CONGO-BRAZZAVILLE : LE DROIT PAR LA PREUVE
À l’attention de Monsieur Jean Ngombo
Doyen des juges auprès du Tribunal de Grande Instance
de Brazzaville au Congo
Peuple du Monde,
Peuple congolais,

Monsieur le juge,

Il faut éviter de venir faire le grand magistrat sur la place publique au risque d’être ridicule dans un dossier où les vices de procédure sont évidents. « Je ne me porterai donc pas caution d’une parodie de justice que la jurisprudence qui en découlerait et dont je me serai fait complice, étonnerait même les étudiants de 1ère année de Droit.  » a dit le prévenu Mokoko dans sa lettre du 19 mars 2018 qu’il vous a écrite depuis la Maison d’Arrêt de Brazzaville.

Le souvenir du J’accuse d’Emile Zola dans l’affaire Dreyfus hante cette prétendue « affaire Mokoko », farce juridique que vous escomptez jouer au parquet de Brazzaville. Il ne s’agit rien moins que d’une « ténébreuse affaire » tant les zones d’ombre côtoient l’arbitraire, l’iniquité, la lutte de pouvoir et la volonté d’écraser.

Monsieur le juge,

La Constitution taillée sur mesure d’octobre 2015 fait de Denis Sassou Nguesso un irresponsable dans son article 96 : « Aucune poursuite pour des faits qualifiés crime ou délit ou pour manquement grave à ses devoirs commis à l’occasion de l’exercice de sa fonction ne peut plus être exercée contre le Président de la République après la cessation de ses fonctions. »

A plus fortes raisons un justiciable dont le dossier qui l’accable est cruellement vide alors que le peuple souverain l’a clairement désigné vainqueur du premier tour des présidentielles de 2016. A-t-on besoin de travailler à la brigade criminelle pour se rendre compte que le véritable mobile de l’accusation se situe là ? Le principal chef d’accusation qui ne dit pas son nom est le crime de lèse-majesté, en clair il est reproché au présumé coupable de n’avoir pas léché les mains de Sa Majesté Sassou.

Monsieur le juge,

La sureté de l’Etat est en danger, plus à cause des dirigeants qui s’accrochent au pouvoir qu’à cause des citoyens qui veulent rendre ce pouvoir juste. C’est l’une des phrases clés du discours du 28 juillet 2015 de Barack Obama au siège de l’Union africaine (UA) à Addis-Abeba : « des Institutions fortes, non des hommes forts  ». Le fort de l’homme c’est d’affaiblir la puissance de l’arbitraire. Barack Obama dira plus loin : Personne n’est au-dessus de la loi, surtout pas le Président.

La seule chose supérieure à la Loi, selon nous, c’est l’intérêt national.

Monsieur Juge,

Le pouvoir de Denis Sassou Nguesso n’a pas d’assise populaire. En d’autres termes le pouvoir illégitime qui vient embastiller énergiquement les responsables syndicaux de l’université MARIEN NGOUABI dans leur bon droit, à la Maison d’Arrêt de Brazzaville au Congo, est un non-pouvoir. Un vrai pouvoir c’est celui où celui qui l’exerce commande en obéissant à la volonté du peuple. Faut-il rappeler que celui qui veut condamner le général Mokoko a été crédité d’un taux de 8 % ? Pas assez pour incarner la fonction de 1er Magistrat.

Monsieur le juge,

Au regard de ce qui précède, le pouvoir de Monsieur Denis Sassou Nguesso n’est pas légal. Il repose sur une loi fondamentale promulguée avec la complicité de Monsieur Auguste Iloki de la Cour Constitutionnelle, au mépris du peuple congolais, car l’autre constitution interdisait à Denis Sassou Nguesso de briguer un nouveau mandat.

Monsieur le juge,

Dans votre intime conviction, vous savez bien que Monsieur Denis Sassou Nguesso n’a pas gagné l’élection présidentielle anticipée du 20 mars 2016 au Congo.
Êtes-vous certain de rendre la justice au nom du peuple congolais qui continue de méconnaître la légitimité de celui auquel la Vox Populi a affublé le surnom de Monsieur 8% ?

Peuple congolais restez très attentif.

Adrien Houabaloukou
Pour la diaspora congolaise
Directeur provisoire du Rassemblement des Républicains
Président de la CDI (Convention des Démocrates Indépendants)
Ancien candidat à la députation française

Propos croisés recueillis par Arthur Ibandzo