Adrien Houabaloukou de la CDI commence agréablement à nous habituer aux bulletins politiques, en live. Sa page Facebook, loin d’être un mur des lamentations, décrit régulièrement le chemin de croix des Congolais. Ca galvanise.

Kondibila

D’entrée, A. Houabaloukou sort le grand jeu des moments solennels en observant un éloquent silence sur fond de blues lyrique et tristement agréable de Josys Joseph Toungamani, comme pour se fortifier, comme pour fortifier les esprits désincarnés des ancêtres kongo qui l’habitent. Que chante Toungamani sinon la tragédie vivante des voix des sans voix, des voix des sans voie : le « Kondibila » ou le sacre de l’imprévisible.

Les Arabes disent : méfions-nous du passé car il est derrière-nous et peut nous jouer des tours.

Au passage, look cool, Houabaloukou rend hommage à Kemi Seba, Donald, Roland Lévy Nitou, à notre site Congopage.com. « J’ai consulté des anciens ministres, reçu du courrier venant du Congo » annonce ce mousquetaire de la communication et ce spartiate des causes nobles.

Ce 1er avril, journée par excellence des Fake News (fausses informations) l’homme politique de Creil a analysé le passé et esquissé des perspectives. Sa thèse est la suivante : le dialogue au Congo, inclusif, exclusif, est la condition sine qua non de la paix nationale.

Selon l’homme de Creil (Oise) si jamais on en arrive au dialogue, on devra s’inspirer du passé, notamment des sentiers battus en 1991 quand s’opéra dans notre République un important changement de paradigme politique. On entra, en effet, en démocratie. Sassou fut dépouillé de tous ses pouvoirs. André Milongo devint Premier Ministre de la Transition. La belle aventure dura deux ans, le temps que Lissouba donne un coup pied de l’âne dans la fourmilière. On retourna à la case-départ.

Exclusif, inclusif

Modeste Boukadia devenu muet comme une carpe depuis sa sortie de prison, fit du dialogue son cheval de bataille, se disputant même la primauté avec ses pairs de l’Opposition, parmi lesquels, Jean-Luc Malékat de la Codesa, même si, aux yeux de l’ancien ministre de la Transition, ce dialogue,« sans exclusive », doit être délocalisé. Depuis : silence stéréo de Boukadia. Motus et bouche cousue aussi de la Codesa. Seul A. Houabaloukou remet cette perspective politique sur la sellette. « Nous irons vers le dialogue national inclusif. Le dialogue va déterminer l’avenir du Congo » prophétise l’homme de Creil.

Précisons tout de même que dialoguer au Congo, zone de non-droit, « avec ou sans exclusive », même sous l’égide des nations Unies, c’est courir le risque de se faire rouler dans la farine par Sassou, roi de la corruption. Il sait combien le passé lui a joué de très mauvais tours.

ONU

« L’ONU pousse les Congolais à reconnaître le pouvoir de Sassou pour aller au dialogue. » Comme si la SDN (Société des Nations), ancêtre de l’Onu invitait les résistants français à faire allégeance au maréchal Philippe Pétain. On ne sait pourquoi, deux ans après la fraude électorale de 2016. L’Onu invite les Congolais à la tranquille collaboration, c’est-à-dire de faire une croix sur ce qu’ils ont fait aux suffrages de 2016 en désignant Guy Brice Parfait Kolélas et Jean-Marie Michel Mokoko finalistes des présidentielles. Ils avaient renvoyé Sassou à ses chères études avec un lot de consolation ( 8%). Mais, jouant à qui perd gagne, Sassou s’autoproclama vainqueur. « A vaincre sans gloire on triomphe avec fierté » aurait pu écrire Pierre Corneille dans Le Cid.

A. Houabaloukou milite pour le dialogue. Il l’a suffisamment clamé. Quant à reconnaître d’abord la victoire de Sassou, pour lui c’est NIET. « Non, jamais Sassou ne sera reconnu  » stipule-t-il clairement dans son bulletin. « 40 ans, c’est trop. Youss Band l’a chanté » rappelle le chef de la CDI.

En tous cas, les démocrates congolais ont tout à perdre et rien à gagner si jamais ils suivent les consignes de l’Onu. C’est que le « tricheur infatigable » ne mettra jamais l’eau dans son vin. Echaudé précisément par la Conférence Nationale en 1991, Sassou craint la moindre réunion que ses adversaire lui proposent en 2019 ou 2020. « Nkutu zoba mbala mossi kwa ba fiéla yo » dit une sagesse kongo. (Même s’il est crétin, un homme ne se laisse pas faire les poches deux fois de suite). C’est ainsi qu’en 1997, l’idiot international de l’Alima renversa, dans un fracas effroyable, la table dressée à la Conférence Nationale.

Il ne reste pas moins que « nous imposerons la démocratie au Congo. Le dialogue s’impose  » promet Houabaloukou. Finies les larmes, finies les jérémiades : « Je fais appel aux amis de Mokoko d’arrêter avec le mur des lamentations. Mokoko sera libre si on impose le dialogue. Ce pouvoir fonctionne par défaut. La peur ne mène jamais à la victoire. »

Barrière financière

Après le coup d’état, la sublimation de l’escroquerie devint le modus vivendi des nouveaux maîtres. « Barrière financière d’entrée de jeu ; 1,5 million pour être candidat ! 25 millions de caution pour être candidat à la présidence. » Excusez du peu. En imposant 1,5 million de francs CFA pour être candidat à la députation et 25 millions non remboursables pour être candidat à la présidentielle, il s’agit, bien entendu, d’écarter la concurrence. « Je veux que vous soyez candidat, à condition de ne pas vous présenter  » dit clairement Sassou. C’est ainsi que les tyrans conçoivent la démocratie. Une loi de finance implicite permet au baron d’Edou-Penda de puiser comme il l’entend dans les coffres du Trésor Public alors que la plupart de ses rivaux tirent le diable par la queue. C’est très malin. Quiconque a lu la fable du loup et la cigogne peut comprendre le cynisme du procédé.

Faible population, beaucoup de députés

Selon A. Houabaloukou, depuis le 5 juin 1997, le Congo de Sassou est dirigé « par défaut ». Donc par de « faux types » dirait-on à Poto-Poto. Ou selon André Gide, par de « faux monnayeurs » (d’où le taux d’inflation élevé en zone Cfa).

On en est arrivé à cette anomalie par un tour de passe-passe constitutionnel de Sassou et son neveu Iloki. On commande par la loi des faibles. Le pouvoir est aux mains des minorités. Pour preuve ces messieurs ont validé une aberration constitutionnelle. En effet, le nord, désert démographique, compte plus de députés que le sud surpeuplé. Pour la petite histoire, l’écrivain et député MCDDI Sony Labou Tan’Si fustigea en son temps cette incongruité politique quand les circonscription urbaines les plus peuplées, fiefs de Bernard Kolélas, se contentaient de portion congrue à l’Assemblée Nationale alors que les zones à faible densité démographique, se taillaient la part du lion en nombre de députés. « Le fichier actuel truffé de défauts. » Vive l’injustice !

« A Creil il y a des électeurs urbains et semi urbains. » doit-on les loger à la même enseigne ?

Le Franc CFA

C’est la pomme de discorde, par excellence. La sortie ipso facto de la zone CFA n’est pas un combat d’arrière-garde. « Notre combat, le fcaf a été repris par les gilets jaunes » s’enorgueillit A. Houabaloukou.

Là où le bât blesse, c’est que cette monnaie enrichit la France en arrangeant les affaires des monarques africains qui jouent les « vigiles de France » ( pour reprendre le titre d’un roman de Toussaint Siassia). La masse africaine trinque alors qu’elle est assise sur une fortune minière. Le plus formidable c’est que plus la monnaie est décriée par les Africains, plus elle follement dilapidée dans des futilités délirantes (anniversaires, commémorations, mariages, rituels religieux, voyages de prestige et d’agrément...), autant de formes achevées et inachevées de perversion. A en croire Congo-Liberty, le prochain défoulement collectif du clan est prévu à Dubaï, inviolable paradis fiscal où Madame de Pompadour Antoinette Sassou compte fêter ses plus que septante balais. On préfère faire la bamboula au Moyen-Orient à défaut de la Côte d’Azur (St-Tropez) où les médias sont trop curieux et bavards.
« Nous vivons dans un village planétaire. Le Congo caracole à la dernière place du monde. Mais il y a des riches au Congo. »

Les Congolais ne souffrent-ils pas assez ? « Wa béla yaoula  » dit cependant la sagesse. Mais, profondément traumatisés par les violences de 1997 et la sanglante boucherie du Beach en 1999, les Congolais sont simplement incapables de dire à leurs doux bourreaux : « Eloignez la coupe ! Assez ! Pensez aux bourses, songez aux salaires, voyez les pensions de retraites, n’oubliez pas les générations futures ! »

L’Italie et L’Allemagne

Les politiques italiens et même allemands n’y sont pas allés du dos de la cuillère quand il a s’agit de faire la corrélation entre la désastreuse crise migratoire africaine et les effets diaboliquement pervers du Franc CFA. Du côté transalpin, Macron en a eu pour son compte. « Ta politique de merde en Afrique vient salir mes côtes » lui a dit son homologue italien Matteo Salvini. En revanche, ne les ayant pas « biens suspendues  », les leaders africains hésitent de pointer du doigt l’agent pathogène des économies du continent noir (entendez le CFA), un impôt qui ne dit pas son nom depuis les années 1940. « La monnaie repose sur une économie. Faut-il revenir au troc ? » Doit-on revenir au troc et aux monnaies précoloniales (nzibou, méya) dans un système qui était à l’abri de l’inflation, de la banqueroute et de la crise financière ? On vous le donne en mille.

Macron macro

Quant à la France macroniste, elle continue de croire au mythe bienfaiteur de la coopération. « Vous êtes libres de sortir du Franc Cfa  » a osé dire à la jeunesse africaine Emmanuel Macron, en sachant au fond de lui que la françafrique attend les Africains au tournant.
Comme pour la célèbre pub du cacao, la puissance néocoloniale martèle « Y a bon franc CFA  ! ». Si cette monnaie rimait avec séduction, dans ce cas pourquoi les pays du Maghreb sont les enfants aimés de la coopération française alors qu’ils ne sont nullement dans le système du Franc CFA ? « Wa ba houna wé na messo  »

A. Houabaloukou sait de quoi il parle. Sur une chaine de radio, il mit en difficulté un grand prof français venu étaler les vertus du Cfa. A l’idéologie du docte invité, Houabaloukou opposa la règle de trois, confirmant que le Cfa, monnaie paresseuse, était une belle illustration du mythe de Sisyphe, malheureux héros grec qui tenta de hisser en vain un rocher au sommet de la montagne. Dégringolade sur dégringolade. Autant de chutes mortelles, à l’image de la monnaie en usage dans les anciennes possessions françaises d’Afrique, en plus de la Guinée équatoriale, sournoisement dévaluée.

L’Eglise catholique

Tenté dans le désert par Satan, Jésus Christ n’a jamais cédé. L’Eglise catholique s’est couché à Oyo. Elle vient de consacrer la ville natale de Sassou lieu très saint du Tabernacle. C’est à coups de milliards de CFA que le culte du veau d’or vient d’être rendu en ce mois de mars au bord de l’Alima grâce à une infrastructure mystique érigée en l’honneur de Hérodias Edith Lucine Bongo, née Sassou. Combien d’étudiants sur l’île de Cuba, en Tunisie, au Maroc, au Bénin, Sénégal, Burkina-Faso auraient pu voir leurs bourses réglées si Sassou n’avait pas fait le choix vicieux d’investir dans le markéting magique !

Petites phrases

A. Houabaloukou refuse de se livrer à des procès d’intention « envers qui que ce soit. »

La question n’est pas la dette. Le Japon, troisième puissance mondiale, sa dette dépasse 100%.

Qu’est-ce que ces paradoxes absurdes ? « Un blanc que j’ai formé en France devient mon chef au Congo. C’est inadmissible. »
Nous sommes des lobbystes, dotés d’influences. « Macron a nommé une africaine, porte-parole, c’est notre travail. »
Jean-Jacques Bouya, dresseur d’éléphants blancs devrait faire un tour dans les pays d’Europe du Nord. Le fleuve Congo qui a son lit en bas, a de la peine d’absorber les eaux de pluies. Ce qui provoque des inondations à Brazzaville à la première averse. Aux pays bas, la mer est au dessus des terres sans que cela ne déclenche des d’inondations.
L’habit ne fait pas le moine. Pierre Ngolo voulait faire changer le PCT, Arlette l’a écrasé.
Sassou fonctionne dans une trilogie : PCT le matin, Président à midi, chef de clan le soir.

Jules Romains a dit, les petits discutent des hommes, les grands discutent des principes.
Des suppliciés de la décennie 70, les Fils Kiganga, Ndoundi Nganga et Massamba-Débat sont des grands hommes. Sur les corps de leurs parents jamais retrouvés on mettra des stèles. Kiganga, Massamba-Débat.