A qui appartient le cossu appartement dans lequel Sassou a donné une somptueuse réception durant le Sommet Franco-Africain de Nice ? La réponse, coule de source même si la source de nos informations demeure opaque quant au supposé détenteur réel du titre de propriété de cette...demeure.

Ladite résidence se situe au Régina, splendide construction qui domine la ville de Nice depuis les collines de Cimiez. Le colossal édifice fait « Deux cents mètres de façade, plus de six mille mètres carrés habitables.. » (Nice Matin)

Valeur vénale

"Le Regina domine la ville de sa stature royale, dédiée à Victoria" (Idem Nice-Matin)
Combien ça coûte ? Pour se faire une idée, une agence immobilière de Monaco, y vend un appartement 4/5 pièces au modique prix de 1. 680 000 €.

Au cas où ça ne vous donne toujours pas une idée, sachez que
« le montant de la taxe d’habitation tourne autour de sept mille euros, l’équivalent de dix mois de charges de copropriété. » (Nice Matin).

Le quotidien azuréen consacre un article sur un voisin de Sassou, un riche propriétaire local, neuropsychiatre de sa fonction. Les estimations des prix rendent fou. Le psychiatre niçois possède la terrasse du Régina où sa femme fait pousser des roses dans un jardin qui dépayse. On se croirait à la campagne alors qu’on est au cœur de Nice. La valeur vénale de l’appartement du médecin situé au sommet de ce palais royal donne le vertige. En scrutant bien l’horizon, plaisante le toubib niçois, on peut voir le Mont Blanc par beau temps. Et pourquoi pas la Corse ! Sassou dont la propriété n’est pas située si haut ne peut que méditer depuis son balcon sur les avantages que procure le pouvoir quand on a bâillonné son peuple tout en lui faisant prendre des vessies pour des lanternes.

Un cadre bourgeois

La colline de Cimiez sur lequel est situé ce gros morceau est un quartier ultra bourgeois de la capitale azuréenne. Rien en commun avec la Côte Sauvage à Pointe-Noire où il possède également des domaines. Le Régina dresse son immense façade exactement à la fourche que font le boulevard de Cimiez et l’avenue Régina, à un jet de peinture du Musée Henri Benoît Matisse, l’un des maîtres du fauvisme.

D’ailleurs pour la petite histoire, le peintre niçois termina sa vie dans cet imposant immeuble de La Belle Epoque dont les deux extrémités sont couronnées par deux immenses colombiers. Du coup, pour avoir abrité la dernière résidence de l’artiste, les prix des appartements du Régina ont grimpé comme les toiles du maître plus de cinquante ans après sa disparition. Puis, last but not the lest, le Régina, (reine en italien - d’où son appellation) passait pour la résidence d’hiver de la Reine Victoria d’Angleterre à l’attention de laquelle elle fut spécialement construite.

Le "Roi" du Congo, tout un symbole, a fait le choix d’acheter là où s’abritait la reine britannique durant ses vacances sur la French Riviera.

Super bamboula

Ce 26 juin 2010, en marge du Sommet de Nice, c’est un tableau pittoresque qu’offre le Régina avec son ballet de limousines qui déversent les invités au bal de... Ndinga (chef mythique mbochi dont Sassou est le descendant). La vague des convives est triée sur le volet. On note sur les tables des noms comme Ntsiéla-Ntsiélé, Oba, Ndzion (pas Mathias), Claudia. Revient dans les conversations le nom de Ngouakamabé alias « Diamant d’or », probablement le Maître Jacques de cette peinture nègre qui se veut royale dans un cadre qui abrita à la fin du 19èsiècle les Tsars de l’époque. Les chauffeurs sont Congolais, le maître d’hôtel et les serveurs sont Français. C’est une peinture en couleur comme aimait en croquer Henri Matisse. Sassou n’a pas choisi n’importe quelle parcelle pour agrandir son parc immobilier. Matisse y acheva ses dernières gouaches qui l’ont rendu célèbres, notamment - Fleurs et fruits - 1952-1953, splendide tableau réalisé au soir de sa vie, peut-être dans l’appartement occupé aujourd’hui par le maître du lé dza, lé noua.

Une maison en cache une autre

Au dîner de gala du 26 juin, les conversations entre Claudia dit Coco et ses hôtes portent sur d’autres achats immobiliers dans Nice ou dans les localités voisines. Cristel Nguesso aurait acheté, entend-on, à Menton, à côté du fils d’un autre monarque africain, Kadhafi. Il est également question du rachat d’une résidence ayant appartenu à feu Omar Bernard Bongo, toujours dans le très aristocratique quartier de Cimiez.

Au menu : salade du chef, du bœuf, caviar, escargot, langouste, champagne, magnum. Les convives de cette peinture surréaliste ont l’air de tous se connaître. Par mesure de prudence, une fouille corporelle est faite à l’entrée. Portables et appareils photo sont prohibés à l’intérieur de la somptueuse fête. On ne sait jamais. De toute façon, pour vivre heureux, vivons cachés. Aucun Congolais de Nice n’est invité au Régina alors que la délégation présidentielle fut bien ravie que les membres de l’ACCA (Association congolaise) lui fassent la haie d’honneur à l’aéroport de Nice. Côté cour on aime les compatriotes, côté jardin ils deviennent indésirables.

La bamboula finit au petit matin, laissant sur le carreau des « natures mortes » de fatigue.

Démagogie

Pendant que le Chemin d’Avenir endort les Congolais avec des discours sur les « pays émergents », ses agents continuent d’accumuler des immeubles que la Justice classe, en général, comme biens mal acquis. Il y a une boulimie immobilière chez ces messieurs. De Brazzaville à Pointe-Noire, jusqu’en Europe, on sent une frénésie foncière que rien ne semble arrêter. Ca construit et ça achète tout azimut. C’est compulsif.

Tout ça pour quoi et pourquoi ?

On aurait pensé qu’avec la casserole des plaintes et des procès en perspective nos cumulards allaient se calmer. C’est mal connaître le trouble obsessionnel qui les ronge.

Echaudé par l’affaire Suzette (Le Vézinet) , celle des 110 comptes bancaires et autres peccadilles comme les voitures de luxe genre Aston, les Nguesso ne se mettent plus aux premières loges dans les achats des maisons. Ils utilisent des prête-noms ou des noms d’emprunt grâce à des montages qui n’ont même pas besoin d’être savants. Les changements de patronymes sont devenus monnaie courante dans le milieu. Des noms à consonance ouest-africaine comme Thiam renvoient en fait à des appellations bien de chez nous, comme Dambezé.