Le bras de fer qui a opposé Christel Sassou, « le fils de l’Homme », à Pierre Ngolo, le Président du Sénat pour le contrôle du parti a tourné pour l’instant à l’avantage du secrétaire général du Parti congolais du travail (PCT), et a fait une victime : Inès Nefer Bertille Ingani.

Comme Icare, en voulant trop se rapprocher du soleil, Inès Nefer Bertille Ingani s’est brûlé les ailes. Sa proximité avec Christel Sassou «  mwana Ndeya », pour lequel Inès Nefer Bertille Ingani s’est battue comme un beau diable dans un bénitier ne lui a pas été d’une grande utilité et ne lui a pas servi de rempart. Christel Sassou n’ a pas joué le rôle d’airbag de sécurité contre Pierre Ngolo qui a mis à prix la tête d’Inès Nefer Bertille Ingani.

Fusible

Les airbags sont des dispositifs de sécurité qui se déclenchent lors d’une collision. Face au rouleau compresseur de Pierre Ngolo et d’une partie du PCT, Christel Sassou n’a pas fait le poids. Christel Sassou a capitulé et a courbé l’échine. Le « fils de l’Homme  » n’a pas pu sauver la tête de sa bien aimée protégée Inès Nefer Bertille Ingani qui avait promis, croix de bois croix de fer, un marocain ministériel à Donal Mobobola dans la bande audio.

Quand les éléphants se battent, ce sont les herbes qui trinquent. La chanson des Bantous de la capitale « choisis ou c’est lui ou c’est moi  » se prête bien à cette comédie. Pierre Ngolo mène au score 1-0, pour filer la métaphore sportive. La tête d’Inès Nefer Bertille Ingani a été sacrifiée pour ramener la sérénité au PCT écartelé en plusieurs chapelles. Pour combien de temps ? Certes, le secrétaire général du PCT a remporté une manche contre Christel Sassou. Mais, Pierre Ngolo a-t-il gagné le combat contre la succession dynastique de Christel Sassou ? Rien n’est moins sûr.

L’héritier

Pierre Ngolo peut-il contrecarrer les visées dynastiques de Denis Sassou Nguesso ? Peut-il aller à l’encontre de la volonté du khalife d’Oyo ? La partie est loin d’être gagnée. Ni pour Christel Sassou qui caresse le rêve de succéder au trône de son Président de père. Ni pour Pierre Ngolo qui ne renierait pas moins de remplacer Denis Sassou Nguesso en sa qualité du Président du Sénat en cas de vacance de pouvoir. Dire non à la volonté de la succession dynastique équivaut à désavouer Sassou. Se prononcer pour la suite de Denis Sassou Nguesso par son fils Christel, c’est aller à contre-courant de l’Histoire. Terrible choix cornélien.

Petite cause, grand effet

Inès Nefer Bertille Ingani avait été nommée ministre grâce à l’appartenance à un clan. Et, c’est à cause de la défense des intérêts de ce clan, croyant bien faire, qu’elle a été virée du gouvernement. L’appartenance à un clan est un couteau à double tranchant. Une banale conversation téléphonique entre Inès Nefer Bertille Ingani et Donald Mobobola sur fond de conspiration contre Pierre Ngolo, Jean-Jacques Bouya, Jaurès Ondelé et Pascal Tsaty Mabiala se transforme en théâtre politique mélodramatique.

Avec à la clé, l’éviction du gouvernement du ministre Inès Nefer Bertille Ingani pendant que les voyous en cols blancs sont en liberté. Grand guignol au départ, grand guignol à l’arrivée.

Benjamin BILOMBOT BITADYS