Dans son album, « Freedom in the air », l’artiste Nzongo Soul dégage un concept profond : « le yéla  » - en chantant, il faisait appel au « mayéla. »

« Wa dinga mu yéla, yéla, zingu ti tâ ku yéléla ko, ku yéla ko . »

Selon Nzongo Soul : les gens ne sont pas obligés de me croire, mais le processus de la création obéit parfois à des lois qui ne sont pas rationnelles. C’est peut-être des lois symboliques.

Yéla, ce n’est pas une chanson que j’ai écrite. Chez nous les Kongo, on aurait dit que ce sont les ancêtres qui me l’ont soufflé car c’est par un rêve que j’ai été inspiré ! Je me suis réveillé un bon matin et j’ai mis au point toute la mélodie et le texte de la chanson, mais en ne comprenant pas forcément ce que cela voulait dire.

Ce n’est que beaucoup plus tard que j’ai compris consciemment ce que mon subconscient avait compris avant. Je venais de découvrir tout simplement que comme toutes les langues, les langues bantoues avaient deux niveaux de lecture : un niveau rationnel et un niveau symbolique.

Je me suis rendu compte que entre « yéla  » et « yéla », il n’y a pas une différence de nature, mais seulement une différence de degré. Entre yéla et yéla, c’est la même réalité. On ne peut pas arriver à yéla, mûrir pour ainsi dire, sans passer par yéla, essayer. Yéla, mûrir, n’est qu’une étape avancée du fait de yéla, et cette expérience acquise par la pratique du Yéla est ce qu’on appelle le Mayéla, c’est-à-dire le ma -, qui veut dire «  prend  », et qui veut dire aussi « vient  ».

Le mayéla n’est qu’une résultante d’une activité intense de yéla (essayer). Je crois que l’ancêtre qui dort en chacun de nous savait ce qu’il faisait quand il rassemblait les mots : yéla, essayer, et yéla, mûrir.

Nzongo Soul,
in Nouvelles Congolaises, N°007, mars-avril 1996.
Propos recueillis par Alain Kounzilat

JPEG Lavilliers et Nzongo