L’ONU n’a pas les moyens financiers dont dispose l’Union Européenne. En d’autres termes, pour payer ses fonctionnaires, L’ONU est dans la nécessité de renflouer ses caisses avec l’argent venant des pays à la démocratie douteuse. Première incohérence.

La vérité est que la RDC a bien opposé une fin de non-recevoir à l’Union Africaine.
Denis Sassou Nguesso montrant à la face du monde ses plus beaux habits de la justice congolaise dans l’affaire de Jean Didier ELONGO ( une occasion, soit-dit en passant, de vendre sa justice de merde dans le reste du monde) pensait posséder l’aura de Thémis, déesse grecque de la Justice. Mais les faits sont têtus.

A titre indicatif les pyjamas pourpres des taulards sont fabriqués en Chine. Comment ne pas penser qu’il s’agit d’une opération de charme au FMI et à la France. En tout cas, voilà une couche ajoutée à la dictature car, tout individu doit comparaître libre dans un pays régulier et se présenter à la barre sous son meilleur profil de manière à ne pas faire mauvaise impression sur les jurés de correctionnel ou d’assises. Nier l’existence de droits de citoyens, c’est nier aux détenus la qualité d’êtres humains.

J’avais expliqué dans une récente intervention publique que pour arrêter un penalty, le gardien de but devrait plonger dans la direction de la balle. Et ce n’est pas le cas de l’Union Africaine, gardienne supposée de la Paix Civile !

L’UA munie de la balance de Thémis sur les bras pour peser les arguments des uns et des autres en RDC, n’a pas eu le temps de s’y rendre ou alors le temps ne lui a pas été donné par les Congolais d’aller écouter les arguments des différentes parties.

Dans cette sale course à l’échalote pour imposer un règlement sur le contentieux électoral en RDC, l’église catholique et l’Union Africaine viennent d’être humiliées à la face du monde. Mais aussi de se discréditer davantage alors que la cote de l’organisation présidée par Paul Kagamé était déjà au plus bas.

La composition de l’UA ne doit pas faire oublier que ses membres dirigent des Etats qui ressemblent aux écuries d’Augias. Serait comique celui qui oserait prendre Denis Sassou- Nguesso pour Hercule qui nettoya en une seule nuit les célèbres écuries. Son propre pays est, en effet, sale, très sale.

Les agents politiques de la RDC ont eu beau jeu de faire remarquer auxdits membres de l’UA « pourquoi ne faites-vous pas le ménage devant vos portes avant venir faire les éboueurs chez nous. » Seconde incohérence.

Et les ayants-droit de la RDC de faire prévaloir les décisions de leur Cour Constitutionnelle légitimant l’élection de Félix Tshisékédi, comme s’inscrivant dans le principe de l’« autorité de la chose jugée. » Comme Ponce Pilate, ils peuvent dire aux tirailleurs de l’Union Africaine : « Quod scripsi, scripsi  » (« Ce qui est écrit est écrit. »). On sait que harcelé par les Pharisiens, Pilate refusa de changer l’inscription « Jésus Christ, Roi des Juifs ». -(INRI)

L’UA a alors rebroussé chemin, la queue entre les jambes, comme le loup de La Fontaine après le coup de sabot du cheval. Ce lundi 21 janvier 2019, Félix Tshisékédi a été consacré Roi, dans les conditions qu’on sait et en dépit des dénégations des Sassou et Cie.

Souvenons-nous de la métaphore armurière de Frantz Fanon : L’Afrique a la forme d’un revolver dont la gâchette se trouve au Congo-Kinshasa. Sassou qui propose un gouvernement d’union nationale en RDC n’a qu’à bien se tenir. En 2021 la jurisprudence Kabila pourrait jouer à Brazzaville comme un coup de feu mortel à la propre succession de l’inamovible tyran de l’Alima.

En tout état de cause, les élections politiques en RDC ont été à l’image du marché de Bamoko (pour ne pas parler de marché de dupes ) où tout le monde est vendeur et acheteur. La foire.

La vie continue, le bon sens impose d’aller vers une transition politique de deux ans en RDC.

Très fraternellement
Adrien Houabaloukou
Président de la CDI (Convention des Démocrates Indépendants)