Sassou a finalement eu François Hollande, Président français qui vient d’annoncer ce jeudi 1er décembre 2016 sa décision de ne pas se représenter aux présidentielles de 2017. En effet, Hollande quitte la scène tandis que Sassou dont il voulait la tête sera toujours en scène jusqu’à la fin des temps. Qui fait mieux ?

Pour une surprise, c’en est une. Mais ceux qui sont habitués à la haute politique estiment que la défection de François Hollande était la seule option intelligente qui se présentait à l’heure où les sondages (même si parfois ils se trompent) ne lui étaient guère favorables. Hollande a fait comme Lionel Jospin sonné par la victoire de Jean-Marie Le Pen. Il a déclaré forfait. Tous les analystes politiques sont restés bouche bée.

En définitive, on l’a souvent oublié, la politique c’est l’art de faire le contraire de ce que tout le monde attend. Il n’y a de véritable pouvoir qu’une articulation de coups de théâtre. Ce que ne comprit pas Sarkozy qui annonça sans surprise sa récidive. Sans surprise également, il vient de boire la tasse. A l’inverse, certains esprits retors diront que Hollande a fait ça pour se faire désirer par le peuple de gauche. Depuis hier soir, quand on lit les hommages à son endroit, cette hypothèse n’est pas si fallacieuse qu’elle en a l’air.

Ayant atteint un niveau d’impopularité jamais connu en Vème République, l’actuel locataire de l’Elysée était attendu au tournant par une foule incroyable de critiques. D’ailleurs, la veille de son jet d’éponge, un ouvrage estimé « sanglant » devrait sortir en librairie ; un ouvrage s’ajoutant à plein d’autres qui tapaient avec une violence inouïe sur le Président socialiste. Par la volteface de ce jeudi 1er décembre, François Hollande a donc coupé l’herbe sous les pieds de la critique. Au grand regret de la meute journalistique. La horde de clébards ne se pourlèchera pas les babines avec le sang de Hollande dont la tête était pourtant bonne à être jetée en pâture aux chiens comme jadis celle de Pierre Bérégovoy, au grand dam de François Mitterrand.

K.O debout à cause de la victoire aux primaires du candidat de droite François Fillon (qu’il a d’ailleurs bon an mal an félicité dans son mémorable discours d’hier soir), François Hollande ne donnera pas le plaisir à ses pourfendeurs de le brocarder en mai 2017.

Certes, il sort intact du champ très sanguinaire de la politique, mais pour paraphraser Le Cid on peut dire du stratège Hollande : « à vaincre sans bataille on triomphe sans gloire ». Puis, contrairement aux sondages, sait-on jamais, peut-être, aurait-il gagné contre Fillon, comme aux primaires de droite Fillon aura terrassé Juppé, chouchou des Instituts des sondages ! Ah ces sondages qui ont laissé un goût amer à Hillary Clinton face à Donald Trump !

La victoire de Sassou

Reste que, au bout du compte, c’est moins l’humiliation d’être battu par la droite et l’extrême droite que sa compromission avec les dictateurs africains qui a eu raison du socialiste Hollande. On se souvient qu’à son début de mandat, cet homme avait juré mettre fin au réseau de la françafrique qui n’avait que trop fait de mal aux populations des anciennes colonies françaises. C’était à Dakar, capitale de la négritude. La chose fit plus ou moins ricaner dans les palais des dictateurs nègres.

« Vous allez voir, j’aurai la tête de ce type » promit Sassou qui se sentait visé au premier chef par les menaces de François Hollande. L’argent, le nerf de la guerre, fit le reste. Qui ne se souvient pas, durant la COP 21, du signe de faiblesse de l’homme de Dakar (entendez F. Hollande) ? «  Le président congolais a le droit de consulter son peuple. » Voilà la phrase qui mit définitivement un terme aux ambitions élyséennes d’Hollande en 2017.

Sassou peut sabrer tranquillement le champagne et se délecter de tsamou-tsamou à son retour de La Havane où il est allé rendre hommage à un compère dictateur. Il a fini par avoir celui qui voulait l’avoir malgré ses 60 % aux dernières présidentielles. Pour ce coup-ci, bravo Mr 8%.

Simon Mavoula