Le mois de décembre abrite deux grandes fêtes de l’année à savoir la fête de Noël et la fête de la fin de l’année. Aussi appelée le réveillon de la Saint-Sylvestre ou le réveillon du jour de l’An.

Pourtant, le douzième mois de l’année est aussi celui au cours duquel on présente les bilans, planifie les projets majeurs ou les principales activités de l’année à venir, et fait les vœux.

Sur le plan officiel et politique, et dans de nombreux pays, les chefs d’Etat ou de gouvernements adressent à leurs peuples des messages. Des messages de vœux qui présentent aussi le bilan et annoncent les grands projets à réaliser au cours de l’année prochaine. Souvent, ils réveillent toute la classe politique puisque chaque parti réagit à ce message. Si ceux de la Mouvance présidentielle le saluent ou le complètent, ceux de l’Opposition ressortent toujours ses faiblesses. Ainsi va la démocratie.

Un jeu qui pourtant profite au pouvoir et à l’opposition

Pourtant, ce jeu ne profite pas seulement au pouvoir qui peut rectifier son tir à partir des critiques faites par l’opposition. Le rôle de l’opposition ne devrait pas être celui de faire échouer les projets du pouvoir mais de le pousser à revoir sa copie, s’il le faut, pour faire évoluer le pays. Et, l’opposition doit, elle aussi, revoir sa politique par rapport au pouvoir.

En revanche, les partis de l’opposition, eux, ne donnent pas souvent l’opportunité à leurs partisans d’apprécier leurs actions. Alors qu’eux aussi doivent faire le bilan de leurs actions et proposer des nouvelles stratégies ou des activités à mener dans le futur. Malheureusement, ce manque de programme est souvent justifié par le fait que l’on ne veut pas révéler ses stratégies qui doivent rester secrètes. Pourtant, cette raison avancée est trop légère pour cacher une incompétence.

Trois types d’opposition

C’est ainsi que les Congolais ne savent pas comment apprécier l’action de leurs leaders à plus forte raison quand la lutte se mène, à la fois, en groupe et en solitaire. Cette faiblesse est diagnostiquée dans les trois oppositions congolaises : la première, l’« opposition présidentielle  », dirigée par Pascal Tsaty Mabiala, qui reconnait la réélection de Denis Sassou Nguesso ; la deuxième, l’opposition formée par le Frocad-Idc, les Composantes 3JM et quelques Apparentés qui sont parsemés dans les différentes diasporas congolaises et qui est sous la houlette de Claudine Munari Mabondzo, et la troisième : l’opposition composée des partis politiques qui sont nés au sein de la diaspora. Ils ne reconnaissent pas le pouvoir de Brazzaville et veulent être des partis du Centre. Pourtant, à cause de leur manque des plans d’action et de programmes d’activité, toutes ces oppositions ne vivent qu’au rythme des battements du cœur du pouvoir ou à celui de ses pas. Ils ne montent au créneau que pour réagir à une déclaration ou pour apprécier une action du gouvernement. Pourtant, le bilan de l’opposition formée par Frocad-Idc, les Composantes 3JM et tous les Apparentés de la diaspora ainsi que les partis nés dans la diaspora, n’est pas négatif. Cette opposition a eu beaucoup de succès dans la communication et la diplomatie. Elle a réussi, au cour de cette année, à intéresser les médias internationaux sur la situation du Congo, et pousser le pouvoir à acheter des espaces dans les grands médias internationaux pour s’exprimer. C’est que ses propres médias ne le lui permettaient plus. Comme aussi, ils ne tiennent plus dans la concurrence avec les médias sociaux qui sont montés dans la diaspora. Sur le plan diplomatique, elle a fait tomber les murs qui l’empêchaient de faire parvenir son discours dans les hauts lieux de la politique et de la diplomatie internationale.

Pour preuves : le succès du livre sur le génocide des Laris de Dominique Nkounkou, les vérités, pour ne pas dire des reproches crus qu’António Guterres aurait faits à Denis Sassou Nguesso, dans les couloirs du Forum de Paris sur la Paix qui a lieu les 11, 12 et 13 novembre 2018 ; le refus du président américain, Donald Trump, de rencontrer Denis Sassou Nguesso à Paris, et les caprices du Fonds monétaire international dans ses négociations avec le gouvernement. Mais, il y a aussi les tentatives d’assassinat du général Ferdinand Mbaou et les menaces de mort à l’ endroit de Roland Nitou qui montrent suffisamment que le pouvoir ne sait plus où tenir l’opposition. Néanmoins, c’est la cooptation de quelques membres de la diaspora que le pouvoir va exhiber, comme preuve de la participation des Congolais de l’étranger au dialogue, qui montre bien que le pouvoir a l’eau jusqu’au cou. Pourtant, il y a aussi la libération de quelques prisonniers politiques, obtenue grâce à la pression faite au niveau national et international qui est une grande victoire.

Des victoires obtenues en rangs dispersés

Cependant, un regard attentif sur l’organisation de l’opposition qui veut faire partir Sassou Nguesso, révèle que toutes les victoires ont été obtenues en rangs dispersés. Et, c’est sur les stratégies qu’utilisent les différentes oppositions que les Congolais semblent se perdre. Parce que si certains leaders font le « mbingou » ou la chasse en groupe, et d’autres préfèrent le « nkonda  », la chasse en solitaire, on peut-on dire : « pourvu qu’ils amènent le gibier au village  » ? Ces deux types de chasse ne cacheraient-ils pas des comportements ou une course au leadership ou encore au vedettariat ?

Sans vouloir privilégier l’un ou l’autre ou dire lequel entre les deux, serait plus adapté à notre combat, nous allons, dans cet article, puiser tout simplement dans l’histoire récente des Nations et Peuples du monde, notamment celles de l’Afrique du sud dans sa lutte contre l’apartheid ; celle de la Palestine contre l’occupation israélienne, pour lancer une réflexion et émettre un vœu.

En Afrique du sud : la victoire des peuples noirs était devenue certaine lorsque les principaux mouvements (le Congrès national africain, Umkhonto we Sizwe, le Congrès panafricain, le Front démocratique uni, le Parti communiste, le Mouvement de la Conscience noire, l’Organisation du peuple d’Azanie, le Parti libéral, les Torch commando, le Black Sash ou encore le Parti progressiste) avaient formé une grande coalition et fait l’unité autour de Nelson Mandela tandis que ce dernier était emprisonné à vie. Vu de l’extérieur et d’après la propagande qui se faisait dans les médias nationaux et internationaux, on avait l’impression que toute la lutte contre l’apartheid ne tournait ou ne se résumait qu’autour de la personne de Mandela. Effectivement, Nelson Mandela ou Madiba incarnait toutes les luttes. Et, les Sud-africains étaient conscients que c’est à travers la libération de Mandela qu’ils allaient gagner toutes les autres luttes, bien que cela leur avait pris 27 ans.

En Palestine : dans leur lutte contre l’occupation israélienne, les palestiniens ont créé plusieurs mouvements dont les principaux sont le Hamas et l’Organisation de libération de la Palestine (Olp).

Cependant, pour bien organiser le combat, ils avaient mis en place ce qu’ils appellent l’ «  Autorité palestinienne  », une entité gouvernementale dans les zones où ils refusent catégoriquement l’autorité israélienne. Un Conseil législatif de l’Autorité palestinienne est aussi créé pour élire les lois.

Certes d’aucuns diront que la lutte menée par les Congolais serait très différente de celles des palestiniens et des Sud-africains, pourtant elles peuvent les inspirer et les aider à élaborer leurs stratégies dans la lutte contre le pouvoir de Brazzaville. A notre avis, les leaders du Frocad-Idc, des Composantes 3JM et des différentes Diasporas ont le choix entre se ranger derrière un seul leader. Soit Claudine Munari pour les nostalgiques de Kimpa Mvita et ceux qui veulent avoir une femme à la tète du Congo. (cela commence à devenir la mode dans beaucoup de pays du monde). Soit Jean-Marie Michel Mokoko, pour ceux qui veulent avoir une copie conforme de la stratégie sud-africaine, ou encore créer un Conseil législatif et un Conseil exécutif de l’opposition comme en Palestine.

Ce serait, à notre avis, le meilleur cadeau qu’ils feront aux Congolais pour les motiver dans les prochaines batailles, dont la plus grande est la présidentielle de 2021. Mais, tout cela n’est qu’une piste de réflexion et un vœu.

Serge Armand Zanzala, journaliste et écrivain