Dans un pays comme le Congo où la vie fait toujours une marche à reculons ; où l’on se baigne plusieurs fois dans les mêmes eaux ; où l’histoire bégaye et se répète ; où le sang des innocents coule à flots tous les jours ; où l’on incarcère, à la maison d’arrêt de Brazzaville des jeunes mères de famille avec leurs enfants à bas âge, parce qu’elles sont des épouses des ninja, la milice rebelle ( ?) ; où l’on a assassiné un cardinal et tué par empoisonnement trois évêques, où pour reconquérir le pouvoir perdu dans une élection, on se permet de tuer 400.000 personnes ; où pour conserver le pouvoir qui, pourtant, est arrivé à la fin, conformément à la loi fondamentale du pays, on extermine une tribu jugée, à tort ou à raison, rebelle ; où l’on enterre vivants six jeunes miliciens rebelles ; où l’on brûle vivants dans un grenier 40 pauvres paysans ; où l’on arrête arbitrairement et assassine lâchement les opposants et leurs militants parce qu’ils ont tout simplement refusé de reconnaitre des résultats électoraux qui sont truqués ; où l’on torture les prisonniers jusqu’à leur arracher la vie ; où la violence est devenue une forme de gouvernance et le détournement des biens publics ainsi que l’enrichissement illicite ne sont pas des délits ; où l’on affame le peuple pour le soumettre ; où le taux de malnutrition aiguë parmi les enfants déplacés de la guerre du Pool, âgés de moins de cinq ans, interpelle, il serait lâche et insensé pour moi : chrétien, journaliste et écrivain donc prophète de mon temps, d’utiliser la fable, la métaphore ou la parabole pour faire entendre au-delà des horizons les pleurs et les cris de détresse des Congolais.

C’est pourquoi dans ce recueil de nouvelles, titré « Quand la rue s’en mêle », j’inaugure l’« Inforoman » qui est un nouveau style dans le journalisme et un genre littéraire qui fond l’information dans le roman, je me permets de reconquérir ma liberté et d’établir un équilibre entre le journalisme qui obéit à une déontologie et le roman qui est un genre littéraire caractérisé essentiellement par une narration fictionnelle, je fais des portraits de quelques personnalités qui ressortent dans le filigrane de la crise sécuritaire et humanitaire que connaît le Congo-Brazzaville depuis octobre 2015. Je n’ai donc pas châtié mon style et mon langage.

C’est pourquoi aussi dans ce livre, je ne vous parlerai pas de la truie qui mange ses petits, mais de Denis Sassou Nguesso, un multirécidiviste qui massacre ses concitoyens ; de la France qui soutient les dictateurs africains, mais de son ancien président, François Hollande, qui a donné un chèque en blanc à Denis Sassou Nguesso ; de Jésus qui avait logé chez Zachée, mais du Pape François que le président congolais a invité à effectuer un voyage à Brazzaville ; de Nicodème qui était nuitamment parti s’entretenir avec Jésus, mais du président du Sénat, André Obami Itou, qui serait allé clandestinement féliciter Denis Sassou Nguesso dans sa stratégie de la conservation du pouvoir et ses succès dans la guerre du Pool ; de Judas qui a trahi Jésus, mais de Guy Brice Parfait Kolelas, leader politique, qui a trahi et abandonné ses électeurs du Pool et ses amis de l’opposition ; d’un marchand inconnu des œufs qui avait amené dans son poulailler une bagarre déclenchée loin, très loin, à la place du marché, mais de Fréderic Binsamou alias Pasteur Ntumi dont la traque sert de prétexte pour dévaster le département du Pool et massacrer toute sa population ; du têtard qui est noyé dans un étang, mais du président de la cour constitutionnelle, Auguste Iloki, avec lui tous les intellectuels congolais qui ont été incapables de mener le débat sur l’évolution des institutions dans leur pays, point de départ de la crise sécuritaire et humanitaire que connaît le Congo-Brazzaville, aujourd’hui.

« L’Inforoman, suivi de Quand la rue s’en mêle…, » (recueil de nouvelles)
Serge Armand ZANZALA,
Fondation littéraire Fleur de Lys,
Lévis, Québec, 2017, 300 pages.

Édité par la Fondation littéraire Fleur de Lys, organisme sans but lucratif,
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Disponible en version numérique uniquement (PDF ET EPUB)

ISBN 978-2-89612-544-9

© Copyright 2017 Serge Armand ZANZALA

Photographie en couverture : L’auteur Serge Armand ZANZALA
JPEG
Dépôt légal – 3ème trimestre 2017

Bibliothèque et Archives Canada
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Du même auteur
« Afrique trente ans d’indépendance  », Montréal, Éditions Mondia du Canada, 1991, et « Kilomètre 30  » Paris, Éditions Sépia, 1992.
« Les Blancs ne sont beaux que quand ils sourient », roman, 133 pages, Paris, Éditions des Ecrivains, 2002.
« Congo-Brazza, une nation et un peuple tués par ses politiciens », chronique, 202 pages, Paris, Éditions des Écrivains, 2003.
Les « démons crachés » de l’autre République, roman, 214 pages,
Paris, Éditions L’Harmattan, 2007.
« 50 cheveux sur une tête nue
 », nouvelles sur le cinquantenaire de l’indépendance de la République du Congo,
Fondation littéraire Fleur de Lys, Lévis, Québec, 2012, 266 pages