A l’occasion du 29ème anniversaire de l’assassinat du Président Marien Ngouabi, nous projetions de rencontrer le colonel Roland Ngouabi, l’aîné de ses enfants survivants, pour qu’il nous parle de son père. La rencontre s’est faite quelques jours trop tard, il s’est cependant prêté au jeu des questions de Roger Tello, Daniel Lobé Diboto et Ya Sanza qui ont, comme vous l’allez lire, largement débordé l’ordre du jour.

Roger Tello : Qu’évoque pour vous la date du 18 mars 1977

Colonel Roland Ngouabi : C’est d’abord un événement douloureux et tragique pour moi parce que c’est la perte d’un père. Ça ne me rappelle rien de très bon si ce n’est les sirènes, le fait que mon défunt grand frère était venu en catastrophe dans une Peugeot 504 plein de sang puisqu’il conduisait déjà à 13 ans et demi, il est entré dans l’enceinte de l’Ecole des Cadets en pleurs au volant, il délirait un peu. Et aussitôt on nous a emmenés mon défunt grand frère et moi chez le colonel Odonko, à l’époque je crois que c’est à Poto Poto, nous avons passé toute la journée là-bas. Il y avait les coups de feu, le couvre-feu, la situation était un peu tendue, c’est surtout ça. En dehors des coups de feu, il y avait les gens qui couraient de gauche à droite, puisque l’école militaire n’est pas très loin de la Présidence c’est une distance de 500m à vol d’oiseau.

RT : Et à quel moment on vous à dit que le commandant Marien Ngouabi était décédé ?

R.NG : Le lendemain.

RT : Le lendemain samedi ?

R.NG : Oui puisqu’au départ on disait qu’il était blessé.

RT : Qui vous apporte la nouvelle, les parents ?

R.NG : Ce sont les parents qui étaient avec nous. Ils ont tout d’abord caché la nouvelle, mais je crois que mon grand frère puisqu’il avait soulevé le corps plus ou moins traumatisé, il savait ce qu’il en était étant donné qu’il l’avait emmené à l’hôpital.

RT : Le commandant Ngouabi en tant que président de la république était-il en tenue militaire ?

R.NG : Je n’étais pas présent, non je ne crois pas, c’est mon défunt grand frère qui était présent et qui avait suivi la bagarre à un rayon de 50 à 100m puisqu’il était à la balançoire, il observait de loin. Le temps qu’il aille prendre la garde, il y a eu des coups de feu.

RT : S’agit-il de votre frère Marien ?

R.NG : Oui mon aîné d’un an et demi.

RT : Et les autres frères cadets ?

R.NG : Ils étaient trop petits, je crois que celle qui me suit Dominique la fille elle devait avoir 4 ans.

RT : A ce moment là où se trouvait Madame Ngouabi ?

R.NG : Dans ses appartements au premier étage.

RT : On vous annonce la nouvelle un bon matin, la famille est sous le choc : les dispositions à prendre ?

R.NG : Nous avons été conduits chez le président du Comité Militaire du Parti (CMP), le Président Yombi puisqu’il avait le couvre feu.

RT : Mon Colonel, avec le temps on vous a explique le scénario est-ce que ça vous étonne parfois ?

R.NG : Soyez plus précis.

Ya Sanza : C’est-à-dire au fur et à mesure que vous avez eu 13,14,15 ans vous n’avez pas eu soif de connaître la vérité ?

R.NG : Nous nous en tenions à notre âge à la version officielle, car on a pas la maturité pour trouver quelque chose de flou à 12 ans.

Y.S : Colonel, aujourd’hui avec le recul du temps et le regard d’un adulte mettez-vous en question cette version officielle ?

R.NG : C’est-à-dire ?

Daniel Lobé Diboto : Est-ce que pour vous il y a un doute par rapport à la version officielle ou vous la tenez pour authentique ?

R.NG : Je ne peux pas vous répondre là-dessus. Pour moi j’analyse les procès qu’il y a eu et je fais ma synthèse, parce que vous savez ces histoires politiques sont compliquées.

RT : Qu’elle est votre synthèse ?

R.NG : Que voulez-vous dire ?

RT : Comment analysez-vous les vérités, contre vérités, et les révélations des journaux ? (DLD montre à Rolland Ngouabi le magazine Afrique Education N°167 du 01 au 15 nov. 2004, où en pages 22,23,24 est accréditée la thèse d’un assassinat fomenté par les membres les plus influents du PCT qui auraient redouté que Marien Ngouabi restitue le pouvoir à Alphonse Massamba Débat)

R.NG : Je ne peux pas vous répondre parce qu’il y a tellement de versions. Mais je n’étais pas au courant de celle que vous me présentez, (il lit quelques lignes) c’est la première fois que je la vois. Pourrais-je en avoir une photocopie ? (Il appelle un planton qui va photocopier l’article).

RT : Quelle est la version du Colonel Roland Ngouabi ?

R.NG : J’étais trop petit, et je n’ai jamais enquêté, d’ailleurs je ne suis pas habilité à le faire ; je ne vois pas comment je vais me mettre à mener une enquête.

RT : Etes-vous libre dans votre esprit, vous passez à gauche et à droite il y a l’Université Marien Ngouabi, le mausolée Marien Ngouabi, l’Avenue Marien Ngouabi, quel est votre sentiment lorsque vous entendez parler du nom de votre papa ?

R.NG : Personnellement je me dis que si sa mémoire perdure, ce n’est pas seulement au Congo, j’ai voyagé et j’ai rencontré beaucoup des gens importants même en France, je crois qu’à l’époque le dirigeant de la banque de France ou du Crédit Lyonnais qui m’avait beaucoup parlé de lui ; j’en étais surpris. Donc il a une auréole internationale du fait qu’il était un homme de dialogue, proche des populations, puis assez humble, désintéressé par l’enrichissement illicite. Je crois que ces valeurs là, ses qualités humaines qui ont fait que les gens puissent peréniser sa mémoire. Vous savez il y a aussi le contexte politique : l’héritage du PCT qui joue. En somme il y a donc beaucoup d’aspects positifs.

RT : Est-ce qu’aujourd’hui mon Colonel, vos relations avec les membres du PCT sont bonnes ?

R.NG : Vous savez du fait que je suis dans la force publique je n’ai pas un regard approfondi sur la question. J’observe de loin et mon opinion reste... Ce genre de question il faut les poser à mes frères qui font la politique et par conséquent sont membres du parti. Parce que naturellement tout officier ou homme de rang n’a pas vocation de faire la politique. Je peux donner un point de vue parce que c’est quand même le parti de mon défunt père.

RT : Est-ce que vous partez à Owando ?

R.NG : Assez souvent oui...

RT : A Ombélé ?

R.NG : Bien sûr.

RT : Vous parlez avec les parents ?

R.NG : Bien sûr nous sommes toujours liés. C’est un réflexe que nous avions avec mon défunt grand frère nous allions souvent au village.

Y.S : Cette année contrairement à l’euphorie d’antan la commémoration du décès de votre père se fait avec une certaine discrétion. On se rend compte qu’à Brazzaville le mausolée, où rappelons le, il n’est pas enterré, est envahi par les herbes, il n’y a plus de garde d’honneur et manifestement il y a une volonté de faire de Savorgnan de Brazza la figure de proue de l’histoire du Congo. Est-ce que vous pensez qu’on est entrain d’opérer une « démarienisation » du pays ? N’est pas une façon d’effacer la date du 18 Mars 1977 ?

R.NG : Je crois que vous m’emmenez là dans un chapitre historique. Parlant de monsieur Savorgnan de Brazza, c’est quand même un personnage assez aimé des populations d’Afrique centrale, ce n’était pas un conquérant mais plutôt un homme de dialogue, proche des populations, ce qui a suscité l’admiration des peuples à l’époque. Donc je ne pense pas qu’il faudrait faire l’amalgame entre le président Marien Ngouabi et l’histoire de la ville de Brazzaville je ne vais pas rentre dans ces détails là. J’ai plutôt le sentiment que c’est dans le domaine entre les pays.

Effectivement, vous avez raison, il y a comme une négligence au niveau de l’entretien du musée, et certains faits sont constatés. Mais je crois que c’est plus lié à la démocratisation du pays. A mon avis c’est la démocratie, le multipartisme, par conséquent il y a certains privilèges qui sont réduits parce que les chefs d’Etat... il n’y a pas que le président Marien Ngouabi. A mon avis il faut réhabiliter tous les autres chefs d’Etat.

Y.S : Je reviens sur l’idée que j’avais au départ : vos relations avec votre père. Je sais que c’est loin, vous étiez très jeune. Mais étiez-vous proche de lui ? Etait-il un homme qui s’occupait de ses enfants, qui arrivait à leur donner de son temps ? Comment était Marien Ngouabi à l’intérieur de la cellule familiale ?

R.NG : Malheureusement il était beaucoup pris par les affaires d’Etat, c’est normal. Je pense qu’après les heures de travail il était très proche de ses enfants, il était souvent en famille. Par ailleurs il était pris jusqu’à des heures tardives parfois jusqu’à 4 heures du matin.
A l’époque vous savez qu’il y avait l’ardeur révolutionnaire qui est liée aux indépendances ça et là de certain pays africains. Vu cette ardeur socialiste, révolutionnaire qui s’explique par le mouvement de l’indépendance et ce genre de parti proche du système soviétique ou chinois il régnait un climat de congrès, sessions à répétition, c’était la grande bureaucratie si bien qu’on le voyait rarement. Cependant il était disponible aux heures de repas et les après-midi.

Y.S : Lorsqu’on parle de Marien Ngouabi en le comparant à d’autres Présidents, les congolais aiment bien dire qu’il était très simple, qu’il allait faire ses courses lui-même, il poussait son chariot, il faisait les files d’attente dans les super marchés, est-ce que à votre avis ça fait partie de la légende ou de la réalité du personnage ?

R.NG : Bien il n’y a pas de fumée sans feu, on le dit. Nous, ce que nous avons constaté c’est qu’il était désintéressé par le luxe, tout ce qui est lié à un certaine bourgeoisie et nous l’avons vécu à maintes reprises. Je me rappelle que quand Mohamed Ali a gagné son combat de boxe contre Georges Forman à Kinshasa, nous avons voulu faire une surprise pendant le banquet à la présidence. Le trio Magesi devait se produire à cette occasion. Nous avions acheté des équipements de boxe aux fins de simuler avec mon frère le combat Ali/Forman. Dès que papa a su que nous avions acheté les gants, shorts et bottes c’était tout un scandale, il nous a parlé comme si nous étions des grandes personnes : « Vous gaspillez l’argent dans les magasins pendant que le peuple a faim... »

RT : Il vous a dit ça ?

R.NG : Oui ! Nous avions quand même 11 ans et en tant que fils de président on ne peut pas s’acheter une paire de bottes, ça nous a marqué. Il tenait à ce qu’il n’y ait pas de gaspillage.

RT : Parlons de son patrimoine il n’a rien laissé, pas de chèque, pas de compte en banque ?

R.NG : Malheureusement il n’a rien laissé, rien du tout. C’est une grande famille il n’a rien laissé : ses comptes bancaires ne sont que légende. L’appartement qui est habité par ma mère à Strasbourg (France) a été offert par le président algérien Houari Boumediene, à l’époque ce n’est pas l’argent de l’Etat congolais, c’est un cadeau que le président Boumediene avait fait à ma mère parce que nous étions à l’hôtel lors du divorce en 1972. De ce côté-là il était intègre.

RT : Et la villa qui est juste à côté de l’ambassade américaine à Brazzaville ?

R.NG : Elle n’était pas encore payé lors de son décès sinon en partie et le solde a été réglé par le président du CMP, Joachim Yombi Opango.

Y.S : Comment la famille à-t-elle survécu puisqu’elle n’avait rien ?

R.NG : Mais... je ne comprends pas très bien la question.

RT : On comptait plus par exemple sur l’avocat Okoko, le Colonel Odonko, les parents, le Colonel Yabo, comment l’on vous aidait pour subvenir à vos besoins ?

R.NG : Nous étions plus ou moins gérés par la présidence.

Y.S : Une pension ?

R.NG : Le minimum pour vivre et un dispositif de personnel minimum, par exemple un cuisinier...il n’y avait pas de problème.

RT : En face (commissariat centrale et bureaux du colonel Roland Ngouabi), au bord de la mer le commandant Marien Ngouabi avait laissé un immeuble dit-on.

R.NG : Je ne sais pas si c’est dans le cas de la rumeur je n’ai pas d’éléments palpables. J’étais trop jeune 11-12 ans je ne pouvais pas maîtriser ce genre de situation.

RT : A Owando, par exemple à Ombélé j’ai visité la maison laissée par le président Ngouabi, est-ce votre patrimoine ou celui des parents ?

R.NG : Non c’est notre patrimoine, qui était géré par la défunte grand-mère. Actuellement nous avons des cousins qui sont là-bas pour assurer le minimum.

RT : Au centre-ville à Brazzaville,vers le marché il y a un bâtiment laissé par papa.

R.NG : Là il se pose un petit contentieux de famille puisqu’il n’a pas laissé de testament. En tant qu’aîné je m’oblige de réunir mes frères et sœurs aux fins de trouver une solution, puisque nous sommes quand même 10, nous étions 11 moins le défunt.

RT : Quand vous êtes devant les proches de papa, par exemple le professeur Anaclet Thiomambé, Henri Okongo, est-ce que vous parlez très bien ?

R.NG : Oui, ce sont des rapports pour le moins suggestifs : bonjour papa, au revoir papa, ça s’arrête là. C’est un contact physique de quelques heures, je sais que nous sommes des proches mais il n’y a pas de vraie fréquentation, on peut passer des mois et des mois.

RT : Dominique Ngouabi, est souvent à Pointe-Noire, vous consultez-vous afin de couvrir quelques problèmes de famille ?

R.NG : C’est bien que vous en parliez, parce que c’est lui qui émerge avec ma sœur cadette Dominique la fille, ils sont plus ou moins dans les affaires et effectivement il donne un coup de pousse ça et là dans la famille. Il est quand même un peu entreprenant en Angola, au Centrafrique et en France, il bouge beaucoup.

RT : Mon Colonel, savez-vous que votre nom Ngouabi est un passeport et que vous pouvez résoudre de grands problèmes ?

R.NG : Bien entendu, même à l’étranger je ne peux pas rentrer dans les détails.

RT : Quand vous êtes à Pointe-Noire ou à Brazzaville, le regard du peuple vous le sentez réceptif parce qu’il y a Ngouabi fils qui passe ?

R.NG : Tout à fait je l’ai vécu plusieurs fois, mais ça s’explique du fait que le président n’a pas laissé des traces négatives sur son passage au pouvoir même si il a eu des problèmes avec certains opposants, ils sont tous en vie, c’est la preuve palpable. Voilà pourquoi quand j’ai travaillé à Mpaka en qualité de chef d’Espoir en 2004, voici une anecdote : il y avait un monsieur avec sa famille à l’église, comme les gens aiment raconter n’importe quoi, il montre le conteneur, et il dit que c’est là que le commandant Ngouabi met les cadavres. Malheureusement, il y avait un policier en civil qui l’a fait descendre avec sa famille et l’a emmener à l’intérieur, il l’ouvrit le conteneur, « Monsieur vous parlez de cadavres, ici ce sont les outils de SOCOFRAN. » Quand je suis arrivé sur les lieux la question que j’ai posé à ce monsieur était la suivante : « Est-ce que du vivant de mon père il faisait couler du sang ? Pourquoi voulez-vous aujourd’hui que je le fasse ? Mon père n’étant pas sanguinaire pourquoi voulez-vous que je le sois ? ».

YS : J’aimerais vous reposer la question d’une manière plus abrupte, tirez-vous avantage de votre nom ?

R.NG : Dire la contraire ça serait mentir, qu’on le veuille ou non, quand on est fils de... automatiquement vous tirez des avantages. Ce serait malhonnête de dire le contraire.

RT : Vous balayez d’un revers de la main tout ce qui est rumeur à Pointe-Noire, que le colonel Ngouabi à fait X ou Y ?

R.NG : C’était déjà démontré sur la chaîne de télévision TPT (Télévision Pour Tous) j’avais prouvé que c’était des rumeurs... Soyez direct vous voulez parler de quel problème ?

RT : Le Colonel Ngouabi a tapé X, il a violé Y et ainsi de suite.

R.NG : Oui, voilà... ça tombe bien ; je me suis rencontré avec des gens qui parlent de moi, sans savoir que c’est moi plusieurs fois.

RT : Malgré la popularité ils ne vous reconnaissent pas ?

R.NG : Ils me disent, « Oui il était là, il a fait ci, dis donc, il a fait ça ! ». Voyez-vous dans les pays assez sous développés les gens vivent beaucoup de rumeurs et de légendes, ils racontent n’importe quoi. L’histoire de Mpaka relative au viol, s’agissant de mademoiselle Laetitia Mavoungou, c’est une amie qui vit depuis deux ans avec moi. Elle vivait avec moi à la Résidence Pemba, elle n’a pas eu seulement le courage de dire la vérité à ses parents. Je l’ai prouvé après, en dépit du fait que les chefs étaient contre moi. J’ai demandé aux inspecteurs de vérifier à la Résidence Pemba en présence de la fille. C’est vérifié en une heure. Oh ! non, non ! C’est parce qu’il y avait un lobby des chefs qui vivait dans cette rumeur, et un peu de jalousie. Ça a été démontré, vu que la rumeur avait circulé, j’ai été démis de mes fonctions ensuite remis dans mes fonctions. Et justement je vais vous expliquer quelque chose : dans la police, nous avons un système de prévention, mais dès lors que nous sommes face à la délinquance criminelle, nous avons des méthodes coercitives. Nous n’allons pas traiter un avocat ou un citoyen paisible comme un criminel de sang ou comme un violeur. A ce moment nous utilisons les moyens plus ou moins coercitifs. En fait c’est la politique du bâton, c’est contre les gens qui méritent ce traitement. C’est en ce moment que les gens font l’amalgame et disent que je suis violent. Nous sommes en face des gens qui ne comprennent que le langage de la force.

RT : Les jeunes surnommés "chégués" au rayon du grand marché vous admirent et vous prennent pour leur avocat, à quoi est due cette admiration ?

R.NG : Elle est due au règlement de certains problèmes sociaux, l’homme est souvent biface, il y a un côté qui critique autrui et l’autre qui l’admire. L’homme prend plaisir à salir l’autre, et c’est mon cas ; comme si ces gens médisant sur moi avaient un objectif précis. Ils parlent de moi en mal, tenez j’ai à Brazzaville une association Des Mères Sinistrées où j’essaie d’aider avec le peu de moyens que j’ai les mamans démunies. Suis-je si méchant que ça comme aiment le dire certains congolais ?

RT : Mon Colonel à l’époque vous étiez parachutiste et aujourd’hui vous voilà dans la police, qu’est-ce qui vous a poussé à changer de corps ?

R.NG : Non, je ne peux pas répondre, j’ai des raisons personnelles.

RT : Bon sportif également, cultivez-vous toujours cet esprit de tranquillité ?

R.NG : Honnêtement je ne pratique plus le sport, mais je vais m’y réatteler parce que étant un grand sportif, dès que vous arrêtez, vous sentez de petites fièvres, etc. Je vais reprendre le sport et même de part mes fonctions, je suis obligé. Quand je dis que j’ai laissé le sport, c’est le sport intensif parce que je m’entraîne quatre heures par jour. Ça ne veut pas dire que j’ai tout arrêté.

DLD : Vous convenez que votre nom est un passeport. Vous sentez-vous interpellé par le devoir un jour d’assurer de hautes fonctions politiques dans ce pays ?

R.NG : Des postes de responsabilité, nous en avons tous à tous les niveaux. Prenez un directeur d cabinet, un ministre, un chef de service, tout le monde a une part à faire pour l’émancipation de la Nation. Donc toute personne est apte à apporter sa pierre dans l’édification de la Nation. Mais dire que je suis voué à telle ou telle fonction, non !

RT : Ça veut dire que vous êtes libre de travailler là où l’on vous envoie ?

R.NG : Là où je me sens apte de part ma formation professionnelle. Mais je vous ai dit que je ne fais pas de politique. Je ne me vois pas être leader quelque part.

RT : Vous est-il arrivé de recevoir des propositions pour que vous occupiez un poste politique ? Par exemple, quel poste ?

R.NG : Bien sûr, il y a beaucoup de dirigeants du PCT qui m’ont proposé de me placer dans la politique, mais c’est incompatible avec mes fonctions dans la force publique.

YS : vous n’avez jamais été tenté d’abandonner vos fonctions ?

R.NG : Bien sûr, j’ai déjà été tenté de changer de carrière, mais c’est difficile d’aller faire de la politique. Les meetings supposent que j’abandonne la force publique, or, je me sens bien où je suis. Je ne vois pas ce schéma.

YS : vous êtes au Corps Urbain, comment expliquez vous la présence d’un tel arsenal dans votre bureau ? (2 fusils à pompe, un PMAK, un lance grenades très visibles dans un ratelier)

R.NG : Oui, c’est parce que je suis le second du commandant du Corps Urbain, le colonel Iloko Urbain. Je suis donc chef d’état-major. Je m’occupe des unités spécialisées de la police : la Brigade Anti Criminalité (BAC), la Compagnie d’Intervention (CI), la Compagnie de Circulation Routière (CCR) et la compagnie de proximité et d’îlotage. Si vous êtes surpris par cet arsenal, c’est parce que nous sommes dans un pays en post conflit. Nous pouvons avoir à faire à des bandits armés d’armes de guerre, ce qui n’est pas le cas dans certains pays où il y a la sécurité publique. Voilà pourquoi vous voyez cet armement un peu sophistiqué. C’est parce qu’on peut intervenir dans des endroits où il y a des bandits armés, des militaires délinquants et autres malfrats.

RT : Avez-vous de bons rapports avec ceux qui ont succédé à papa : Joachin Yombi, André Milongo à la transition, Denis Sassou Ngesso, Pascal Lissouba, Mr Kombo ?

R.NG : Bien, je commence par le Président Yombi, que j’appelle papa, j’ai grandi aussi auprès du Président Sassou qui est mon père adoptif. Nous avons de très bons rapports. Le Président Milongo, bien sûr, je l’ai vu à plusieurs reprises, il me reçoit cordialement. Nous n’avons pas de problème. Vous savez que Mr Kombo est resté longtemps à Owando. Nos rapports sont directs et francs. Bon, le Président Lissouba, je n’ai pas eu trop de relations avec lui peut être parce que j’étais à l’époque à Pointe-Noire, je pense que mon jeune frère le connaît mieux que moi.

RT : Etes vous populaire ?

R.NG : Je ne sais pas, je n’ai jamais fait de sondage.

YS : Merci colonel de nous avoir accordé autant de votre temps.

R.NG : Merci à vous, mais vous aviez des questions piège.

ERRATA :

Vous avez lu la longue interview que le colonel Roland a accordée à Roger TELLO,Daniel LOBE DIBOTO et Ya SANZA. Quelques coquilles se sont glissées dans les noms et prénoms de quelques cadres civils et responsables des Forces Armées Congolaises. Nous sollicitons votre indulgence et présentons des excuses à ces derniers.

Lire ainsi qu’il suit :

- Colonel Henri ONDOKO
- Colonel Gaston EYABO
- Capitaine Nicolas OKONGO
- Maître Jacques OKOKO
- Profeseur Anaclet TSOMAMBET
- Monseigneur Ernest KOMBO
- Colonel IKOLO
- Denis SASSOU-NGUESSO
- Joachim YOMBI-OPANGO
- Personne morale :orchestre SOSOLISSO du Trio MADJESI (Mario,Djeskin,Sinatra)
- Question de RT : Au centre-ville d’OWANDO, vers le marché, il y’a un bâtiment laissé par Papa (et non au centre- ville de Brazzaville...)