Brice Parfait Kolelas ou la tentation de l’ubiquité

lundi 11 février 2013
  • Il a fait du MCDDI une propriété privée

Le ministre de la Fonction publique et de la Réforme de la l’Etat, par ailleurs Secrétaire général du feu MCDDI, Guy Brice Parfait Kolélas, 53 ans, tente vainement d’être présent partout... à Bacongo et à Kinkala. Tel un bateleur de foire, il aurait aimé haranguer la foule : qui n’a pas gagné va gagner. Après s’être bagarré avec l’autre ministre Hellot Mampouya, Brice Parfait Kolélas vient de montrer ses muscles fictifs à une citoyenne congolaise apolitique.

Il exproprie

Brice Kolélas par-ci ; Parfait Kolélas par-là. L’on croirait qu’il s’agit de plusieurs personnes ; en fait il ne s’agit que d’un seul homme. Il agace ; il ennuie ; il exproprie. Dernier acte en date : il s’est accaparé sans vergogne une parcelle à Bacongo, au 433 Case de Gaule, en face de la résidence de l’ambassadeur de France. Le secteur lui plaît bien, et il avance comme raison que cette parcelle lui revient de droit pour "effort de guerre". Qu’est-ce à dire ? Cette ellipse, fallacieuse à souhait, ne tient pas debout.

Antoinette Y, résident en France, a trimé pour s’acheter cette parcelle en 2009 à 20 millions de FCFA. Tous les papiers sont en règle. Mais, au moment de clôturer sa parcelle, un tracteur vient tout raser. Brice Parfait Kolélas se réclame propriétaire ; ce cadeau lui a été fait "pour "efforts de guerre".

"Jamais de ma vie je n’avais été aussi victime d’une telle spoliation", se lamente Antoinette. Et d’ajouter, résignée : "Que dois-je faire ? Une plainte aurait-elle des chances d’aboutir ? J’ai envie de lui envoyer un poème de Prométhée : " Le supplice est mon élément comme la haine est la tienne ; déchire mon corps, peu m’importe""oui, fais tout le mal que tu peux, ô tout puissant."

Peu enclin au débat, Parfait Kolélas n’entendra pas raison. Seule compte sa pseudo-puissance. Mais il va sans dire que ce sous-ministre s’embourbe dans une ubiquité ubuesque ; il montre la force dont il ne dispose pas pour ensuite s’en servir. "Parfait Kolélas croit être son défunt père ! Quelle erreur !" s’exclame un autre ministre inutile sous couvert d’anonymat. Et de poursuivre : " S’accaparer une parcelle sous prétexte qu’elle est bien située, c’est sordide. Et ce n’est pas Sassou qui le lui a conseillé."

Un paragan de la pusillanimité

D’aucuns se demandent comment il se serait comporté si le gourou de la secte PCT, Sassou, lui avait délégué de réels pouvoirs. En demi-pharaon, c’est certain. Du moins il n’aurait pas hésité à imiter un pharaon pour s’imposer. Hélas ! Mutatis Mutandis, Brice Kolélas n’impressionne que Parfait Kolélas. Ou inversement. Même les diptères de Kinkala, son fief electoral, demeurent insensibles à son passage. Il n’emporte ni adhesion, ni enthousiasme. Il ne suffit pas de se prénommer Parfait ou Brice pour ressembler à Bernard. Encore que ce dernier, de son vivant, ne constituait pas un égrégore. Et pour cause : il était l’un des trois côtés de l’équilatéral triangle des Bermudes Sassou-Lissouba-Kolélas. Alors, pour se punir de sa pusillanimité congénitale, il devrait se terrer dans un silence pythagorien. Incapable de s’occuper des fonctionnaires, d’émettre la moindre réforme de l’Etat, incapable de ressusciter le MCDDI, sa stature s’apparente plus à un conseiller spécial qu’à un ministre. Mais là aussi des doutes subsistent : aurait-il été capable de conseiller un ministre ?





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