vendredi23 mars 2007

"Manifeste des 44" : Sarkozy propose une francophonie "vivante et populaire"

La parution du Manifeste des 44 dans Le Monde du 16 mars 2007 continue à alimenter le débat. Après Abdou Diouf, le Secrétaire général de l’Organisation Internationale de la Francophonie (dans les colonnes du quotidien Le Monde), on a pu lire le jeudi 22 mars dans la rubrique "Opinions et Débats" du Figaro un point de vue de Nicolas Sarkozy (photo), président de l’UMP et candidat à l’élection présidentielle française qui se déroule dans quelques semaines. Les propos de Nicolas Sarkozy viennent confirmer la nécessité d’une réflexion sur cette notion de Francophonie et la place prépondérante que les Etats-Unis occupent actuellement dans le champ de l’enseignement des lettres venues de pays autres que la France et ayant en partage l’utilisation de la langue française. La France a un retard considérable en la matière. Voici un extrait de cette tribune du candidat à l’élection présidentielle.


Ce n’est pas un hasard si, parmi les derniers pays que j’ai visités, le Sénégal et l’Algérie ont offert à notre Académie deux des plus fervents amoureux de la langue française, Assia Djebar et Senghor.

Dans l’enseignement supérieur, il est urgent de commencer à réfléchir à la création de chaires francophones, quasi inexistantes en France, afin de retenir des talents littéraires comme Maryse Condé, Alain Mabanckou ou Achille Mbembe, qui ont fini par s’exiler aux États-Unis. Le coeur et l’avenir de la francophonie sont de moins en moins français, mais, paradoxalement, de plus en plus anglo-saxons. La francophonie sauvée par l’Amérique ? Un comble !

Une langue véhicule aussi un message politique, une certaine vision du monde. Lorsqu’elle est parlée par des peuples aussi divers que ceux du Liban, du Niger ou du Vietnam, la langue française est le récit d’une communauté de destin entre « nous et eux ». Je déplore que, quelquefois, elle soit confisquée par des réseaux prenant prétexte de la défense de la langue française pour promouvoir leurs intérêts privés.

Tant que la francophonie sera suspecte de tels relents, les peuples seront méfiants à son égard et seront tentés de rejeter le bébé (la France) avec l’eau du bain (la francophonie). Car, à l’origine, la francophonie n’est pas un concept colonial, au contraire. Pour ne pas être suspecté de néocolonialisme, le général de Gaulle avait commencé par s’en méfier avant que Léopold Sédar Senghor ne la définisse comme « fille de la liberté et soeur de l’indépendance », comme une « symbiose culturelle entre États ayant le français en partage et qui est d’autant plus humaine parce que d’autant plus riche, qu’elle unit les valeurs les plus opposées ».

Nicolas Sarkozy, Le Figaro, 22 mars 2007

Commentaires

  1. Posté par Kalina, le 23 mars 2007 à 10:41

    Décidément il veut tellement être élu, qu’il grapille des voix partout ! Son "intérêt" pour la francophonie, je n’y crois pas vu le mépris qu’il manifeste en permanence pour les noirs et les arabes, n’hésitant pas à s’en servir comme chair à canon pour s’attirer la sympathie des électeurs FN.

  2. Posté par B-K, le 23 mars 2007 à 11:26

    Je me méfie de l’accaparement de ce sujet par le candidat Nicolas Sarkozy comme de la peste. Pour au moins deux raisons :
    - le contexte dans lequel intervient sa prise de positon,
    - ce qui motive cette intervention si rapide. Nicolas Sarkozy fait feu de tout bois parce qu’il sait qu’il y a un vivier d’électeurs issus de ces zones. Il faut donc leur faire des doux yeux. Cet homme qui a été le premier flic de France est mieux placé que quiconque pour prendre le pouls de ce qui est en débat sur le site de Mabanckou. Il feint de découvrir la paupérisation des vrais défenseurs de la langue française et de la francité ; L’exclusion dont les francophones sont victimes quand bien même ils ont fait de bonnes études ou défendent la langue française et les valeurs qui s’y rattachent. Pour exister, pour être reconnu et respecter, il faut s’exiler ailleurs (cf. Mbémbé, Mabanckou, Condé...). Le manifeste a au moins ceci de bon : il pointe une certaine hypocrisie qui existe en France ; hypocrisie qui fait qu’en France nous ayons une ligne de démarcation entre d’un côté ceux qui ont "marchandisé" une utopie voulue par Léopold Sédar Senghor pour que Le triptique Liberté-Egalité-Fraternité ait un véritable contenu de chair, de sang et d’esprit et de l’autre ceux qui veulent que cette Utopie soit traduite dans les faits, dans notre quotidienneté à tous. En d’autres termes, il y a d’un côté les pilleurs de tombe qui profitent de cette Utopie pour s’offir des postes et de titres pour manger des cacaouettes et des petits fours dans ce qui n’est plus qu’un club d’admiration mutuelle et de l’autre ceux qui veulent voir l’Humanisme à l’oeuvre dans la vie du plus grand nombre pour que Liberté-Egalité-Frtarnité ne soit plus de vains mots. Je crois que plus rien ne doit être comme avant. Nous devons nous poser courageusement la question de savoir à quoi sert la francophonie petitement humaine et ambitieuse que l’on nous propose, avec ses floflons, ses banderoles et sa vacuité fille de son hypocrisie, et de son manque de supplément d’âme. Et quel contenu, quelle légitimité lui reconnaître dans l’espace francophone eut égard au triptique "Liberté-Egalité-Fraternité". L’actuel Secrétaire de l’OIF qui a grandi à l’ombre de Senghor doit y être plus attentif. Monsieur Nicolas Sarkozy, nous sommes les enfants de Louise Michel de qui nous avons tété la Liberté et la Fraternité, notre père s’appelle Monerville de qui nous somme la semence d’espoir pour grandir dans l’Egalité. Notre quête de francité et d’Humanisme est très profonde. Elle restera insatiable si elle ne trouve pour seule source pour étancher sa soif que vos visées électoralistes et petitement humaines. Nous voulons du consistant, du vrai et du sérieux dans le respect de la dignité profonde de l’Homme ! Vous voulez des projets nous sommes prêts à vous en donner et à en débattre sans complaisance ! Walaï, il faut arrêter de nous prendre pour croquants ! Combien de temps vous aller manger aloko chaud sur notre dos ! Je vais faire une palabre : un papa-là que son père avait travailler pour faire chemin de fer en Afrique est venu voir son fils en France. Y reste chez son fils premier jour son fils y va pas casser le caillou ! Deuxième jour même chose, troisième jour même chose... Après papa-là il demande à son fils, mais Yorongar, c’est ça son nom de pygmée de Tchad-là. Walaï ! papa-là y dit Yonrongar, Yorongar... pourquoi toi ti constuit pas chemin de fer comme ton grand père-là. Nous quand on n’a construit chemin de fer le blanc y venait nous checher au village avec milicien. Toi ton patron-là pourquoi y vient pas te checher ! Mais papa lui répondit Yorongar les temps ont changé. Et moi je suis au chômage. C’est quoi comme métier chômage-là, je n’ai plus de travaille. Walaï ! Le papa a pris sa tête-là avec beaucoup de cheveux blancs dans ses mains ! Il a crié dans sa langue dans tous HLM-là les voisins sont venus. Yorongar qu’est-ce qui ce passe. Le papa a chanté la Marseillaise, il a parlé de papa De gaulle qui était gentil avec les noirs enfants de la Patrie ! Walaï il comprend pas pourquoi son fils qui descent de la Patrie y n’a pas de travail. Le soir après papa-là il a réfléchi. Il dit walaï il a compris, les blancs-là quand le travail était pas payé, corvée, il donnait tout aux noirs et aux arabes, maintenant que le travail-là ça peut donner beaucoup d’argents, plis la sécurité sociale, plis encore beaucoup pour acheter beaucoup d’aloko, caviar, beaucoup de Mouton Cadet,...tout ça yanapli pour les noirs et les arabes ! Walaï le papa-là il n’est pas content !

  3. Posté par neo, le 23 mars 2007 à 12:42

    comme tout le monde il a le droit de dire ce qu’il veut,pourquoi toujours quand il s’agit de Sarkozy faut y voire enguis sous roche.Sarkozy n’est pas raciste c’est quelqu’un qui aime son pays et qui a du mal à se faire comprendre...

  4. Posté par B-K, le 23 mars 2007 à 13:11

    Merci Neo, de nous apprendre que Nicolas Sarkozy a un pays rien qu’à lui tout seul ! J’étais loin d’imaginer que la France était un ranch et Nicolas son sherif ! Je comprends mieux son admiration pour les USA. Je tiens toutefois à vous signaler que mon grand-père a usé ses 20 ans en 1940 pour défendre la Patrie en danger. Il y a laissé sa jambe sur le front, certains de ses copains sont sans papiers dans le carré mortuaire de Saint Claude depuis la fin de la guerre. Et nous dans la famille ça nous fait une belle jambe quand Nicolas parle de racaille ! S’il a du mal à se faire comprendre qu’il apprenne à parler français ou qu’il prenne un interprète ! Il est de quelle génération déjà ? De la première ou de la troisième ? Les promesses, les baratins ne suffisent plus, il faut des actes et un discours de vérité et de responsabilité ! La démagogie est un plat qui a été tellement rechauffé que même la casserole électorale est devenue insensible au feu des idées décaties qui nous sont (re)servies avec fadaise !

  5. Posté par Mayombe82, le 23 mars 2007 à 13:21

    Question : Que faut-il faire pour ne pas être élu ? @+, M82

  6. Posté par Lalah, le 23 mars 2007 à 13:57

    Il ne dit pas que des bêtises, même si c’est Sarkozy. M. Mabanckou, puisque vous nous proposez ce document, êtes-vous favorable à l’établissement de chaires francophones en France, ou de chaires de Littérature-Monde en langue française ? On ne sait plus quels mots employer !

  7. Posté par Nestor, le 23 mars 2007 à 14:42

    Là, c’est visiblement de la récupération. Il est sans aucun doute un grand démagogue. Ce débat le dépasse. Il nous ressort Papa Senghor dont il a visité la tombe sur la pointe des pieds. Maintenant, on va avoir droit à la choucroute des autres politiciens (ou politiques comme on dit désormas en France).

  8. Posté par Alain Serbin, le 23 mars 2007 à 15:03

    J’ai appris à me méfier des gens depuis que j’ai été deçu dans ma vie par ceux que je croyais faire trop confiance. La francophonie est une belle oeuvre que tout le monde plonge son nez, moi compris pour partager cet héritage commun et nous faire mieux comprendre. Dans le cas de Nicolas Sarkozy, il y a un problème. Un jour il dit ce que dit le fond de son coeur et ça donne des choses du genre "karcher" et "racaille". Puis, on lui fait comprendre qu’un futur président doit apprendre à se calmer et surtout à savoir tourner sept fois sa langue avant de sortir quelque chose de sa bouche. Les conneries s’échappênt et vous collent à la peau. L’instant d’après, il veut faire croire qu’il est humaniste. Il défend même la "francophonie" !C’est son droit le plus naturel de donner son point de vue sur le sujet. Mais je sens là la récup nauséabonde en ce temps des éléctions présidentielles. On doit douter de ce que parfois il nous sort de son chapeau et de son mouchoir. Comment ? En pleurant sur nos auteurs qui foutent le camp, il y a un amalgame. Maryse Condé, Alain Mabanckou et Achille Mbembe ont le droit d’aller travailler là où ils veulent. Verser des larmes, et pleurer même que notre Alain Mabanckou et les autres, foutent le camp pour les states. Où est son problème ? Bien entendu que certains y verront là un beau geste, une belle parole pour notre A.M., mais ceux-là partagent-ils ses idées et ses prises de positions ? J’ai en mémoir un auteur que j’adorai et qu’un jour il a tenu des propos racistes dans un journal. Eh bien, quand je suis rentré chez moi, j’ai pris ses bouquins, j’ai commencé par arracher les pages, avec calme d’abord, puis avec rage, je me suis précipité dans les toilettes après avoir froissé ces tas de torchons de papiers, les jeter, puis tiré la chasse. Il m’a fallu l’appel d’un plombier pour déboucher mon lévier ! C’est ce qui est arrivé aujourd’hui en lisant l’article du "Figaro" !

  9. Posté par simplice, le 23 mars 2007 à 16:10

    Et si le manifeste des 44 n’était que la réalisation du projet d’espace culturel francophone senghorien conçu comme avant-poste de la dite civilisation de l’universel ? Pour preuve ils ne reproduisent que la pensée senghorienne malgré la formule artificielle de la mise à mort de la francophonie qui n’est en fait que l’expression de la continuité du tutorat philosophique de L.S.Senghor sur ce mouvement. La formule de l’acte de la mise à mort de la francophonie peut alors se regardée ainsi : la francophonie est morte, vive la francophonie ; pour preuve, les réactions de N.Sarkozy et de A.Diouf, qui paradoxalement ne prennent pas acte de la mise à mort de la francophonie mais, profitent de l’occasion pour lui donner un second souffle de vie.

    “Mais on me posera la question : « Pourquoi, dès lors, écrivez-vous en français ? » Parce que nous sommes des métis culturels, parce que, si nous sentons en nègres, nous nous exprimons en français, parce que le français est une langue à vocation universelle, que notre message s’adresse aussi aux Français de France et aux autres hommes, parce que le français est une langue de « gentilesse et d’honnêteté »” Postface d’Ethiopiques, Oeuvre poétique, L.S.Senghor, Seuil, p.166, 1990.

  10. Posté par MauditFrançais, le 23 mars 2007 à 16:27

    La francophonie est un concept typiquement hexagonal,heritiere de cet universallisme stalino/jacobin qui sous la violence imposa cette langue de fonctionnaires a toutes les provinces françaises,morte la langue bretonne,morte la langue provençale,morte la langue catalanne,morte la langue basque,etc ,mort donc ce pluri linguisme et ce pluri culturalisme qui faisait la richesse de la france.Il faut être un etranger comme sarkosy pour croire que le français est la langue de tous les français. Vive le breton,vive le basque,vive le catalan,vive le provençal,vive le corse,etc et si nous avons besoin d’une langue pour communiquer entres nous, et bien ! nous ferons comme le reste de la planete nous prendrons l’anglais,la langue de la Liberté.

  11. Posté par Noiresdentsblanche, le 23 mars 2007 à 16:40

    J’AI MAL à MA LANGUE

    N. Sarkosy veut instaurer l’obligation de savoir parler le français - dès leur arrivée en France - aux membres des familles qui souhaitent bénéficier d’un regroupement familial (je ne discute pas les deux autres conditions : un logement et un travail) . Comment serait-ce possible quand on vit par exemple au fin fond d’un village kurde ?

    - l’un : N’y a t’il pas là des relents nauséabonds, est-il bien digne de défendre la francophonie ? Pour ce qui est de critiquer ceux qui dérouteraient la langue française à des intérêts privés (qui ça, les 44 ?), il est assez mal placé... Etes-vous heureux de le voir faire irruption dans ce débat ?
    - l’autre : Ben, mon vieux, t’es à la masse ou quoi, il va peut-être élu !
    - re l’un : Attends, c’est pas encore joué.

    PS Ce n’est pas une invention, mais entendu dans une interview.

  12. Posté par Pour Elargier, le 23 mars 2007 à 16:51

    Le post 48 du sujet précédent propose le propos de Sarkozy en entier.

  13. Posté par "mémorieux", le 23 mars 2007 à 18:30

    a lire c’est intelligent !

  14. le 23 mars 2007 à 18:34

    Je ne crois pas que Nicolas Sarkozy fasse "feu de tous bois" (dixit B-K)et je pense au contraire qu’il mène une campagne de premier tour plutôt adroite (sans jeu de mots).

    Senghor, Djebar, Condé, Mabanckou (coucou)et Mbembé sont des exemples lui (N. Sarkozy) de mettre en évidence ce qu’il entend par immigration choisie : ne retenir que les "talents" d’Afrique et d’ailleurs qui séjournent en France.

    Qui pourrait lui en vouloir ? La France est de tradition élitiste ; et puis bon nombre de nos talents africains ne demandent que çà.

    David Bouazo

  15. Posté par Pour Elargir, le 23 mars 2007 à 18:37

    Mémorieux, je suis d’accord avec toi. On peut dire ou penser ce qu’on veut, c’est intelligent. Même en réduisant cela à une démarche électorale, à un calcul, on ne peut nier que c’est intelligent. Et puis, comment arriver au pouvoir sans calculer, sans stratégie ? Il aime son pays, sa langue, comme toute personne digne d’assumer de hautes responsabilités (même si je ne voterai pas pour lui, ni au 1er ni au second tour, sauf s’il se retrouvait en face l’autre là comme il y a cinq ans).

  16. Posté par Pour Elargir, le 23 mars 2007 à 18:45

    David Bouazo, je ne t’ai pas lu avant d’écrire, on postait ensemble. Tu as tout dit, je partage à 100%.

  17. Posté par Une Plume, le 23 mars 2007 à 18:47

    Pourquoi vous évertuer à décrypter le moindre de ses propos sur tel ou tel sujet d’actualité.

    Pensez-vous qu’ils sont le fruit de sa pensée ou de celle de son armée de conseillers ?

    Cet homme n’a pas d’avis tranché et encore moins de conviction. Son seul objectif est de garder une visibilité médiatique.

    Quant à vous M.Mabanckou, et n’y voyez aucune animosité, allez vous cesser de trouver le moindre prétexte pour politiser un débat qui n’a aucun intérêt pour les lecteurs du monde.

    Ce manifeste qui agite le microcosme intellectuel n’a aucune portée ou peut-être que si, il sert à faire parler de vous.

    J’en pense pas moins de la Francophonie.

    La littérature n’est pas un champ de bataille et ne souffre d’aucune restriction idéologique.

    La littérature n’a que faire d’étiquette Monde, Francophone ou Africaine.

    La littérature doit rester subversive et apatride. Elle n’obéit à aucune loi si ce n’est à celle de la création !

    http://uneplumesanspapiers.over-blog.com/

  18. Posté par May, le 23 mars 2007 à 19:13

    Une Plume, Comme je vous aime ! Tout est dit !

  19. Posté par D.O.W., le 23 mars 2007 à 20:34

    On aimerait tellement, en effet, d’une littérature pure, vierge, dégagée, libre. Mais hélas... :

    "Une langue véhicule aussi un message politique, une certaine vision du monde. Lorsqu’elle est parlée par des peuples aussi divers que ceux du Liban, du Niger ou du Vietnam, la langue française est le récit d’une communauté de destin entre « nous et eux »". Tout est résumé là-dedans. Et dire qu’avec ça, il y en a qui ne comprennent toujours pas.

    Jusque quand, cette "communauté de destin" ? Mais qui donc, m’expliquera pourquoi la France se veut, mordicus, une communauté de destin avec des peuples qui ne lui ont rien demandé ? Ils sont à nous. Ils n’iront jamais nulle part. C’est « eux et nous » pour toujours. Et vous, qui reefusez d’entendre. Il vous le dit noir sur blanc ; mais quand donc comprendrez-vous ? Quand donc aimera-t-on le français en Afrique, d’un amour qui ne sera pas commandé, manoeuvré, suggestionné, pendu à un hameçon subliminal ? Quand donc, définira-t-on enfin soi-même son rapport avec la langue française ? Quand est-ce que ce ne seront plus seulement d’autres (Sarkozy, Rouaud et Le Bris qui rédigent pour que les autres paraphent), qui définiront le périmètre de notre amour de la langue française, de notre rapport à elle ?

    Ah que tout cela est désespérant...Que tout cela vous renvoit à vos pénates...

  20. Posté par Pour Elargir, le 23 mars 2007 à 21:11

    DOW, tu es trop lucide pour avoir une insistance qui laisserait croire que tu apprends quelque chose dans ces mots-là ou que quelqu’un en apprend quelque chose ! c’est quand l’évidence la plus basique ! Et quand tu ajoutes aimer le français d’une manière qui ne soit pas commandée, est-ce que tu n’abuses pas des mots ? Tu te contredis. Si tu as réellement compris cette évidence de base, cher DOW, tu as aussi compris que parler le français, même le français des rues d’Abidjan, c’est s’inscrire dans une communauté dont le berceau est la France. Tu es comme moi le produit de la puissance d’une nation qui a eu les moyens d’aller dominer comme jamais la terre dont tu es issu ne pourra le faire. Pourquoi la France veut une communauté de destin ? Elle n’a pas à vouloir, elle est une puissance colonisatrice, elle a semé sa graine ailleurs, ça a germé, la communauté de destin est là, d’emblée. tu en es la preuve par ce parfait usage du français. Nous sommes un peu comme ces pauvres mouches prises dans les filets de l’araignée et qui se débattent pour resserrer l’étau autour d’elles. Quel que soit le mot qu’on aura choisi pour remplacer la francophonie, toi, moi, beaucoup d’autres sommes incorporés à la communauté de cette langue française, ce qui ne signifie pas que nous sommes égaux au sein de cette langue qui est avant tout la langue de France, du moins de ce qui s’est construit comme France, dont tu ne fais pas partie, ni moi, tu es périphérique comme moi.

  21. Posté par D.O.W., le 24 mars 2007 à 12:31

    Intéressant ce que tu dis Pour Elargir. Mais discutable, amplement discutable. J’espère en effet être lucide. Et si nous admettons que c’est le cas, je n’apprends rien des mots de Sarkozy, comme peut le confirmer la teneur de la plupart de mes derniers posts sur ce blog. Mon insistance (mais j’espérais qu’on l’aurait compris dans le post précédent), traduisait plutôt une profonde interrogation sur les autres, non pas sur moi : ceux qui ne sont donc pas lucides, comment se fait-il qu’ils ne comprennent quand même pas, même quand le message se fait aussi explicite ?

    Pour le reste, je ne te suis nullement. Seul notre rapport historique à la France, ou si l’on veut, seule notre rencontre initiale avec la langue française, fut un événement contraint, forcé. Mais dire que cette contrainte historique nous enserre encore aujourd’hui comme le ferait le filet d’une araignée autour d’une mouche prise, c’est faire preuve de paresse. Tu écris : "parler le français, même le français des rues d’Abidjan, c’est s’inscrire dans une communauté dont le berceau est la France". Ce n’est pas avéré ! Je dirais même que c’est un peu gratuit. On ne peut écrire cela que si on a en tête l’attentisme africain. Mais beaucoup de Roumains, parlent français, sans s’inscrire dans quelque communauté de berceau avec la France. Tu écris : "la communauté de destin est là, d’emblée. tu en es la preuve par ce parfait usage du français". Certains Italiens ont une maîtrise parfaite du français, mais aucune communauté de destin avec la France. L’Indochine française n’a pas cru bon garder le français comme langue unique de communication après la colonisation. Rien n’est donc impossible. Il n’y a nulle fatalité, sauf pour les paresseux. Ou pour ceux qui comme toi, sont obnubilés par l’idée que la France est trop puissante et qu’il n’y a qu’à l’admirer. La France est certes un empire culturel puissant. Encore aujourd’hui. Mais en quoi cela nous empêche-t-il de décider un jour que chez nous, la langue officielle n’est plus le français ? Par exemple. En quoi cela nous empêche de travailler nous aussi sur nos propres langues ? Nous rendons la puissance de la France responsable de tout, ce n’est pas très louable. Les liens qui nous entravaient hier, nous nous référons à eux encore pour en prendre prétexte, alors qu’ils ne sont plus. Et ceux invisibles que l’on tisse autour de nous désormais, nous nous pressons d’y souscrire. Comme si on nous avait laissé en héritage, quelque addiction à l’idée d’entrave (réelle ou fictive). Les entraves sont faites pour que l’on s’en débarrasse. Chez nous, elles semblent faites pour que l’on s’en entiche.

  22. Posté par Pour Elargir, le 24 mars 2007 à 13:03

    DOW, tu es de maivaise foi parfois. Quand tu cites les Roumains et les Italiens, cela ne te fait pas rire toi-même ? Tu parles de peuples à la tradition de l’écriture, qui ont leur langue, pour qui le français n’est pas indispensable, certains d’entre eux, forcément une minorité, le parlent comme une minorité de français parlent et écrivent l’anglais, l’espagnol, l’allemand. Quand tu prends un congolais, dis-moi où pourrais-tu comparer sa situation avec celle d’un roumain. Il n’existe dans une langue courante dans le monde que s’il est usager d’une langue écrite, occidentale. Le français pour lui n’est pas un choix comme pour l’italien ou le roumain, cette langue-là l’a introduit dans la civilisation de l’écriture, donc dans la communauté des autres, de ceux qui ont colonisé sa terre, qu’ils soient belges ou français. et on a beau gloser sur nos langues, on sait que ce ne sont pas elles qui nous servent dans nos rapports à nous qui sommes des "peaux noires langue blanche", ni dans nos rapports entre nous ni encore moins dans nos rapports au monde. Tu ne peux être à la fois lucide pour comprendre qu’une langue n’est pas juste qu’une langue et feindre d’ignorer que quand on parle une langue dans les conditions qui sont les nôtres, c’est-à-dire que si c’est par cette langue qu’on est entré dans le monde dit moderne, l’occidental, on est d’emblée incorporé à la communauté de base de cette langue. A moins que tu aies une conception de communauté que je n’ai pas bien comprise. Et je n’incrimine pas la puissance colonisatrice de la france, pourquoi l’incriminer ? Elle explique le fait que la communauté de la langue française s’inscrive hors des frontières de la france, que dans d’autres pays le français soit la seule langue officielle. c’est un fait, pas un jugement ni une opinion.

  23. Posté par MauditFrançais, le 24 mars 2007 à 14:08

    Je ne suis pas français et fier de l’être.

    Je suis Provençal,...comme d’autres sont Corses,Bretons,Basques ou Alsaciens.Mes ancêtres n’etaient pas ces gaulois barbus et chevelus sales a l’excés et même un peu cannibales que Jules Cesar a si bien decrit.Non,mes ancêtres a moi etaient grecs,ces phocéens hautement civilisés qui fonderent Massa ,l’actuelle Marseille,qui au dire de Ciceron etait l’egale d’Athenes et la rivale de Carthage.La france pour ceux qui comme moi ont leurs racines dans le terroir metropolitain c’est beaucoups de miseres ,un genocide pour les vendéens et des centaines de milliers de morts pour les provinces refractaires a la francisation , cette centralisation outranciere et outrageante qui nous priva de toutes nos Libertés.Libertés qui furent mises sous tutelles par ces prefets du gouvernements dont l’exemple servi aux bolchéviks pour leurs sanginaires commissaires du peuple. La france c’est rien de bon ,ni dans son passé hautement criminel ,ni dans son présent bassement opportuniste,ni dans son avenir improbable. La france je ne l’aime pas,j’aime ma Provence et sa capitale Massa,mais la france ce pays virtuel construit par des francs-maçons universalistes qui voudraient a tous nous faire porter le même costume culturel je le méprise et je le combat. La france est comme ces vieilles prostitués qui utilisent des artifices pour seduire et transmettre leurs maladies ,la francophonie est un de ces subverfuges,la contamination par ce virus mortel pour l’esprit et le corps social se manisfeste par un ethnocentrisme culturel et un anti americanisme et un anti sinoïsme dont l’epicentre est paris. Amis Africains ,mefiez vous ,la francophonie n’est là ,que pour faire de vous des anti americains et des anti chinois.

  24. Posté par Mayombe82, le 24 mars 2007 à 16:23

    "Tu ne peux être à la fois lucide pour comprendre qu’une langue n’est pas juste qu’une langue et feindre d’ignorer que quand on parle une langue dans les conditions qui sont les nôtres, c’est-à-dire que si c’est par cette langue qu’on est entré dans le monde dit moderne, l’occidental, on est d’emblée incorporé à la communauté de base de cette langue

    ."

    D.O.W. et Pour Elargir,

    Si ça peut aider, 1/3 des Roumains parlent français ET roumain. Par contre, je suis un peu perdu, qu’appelles-tu "communauté de base de cette langue", cher Pour Elargir ? Merci d’éclairer ma lanterne. @+, M82

    PS : En tout cas, cette histoire de littérature-monde prend une ampleur imprssionnante. J’ai été étonné de voir ce sujet posé dans l’émission Afrique Presse sur RFI : http://rfi.fr/radiofr/emissions/072/accueil_5.asp

  25. Posté par D.O.W., le 24 mars 2007 à 17:00

    Mon cher Pour Elargir, si je suis de bonne ou de mauvaise foi, c’est à toi de voir. Je me contente de te donner mes arguments. Tu dis une minorité de Roumains, le frangin M82 (toujours une vraie mine d’informations !) nous apprend que la proportion est d’un tiers. Mais sur le fond, tu dis exactement ce que je voulais entendre, puisque tu parles de peuples "qui ont leur langue, pour qui le français n’est pas indispensable". Tu écris : "Quand tu prends un congolais, dis-moi où pourrais-tu comparer sa situation avec celle d’un roumain". Mais justement ! D’avoir une langue écrite, tu crois que ça tombe du ciel ? Tu crois peut-être que Dieu a voulu que les Roumains aient une langue écrite et pas les Africains ? Avoir une langue écrite, ça ne dépend que du peuple concerné. Je voulais précisément te dire que la différence entre les Roumains ou les Italiens, et les Africains (donc les Congolais que tu cites), c’est que les premiers ont travaillé à se construire une langue écrite. Cependant que les autres ne pensent jamais à rien. Au cas où tu ne l’aurais pas compris, mes 10 derniers posts (au moins) ici, visaient à dire que l’Afrique, depuis qu’elle est indépendante, c’est-à-dire depuis 50 ans, a eu le temps de se fabriquer une langue écrite, et elle ne l’a pas fait. Crois-tu qu’il y aurait un miracle qui fait que l’on peut seulement écrire en français, en roumain, en italien, etc ? On peut aussi faire du swahili une langue écrite, connue et utilisée dans le monde entier, une langue de la littérature. Parfaitement monsieur ! Il suffit de le vouloir. Et de l’entreprendre. Et si cette idée te semble incongrue, c’est là la plus grande victoire de la colonisation sur ton esprit : c’est d’arriver au point où tu croies qu’une langue africaine comme langue d’écriture, c’est une idée risible et pas sérieuse. Et que la belle littérature, les livres sérieux, la philosophie, etc, ça ne peut s’écrire qu’en français, en anglais, en espagnol, bref, dans la langue des "Blancs" quoi, ces inventeurs de l’intelligence n’est-ce pas ? Te voilà à dire que la langue française a une large diffusion dans le monde (sous-entendu : ça ne peut être le cas du swahili, ou du lingala). Mais la notoriété du français, c’est une construction, pas un miracle advenu du ciel ! Des gens, ni beaucoup plus cons, ni beaucoup plus intelligents que toi, ont construit le prestige du français, pas à pas. Tu peux le faire toi aussi mon petit ! Tu peux construire pas à pas le prestige du swahili, et le porter même plus haut que celui actuel du français. Je sens que tu doutes là non ? Alors tu ne seras pas un grand homme dans l’histoire. Les grands hommes font dans l’histoire ce qu’ils veulent. Mais il y a si peu de grands homme...Allez, je te laisse à tes réflexions éberluées...

  26. Posté par Pour Elargir, le 24 mars 2007 à 17:57

    Je te lis avec plaisir, DOW. Je pense exactement sur beaucoup de points comme toi, avec, sans doute comme toi, une boule au ventre, la frustration, la frustration née de cette lucidité au sujet de nos multiples dépendances, à commencer par notre rapport à la langue des autres, celle qui nous est venue de la colonisation et qui est aussi devenue en soi un prestige. Puisque, tu le sais, causer en français, dans la mentalité de beaucoup d’entre nous, c’est déjà être évolué, civilisé, supérieur. Sur le fond, crois-moi, ce que tu dis ne peut être contesté, c’est évident. Mais nous sommes différents sur un point essentiel : tu mets un tel volontarisme dans la question des langues que tu ne sembles pas t’apercevoir de ce qu’un minimum de réalisme permet de voir, c’est-à-dire l’anachronisme de ton combat. Tu sembles, comme beaucoup d’entre nous, croire, avec une certaine naïveté qui vient de notre foi réelle en l’avenir de ce continent, qu’il aurait suffi que des gens de bonne volonté décident de promouvoir une langue, le swahili par exemple, pour qu’elle s’impose et prenne sa place dans le monde. Tu as connu ces périodes de débats sur les deux langues à promouvoir : le haoussa, le swahili, dans toute l’Afrique noire ! Il y a entre autres une chose : tu parles de pays qui, même pour organiser des élections, vont demander de l’argent à leurs anciens maîtres. Sur un plan strictement technique, il leur aurait fallu l’aide de leurs maîtres pour promouvoir leur langue (aide-moi à t’évincer, cher Maître, s’il te plaît !) Ensuite, à l’époque où même des langues écrites ayant véhiculé des mémoires communes pendant des siècles voire des millénaires sombrent dans la plus piteuse des marginalités, la promotion d’une nouvelle langue à partir de pays les plus à genoux au monde est sans aucun doute une chose encore plus compliquée, plus incertaine, que le rêve de faire boire à une poule toute l’eau des océans. C’est dommage que nos hommes politiques ne nous impliquent pas dans des décisions concrètes. Nous aurions peut-être appris à mettre autre chose sous la belle enveloppe de nos mots. Parce que tu adores les beaux mots en français, à en juger par ton extase devant la beauté de la prose de Mbembe (en plus de la pertinence de ses idées dont tu saisis avec lucidité les faiblesses - je peux te faire toutes les critiques, mais je serais malhonnête si je te traitais de griot). C’est vraiment dommage que nous ayons conservé, malgré nous, le privilège des critiques à qui échappent le plus souvent des complexités qui semblent pourtant sauter aux yeux.

  27. Posté par Pour Elargir, le 24 mars 2007 à 17:58

    M82, j’entends par communauté de base, celle-là par où des peuples aux particularités criardes pourtant se retrouvent comme embarqués dans la même aventure par le biais d’une langue, imposée ou pas. Le français la crée, nous sommes dedans. Le déclin du français a ses conséquences sur nos pays. On abandonnera peut-être le français demain pour l’anglais, juste pour déplacer le problème, c’est-à-dire suivre les évolutions du monde des autres, entrer dans leur communauté. Quant aux pourcentages de Roumains qui parlent le français, la francophone cite ces chiffre avec délectation, ce qui fait d’ailleurs de la Roumanie un des poids lourds de la francophonie. Mais sur ce plan, DOW et moi nous nous sommes compris : les Roumains ont leur langue, même si cent pour cent d’entre eux avaient aussi parlé le français. Ils ont leur langue qui ne date pas d’hier. Ce que je pense moi : c’est dommage que dans leur évolution, nos sociétés ne soient pas parvenues par elles-mêmes depuis des siècles à l’écriture, à des langues écrites. Nous n’en serions sans doute pas là. Beaucoup de choses ne se seraient pas passées comme elles se sont passées. Pour moi cela relève d’une certitude, plutôt d’une plate évidence, que l’oralité qui a perduré alors que beaucoup de sociétés étaient passées déjà à l’écriture depuis des millénaires, cette oralité qui a duré jusqu’à ce que l’écriture n’arrive qu’au bout du sabre (islamisation, colonisation européenne), malgré ses richesses vantées, elle porte en elle les raisons de nombre de nos défaites lors des grandes confrontations.

  28. Posté par MauditFrançais, le 24 mars 2007 à 19:54

    Salut Elargir ,l’abandon du français pour l’anglais ne deplacera pas le problême ,bien au contraire il vous aidera a sa resolution. Une langue si elle n’etait qu’un acte locutoire ne serait ma foi qu’un simple outil de communication ,mais une langue c’est un apprentissage ,une formation ,un formatage de l’esprit a des concepts pre definis fait souvent dés le plus jeune age . Formatage qui induit inevitablement une castration de l’esprit , au contraire de beaucoups de langues vivantes et evolutives telles que l’espagnol et ses declinaisons provinciales,l’anglais ou l’allemand (langue la plus parlée en europe , economie et geopolitique de l’allemagne oblige) le français est une langue formatée où certains concepts philosophique tel que le second amendement de la constitution américaine sont carrement inaudible. La langue française est restrictive dans le sens ou elle ne decrit pas le monde mais le créee ,paradoxe pour une langue qui n’a aucune creation artistique a son actif depuis plus d’un siecle,les principaux courants musicaux du siecle ecoulé etant anglo saxons,que seraient nos vies sans le blues,le jazz,le rock,le rap,musiques afro américaine qui n’ont pu s’épanouir que dans un total envirronement de liberté culturelle ,les Etats Unis d’Ameriques n’ont pas de ministre de la culture pas plus que de ministere du même nom,pas d’académie qui defini l’alpha et l’omega de la bien pensance.Si la stérélité culturelle de la france ne s’arretait qu’a l’art de créer de la musique ce ne serait ma foi pas grave ,mais cette pathologie morbide s’etend a des domaines aussi variés que l’architecture ,je salue au passage Gropius et Mies fabuleux architectes allemands qui ont fait entrer la salubrité en plus de la beauté dans nos habitats modernes,la peinture le cinema et la litterature ,bref la france c’est le neant creatif. Le français de part l’univerlisme engagé de sa culture est un carcan intellectuel,un boulet a la creativité ,une religion intégriste qui créee un monde virtuel par son verbe ,un monde où les individualités sont assujeties aux horipaux du -une et indivisible- de sa constitution. Amis Africains , la liberté et son pendant la creativité ont un nom ,FREEDOM .

  29. Posté par D.O.W., le 24 mars 2007 à 21:02

    Frangin Pour Elargir, je te redis ce que j’ai dit précédemment, mais n’y vois rien de personnel : seuls les paresseux croient que c’est impossible, et s’érigent dans leurs têtes des barrières avant même d’avoir commencé. Moi, si on me le demandait, je te ferais un plan précis, détaillé, pour que l’Afrique construise une langue, sans aucune aide de personne, ni technique, ni financière, ni rien du tout. Si, peut-être juste une chose : on emprunterait à des ouvrages, à des travaux universitaires d’Occident ou d’ailleurs, et j’espère que ce n’est pas cela que tu appelles "une aide technique". Si l’on excepte cela, rien d’étranger ne nous est nécessaire. Quand je disais que nous empruntons de l’argent pour l’organisation de nos scrutins, c’était pour le dénoncer ! Pour dire qu’il y a, de façon très simple, mille façons de faire autrement. Je ne sous-entendais pas que c’était là une fatalité.

    Tu peux dire en effet, que pour l’instant je fais surtout des discours. Mais tu ne perds rien pour attendre. Quand je passerai à l’action, je vous convoquerai tous, vous les "ce n’est pas possible", vous les "c’est utopique".

    Bien à toi frangin.

  30. Posté par Pour Elargir, le 24 mars 2007 à 21:15

    Si cette utopie se mettait en marche, je lui donnerais même mon sang pour que demain nos descendants soient regardés avec respect. Le poids d’éléphant du regard condescendant qui nous broie l’échine peut justifier le plus haut sacrifice. Mais, DOW, je crains fort que pour l’essentiel, même le rêve ne soit mort pour nous. Rien qu’à se référer aux réflexions de ceux qu’on nous présente comme les plus brillants de nos intellectuels, on peut craindre que personne ne sache encore rêver ni inventer le rêve pour tous. La mort d’un peuple, cela ne vient pas des génocides, mais de la mrt de ses rêves essentiels. Je crains que nous ne soyons en train de mourir.

  31. Posté par D.O.W., le 24 mars 2007 à 22:01

    Ce qu’il y a, c’est que tu fais des constats très justes, mais je suis juste étonné de ne pas voir chez toi la réaction qu’ils devraient déclencher. Deux choses causent la mort d’un peuple : d’abord, et tu as tout à fait raison, de ne plus rêver. Mais la deuxième chose, c’est l’immobilisme, c’est-à-dire quand tout le monde attend que ce soit son voisin qui fasse. Pourquoi tu ne délègues qu’à nos intellectuels la mission de rêver pour nous ? Rassure-toi, je ne suis pas de mauvaise foi : c’est en effet à eux que revient d’abord cette mission. Mais ce n’est pas exclusif. Rêver pour un pays appartient à tout le monde. C’est peut-être de toi frangin, que viendra la lumière pour le continent. De toi ou de n’importe qui. Quand les intellectuels manquent à leur mission, d’autres les suppléent. Lénine s’est levé un jour en URSS pour sonner l’heure de l’Histoire. Et beaucoup d’autres !

    L’Afrique c’est toi frangin ! Si tu dis qu’elle meurt, c’est donc que tu meurs. Or comment peut-on faire le constat qu’on est en train de mourir, et ne pas se lever pour le sursaut ? Se laisse-t-on mourir frangin ? Moi je dis "debout les morts ! (ou plutôt les agonisants)". Dis-le avec moi, et soyons nombreux à le dire.

  32. Posté par catharsis, le 24 mars 2007 à 23:20

    pour elargir : le français est un liant. Ne pas melanger ce véhicule, et la mentalite française. Que l’on peut effectivement critiquer. Je ne reviens pas là dessus.

    Ton parallèle France et Afriq, le français imposé unifiant le territoire au détriment des différents dialectes régionaux, est pertinent et peut être source d’enseignement pour l’Afrique, qui pourrait se chercher une langue commune. Sans oublier la foultitude de langues qui l’habite. Moi, deux langues seulement m’habitent. J’admire ces gens, africains par exemple, qui parlent souvent plusieurs dialectes, en plus d’une langue hérité du paléo-colonisateur.

    Ceci dit, je ne comprend pas ton animosité vis à vis du français(la langue). Encore que tu fais judicieusement remarquer que l’enseignement du français, inculque aussi une certaine tournure d’esprit. Mais c’est sous estimer la capacité du plus grand nombre (je le souhaite) à avoir un sens critique et un discernement sagace. Pkoi ré-assoir ces dialectes (provençal, corse...) ? Je fais souvent référence au mythe de la tour de babel. Les hom en ont fait une source de discordes, plutôt qu’un enrichissement mutuel. C’est propre à l’hom et à son tempérament belliqueux. Je crains ces réflexions qui prônent des dissensions, des limites, des frontières. C’est tellement mal utilisé, ou interprété.

    L’humanité est totalement schizophrène, prompt à la dissociation. Je fustige tout ce qui pourrait encourager ces velléités border lines

    Par contre je saisi cette crucialité identitaire, ces pertes que l’on s’inflige à s’unifier, à s’uniformiser de la sorte. Le problem est épineux. Comment communiquer le plus facilement possib, comment s’ouvrir à l’autre, avec un langage commun, sans pour autant perdre les nuances propres, le bagage, de chacun ? Je pense que le français à permis (comme edf...) de relier les hom. Et çà c’est un bien incontestable, un acquis. On peut dénoncer les méthodes. Cà c’est clair. Re passer à différents dialectes régionaux serait un retour en arrière. Par contre promouvoir des matières enseignant ces dialectes, çà c’est important. Ne pas oublier. Le problem peut être transposé à différentes échelles. Un pays, une conglomération d’état, un continent, le monde entier... Allons nous tous nous dissoudre dans l’anglais, l’une des langue la plus parlée au monde, dans l’Espagnol, dans le bamana ? L’esperanto un projet de langue européenne plein d’espoir(...), mélange de mots puisés ds les differentes langues européennes n’est pas nouveau, et n’a pas fait l’unanimité. Il y a une position intermédiaire, je le crois. A l’échelle du monde, pour des raisons bassement pratiques, pourraient être apprises de tous, 4 ou 5 langues, pour communiquer. Je calque cette idée sur mon encéphale paresseux, connaitre 4 langues c’est déjà pas mal. Putentrailles !! cette foutue tendance de l’hom à tout corrompre et d’introduire le vice derrière chaque action qu’il fait... Je ne parle pas d’imposer une culture, un mode de pensée bordel, seulement échanger, se comprendre. Véhiculer, transmettre des infos, des émotions. L’essentiel est là.

  33. Posté par catharsis, le 24 mars 2007 à 23:39

    pour dow : Langues africaines, orales ? Ah bon ? J’ai vu une méthode pour apprendre le bamana(langue officielle du Mali) avec une grammaire, une écriture, un orthographe, un vocabulaire. Ainsi que des livres d’école, que m’a montré un enfant natif de Bamako. Genre "Aîssata joue avec le chien" ou "Mentou a laissé tombé tel ou tel outil local(sorte de pioche pour travailler la terre)" Non, non, il semblerai qu’il existe déjà au moins une langue africaine écrite. Avec un alphabet occidental je vous le concède, qui retranscrit phonétiquement des mots. En tous cas je n’y comprenais rien moi. Et pourtant j’aurais aimé. Mais dans ma ville par ex dow, point de professeur de bamana.

  34. Posté par Mayombe82, le 25 mars 2007 à 09:43

    Salut tout le monde,

    Faute de temps, je ne serais pas long. Allons au Rwanda, au Burundi, on y trouvera des langues (kinyarwanda et kirundi) qui sont écrites. Mieux, dans l’administration rwandaise tous les documents sont non seulement écrits en anglais, mais aussi et surtout en kinyarwanda (on estime à 95% la population locale qui parle cette langue, qui l’écrit ? je ne sais pas). Le Ouolof (ou wolof) est écrit depuis des lustres. Je rejoindrai simplement D.O.W. en ce qui concerne notre paresse : c’est à elle que nous devons le fait de ne pas avoir porté à un certain niveau nos langes nationales qui devraient plus nous unir que le français. Dans les années 60/80, le fameux Mobutu avait eu au moins la bonne idée de faire en sorte que l’enseignement de la 1ère année primaire, jusqu’au collège se passe en lingala. Toutes disciplines confondues.

    Pour Elargir,

    Merci pour ton éclairage. Même si je n’y adhère pas.

    Inch’Allah, je reviendrai sur ce sujet. @+, M82

  35. Posté par D.O.W., le 25 mars 2007 à 10:51

    Evidemment Catharsis, qu’il existe des langues africaines écrites ! On n’est quand même pas des sauvages ! ;-) Si tu suis nos discussions ici depuis un certain temps, tu sais que nous parlions récemment par exemple de Boris Boubacar Diop, ou de Ngugi Wa Thiongo, qui ont à l’occasion décidé d’écrire dans leur langue maternelle. Simplement, sur un blog, on dit les choses un peu rapidement. Je voulais dire que même écrites, ces langues ont beaucoup de retard. Le plus souvent, elles ne sont pas très abouties, pas standardisées. C’est le cas par exemple du wolof écrit (je te renvois à l’article "wolof" sur wikipédia). Puis elles sont confinées. On ne peut donc pas les enseigner, et accroître ainsi leur diffusion. Leur vocabulaire, par ailleurs, est terriblement pauvre. Et pour cause. Il n’enserre pas les concepts les plus récents des sphères intellectuelles en mutation : philosophie, sciences sociales, informatique, etc.

  36. Posté par Pour Elargir, le 25 mars 2007 à 11:04

    DOW, ce ne sont même pas des langues écrites, juste transcrites à partir de l’alphabet latin, souvent par les missionnaires soucieux d’alphabétiser les populations dans leurs propres langues. On peut aujourd’hui transcrire n’importe quelle langue de cette manière. Comme tu le dis, elles sont pauvres. Justement parce qu’elles ne sont jamais entrées dans le bouillement intellectuel, philosophique, scientifique, technique... du monde.

  37. Posté par YES, le 25 mars 2007 à 15:43

    Pour Elargir a dit "La mort d’un peuple, cela ne vient pas des génocides, mais de la mrt de ses rêves essentiels" YES !!!!!!!!!!

  38. Posté par B-K, le 25 mars 2007 à 15:46

    Qu’est-ce qui vous prend tous à parler des langues africaines en termes de "pauvre" ? Quel contenu mettez-vous dans "pauvre". J’ai appris que les langues différaient entre elles non par ce qu’elles sont capables de dire mais par ce qu’elles ont à dire. Les langues africaines jusqu’à maintenant ne disaient que l’environnement africain, le village, le bourg clos sur lui même. Je parle du village, la ville africaine étant le lieu où tout se défait et se refait (cf. Ela). C’est un faut débat que de dire que les langues africaines sont pauvres. C’est un jugement de valeur qui cache un rapport de force qui veut que les langues indo-européennes soient riches (donc forte et au dessus) et les langues afrcaines (pauvres/faibles donc en dessous). Ne perdez pas de vu le fait que la France n’est réellement francophone qu’au sortir de la deuxième guerre mondiale. N’eut été l’abbé Gregoire tous les amoureux de Virgile l’aurait lu dans le texte. Le lire dans le texte n’aurait pas pu se faire en français !!!! Le français est une langue qui s’est imposée par le sabre et le goupillon, même dans les terres que nous appelons désormais la France. Le français est né sur le cadavre des langues d’occ et des langues d’oïl. Ensuite, il y a le coup de pouce donné au français dans les organismes internationaux par les africains francophone, sans lesquels cette langue serait largement minoritaire dans certaines instances internationales. En définitive, les langues africaines ne disent pas Kalachnikov, bombe atomique... corruption, d’emblée parce que les africains n’ont pas inventé ces phénomènes même si on trouve à l’heure actuelle plus de Kalachnikov par tête d’habitant qu’il n’y a de sacs de riz au Darfour ! Le swahili est une langue de large diffusion africaine. Elle est écrite. En 2000 j’ai assité a un colloque sur les langues africaines dont une partie des communication était entièrement donnée en swahili ! Alors arrêtez de raconter des conneries walaï ! Cheik Anta Diop avait bien traduit la critique de la raison pure de Kant en Wolof faforo ! Walaï les africains-là vous ne pouvez pas penser par vous mêmes, c’est-à-dire en prenant appui sur votre propre vision du monde. Il faut toujours que vous vous référez à des théories européo-centristes qui écrasent l’homme noir quand elles ne s’apitoient pas sur son sort. Somme toute, j’aimerais bien avoir l’avis de Ya Henri sur ce débat, lui qui dans les années 70 fustigeait l’usage du français comme outil d’enseignement dans son Congo natal, lui préférant les "langues nationales". Walaï mi-mouropéen-là mi-bantu hein nom d’un porc-épic ne nous fait pas l’escargot qui dort hein !

  39. Posté par catharsis, le 25 mars 2007 à 21:12

    CHer dow vous eûtes du, pour ménager la suceptibilite de certains où perle un amour de l’Afrique, dont vous n’êtes j’en suis con vaincu, absoluement pas exengue, ne pas employer le terme "pauvre". Elles sont différentes, et n’abordent effectivement pas certains concepts modernes. M’est d’avis qu’on y trouve(je le suppose) suffisament de mots pour exprimer l’essentiel. La palette émotionnelle humaine par ex, et bien d’autres choses fondamentales.... Je sais que vous ne me contredirai pas.

  40. Posté par Pour Elargir, le 25 mars 2007 à 22:28

    Essayez d’étudier l’histoire de la Chine ou la conquête de l’Amérique en wolof ou en Swahili. Pas les sciences, même l’histoire. Vous verrez que la richesse des langues ce n’est pas dans leur capacité de dire juste ce qu’elles ont à dire (ce qu’elles ont à dire pouvant être relativement restreint à la seule vision du monde de ses usagers), leur richesse vient de leur élasticité pour s’enrichir dans des délais raisonnables de tous les concepts nés des rapides mutations du monde. Tout va vite, une langue vivante s’adapte. Sur le plan scientifique, l’anglais s’impose parce que la plupart des travaux sont dans cette langue. Les autres langues réagissent et intègrent des termes en anglais. Pour ce faire, il faut qu’elles soient dans une permanente communication avec les domaines scientifiques et que les adaptations s’imposent d’elles-mêmes parce que des recherches se font dans ces langues.

  41. Posté par B-K, le 25 mars 2007 à 23:36

    Elargir, ton blabla yana être bon bwana. Walaï, je te renvoie aux travaux de Thomas Bearth de l’université de Zurich en Suisse, il finira de te convaincre qu’il est possible de faire la science en swahili et dans bien d’autres langues africaines. Ce n’est pas par coquetterie qu’il a organisé à Zurich un colloque sur les langues africaines à l’heure de la mondialisation dont une partie des communications étaient en swahili. Ce n’était pas du folklore ! Au fait Elargir les ibo qui ont une littérature et des journaux dans cette langue c’est quoi pour vous ? Une langue pauvre ? un pa(s) toi(s) ? Ce que je veux dire c’est que derrière toutes ces querelles, il y a le rapport au pouvoir et les langues n’en sont que le cache misère !

  42. Posté par Nietzsche_junior, le 26 mars 2007 à 19:50

    quand on parle de Langue pauvre ce n est pas l appareil linguistique qu on vise mais la culture qu elle véhicule/produits , ça dépend quel critère ont utilise pour évaluer un peuple ...

    au final tout cela ressemble a Oedipe  Amen ! , aussi bien pour l enquête que le parricide ... nous voila en pleine adolescence tumultueuse d une Littérature Afro je ne sais quoi , qui après c être approprier les Armes de l occident les lui retourne en pleine gueule , pkoi pas .. let’s Rock n’roll yeah , faudrait nous écrire une sorte d Easy rider version Wolof .mais bon si le Wolof avait apporter le concept d atome ou de démocratie ça saurait lol ... .. ben oui faites la gueule on peut pas etre les meilleur en Art et les champion des abstraction qui n en finissent pas d envoler de plus en plus haut , mais je voulais dire autre chose a l origine... ce dont il s agit ce n est pas de savoir ce que Mr Mabanckou et autre font faire en tant qu individu vis a vis d une Langue , mais comment ils peuvent redéfinir le mot littérature et le décentrer de cet Occident un peu trop égocentrique ... qui a vrai nous la met bien profonde depuis "un peu" trop longtemps !...

  43. Posté par D.O.W., le 26 mars 2007 à 20:24

    Décidément, il est bien bavard ce B-K ! Mais il devrait savoir aussi que réfléchir avant de parler n’a jamais fait de mal à personne. Et puis, vous êtes franchement impayables vous les Africains ! ;-) Un jour, bombant le torse, vous claironnez que vous êtes la civilisation de l’oralité (moi, j’ai dit non), et le lendemain, bombant tout autant le torse, vous annoncez que vos langues sont écrites, belles, et ne sont pas moins enviables que les autres. Là aussi je dis non. C’est catharsis ou je ne sais plus qui d’autre qui se montrait choqué par le terme "pauvre" ; eh bien, je le redis avec les mêmes termes : les langues africaines sont pauvres. Le français n’est pas une langue riche et subtile parce qu’il est langue de France, ou langue des Blancs, ou je ne sais quoi d’autre. C’est très simple : il est une langue riche parce qu’on l’a enrichi ! Parce qu’on y a travaillé ! Pour faire des efforts, les Africains sont toujours les derniers à répondre présents, mais en revanche, ils sont les premiers à réclamer tout : de la considération, du prestige, etc, etc. On ne veut pas qu’on dise que nos pays sont pauvres, mais jamais on a travaillé à ce qu’ils soient autre chose. Le swahili est une langue plus riche que le lingala, parce que plus d’initiatives s’y sont penché que sur le lingala. Le français est une langue plus subtile que le russe, pour les mêmes raisons. Il suffit juste de dénombrer le nombre de travaux (linguistiques, lexicologiques, etc) qu’il y a eu autour du français dans l’histoire, et le nombre de ceux qu’il y a eu autour de n’importe quelle langue africaine, et on sait dire quelle est la plus riche. C’est aussi simple que cela, plutôt que d’énoncer des arguments creux et inconsistants.

    Examinons alors ces arguments. Les langues africaines ne doivent donc dire que "l’environnement africain, le village, le bourg clos sur lui même". Et ainsi, elles "ne disent pas Kalachnikov, bombe atomique... corruption, d’emblée parce que les africains n’ont pas inventé ces phénomènes". Est-ce que ce type se relit quand il écrit ? Peut-on dire de telles sottises ? On ne devrait savoir dire donc que ce qu’on a inventé. Mais qui a inventé quoi dans l’histoire ? Qui a inventé l’agriculture par exemple, qui sait répondre ? Et l’électricité alors ? Devons-nous vivre sans, puisque nous ne l’avons pas inventée, ou alors vivre avec et ne pas la nommer dans nos langues parce que nous n’en serions pas à l’origine ?? Comment donc fait-on, par ailleurs, pour communiquer avec les gens, même pas d’un pays lointain, mais du village voisin, si eux ne nomment que ce qu’ils connaissent, et nous seulement ce que nous connaissons ? La fonction d’une langue est de nommer tout ce que l’homme peut voir et connaître. Car les hommes, partout dans l’histoire, ont voyagé, même ceux qui sont restés dans le berceau de l’humanité. Il est dans la nature humaine d’aller et de venir, de se mouvoir d’une contrée à l’autre. Ainsi, quand une sécheresse, ou n’importe quelle adversité frappe le bourg, la tendance de l’homme (y compris de l’Africain), est d’aller voir ailleurs, quitte à revenir. Et de proche en proche, il est contraint de savoir nommer tout ce qu’il découvre, y compris ce qu’il n’y avait pas dans son environnement premier. En outre, on sait bien que dans notre Afrique même, on allait au loin aussi pour conquérir des territoires. Sondjatta Keita n’aurait jamais voulu d’une langue qui ne nomme qu’un nombre limité d’entités, lui qui avait soif d’agrandir encore et toujours ses territoires. Cet argument est donc terriblement fallacieux, même restreint à l’Afrique.

    Ensuite, ces raisons ne sont que secondaires. D’un point de vue plus fondamental, de la même façon que nous devons connaître "l’autre", où qu’il se trouve, une langue doit avoir l’ambition d’identifier ce qu’on appelerait en philosophie, la totalité des objets, et la totalité des concepts. une langue ne dit pas seulement le concret (les arbres, les herbes du bourg, la casserole, la table, etc). Une langue doit savoir également nommer, décrire, qualifier : l’émotion, l’intelligence, le sentiment, l’analogie, le changement, le jugement, bref, les concepts de l’intellect. Voilà pourquoi, une langue n’est donc jamais circonscrite ni figée. Une langue va toujours voir ailleurs, une langue est toujours en mutation.

    Le swahili est une des langues les plus méritoires de chez nous, mais ce n’est pas parce qu’"une parte" d’un colloque a été entièrement donnée en swahili que le swahili devient une langue achevée ! N’importe qui peut tenir un colloque dans sa langue natale. Je ne sais qui est ce Thomas Berth, probablement encore un de ces gugus en mal d’exotisme, et qui pondent des thèses sur ceci ou cela en Afrique. Comme tous ces africanistes aux travaux nombreux, se prenant très au sérieux, mais futiles. Les Ibo auraient une littérature et des journaux. Mais chaque sous-patois du monde peut se faire une littérature et des journaux. La question est qu’est-ce qu’ils valent ? T. Berth aurait dit "qu’il est possible de faire la science en swahili". Et vous l’écoutez. Est-ce que vous n’avez pas vous-même un cerveau pour que ce soit Thomas Berth qui vous donne son avis sur des choses auxquelles vous pouvez réfléchir par vous-mêmes ? Comment dit-on "hypothénuse" en swahili ? Comment dit-on "tangente" ? Et puis Cheikh Anta Diop aurait traduit la Critique de la raison pure de Kant en wolof. Mais pensez-vous qu’il suffise de traduire ? L’avez-vous lue sa traduction ? Quelle en est la qualité ? On peut traduire de n’importe quelle langue à n’importe quelle langue. Seulement, dans la langue la plus pauvre, la retranscription sera bien moins nette ; et dans certains cas, elle devient simplement incompréhensible. Cheikh Anta Diop ne peut avoir fait un tel travail sans nécessairement avoir souvent traduit dans le même mot wolof, des mots de Kant qui étaient seulement synonymes, voisins. Un tel travail ne se fait que par approximations, un peu comme des interpolations en mathématiques. Et même par des approximations souvent grossières, tant le vocabulaire de destination est lacunaire. Pour ne rester qu’à des termes simples, comment voulez-vous dire "irrationnel", "théorie", "métaphysique", dans nos langues ? C’est un travail à faire. Et que personne ne croit que les Français ou les Allemands sont tellement supérieurs parce qu’ils ont su fonder ces concepts. C’est simplement le contexte de l’histoire que l’on retrouve au fondement de ces concepts, mais il serait bien trop long de m’en expliquer ici. Mais on ne peut pas enlever aux Allemands, aux Français, d’avoir longuement travaillé à toutes ces choses. Et on ne peut pas venir maintenant dire que nous allons nous asseoir à la même table linguistique qu’eux, alors que nous n’avons fait aucun effort. Mettons-nous au travail, au lieu de faire de vaseux discours, de revendiquer ce que nous n’avons pas produit. Et pour finir, quand on cite Anta Diop, j’espère toujours que l’on s’est quand même un peu abreuvé à sa source. Et ainsi, je n’apprends donc à personne que C.A. Diop a clairement énoncé lui-même la nécessité pour les langues africaines de s’enrichissent, de s’étoffer, de se perfectionner. Et il a même dessiné schématiquement le plan pour que se concrétise un tel dessein. Mais puisqu’on sait tout ici, il est bien inutile que je fournisse les références exactes.

  44. le 26 mars 2007 à 21:35

    D.O.W. Cher professeur vous n’avez pas besoin de vous mettre dans tous vos états et sortir vos leçons de morale plus vite que votre ombre. C’est vous qui avez parlé de "pauvre" en parlant des langues africaines. C’est encore vous qui faites usage de l’expression "langue inachevée". Et je me demande si vous faites attention à ce que vous écrivez. Au sujet de Ch. Anta Diop, je vous envoie ses bouquins quand vous voulez, car j’adore offrir. J’ai le sentiment que vous n’avez rien compris des écrits de Cheik Anta Diop à force de lire des informations de seconde main. De grâce professeur "know all" ménagez votre coeur, il est très fragile ! Soyez moins intégriste et moins borné ! Je n’ai jamais prôné l’enfermement des langues africaines. Je suis pour le respect de toutes les langues. Je suis pour le respect de la dignité profonde de tout Homme, qu’il soit noir, blanc, jaune... Je n’ai pas de compte à régler à la langue française ; langue que je ploie à mes propres exigences. Je sais que Gobineau a fait des petits, mais je ne savais pas que vous en êtiez ! Le post 20 dit "Tu te contredis", le post 22 :"DOW, tu es de maivaise foi parfois".

  45. le 26 mars 2007 à 21:53

    Des arguments creux et inconsistants extraits de votre propos en voici deux :
    - "Il suffit juste de dénombrer le nombre de travaux (linguistiques, lexicologiques, etc) qu’il y a eu autour du français dans l’histoire, et le nombre de ceux qu’il y a eu autour de n’importe quelle langue africaine, et on sait dire quelle est la plus riche.
    - Les Ibo auraient une littérature et des journaux. Mais chaque sous-patois du monde peut se faire une littérature et des journaux." Je me demande quelle considération vous avez pour les Ibo ?

  46. Posté par catharsis, le 27 mars 2007 à 00:17

    çà me parle moi le concept de langue mobiles... Voui, vive les langues mobiles, habiles et travailleuses ! Je suis étonné de toucher du bout du doigt son importance. kel bel organe ! Une langue qui gonfle au fur et à mesure des concepts qu’elle lèche, des trous qu’elle comble, ou de "l’autre" qu’elle embrasse. Très sensuel tout çà finalement.

  47. Posté par Mayombe82, le 27 mars 2007 à 10:39

    D.O.W. a écrit : « Examinons alors ces arguments. Les langues africaines ne doivent donc dire que "l’environnement africain, le village, le bourg clos sur lui même". Et ainsi, elles "ne disent pas Kalachnikov, bombe atomique... corruption, d’emblée parce que les africains n’ont pas inventé ces phénomènes". ».

    Faute de temps, je ne vous ai pas tous lu, et je ne pourrais donc réagir comme il se doit. Dans son livre, Nations nègres et culture CA Diop (encore lui décidément), montre bien comment on peut appeler une chose dans sa langue, SI dans sa langue cette chose n’existe pas. Ceci pour certains peut être la preuve d’une inventivité exceptionnelle, mais sur toute cette Terre des Hommes, l’imagination vient souvent au secours de causes que certaines personnes peuvent considérer comme désespérées. Je vous donnerai ici l’exemple du lingala et de la couleur verte. Je ne pense pas qu’il y ait un mot pour désigner cette couleur en lingala, mais le mot couleur en lingala se dit LANGI (prononcer LANGUI) et comme les feuilles de manioc (plat très prisé en Afrique Centrale et à la Réunion) sont de couleur verte, j’ai toujours entendu auprès de mes aînés : VERT(E) = Langi ya pondu ou encore mayi ya pondu (pondu étant ici les feuilles de manioc). Bons échanges, M82

    PS : A noter aussi que mayi = eau, selon la phrase, bien entendu.

  48. Posté par Mayombe82, le 27 mars 2007 à 11:06

    "Un tel travail ne se fait que par approximations, un peu comme des interpolations en mathématiques. Et même par des approximations souvent grossières, tant le vocabulaire de destination est lacunaire." : d’accord, en effet ! @+, M82

  49. le 27 mars 2007 à 11:23

    Merci M82, d’apporter toutes ces précisions sur la référence faite à CA Diop. Ce que je déplore chez le Professeur des pro-fesseur D.O.W. c’est cette façon de prendre les gens de haut ! Dans certaines langues bantu le mépris se dit kisatngandzi ! Et c’est ce dont fait preuve le pro-fesseur quand il parle des ibo dans son post 43 !

  50. Posté par D.O.W., le 27 mars 2007 à 13:05

    Je répondrai ce soir à ce que chacun a exprimé. Mais juste un mot sur le fait que je prendrais les gens de haut : je ne crois pas que ça me soit souvent arrivé ici. Ce n’est même pas dans ma nature. Au contraire, je me souviens très clairement de fois où on disait à certains ici de se taire parce qu’ils n’étaient pas assez intéressants. Chaque fois, je les ai défendus. Seulement, que le frangin B-K lui-même se souvienne : il a employé à mon égard, des termes sur lesquels je ne veux pas revenir, me traitant de "professeur de mes b.", me (con)cédant chaque fois je ne sais trop quoi. Mais moi je ne suis pas rancunier. Mais il y a un type de mec qui m’énerve, ces gens qui vous disent que vous n’avez pas le droit de dire ceci ou cela (sous prétexte que vous faites "pipi sur les pieds de grands écrivains", là aussi je cite B-K), et qui eux-mêmes, disent des sottises. Le problème n’est pas de dire des sottises, ça arrive à tout le monde. Mais quand ça va avec certaines attitudes, c’est un peu énervant. B-K nous oppose ses arguments, mais si c’est Edouard Glissant qui avait dit ce que j’ai dit, il n’aurait rien eu à redire. Disons que eu égard à tout cela, mon énervement m’a fait employer un ton qui n’est pas le mien d’habitude. Mais là, je crois que c’est passé, enfin j’espère ;-)

  51. le 27 mars 2007 à 15:00

    je vote Segolene Royal mais je suis totalement d’accord avec Nicolas Sarkozy sur ce plan. Pourquoi critiquer tous ses propos ? La France est trop reactionnaire. Il faut bousculer certaines idees reçues même si elles peuvent faire mal. Je vote Segolene mais je me sens plus proche de Nicolas pour sa vision plus liberale de l’economie. En ce qui concerne la culture, nous devons penser plus liberale.

  52. Posté par D.O.W., le 27 mars 2007 à 19:42

    Et pour le reste, à ce qui a été dit entre temps, je réponds que j’ai suffisamment expliqué pourquoi j’estime que nos langues sont "pauvres" et "inachevées", pour ne plus avoir besoin d’y revenir. On cite le post 20 qui dit "Tu te contredis", et le 22 :"DOW, tu es de maivaise foi parfois". Là aussi, je crois avoir répondu ; il n’y a qu’à relire mes posts. Peut-être n’ai-je pas convaincu.. ? Je crains malheureusement de ne pouvoir faire plus, mes moyens sont limités. Sur ceux de mes arguments jugés creux, même réponse : je ne peux donner que ce que j’ai. Juste une précision : j’aime beaucoup les Ibo, et j’ai un profond respect pour ce peuple. Mais si je l’aime comme je le prétends, mon devoir est de lui dire que sur un aspect de sa culture, il doit encore beaucoup travailler : sa langue. Ce serait lui mentir que de lui faire croire qu’il a une langue de haut niveau seulement parce qu’il éditerait des journaux et aurait une littérature. Non. La qualité d’une langue ne se mesure pas à ces critères. L’argument vous semble creux, mais une langue ne s’enrichit pas seule. Il faut expressément entreprendre autour d’elle, des travaux linguistiques, lexicologiques, entre autres, pour en codifier les règles de syntaxe, pour standardiser son écriture, pour compléter son vocabulaire, pour asseoir de façon pérenne les régles de sa grammaire, etc. C’est ainsi que toutes les "grandes" langues du monde se sont faites. Elles sont redevables à des travaux comme Défense et illustration de la langue française de Du Bellay, à des travaux de grammairiens, etc.

    Enfin, sur C.A. Diop, puisque vous dites : "J’ai le sentiment que vous n’avez rien compris des écrits de Cheik Anta Diop", plutôt que de m’offrir ses opus, donnez-moi donc simplement la référence et le passage dans l’oeuvre de Diop, qui infirme ce que j’ai dit à son propos. Quand vous l’aurez fait, je vous donnerai le titre, et le numéro de la page d’où je tire mes informations.

    Bien à vous et amicalement.

  53. Posté par D.O.W., le 27 mars 2007 à 19:51

    Mon cher M82, merci pour les précisions que tu apportes au débat. Ton exemple sur la couleur verte, montre en effet comment on construit certains mots d’une langue. Et même certains mots du français sont composés ainsi. Il reste encore, chez nous, à accomplir ce travail-là de manière exhaustive. Solidifier par exemple une science étymologique fiable. Mais tout ça, ma foi, il faut le vouloir !

    @+.

  54. Posté par Mayombe82, le 29 mars 2007 à 09:43

    A l’inconnu du post 49 : je connaissais ngandzi, mais pas kisat. C’est moi qui te remercie.

    « Mon cher M82, merci pour les précisions que tu apportes au débat. Ton exemple sur la couleur verte, montre en effet comment on construit certains mots d’une langue. (…) ». Pas de quoi, frangin D.O.W., ce débat est d’une richesse infinie, malgré la tournure que tes échanges et ceux des autres frères a prise. Un peu de sel et de piment (les Congolais qui ont vécu au pays entre 93 et 95 doivent s’en souvenir, lol !) font parfois du bien, à condition de ne pas trop en mettre, car ça gâche tout le plat. Encore une fois, faute de temps, je n’ai pu lire les messages longs, aussi, je sollicite votre indulgence. « Encore une fois de plus à nouveau » comme dirait un de mes tontons qui adorent la langue de Bokassa, même si cette dernière ne le lui rend pas bien ! (MDR !).

    D.O.W., tu dis à juste titre : « (…) Il reste encore, chez nous, à accomplir ce travail-là de manière exhaustive. Solidifier par exemple une science étymologique fiable. Mais tout ça, ma foi, il faut le vouloir ! @+ ». Il faut en effet vouloir le faire, je le reconnais, et c’est l’une des choses qui me met souvent en porte-à-faux avec certains de mes aînés qui ont le bonheur d’avoir à décider pour l’éducation nationale du Congo-Marien, comme pour la recherche dans tous les domaines possibles. Au pays, on a eu un brillant homme. Très brillant même. Qui vivait modestement et qui est mort modestement aussi à Bonneuil (département 94, région parisienne), A. Dzokanga. Cet homme a abattu un travail considérable, mais franchement, allez au Congo, je ne sais pas ce que nos autorités ont fait pour vulgariser ses travaux. Pour exploiter au maximum le colossal travail qu’il a abattu. Heureusement qu’un de ses fils essaie de perpétuer ce taf difficile. Il existe toujours à Brazzaville, sûrement le meilleur journaliste en lingala que je connaisse, un ancien militaire, en la personne du très célèbre Laurent Botséké. Chaque fois que je croise son fils, je lui dis qu’il a la chance d’avoir un père aussi doué que ça, car il a un savoir et une connaissance inestimable en lingala. Là non, aucun moyen n’est mis à la disposition d’un tel cerveau afin d’essayer de faire justement ce travail que tu souhaites, D.O.W. En 1995, je laissais la prime de recherche à 50.000 FCFA à l’université. Il paraît qu’en 2002, ça n’a pas changé du tout. Mettons les pieds à BZV. Sachant qu’un bon travail de recherche en langues, linguistique et autres disciplines plus ou moins voisines demande des déplacements, du matériel : comment faire ? Loin de moi l’idée de dédouaner nos « chercheurs qui ne cherchent pas », car je sais que nombre d’entre eux, dès qu’ils ont ce fameux titre de « Dr es truc bidule » s’assoient et se baladent avec comme un trophée de chasse. La volonté politique doit accompagner nécessairement ce genre de travaux. Ça doit être une vraie impulsion. Lorsque le savant indien, le Dr Homi Jehangir Bhabha suggéra à Nehru, le « père » de l’indépendance indienne d’investir dans la recherche nucléaire afin que l’Union indienne ait sa bombe, nombreux autour de Jawaharlal Nehru lui dirent que cela ne servirait à rien et surtout que l’Inde avait des besoins plus cruciaux au sortir de la colonisation. A force de persuasion, Nehru accepta et débloqua les crédits nécessaires. L’Inde a sa bombe aujourd’hui, même si ce n’est pas un pays développé au sens occidental du terme. Mais qui peut oser se comporter avec l’Inde comme la fameuse communauté internationale le fait avec l’Iran ? Qui peut aujourd’hui aller bombarder ce pays comme l’a fait Bill Clinton en 1996 contre le Soudan ? Pas grand monde en réalité. Dzokanga a utilisé son intelligence, son savoir avec des moyens dont il a bénéficiés ici en Occident (à moins que je ne me trompe), son pays estimant sûrement qu’il est plus important d’investir dans la pierre en Europe et dans des 4*4 rutilants.

    Le Dr Homi Bhabha a fondé le TIFR (Tata Institute of Fundamental Research) en 1945. 62 ans après, il n’est plus de ce monde. L’Inde existe toujours et cet établissement est toujours l’un des fleurons, sinon le fleuron de la recherche dans ce pays. Faute de visionnaires et d’hommes d’Etat dignes de ce nom, nos petits enfants dans 62 ans seront en train de débattre des mêmes choses que nous aujourd’hui. Si d’ici là le Paludisme et le SIDA ne nous ont pas tous emportés dans l’autre monde.

    On peut toujours être un pacifiste et estimer que ce Dr indien était moins utile à son pays que tous les producteurs de riz réunis. C’est un point de vue qui se discute aussi. Il y a tant à dire sur ce sujet, je m’arrête là. @+, M82

  55. Posté par Mayombe82, le 29 mars 2007 à 09:58

    A l’inconnu du post 51. J’ai du mal à te suivre. C’est parce que je respecte ton choix que je t’enjoins à aller au bout de ta logique et à voter pour le candidat qui correspond le mieux à tes aspirations. Je ne comprends pas pourquoi tu votes Ségolène Royal. Serait-ce du masochisme ?

    Quelqu’un aurait-il lu les résultats de « l’enquête » réalisée à la demande de Jeune Afrique par l’institut IFOP où sur un échantillon de 526 personnes franco-africaines (du Nord comme du Sud), inscrites sur les listes électorales ? Ségolène Royal l’emporte dès le 1er tour avec 57% des intentions de vote, et Dominique Voynet fermant la marche avec 0,5%, précédée par JM Le Pen avec 1%, F. Soudan de la rédaction de JA se demandant même si c’étaient des fans de Dieudonné ou de la Tribu Ka, ces 1%. J’en ai rigolé. J’ai ri plus encore en lisant ces explications d’une certaine Madi Seydi, 27 ans, étudiante d’origine sénégalaise qui dit « Si les Africains s’étaient d’avantage investis dans la création des richesses au lieu de se complaire dans l’assistanat que la gauche leur propose, il n’y aurait pas autant de problèmes d’immigration en France » Cette fille parle de l’UMP comme de « son camp » et naturellement, elle votera Sarkozy.

    J’ai toujours trouvé curieux cette lecture du paysage socio-politico-économique français qui veut que les Africains soient des éternels assistés en Europe. De plus, à chaque fois que la droite est dans l’opposition, elle dénonce toutes "ces aides" mais n’y touche que très rarement lorsqu’elle reprend le pouvoir. Il n’empêche que toute la politique d’aide sociale est attribuée à la Gauche, et on oublie trop souvent que les aides dont bénéficient par exemple la Communauté des Gens du voyage (soins gratuits, terrains libres pour qu’ils installent leurs caravanes...), eh ! ben, on le doit à de Gaulle. Sûrement encore un gauchiste ! Allez, en avant pour le 21/04.

  56. Posté par D.O.W., le 29 mars 2007 à 18:37

    Frangin M, bien évidemment ce ne sont pas nos chercheurs que je mets en cause. Comme je l’ai dit dans un salon à côté, queque soit le domaine, la solution en Afrique ne viendra que par l’Etat. Tant que la tour de contrôle politique sera brinquebalante chez nous, l’hécatombe continuera. J’essaie seulement de mettre en lumière quelques idées, de façon à ce que si un jour enfin - on ne sait jamais - si un jour enfin, advient chez nous, "l’Etat intelligent", nous lui aurons déjà tout préparé, nous lui aurons déjà dressé un plan stratégique du futur ;-)

  57. Posté par kitouka rifi, le 29 mars 2007 à 22:23

    M82 merci pour ton hommage au professeur Ndzokanga et à Laurent Botséké. J’ai croisé il y a 7 ans, en Suisse à Zurich, Josué Ndamba et Auguste Miabeto de l’université Marien Ngouabi j’ai eu du mal de les reconnaître. J’ai fondu en larme ! C’était insoutenable de voir des chercheurs avide de savoir, la curiosité intellectuelle intacte qui n’avaient pas assez de moyens pour s’acheter des ouvrages dont ils avaient besoin pour leurs travaux ! Je crois que nous avons besoin de redonner du sens, de recréer le lien qui a été rompu par la folie qui a embrasé notre pays en 1997.

  58. Posté par Nietzsche_junior, le 29 mars 2007 à 23:45

    faut arretez d agiter le SIDA le paludisme , l Europe a connue la PEste noir et a survecu et cela des siecles avant pasteur , la nature contrairement a l homme n est pas débile ... ca fait partis de la politique de stygmaitsation de l Afrique , le sida , la guerre , le sexisme , la Famine , le royaume de la désolation .. c est un peu comm l opération Licorne , on creer un point de non retour qui justifie une présence qui au lieu d etre percuss comme aggresive devient presque humaniste ....merci l Onu ...

  59. Posté par Mayombe82, le 29 mars 2007 à 23:46

    D.O.W., j’imagine bien que c’est aux politiques que tu t’adresses plus qu’aux chercheurs et je te lis très régulièrement à ce sujet. Je profitais néanmoins de cette tribune pour dénoncer un peu ceux qui s’endorment sur leurs lauriers.

    Kitouka rifi : la tâche était déjà très immense avant le 05/06/97 ; depuis le 15/10/97, c’est encore pire ! Nous devons bosser. @+, M82

  60. Posté par Bornagain, le 30 mars 2007 à 09:51

    Oh chers messieurs, je me delecte en vous lisant tous meme, si mon niveau de connaissances est nettement inferieur au votre et qu’il m’est par consequent impossible de prendre part au debat en optant pour un point de vue ou un autre. Vous m’offrez sans vous en rendre compte une bouffee d’oxygene et je peux dire ce soir que je renais intellectuellement apres m’etre abrutie des mois durant sur abidjan.net Encore merci !

  61. Posté par D.O.W., le 31 mars 2007 à 11:16

    Oh c’est un beau compliment Bornagain ! Pour tous ceux d’ici. Et pour le frangin Mabanckou qui ouvre l’espace de la discussion. Du reste, c’est cela même, que certains recherchent : une renaissance. Let our people born again !

  62. Posté par B-K, le 2 avril 2007 à 09:14

    M82, je confirme , les caravanes des gens du voyages sont bien leur propriété. Il ne s’agit pas d’un dont des socialo ! Leur reconduite massive vers leur Roumanie natale est un don de Nicolas, je confirme ! J’espère que Patrick ne regrette pas le fait qu’une campagne de stérilisation de ces gens du voyage et une ablation du zizi des noirs n’ait pas été ordonnée pour colmater le trou financier de la sécurité sociale.

  63. Posté par Mayombe82, le 2 avril 2007 à 16:43

    Cher B-K,

    Avant le 21/04/2002, je me souviens d’un de ces dîners au cours desquels on refait le monde. Ceux qui croient savoir et connaître étalent leur science pour appâter de drôles mais néanmoins sympathiques chalands. Au cours de cette soirée, j’entends une jeune fille de 28 ans qui, après avoir péniblement obtenu son BTS (ouf !) et alors qu’elle venait d’être embauchée dans une belle boîte parisienne vantait les mérites de Chirac : « Il faut quand même le féliciter, c’est grâce à lui que le service militaire a été supprimé, non ? Et puis d’abord, tout le monde dit que beaucoup d’emplois ont été crées, c’est quand même encore lui qu’il faut féliciter, pas ce con de Jospin ! » J’ai regardé attentivement cette brune qui avait sa clope au bec et j’ai essayé de lui rappeler que nous étions en cohabitation, qu’il y avait gouvernement socialo depuis 1997 aux affaires. Rien à faire.

    Cette même droite a voué les 35 heures aux gémonies (pas la plus belle trouvaille, il faut reconnaître). Cela fait 5 ans qu’elle est là, elle n’y a quasiment pas touché.

    Que n’ai-je entendu sur le service minimum en cas de grève ? (Surtout dans les transports en commun). 5 ans après, hier j’apprends que le petit hongrois (encore une pensée pour Alexandre Biyidi-Awala qui appelait A. Ahidjo le « petit peul ») promet s’il est élu d’instaurer un service minimum…

    « Nous allons baisser les impôts » avait martelé le Chi avant sa réélection à la soviétique en 2002. 5 ans après, ceux et celles qui paient des impôts dans ce pays n’ont pas fini d’utiliser la vaseline pour bien sentir combien ça fait mal…

    « Décentralisation » avait dit le bossu du Poitou. « Chiche ! » ont crié les adeptes de ce beau mot. « Transfert de compétences » aux départements et régions… sans les moyens financiers (dans la plupart des cas) humains (parfois), résultat, les départements (de gauche comme de droite) aux moyens limités et régions (quasiment toutes de droite) se sont vus « obligés » d’augmenter vertigineusement les impôts (taxes foncières, d’habitations et j’en passe). On a même vu notre très cher ami, celui-qui-trouve-qu’il-y-a-trop-de-Noirs-en-équipe-de-France augmenter certains impôts de 78% !

    Pierre Méhaignerie au moins a eu le mérite de dire à l’UMP que le projet de Nico était irréalisable et qu’il n’était pas possible d’avoir de la croissance avec tout ce qu’il a promis, mais il ne l’a pas crié assez fort. Et le petit Nic de les traiter tous de cons (son équipe de campagne). Mais ça, il faut la chercher une info pareille, ce ne sont pas ces hommes et femmes de mains que sont Pujadas, PPDA et Cie qui vont en parler, n’est ce pas…

    Je vais arrêter ma litanie ici. @+, M82

  64. Posté par Jean-PierreD, le 13 avril 2007 à 18:08

    Je ne peux m’empêcher de penser à la plume élégante changée en ventriloque plumitif derrière nombre de discours d’hommes politiques.

    Une langue, c’est aussi un moyen de s’accaparer et de changer le monde, à mon avis, un des problèmes des pays africains dont les enfants sont élévés dans une langue et promus socialement dans une autre, une différence majeure avec nombre de pays asiatiques qui furent eux aussi colonisés.

    Un message toujours aussi vague : pourquoi créer des chaires spécifiques à la francophonie ? Les sus nommés n’ont pas assez de talent pour obtenir une chaire franco-française ? Ca me rappelle ma petite enquête sur ce sujet qui m’a fait apprendre que par exemple Edouard Glissant avait un doctorat es littérature et était donc tout à fait à même d’enseigner la littérature. D’ailleurs, je ne crois pas qu’il est nommé. Enfin bref...

  65. Posté par Jean-PierreD, le 13 avril 2007 à 22:03

    Quelqu’un pourrait expliquer pourquoi on aurait dû retenir Maryse Condé par l’octroi d’une chaire en francophonie ? C’est quoi la limite entre français français et français francophone ?

    Je vois que née en France, elle écrit en Français et n’ayant rien lu d’elle, serait pas ce qu’elle s’est emparée de quelques thématiques africaines que ça en fait une écrivaine francophone ?

  66. Posté par Minga, le 19 avril 2007 à 00:20

    Sarkozy propose une francophonie "vivante et populaire

    - J’ai failli dire : qu’il aille se faire... !

    - Mais je ne dirais rien. ;) D’autant plus que je suis toujours intriguée par les trouvailles langagières de Sarko...

    - A terme, c’est quoi une francophonie populaire ? Celle qui puise ses forces - ok, la langue française, sans l’Afrique, est quasi moribonde, on le sait - des banlieues ? Ces ghettos où vivent les racailles (sic)...

    - Populaire ? Comme ce petit peuple tellement indésirable dont on exige une maîtrise parfaite de la langue de Molière pour avoir droit au regroupement familial ?

    - Ben oui qu’elle le sera, vivante et populaire sa francophonie de mes deux ! Quand, en France, le Breton sera la langue officielle ; que le Lingala, le Wolof, le Fang déclasseront le français en Afrique francophone... En attendant, on peut toujours rêver, le Sarko avec !

  67. Posté par Jacques-Fortune, le 21 avril 2007 à 18:27

    A chacun son role. M.Sarkozy est un politicien, les 44 du manifeste sont des littéraires. Ils défendent la francophonie comme tels, Sarkoky défend son éventuel fauteuil à l’Elysée

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