Le thème « la crise financière mondiale » était au centre de la causerie débat animé par M. Gervais Bouiti Viaudo, Economiste et ancien banquier congolais avec les Femmes de l’Antenne du Centre de Formation de la Femme en Politique (CFFP) au Kouilou et à Pointe-Noire, dirigée par Mme Fernande Marie Catherine Dékambi Mavoungou.

L’objectif de cette rencontre était d’informer les femmes de cette structure politique sur les conséquences de cette crise financière qui a commencée en juillet 2008 aux Etats-Unis et dont les répercutions sont déjà perceptibles en Afrique, plus précisément au Congo qui est un pays tributaire à près de 90% des matières premières demandées par les économies actuellement en crise financière et économique. Ainsi cette dépendance a dit M. Bouiti Viaudo a pour conséquence : la baisse de la demande (diminution des exportations), principalement le secteur du bois et du sucre ; le renchérissement d’un grand nombre de produits importés ; du fait de la baisse de le production dans les pays exportateurs, et elle-même venant de l’illiquidité des banques ; la baisse prévisionnelle de l’aide au développement consécutive à la chute de la croissance.

Selon le conférencier, cette crise a commencé aux Etats-Unis en juillet 2008 par la crise de l’immobilier avec des facilités financières catégorisées : la subprime, non prime et prime avec des taux très bas (2%) sur des durées de 20, 30, 40 voire 50 ans. Malheureusement, ces taux qui ont commencé à augmenter brusquement à cause de l’inflation galopante, ont asphyxié les créditaires qui n’arrivaient plus à rembourser leurs crédits et ont vu leurs maisons être hypothéqué. C’est ainsi que les banques se sont mis à vendre ces maisons de moins en moins cher pour pouvoir s’en débarrasser et récupérer l’argent prêté. De là est parti la crise qui en train de secouer toute la planète.

« Ainsi la crise, s’est propagée aussi rapidement sur toutes les économies de la planète qui débouche à ce jour sur la crise économique, et de cette manière, les économies africaines qui n’étaient pas concernées par cette crise financière avec des banques dites "boîtes à paiement de salaires", se sont vues subir l’onde du choc, du fait de leur dépendance à des matières premières exportées vers l’EU, l’Amérique et l’Asie. » a dit l’orateur.

C’est pourquoi, on note sur le plan mondial : la crise de liquidité de la plus part des grandes institutions financières, ce qui prive les investisseurs de ressources leur permettant de relancer leurs affaires ; le ralentissement du niveau d’investissement ; ce qui obère toutes les prévisions de croissance nécessaire pour la lutte contre la pauvreté ; l’intervention systématique de l’Etat pour booster l’économie dans un monde où le libéralisme a été le maître mot depuis la fin de la guerre froide ; une possibilité de repenser un nouvel ordre financier international qui doit prévenir telles crises, car le système mis en place après la crise de 1929 a montré ses limites ; et la transformation de la crise financière en crise économique, du fait de la récession économique engendrée par la crise de liquidité.

Pour les participantes, cette causerie débat leur a permis d’avoir des informations sûres claires et précises sur cette crise financière qui a des répercutions sur les économies africaines qui ne vivent que de l’exportation des matières premières. Ainsi cette dépendance risque de remettre en cause les Objectifs de Millénaire fixés les Nations Unies et aussi sur le développement prôné les Etats africains. Or il faut pour les pays africains, beaucoup travailler pour prétendre renverser la tendance comme l’ont fait d’autres peuples sous d’autres cieux, car nous avons les moyens pour arrêter cette crise, a conclu le conférencier, M. Gervais Bouiti Viaudo.