Le regard pétillant de malice comme celui du loup, Jean-Claude Gakosso, ministre des affaires étrangères et Jean-Bruno Itoua de l’enseignement, ont résolu de rapatrier à Brazzaville les étudiants congolais ayant violemment fait la « huelga » (la grève) sur l’île cubaine. Il y a eu des précédents historiques où les retours au pays ont mal tourné.

Le projet de Gakosso : ça ne vous rappelle rien ? Souvenez-vous, en 1999, Sassou accorda l’autorisation à plus de 300 compatriotes réfugies en RDC de rentrer à Brazzaville. « La guerre est finie » dit-il aux organisations internationales, confiantes, et aux familles, contentes de rentrer au bercail. En vérité le vainqueur Sassou avait un plan derrière la tête.

On connaît la suite. Sassou les prit au Beach de Brazzaville, Sassou les tria, les tua tous, brûla les corps et jeta les cendres dans le fleuve, reniant sa propre parole. Il les zigouilla au motif que c’étaient des Ninjas de Kolélas. Vous voyez la perfidie !

Vingt ans plus tard, un mouvement social, d’une grande ampleur, enclenché par les étudiants congolais à Cuba, a poussé les autorités congolaises, folles de colère, à exiger leur retour au Congo, ce malgré la réticence des Cubains. Madre de Dios, l’ombre perfide du Beach plane de nouveau au Congo.

« Ces étudiants avaient franchi la ligne rouge. Ils ont manifesté un comportement peu exemplaire. Sur les réseaux sociaux, on a même vu l’un d’eux se battre avec un policier cubain », a déploré Jean-Claude Gakosso, ministre congolais des Affaires étrangères selon le site en ligne Sacer.Info.Com

Amigo Ngakosso s’informe sur les réseaux sociaux au lieu d’utiliser les canaux diplomatiques afin de prévenir la crise ! Hijo de puta !

Etant donné les pratiques sanguinaires des hommes de ce régime, on les voit venir avec leurs gros sabots du Beach.

Ngoulou, ce porc

«  Les conditions de sécurité de ces enfants qui vont revenir au pays seront garanties. Ils seront aussitôt remis à la disposition de leurs parents  », a indiqué Raymond Zéphirin Mboulou, ministre de l’Intérieur. Parole d’un ballado. C’est ce qu’ils avaient dit par exemple au colonel Marcel Touanga qui n’a jamais revu son fils, Narcisse Touanga, depuis 1999.

Ministre d’un gouvernement cruel, Zéphirin Mboulou sait de quoi il parle quand il tente de rassurer. La sécurité présidentielle de Sassou a massacré dix huit jeunes au commissariat de Chacona à Kimpila et vient de tuer par la torture Augustin Kalla-Kalla, pourtant membre du PCT comme lui. L’opinion constate qu’au Congo-Brazzaville, le respect des droits de l’homme est le cadet des soucis de Sassou même lorsque son pouvoir n’est pas menacé. Machiavel dirait que c’est une manière ordinaire de prévenir la subversion.

Lancé dans la recherche fébrile d’un accord avec le FMI, le tyran d’Oyo (on le comprend) ne supporte pas déjà que son blason soit terni par des revendications syndicales sur le plan interne comme au CFCO, à l’ex-SNE, à l’ex-ONPT, à la Société de Transport Urbain ; à plus fortes raisons sur le plan international comme celles des étudiants congolais de La Havane, du Maroc, de Russie, Côte d’Ivoire, Sénégal.

Les couleuvres de Claudia

Même si les avocats de Claudia Sassou ont préféré avaler des couleuvres quand une ONG a accusé la nymphomane héritière d’avoir acheté à coup de millions de dollars un appartement sis dans la très huppée Trump Tower, Sassou-Père n’est pas du genre à essuyer des camouflets sans riposter, avec la dernière énergie. Jean-Marie Michel Mokoko, Norbert Dabira, André Okombi Salissa en savent quelque chose, eux qui ont osé croiser le fer avec ce chef putschiste ayant battu, de surcroit, le record de longévité au pouvoir en Afrique. Ils croupissent tous en prison et, selon les avocats du général Mokoko, ses conditions d’incarcération se sont dangereusement dégradées.

Parcours des étudiants

Sélectionnés semble-t-il sur des critères népotistes et géocentriques, les 2.103 étudiants congolais envoyés sur l’Île Cubaine seraient pour la plupart des cancres. Si au Congo tous les cancres devaient être sanctionnés, il ne resterait plus personne au gouvernement ; à commencer par Sassou, idiot infatigable ayant entraîné le Congo en banqueroute.

A quoi s’attendaient l’inculte Jean-Claude Ngakosso et l’ineffable Jean-Bruno Itoua quand, durant 27 mois, on prive de bourses des potaches envoyés étudier une discipline aussi redoutable que la médecine, et, comble de complexité, dans une langue étrangère (l’espagnol) ?

El Sass « es un hombre mucho loco » ont dû penser les Cubains.

Signalons, au passage, que c’est le niveau scolaire de toute la République de Sassou qui a baissé. Les étudiants de Cuba ne sont que le symptôme d’un mal profond qui mine l’ensemble du pays. Pourquoi s’en étonner quand Sassou préfère s’équiper en armements, acheter des résidences ç l’étranger au lieu de construire des écoles dans son pays. Est-il besoin de sortir de St-Cyr pour comprendre qu’il existe une corrélation entre la kleptomanie des mbochi et la chute de l’éducation nationale dans le néant ?

Il reste qu’il ne faut jamais désespérer de l’homme. Un retard scolaire, ça se rattrape ; le niveau scolaire, ça s’élève. Ce processus cognitif, s’appelle EDUQUER (en latin, educare, extraire de la médiocrité). Ce pays a tout de même accouché de génies littéraires comme Tchicaya U Tam’si, Sony Labou Tansi, Alain Mabanckou...

Malheureusement, avec la sauvagerie qui leur sert de mode de fonctionnement, les autorités congolaises ont choisi la méthode forte pour régler la crise estudiantine congolo-cubaine. Donnez des conditions de travail, fournissez des conditions de production, vous extrairiez n’importe quel cancre de la misère intellectuelle. C’est Jean-Jacques Rousseau, c’est Victor Hugo qui l’ont dit.

Les Disparus du Beach

Il faut craindre le syndrome du Beach. Zéphyrin Raymond Mboulou qui vient de marier avec pompes son fils à Paris a beau être rassurant quant à la sécurité des refoulés de Cuba, redoutons, à leur descente d’avion à Maya-Maya, redoutons ce qui se passa au Beach en 1999 quand Sassou rassura des compatriotes de rentrer à Brazzaville après la guerre civile.

On a eu les Disparus du Beach, on a peur d’avoir les Disparus de Maya-Maya.

Parents Mbochi des étudiants de Cuba, soyez vigilants ! Peuple Congolais faisons tout pour qu’il n’y ait pas un remake du Beach.

Thierry Oko