
On le sait, mais rappelons tout de même qu’Achille Mbembe est professeur d’histoire et de sciences politiques à l’université du Witwatersrand (Afrique du Sud) et directeur d’études à la Witwatersrand Institute for Social and Economic Research (WISER). Son dernier ouvrage, "De la postcolonie", qui fait date dans les études africaines, a été publié en 2000 (2e édition aux éditions Karthala, Paris, 2005). Pendant la Coupe du monde de football qui se déroule en Allemagne, Achille Mbembe tient un journal dans lequel on retrouve la finesse d’analyse qui caractérise cet intellectuel. Nous publions ci-dessous des extraits de ce journal. Afin de raccourcir le texte pour une lisibilté campatible dans le cadre d’un Blog, nous avons opéré plusieurs coupures et ajouté des titres aux développements. Nos excuses auprès d’Achille Mbembe. Bonne lecture !
DE LA MEDIOCRITE CRIARDE DES EQUIPES AFRICAINES
De fait, malgré la présence de nombreux professionnels dans les championnats d’Europe, l’écart qui sépare le football africain des normes internationales ne cesse de s’élargir. Seize ans après avoir atteint le stade des quarts de finale en 1990, le Cameroun, par exemple, n’a pas été capable de rééditer son exploit d’Italie. Incapable de consolider ses acquis, il s’est fait chaque fois éliminer et dès le premier tour, que ce soit en 1994, 1998 ou 2002. Chaque fois également, la participation des « Lions Indomptables » à la phase finale de la Coupe du monde a été émaillée de scandales (corruption et vénalité des dirigeants, désorganisation et absence de planification, primes non payées) et ponctuée d’événements grotesques et embarrassants que seul le Togo vient, cette année, de surpasser. À peine quatre ans après son épopée asiatique, le Sénégal, quant à lui, n’a même pas été capable de se qualifier pour la phase finale pour la deuxième fois consécutive. Le Nigéria, pays des promesses qui n’engagent que ceux qui y croient, continue de faire illusion depuis 1994.
Car, que de lacunes, à commencer par l’habileté à cadrer les tirs au but - qu’il s’agisse des tirs à la course ou des coups de pied arrêtés. Que dire, ensuite, de l’incapacité à faire tourner le ballon en en gardant au maximum la possession. Car, c’est bien là l’une des forces des formations européennes et sud-américaines, cette base sans laquelle il n’est pas possible d’occuper rationnellement le terrain, d’étouffer l’adversaire, de sortir proprement les ballons, bref d’élever le jeu à un niveau tactique supérieur, ou encore de bâtir des équilibres entre les phases d’apparente stabilité, les phases de mouvement et de brusque accélération, voire la vitesse de pénétration.
DE L’ABSENCE DE TACTIQUE DES EQUIPES AFRICAINES
Il faudra le répéter ad nauseam : ce sont des équipes qui manquent de sens tactique. À titre d’exemple, comment expliquer qu’après avoir pris de l’avance au score avant la dixième minute de la première mi-temps, la Tunisie décide de jouer le reste du match sur la moitié de son terrain et se fasse détruire après une résistance d’environ soixante-dix minutes ?
Comment expliquer qu’en huitième de finale, le Ghana improvise un système de défense en ligne dans le vain espoir de bloquer l’attaque brésilienne, l’une les plus explosives au monde ? N’oublions pas, enfin, la tendance à encaisser des buts à deux moments psychologiques clé d’un match : dans les dix premières minutes ou lors des arrêts de jeu.Quoique l’on dise, le football africain n’est donc pas encore à la hauteur de celui des grandes nations. L’Afrique dispose, après le Brésil, d’une insondable réserve de talents potentiels. Ce qui lui fait défaut - et c’est la raison pour laquelle elle ne peut pas se hisser à hauteur des grandes nations de football - c’est sa culture de l’anti-discipline, du désordre et de l’inefficacité à laquelle s’ajoute la propension de ses dirigeants à la vénalité.
FOOTBALL ET RACISME CONTRE LES JOUEURS NOIRS
Qui ne se souvient, en effet, des blessures psychologiques qu’endurent presque chaque semaine les joueurs noirs dans certains stades d’Europe, de l’Atlantique à l’Oural ? En Espagne par exemple, des cris de singe accompagnent régulièrement le goléador du Barça, Samuel Eto’o à chacune de ses apparitions sur le terrain. Lors d’un match opposant l’Angleterre à l’Espagne à Madrid l’an dernier, les joueurs noirs de l’équipe anglaise (Shaun Wright Philips, Ashley Cole, Jermaine Jenas et autres) ont fait l’objet de copieux abus de la part d’un public littéralement en état d’ébriété, aussi excité que malpropre.
Luis Aragonès, le coach de la sélection espagnole, avait été le premier à mettre le nez dans la fange en traitant Thierry Henri de « Merdeux de nègre » - histoire, affirmait-il sans rire, de « motiver » le co-équipier d’Henri à Arsenal, le milieu offensif José Antonio Reyes.
Invité à s’expliquer sur son refus de s’excuser, Aragonès a affirmé récemment ne pas être raciste. La preuve ? Il a beaucoup d’amis parmi les Noirs. Certains sont d’ailleurs des experts dans « la définition du sexe des poules et de la volaille » en général. On ne sait s’il pensait à ce même Samuel Eto’o. L’attaquant camerounais avait en effet pris la défense du vieux con ibérique lors de la controverse Henri et continue, aujourd’hui encore, de lui donner du « cher grand père ». Toujours est-il que lors du match France-Espagne de l’autre semaine, Patrick Vieira n’y est pas allé par quatre chemins. Obligé de jouer au justicier, il a failli plonger ce minable vieillard dans un état d’apoplexie maximale en lui intimant, dans un geste familier (Chuutt..), l’ordre de se taire et de s’asseoir alors qu’il se répandait en protestations le long de la ligne de jeu.
Ceci dit, beaucoup auront remarqué - même s’ils ne le proclament pas sur la place publique - que l’équipe de France ne comprend que deux ou trois joueurs titulaires blancs. À les observer de près, ces « Bleus » sont, en effet, tout « Black ». C’est d’ailleurs ce qu’a voulu souligner, récemment, le démagogue extrémiste français Jean-Marie Le Pen. Jouant, comme d’habitude, sur le non-dit raciste, il remarquait que cette équipe de « joueurs de couleur » qui, de surcroît, ne savent pas chanter ‘la Marseillaise’ à pleins poumons, était loin de représenter sa France à lui, la « vraie France ». L’on en était au tout début de la compétition, à un moment où les « Bleus » avaient de la peine à trouver leur rythme et couraient le risque d’une nouvelle élimination au premier tour. Je ne sais si, fidèle à leur religion, Alain Finkielkraut et ses affidés ont pris le relais pour dénoncer cette « communautarianisation » du précieux joyau national.
Toujours est-il qu’à l’exclamation de Jean-Marie Le Pen (Tiens, la négraille, cette équipe de France !), le défenseur central Lilian Thuram a affirmé : « Moi, je ne suis pas noir ». Au cas où on ne le savait pas, il est Français : « Vive la France. La vraie. Je veux dire : celle qui existe ».
Ces propos méritent la peine qu’on s’y arrête ne serait-ce que parce que, de tous les joueurs français ayant, quelque part, une origine africaine proche ou lointaine, Thuram est sans doute l’un des plus cultivés : « Moi, je pense que le doute est fondamental pour avancer. Il vous permet une réflexion sur vous-même ». Il est également l’un des plus politisés. Il est membre du Haut Conseil à l’Intégration. Par exemple, lorsque, l’hiver dernier, le Ministre de l’Intérieur, Monsieur Nicolas Sarkozy a mis la poudre aux banlieues en traitant les jeunes Français issus de la colonisation et de l’immigration de « racaille », le footballeur a aussitôt réagi pour condamner ces irresponsables propos. « C’est tellement facile ces discours populistes et démagogiques, de parler de personnes dont la plupart des gens ne savent rien », avait-il rétorqué. Et d’ajouter : « On met le feu aux poudres, on arrive comme un sauveur et on a tout gagné ! Si on est capable de faire çà, on est capable de quoi pour arriver à ses fins ? Moi, je ne pense pas que tous les moyens sont bons pour gagner, ni dans le foot, ni en politique ».
THURAM N’EST-IL PAS UN NOIR ?...
En proclamant qu’il n’est pas Noir, Thuram dit plusieurs choses en même temps. Et d’abord, il s’inscrit en droite ligne de la pensée de Fanon pour qui « Le nègre n’est pas. Pas plus que le Blanc ». On peut ensuite supposer qu’en niant l’existence d’une essentielle négritude, ce que Thuram veut mettre en relief, c’est d’abord son identité d’homme tout court. Mais c’est aussi le mouvement par lequel ce bout de territoire appelé la France est appelé à assumer cette part de son passé fait de rencontres, de brassages, de collusions et de violences.
Indirectement, Thuram compare ensuite l’histoire de la France à celle des Etats-Unis. Qu’en revendiquant sa francité, il évoque les équipes américaines de basket-ball, souvent composées en majorité d’Africains Américains signifie qu’à ses yeux, « représenter » la France n’est pas, avant tout, une question de pigmentation. En d’autres termes, la race ne constitue pas le visage premier de la nation, le déterminant premier de son identité. Cette dernière est, de bout en bout, une production historique et non point épidermique.
Négation de la race donc, et affirmation de la nation. Entre les deux, la référence aux origines africaines a totalement disparu. Est-ce le prix à payer pour que la France continue de vivre dans l’illusion que chez elle, la question raciale ne s’est jamais posée et ne se pose point ? Qu’est-ce que cela signifie de valoriser les attaches nationales à l’ère de la globalisation alors même que ses propres origines se situent dans la dispersion, dans une relation diasporique, dans un ici qui ne se conçoit pas sans un ailleurs ?
Car tout de même, même si Thuram pense qu’il n’est pas Noir, pour beaucoup de Français, il l’est en effet. Ici encore, on se souvient de la fameuse phrase de Fanon : « Regarde le nègre !... Maman, un nègre !... ». Comment se fait-il que Thuram ne puisse pas dire simplement : « Eh bien, heureusement pour la France, je suis Black et Français, et c’est bien ainsi ». Qu’est-ce qui rend impossible une telle affirmation toute positive, qui ne doive pas au préalable passer par la négation de l’un des termes ?
Peut-être Thuram est-il véritablement fils de l’idéologie de la république aux yeux de laquelle il n’y a pas de races, mais seulement une humanité universelle. Ou, à l’opposé, peut-être ne sait-il plus nommer cette part de lui qui, dans la nuit des temps, vient d’Afrique. Peut-être qu’en vérité, pour ces « Blacks » des « Bleus », de « Keke » (Makelele) à Cissé, de Vieira à Diarra, de Saha à Malouda, Abidal, Boumsong et tous les autres, l’Afrique est désormais, véritablement, cette emprise sur laquelle il n’y a plus de prise - ou cette prise sur laquelle il n’y a plus d’emprise. Elle est ce dont il faudrait se dégager puisqu’on ne sait plus comment la nommer en nous - ou encore on ne sait la nommer que sous le nom même d’une impossibilité, c’est-à-dire, finalement, du pouvoir de nier.
Or, c’est justement ce pouvoir de nier et de refouler qui constitue le socle même du racisme à la française. Le racisme à la française consiste en effet à nier et à refouler la réalité du racisme tout court de telle manière que l’on puisse commettre des actes racistes tout en ne les reconnaissant jamais comme tels - tout en bloquant conceptuellement la possibilité de jamais les identifier et les nommer comme des actes racistes.
Le projet d’une cité (polis) au-delà des races est l’une des utopies les plus radicales du modèle républicain français. Malheureusement, il ne s’agit que d’une abstraite utopie qui, paradoxalement, ruine ses propres prémisses en prenant la finalité comme si elle était la réalité - comme si elle était d’ores et déjà advenue. Or, c’est précisément ce mythe et cette illusion que dément, de manière si spectaculaire, cette équipe des « Bleus » si « Black ».
Car, pourquoi une telle visibilité dans les sports (et peut-être la musique) et une telle obscurité dans tous les autres secteurs de la vie sociale, économique, intellectuelle et politique ? Où sont donc les Colin Powell français ; les Condolezza Rice, les Thurgood Marshall, les grands intellectuels à la manière de W.E.B. Dubois, bell hooks, Cornel West, Skip Gates, Anthony Appiah, Julius Wilson et les grands écrivains comme Maya Angelou et Toni Morrison ? Où sont les grands cinéastes, à la manière de Spike Lee et les producteurs de télévision, à la manière de Bill Cosby et Oprah Winfrey ? Où sont les généraux noirs dans l’armée et où sont les Maires dans les communes et les députés à l’Assemblée nationale et les ministres dans les cabinets comme, paradoxalement, ce fut le cas au moment de la colonisation ?
Finalement : ces « Bleus » si « Black » gagneront peut-être la Coupe du monde. Moi, c’est mon souhait. À supposer qu’ils ne la gagnent pas, ils n’auront pas moins, authentiquement, été l’expression d’une certaine idée de la France - peut-être une France plus potentielle que réelle, peu importe. Cette authenticité - tel était peut-être, quant au fond, le propos de Thuram. Il l’exprimait à un moment où la France débat enfin publiquement de toutes ses histoires, de ses multiples genèses - l’esclavage et la colonisation y compris. Mais c’est aussi le moment où son Ministre de l’Intérieur, Monsieur Nicolas Sarkozy, habitué à se pencher vers ce qui est bas et abject (le racisme), est en train d’organiser « la chasse aux enfants » sans-papiers.
Si, Dieu soit loué, des dizaines de milliers de Français ne se mobilisaient pas, comme ils le font en ce moment, pour s’opposer à cette démarche d’un homme cynique et mû par la soif de pouvoir, alors on pourrait se poser la question de savoir qui donc jouera pour ce vieux pays en 2010, et en 2014 et en 2018 et en 2022 et en 2026 et pour les siècles des siècles ?
Alain, cet article est si riche que, simple suggestion, il serait plus intéressant de le proposer en trois sujet au moins : Achille Mbembe parle 1, 2 et 3. Thuram à lui seul est un sujet si dense, l’analyse des faiblesses du football africain est d’une pertinence à déboussoler beaucoup de satifactions faciles, le football et la vie est un sujet intéressant ! Enfin, à toi de voir. Je crains seulement que les bloggueurs n’aient pas la patience de lire le post en entier et donc en perdent des points essentiels.
En effet Sami, il est trés interessant cet article. Je vais le télécharger sous Word et l’imprimer afin de le lire attentivement.
LONG,long et long, beaucoup trop long et arretez cette philosophphie autour du ballon. le foot c’est plus beau a voir qu’a analyser. la preuve j’aimerai voir tous les analystes qui avaient dit que la France... NON SERIEUX CET ARTICLE EST ILLISIBLE CAR TROP LONG, PAS LE TEMPS.
ah oui,l’article d’Achille ! Passionnant ! certes, ce n’est pas le format blog, et il faut s’accrocher, mais apres tout, il vaut le coup d’etre lu. Un match de foot ca dure 90 minutes, il ne s’y passe pas toujours des tonnes de trucs, et pourtant on a la patience, donc on peut bien se forcer un peu pour une demi heure de lecture, non ?
Moi, comme je voudrais bien comprendre finalement si Thuram est blanc ou noir, c’est decide, je monte a Paris voir le match dimanche et me fondre dans la France qu’on aime : celle qui se melange et hurle devant un ballon sans trop se poser de questions.
Alors pendant le temps que ca dure, on peut croire qu’il y a un peuple entierement multiracial et solidaire. Un et multiple (le grand reve philosophique). Il ne faut pas rater cela, c’est comme les eclipses, un phenomene assez rare pour qu’on se deplace pour le vivre... et qui ne dure pas tres lontemps en general..
A dimanche, rue de Clignancourt ou dans les parages...
Plus les bleus gagnent, plus on emmerde Sarkozy.
he he
Chers amis,
Je viens de raccourcir une fois de plus, non sans regret, le texte d’Achille qui, à mon humble avis, aurait mérité d’être publié dans son intégralité. Mais je me plie à vos multiples remarques, et c’est ainsi que fonctionne la démocratie...
Bien à vous
C’est vrai qu’on est tous deçu par la prestation des équipes africaines ! Mais avavt de parler de médiocrité criarde(pffff...), faudrait quand même signaler à votre auteur que : l’asie qui dispose de bien plus de moyens que nous n’a qualifié aucun pays pour les huitièmes de finale ; pour le continent sud-américain, en dehors du brésil et de l’argentine, aucune équipe n’a atteint les quarts de finale !
Je ne reviendrai pas sur les considérations tactiques. Le débat n’en finirai pas ! Je ferai également l’impasse sur l’incompétence des dirigeants des fédérations ( cf togo) !
Sur un plan purement sportif ( et je vais m’appuyer sur les cas tunisien et ivoirien, les deux derniers finalistes de la can), il y a une incongruité de taille que notre spécialiste n’a pas relevé : la CAN, qui tous les quatre ans, se déroule la même année que le mondial ! Se déroulant en Janvier/fevrier, nombre de joueurs sont obligés de quitter leur club européen. Ce qui n’est pas sans poser problèmes. Cette année, une polémique est née à propos de Saint-Etienne. Cette équipe a vu pas moins de 5 des ses titulaires s’envoler pour la can, à un période charnière de la saison ! D’aucuns prètent à cette absence la difficile fin de saison des verts. En partie, certes, mais la question s’est posée. De plus, dans la mésure où le rythme moyen est de 2 matchs par semaine, pour peu qu’un joueur aille en finale, il rate pas moins de 8 matchs de championnat !!!, avec le risque, à son retour, de perdre sa place de titulaire ! D’ailleurs, certains joueurs africains refusent de participer à la can pour cette raison ! Après tout, amour de la patrie ou pas, ce sont les clubs qui les payent ! On peu s’en plaindre, mais c’est comme ça !
Pour les cas tunisien et ivoirien, ces deux équipes sont allé en finale ! Ok !
Puis, certains joueurs, ivoiriens surtout, ont rejoint leur club en europe pour la 2e partie de saison ! On sait, tous, le rythme éprouvant de ces championnats !
Un cas exemplaire : Eboué, l’arrière des Eléphants et d’Arsenal ! Ce type aura participé à la can (6 matchs au moins), aura disputé la Première League anglaise et la finale de la Champion’s League. Et pour finir : on voudrait qu’il soit étincellant, transcendé pour le mondial ????
Faut pas rever quand même !
D’accord, ce n’est pas le cas de toutes les équipes et de tous le joueurs, mais qu’est-ce qui justifie que les équipes africaines qualifiées pour la can et le mondial doivent disputer DEUX COMPETITIONS MAJEURES DANS LA MEME ANNEE ????
Avant d’évoquer les considérations financières, tactiques, culturelles ("sa culture de l’anti-discipline, du désordre et de l’inefficacité !!!" ; je rêve ! Ce serai un type, autre que noir, disant ça, il serai taxé de raciste, enfin, passons) faudrait que les dirigeants de la can permettent, de leur côté, aux équipes africaines de disputer le mondial dans les meilleures dispositions !
ALORS A QUAND LA CAN LES ANNEES IMPAIRES (2007, 09, 11,... ; PAS DE MONDIAL CES ANNEES LA) ET EN JUIN/JUILLET ????????????
Cher Alain,
Je comprends les ami(e)s et personne qui trouvent un texte mis en ligne trop long MAIS...
tu ne les obliges pas à le lire...
Ils peuvent le "zapper" s’ils n’ont pas le temps de le parcourir sur leur écran, ou bien le tirer sur un support papier pour le lire à tête reposée.
Un blog, le Net et les machines informatiques sont des outils. Nous pouvons les utiliser comme nous voulons. Veillons à ne pas nous faire utiliser, et donc "formater", par la technique et la seule technique. Car alors on ne publiera sur le net que des ’textes’ de 15 lignes attendu que, selon les études, en moyenne, on ne reste que moins de trois minutes sur un site internet.
Le commerce de la pensée et de l’esprit exige bien souvent plus de 3 minutes pour étudier et discuter une question.
Pour ma part, les textes longs ne me dérangent pas, surtout quand ils sont intelligents et qu’ils nourrissent le débat. Ce qui est le cas (notamment à propos de la déclaration de Thuram, sur laquelle j’aimerais réagir mais une autre fois, à partir des thèses de Fanon, référence incontournable à mon avis).
Bien des choses à tous, JMD.
JMDevesa, personne n’oblige Alain à raccourcir un article, ce sont des suggestions, s’il en tient compte, c’est peut-être parce qu’il a aussi accepté l’esprit d’un espace où des gens échangent, ce qui n’est possible que s’ils lisent. Bien sûr, beaucoup de personnes visitant ce blog lisent par ailleurs des centaines, voire des milliers de pages ! Mais chaque support crée des habitudes, a ses règles. Dans le journal ou la revue où ce texte est initialement publié, je ne crois pas qu’on irait demander à la rédaction de réduire la taille de ses articles et de procéder à un nouveau tirage, on lit ce qu’on veut et on saute des lignes ou des pages, tout le monde sait le faire. Personnellement je ne donnais pas à Alain des leçons de tenue de blog, comme je ne pense pas que tu oserais donner des leçons de lecture, même à tes édutiants, je ne le crois pas.
Passionnant cet article, lu de la première à la dernière ligne !
La vision de THURAM est juste, être un homme avant tout avant d’être NOIR, mais utopique à mon sens. De la même façon, lorsque je vais en Afrique, je suis avant tout BLANCHE avant qu’on ne me reconnaisse comme femme.Il faut du temps avant que l’on oublie cette différence et je suis confrontée aussi à une forme de racisme.
Pour s’enrichir une nation a besoin de la diversité culturelle des hommes qui la composent. La couleur de la peau exprime d’emblée la différence, elle est la marque la plus visible de cette diversité culturelle. Mais la france multi-culturelle n’est pas que BLACK/BLANC/BEUR ou JAUNE, elle est aussi la France des régions. Francais du nord ou du sud, de l’est ou de l’ouest, nous enrichissons aussi notre pays par notre différence. Cette différence est notre richesse, on ne peut pas gommer nos racines, de quelle nature qu’elles soient.
Ce que nous connaissons peu ou mal nous fait souvent peur et ce que j’entends autour de moi lors de mes retours d’Afrique vous ferait sourire ! tant d’ignorance, tant d’intolérance !
Les préjugés ont la vie dure.
THURAM, pas noir, une vision que pourra peut-être partager une certaine élite, mais sont-ils nombreux les Français qui pourront voir un homme pour ce qu’il est réellement au-delà de son apparence ?
Mary
Mon cher alain,
les sages propos d’achille MBEMBE ne doivent pas occulter que les si les préjugés des occidentaux sur les africains ont la vie dure, des propos entendus au gré de mes pérégrinations dans les pays du maghreb me laissent à penser que ce travail de pédagogie doit également être effectué dans nos belles contrées nord africaines. Souvent dans ces rues nord africaines, j’entends des paroles bien plus blessantes à mon encontre que dans les rues européennes. Mon père me raconte souvent que dans les années cinquante, la situation des noirs au maroc n’était pas très satisfaisante. Le racisme, malheureusement est un tropisme trop bien partagé de part ce vaste monde. J’espère que dans quelques années, je pourrai répondre à la question "de quelle origine êtes vous ? " par la réponse suivante :"homosapiens comme nous tous !"
Cordialement Mohamed.
Comme a son habitude et a son talent, M. Bembe a pondu un papier digne d’interet. Le "commuXtarisme" n’est bon que lorsqu’il permet a la belle france d’acceder sur un poduim... Enfin, rien de nouveau sur la situation des Noirs en France. J’ai souvent apprecie les prises de position de Lilian Thuram. Mais la... Autre chose, pourquoi les Zidane, Makelele, Vierra et toute la garde noire se l’equipe de france ne prennent-ils pas de position sur des questions qui concernent la communaute noire en France ? Les athletes africains americain ou le boxeur Mohamed Ali eux ont contribue a l’avancement de la cause des Noirs en Amerique. Ils etaient devenus des relais du mouvement des droits civiques. A mon avis, les footballeurs francais d’origine africaine(lointaine ou recente)ne tirent pas assez avantage de leur statut pour faire evoluer les choses. Ils devraient par exemple rejoindre les leaders associatiatifs, les ecrivains, les artistes et autres portes voies de la communaute des francais d’origine africaine. Une petite note de satisfaction pour moi, c’est l’approche, mieux le discours du coach du onze francais, Raymond Domenech. Lorsqu’on l’accuse d’aligner une equipe de black pour representer la France. Il repond "je prend les meilleurs francais au poste". Si Chirac, son "dauphin" Sarko et les autres politichiens de gauche pouvaient apprendre aupres de Domenech, des generaux noirs on en trouverait dans l’armee francaise !
Bakima, Zidane à chaque fois qu’il est interrogé sur ces questions, répond qu’il a évidemment son avis, mais ne tient pas à le donner. C’est son choix. Il peut en effet paraître choquant, mais c’est sa ligne de conduite. Les combats publics qu’il a décidés de mener sont l’aide à l’enfance, aux maladies orphelines (cas de la leucodystrophie par exemple) ou en se faisant Ambassadeur de bonne volonté de l’UNESCO, comme son ami Ronaldo (du Brésil). Et surtout, il a horreur qu’on cherche à savoir s’il est Musulman, même si récemment dans le magazine Psychologies Magazine il a confessé en être mais en avouant être trop limité dans ses connaissances pour en parler. @+, M82
Ils sont nombreux comme lui. Moins ils bavardent, plus ils agissent. On ne peut que s’incliner devant une telle modestie, pour des gens pourtant élevés au niveau des étoiles !
Salut Mayombe ! C’est sur que vivant en France, tu es plus au parfum que moi de ce qui se dit ou fait Zizou, ou encore ce qui se dit de lui dans les medias. Tu ecris : Les combats publics qu’il a décidés de mener sont l’aide à l’enfance, aux maladies orphelines (cas de la leucodystrophie par exemple) ou en se faisant Ambassadeur de bonne volonté de l’UNESCO, comme son ami Ronaldo. Je le savais comme toi. Mais, a mon humble avis, mener les combats publics que tu cites ne l’empeche pas lui et ses comperes de donner un coup de main dans les combats concernant la situation des francais noirs. C’est vrai qu’il est avant tout un homme... libre. Comparaison n’est toujours raison, mais certaines stars du sport americain menent les memes combats que Zizou. Et pourtant, lorsque leur communaute d’origine a besoin d’eux pour faire bouger les choses, ils n’hesitent a descendre au charbon. Mais bon, j’allais l’oublier : c’est certainement la fameuse exception culturelle francaise(rire) ! Enfin, comme le commun des humains, le succes et l’argent suffisent...
Quelle finale ! La France battue ! Zizou décevant...et il y a même des gens qui vont lui trouver des excuses ! Quand on est un grand joueur comme lui, il faut savoir se maîtriser ! Surtout que Zidane a fait un remarquable match, marquant même un but ! Devant l’impuissance de son équipe de l’emporter sur une équipe italienne, très réaliste en ce genre d’occasion, Zinedine Zidane "Zizou" a peté les plombs ! Le coup de tête, c’est dans les filets, pas sur les joueurs adverses. Une sortie honteuse pour un si grand joueur.
Ce qui m’a amusé encore,c’est de voir les larmes de l’excellent Thuram. On aurait dit qu’il avait perdu un membre de sa famille ! C’est vrai que les Noirs Français, fiers de voir leurs frères Noirs jouer dans une équipe européenne, traditionellement reservée aux Blancs, ont vu là leurs espoirs fondre comme neige en été...
Ah, la France et ses Noirs Français et ses cocoricos...perdus dans le silence de cette nuit du 9 juillet 2006, pour cette fin de la coupe du monde remportée par une très belle équipe italienne, il faut le reconnaître, sans sous-estimer la bonne prestation de l’équipe de France, bien sûr. Hi ! Hi ! Hi ! Ah ! Ah ! Ah ! Comme chantait ma voisine : ils l’ont eu dans le c...
Je n’ai toujours pas eu le temps de lire l’article du frère Achille, mais j’y reviendrai...
Recentrons le débat : il ne s’agit pas de s’émouvoir devant la défaite de la France - du reste fort attendue par nombre de spécialistes du cuir rond - mais de se demander si, au vu des arguments dévéloppés par Achille Mbembe, le continent africain, en Afrique du sud, nous offrira une meilleure figure. Déjà, la Fifa commence à remettre en cause le nombre de places réservées aux équipes africaines dans la perspective de cette coupe du monde 2010. POurquoi ? Parce que tout simpelement, au regard de la prestation médiocre de nos représentants, il est de plus en plus question de ne pas faire jouer la clause qui veut que le pays qualifié soit hors zone. Je m’explique : si l’Afrique du sud est directement qualifié en tant que pays organisateur, cela veut dire qu’elle prendrait directement une des cinq places réservées au continent. Les quatre places restantes seraient disputées par les autres équipes. Certes, on glosera, pour battre en brèche ce projet - fort avancé, nous dit-on - que les équipes du continent ont dévéloppé un fond de jeu assez convaincant, une aisance dans la circulation de la balle, qu’il n’y a pas eu des retentissants 4-0, 5-0 ou même 6-0 naguère infligés à nos représentants. On ajoutera que les défaites (10 contre 3 nuls et 3 victoires) sont honorables et qu’on n’a pas à ...noircir que des équipes mieux classées battent les novices qui sont venues prendre leurs baptèmes de feu. Mais soyons réalistes : il y a longtemps que les mêmes arguments sont avancés et depuis, les mêmes erreurs, les mêmes lacunes, les mêmes résultats s’affichent. J’ai envie d’oser cette question : et si l’Afrique, à l’instar de ce qui s’est passé dans la gestion des finances s’inscrivait tout simplement au programme d’ajustement footballistique ?
Florent C.Z
Donnes-nous quelques lignes de ce P.A.F
C’est une boutade que j’ai lancée, Temba, mais je crois que tout transparaît dans l’article d’Achille Mbemba.
Le PAF, pour moi, s’attacherait à exclure d’abord de la gestion du football ceux qui n’y ont rien à y voir : les supporters, les politiciens, les margoulins et toute la tribu des loosers dont regorgent nos arènes...
Par contre, seuls y seront autorisés les vrais administrateurs du football, ceux qui ont appris la gestion des sports de masse ou ceux qui en ont l’expérience. Au Bénin, par exemple, depuis qu’on a compris que les gris-gris ne peuvent pas remplacer le travail, ni l’effort soutenu et méthodique, depuis qu’on a viré les planteurs de couteaux dans le dos et les jeteurs de serpents dans les manches, il y a eu un léger mieux sur le front : la participation historique du Bénin à la CAN 2002 et la qualification de l’équipe junior à la coupe du monde en 2005. Mais ne vous y trompez pas : il a suffi que, par un renversement de situation dont seuls les Béninois sont capables, pour que la timide éclaircie se transforme en enfer. Car entretemps, les partisans du "ôte-toi que je m’y mette" ont viré l’ancienne équipe de la fédération pour y installer leurs médiocrités...
Donc, les vrais gestionneurs du football doivent prendre les choses en mains. Une gestion rigoureuse faite dans la transparence et de façon concertée avec tous les acteurs du domaine. Ceci, bien sûr, doit être assujeti à une vision précise déclinée sur la durée des mandats des dirigeants. VIsion avec des objectifs clairs.
Ensuite, ces dirigeants, en plus de leurs aptitudes managériales, doivent être inventifs : trouver le mécanisme par lequel draîner les ressources financières pour faire du football de leurs pays, une véritable indistrie. Car, un sport, avant qu’il ne soit générateur d’argent, doit avoir un public d’inconditionnels - des supporters donc des clients susceptibles de dépenser de l’argent pour assister aux matchs et acheter les produits dérivés (maillots, tee-shirts, caquettes,posters à l’effigie des joueurs ou de l’équipe et autres gadgets). Ce qui nous amène au troisième élément :
la compétition : celle-ci est l’espace d’expression des talents. Ce qui produira les bons footballeurs qui deviendront les grands joueurs lesquels pourront être des stars. POur cela, l’organisation des championnats, et autres épreuves dignes de ce nom s’impose. Que ce soit en série A, en série B, en catégories d’âge et de sexe. Les joueurs peuvent dès lors construire leurs carrières et les clubs s’affirmer comme des entreprises productrices de dividendes.
Enfin, ne pas s’attendre que de tels résultats soient atteints en un exercice de mandat pour une équipe nouvellement élue à la tête d’une fédération ; mais se dire qu’il faut - pour le football marasmique de nos pays - édifier d’abord les bases solides, et se dire que, comme toute entreprise, ce domaine a besoin des compétences avérées et non des marchands d’illusions.
Salut Bakima, en effet, ce que tu dis à propos de certaines stars américaines au sujet de leurs implications dans leurs communautés est plus que vrai. Mais au sujet précis de Zidane, je me suis longtemps demandé pourquoi en effet... Bref, c’est peut-être du à son excessive timidité, à sa personnalité. Car comment expliquer que des mecs de la même génération que lui comme Jamel Debouzze, L. Thuram ou encore Henry s’impliquent très fort, avec l’aide des médias dans leurs combats au quotidien et pas lui ? Jamel Debouzze a même reproché à Anelka (ils sont de Trappes tous les deux et Nico est plus jeune que lui de 5 ans) de ne pas « aider », de ne pas tendre la main aux autres. C’est assez complexe ces comparatifs. Je spécule ou galèje peut-être comme diraient les Marseillais, mais peut-être qu’aux USA, vu l’histoire des Nègres, les différents combats qui ont été menés (M. Luther King, Rosa Parks, Malcolm X, Louis Farrakhan, Angéla Davis, etc.) a provoqué un éveil des consciences qui donne de la diaspora nègre aux US une image « plus avancée » que celle de France ? Je ne sais pas. Je m’interroge. Faudrait-il en France un Black Caucus pour que les coups de boule à la Zidane et les combats menés par un Thuram se multiplient et qu’à la longue le rapport de forces ne soit pas aussi déséquilibré ? Comme avait dit Steve Biko à un flic qui lui manquait de respect : « Ce n’est pas parce que je suis Nègre que vous devez me manquer de respect. Si vous continuez, je vais me fâcher... » J’ai encore en tête les images des coéquipiers et adversaires de Samuel Eto’o et de Marc-André Zoro (face à l’Inter des Nègres Adriano, Martins, etc.) demandaient à ces 2 joueurs de ne pas quitter le stade. Pitié... Le Pr. Théophile Obenga a posé la question lors d’une conférence à Paris : « Imaginez une journée de grève de tous les Nègres qui font du sport. Des basketteurs US aux autres sportifs d’Euroope ? » @+, M82
Hi Mayombe 82 ! Merci pour tes commentaires. Je partage largement tes interrogations. Portes toi bien.
Mathieu
Je partage avec vous bien des points sur ce qui a ete dit sur le football africain lors du mundial en Allemagne. J’aimerais tout juste dire que l’arbitrage, encore une fois, n’a pas semble favorable a certaines des equipes engagees dans ce tournoi. J’aimerais aussi dire que les equipes africaines continuent a croire que le football reste avant tout un jeu, ce qui a mon avis ne parait guere les acculer a leurs derniers retranchements ou tout semble permis, coups de tete, coups de gueule, tricheries, etc. De toutes facons, ils le savent sans doute, les officiels et les juges veillent au grain, qui ne le leur tolereraient pas. Le Cameroun l’a plusieurs fois appris a ses depens, apres la surprise et le scandale infliges a l’evenement en 90. Esperons toutefois qu’avec le fete du football dans quatre ans en terre africaine les revisions se feront jour ainsi que des ajustements necessaires. Esperons aussi que les equipes africaines comprendront, comme les italiens, les portugais, les francais et les Allemands qu’il ne s’agit guere d’un simple jeu, mais de conquete, de combat deguise, de lutte, que le football, n’en deplaise a beaucoup, n’a plus grand chose a voir avec le plaisir de jouer, de plaire, de titiller la muse, d’un acte de partage ou de communion, peche mignon du negre batteur de tamtam, artiste devant eternel ou troubadour et amuseur public selon les cas.
Hi guys !
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Kind regards
Dizzy
Je tiens a souligner que ce que vous dites dans votre article n’est que le secret de polichinel. Quand vous dites :
"Chaque fois également, la participation des « Lions Indomptables » à la phase finale de la Coupe du monde a été émaillée de scandales (corruption et vénalité des dirigeants, désorganisation et absence de planification, primes non payées) et ponctuée d’événements grotesques et embarrassants que seul le Togo vient, cette année, de surpasser."
Je crois que ceci est un cris d’appel a tous les dirigeants des pays africain...
Alain c’est une excellente analyse ! Payday Loan UK,
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