Ministre d’Etat de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, Henri Djombo fait aussi l’actualité littéraire du Congo-Brazzaville. Pour cette rentrée, il a publié « L’avenir est dans ma tête », un roman dont l’histoire se déroule au Congo et au Brésil.

Dans son nouveau roman, L’avenir est dans ma tête (Le Lys Bleu Éditions), Henri Djombo nous emmène dans la vie de Rémi Zela. A première vue, la vie de ce dernier se confond avec celle de l’auteur. Un parcours de vie similaire. Pourtant, ce n’est pas une autobiographie, mais bien une fiction. L’histoire commence un soir d’orage.

Brazzaville est plongée dans une atmosphère quasi apocalyptique et Rémi Zela, assis sous la véranda de sa maison, se remémore les grands moments de son existence : son enfance sur les bords du fleuve Congo, ses expériences professionnelles et privée, etc. Rémi mène paisiblement sa vie à Enyellé. Réservé et solitaire, préférant le silence au bavardage, un événement le mettra au centre des regards et des conversations : son combat victorieux contre un caïman. Il acquiert, de ce fait, une certaine notoriété mais, en même temps, est montré du doigt et calomnié. On lui prête dorénavant des pouvoirs surnaturels. Malgré cette situation difficile, Remi Zela finit par se distinguer, ses prouesses intellectuelles et son application dans ses études ne laissent personne indifférent. Bientôt, il quitte non seulement sa région natale, mais aussi le pays. Le voilà désormais au Brésil, une seconde patrie. Le climat, la forêt et le fleuve lui rappellent le pays qui l’a vu naître, effaçant du coup les ennuis du dépaysement. « Mes tropismes me poussaient à comparer le Congo et l’Amazonie. Malgré les quelques différences que je leur trouvais, c’était comme si j’essayais sans cesse de revivre mon Congo natal et de me donner une raison d’aimer toujours les lieux vécus. »

Écrit à la première personne, ce qui renforce le côté autobiographique, "L’avenir dans ma tête" est une belle et douce histoire, racontée le plus simplement, mais qui au fil des pages perd de sa vivacité. Autant les 74 premières pages m’ont séduit, vu que l’auteur y raconte l’enfance du héros, sa double éducation (traditionnelle et chrétienne), ses rapports avec son entourage (sa famille, les habitants du village et les autochtones), son attachement à la nature (la forêt et le fleuve) et son désir de réussir dans la vie, autant le reste du récit m’a semblé fade et quelque peu ennuyeux, tant l’auteur s’éparpille sur des détails qui n’en valent pas la peine : les longues explications sur l’universalité de la démocratie et sur la justification traditionnelle de la polygamie, etc. Ainsi, l’auteur a éloigné ses lecteurs de ce qui fait la quintessence du récit : l’enfance du héros. Tout ce que Rémi Zela - devenu adulte- vit, n’apporte rien de substantiel au récit (père de famille et mari infidèle). On a ainsi l’impression d’avoir affaire à deux récits en un. Le rythme et le style – passant d’un discours narrativisé à un discours indirect libre -, sont différents. Dans son envie de vouloir parler de la démocratie et de la polygamie, Henri Djombo a plombé son récit. Un essai aurait été plus approprié.

Anthony Mouyoungui