Dans son livre « Afrique pillage à huis clos », l’auteur, Xavier Harel, citant un autre livre (celui de Pierre Péan « Affaires africaines ») rapporte que la construction du palais présidentiel d’Omar Bongo Ondimba dans les années 70 aurait couté 1,5 milliards de f français. Pour tenir les délais, le marbre de Carrare a été transporté par avions depuis l’Italie, plus loin, il parle du sommet de l’OUA de Libreville de 1977, dont l’organisation aurait mis le Gabon au bord de la faillite. Avant de conclure que dans les pays d’Afrique centrale riche en pétrole, les milliards de dollars sont dilapidés dans un train de vie fastueux et dans des projets aussi pharaoniques qu’inutiles.

Je suis allé lire, de nouveau, ces lignes, parce que je ne comprends toujours pas, pourquoi les chefs d’état africains ne se donnent pas les moyens de se soigner chez eux ? Comment comprendre que l’on trouve de l’argent pour acheter des armes (Et Dieu seul sait que certaines d’entres elles ne sont pas données), pour accumuler des biens immobiliers de luxes un peu partout dans le monde, pour acquérir des jets privés, ou pour organiser des festivités somptueuses et… rien pour la santé ?

Les organes de presses internationaux ont longuement repris l’information. Omar Bongo Ondimba à failli connaitre le même sort que son homologue togolais Etienne Eyadema, décédé quelques années plutôt, dans un avions qui le transportait chez les blancs où il allait chercher guérison.

C’était quelques jours seulement après le décès de son épouse, fille du chef de l’état congolais Denis Sassou N’guesso, décédée au… Maroc. Le président du Congo est lui-même un habitué des hôpitaux parisiens, tout comme l’ensemble de la classe politique congolaise. Ces trois dernières années, plusieurs membres importants y ont rendu leur dernier souffle : 3 anciens premiers ministres, 2 anciens présidents de l’assemblée nationale et un président du sénat en exercice,.

Est-ce par soucis de discrétion, dans une société où les questions de santé sont taboues, délicates et teintées d’un soupçon de mysticisme, ou l’expression d’un complexe d’infériorité les poussent à croire que les vrais médecins et les vrais hôpitaux ne peuvent être qu’en Occident ?

Les africains devraient, pourtant, prendre exemple sur Cuba. Leur homologue cubain Fidel Castro, sénile et sérieusement malade, a refusé toutes les propositions de soins à l’extérieur de son pays. Et pour cause, malgré près de 50 ans d’embargo américain (ancienne puissance coloniale et principal partenaire commercial de l’ile) et qui s’est accentué avec la chute du bloc soviétique, les 11 millions des cubains sont en bonne santé.

Avec une espérance de vie de 77 ans et un taux de mortalité infantile de 5,8 par 1000 naissances vivante, ce pays pauvre se démarque radicalement des autres. Les paramètres reflétant le niveau de santé à Cuba se comparent à ceux des pays riches et développés. On dit que les Cubains vivent comme des pauvres, mais meurent comme des riches, puisque les causes principales de mortalité sont les mêmes que celles prévalant dans les pays développés, soit les maladies cardio-vasculaires et les cancers.

Comment les cubains, pourtant plus pauvre que certains africains, font ils pour avoir une santé de riche ? C’est simple, les questions de santé sont un vrai enjeu d’Etat. Il se dit qu’à Cuba il y a deux ministres de la santé, le ministre et… Fidel Castro.

Sans risque de se tromper et en se permettant de parler pour les pays d’Afrique centrale, riches en pétrole, on peut dire que si le système de soins est en si piteux état, c’est d’abord par manque de volonté politique. Les autorités congolaises se foutent totalement de l’état des infrastructures sanitaire, parce qu’ils n’y mettent pas les pieds.

Au cours d’une conférence-débat, le conseiller du président de la république du Congo et délégué général aux grands travaux, se vantait d’avoir construit en 7 ans d’existence de son service, 7 aéroports dans le pays. On aurait préfère que monsieur Bouya nous dise qu’en 7 ans, il avait construit 7 grands centres hospitaliers. Dans un pays où les indicateurs en matière de santé sont tous au rouge, le taux de fréquentation de ses hôpitaux n’aurait fait l’objet d’aucun débat. On ne peut pas en dire autant pour un aéroport comme celui d’Ollombo, où les avions qui y atterrissent sont, uniquement, ceux des invités du chef de l’Etat dans son village.

Quel président congolais avait pour habitude de dire qu’un pays qui ne peut pas nourrir son peuple n’est pas un pays libre ? Qu’en est-il, alors, d’un pays qui n’est pas capable de soigner ses citoyens, en commençant par le premier d’entre eux ? Se soigner dans son pays, lorsqu’on est chef d’état ou principal responsable politique, ne devrait il pas être une question d’honneur et de dignité ?

Quand j’étais petit les parents mettaient un point d’honneur à ce qu’on n’aille pas manger chez les voisins, ça sous-entendait que leurs enfants n’étaient pas correctement nourri à la maison et remettait en cause leur qualité de parents responsables. C’était considéré comme une humiliation. Moi, en tant qu’africain, voir autant de responsables du contient mourir en Europe, me met mal à l’aise. Je pense, malheureusement, être le seul.