Ne cherchez pas dans vos précis médicaux, le syndrome de Clinton n’y figure pas encore. Il s’agit de la fâcheuse propension qu’ont les chefs d’état à nier les évidences quand elles les desservent quitte à se placer dans des situations pires encore.
Ainsi le gouvernement congolais qui, en dépit de témoignages multiples, nie les évènements du Beach.

Tout comme Bill Clinton qui aurait dû dès le début avouer ses frasques sexuelles avec le personnel et les stagiaires de la Maison Blanche. Sassou Nguesso aurait du reconnaître les débordements des forces de l’ordre vis-à-vis des réfugiés de retour à Brazzaville.

Sans prétendre qu’elle eut été morale, une réaction officielle disant :
"Oui, il y a eu des exactions commises au Beach, oui nous en avons honte. Elles ont été l’œuvre d’une fraction incontrôlable des forces de l’ordre. Nous prendrons les mesures nécessaires pour en punir les coupables et nous présentons nos excuses officielles aux familles concernées ainsi qu’à l’ensemble de nos concitoyens.
Certes ces actions sont répréhensibles et iniques cependant il faut se remémorer le contexte guerrier de l’époque et l’insécurité qui régnait alors dans le pays et à Brazzaville en particulier."

Et les congolais auraient été satisfaits et même fiers du courage de leur dirigeant qui se serait tiré d’affaire en faisant condamner quelques lampistes.

Ors, que sert-on à ce peuple loin d’être idiot ? La thèse absurde d’un complot international orchestré par les ONG, où se retrouvent pèle mêle : la FIDH, RFI, la Banque Mondiale, l’OCDH, l’opposition en exil et bien d’autres, dans le but d’abattre le régime de l’Homme des Masses.
De fait, c’est là péché d’orgueil, en effet quel est donc le poids du Congo sur l’échiquier mondial ? Le pétrole me direz-vous, allons bon, les ressources congolaises ne représentent que peu de chose face à la production mondiale et encore pour un temps bien limité. Une position stratégique ? Foutaise encore, le Gabon présente des garanties de sécurité bien plus grandes pour une base d’action dans la sous région.

Autre maladroit travestissement de la vérité que de crier victoire suite à une suspension d’instruction : suspension n’est pas abandon, c’est une pause dans une procédure qui est à même de reprendre à tout instant.
Le tribunal de Meaux ne lâchera pas son os, et le "petit juge gauchiste" ne risque pas de se départir de ses privilèges en se faisant insulter, fusse par un chef d’état, la loi s’appliquant à tous, et les dirigeants se devant d’être les premiers à la respecter fusse simplement en préservant les apparences.
Quelle maladresse de faire agir Chirac en délicatesse avec la magistrature de son pays en raison de faits glauques et multiples, et qui ne doit sa liberté que parce qu’il est l’hôte actuel de l’Elysée.
En France, la justice est indépendante de l’état et les magistrats sont fiers et jaloux de cette prérogative, on sait bien que plus le pouvoir tente de les orienter, plus ils auront tendance à agir avec indépendance.

Alors pourquoi cette paranoïa galopante dirigée par Akouala qui a réussi à y entraîner le chef lui-même ? Ne serait-ce pas simplement pour l’affaiblir et préparer une succession à l’intérieur même de son propre camp ?