A l’initiative du Président du Front Uni des Républicains Congolais (F.U.R.C.), Raymond Timothée MACKITHA et de Paul-Guyvish MATSIONA, économiste militant de la liberté et de la démocratie, l’opposition congolaise dans l’ensemble de ses composantes se réunit le jeudi 29 mai 2003 de 9 heures à 17 heures à Rouen en Haute-Normandie (France).

Pour que les actions politiques, juridiques menées ces derniers temps en France puissent se perpétuer et s’amplifier, il importe de rassembler à l’échelle de ce pays, les partis politiques, les associations et organismes non gouvernementaux, les groupes de travail et les individualités, dans un réseau organisé, qui soit capable d’unir les forces, de définir des objectifs et d’élaborer des projets communs. Ces actions de toute nature qui ont eu lieu en France présentent les mêmes motivations, celles de prendre la défense des droits de l’Homme, de la démocratie et du développement de la population congolaise toute entière. Cette population est ignorée royalement par le régime en place qui, soucieux avant tout de conserver son pouvoir acquis par les armes, criminalise l’Etat et pratique la violence aveugle, ceci avec l’appui des mercenaires. Il importe qu’un véritable contre-pouvoir fasse espérer pour demain le développement, la dé mocratie et le respect de la vie humaine au Congo-Brazzaville, à travers des forces d’action diversifiées exprimant comme au Contre-sommet France Afrique des 19-21 février 2003 et à la Marche du 22 février 2003 les aspirations des congolaises et des congolais.

Face à des forces rétrogrades orientées vers la prédation des deniers publics et la restauration de l’Etat-P.C.T., notamment à travers le démantèlement de tous les acquis de la Conférence Nationales Souveraine de 1991, l’abrogation de la Constitution de 1992 et sa substitution par une autre qui en réalité consacre le culte d’un seul homme, l’opposition congolaise doit être une force de pression pouvant et devant contraindre le régime de Brazzaville à placer la République du Congo au centre de ses préoccupations.

C’est pourquoi, nous proposons que soient tenus à Rouen des états généraux de l’opposition qui auront pour but d’élaborer un code de conduite et de mettre en place une structure de combat politique rassemblant toutes les formes organisationnelles de résistance à la politique de la terre brûlée pratiquée par le gouvernement actuel, et cela en toute impunité. Ces états généraux devraient donner lieu à des débats démocratiques, qui ne sauraient être des joutes où les plus habiles et les plus féroces l’emporteraient, mais des échanges d’idées et d’arguments clairs sur la restauration de la démocratie dans notre pays, sur le respect des droits de l’Homme et sur l’avenir de la jeunesse congolaise. De plus, ils créeront des liens permanents propres à rendre possible la mobilisation rapide en vue d’actions communes - sans introduire aucune forme centralisatrice et sans rien perdre de la diversité des inspirations enrichissan tes des différentes entités traditionnelles. Enfin, ces états généraux devraient pouvoir réfléchir sur une plate-forme de l’opposition.

Quand nous parlons de construire le Congo, il faut partir d’un ensemble de tâches politiques que nous aurons fixées à un moment donné de l’Histoire. Et de ce point de vue, les états généraux de Rouen devraient jeter les bases d’une véritable culture organisationnelle de l’opposition qui est cette compréhension commune, de la façon d’agir collectivement, de se présenter publiquement et de débattre des divergences en son sein ; une culture qui permette la cohésion de nos efforts et aidera à refonder le Congo dans l’unité, le travail et le progrès.

Rouen, le 24 mars 2003