Lundi 22 février, le général Jean-Marie Michel Mokoko est sorti libre de son audition à la DGST (de sinistre mémoire) où il avait été convoqué et où il s’était rendu de son plein gré (après deux refus). Cette relaxe n’a pas dû être du goût de Sassou qui, semble-t-il, ne compte pas en rester là. Il projette invalider la candidature de son rival devenu de plus en plus populaire.

Tony Gilbert Moudilou le piégeur

La convocation du général s’est appuyée sur une vidéo (rendue célèbre par les soins du pouvoir de Sassou) où le prévenu envisageait faire un coup d’état . L’auteur de cette vidéo qui « tue » (selon Marion Mandziba et Me Massengo Tiassé (Radio-Forum) proches du général) serait Tony Gilbert Moudilou.

Le nom du « metteur en scène » était resté jusque là discret.

Pour la petite histoire

Tony Moudilou aurait contacté le général Mokoko en vue d’une banale affaire de titre de séjour du fils de l’ancien chef d’état-major. Pendant la conversation, Moudilou entraînera subrepticement son interlocuteur sur la politique de Sassou et l’éventualité de mener une action contre lui. Le sieur Tony Moudilou mettra alors en contact le général Mokoko avec le faux agent de la DST qui apparaît dans le document filmé. Tony Moudilou, metteur en scène de la mortelle vidéo l’aurait ensuite vendue à Sassou moyennant 150 millions de fcfa, (30.000 euros). Voilà pour le piège de Moudilou Tony.

Joint au téléphone, le supposé auteur de la vidéo a nié en bloc. « C’est de la diffamation, de la masturbation intellectuelle » a dit, très remonté, Monsieur Tony Moudilou.

Cependant, dans un article paru dans Zenga-Mambu, celui qui se dit avocat écrit être l’auteur du « coup d’Etat » qu’on attribue à Mokoko.

« SASSOU NGUESSO LE COUP D’ÉTAT POUR LEQUEL TU CHERCHES DES POUX SUR LA TÈTE BIEN RASÉE DU GENERAL, A T’ACHARNER CONTRE UN PAISIBLE GENERAL, CE N’EST PAS LUI MAIS C’EST MOI.OUI SASSOU NGUESSO C’EST MOI MOUDILOU TONY GILBERT FILS DE DIAMBAKA PAUL ET DE NKATOUKOULOU HENRIETTE QUI SUIS L’INITIATEUR, QUI AI EU L’IDÉE SALVATRICE POUR NOTRE PEUPLE ET NOTRE PAYS DE TE METTRE HORS D’ÉTAT DE NOUS NUIRE, NOUS VOLER, NOUS ASSASSINER ET NOUS PRENDRE POUR DES CONS QUE NOUS NE SOMMES PAS ; NON CE N’EST PAS LE GENERAL J.M.M.MOKOKO. C’est moi, avec mon argent. » avoue-t-il dans l’article intitulé « L’acharnement ou la lâcheté absolue d’un minable délinquant notoire ».

Piège dans le piège ?

A propos de la célèbre vidéo, il y en aurait en fait deux. Le montage vu sur les réseaux sociaux ne serait pas celui détenu par l’équipe de Jean-Dominique Okemba. Qui serait l’auteur de cette « mise en abyme » (film dans le film ) ? Y aurait-il une troisième vidéo ? Une quatrième ? En tous cas la vidéo a subi plusieurs montages. D’ailleurs soumise à un logiciel de décryptage, la vidéo incriminée indique des ruptures insolites par rapport à la concordance son/image. Bref, un excellent travail de ciseaux comme savent le faire les spécialistes ès complots.

Le général, libre

Convoqué après un âpre acharnement judiciaire durant tout le week-end, le « rival » de Sassou (entendez le général Mokoko) s’est présenté chez le juge de son propre gré ce lundi 22 février 2016 dès 10 heures ce matin. L’audition a tourné autour de la fameuse cassette. Sans lâcher le nom de l’auteur de la vidéo, le général aurait simplement indiqué qu’il s’agissait d’un « ressortissant du Pool résident à Paris. »

Le général Mokoko est ressorti libre de son audition tard cet après-midi.

Victoire de Mokoko ?

On pourrait parler d’une demi-victoire du général. Mais pas si vite. Les autorités judiciaires aux ordres de Sassou auraient procédé à cette relaxe pour, semble-t-il, mieux neutraliser politiquement le général. En vérité, le régime veut invalider sa candidature. La mise en liberté cache un piège.

Sassou compte sur les membres du Conseil Constitutionnel pour réduire à néant la candidature du général. En cas de refus, les membres du Conseil seront virés, limogés.

Neutralisation physique

Ceux qui ont auditionné le général, étaient la proie de plusieurs pressions de Mpila. Il se murmure que Sassou aurait donné l’ordre d’abattre purement et simplement le rival, ce qui, à la décharge de ses geôliers, aurait suscité un sentiment de révulsion dans la salle d’audition.
Lors de son audition au bureau du procureur, le général a été « cuisiné » par des colonels parmi lesquels un certain Bakala.

L’avis de l’Union Européenne

Après la réaction de l’Union Européenne qui refuse de valider les institutions politiques mises en place par Sassou depuis le mois d’octobre dernier, le général Mokoko peut considérer cette solidarité internationale comme les indices d’une victoire.

Simon Mavoula