Facteur de spéculation foncière pour les propriétaires terriens vilis, la route littorale Pointe-Noire / Bas-Kouilou est dors et déjà compromise.

L’érosion marine dévore la bande de terre comprise entre la route et la mer, que le législateur a classée inconstructible sauf pour des activités touristiques et des constructions provisoires.
On peut se poser bien des questions sur l’accélération de l’érosion marine, certains arguent sur l’abaissement des fonds marins qui serait, d’après eux, du à des vides laissés par le pompage du pétrole.
Le fait est que le choix de ce tracé littoral est du, officiellement, à la thèse que les gorges (de Diosso à Tchissanga) devaient immanquablement couper l’ancien tracé de la RN5. Ceci n’est vrai que dans le contexte congolais dans lequel aucune mesure conservatoire ou d’entretien n’est jamais prise.

Aujourd’hui, l’ancien tracé est condamné, comme les villages et les populations qu’il desservait, mais le nouvel itinéraire ne perdurera pas davantage.
Ceci n’empêche en rien les propriétaires supposés de vendre des parcelles sur la zone littorale et les constructions d’y prospérer comme le HIV dans les quartiers périphériques, dans la plus totale indifférence/impuissance de la part des services concernés. Bien en mal de faire respecter l’interdiction, ceux-ci font l’autruche ou/et boukoutent et le squat de ces terres par des investisseurs masqués mais que l’on suppose bien protégés va bon train.

Vecteur certain et indispensable de développement la route n’aura donc été ici qu’un outil de propagande électorale, dont les fruits ne se récolteront que brièvement. Quand la route sera coupée, quand la mince plaine littorale aura disparue, des travaux titanesques seuls pourront permettre de la rétablir par l’intérieur aux dépens de sites parmi les plus beaux que compte la région.

Quel est donc le raisonnement qui a fait dépenser des milliards pour construire cette route éphémère ? Qui peut avoir intérêt à couper le nord du Kouilou du reste du département ? Le laxisme dans le respect des textes vise-t-il à contraindre les occupants de ces terrains à se substituer aux pouvoirs publics dans la mise en place de mesures de protection contre l’érosion ?