Alors qu’ici, à Congopage, nous nous efforçons d’éviter la censure, il est de nos lecteurs qui sen font les chantres. Une lectrice, outrée des paroles d’une chanson a posté, mal à propos puisque dans les réactions à un article qui n’avait rien à voir, le texte suivant :

« Nungu badia », la nouvelle pornographie phonique

Connaissez -vous la chanson en vogue actuellement à Brazza ? Il s’agit de « nungu, badia » d’un fameux DJ ˝H˝ et NZETE OUSSAMA. Une chanson obscène « de chez obscène » qui est malheureusement très appréciée des Brazzavillois. La preuve, on entend qu’elle dans les transports en commun, les taxis, les boîtes de nuit, les fêtes et même aux veillées mortuaires.

Cette chanson inspirée du coupé décalé ivoirien est une atteinte à la pudeur ce qui fait dire à Laurent-Florent NKOUNKOU notre confrère du nouvel observateur (hebdomadaire congolais) que cette chanson est « extraite du tréfonds des bêtisiers et exhalent un nauséabond libertinage porno phonique, substituant l’art au tintamarre et la mélodie à la dépravation ».

En effet « nungu ba dia » en Lari qui veut dire littéralement en français « ils vont manger le piment » décrit en détail le processus de l’acte sexuel en passant par les préliminaires « petites a coti na chambre...petite a longoli string...na sala yé nini ...mu sa nungu...(met lui le piment) » puis s’ensuit des soupirs et d’autres insanités.

Pire encore, au début de cette chanson, le chanteur cite le nom de la plus haute autorité du pays, le Président de la République. Et dans le clip qui passe presque tous les jours sur une chaîne de la place, au moment où, on rend hommage au chef de l’état, on aperçoit l’image obscène du derrière d’une fille emballé dans une mini jupe serrée. Cette dernière roule son postérieur comme une parfaite ˝strip- teaseuse˝. Comment peut on ainsi coller le nom du chef de l’état à de telles vulgarités ? et personne ne dit rien.

Comment peut on prononcer le nom du chef de l’état avec tant de légèreté ? N’est ce pas là un acte outrageux à l’encontre du premier magistrat du pays ? n’y’ a t-il donc pas d’organe de censure ? Pourtant dans des pays pas très loin de chez nous, ce genre de chansons sont censurées, car elles violent les mœurs et la pudeur. Agressent les oreilles, polluent l’esprit et pervertissent l’âme.

Tenez , par exemple en RDC des clips jugés impudiques sont censuré à la télé, même lorsqu’ils sont du grand KOFFI OLOMIDE. De même des chansons jugées contraires aux mœurs sont censurées, on se souvient des fameux cris « etoutana yango na yango... » ou encore « mama pesa sima, papa a tia tonga » mais chez nous à Brazza, « kiadi ! mawa ! soni ! » toutes chansons, tous clips sont bons à consommer, même les plus indigestes.

Où sont passées les associations de consommateurs ? Pourquoi le chef de l’état permet que l’on puisse mêler son nom à la bêtise ? parce que, les artistes d’aujourd’hui, qui ne font que parodier les noms des autorités et de leurs familles à longueur de chansons, le font pour gagner de l’argent. Et apparemment , ils sont encouragés dans ce sens puisque ça paye. Mais pourquoi ne prendrons nous pas exemple une fois encore sur la RDC où le président Joseph KABILA aurait interdit aux chanteurs de citer son nom dans leurs œuvres.

En tous cas, la culture et l’art sont pures. Ce sont des facteurs de développement si et seulement, ils sont inspirés dans la beauté et les règles. La culture congolaise n’a jamais été une culture vulgaire, impudique ou obscène. Le Congo a plus besoin en e moment, d’artistes engagés que d’artistes grossiers. Pourquoi à chaque fois, que l’on se retrouve dans d’autres pays africains , doit on entendre « ...les congolais d’aujourd’hui ne chantent que des insanités... » ? il faut que ça change !

Arielle Teddy BOUHOYI

Chère Arielle,

Que vous soyez choquée, je le conçois sans peine, mais comme vous le dites vous même : "on entend qu’elle dans les transports en commun, les taxis, les boîtes de nuit, les fêtes et même aux veillées mortuaires". La seule façon de comprendre celà, c’est que vous ne faites pas l’unanimité, loin de là.

L’appologie de la censure telle que vous la faites et que la RDC soit pour vous un modèle parce qu’elle l’applique me choque plus que les chansons grivoises. Vous voyez, les valeurs de chacun ne sont pas les mêmes.

Une seule solution, bouchez vous les oreilles.