
Le Salon du livre de Paris ouvre ses portes le 17 mars 2006 et sera consacré à la littérature francophone, Cher Sony. Toutes mes pensées vont vers toi. Je n’ai pas résisté à l’idée de t’envoyer cette missive. Une façon pour moi de dire combien tu aurais été la figure charnière de cette grande fête, toi qui sus inventer une fraternité partagée par les autres écrivains congaulois (Sylvain Mbemba, Tchicaya U Tam’si, Maxime Ndebeka, Henri Lopes...). Ton ombre est là, je la croiserai dans les allées, près du stand de ton éditeur Le Seuil ou de tes amis de la Revue Noire qui t’ont rendu hommage en publiant plusieurs de tes textes retrouvés de justesse et qui risquaient donc de disparaître pour toujours au grand malheur de tous ceux qui apprécient ta plume, ton univers, ta gouaille, tes éclats de mots et d’images. Vois-tu, je suis resté le même jeune homme que tu croisas dans le quartier Makélékélé de Brazzaville alors que je cherchais depuis longtemps à te voir en vrai, à te soumettre mes premiers textes. Dix-sept ans plus tard, cela me paraît comme un songe que de m’adresser à toi ici et maintenant. L’écho de ta voix est demeuré en moi...
En 1979 paraissait donc ton roman mythique La Vie et demie, un roman qui fut alors l’évènement littéraire francophone de l’époque, un roman qui est devenu avec le temps un des livres fondateurs de la nouvelle littérature francophone. Le ton du texte nous surprit. Les trouvailles de langue nous émerveillèrent. Nous avions enfin notre grand écrivain du continent après, entre autres, le Malien Yambo Ouologuem (Le devoir de violence, Seuil 1968) et l’Ivoirien (Ahmadou Kourouma, Les Soleils des indépendances, Seuil 1969)...
Ton œuvre aura contribué à nous libérer, à sonner l’heure de la maturité d’une littérature qui redoutait encore la colère de ses parents occidentaux. Ceux-ci ne lui accordaient la permission de vadrouiller que jusqu’à huit heures du soir au plus tard ! Après, il fallait vite rentrer à la maison, faire ses devoirs avant d’aller sagement se coucher en récitant la parole de Dieu. Et puis, tu nous as montré comment escalader les barricades, comment tromper la vigilance de ces parents à travers la farce, la fable, la dérision, ces ingrédients que tu avais découverts chez nos cousins lointains d’Amérique latine après de longues discussions avec ton ami et collègue Sylvain Mbemba - qui mourut d’ailleurs peu de temps avant toi.
On aura dit tant de choses au sujet du séisme que causa ton apparition sur la scène du roman francophone. La Vie et demie ? Un livre révolutionnaire. Les comparaisons furent nombreuses. On convoqua par exemple Rabelais et son fameux coup de fourchette. C’est normal, lorsqu’un grand livre arrive, le réflexe des critiques est de chercher comment le rattacher à ce qui a été fait avant. Par après on s’évertue de minimiser les dommages collatéraux qu’il cause dans le paysage littéraire. Les grands livres - ceux qui viennent comme une pluie non annoncée par la météo - ne font pas que des gens heureux. Dany Laferrière me disait : "Alain, il faut te dire que les grands livres finissent toujours par agir contre ceux qui les ont minimisés... de mauvaise foi"...
Alors certaines personnes des milieux autorisés - comme diraient Coluche - te taxèrent de simple épigone des latino-américains ! D’autres précisèrent que tu n’étais qu’un Gabriel Garcia Marquez congolais sans talent. L’art est difficile, mon Cher grand frère ...
Je dirais pour ma part que Gabriel Garcia Marquez et bien d’autres auteurs latino-américains t’ont naturellement rappelé que ton univers était déjà foisonnant et qu’il te
suffisait de braquer tes yeux de volcan, de pisser dessus afin de libérer le cri qui accouche d’un lendemain meilleur. Et tu as inventé l’homme engageant à la place de l’homme engagé (ce dernier envahissait nos Lettres depuis les Indépendances et nous donnait plus de militants que d’écrivains). Il y a quelque chose de toi, rien que de toi et qui n’est pas de Gabriel Garcia Marquez. Mais peuvent-ils le ressentir, tes détracteurs ? Parce que je n’ose croire qu’un auteur ne soit qu’un rapporteur d’une parole déjà inventée. Même en s’inspirant on finit par créer, par se démarquer sensiblement...
René Magritte disait : « Un peintre ne peint pas pour mettre de la couleur sur une toile, comme un poète n’écrit pas pour mettre des mots sur une feuille ». La toile que tu peignais était celle de « l’absurdité de l’absurde ». Les couleurs exprimaient ta conscience de tracteur pendant que les parenthèses - de sang - nous esquissaient un univers en tumulte. Tu n’étais pas du genre à te dérober lorsqu’il s’agissait de pointer du doigt cette « grosse hernie » que traîne notre monde dans sa culotte de colosse aux pieds d’argile.
Ton œuvre est là, elle nous éblouit, et c’est bien de la littérature dont il s’agit et non d’autre chose...
Alain Mabanckou
Cette lettre est parue dans la revue "Transfuge" de mars-avril 2006.
Emouvant ! Ta lettre à Sony Labou-Tansi, grand écrivain congolais. Un tel hommage est parfois rare parmi les écrivains africains de langue française. Comme "la vie est demie", prolongons encore cette vie d’après pour qu’elle soit encore plus longue, à l’impertinent Labou Tansi. Merci à toi, Alain Mabanckou !
Alfonso Sadi, en 2005, presque tous les écrivains africains francophones, quelques Antillais dont Maximin, quelques Français, ont écrit chacun, à la demande de Bernard Magnier, une lettre à Sony Labou Tansi, réunies dans un volume où on lit aussi de sublimes entretiens réalisés par Magnier avec Sony et cela a servi de document lors des manifestations hommages à Sony à Limoges. Alain faisait partie de ce groupe d’auteurs qui, nous tous donc, sentent battre en eux un petit coeur pour Sony ! Ceux qui ne l’ont pas encore lu n’ont qu’à se jeter sur ses textes, le meilleur hommage à un écrivain, c’est de maintenir vivante son oeuvre en contninuant de la distiller dans les consciences ! Lisez, lisez Sony !
A n’en point douter, vu l’hommage profond que tu rends à cet écrivain, celui-ci sera parmi mes prochaines lectures. Vous me faites découvrir des petits trésors moi qui ne connaissait aucunement votre littérature.
Je vous remercie tous infiniment de la richesse dont vous me nourrissez si souvent.
Comme c’est surprenant des ans apres qu’on realise que l’on a eu la chance d’echanger dans la simplicite avec un etre, un ecrivain dote d’un talon particulier que notre jeune age ne pouvait entrevoir. Alain a deja ecrit des lignes sur sa rencontre avec Sony. Mais bien d’autres ecoliers, etudiants et ecrivains en herbe ont aussi ete touches par cet etre humble, a la limite de l’indigence materiel qu’etait Sony. Quelqu’un a semble t-il a critique Sony de s’etre engage en politique... Un autre a aussi repondu que des auteurs latinos s’etaient ou sont engages en politique. Par ces lignes, j’aimerai simplement reporte un petit temoignage de ma rencontre avec le politique Sony. A la suite du premier tour de l’election presidentiel de 1992 que son parti le Mcddi contestait au depart les resultats, un meeting se tint a la maison communale de Makelekele. "L’heure est grave les amis" lanca t-il a la foule. Puis il parla, parla... du danger que guetait la democratie dans son pays, a l’idee de voir les ex marxistes convertis a la democratie s’emparer par la "fraude" du pouvoir, etc. A la fin du meeting, nous marchames du rond point de Makelekele a chez lui. Saluant ici, repondant par la aux nombreux "mbote Mama(oncle maternel en Koongolais) Sony" des jeunes commme des vieux. Je lui fit cette remarque : "Dis-moi grand frere, et si deamin le peuple choisisait malgre tout un ex marsisan ?" Il me reponda : "ca serait-la l’acte de deces la democratie chez, meme si j’accepterai le choix du peuple". Mathieu
(suite et fin) Sans le lui dire, je le prit pour un autre illumine, comme tant d’autres messianiste- politiques congolais avant lui. Pendant les cinq annees de la legislature du Prof Lissouba, un ancien marxiste, le pays vola en eclats : des gueres dites civiles que l’on sait. En effet, deux anciens marxistes/marsisans, Lissouba et Sassou s’oppasaient par milices interposees, avant que le troisieme laron, le non marxiste Kolelas rejoigne l’un des protagonistes. C’est en ce moment la, au plus fait des affres de la guerre que je pensa a ce que m’avait dit Sony, "ca serait-la l’acte de deces la democratie au Congo". Enfin, lorsque le president de son parti, M. Kolelas entrepit un rapprochement curieux (a l’epoque) avec Lissouba, faisant de son jeune frere (Bikinkita)un ministre important du gouvernemnt Lissouba, et que par ailleurs les Ninjas, milices de la garde du president de son parti commencaient a verser dans des actes reprehensibles a l’egard des populations, Sony eut le courage de le critiquer. Ce que beaucoup de personnes, meme parmi ceux qui lui etaient proches(qu’un eloigner petit reporter dont il appreciait le courage que j’etais)ne savent des fois, c’est qu’avant sa mort, le courant entre lui et le chef charismatique de son parti ne passait plus comme au beau vieux temps. Le president de son parti n’acceptait plus l’independance d’esprit et la liberte de ton que prenait le politique Sony. Mais comme les tombes ne peuvent plus parler, qui le dirait mieux que lui-meme ? Mathieu
Cher BAKIMA, puisque c’est toi (comme on aurait dit chez nous) je te réponds. Témoignagne de l’estime que j’aie pour toi. Cher BAKIMA, il est entrain de naître un véritable mythe Sony LABOU TANSI et je dis c’est tant mieux. Il y a des congolais qui découvrent la grandeur de Sony aujourd’hui. Pour ma part, je l’ai répété mille fois ici ma première rencontre avec Sony LABOU TANSI date d’avant même l’apparition de "La vie et demie". C’est lorsqu’il se battait dans Brazzaville pour monter sa troupe de thâatre le "ROCADO ZOULOU Thêatre" qui a fini par jouer au CEFRAD (je ne sais pas si cette salle de Thêatre Brazzavillois existe toujours). J’avais 15-16 ans à l’époque et c’est un collègue de classe (mais plus âgé) mon ami et grand-frère (à moi) Yâ KOUBONGUISSILA qui me fit connaitre et découvrir Sony LABOU TANSI dans toute sa dimension, alors que Sony n’était que ce que l’on appelle chez nous un va-nu-pieds dans Brazzaville (même si l’homme restera humble toute sa vie et tu as bien fait de le souligné. Ce qui est extrêmement rare en milieu congolais où l’on prend rapidement la grosse tête). Mon ami KOUBONGUISSILA également connu sous le pseudo de "LA BOMBE" (tout congolais comprendra pourquoi) était l’un des tous premiers disciples de Sony dans le "ROCADO ZOULOU THEATRE". Je vous ai aussi raconté mille fois l’anecdote où j’ai vu Sony répéter seul une pièce de theâtre dans une salle de classe au CEG André Grenard MATSOUA où s’entrainait régulièrement le ROCADO. J’étais seul spectateur ce jour là et je regardais à travers les agglos. Je croyais y trouver mon ami et grand-frère KOUBONGUISSILA. Mais il n’était pas venu aux répétitions, ni personne d’autres du Groupe. Alors Sony se retrouva seul. Ce qui ne l’empêcha pas de répéter tout seul sa pièce de thâtre, jouant tout seul tous les rôles devant une salle vide. je me disais "il est fou ce type !". Le spectacle était tellement insolite que je restais jusqu’à la fin. La nuit tombait, et le CEG MATSOUA comme vous le savez tous n’était pas électifié. Je ne voyais plus Sony, j’entendais que sa voix. Et quand il eut terminé et qu’il s’appretait à sortir de la salle, je m’enfouis pour qu’il ne me voit pas. Mais je crois bien qu’il m’avait vu dès que j’étais arrivé en unique spectateur derrière les agglos. C’est cette image de Sony que je garderai toute ma vie. Pour moi, elle est la plus belle et la plus représentative de ce que qu’était Sony. Un homme de foi, un homme de conviction, un obstiné. Un passionné. Quelqu’un qui a toujours cru. Sony a révolutionné le monde culturel congolais et surtout grâce au ROCADO. En partant de rien. J’ai pour habitude de critiquer la francophonie ce machin (comme dirait le général DE GAULLE en parlant de l’ONU). mais je crois qu’il faut reconnaître (je me trompe peut-être) que le CCF (Centre Culturel Français) au Congo a pas mal contribué dans l’emergence de Sony et de son ROCADO. Je n’ai jamais fait partie des intimes de Sony. Mais je me demande si Sony n’aimait pas plus le Theâtre que la litterature en soi. Même si le thêatre et litterature sont intimement lié me diront les spécialistes. Quand je vois tout le "coeur" que Sony mettait dans le thêatre à Brazza .....C’était dingue. Il était fou Sony. C’est Sony LABOU TANSI qui a donné les lettres de noblesse au CEFRAD. Il y a énormément des gens qui peuvent nous parler de ce grand moment de bouillonnement culturel à Brazza tel que nous ne l’avons jamais connu auparavant. Je sais qu’à l’époque, il y a un nom qui revenait assez souvent c’était celui de CAYA MAKHELE. Je ne sais pas s’il a écrit des choses dans ce sens. Cela faisait presque 20 ans que j’avais plus jamais entendu parlé de CAYA MAKHELE, jusqu’à la semaine de la litterature congolaise qui eut lieu à VELIZY en 2001 ( ?). J’avais vu son nom apparaître dans le programme, et j’avais réalisé que CAYA MAKHELE était encore dans les sérails de l’écriture congolaise. Monsieur CAYA MAKHELE, si vous me lisez pouvez vous nous apporter votre témoignage ? car si nous, on avait des regards d’enfant (disons d’ado) sur ce Sony là. Toi, tu avais déjà un regard d’adulte. Même si tu étais encore bien jeune à l’époque. Mais ton nom revenait assez souvent dans les milieux du thêatre. Nul doute que toi tu nous parlerais mieux de ce Sony homme de thêatre. Car quelque chose me dit que la vraie passion de Sony c’était le thêatre. Mais peut-être me trompe je.
Blaise
Mon frère BAKIMA, après cette introduction-à-la-Blaise-Kibonzi (avant qu’Edwidge H. ne le dise) voici ce que je voulais te dire : ATTENTION ! je ne reproche pas à Sony LABOU TANSI de s’être engagé en politique. Mais c’est son engagement partisan, et presque ethniciste qui m’a énormément gêné. De la part d’un homme de cette grandeur c’était une honte. Sony m’a fait gérber quand j’ai lu un de ces articles parus dans le quotidien français le monde en 1994 ou 95 je crois, où il faisait l’historique du martyr KONGO de l’antiquité (pardon) pénétration européeen à nos jours. Son article était très très tendancieux. Thèses reprises ensuite par l’autre écrivain MAKOUTA MBOUKOU, et qui lui pousse cette logique plus loin en ne parlant ni plus ni moins que de génocide Kongo. C’est TRES GRAVE mes frères. Nous connaissons tous la souffrance du peuple congolais. Nous souffrons nous mêmes dans notre chair, mais on ne joue pas avec les mots aussi lourd de sens, même si le jeu préféré de l’écrivain c’est de jouer avec les mots. Mais là on est plus dans la romance. Il s’agit de l’histoire, de la vie et de l’avenir d’un pays. C’est à ce moment là que j’avais écrit au Grand frère Sony LABOU TANSI. Je ne sais pas s’il avait reçu ma lettre. En tout cas j’avais pas reçu de réponse. En lisant cet article de Sony, je ne savais plus si c’était l’intellectuel, ou l’homme politique partisan qui s’exprimait dans les colonnes de LE MONDE. Et ce mélange de genre EST DANGEREUX quand on est un écrivain de talent et de renommée (suivez mon regard). Quand on choisit le bon coté c’est-à-dire le coté de la démocratie, de la liberté comme le fit André MALRAUX pourquoi pas ? Mais à aller s’aligner derrière KOLELAS, LISSOUBA ou SASSOU qu’est ce que l’écrivain congolais grandit ? Et avec ça, on veut que nous allions parler aux petits congolais du rôle de l’écrivain dans la société ? Arrêtez cette schizophrénie les gars ! VIVE LE MYTHE Sony. Mais il faut reconnaitre que l’homme avait perdu de sa lucidité dans les dernières années de sa vie. ET IL FAUT AUSSI LE DIRE. Rongé par la maladie, Sony est allé se livrer à des charlatans dans un village reculé du Congo où il a vécu reclu et à la merci de ce charlatan. Même son ami américain dont le nom m’échappe, a tenté d’aller le sortir de là sans succès. Sony était convaincu qu’on lui avait jeté le mauvais sort et que seul le réputé guérisseur de ce village, en évoquant les esprits pouvait le soigner. Alors qu’il se dit que la maladie n’était autre que .....Cet ami américain de Sony (écrivain comme lui je crois) avait publié un article de le Monde où il relatait justement son voyage des Etats Unis jusque dans la brousse congolaise ou il était parti à la recherche de Sony et avait fini par le retrouver Sony entre les mains de son guerisseur. le gars dit ne pas vouloir jugé. Il regardait, il essayait de comprendre. Vous devez le connaître le nom de cet américain ami de Sony (moi je l’ai découvert en lisant l’article que cet américain avait publié dans LE MONDE après la mort de Sony). Cher BAKIMA, tout cela ne change rien à l’oeuvre que laisse le grand Sony. Mais je voulais simplement dire que même les plus grands peuvent trébucher. De tout ce que tu as dit des propos messianiques (pardon prémonitoires ) de Sony sur la jeune démocratie congolaise. Est t’on obligé d’aller adhérer dans un parti politique pour le dire ? Surtout quand on est écrivain ? Est on obligé d’être au milieu d’une foule incrédule, ventre vide pour le dire et se capter un électorat qui fera de vous un député ? Est ce que justement la Grande tribune que lui donnait le quotidien français LE MONDE n’était pas l’espace idéal pour un intellectuel indépendant et engagé de la trompe de Sony pour continuer à mener ses combats ? C’est dans ce sens là qu’allait ma lettre à moi, adresser à Sony de son vivant. Et de cette lettre j’en parle de puis plus de 5 ans sur les forums internet de congolais où j’interviens. D’ailleurs un grand débat nous opposé sur le forum public de congopage (donc ce site même) où j’avais posé la question "QU’EST CE QU’UN INTELLECTUEL ?". Je m’étais aperçu une fois de plus que je ne parle pas le même langage que les congolais. Je m’excuse d’avance si j’ai froissé des amitiés personnelles en disant ce que je viens de dire.
A d’autres occasions cher BAKIMA.
Blaise KIBONZI
Que les non-Congolais (de BZV s’entend) me pardonnent pour cet écart que j’espère minime. Sony Labu TANSI fait partie de ces gens qui ont porté très haut le flambeau national. Trop rares hélas ! Quand, à la fin de Culture et Dépendances de la semaine dernière, chaque auteur devait donner un mot, un titre et un auteur que j’ai entendu la sublimissime Ananda DEVI (trop discrète à mon goût sur le plateau) prononcer le nom de Sony, j’ai frémi ! Il fait partie du patrimoine de l’humanité. Quand je vois des belles plumes comme Sami TCHAK rendre hommage à cet homme, je me dis eh ! bé !!! Peut-être pas au même titres que tous les sites et monuments que l’UNESCO classe chaque année. Il y a des auteurs qui méritent d’être relus, c’est ce que je fais avec lui en ce moment. Sa mort en 1995 m’avait beaucoup touché. A Brazzaville, j’avais la chance d’avoir pour voisins ses cousins germains et par eux, j’en apprenais beaucoup sur ce colosse. Les partis politiques, souvent (ou toujours), c’est comme les casernes : on exécute. Surtout quand le père fondateur du parti est encore aux affaires (Cf. La Théorie des Institutions), les Esprits libres comme Sony n’y ont pas leur place. Merci beaucoup BAKIMA de nous faire partager ces grands moments avec ce géant. Eh ! oui, moi aussi j’ai participé à la signature de cet acte de décès. Mais bon, c’est une autre histoire. Lisez et relisez Nsoni Za BUTA NSI. @+, M82
Pour la premiere fois , je prends la parole ici et maintenant pour essayer d’apporter un temoingnage sur l’engagement de Sony au MCDDI. Mon cher Blaise, Sony avait des rapports tres mitige’s avec BERNARD Kolelas notamment lorsque ce dernier a amorce’ une politique qui ne le mette plus en delicatesse avec le pouvoir en place . Je me souviens encore de sa phrase en apprenant l’entre’e des membres du MCDDI dans le gouvernement" ce gouvernement , nous allons le bouder". Pour repondre a Blaise , je vais te dire que chaque espace social a son type de legitimite’, ne confondons pas l’engagement politique de Sony avec son oeuvre litteraire. Pour ce qui est du genocide Kongo, je ne sais pas si vous etiez a Brazzaville , mais lorsqu’un pouvoir decide d’en decoudre avec une ethnie ou une region, en pilonnant sans quartier des populations civiles, je dis qu’il s’agit d’un genocide, n’en deplaise a Blaise KIbonzi. Dans sa lettre a ASSAN DIOP de RFI,Sony dit" je n’ai pas une belle voix de basse, mais ma voix compte partout ou la liberte’ du Negre est fusille’e". c’est dire que ce n’est pas facile de cerner le parcours politique de Sony si vous ne l’avez pas connu. savez vous , cher Blaise , que Sony avait demissionne’ de son poste au parlement qu’il qualifiait de "lieu maudit" ? malgre’ les avantages materiels et sociaux que cela implique au Congo ? Dire que meme KOLELAS ne le comprenait pas ! Je vous invite a lire sa biographie ecrite par ami personnel , l’unversitaire DEVESA ? C’est un livre tres instructif1
Merci infiniment Monsieur Mossi MIAMINGUI pour ce témoignage et pour ce ton coopératif que vous adoptez. Loin de moi ici l’envie de ternir l’image de ce grand Homme dont j’ai fait peut-être partie des tous premiers admirateurs au Congo. Sony me fascinait. Il était atypique dans le milieu ambiant congolais. Et moi les congolais atypiques ils me plaisent. Car souvent ce sont ceux qui sont le plus bourrés de talent, cependant difficile à faire éclore dans un environnement qui ne laisse point de la place à l’originalité comme le Congo. Quand on veut sortir du lot au Congo, il faut une hargne incroyable et se faire violence à soi-même pour y arriver. C’est justement cette grande estime que j’aie pour Sony qui me pousse à appronfondir cette question de son engagement politique au sein du MCCDI de Bernard KOLELAS. Tout comme, dans un autre domaine (et sans lien rassurez-vous), la grande estime que j’aie pour LUAMBO MAKIADI FRANCO me pousse aujourd’hui à explorer dans les moindres détails la rumeur qui dit qu’il a collaboré avec MOBUTU pour éliminer des opposants politique de ce dernier à l’étranger. En effet, je ne suis pas du genre à dresser des portraits à la BREIJNEV. Quand on regarde un grand Homme il faut le voir dans toutes ses facettes. Tu m’apprends que Sony avait fini par démissionner du MCDDI ? je ne le savais pas. Et je m’en réjouis, sauf que c’était trop tard. Et c’est dans ce sens qu’allait ma petite lettre de petit frère adressé à ce grand frère quand j’apprends que même lui aussi est allé se jeter dans ce panier de crabes. IL AURAIT DU NE JAMAIS ALLER. Et c’est ce que je lui disais. Il fallait qu’il se retire immédiatement. Et quand je disais cela, le Congo n’avait pas encore connu toutes ces guerres que nous avons connu. Il faut savoir anticiper sur les évênements c’est aussi ça, la capacité d’un intellectuel. N’importe quel homme sensé pouvait comprendre que rien ne marchera au Congo de ces pseudo-changements de 1990.
Blaise
(suite) Quant au point sur le martyr Kongo (une ethnie du Congo à laquelle appartenait Sony LABOU TANSI - pour ceux qui ne le sauraient pas), tant pis donc pour tous les morts du Congo qui n’ont pas eu la chance d’avoir un écrivain du calibre de Sony pour crier leur douleur dans le MONDE. J’aurais préféré que Sony parle de la souffrance du peuple congolais comme il savait le faire avant, et non pas seulement de la souffrance du peuple Kongo (il utilisa le terme) comme il l’a fait dans le quotidien français LE MONDE avec sa casquette d’écrivain (cachant celui du député). La plume devenait alors dangereuse à mes yeux. Et pourtant, crois moi mon frère je distingue l’engagement poilitique de l’oeuvre litteraire. Mais quand on veut utiliser l’un pour servir l’autre. Je dis ATTENTION DANGER ! Pour terminer chers amis, je recherchais tout à l’heure sur Internet les références de son ami américain (je crois bien que c’était un américain) qui avait écrit un article sur la fin des jours de Sony (pour ne pas dire la déchéance de Sony). J’ai retrouvé une photo de Sony le montrant dans ces derniers jours de vie, retranché dans ce fameux village où il croyait avoir trouvé le charlatan qui allait le guérir de cette maladie qui l’a emporté et dont la pudeur et le respect empêche a beaucoup d’entre nous de dire le nom. Tout comme personne ne le dit jamais (ou presque) pour Franco LUAMBO MAKIADI. Jusqu’à leur dernier souffle ces 2 géants congolais (rive gauche, rive droite - tous les 2 Kongo d’ailleurs) n’ont jamais voulu admettre cette maladie. Enfin, pendant mes recherches tout à l’heure sur internet j’ai voulu également m’assurer de ce j’ai dit plus haut sur Sony et qui était une impression personnelle quand jeune, je voyais Sony sur le terrain. J’ai écrit dans un de mes précédents messages qu’à voir Sony j’avais l’impression qu’il préférait le thêatre . Je viens de lire quelque part sur Internet que Sony aurait déclaré qu’il faisait du thêatre par "AMBITION". Je m’excuse donc d’avoir dit cette connerie. Je croyais que c’était par passion. D’autre part, j’ai souvent parlé de mon ami KOUBONGUISSILA "LA BOMBE", un des premiers disciples de Sony dans le ROCADO ZOULOU THEATRE. J’ai perdu les traces de "LA BOMBE" depuis près de 25 ans. Je le cherche depuis la mort de Sony afin qu’il me témoigne ce lien passionnel qu’il y avait entre Sony et le Thêatre. Malheureusement "LA BOMBE" reste introuvable. Cependant, ma mémoire venait d’être rafraichi à l’instant même. Si je ne peux retrouver "La bombe". Il y a Marie Léontine TCHIBINDA qui est là. Devenue écrivain(e) à son tour. Elle a joué dès les débuts dans le ROCADO de Sony. C’était en 1979-80. j’avais 16-17 ans. Marie Léontine TCHIBINDA doit faire partie des personnes qui connaissent bien cette flamme que Sony avait pour le Thêatre. Elle pourra peu-être un jour m’en parler, nous en parler. Et peut-être l’a t’elle déjà fait à travers un livre dont je n’attends que de recevoir les références.
Blaise
Merci cher grand frere Blaise,
Tu sais que tu me fascines, je suis le jeune congolais de londres qui t’avait fait un mail pas du tout disert pour nouer un contact et eventuellement integrer ton assocaition. Pour revenir à nos moutons, je tiens a dire que le mal congolais est deja dans les mots parce que l’homme congolais ne veut pas appeler chat par chat et chien par chien car pendant toutes les guerres fratricides qui ont endueille’ le Congo , toute la societe’ s’emploie à utiliser des termes ambigus et imprecis du genre" les elements incontroles’, "les evenements de 93 ou 94" lorsqu’on connait tres bien les vrais fauteurs de troubles et de pillages. Sony , lui n’etait pas adepte de la langue de bois et il n’ y allait pas de main morte. Je me demande pourquoi le terme de "genocide kongo" vous gêne,car c’en etait bien un. Qu’il vous en souvienne, cher Blaise, les massacres de Moutabala, de Makazou, de tous ceux qui avaient des noms Kongo comme nous autres.Quelle horreur lorsque j’y pense encore , les images me sont encore nettes à l’esprit ! Dites moi , commment auriez vous voulu appeller cette folie meurtrière poussant les miliciens de Lissouba,pilonnant des bebe’s dans les mortiers au seul motif que leurs parents etaient KONGO LAADI ? J’aimerais que tu me dises le qualificatif que tu aurais prefere’, là ou il s’agissait ni plu ni moins d’une epuration ethnique ? Quant à sa maladie, ce n’est qu’un secret de polichinelle que Sony et sa femme Pierrette souffraient de cette maladie que sa culture de Kongo base’e sur l’honneur lui interdisait de reveler au public. lorsque vous lisez son roman" les sept solitudes de LORZA LOPEZ", vous comprendriez que Sony savait depuis les anne’es 80 qu’il etait atteint de cette maladie incurable et dans certains passages de ces livres , il en parle et mieux , explique le fondement mystique de sa guerison. Ce qui est dommage , c’est qu’au soir de sa vie,il etait affaibli par la maladie et certains ses amis , ne comprenant pas ce qui lui arrivait, et craignaient pour sa sante’ psychique. Dans un de ses poèmes , il dit" qu’aurions nous fait sur cette terre, sans ces braves femmes ardentes qui nous aident à baiser la mort ! Je crains que dans cette course insense’e contre l’inexorable , notre ami Sony n’ait pas pris les precautions qui s’imposaient.
A Alain Mabanckou
Sony Labou Tansi (l947-1995).
Blaise merci d’avoir reagi de facon limpide a mes deux posts-temoignages sur Sony. Mais la, je dois repartir en classe, pour ne pas perdre mon pain(rire). MOSSI MIAMINGUI de Londre a beaucoup dit sur certains points que je voualais aborder dans ma reaction a la tienne. Quand je rentrerai chez moi vers 6 heures du soir, il sera deja minuit chez vous, je te repondrai plus calmement. La j’avoue que avec le bruit des jeunes gens derriere c’est pas evident pour moi. Attends toi a mon post mon cher Blaise. Mathieu.
C’est pour la première que je viens dans cet espace culturel,et j’en suis fort ravi.Parlant de Sony,je l’ai connu grâce à mon Professeur A.Yila qui m’a donné l’engouement de découvrir cet extra-ordinaire écrivain.Mon interventio n’est pas sur l’oeuvre littéraire de Sony qui, heureusement fait l’unanimité,mais sur l’Homme qui n’est pas sans lien avec son oeuvre.Je pense qu’il y a un grand écart entre entre Sony apolitique ;ce Sony là qui reflète l’écrivain dans sa grandeur intrinsèque et le militant du mcddi qui n’est pas sans reproche d’autant qu’il doit refuser l’impartialité pour l’intérêt politique.C’est là où je me dis que la politique et la littérature sont incompatibles surtout dans les pays comme les nôtres.je me garde de rentrer dans la vision politico-ethnique pour ne retenir que la substantifique moelle
J’ai lu la lettre d’Alain et tous les commentaires qu’elle a suscitées ici avec une terrible émotion. J’aimerais un jour déposer quelques fleurs sur la tombre de Sony, sur celle de sa femme Pierrette et sur celle de Sylvain Bemba. Que la terre soit légère !
A Jmdevesa. Less amis Sony et Sylvain Mbemba Ntari ont ete enterres au cimetiere de centre-ville de brazza ou leurs tombes sont presque vosines. Pour ton bouquet de fleures, d’une pierre tu feras deux coups. Mais pour, Pierrette, l’epouse de Sony, tu devras aller dans un village du departement du Pool. Avec l’etat actuel des routes defoncees, seul ton courage t’aidera a y arriver.Bonne chance.
Je savais cela. Je sais que l’aîné Sylvain et le cadet Sony sont voisins. Et que la famille de Pierrette a tenu à ce que sa fille soit chez et avec les siens. J’aimerais faire un jour ce voyage. Je le ferai peut-être. Merci.
Alain, Encore merci et bravo pour ton texte !
J’ai moi aussi pu , au hasard des circonstances, rencontrer ce grand homme qu’est Sony.
Je retiens de lui cette belle stature que doit avoir un homme sur notre terre.
Il faut que j’avoue qu’il est pour moi un exemple pour lequel j’ai une grande fierté, à la fois d’être un compatriote à lui et aussi sur tous ses messages au monde !
Je suis sûr que je pourrai refuter beaucoup des critiques portées contre lui mais je considère que ce n’est plus le moment ni le lieu.
Pour ceux qui nous lisent, je leur demanderai de faire l’effort de le découvrir sans hésiter, ils verront ou découvriront quelle sagesse ce grand frère avait sur tous les plans.
Il y a eu un reportage vidéo fait sur sa vie deux ans ( ?) avant sa mort et je me souviens qu’il était...sublime. Je ne sais si on peut encore le retrouver je l’avais vur sur TV5 (je crois).
Bien à toi Alain.
Merci aussi à Bakima, à Mossi Miamingui et à Blaise pour leurs témoignages. Kitmien.
LES ECRIVAINS ET LA POLITIQUE
Guy Menga (1935). Grand prix littéraire d’Afrique noire en 1969 avec La palabre stérile, Ancien ministre de l’information
Henri Lopès (1937). Grand prix littéraire d’Afrique noire en 1972 avec Tribaliques et en 1992 avec Sur l’autre rive, ancien premier ministre, ministre et actuel ambassadeur du Congo a Paris. PCT.
Sony LabouTansi (l947-1995). Grand prix littéraire d’Afrique noire en 1983 avec L’Anté peuple (Ancien député -MCDDI)
J.-B. Tati Loutard (1938). Grand prix littéraire d’Afrique noire en 1986 avec Le Récit de la mort. (Ministre depuis près de 30 ans)
Emmanuel Boundzeki Dongala (1941). Grand prix littéraire d’Afrique noire en 1987
Daniel Biyaoula. Grand prix littéraire d’Afrique noire en 1997
Alain Mabanckou (1966) Grand prix littéraire d’Afrique noire en 1999
Vous remarquerez que tous les grands écrivains Congolais (Grand prix littéraire d’Afrique noire) ont été ministre ou député. A l’exception des trois derniers lauréats. Apparemment, il y a un pacte entre la littérature et la politique. Depuis que Leopold Sedar Sengor devint president du Senegal et AIME CESAIRE ’Maire’on ne compte plus les ecrivains ministre ou depute. Avons nous le droit d’interdire a un ecrivain d’etre MINISTRE ? Si leurs aînés ont été ministre, pourquoi Boundzeki Dongala, Daniel Biyaoula, Alain Mabackou ou Kangni Alem, Sami Tchak ...ne seraient-ils pas ministre a leur tour ? Un écrivain n’est-il pas mieux placé au poste de ‘ministre de la culture et des arts’ qu’un politologue ? (il y a aussi des politologues cultivés et artistes comme le poète Ndalla Graille).
L’unique chose qui me gêne c’est quand l’engagement politique vient ternir l’image de l’artiste ou de l’écrivain. Sont-ils les seuls (les écrivains) a avoir terni leur image en politique ? Les Hommes de sciences aussi y ont laissé leur peau.
En 1968, Henri Lopes (avec trois autres intellectuels tous universitaires:le savant Lissouba, l’historien Thyster Tchiciya, l’économiste Satou ) avait conseille au president Massamba Debat de démissionner sous le prétexte qu’il n’était qu’instituteur. Mais, devenu ministre puis premier ministre, Henri Lopes l’universitaire et grand écrivain, a été incapable de réaliser ne fusse que 1 centième de ce qu’avaient réaliser l’instituteur président Alphonse Massamba Debat. Les bêtises politiques de cet écrivain engagé qui a contribué a installer les militaires communistes au pouvoir ont fait que le Congo soit maintenant le pays le plus endetté au monde (par tête d’habitant). Quant au le savant Lissouba Pascal. Il a fait pire. Donc, autant j’admire l’écrivain Henri Lopes, autant je hais le politicien Henri Lopes. A cause de lui et de ses amis, le Congo a raté son destin radieux avec l’instituteur président Alphonse Massamba Debat.
JEAN-MARCEL BIKOUTA NKAOULOU
Blaise, comme promis, voici en quelques lignes ce que je pense de tes interrogations sur Sony : un ecrivain n’est-il pas d’abord un citoyen du son pays reel, avant d’etre citoyen du pays de son imaginaire, la Republique des Lettres ? Blaise, des fois, l’ecrivain peut se dire au lieu de peindre les problemes de mes semblables par ma plume, pourquoi ne pas me mouiller les mains ? Vacla Vavel n’avait-il pas ete elu president dans son pays apres que le mur de Berlin ait ete mis par terre ? Avant mon post, BIKOUTA NKAOULOU m’a devance sur cet aspect. De facon generale son intervention me fait l’economie des mots et du temps. Mon frere Blaise, le probleme de l’engagement des artistes ou des ecrivains est complexe. Meme l’ecrivain lui-meme des fois crois faire du bien, mais lorsque avec le temps on revoit les actes qu’il a pose, on peut tirer des conclusions. Dans les cas de Sony, je ne vois pas en quoi sa critique des expeditions punitives dont ses co-regionaires du Pool ont ete les victimes peut etre pris pour partisane. Quant au mot genocide qu’il avait utilise dans son papier dans Le Monde, seul lui sait ce qu’il voulais dire. Mais pour nous qui avions vecu les evenement de l’inerieur, eh bien la chasse a l’homme dont ete victimes les ressortisants du Pool la bas ne releve d’un recit romanesque. Enfin n’ayant mis longtemps en politique, il nous sera difficile de juger l’homme politique Sony. Je ne pense qu’il avait choisi de rejoindre Kolelas parce que du meme coin que ce dernier. Si on repart dans le contexte d’alors, je dirais que seul une personne qui s’etait oppose aux marxistes et communisme tropical incarnait le reve de changement et de rupture qui attire un homme de la trompe de Sony. Mathieu
(suite et fin) Le peu de choses que je sais de son engagment aux cotes de Kolelas ne me gene pas. Pas de raison pour moi de justifier les actes de Sony. Le presiudent du Mcddi connait la droiture du politique Sony. Par contre, l’apport des deux de nos grands ecrivains-politiques, Lopes et Taty Loutard sont a plaindre. Si on voit leur apport ou ceux des gourvernments ou ils ont ete ministre, le constat est sombre. Meme dans le domaine de la culture et des arts, de l’education et sciences, le constat est : SOMBRE. Avec toute la manne financiere que le petrole et le bois apportent, l’infrastrure dans les domaines de la culture et de l’education ne devraient pas etre celle que nous avons. Puisque on peut construire un areoport moderne dans dans le village du president de la republique(ou presque), on peut donc aussi construire un palais de la culture ou un theatre national digne de ce nom. Ou sont les hommes de lettres Loutard et Lopes ? Ne peuvent-ils meme aujourd’hui dire a leur ami, le president du Congo de doter le pays d’une infrastructure moderne a brazza et dans les capitles regionales ? On trouve des millions de doolars a engloutir dans la construction d’un musee en marbre a la gloire du colonisateur De Brazza, mais on ne peut pas meme pas avoir un village des artistes et ecrivains, comme c’est le cas ailleurs. Un tel village ou centre manque aux ecrivains en herbe. Si le poete Taty Loutard et le romancier Lopes nous lisent, c’est ce que je leur demande. Je sais qu’ils ont aide a organise les artistes et les ecrivains. Mais nous attendons plus d’eux. Mathieu
LES ECRIVAINS ET LA POLITIQUE (suite)
Tchicaya U’Tamsi (1931-88). Conseiller de Lumumba, (il refusa un portefeuille ministériel que lui proposa son ami le premier ministre Henri Lopes)
Martial Sinda (1935). (chef du Parti UDDIA)ancien conseiller politique du président l’abbé Fulbert Youlou.
Théophile Obenga (1936). Ministre de l’Enseignement primaire et secondaire sous Lissouba (UPADS).
Claude-Ernest Ndalla, poète, ancien numéro 2 du Congo, ancien ministre et actuel conseiller du dictateur Sassou Nguesso.
Maxime N’Debeka (1944). (ancien membre du PCT)
Jean-Pierre Makouta Mboukou (1929), vice-président du sénat sous Lissouba.
Sylvain Bemba (Martial Malinda, Michel Belvain) (1934-1995). (Ancien ministre de l’information)
Antoine Letembet-Ambdy (1929). (Ancien ministre de la culture et des arts, ancien numéro 2 du MCDDI)
Antoine Letembet-Ambily (et non Letembet-Ambdy)
Chers amis, d’abord une précision IMPORTANTE. Dans son article dans Le monde Sony LABOU TANSI n’utilise pas le terme "génocide kongo". Le terme qu’il avait utilisé lui, c’est celui du "martyr kongo". Il montrait que le peuple Kongo n’a jamais cessé de subir le martyr et ce depuis l’époque coloniale. Les kongo constituant le fer de lance de la résistance depuis le royaume Kongo. Sur ce dernier point ( la résistance Kongo depuis la nuit des temps), il n’avait pas tort car c’est ce que l’histoire nous apprend au Congo. Mais de là à faire des Kongo des "martyrs" au Congo, je trouvais que le grand Sony se lançait sur un terrain très très glissant. Mais connaissant l’homme qui savait manier les mots, je m’étais dis que Sony pesait parfaitement ce qu’il était entrain de faire. Cependant, je trouvais l’écrivain-politicien Sony LABOU TANSI faisait un très mauvais calcul à ce moment là. En tout cas un calcul dangereux. Sony LABOU TANSI ouvrait au grand jour une brêche dangereuse dans laquelle pouvaient venir s’engouffrer des éléments de tout poils. Et en effet, ça n’a pas tardé du "Martyr kongo" utilisé par l’écrivain Sony LABOU TANSI, l’autre écrivain congolais MAKOUTA MBOUKOU lui est carrément passé au terme "Génocide kongo". C’est vrai que entre le moment où Sony LABOU TANSI parle du "martyr Kongo" (en 93-94) et que MAKOUTA MBOUKOU utilise celui du "génocide Kongo" (en 97-99). Il y a eu un accroissement exponentiel dans la violence au Congo. Et personne ne nie (en tout cas pas moi), la tragédie qui frappe le pool. Mais je dis faisons attention avec les mots, là il ne s’agit plus de SASSOU NGUESSO qualifiant LISSOUBA et sa bande de "génocidaires" car son conseiller en communication le lui aura conseillé. Avec Sony LABOU TANSI, MAKOUTA MBOUKOU on a affaire à des intellectuels. A l’intelligentsia d’un pays. Des gens qui vont rester dans l’histoire (en tout cas en ce qui concerne Sony) et qui savent la vraie signification des mots. Quel impact ces mots peuvent avoir sur l’histoire d’un pays. Alors, je dis et je répète ce que j’avais dit dans ma lettre à Sony. Je dis et je répète ce que je dis sur des sites Web congolais depuis plus de 5 ans et notamment à l’adresse de l’écrivain MAKOUTA MBOUKOU. Vous qui connaissez le sens des mots, faites attention aux mots . Chers amis, je ne nie pas la tragédie du Congo. Qu’est ce que le martyr d’un peuple ? qu’est ce qu’un génocide ?
Blaise
Cher Jean-Marcel BIKOUTA NKAOULOU, plus ta liste s’allonge, plus je suis écroulé de rires. En fait la question que je me suis toujours posée avec mes chers frères congolais, est de savoir pourquoi n’avez vous jamais pensé à ouvrir tout simplement au Congo une Université de Sciences politiques ? ça ferait gagner du temps à tout le monde. Car on sait que le congolais quoi qu’il en soit, est toujours rattrapé par le virus de la politique. Autant qu’il y aille tout de suite après le BAC, en plus en suivant la formation adéquate. ça fera gagner du temps et en plus ça évitera l’amateurisme patent dont les congolais font preuve en politique car les gens seront formés pour ça. Attention, je ne suis pas entrain de parler de l’école du PARTI. Je parle d’un institut où l’on apprendrait aux congolais les b-a-ba de la démocratie. Ce que nos frères et soeurs maliens ont assimilé en 2 jours. Nous, il nous faudra (comme d’habitude) un BAC+10 avant de commencer à comprendre.
Blaise
Blaise as tu deja ete au Mali ? Mon frere, toi et avions en commun beaucoup de points. Mais il arrive que je me demande quel est ton referentiel de comparaison quand tu dis que le Congo (ton ex pays, rire) est le pire des pays africains ; ses populations les plus je ne sais plus quoi et ses ecrivains... Blaise, je peux convenir avec toi que nous ne sommes pas a notre place, la place qu’un Congo dirige autrement devrait occupe, eu egard a ses pentalites economiques et humaines. Mais mon frere Blaise ne penses tu pas que c’est une insulte aux congolais(que moi je suis reste, sourire) que de dire que ce qu’un autre peuple d’Afrique assimile en deux jours, au congo il faudra des BAC plus 10 ? Meme si les peuple n’ont que les dirigeants qu’ils meritent ! C’est toi qui vient d’interpeller les ecrivains congolais a bien peser leurs mots, eux qui savent le poids de ceux-ci. Et la, tu fais exactement le contraire de ce que tu venais de precher. Sais tu que nos enfants nes ici en Occident nous lisent et se demandent s’il y’a aumoins quelque chose de positive chez nous ? Je ne dis pas nous ne devons pas critiquer notre patrie, mais depuis j’ai fait ta connaissance virtuelle, je te trouve trop amer sur le Congo. J’avoue que mon petit cerveau maricageux ne comprend plus rien. Blaise, mon ancien metier m’avait permis de visiter une quinzaine de pays africains, crois-moi le Congo d’avant la folie de la decennie 90-00 n’avait pas beaucoup a enviyer aux pays que tu ne cesse de comparer au Congo. Tu es libre de dire ce que tu crois comme une verite d’evangile sur les tares des congolais, mais mes voyages et ce que je lis et apprend sur les autres pays me dire que comparaison n’est pas toujours raison. Le mal du Congo s’est d’avoir reussi sa conference national, c’est a dire avoir dejoue tous les schemas des reseaux de la Francafrique. Le Mali a connu des changements dans la violence. Le Mali a connu aussi connu une guerre, une rebellion. Le Congo a meme connu un processus de democratisation similaire a celui Benin, souvent cite en exemple. Sans me tromper, les malheurs de mon pays sont sus en partie a ce que renferme son sous sol, et a la mauvaise foi et l’absence de patriotisme des pions de la francaafrique cehz nous. Dans les pays ou la nature ne les a pas gate, les pouvoirs d’argent et les autres interets n’ont pas armer les oppositions pour arriver axs changements de regimes qui leur soient favorable. Mais ils l’ont realise chez nous. Donc ton pays d’adoption en tirant le ficeles dans nos affaires a fortement saper la marche du Congo. Mathieu
Je ne souhaite pas me mêler de trop très des affaires congolaises. Je m’en suis trop occupé lorsque j’étais en Poste à Brazza, avec générosité mais aussi avec naïveté et candeur, ce qui m’a conduit parfois à des maladresses.
Toutefois, il me semble que, pour caractériser l’engagement politique de Sony à la fin de sa vie, il est bon d’en revenir à certains traits politiques culturels du Congo et des populations du Pool.
Oui, Sony parlait du "martyre Kongo" et non pas du "génocide" : les termes qu’il employait spontanément renvoyaient, selon moi, à une vision christique de la politique (très sensible dans sa pièce "La Résurrection noire et rouge..." où il ’relit’ le Roméo de Shakespeare en l’adaptant à l’univers congolais et à sa "sauce" personnelle et fantasmatique).
Comprendre le Sony politique exige d’avoir à l’esprit Matsoua ! Il est très difficile de saisir sa trajectoire politique si l’on fait abstraction du messianisme congolais (analysé en son temps par Sinda, notamment).
Pardonnez ces remarques modestes et humbles. Amitié et salut à vous tous, JMD.
J’ai le souvenir d’un voyage sur Air Afrique avec Sony, il rentrait mourir au pays, il était, comment dire... paix à sa "viande" suppliciéE par la connerie . Geste magnanime du grand-frère que j’avais rencontré pour la première fois en 1985 sur le campus de Lomé, il m’a offert la copie personnelle de sa cassette d’un groupe musical de Brazza, "Kembo Kembo Alleluia !" Je la garde encore comme une relique. Quant à son aventure en politique, rien à y redire, je ne sais vraiment pas pourquoi les Africains sacralisent trop leurs auteurs et leur défendent de descendre dans l’arène politique s’ils ont une vision. Sony avait une visioo, maos pas les moyens, à mon sens !
bonjour les amis et merci pour toutes ces témoignages et informations parmi lesquels je dois trier mais qui instruisent mon histoire de votre pays que j’apprends au fur et à mesure que je le fréquente tant là-bas que donc ici au village Mabanckou. Je me garderai bien d’entrer dans un débat où j’ai si peu à apporter et tellement à recevoir. Quand même une précision quant au CEFRAD que je viens de visiter et où on travaille, on répète, on joue dans des conditions impossibles. Mais bonne nouvelle, un projet de restauration lourde est à l’étude avec des financements envisagés de la Coopération ! à suivre donc...
Excusez moi par avance pour ce moi si haïssable dit-on. Mais j’aimerais avant tout remercier Francis pour cette information sur le CEFRAD car c’est bien moi qui ait évoqué ici ce lieu rendu culte du thêatre congolais grâce à Sony LABOU TANSI et son fameux ROCADO ZOULOU THEATRE. Voilà l’information que nous rapporte Francis qui a été sur place il y a à peine quelques semaines. Moi je parlais de mes souvenirs de jeunesse au Congo dans les années 70-80. Cher Alem, on ne sacralise pas les écrivains mais quand vous avez un pays qui pisse le pétrole par tous les trous et dont des écrivains de renom occupe des postes de Ministre du Pétrole (comme c’est le cas actuellement pour Jean-Baptiste TATI LOUTARD) et qui cumule au moins 30 ans de Ministeriat et un autre écrivaind e talent et de renom Henri LOPES qui lui occupe depuis bientôt 10 ans (je crois bien) le poste d’Ambassadeur du Congo en FRANCE après avoir lui aussi cumuler plusieurs années de Ministeriat au Congo lui aussi. J’aimerais bien savoir aujourd’hui pendant qu’ils sont encore aux affaires et à des postes de pouvoir importants quel est leur sentiment sur cet état de choses. Et qu’ils arrêtent de nous endormir en nous envoyant lire leurs poèmes pendant que le Congo s’enfonce chaque jour davantage dans une misère indescriptible et ques des généraux font la fête. Ils deviennent presque complices. Et le presque je le mets par respect pour ne pas dire par peur pour ma petite personne et les miens. Le comble dans l’histoire c’est qu’en fin de compte, on a les "pétoches" quand il s’agit d’exprimer nos critiques envers Henri LOPES et Jean-Baptiste TATI LOUTARD, qui sont pourtant des écrivains et qui devaient incarner les symboles mêmes de la liberté d’expression. Voilà cher Alem là où moi ça me pose problème d’avoir des écrivains qui cautionnent un pouvoir, régime ou parti totalitaire. Vos comparaisons (Sami, Bakima) avec l’Amérique du Sud ne tiennent pas. Pablo NERUDA n’était quand même pas ambassadeur de PINOCHET. Si tel avait été le cas, je n’aurais jamais laissé ma fille allée à la Maternelle Pablo NERUDA à POITIERS.
Blaise
Merci Francis pour cette information concernant le CFRAD. Ca me réjouit au plus haut point. J’y ai passé d’excellents moments par le passé en allant assiter à des pièces de théâtre et voir des ballets. @+, M82
Cher BAKIMA,
En te remerciant de ton témoignage, j’aimerai si tu le permets échanger avec toi sans gêner nos amis du village.
Je donne mes blogs où j’ai commencé à m’exprimer et mon mail pour que tu me contactes. ( http://bantouscongo.over-blog.com/ et http://bantouscongo.novoblog.com/ et kiteholo@hotmail.com )
Je serai heureux de lire les commentaires sur mes textes de vous tous amis du village. Merci encore.
"Ma fille aller..." (bien sûr). JMDEVESA ce que tu dis est important en effet. Tu dis en parlant de Sony (je te cite) : "Il est très difficile de saisir sa trajectoire politique si l’on fait abstraction du messianisme congolais (analysé en son temps par Sinda, notamment)".
Très bonne remarque. Nous y reviendrons.
Cher Mathieu à bientôt.
Blaise
J’aimerais souligner un paradoxe, autant bien des congolais font des portraits au vitriol des ecrivains congolais comme Loutard et Lopes pour leurs engagements politiques en vrais nihilistes ; autant il me semble non moins important de souligner un paradoxe ; ce sont ces ecrivains congolais surtout qui ont fait connaitre Sony dans le monde litteraire et Lopes en parle sans cruisterie ni fausse modestie dans certaines interviews. Lors d’une de ses visites au Congo, SENGHOR alors president du Senegal chercha a rencontrer un certain Sony Labou Tansi qui lui avait envoye’ un manuscrit intitule’" conscience de tracteur",un chef d’oeuvre ! Malgre’ toutes ces fouilles, Lopes alors premier ministre n’arriva pas a retrouver ce Sony qui n’etait qu’un pseudonyme, alors que le vrai MARCEL SONY est professeur de CEG dans la brousse, a BOKO ou MIndouli, je crois. Ce n’est qu’apres longtemps que Henri Lopes va le retrouver et ce sera le debut d’une amitie’, tout comme avec Loutard , tout aussi membre influent du parti. Je voudrais donc dire que ces deux personnages ont du faire bon coeur contre mauvaise fortune pour soutenir cet ecrivain qui critique le parti et son fondateur dans ses romans, surtout dans " la vie et demie " qu’il ecrit juste apres la mort de son ami personnel Alphonse MASSAMBA DEBAT. Sans le soutien de Lopes et de Loutard, Sony n’aurait pu prendre des tels risques dans un pays ou l’on ecrasait des opposants comme des vermines. Il etait conscient des risques que cela impliquait, critiquer le regime en place n’allait pas sans danger, surtout avec des titres aussi provocateurs comme"la parenthese de sang","l’Etat honteux" etc. Mieux encore , ce sont les memes amis ecrivains-ministres qui l’ont presente’ au directeur de la securite’ d’Etat de l’epoque, l’actuel general NGOUELONDELE , on retrouvera les noms des ses amis a travers les personnages de ses romans en temoingnage de sympathie. Il sied donc de souligner que ces deux pesonnages ont apporte’ un soutien non negligeable a Sony malgre’ leur appartenance au parti unique.
Cette fois ci, j’aimerais poser a Alain MABANCKOU une question peut etre insdicrete, avez vous des ambitions politiques ?ou marcherez vous sur les traces de votre grand frere Emmanuel Dongala , qui est le seul ecrivain congolais qui a tenu la politique le plus loin possible de lui. Ce qui est exceptionnel lorsqu’a la liste deja ouverte , on connait les engagements politiques des ecrivains comme DOMINIQUE NGOIE NGALLA aupres de l’UPADS, AIME NGALI MAMBOU et bien d’autres. Peut etre est ce que vous n’auriez pas resiste’ a cette tentation si vous etiez deja ecrivain renomme’ a l’epoque des grands bouleversements consecutifs a la conference souveraine , pour ne pas remonter plus loin, dans les grands evenements de l’histoire du Congo , comme les Trois glorieuses journees de la REVOLUTION, ou la creation du Parti. Enfin , dites moi s’il est possible d’acheter vos romans sur place a Londres sans venir a Paris ou acheter en ligne. Je meurs d’envie de lire" verre casse’". Encore une fois , felicitations pour ce joli texte, vous faites la fierte’ du Congo.
Salut cher inconnu qui a peut-être oublié de signer. Sûrement l ‘émotion causée par l’évocation d’un si beau souvenir. Décidément, ce village est un très gros mbongui . Un vrai vivier de connaissance et de savoir où, d’anecdotes en informations d’excellente qualité, sans oublier certaines analyses de très haute facture. Bon, il y a aussi du moins bon, mais ne sommes-nous pas humains d’abord et avant tout ? Merci donc cher inconnu pour cette anecdote très digne d’intérêt où, SENGHOR, touché par le talent de SONY a provoqué involontairement une belle fraternité entre le prof de collège et Henri LOPES. @+, M82
j’ai oublie’ de signer mon avant dernier script. merci , je meurs d’envie de lire la reponse de ALAIN MANBANCKOU
Qu’il soit clair. Les africains comme les Congolais, aiment leurs écrivains et sont fier d’eux. C’est en tout cas mon cas. Mais ce n’est pas parce que nous aimons leurs œuvres littéraires que nous devons cautionner leurs actions politiques souvent médiocres et décevantes. En ce qui concerne Henri Lopes et Taty Loutard, si leur apport en tant que premier ministre ou ministre se limite a protéger le vaillant et génial écrivain Sony Labou Tansi contre les foudres mortelles des militaires communistes, je dirais que c’est faible comme apport. Ce que nous voulons et exigeons d’eux, c’est qu’ils protègent le Peuple Congolais (et Africain) contre les dictateurs délinquants. Mais au lieu de cela, il se font volontiers des complices coupables des dictateurs. Et cela, pendant des décennie. A croire que ce sont véritablement des vampires qui ont besoin du sang et des malheurs du Peuple congolais pour être en mesure de nous produire des chefs-d’œuvre littéraires. Si ce ne sont pas des vampires. Si ce sont des intellectuels aimant vraiment leur pays, pourquoi ne sont-ils pas aussi brillants politiquement comme ils le sont littérairement ? un grand Homme, quand il sent qu’il n’a plus quelque chose de grand a offrir, il laisse la place a ceux qui peuvent faire mieux qu’eux. Mandela, Sedar Senghor et même l’instituteur président Alphonse Massamba Debat l’avaient fait. Henri Lopes et Taty Loutard ne savent-ils pas ce que les mots ‘honneur et démission’ signifient ? Apparemment, Henri Lopes et Taty Loutard ne peuvent pas vivre sans un poste ministériel ou diplomatique. Je suis convaincu que ces deux écrivains sont devenu écrivain uniquement pour accéder au poste de ministre. Comme ils avaient vu que le grand poète Sedar Senghor était devenu président de la République du sénégale, il se sont dit, ‘...notre avenir politique passe par la poésie...’.
Senghor a aimé le Peuple Sénégalais, on ne pourra pas dire que Henri Lopes et Taty Loutard aiment le Peuple Congolais.
JEAN-MARCEL BIKOUTA NKAOULOU
cher MAYOMBE Je suis mr BRICE MOSSI MIAMINGUI , J’AVAIS JUSTE OUBLIE DE SIGNER. MERCI MOSSI MIAMINGUI
Merci Jean-Marcel BIKOUTA NKAOULOU, je venais pour répondre à BRICE MOSSI MIAMINGUI, mais tu as dit tout ce que je voulais dire.
Blaise
Cher BAKIMA, puisque le frère Jean-Marcel BIKOUTA NKAOULOU m’a épargné ou plutôt vous a épargné de mon probable long post en réponse à Brice MOSSI MIAMINGUI, je vais m’adresser à toi maintenant (en essayant de la faire courte). A propos du MALI que veux-tu me dire mon cher BAKIMA ? qu’"on m’aurait menti" ? Mon frère, moi je constate simplement que le MALI vient de réaliser 3 élections présidentielles succesives dans le calme et a assuré une veritable alternance politique avec la fin du double mandat d’Alpha Omar KONARE, et l’élection d’ATT. Le jour où les congolais de Brazzaville arriverons à faire ça, je serai le premier à descendre au Congo pour venir m’autoflageller devant vous sur la place de l’hotel de ville de Brazzaville pour toutes les conneries que j’aie pu dire sur ce pays. Je sais que je peux le dire tranquille car même 100 ans après, le CONGO ne saura pas faire le b-a-ba de ce que nos frères et soeurs maliens viennent de faire. Bien sûr qu’on trouvera toujours la main de la FRANCE derrière. Mais puisque tout le monde au Congo sait qu’il y a la main de la FRANCE derrière. Que faites vous pour que cette main ne vous gifle pas tout le temps ?
Deuxièmement : tu dis que nos enfants viennent nous lire. Et alors ? il faut leur dire la vérité à nos enfants. Pour qu’ils comprennent pourquoi on les emmene en vacances au Sénégal (découvrir l’Afrique) et jamais au Congo. Ils doivent savoir qu’il y a des monstres au Congo. Une éducatrice en FRANCE m’a dit qu’"il ne faut jamais mentir aux enfants", alors je m’efforce à ne pas leur mentir même si le mensonge est la base de tout au Congo. On a été élevé dans le mensonge, on a grandi dans le mensonge, on vit dans le mensonge. On se ment à soi-même, on ment à son voisin, on ment à ses amis, à ses parents, à sa femme. Tout est mensonge chez nous car telle est notre culture. La culture du non-dit, si propre aux africains, et qui se transforme chez nous en culture du mensonge. Les 30 ans de communisme n’ont fait qu’accentuer cette culture du mensonge. Même quand rien ne marchait plus dans le pays, tout le monde devait hurler "Oyé, Oyé, Soutien !". Celui qui ne le faisait pas, prenait la direction du goulag. Voilà pourquoi chez nous patriotisme rime désormais avec vendre le mensonge aux étrangers.
Blaise
Il n’y absolument rien de ce que je dis sur le Congo qui soit faux.
Blaise KIBONZI
Blaise, je n’ai pas dit non plus que tout ce que tu disais sur ton ancien le pays, le Congo etait faut. 99% des congolais pensent comme toi. Seule le 1% accroche aux finances publiques ne voient pas ce que nous voyons tous(cela est du la cessite du pouvoir). Je prie Dieu que tu trouves un jour l’occasion de visiter certains pays africains dont tu pensent et vantent sur ce site. Cela te donnera assurement une meilleur idee de l’imbecilite ou la le manque de je ne sais quoi des Congolais. Tu sais quoi mon frere Blaise, ces populations sont certainement meilleurs que nous autres congolais. Mais de la a ne pas trouver quelque chose de positive chez les congolais y compris a ses ecrivains, c’est... Pour terminer, ce matin je lisais la chronique Embassy du Washington time(proche des republicains) dans sa page africaine. J’ai aime les propos d’un dirigeant d’une ONG des droits humains au Nigeria. En substance ils disait que son pays etait au bord de la guerre civile a cause du president Olusegun Obasanjo qui cherche a faire amender la constitution, ce qui lui permettrait de briguer un troisieme mandat que la constitution nigeriane lui interdit. Je suis venu cherche le soutien de madade Rice et du presiedent Bush pour qu’il exercent une pressions sur Olusegun Obasanjo. Le peuple nigerain est l’otage de ses dirigeants, etc... Tu vois Blaise, dans le cas de geant d’Afrique, un de ces citoyen dit ce que je m’aimerai t’entendre dire aussi, puisque tu as un pouvoir d’analyse que je trouve remarquable, pourquoi alors ne pas aussi les aspects positifs des congolais et du congo ? Ton projet avec nouvelles elite va dans le sens d’aider a la formation d’une elite nouvelle au congo si je ne me trompe pas. Pour ma part, ma main t’ai tendu pour mon implication avec nouvelle elite, mais mon amour pour le Congo va au dela des politichiens et des politiques. C’est pas parce qu’ils sont au pouvoir que les dirigeants de mon pays aiment le congo plus que moi, plus qui nous. C’est pas parce que mon pays a connu des guerres stupides,ses dirigeants aiment plus les operateurs politiques et ecomiques francais que leur propre peuple que je vais passer mon existence a critquer et a vilipender le peu d’honneur qui lui reste. Bref, chacin est libre de voir ce qu’il voit et de dire ce qu’il veut. Je le respect. Bien a toi. Mathieu
Sacre’ Blaise, personne ne saura vous contredire , vous etalez des evidences. Pauvre Congo ! J’attends toujours la reaction de Alain MABANCKOU sur ma question a savoir si vous auriez des ambitions politiques.
Mon cher Matthieu,
Nous sommes nombreux à avoir tenté de dire à peu près ce que tu viens de dire à notre cher tonton Blaise en vain.
Mais pour ma part, je commence à trouver qu’il est de moins en moins virilent dans ses critiques contre son pays et ses compatriotes. C’est déjà un bon signe...
J’ai toujours eu en horreur les critiques qu’on globalise à volonté, elles n’apportent pas plus de lumière aux débats.
J’ai aimé les attentes exprimées envers nos illustres écrivains encore "au pouvoir", elles peuvent pourquoi pas interpeller quelques consciences... ce serait déjà ça.
Et pour finir, peux tu me contacter s’il te plait ? Merci bien. Kitmien.
lire : virulent et non virilent. Kitmien.
Mon frère BAKIMA, laisse moi te dire une chose. J’ai toujours dit qu’au Congo c’est pas SASSOU, ni LOUSSOUBA, ni KOLELAS qui me font peur. Mais ce sont les congolais qui me font le plus peur. par exemple, quand j’ai décidé que je m’exprimerais désormais à visage découvert sur Internet (il y a bientôt 5 ans de cela), les congolais avaient crié au suicide. En effet vu le contexte de l’époque c’était quasi suicidaire. Et pourtant ma décision avait été longuement réfléchi et j’ai dit à tes compatriotes que je n’avais ni peur de SASSOU, ni peur de KOLELAS ni de LISSOUBA. Je ne suis qu’un petit moucheron pour ces gens là. Ils ne prendront même pas la peine de soulever un chasse mouche. Ils savent très bien qu’avec moi, ils ne craignent rien. je ne suis pas un danger pour eux. cependant je savais très bien que le danger viendrait des congolais et ça n’a pas raté. Les attaques, les peaux de bananes j’ai tout eu et c’est pas SASSOU qui fait ça. C’est ton propre frère qui est là à coté de toi, qui finalement voit que Blaise se fait remarquer sur Internet, il crée des associations pour devenir Ministre au CONGO. Et tout de suite c’est la jalousie qui s’exprime car il faut absolument bloquer cette inexorable ascension de notre ami Blaise vers le poste de Ministre. J’ai pas été au MALI, SENEGAL, CAMEROUN, mais mes amitiés personnelles (à moi et qui sont tojours les gens d’en bas) et mes engagements associatifs (car c’est ma passion) m’ont permis d’approcher ces frères ici en FRANCE et de voir comment ils fonctionnent. Comment ils vivent, comment ils raisonnent. C’est le jour et la nuit entre eux et nous. Même si j’ai failli un jour me battre avec un ami Camerounais quand je lui disais que "chez nous c’est pire" et que lui me répondait que "chez eux c’était pire". Il s’est calmé quand je lui ai dit que le jour où il verra un avion AIR CONGO atterir à PARIS avec un congolais aux commandes, des stewarts congolais, des charùantes hotesses congolaises, qu’il vienne me voir, je lui donnerai 1 mois et si au bout de 1 mois les avions de cette compagnie AIR CONGO volent encore et arrivent à Paris, j’irais m’auto-flageller devant lui pour lui avoir dit des conneries. C’est là qu’il m’a demandé "AIR CONGO ça n’existe pas ?". C’est là que je lui ai expliqué que pour éviter les prix exhorbitants de AIR FRANCE, on prenait désormais AIR ETHIOPIE pour se rendre au CONGO, en passant par DUSSELDORF, puis de DUSSELDORF à ADIDAS ABEBA, et enfin de ADIS ABEBA à BRAZZAVILLE. Mon ami Camerounais ne me croyait pas. Comment peut-il me croire ?
BAKIMA, bien sûr que je suis fier des écrivains congolais dignes de ce nom et Sony en était un.
Blaise
Voici Blaise ce que tu ecris : "A propos du MALI que veux-tu me dire mon cher BAKIMA ? qu’"on m’aurait menti" ? Mon frère, moi je constate simplement que le MALI vient de réaliser 3 élections présidentielles succesives dans le calme et a assuré une veritable alternance politique avec la fin du double mandat d’Alpha Omar KONARE, et l’élection d’ATT. Le jour où les congolais de Brazzaville arriverons à faire ça, je serai le premier à descendre au Congo pour venir m’autoflageller devant vous sur la place de l’hotel de ville de Brazzaville pour toutes les conneries que j’aie pu dire sur ce pays." Voici ce que je pense Blaise. J’espere que tu ne fais pas preuve de memoire selective en oubliant de souligner que le Congo aussi a connu une alternance pacifique en 1992. Que les elections avaient ete organisees par les congolais eux-memes, suppervisees par eux et que Sassou et Lissouba s’offrirent(hypocritement !) meme une ceremonie de passassion de pouvoir republicain. Ton frere que je suis etait du nombre des reporters qui couvraient cette la ceremonie. Mathieu
(suite)Maintenant la suite que ces deux personnages, leur vieil ami Kolelas et leurs godillots ont donne a ce moment o combien riche pour mon Congo n’engagent eux. Pas le peuple dans tous les cas. Lui est hotage des ambitions des uns et des autres cabotins de la scene politique congolaise. Sur un autre aspect que je trouve impportant dans ta comparaison du Congo avec le Mali. Le processus de democratisation au Congo a ete deraille a souhait par les pouvoirs d’argent installes dans le quartier de la defense a Paris. Les deroulement du proces Elf m’a aide a comprendre comment la corruption par la France de l’energie (petrole surotut) des elites au pouvoir a Brazza a cree le desordre chez nous. Tu le sais et tous les inernautes le savent que Elf a finance la guerre dans les deux camps... Mathieu
(suite et fin)Blaise mon frere, crois-moi, s’il y avait du petrole et du bois au Mali, nos freres maliens bien que doues, intelligents et plus sages ou fins que nous autres pietres congolais auraient connu des ennuis que nous avions connu. Blaise, regardes du cote du Benin, qui comme le Congo (je l’ai precedement ecrit) a connu un processus democratique similaire au notre. Ce mois nos amis beninois se retrouvent en pleine alternance, avec un candidat independant qui sera oppose (dans la paix) a un vieux routier de la politique beninoise. La aussi, s’il y avait du petrole, du bois, du diamon ou de gros gisement d’or, ils auraient connu les problmes que nous avions connu (connaissons toujours). Tu sais comment les presdients africains francophones financent les partis politique francais. Les archives du canard enchaine sont la pour nous eclairer un jour. Je ne suis pas entrain de vouloir tout mettre sur la France, tout au moins ses elites politico-affairistes. Non, il y’a la part importante de responsabilite que portent les acteurs politiques congolais. Leur manque de patriotisme et leur soif du pouvoir a coute un grand deuil de sa democratie qui commencait a etre prix en exemple. Eh oui Blaise en exemple : le vice president americain Albert Gore avait visite le Congo, pour temoigner la reconnaissance de son pays au succes du processus democratique. Nos freres et soeurs Congolais d’en face (RDC) lors des assises de leur propre conference nationale disaient par la bouche d’un reprensentant aux travaux "n’ayant pas honte de faire ce nos freres d’en face viennent de reussir..." Quant au Cameroun, le fait d’avoir une compagnie qui deseve le monde occidental ne veux pas dire que ce pays est bien lotis. Si non, on trouverait pas beaucoup d’exiles parmi nos frere de ce pays. Il y’a une pauvrete abjecte la bas. Pour un pays qui en paix civile depuis plus de 30 ans c’est preoccupant. C’est un pays que j’ai visite plusieurs fois et j’y des confreres, des amis. Berf, mon frere on ne finira pas ce debat. Matheiu P.S. : Kitmien, voici mon contact:bakimabaliele@yahoo.com
Mon cher Blaise voici un article du Canard enchaine du 15 mars que je viens de pomper sur un autre site congolais, Mwinda. "LES Congolais ne sont pas près de découvrir quelle part des recettes pétrolières du pays est détournée par leurs dirigeants et par les compagnies. Un audit sur la question, réclamée en 2004 par la Banque mondiale, a tourné court, le cabinet français Deloitte qui devait le réaliser ayant finalement renoncé à mener l’enquête.
Cette péripétie est un peu gênante pour le gouvernement que préside à Brazzaville Denis Sassou Nguesso, un ami de Chirac, qui l’a reçu le 23 février dernier à l’Elysée. Sassou voudrait bien voir son petit Congo inscrit sur la liste des « pays pauvres très endettés ». Cela lui permettrait de faire annuler une partie de sa dette (9 milliards de dollars, la plus importante d’Afrique par tête d’habitant) et de bénéficier d’intéressants crédits de la Banque mondiale.
Avec à peine plus de 3 millions d’habitants, le Congo regorge pourtant de pétrole : 300 000 barils par jour. Mais beaucoup de cet or noir s’évapore et son rendement fiscal officiel est l’un des plus bas du monde. La Banque mondiale veut donc, avant d’ouvrir le robinet des crédits, y voir plus clair.
Experts Silencieux
Sélectionné au terme d’un appel d’offres lancé en février 2004, le cabinet Deloitte, associé à deux agences congolaises, a annoncé en cinq lignes, le 24 octobre 2005, au gouvernement de Brazzaville qu’il renonçait « pour diverses raisons » à accomplir sa mission. Lesquelles ? Mystère : les Congolais affirment n’avoir obtenu aucune précision. « Le Canard » n’a pas eu plus de chance : chez Deloitte. personne n’a voulu commenter ce revirement.
En 1991, un audit pétrolier demandé par la Banque mondiale avait déjà capoté. « Les positions prises par les deux principaux pétroliers (opérant au Congo : Elf et l’italien ENI) ont conduit à une situation de blocage complet de notre intervention », avait alors expliqué le cabinet Arthur Andersen.
Alfred Sirven, ex-directeur des affaires internationales d’Elf, avait, lui précisé aux juges qu’un compte spécial (« Tomate ») avait été doté de 2,5 millions de dollars pour corrompre qui de droit. Et empêcher l’audit qui, avait-il ajouté, aurait révélé qu’Elf pompait en douce 2 dollars par baril.
Rien à voir évidemment avec la situation actuelle, selon une porte-parole de Total (qui a absorbé Elf), laquelle affirme : « Les moeurs ont changé. » C’est sûrement vrai puisqu’elle le dit. " H. M.Cet article t’aidera a comprendre que notre pays est victime de ses potentialites economiques. Notre pays est victime de la corruption au plus haut niveau. Si les elus francais etaient epris de justice, avec les seules preuves revelees au proces Elf, le parlement et le gouvernement fracais devraient annuler la pseudo aide au developpement au Congo. Si le pillage de nos ressources naturelles s’arretent, si la corruption par des puissants francais de nos politichiens s’arrete, je peux te rassurer mon frere Blaise, que le Congo peut de nouveau attribue des bourses d’etudes aux etudiants des pays que tu ne cesse de comparer au Congo. Par respect, je ne citerai pas de nom de pays, mais beaucoup d’entre nous sur ce village ont ete a la fac avec des etudiants d’autres pays qui avaient une bourse congolaise. La je suis monte au filet pour te mettre un revers droit(rire fou). Sentiments tres patriotiques a toi mon frere Blaise. Mathieu
Cher BAKIMA au niveau de l’analyse je ne crois pas qu’il y ait beaucoup d’écarts entre nous deux. Mais c’est au niveau des causes que semblent apparaître nos divergences. Moi je m’en prends à l’homme congolais. Et si j’étais réellement méchant, j’aurai même pu dire j’en veux énormément à l’homme congolais. ça fait plusieurs années que je le répète, le travail au Congo doit se faire au niveau de l’HOMME. Et les écrivains congolais auraient pu nous aider à faire ce travail comme les musiciens congolais l’ont fait eau fil du temps. Avez-vous déjà vu un musicien congolais se prostituer ? . CITEZ MOI UN SEUL NOM D’UN MUSICIEN CONGOLAIS QUI S’EST PROSTITUE en allant vendre son âme au pouvoir politique !!! ça N’EXISTE PAS. La preuve pour achever le processus d’abrutissement du peuple congolais SASSOU NGUESSO va faire appel au zaïrois (pardon) congolais RDC Koffi OLOMIDE. Car il sait au fond de lui que même pour tout l’or du monde un musicien congolais de Brazzaville ne se prostituera jamais, jusqu’à aller chanter "na OYO to liaki bien !" (traduction = On avait bien mangé à OYO), sachant que 90% de son peuple croupit dans la misère pendant que SASSOU fait ses festins annuels à OYO avec des chèques à blanc signés à OLOMIDE. Festin annuel qui a lieu à OYO, le village du chef de l’Etat et qui déplacer toute la cour dont notre écrivain-Ministre ou Ministre-écrivain Jean-Baptiste TATI LOUTARD. OK ! j’en vois déjà qui me diront que les "garden Party" existe dans tous les pays du monde. Même si chez nous, c’est pas à l’occasion de la fête nationale, mais à l’occasion de la date de la mère du Président SASSOU, je crois bien. Feue maman MOUEBERA, pour laquelle je m’incline d’ailleurs devant la mémoire. Tout congolais sait aujourd’hui la souffrance d’avoir perdue une mère. Et pour nous qui ne pouvons même pas nous rendre sur les tombes. On comprend ce que c’est que s’est important de pouvoir aller s’incliner et se recueillir sur la tombe de sa mère. l’être la plus cher qu’on a eu au monde. Que chacun célèbre cela à sa manière, mais qu’on vienne pas ensuite nous narguer en plus comme le fait Koffi OLOMIDE en disant "Na oyo to liaki bien", après avoir glorifié au passage tous les noms des généraux au pouvoir présent lors de ce rituel. Un musicien congolais DE BRAZZAVILLE de la race que nous avons connue nous au Congo ne le fera jamais. Vendre son âme même contre des millions d’euros. Il préferera mourir dans la misère plutôt que de chanter les louanges d’un régime qui affame et tue son peuple.
Blaise
juste un point de détail ou plutôt de vocabulaire. Quand tu écris Blaise "le travail au Congo doit se faire au niveau de l’HOMME", je suis sûr que tu écris "l’Homme" comme dans les Droits de l’Homme - dont la Femme fait partie, évidemment. A cette heure, la Présidente et la Directrice de la Bibli de Ouenzé tiennent le stand de la MJC Brazza au Salon de la francophonie à la Mairie Centrale de Brazza avec une expo Léopold Ségar Senghor - bien sûr, il y a aussi des hommes avec elles. Hier soir à France Culture, dans une rediffusion Mohamed DIB exprimait son admiration pour le courage des femmes dans le Maghreb et son espoir dans leur rôle pour l’avenir du pays.Cela vaut pour toute l’Afrique.
Bien sûr mon cher Francis, quand je dis qu’"au Congo le travail doit se faire au niveau de l’Homme. J’inclus la femme aussi".Car il s’agit de l’Homme avec un grand H. La femme congolaise se doit de reconquérir les terrains qu’elle a perdu. Et recouvrer sa dignité. Car elle n’en a plus dans ce pays qu’est le Congo.
Blaise
Cher amis pour ne pas monopoliser l’espace, je terminerai (peut-être) par ce point-ci. Bien qu’au congo-Brazzaville, on a pas une véritable tradition de griots au sens où on l’entend dans les pays d’Afrique de l’Ouest par exemple, les chanteurs et musiciens chez nous étaient également porteurs d’une litterature orale.
La preuve : Là où Sony LABOU TANSI parle maladroitement de "martyre kongo", un chanteur congolais l’avait déjà fait quelques dizaines d’années auparavant avec un meilleur doigté. Je n’ai jamais su le titre de cette chanson. Mais je l’ai beaucoup écouté quand j’étais mome, entre l’âge de 8 et 10. C’est une chanson qui passait à la radio à l’époque et qui me faisait frissoner tout le corps par sa mélancolie et sa profondeur. C’était une chanson en lari (Kongo ?). J’ai jamais su non plus celui qui en était l’auteur/compositeur ni celui qui l’interpretait. Mais je crois bien que c’était Jacques LOUBELO, qu’on qualifiait d’ailleurs à l’époque de griot. Mais peut-être que je me trompe. Alors si quelqu’un sait. Voici un petit extrait la chanson en question que je n’ai plus écoutée depuis au moins 30 ans. Voici néanmoins ce qui m’en reste dans la mémoire. Veuillez par avance excuser mon lari approximatif. En tout cas, c’est ce que mes oreilles entendaient lorsque cette chanson passait à la radio et dont je comprennais tout le sens profond :
passi zo tama za tuka, ba nkâka ba muenini zo(cette souffrance vient de très loin, nos ancêtres l’avaient subie). Passi zo tama zatuka na beto bana tuizi za buana (cette souffrance vient de très loin, même nous les enfants sommes venus la trouver). etc...etc... MATSOUA Andélé tsia kazimbakana tsio ni yandi waketi kula Congo (MATSOUA André a disparu or c’est lui qui allait délivrer le Congo) MBEMBA wa yenda ku nzadi yandi ba mutela ka wandi di ko (MBEMBA a été emporté par le fleuve. on l’avait pourtant prévenu mais il n’avait pas écouté).
N’est ce pas chers amis de ça que Sony LABOU TANSI voulait parler dans son article dans LE MONDE, quand il évoqua le "martyre Kongo" ? Je trouve cependant que notre griot dans sa chanson l’avait fait avec plus d’élégance que Sony l’a fait avec sa plume. Le chanteur touchait les coeurs de tous les Congolais. Sony ne parlait plus que d’une partie des congolais. En pensant aux siens. Aux autres Kongolais qui sont en RDC et en ANGOLAIS, et qui constituait à l’époque, le Grand royaume KONGO. Sony l’avait pas dit, mais on retrouve dans la chanson du griot le nom d’André MATSOUA ("MATSOUA Andélé" dans la prononciation Kongo/lari). On retrouve là ce qu’avait dit plus haut notre ami JMDEVESA dans son intervention attirant notre attention sur la phiolosophie de l’engament politique de Sony LABOU TANSI. Et ça rejoint aussi ce que je disais tout au début, cet article de Sony LABOU TANSI dans le MONDE était orienté. Certains me diront très engagé comme d’habitude. Mais dans ce cas, il faut être clair dans ses engagements. C’est aussi ça, que j’avais voulu dire à notre grand frère Sony LABOU TANSI. Qu’il repose en paix.
J’en ai terminé. A moins que je sois invité à venir apporter quelques précisions. Ou qu’un autre aspect de Sony soit évoqué ici pour que nous l’abordions ensemble.
Blaise
A Mathieu et Kitmien, Kitmien, je te cite "je commence à trouver qu’il est de moins en moins virulent dans ses critiques contre son pays et ses compatriotes. C’est déjà un bon signe". Pardon, vous n’allez pas nous transformer le Blaise en un citoyen consensuel !
Je ne vois pas la honte qu’il y aurait à critiquer la société congolaise, même de manière virulente. A vous lire, on a le sentiment que le peuple a tellement souffert qu’il ne faudrait lui adresser aucune critique. On peut critiquer les dirigeants, les allogènes, mais pas le peuple, forcément victime, forcément vertueux, forcément hors de cause. En façonnant le mythe d’un peuple pur en soi et perverti par les autres, vous l’essentialisez, vous reprenez la thématique coloniale en l’inversant. Pour moi, au contraire, c’est ce mythe de pureté qui est honteux. C’est le silence sur les plaies qui est honteux. Et, à l’inverse, c’est être fidèle à soi et à son pays que de dire ce qui tue de l’intérieur. Et de ne pas laisser ce soin aux Autres, qui eux ne s’en priveront pas. Et c’est ce travail là qui permet de reconstruire une société plus forte et plus unie.
Il y a une phrase que j’aime bien, dans le "Place des fêtes" de Sami Tchak, c’est une réplique du fils à son père : "Papa, il faut avoir le courage d’avoir honte des choses qui font honte à tout le monde".
Salut Ndoi ! Je ne suis pas entrain de vouloir transformer notre ami Blaise en citoyen consensuel. Non c’est pas mon genre, et me si j’en avais les intentions, Blaise me parait, sur ce que je lis ici, une forte tete. Ndoi, apres avoir longtemps hesite d’affornter Blaise sur cette question precise, j’ai trouve a travers le sujet en debat (Sony) que j’avais le devoir citoyen de dire a Blaise( j’admire ses qualites analytiques, mais pas la longueur des textes !!!)qu’il devrait aussi inclure dans ses analyses les choses qui marchent chez nous. A lire Blaise, des fois, on l’impression rien n’a jamais marche au Congo. Ni dans le passe ni probablement dans le future, puisqu’il est pret de se faire flageler si on trouve quelque chose de positive chez nous au Congo. Mon seul souci Ndoi est de voir les Congolais faire une critique objective des institutions, des hommes et des femmes qui dirigent leur pays. C’est facile de dire que les Maliens ou les Senegalais sont meilleurs que nous autres pietres con-golais, okay ! Mais je m’aimerai que Blaise et ceux pensent comme lui reconnaisse aussi le role nefaste de Elf (que la justice francaise a reconnu au proces Elf) dans les violences que nous avions connues. Ces violence ont cree un nouveau type de Congolais (dans les mentalites)... Ndoi, penses tu que si le sous sol des pays cites plus haut recelaient l’or noir et l’or vert par exemple, les puissances d’argent basees dans l’ex metropole coloniale n’auraient pas chercher et reussi a mettre leur prefet, leur "machin" a la tete de ses pays ? La difference entre l’ami Blaise et moi c’est que j’ai vecu les changements plitiques et sociaux de l’interieur, lui les a vecu de l’etranger. Tu cites une belle image de l’ami Sami dans "La fete de masque", lorsqu’il fait dire a l’un de ses personnages : "Papa, il faut avoir le courage d’avoir honte des choses qui font honte à tout le monde". Bien sur que la honte ne tue plus dans nos scoiete, et un peu plus au Congo. Tout ca est bien triste et regretable.Bon, vais-je passer mon temps maintenant a critiquer a tout vent mon pays ? Non, bien sur. Ce que j’aurai de mieux a faire serait
(suite et fin)Ce que j’aurai de mieux a faire serait d’apporter ma pierre a l’oeuvre de re-construction de l’Homme congolais, comme Blaise lui-meme le dit. Et Ndoi, crois-moi, c’est pour cete raison que j’ai accepte d’accompagner Blaise dans son projet culturel au Congo. Pour terminer Ndoi, sans fausse modestie, on peut pas etre pionnier de la presse independante de l’ere multipartisme dans son pays et etre contre la critique. On ne peut pas avoir choisi le journalisme comme metier et ne pas mettre la critique au coeur de son action. J’espere que tu m’as compris, au moins entre les lignes. Bien a toi. Mathieu
Mon cher Ndoï,
Je te demande pardon si tu as lu en moi que je veuille empêcher Blaise critiquer le congo et les congolais avec virulence.
L’impression que j’ai est qu’il le fait d’une très mauvaise manière à mon goût.
Moi aussi je critique les mauvaises pratiques et d’autres le font aussi. La critique interne du Congo est faite par beaucoup. Et je suis sûr que tu en lis ailleurs que chez Blaise.
Blaise le fait en mélangeant tout et en globalisant tout. Je n’ai pas l’impression qu’elle est utile sa critique (comme il le fait).
C’est mon sentiment et donc ma critique de sa façon de critiquer si tu veux.
Je n’aime pas polémiquer mais je visite régulièrement beaucoup de pays et ses habitants en Afrique par le boulot que j’ai et c’est souvent que les comparaisons de Blaise par rapport aux congolais sont bien loin des réalités que je vis.
Et si, grâce à ce qu’il lit et découvre, par ce que nous lui disons, Blaise arrive à mieux critiquer son pays et nous autres congolais, je suis content.
Voilà cher ami et frère le pourquoi de ma joie de le voir devenu moins virulent dans ses critiques, ou ce que nous devons accepter comme telles.
La plupart du temps on lit (agréablement ) Blaise nous raconter sa belle vie passée au Congo avec ses bonheurs et ses détresses et aussi malheureusement une critique au vitriol des congolais à travers quelques cas choisis et qu’il fait endosser à tous.
Les congolais sont (je le pense) bien et ils se dépatouillent socialement de tout : ce qu’ils subissent, ce qu’ils se doivent d’apprendre, ce qu’ils ont à faire ... Ce qui n’empêche pas qu’on les critique et qu’on dénonce tout ce qui doit l’être.
Que Blaise veuille être exclusivement français, c’est son choix, mais son acharnement à nous faire passer pour des sous hommes ou des gens à bannir est pour moi une insulte insupportable.
Je me bats à être meilleur au monde des hommes et j’apprends à l’être... comme j’essaie aussi d’inviter mes compatriotes et mes frères humains à le devenir...sur ce chemin de notre vie humaine de partage. Bien à toi,
Blaise, tu as raison quand tu dis : Cher BAKIMA, tu dis que le Congo a connu une transition démocratique (une élection) , oui "une" mon frère le MALI en a connu 3. C’est dans la capacité à répéter qu’on juge les vrais performeurs. Blaise pour pourquoi fais tu preuve de cessite ou d’autisme intellectuel ? La FrancAfrique n’a pas laisser le Congo organiser sa seconde alternance politique dans la paix. La France exploite t-elle du petrole au Mali ? Bolloret et cie ont-ils des comptoirs de bois a perte de vue au Mali comme au Congo ? Konare et ATT auraient eu des problemes avec les puissances d’argent. Mon frere Blaise, bien que le MOI soit hassible, laisses MOI te rejoindre sur un aspect : critiquer a visage decouvert. Quand en 1990 j’avais lance MADUKUSTEKELE, mes parents ne voulaient pas. Ils pleuraient a l’idee qu’il m’arriverait quelque chose. Tu dois le savoir que ce journal et bien d’autres qui sont parus apres lui ont accompagne le processus de democratisation au Congo. Blaise il fallait une sacree dose de courage. J’espere ne pas choquer certains. En efet, je suis boiteux(polio dans ma jeunesse)et un jour rentrant de la couverture de la conference nationale, j’apprend par mes parents que le fils de notre voisin, qui est aussi boiteux comme moi, a ete enleve vers 9 heures du soir par des gens cagoules et armes a bord d’une voiture depourvue de plaque d’immatriculation. Il sera jete par terre au detrour d’un virage. Le surelendemain en depit de la tension que cela avait entraine entre nos deux famille, il me dira "J’ai eu la vie sauve parce que la ou on m’avait conduit il y’avait un monsieur qui devait te connaitre, car il avait dit, C’EST PAS LUI." Bien sur que j’admire toin courage d’ecrire a visage decouvert, mais je pense que tu fais sciement de ne pas reconnaitre que notre malheur aussi c’est notre or noir. Notre malheur c’est surtout les non patriotes qui aiment plus le Maitre que leur propre pays. Notre malheur enfin c’est d’avoir des dirigeants qui ont entretiennent des domaines et de duplexes ou appartment au pays du maitre, alors que le Maitre et ses compatriotes n’achetent pas ou ne construisent pas sur le bord du fleuve Congo, plus majestueux, plus puissant et plus exotique que la Seine ou la Loire. Le president Sassou a des proprietes en France, Lissouba en a, Milongo en a, voire Kolelas aussi. Chirac, Devilpin, Sarkozy, Lepene ou son clone Devilliers ont-ils des proprietes en Afrique ? Non, meme pas au Mali et au Senegal qui sont de bon eleves, eux qui ont connu des alternances pacifiques. le Congo, c’est simplement L’Etat honteux, comme le titre du roman de Sony. Et son peuple mene une Vie et demie par la faute des dirigeants corrompus... Blaise cest toujours un plaisir ’echanger avec toi. mathieu
Une question à un(01) dollar à tous les congolais ; de quoi êtes-vous le plus fier ?
Dans mes interventions je n’ai pas jugé nécessaire d’analyser les raisons extérieures (ou internationales) des problèmes du Congo. Bakima l’a déjà fait.
Au fait, Bakima, merci pour la création de ton journal ‘Madukutsekele’, il avait joué un rôle dans notre « éphémère » DEMOCRATIE pour parler comme notre frère et amis Blaise Kibonzi
JEAN-MARCEL BIKOUTA NKAOULOU
Reponse a la question de Timba Bema. Mon frere Timba Bema, ce dont je suis le plus fier, c’est d’etre ne par hasard sur une terre d’Afrique denommee Congo, terroir du plus grand fleuve du continent, le plus long du monde, le second plus puissant du monde, apres l’Amazonie. La seconde chose dont je suis fier en tant que Congolais, c’est de constater que je viens d’un pays qu’on appellait jadis la Republique des Lettres. Pour un petit pays de par sa taille morphologique et de par sa faible population, produire autant de d’ecrivains m’emmerveille tout simplement. Enfin, ce dont j’ai le plus honte en tant que Congolais, c’est d’avoir le Congo en partage avec des dirigeants politiques qui malgre des ressources economiques et humaines que regorge le pays, ne peuvent pas donner une couverture maladie a tout le monde, ne peuvent pas scolariser tous les enfants du pays. Timba Bema, un autre sujet dont je ne suis pas fier de mon pays, c’est de savoir que ses elites politiques ont des proprietes en France, achetees avec de l’argent du peuple. Les elites francaises ne le font pas et ne le feront jamais. Se constrire une maison sur les bord du Congo ? Pourtant De Gaule lui allait se ressourcer a la case De Gaule, la demeure de l’ambassadeur de France au Congo, qui donne une somptueuse vue sur ce boulevard fluvial. What a shame ! Timba Bema, pour rire, si j’etais mon jeune compatriote qui a gagne des millions de dollars a la loto americaine, j’aurai pu inviter tout ce village virtuel sur les bord du Congo. Le contact avec ce fleuve vous aurait change, assurement(rire). Mathieu, un Africain natif du Congo !!!
En effet cher Jean-Marcel BIKOUTA NKAOULOU, RESPECT à notre ami BAKIMA !!!!!
Je ne savais pas que c’etait lui. Mais le fait qu’il ait lui aussi pris la poudre d’escampette pour quitter ce "beau pays" confirme bien ce que je (certains) disons ici. Le Congo c’est très bien, c’est très beau mais vaut mieux le vivre le plus loin possible. Telle semble la devise des congolais aujourd’hui.
Blaise
Mon frère Blaise Kibonzi, tu as raison de rappeler les rivalités entre les Kongo de boko et les Kongo-ladi. Rivalités nées du passage du pouvoir entre les mains de Youlou a celles de Massambat Débat. Pourtant Youlou et Massamba Débat étaient du même parti politique (UDDIA). Comme tu le sais. Le pouvoir est un mauvais maître. La perte du pouvoir entraîne toujours des rancœurs qui se transforment vite en conflits. Nos frères de la cuvette qui avaient succédés au Pool ont aussi connu cela. Les rivalités mortelles entre Mbochi-Koyo (tribut de Ngouabi) et Mbochi d’Owando (tribut de Yombi), puis entre ces derniers et les Mbochi d’Oyo (tribut de Sassou). Sassou, en vrai fils spirituel de Hitler, Staline et Salazar...est arrivé jusqu’à décimé les villages et familles de Anga Pierre et Yombi Opangot. En digne fils de Satan, Sassou, alors a la recherche de Pierre Anga, n’a pas hésite un instant pour faire opérer cinq (5) fois la sœur de Pierre Anga. Car Sassou était convaincu que Anga Pierre se cachait dans les intestins de sa sœur. Les opérations chirurgicales de la sœur d’Anga n’ont cessée que quand il avait enfin tué Pierre Anga. Vois-tu avec quel dictateur nous avons affaire ? Sassou n’est pas seulement un mal pour les Kongos (ce mot doit être pris dans son sens général). Sassou est aussi un mal pour ses frères Mbochi qui doivent maudire le destin de les avoir donné un tel fils.
Pour revenir aux rivalités entre Massamba débat et Kolelas, le conflit étaient beaucoup plus idéologique. Le premier était socialiste Bantoue, le second était capitaliste. Même si kolelas avait pris les armes pour faire triompher, en vain, sa cause. Le deuxième fait qu’il faut relever c’est que Massamba Débat était le dernier VIEUX qui avait survécu a l’épuration des vieux leader par les jeunes intellectuels congolais d’alors, qui avaient réussi a faire main basse sur la révolution qui entraîna la chute de Youlou. Révolution faite en réalité par les Corbeaux qui exigeaient seulement la démission de Nzalakanda père (Kongo de Boko) qui était un amis personnel de Youlou. Devant le refus de Youlou d’accepter la démission du bourgeois Nzalakanda père, les corbeaux et les Matsouanistes exigèrent enfin la démission de Youlou. Les jeunes diplômés d’université et les officiers (Muntsaka, Muzabakani...) profitèrent de l’occasion pour s’emparer du pouvoir. Munsaka qui commanda le Congo pendant deux jours, réussi a imposer Massamba Débat qui etait, quelques mois plutôt épuré par Youlou. A la conférence nationale Ndala Graille avait dit qu’ils étaient trop jeunes pour peser les conséquences de leurs actes. Ange Diawara (lari de Goma tsetse) avait 22 ans quand il était le patron de la Défense civile. Ndala (Boko) était ministre a 26 ans. André Hombessa (Kindamba) avait moins de 30 ans quand il était ministre et patron de la JMNR.
JEAN-MARCEL BIKOUTA NKAOULOU
Non content de me taire devant toutes ces interventions aussi e’mouvantes les unes après les autres, j’aimerais remercier notre ami NKAOULOU BIKOUTA pour sa demonstration magistrale. Certaines de tes phrases ont avec une lucidite’ debordante tarduit mon e’tat d’ame intellectuel : l’engagement ! J’avais e’te’ le premier à reagir à l’intervention de Blaise lorsqu’il critique l’article de Sony paru dans le journal le Monde en lui posant deux questions ponctuelles " qu’est ce qu’un genocide", " qu’est ce qu’un martyre" ?. J’ajoutais que chaque espace social a son type de legitimite’, ne confondons pas trop Sony depute’ et l’e’crivain, même si Blaise retorque que parfois il arrive que l’un de ces statuts soit utilise’ pour servir l’autre. Sony etait un Kongo fier de ses origines et dans la plupart des ces romans, il glorifie l’e’poppe’e de ce magnifique " kongo dia ntotila". Empruntant un chemin de traverse,je vais le dire clairement que de toutes les manières , la nation congolaise n’est qu’une vue de l’esprit, n’en deplaise à tous les esprits chagrins. J’avais lu cette lettre de Aime’ Matsika fort instructive , surtout lorsque les hommes au pouvoir ne font pas mystère de leur haine envers les sudistes. Pourquoi , cher ami Blaise, devrait prendre des precautions oratoires , pour condamner le martyre Kongo aussi evident que la Shoa ? Sony est mort en 1995 et ce martyre continue, en temoigne cette affaire des disparus du beach qui remet en question toute la notion de la nation. Comment imaginer que des jeunes innocents soient systematiquement elimine’s du fait de leur origine ethnique par des militaires qui font partie de la cour immediate du roitelet ? Comment le pouvoir sanguinaire de Lissouba pouvait il envoyer des escadrons de la mort massacrer des congolais avant d’être Kongolais dans les quartiers Moutabala, Makouzou en 1994 ? Je ne sais pas ce qui vous gêne dans cet article de Sony ou il ne fait qu’e’taler des evidences ?
Cher Brice MOSSI MIAMINGUI, je vais te répondre. Et je remercie aussi Jean-Marcel BIKOUTA NKAOULOU pour ses éclaircissements même si dans l’introduction j’ai plutôt vu le militant politique parler (rires).
Mon frère Brice MOSSI MIAMINGUI, ma critique de l’article de Sony LABOU TANSI dans le monde évoquant le martyre (avec "e" merci) Kongo vient surtout du fait qu’il manquait d’honnêteté. Et c’est pas digne d’un intellectuel. C’est d’une part vouloir plus ou moins duper l’opinion internationale au nom de sa notoriété, et d’autre part se servir de sa notoriété pour servir une cause partisanne. Je répète c’est indigne d’un intellectuel que d’agir de cette façon là. Tout comme des intellectuels qui apportent leur soutien à des régimes totalitaires qui bafouent le minimum des droits de l’homme. Ou alors, quand on est écrivain et qu’on veut faire de la politique, il faut choisir. On se dit ex-écrivain et on se lance dans la politique. L’article de Sony dans le monde ne m’aurait pas gêné s’il avait été été signé "homme politique congolais". mais là, je voyais plutôt écrit "écrivain congolais". Bien sûr qu’il y disait des évidences comme tu le dis cher Brice. Mais quand on est un intellectuel, on ne doit pas présenter seulement le coté de la chose qui vous arrange, qui vous met en position de martyre. Quand bien même, ces mêmes Kongos ont eux aussi exercé le martyre sur une autre partie de la population congolaise. Quand on prend le cas de la JMNR que j’ai pris l’habitude de qualifier de "talibans congolais", savez-vous combien de cadavres sédimentent au fond du Djoué ? Des gens qu’on jetait vif dans le fleuve , enfermé dans un sac, pieds et mains ligotés avec un gros caillou attaché aux pieds afin que le cadavre ne remonte jamais. N’est ce pas un Kongo (MASSAMBA DEBAT) qui était au pouvoir à ce moment là ? Entendions-nous ou entendons nous des voix kongos pour dénoncer ces martyres là ? Je me souviens d’un vieu Kongo de la JMNR qui après avoir torturé à mort toute la nuit, se lavait les mains au matin en disant "biji tua diri mazono ngura mafuta yabele" (la viande que nous avons mangé hier, qu’est ce qu’elle était grâce). Entendez par là, "qu’est ce qu’on a pris du plaisir avec l’homme qu’on a tué hier". Et ces victimes là étaient bien souvent des laris (sous groupe Kongo). Et tout cela se passe à la chute du lari YOULOU remplacé par le Kongo MASSAMBA DEBAT. Une rancoeur s’installe alors entre ses frères dont certains disent qu’elle ne disapraîtra jamais. Il se dit même qu’aujourd’hui SASSOU se joue de ça pour diviser politiquement le POOL, et continuer à règner, là où (dit on également) les mbochi/kuyu savent rapidement refaire bloc pour conserver le pouvoir malgré le fait qu’ils s’entretuent eux-aussi. Veuillez m’excusez cette analyse ethno-politique du Congo. Malheureusement les vraies sources des problèmes chez nous c’est ça aussi. Avis à mon frère BAKIMA. La main de la FRANCE nous gifle d’autant plus facilement que nous nous affaiblissons nous mêmes avec nos niaiseries. En FRANCE l’Alsacien et le Breton feront bloc contre l’envahisseur allemand !!! (pardon) excusez-moi d’avoir dit cette connerie. Elle m’a échappé.
Blaise
Chers amies(amis)
Vous vous souvenez que la semaine derniere Alain nous a parle de la parution d’un article que lui avait commande le Monde a propos de la francophonie. Je suppose que nombreux sont aller chercher(en vain)ce fameux numero du Monde avec l’article d’Alain. Ne l’ayant pas trouve(ni dans les kiosques, ni sur le net)comme moi, vous avez du vous dire comme moi(encore)"Eh bien ce Mabanckou il n’a qu’a savoir de quoi il parle..." Rassurez vous les gars, l’article est paru ce week-end et je vous en donne le lien : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-752169,0.html
Bonne lecture
Thanks Boris for the link about Mambanckou piece on Le Monde. Mathieu
Si j’appre’cie la capacite’ analytique de MR Blaise KIBONZI et les quelques verite’s que vous assenez sur les e’lucubrations sociologiques des congolais, javoue que j’ai peine à comprendre l’obstination de notre ami à condamner l’engagement politique de Sony Labou Tansi surtout dans sa diatribe contre le regime dictatorial de Lissouba , au paroxysme de la guerre civile de 1993 1994.
Pourquoi auriez voulu que le tribun, le porte parole , le politicien , le matsouaniste qui s’imbriquaient indissoulublement en lui restat coi lorsque les " Nègres sont fusille’s", dussent ils être de la même tribu que lui ? Apparemment , vous êtes en porte en faux avec votre conscience , vous qui êtes foncièrement contre la culture du mensonge ? Je ne sais pas si vous avez lu l’oeuvre de ce geant mais dans son roman "les 7 solitudes de Lorza LOPES", il ne parle pas d’autre chose que ce peuple dont il tire vanite’. Au cas ou vous ne l’auriez pas lu" je l’ai il ya plus de 9 ans, mais je me souviens qu’il parle de ces " gens de la cote qui ne sont faits que pour brouter et defequer" ( suivez mon regard", il va jusqu’à parler du calendrier des 4 jours chez les kongo et il enfonce le clou en faisant tomber le masque lorsqu’il cite les douze clans du royaume Kongo.
Ce roman est truffe’ des adages en Kikongo et mieux d’une serie des decapitalisations de Ntsanga Nord et Ntsanga sud, allez y comprendre ! Donc parler du martyre kongo pour lui c’est remonter l’histoire de son peuple depuis KIMPA VITA , MATSOUA etc jusqu’aux vicimes de la folie meurtrière de Lissouba.
( SUITE)
Parlant de l’engagement politique des penseurs , il n’est pas une mauvaise chose en soi lorsqu’il ne prend pas appui sur le radicalisme politique car il ya risque de ceder au nihilisme politque. Le nihiliste est une extremiste qui ne voit que le mal la ou parfois règne le bien, à l’image de Jean Pierre MAKOUTA MBOUKOU dont le fanatisme aveugle auprès de Kolelas surprend plus d’un observateur !
A contrario , l’engagement politique de Albert Einstein , à travers ses pamplets politiques, pour la cause juive ne gêne personne et illsutre à grands pas de ge’ant cette conception. C’est dire si l’intellectuel a un mot à