commencer par Kadhafou lui-même, son délire de créer les Etats-Unis d’Afrique aurait sans doute plus de sens.

    Qu’on donne la possibilité aux Africains de pouvoir circuler librement à l’intérieur du continent, ce serait déjà un très bon début. Ca, c’est du concret.

    Et que la Lybie commence par traiter plus dignement les clandestins noirs qui y travaillent.

    Franchement, je comprends que Kadhafou s’entende si bien avec Sarko car du point de vue de la chasse aux immigrés africains, ils sont vraiment sur la même longueur d’ondes.

  91. Posté par Mayombe82, le 2 août 2007 à 13:08

    Salvador de B.,

    (Post 90) : si chacun de nous pouvait se dire que notre RDC, notre Malawi, c’est petit, ce n’est rien face à l’Afrique (quand même 30.000.000 de km2, près d’1.000.000.000 d’âmes), ce serait déjà un pas. Et je dis tout le temps, dans le cadre de l’Union, je prends tout, quitte à remettre chacun à sa place : que ce soit Kadhafou (comme tu dis, et comme dit aussi le Gri-Gri), OBO, l’organisateur du Grand Magal, le Mufti de Tunis, les descendants de Marcus Garvey… Même si le fou de Syrte veut impulser les EUA à cause du fait que :

    • Toutes les unions passées ont échoué (cas de la Tunisie sous Bourguiba) ;

    • Ses « Frères » arabes l’ont abandonné lorsqu’il a été mis au ban des nations occidentales il y a peu, alors qu’au Sud du Sahara certains étaient très à l’écoute de ses problèmes et de… ses pétrodollars.
    Essayons de travailler avec lui, tout en préparant une ambulance, une piqûre, une camisole et un asile à côté car à mon avis il y a belle lurette que le Bédouin a franchi le rubicond de la folie.

    « Qu’on donne la possibilité aux Africains de pouvoir circuler librement à l’intérieur du continent, ce serait déjà un très bon début. Ca, c’est du concret. » Ce serait déjà du concret en effet. Un exemple que j’aime bien donner pour montrer l’absurdité de nos princes : en Afrique centrale, je n’ai pas UNE SEULE ROUTE pour aller de N’kayi à Lambaréné, à Ngaoundéré, à Bangui puis à N’djamena, par contre nos dirigeants ont eu la bonne idée de mettre en place une plaque d’immatriculation « CEMAC ». Ubu a fait plus d’adeptes que ça visiblement… Mieux, il me faut un visa pour aller au Gabon. En Libye, les frangins sont traités comme des bestiaux sous prétexte qu’ils sont clandos, comme tu le rappelles. C’est sûr, les EAU sont bien partis.

    « (…) ils sont vraiment sur la même longueur d’ondes. » Plus même qu’on ne le croie… @+, M82

  92. Posté par Bahia, le 2 août 2007 à 14:34

    Toutes les unions passées ont échoué, post 91. Eh oui, cher Comandante, n’est pas Nasser qui veut.

    Pour l’affaire des visas, tu as parfaitement raison sans compter qu’il est parfois plus simple, pour joindre deux capitales africaines, de passer par Paris. Inouï, absolument inouï !!!

    Je n’oublierai jamais le jour où j’ai fait Ouaga/Dakar en avion par Air peut-être. L’attente fut si longue, y compris l’escale à Bamako (on n’a jamais su ce qui s’était passé) que je pense qu’en passant par Paris, je serai arrivée avant ou en même temps, moins fatiguée, ça, c’est sûr. Ensuite, on a dû passer par la Gambie pour aller en Casamance. Là encore, c’était d’autres complications mais le facteur commun, c’était toujours l’attente longue et interminable. Une chose est sûre, si l’Afrique nous apprend bien une chose, c’est la patience.

    Pour ce qui est de Kadhafou, c’est moi qui lis le Gri-Gri et non pas le contraire, très cher, si tu vois ce que je veux dire. J’aime aussi leur "sommeil de l’Union africaine". C’est si juste !

    Imaginons deux secondes, juste deux secondes Kadhafou, "Président" des Etats-Unis d’Afrique et Sarko, "Président" de l’Union européenne, associés - quel tandem de choc ! - pour mettre en place une Eurafrique... Après la fermeture du centre de Sangatte, les frontières de l’Europe, pour ce qui est de l’immigration en tout cas, ne se sont-elles pas déplacées en Lybie ? Est-ce un hasard si justement la tournée africaine de Sarko a commencé par ce pays puis par le Sénégal et le Gabon ? Wade et Bongo, deux opportunistes soutenant le projet de Kadhafou d’après le Gri-Gri.

    Il arrive parfois que la réalité dépasse même la fiction.

    Ensemble, tout devient possible n’était-il pas le slogan de campagne de Sarko ?

    Ah ! Ces fous qui nous gouvernent...

  93. Posté par Mayombe82, le 3 août 2007 à 16:05

    « Pour l’affaire des visas, tu as parfaitement raison sans compter qu’il est parfois plus simple, pour joindre deux capitales africaines, de passer par Paris. Inouï, absolument inouï !!! » Demande à un Congolais de faire Brazzaville – Lusaka en avion (vu que la route, c’est peut-être mon petit-fils qui la verra) ; demande à un Sénégalais de faire Dakar – Isiro. Ton périple me rappelle un peu mon voyage d’une capitale nord-africaine à Pointe-Noire il y a quelques années : je suis passé par toutes les émotions. Heureusement que la Rue Princesse m’a fait oublier une partie des émotions…

    « Une chose est sûre, si l’Afrique nous apprend bien une chose, c’est la patience. » Ca devrait être gravée dans le marbre car comme dit une de mes sœurs : « Dans les yeux d’un Noir, il y a toujours de l’espoir » Ce n’est pas beau tout ça ?

    « Pour ce qui est de Kadhafou, c’est moi qui lis le Gri-Gri et non pas le contraire, très cher, si tu vois ce que je veux dire. » Serait-ce donc impossible que tu sois la (une) muse du Gri-Gri ? Regarde Baldo, il composait des sambas et un autre en récoltait les lauriers…

    Kadhafou président de l’UA ? On mangera du sable du matin au soir. Je vois encore cette image de Wade en train lever les bras dans la bagnole aux côtés de son « fils » (près de 29 ans les séparent, tout de même), et la foule qui acclame… j’ai frisé l’apoplexie… @+, M82

  94. Posté par Mayombe82, le 4 août 2007 à 07:24

    Je prends congés du coin pour environ 2 semaines, bonnes vacs à ceux et celles qui y ont droit aussi. @+, M82

  95. le 6 août 2007 à 18:52

    Heureusement que la Rue Princesse m’a fait oublier une partie des émotions..., post 93.

    Je comprends mieux maintenant pourquoi tu aimes tant Aya de Yopougon.

    On mangera du sable du soir au matin. Au moins, on n’aura pas besoin de l’importer, c’est déjà ça.

    Anyway, enjoy your holidays, Baldo, mais ne bronze pas trop (j’espère que tu n’as pas oublié ta crème solaire), on risquerait de ne plus te reconnaître à ton retour.

  96. Posté par Bahia, le 6 août 2007 à 18:53

    C’était juste moi.

  97. Posté par Mayombe82, le 19 août 2007 à 08:20

    « On mangera du sable du soir au matin. Au moins, on n’aura pas besoin de l’importer, c’est déjà ça. » MDR !!! Ca c’est de l’humour grinçant, bien sablonneux, bien non-sablé, brut, pur. Je suis vraiment convaincu que je peux devenir un excellent devin si demain le Fou de Syrte gère ce continent. Il faudra importer des psychiatres. J’ai lu il y a quelques années que le Kaddhafou avait dit que Shakespeare était en fait un Arabe du nom de Cheickh Zoubir... (lol !)

    « Je comprends mieux maintenant pourquoi tu aimes tant Aya de Yopougon. » Et comment… Certes, je n’aime pas trop les généralisations gratuites, mais j’avoue qu’en Afrique de l’Ouest, je donne la médaille d’or de l’humour à la CI, la médaille d’argent au Pays des Hommes intègres. J’ai laissé mes côtes à Biba, durant ce très court séjour grâce à Air Peut-Etre.

    « Anyway, enjoy your holidays, Baldo, mais ne bronze pas trop (j’espère que tu n’as pas oublié ta crème solaire), on risquerait de ne plus te reconnaître à ton retour. » Amdullilah ! Pas trop de quoi se plaindre, n’étant pas adepte du bronzage, je ne risquais rien sur ce plan. @+, M82

Commenter


modération à priori

Ce forum est modéré à priori : votre contribution n'apparaîtra qu'après avoir été validée par un administrateur du site.

Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)