Aux membres de l’opposition,
A Maître A.H Malonga,

Cher Maître,

Je suis de très près les événements politiques de mon pays avec beaucoup d’attention et préoccupation majeures, quand je sais que mon avenir en dépend et celui de mes progénitures et bien mieux celui de mes compatriotes dans l’ensemble.

Vous êtes tous préoccupés actuellement par les élections dont vous déplorez d’emblée la tricherie et vous militer pour qu’une lumière soit faite afin de bénéficier un cadre électoral fiable et juste qui garantirait toute transparence. Vous n’avez pas tort d’agir ainsi en tant que homme politique et partisan de la classe d’élite des intellectuels dont la lourde responsabilité est d’œuvrer pour l’avancement du pays.

Comme je l’ai dis plus haut que je vous suis de très près c’est-à-dire à la minute près de tout ce qui se passe au Congo et notamment vos activités politiques.

En janvier 2002, vous aviez crié haut et fort que la constitution soumise au referendum n’était pas digne juridiquement de constituer un cadre loyal pour la République, j’étais évidemment d’avis que vous car le manque de caractère de censure dans la rubrique des institutions de cette constitution et le voisinage naïf entre le législatif et l’exécutif sans interaction ni censure n’a ménagé guère les choses. En conséquence, l’impunité s’est installé de manière institutionnelle et les tribunaux transformés en maison de commune où les magistrats sont devenus des véritables officiers d’état civil validant ainsi tous documents et situations soumises à leurs engagement sans y apporter une quelconque modification tel est le cas des officiers d’état civil qui certifie toutes sortes de documents on n’y imposant leurs sceaux sans en modifier. Entre autre conséquence grave, les ministres arrogants que le Congo n’y a jamais connu de son histoire du fait qu’ils doivent tous leur existence au Chef de l’Etat et n’ont pas de compte à rendre au parlement ni au peuple auquel ils doivent la légitimité ultime et même si par fantaisie, il est question d’accomplir une formalité de temps à autre audit parlement.

Bref, pour ne citer que ces points, Cher Maître, je suis fort lésé d’apprendre à mets reprises que vous récitiez aujourd’hui les exemples de cette même constitution que vous aviez bel et bien condamné et demander au peuple de voter « NON ».

Je retiens une chose dans votre parcours politique :

-  Votre mérite : c’est le courage sous réserve du « principe tribunicien » selon lequel les magistrats romains de l’époque montèrent au créneau pour critiquer le système en place par les moyens mis en place par le même système et au temps voulu par le système.

-  Votre point faible : l’inconstance dans le combat politique, autrement le manque d’initiatives politiques véritables et propres à vous-même. Vous attendez toujours que Monsieur Sassou jette un sujet dans le marché politique et que vous le récupérez pour en faire votre cheval de bataille ; critiquant ainsi le sujet reçu sans vous rendre compte de la méthode machiavélique d’instrumentalisation des débats politiques injectés par le système et dont ils ont les moyens pour s’en sortir.

Vous voulez un combat d’idées ? oui et d’accord ! mais quelles sont vos idées actuelles ? Quelles valeurs politiques et quel système politique prônez-vous ?
Votre combat n’est pas structuré au sens normal de la politique, j’ai peur que vous deveniez des aigris du fait que vous ne participer pas au gâteau du pouvoir.

Commencer par élaborer votre système politique et définir votre vision politique. Et surtout n’attendez pas le jour où vous serez promu Chef de l’Etat ou candidat à l’élection présidentielle pour commencer à élaborer ou « bricoler » un projet de société sous forme de « copier coller » d’un modèle réussi dans un pays occidental pour l’adapter à un pays qui jusque là n’a pratiquement rien fait pour l’ensemble de ses différents domaines.

Une chose est vraie ; la réalité est celle que vous décriez dans vos discours notamment la panoplie des critiques liées à la façon de gouverner, la misère sociale, l’éducation, l’insécurité, la corruption, la santé, etc.

Toutes ces choses sont connues mêmes des illettrés seulement personne n’a proposé une chose qu’on a jamais proposée, c’est ça le vrai problème du Congo. Vous saviez critiquer et lorsque vous proposez quelque chose, le peuple ne vous sent pas parce que ce que vous proposez n’est pas nouveau à leurs yeux. Le peuple a besoin des solutions concordantes et compétentes sans dire que vous êtes incompétents. Non.

Proposer du nouveau tel a été le cas Wade c’est-à-dire söpi en dans termes changement véritable et radical. Faites ce que nous n’avons encore vu et nous saluerons votre aptitude et capacité extrahumaines dans la perception des choses et dans une vision politique mûre et nette.

Faites la politique autrement, basculer du bon côté dans les solutions globales du pays, ne vous contenter pas de ce que Monsieur Sassou propose, nous savons tous qu’il ne sortira plus rien de bon des moules de Monsieur Sassou. Ce qu’il n’a pas pu faire en 12 ans, il ne le réussira pas en 40 ans, le nombre d’années passé au pouvoir n’est pas déterminant pour trouver les solutions qui minent un pays depuis un demi siècle.

Réorienter votre combat politique et cadrer votre tir. Ne soyez plus pervers ni sensibles sur le marché des débats orientés par le pouvoir. Ne prenez plus au sérieux ce que les hommes du pouvoir disent mais plus tôt vous devez vous en moquer avec des rires sincères. Contentez-vous maintenant de votre réelle situation politique. Regarder qu’est ce qui n’a pas marché et quelles solutions préconisées maintenant.

J’ai longtemps été muet sur ces questions, mais j’ai décidé quand même de sortir ma langue de bois pour dire ce que vous connaissez déjà et que vous ne faites pas peut-être pas par inadvertance.

Mon discours ne change rien d’un combat que vous aviez déjà commencer mais c’est un complément.

Je vous remercie de l’attention avec laquelle vous aller me lire.

Mes sincères salutations.

DAVY LAJUSTICE.