« Un père a deux vies : la sienne et celle de son fils. »
Jules Renard

La métaphore de « l’animal pris dans le filet » étale désormais sa face la plus hideuse. Dans tous les coins et recoins du Congo, l’indignation le dispute à la résignation. L’insigne impéritie que redoutaient les aficionados de la vie politique congolaise, s’impose obstinément sous nos yeux. De fait, l’état apocalyptique actuel de notre pays, ne pouvait être que l’œuvre des cancres, des personnes méprisables par leur extrême rapacité, des ignares dépourvus de culture, des inaptes au progrès. Les Congolais tombent des nues lorsqu’ils découvrent, à la faveur de la cascade des procès staliniens initiés par le boutefeu « Dénis », que les généraux affairistes au pouvoir n’étaient que des impostures qui brillent par une indigence intellectuelle, promptes à ôter la vie de leurs compatriotes. D’authentiques spadassins, plus préoccupés par la survie de leur organisation criminelle ( «  avenir des mbochis  » dixit Niangua Mbouala) que par l’avenir du pays tout entier.

Un quasi apartheid ethnique qui épouse « l’avenir des mbochis »

Pour consolider le projet pro-mbochi et foncièrement anti-congolais, Sassou a patiemment procédé à une véritable discrimination décomplexée au sommet de l’Etat. C’est le substrat de cette politique de « grand remplacement » qui consiste à faire venir du septentrion, à la faveur des «  yaka noki noki  », de préférence de la région de la Cuvette, des badauds, illettrés ou pas, aux fins d’occuper tous les postes stratégiques, civils ou militaires. Au finish, en occultant les critères de sélection habituels ne privilégiant que l’ethnie Mbochie, tous les secteurs de l’économie trainent comme un boulet cette médiocrité : l’Université de Brazzaville est la dernière d’Afrique, l’Armée est le refuge des généraux affairistes-illettrés, l’un des pays le plus endetté du monde par tête d’habitant, un CHU ( Centre Hospitalier Universitaire) qui fonctionne de façon aléatoire etc.

Au-delà de l’avenir de son ethnie et de son clan, c’est plutôt son avenir personnel qui inquiète le boutefeu d’Oyo. Tant de sang et de larmes de ses compatriotes versés, ne lui laissera jamais de répit, et il le sait. Aussi, sous les airs d’apparente sérénité, il concocte d’imparables boucliers, à tout point de vue, face aux innombrables périls judiciaires, oscillant comme des pendus, au gré des humeurs du peuple congolais dont l’indulgence légendaire a volé en éclat. Son secret d’Alcôve devenu secret de Polichinelle s’appuie sur son fils Dénis Christel SASSOU NGUESSO qui a étalé son incompétence en siphonnant les recettes pétrolières du Congo. Le fils est devenu la bouée de sauvetage.

Faisant feu de tout bois, Sassou compte se frayer un véritable boulevard pour son rejeton dans la perspective de le voir lui succéder au trône. D’une part, il met en branle une manœuvre aigrefin, par le biais de laquelle, il compte parachever avec maestria son travail de neutralisation des partis qu’il n’a pas pu démolir. Par une loi inique, IDC-FROCAD et le Collectif des Partis d’opposition, n’ont plus droit de cité et sont tout bonnement passés à la trappe. Seuls les partis « accompagnateurs » ( UPADS, UDH-YUKI etc..) triés sur le volet, continuent l’œuvre de consolidation de la dictature, avec l’accès à la mangeoire en contrepartie. De l’autre, par l’entremise des procès staliniens dont il a le secret, il s’assure d’une mise au hors-jeu définitive des opposants qui l’empêchaient de dormir : Jean Marie Michel MOKOKO, Paulin MAKAYA, OKOMBI SALISSA et bien d’autres en font les frais.

Peu à peu, tous les éléments du puzzle visant la succession dynastique du pouvoir se mettent en place. La modification aisée de la Constitution en créant un poste de Vice-Président, ferait l’affaire de l’enfant prodige qui succèderait à son père : Dénis Christel Sassou NGUESSO. Cette action aurait plusieurs desseins : reproduire la dictature, tout en sacralisant l’impunité, en promouvant l’ethnie et en exaltant le crime.
Dénis Christel Sassou Nguesso ou la sacralisation du vice et de l’incompétence
Il sied de rappeler opportunément qu’il n’y a rien d’anormal que Dénis Christel SASSOU NGUESSO aspire à succéder à Pierre NGOLO à la tête du parti de son père, le PCT. Les partis politiques étant en fait des associations privées. Cela est courant en Inde et aux Etats –Unis. Par contre, succéder à son père dans une République est un véritable scandale, le pouvoir n’étant nullement le monopole d’une personne ou d’une famille comme dans une Monarchie.

Elevé dans la culture de jouissance pernicieuse, sur fond d’un environnement où l’excellence, le goût de l’effort n’ont jamais été portés sur les fonts baptismaux, « KIKI » a en réalité peu de mérite. Infatué d’arrogance ; le népotisme, le détournement des biens publics, la corruption, la fraude, la luxure et autres antivaleurs peuplent les rêvent de notre « KIKI le pétrolier »(sic). Il a même eu l’outrecuidance de glorifier l’impunité pour lui et pour ses parents qui ont mis à sac le trésor public.
Quel type de Président pourrait être un monsieur qui jette, sans coup férir, chaque jour que Dieu fait, un million cinq cent mille francs CFA de chemises sur-mesure à la poubelle ? Quel amour envers son peuple pourrait avoir une personne enivrée par la folie des grandeurs au point de susciter la nausée des journalistes de 77 pays « Panama Papers  » qui ont découvert l’opacité avec laquelle la richesse de notre pays s’évapore dans des complexes circuits financiers offshore que seuls maîtrisent certains membres de la famille au pouvoir et une poignée de traders qui leur sont proches ?

Les Congolais doivent savoir que c’est bien « KIKI » qui a mis en faillite la SNPC, une société qui n’a pas de compte ouvert au trésor public congolais et qui, par sa nature, ne devrait faire que des bénéfices. Plus grave, selon l’enquête du Consortium de journalistes, il aurait planqué, dans les 10 comptes disséminés dans des paradis fiscaux, un montant de 2,961 milliards de dollars. En 2018, la dette du Congo est évaluée à 5 329 milliards de francs CFA (environ 9,14 milliards de dollars). Tenez ! la fortune volée au peuple Congolais par ce prédateur équivaut à 32,39 % du montant de la dette totale du Congo !

Pour lui, comme pour son père, l’argent est l’arme qui permet d’atteindre toute sorte d’ambitions ; plus saugrenues les unes des autres. Ils en disposent pour eux, narguant délibérément un peuple digne, manifestement plus méritant qu’eux, les maîtres de l’intrigue, les adeptes de la laideur morale. Toujours en embuscade pour passer à la postérité. « Kiki » après Sassou sera la seule manière pour continuer à instrumentaliser les universaux qui devaient constituer le socle de notre nécessité de vivre ensemble. « KIKI » ou son père, c’est du pareil au même. Peut-être le pire !
En s’appuyant sur « La Déclaration des évêques du Congo » du 9 mai 2018 et sur le « MEMORANDUM DE MAI 2018 » http://congo-liberty.com/wp-content/uploads/2018/05/MemoFMI15Mai18.pdf), tous les patriotes doivent s’engager à assumer le combat politique afin de mobiliser toutes les intelligences nationales, où qu’elles soient, pour opposer à ce système un projet national assis sur des politiques de dignité et de meilleures perspectives pour tout le Peuple du Congo. Il est donc urgent de travailler à l’inversion des tendances lourdes et préjudiciables de la gouvernance « tribaliste » actuelle de notre pays. Arrivera alors le temps des ruptures et des alternatives véritables.

Nous devons nous arrêter sur nos comportements, sur nos agissements, mais surtout sur nos devoirs face à un pays en souffrance. Nous ne pouvons plus continuer à jouer aux pantins sur la scène du théâtre national avec les mêmes acteurs qui n’ont comme seule ambition que de s’accrocher au sommet de l’Etat, en se relayant de père en fils ou en se renouvelant au sein du clan. Sachons anticiper, débusquer l’ennemi, le piéger.

La vérité est que le ver est bien dans le fruit. Les nématodes sont encore dans les structures. Envoyons sans tarder ce système mortifère aux mille diables, en l’empêchant de se reproduire. En tout état de cause, nous devons impérativement nous interroger sur la finalité de tous nos combats politiques, sur leur efficacité pour que nous soyons, somme toute, condamnés à implorer un despote à ne pas céder le pouvoir à son fils dont l’incompétence n’est plus à démontrer ! Que s’est-il passé en définitive, pour nous retrouver, une fois de plus, tel Sisyphe devant le rocher « Congo », au bas de la montagne ?

Djess Dia Moungouansi