Sassou fait désormais l’objet d’un phénomène de rejet total. Le voyage de Paris ressemble à son chant de cygne. Quelles que soient les tendances de l’opposition, l’homme d’Oyo fait l’unanimité contre lui. Plus que jamais. Ce n’est pas le PCT, son parti qui atteint cinquante ans d’âge, qui ira pleurer sur sa tombe. « On ne peut pas devenir sans avoir été » aurait dit au sujet du dictateur Shakespeare.

« Les trois tendances »

Trois tendances se dessinent au sein de la diaspora : la première est représentée par la CDRC de Modeste Boukadia orientée vers les Etats-Unis, siège de l’ONU, par L’ACODESA de Jean-Luc Malékat. La deuxième tendance par le mouvement social INCARNER L’ESPOIR d’Andreas Ngombet inscrit dans une dynamique d’affrontement électoral direct avec Sassou en 2021. La troisième tendance est symbolisée par la CDI d’Adrien Houabaloukou, Elle prône de mettre le cap vers l’Elysée, point névralgique où se décide le sort de nos pays noirs par ceux qui ont confié le destin de ces pays à des hommes de paille comme Sassou.

Les deux premières tendances estiment que la France peut jouer de son influence sur notre destin mais la grande démarche doit être menée auprès des organisations internationales et des ONG. Leur stratégie politique est centrifuge, extravertie.

En revanche, l’approche envisagée par ceux qui pensent que Emmanuel Macron a intérêt d’écouter les voix de ceux dont les intérêts sont spoliés dans leurs pays d’origine, par exemple l’opposition congolaise, particulièrement les voix de la Diaspora, cette tendance-là peut être qualifiée de centripète (qui tend à rapprocher du centre).

Pollution de la planète

On a vu ce lundi 2 septembre 2019 l’homme par qui la banqueroute congolaise est arrivée (Sassou) atterrir à Paris pour parler équilibre climatique. L’homme a effectué une démarche centripète à bord d’un Boeing loué à plus de 400.000 euros selon Le Parisien.
« Son heure de vol serait facturée environ 70 000 dollars américains (63 800 euros) selon les chiffres couramment évoqués par la presse, qui n’ont pu être confirmés de source indépendante par l’AFP. Ce qui placerait le coût d’un aller-simple Brazzaville-Paris à quelque 500 000 dollars (456 000 euros) ».(Le Parisien 4 sept 2019)

Ces aéronefs ne sont pas connus pour préserver l’environnement. De surcroit, leur prix de location va à l’encontre des finances du Congo de Sassou, pays très endetté et sous la coupe réglée du FMI.

Ambiguïté

Le cap vers L’Elysée est plein d’ambivalence. Ceux qui s’y rendent n’y vont pas pour les mêmes raisons. Et c’est à se demander si les agents de la cellule africaine maîtrisent leurs dossiers. Joint au téléphone par Les Indignés du 242, le conseiller aux affaires africaines de l’Elysée a eu une réponse surréaliste sur les mesures de la France face à la dictature de Sassou : « Nous accordons l’asile politique aux exilés » a répondu en substance celui qui aide Macron d’accorder de l’aide à l’Afrique. Ne serait-il pas plus judicieux de mettre hors d’état de nuire ceux qui sont à l’origine de l’exil de leurs compatriotes au lieu d’accorder des droits d’asile aux victimes de Sassou ? C’est comme traiter les effets en négligeant les causes.

Chemin de croix

A en croire le protocole de Mpila, Sassou serait venu à Paris pour une séance de travail avec le Président Macron. Selon l’AFP et RFI qui ont souligné l’absence du nom de Sassou sur l’agenda de l’Elysée, ce dernier a d’abord été reçu par Jean-Yves le Drian très tôt dans la matinée du 3 septembre. Le ministre français des Affaires Etrangères lui aurait dit ce que Macron allait lui dire : la libération de Jean-Marie Michel Mokoko et d’André Okombi Salissa. Pour Sassou, Armand Serge Zanzala qualifiera cet entretien préalable de « douche froide » et son séjour parisien de « chemin de croix » enduré par notre homme.

Sassou n’était pas au parfum

D’autres observateurs ayant requis l’anonymat ont fait état d’un chef d’Etat congolais se rendant à L’Elysée sans savoir les raisons pour lesquelles il s’y rendait. Car ce fut une convocation urgente de Paris à laquelle répondait le tyran congolais sans être au courant de l’objet de ladite convocation. L’argument de la visite de travail autour du réchauffement de la Planète n’a été qu’un mobile qu’il a fallu bien présenter à la presse. Mouton qui se rend à l’abattoir, Sassou est venu à Paris sans avoir été mis au parfum sur les raisons de son voyage. Il était serein et inquiet à la fois.

Les vraies raisons de la visite de Sassou à L’Elysée porteraient sur son sort politique en 2021. Sassou a finalement été reçu par Macron ce 3 septembre 2019 à l’heure du déjeuner, entre fromage et thé. Que se sont dit les deux hommes ? Sassou, 37 ans passés au pouvoir, 77 ans d’âge, a dû s’entendre dire d’être souple avec ses prisonniers politiques, parmi lesquels Jean-Marie Michel Mokoko, l’un de son futur remplaçant en 2021 en plus de Guy Brice Parfait Kolélas. Au cas contraire ce serait l’option « pronunciamento  » comme celle qui mit hors-jeu Lissouba sous Jacques Chirac.
En clair, Sassou est lâché par Paris.

Ceux qui comme la CDI prônent le cap vers l’Elysée savent que dans le système de la françafrique, la boîte noire, se trouve précisément au palais où De Gaulle et Jacques Foccart mirent en place la politique africaine de la France à la tête d’un vaste empire colonial.
On aura beau faire acte de présence dans des sommets à Tokyo, à Berlin ou à New-York, toutes les forces centrifuges ramènent au bord de la Seine.
Conférence internationale, dialogue avec ou sans exclusive, toutes ces stratégies nous renvoient à l’Elysée dont le Congo, faut-il le rappeler, fait partie du « pré carré. »

Municipales à Creil

Adrien Houabaloukou l’un des partisans du cap vers L’Elysée n’a jamais caché ses ambitions politiques locales. Pendant qu’il propose de mettre les voiles sur l’Elysée, dans sa ville de Creil il espère que le Mouvement radical auquel il adhère aura le vent en poupe pour les municipales de 2020. Le mouvement radical a fait son université d’été du 30 aout au 1er septembre 2019 à Bordeaux. A Houaboukou était de la partie.
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En tout cas A. Houabaloukou, a les soutiens d’Annick Girardin, Ministre des Outre-Mer et de Jean Baptiste Mpelé Bodiong, Sécrétaire Général du Mouvement Radical Social-Libéral de l’Oise.

Thierry Oko