Le bras de fer qui oppose partisans du concert de Fally Ipupa et opposants ne devrait pas laisser indifférents les observateurs de la rive droite du fleuve Congo.

En effet dans cette lutte intestine, une chose va se vérifier : le degré d’influence des Combattants sur la place de Paris (partant dans la diaspora). De plus quelle que soit l’issue de l’affrontement, la situation servira d’école aux futurs boycotts des Combattants de la République du Congo sur les façons de réussir un blocus. On se souvient, Combattants et Indignés firent chou blanc quand ils tentèrent d’empêcher le concert de Roga-Roga à Montreuil en 2019.

Les homologues de la RDC vont-ils renvoyer Fally faire ses gammes ailleurs qu’à Paris ? Héritier Watanabé, Koffi, Wera, JB Mpiana, n’ont plus eu le plaisir de se déhancher sur les bords de la Seine. Le cas de Fally est à surveiller par nos compatriotes.

Le moratoire des prestations des orchestres congolais de la RDC dure voici bientôt dix ans. Au grand dam des mélomanes congolais mais à la grande joie des opposants au régime, d’abord de Joseph Kabila, ensuite de Félix Tshisékédi.

« La musique est instrumentalisée en RDC » argumentent les Combattants. « Le peuple Congolais meurt de faim. Le pouvoir, à défaut d’offrir du travail au peuple, l’abreuve d’alcool et de musique. Comme dans la Rome Antique. »

La nature, dit-on, a horreur du vide. Aussi, disent les partisans du concert, de guerre lasse : « qu’il vente, qu’il neige, qu’il fasse soleil à l’Est de la République, dussions-nous marcher sur des millions de cadavres, Fally Ipupa doit se déhancher sur le podium de Bercy ce vendredi 28 février 2020, cela, au nom de la liberté d’expression... »

Qui aura gain de cause ? Réponse aujourd’hui, jour de carême.

Thierry Oko