Sassou est récemment allé mendier chez les Emirs du Moyen-Orient. Bons Princes, ceux-ci ont accepté de lui faire l’aumône sous la forme d’une promesse : un hôpital à Oyo.

En visite officielle dans les Emirats Arabes Unis, le président Denis Sassou Nguesso a mis ses talents de négociateur au service de La Nouvelle Espérance. L’objectif était de convaincre les détenteurs de capitaux d’investir au Congo-Brazzaville. Vaste programme ! L’ambition de Sassou, le VRP, de vendre son pays à l’étranger, était sans doute bonne et hasardeuse à la fois surtout en ces temps de congo-scepticisme ambiant. Le risque-pays est très élevé en raison des secousses politiques et du manque de crédibilité auprès des milieux financiers internationaux. Le Congo-Brazzaville a perdu toute confiance des créanciers aussi bien publics que privés. Denis Sassou Nguesso a réussi par contre un tour de magie : toucher la corde sensible des bienfaiteurs émirs arabes. Désormais, les pétro-dollars du golfe se mettront au chevet du Congo-Brazzaville (Cf Jeune Afrique L’intelligent, 31 mai 2007).

Nouvelle espérance et mendicité

Grâce aux pétro-dollars venus des Emirats arabes unis, Oyo , comme par hasard le village natal du dictateur de Mpila sera doté théoriquement d’un hôpital flambant neuf. Pourquoi pas Mbanza-Nganga dans le Pool ? Si l’argent du golfe peut financer les infrastructures du pays de Sassou, pourquoi les fonds propres du Congo-Brazzaville ne sont-ils pas utilisés pour la modernisation du CHU qu’est devenu un mouroir pour pauvres ; les riches préférant les hôpitaux occidentaux ? Ironie du sort l’argent des Emirs vient de leur pétrole. A quand les pétro-CFA congolais au service de la construction par exemple d’une Université moderne à Pointe-Noire ? Le dispensaire Jeanne Viale a-t-il besoin d’une donation pour sa réhabilitation afin d’assurer les soins de santé primaire ?

L’absence de grands ouvrages

C’est un secret de polichinelle. Les autorités du Congo-Brazzaville ne sont pas connues pour la réalisation de grands travaux architecturaux. Les villes congolaises sont les moins loties en infrastructures immobilières et autoroutières. Le symbole de cette absence d’ambition, le récent premier coup de pioche donné avec fastes par Sassou en personne en vue de tracer 1,5 km de route bitumée à Nkayi. Ce mardi 5 juin 2007 Firmin Ayessa est allé donner le premier coup de pelle à Makoua/Marataï pour doter cette ville d’une route goudronnée, un concept que les habitants du coin « n’ont jamais connu »(sic).

La route Brazzalle/Pointe Noire pourtant d’une importance capitale dans le développement économique attend toujours des financements.
C’est le même sort qui sera fait aux deux lignes de chemin de fer projetées notamment entre Brazzaville et Ouesso.

Poto-Poto mboka monéné, Kinshasa poto moyindo

L’étude comparative des deux villes les plus proches du monde, Brazzaville et Kinshasa, est édifiante . Il n’y a pas photo.
Sous l’impulsion de Léopold II , les colons Belges se sont illustrés comme des grands gourous du BTP. Le roi des Belges a construit Kinshasa à l’image de Bruxelles. Ce qui ne fut pas le cas des colons français à Brazzaville. Sans hésitation, non ! Cependant, plusieurs décennies après l’indépendance, le malaise architectural du Congo-Brazzaville ne saurait être imputable au seul héritage colonial. Les Brazzavilles Noires de Georges Balandier n’ont jamais mieux mérité leur nom que maintenant avec les délestages chroniques d’électricité liés à notre dépendance à Inga (RDC) alors que le fonctionnement du barrage hydroélectrique de Moukounkoulou et du Djoué pourraient alimenter tout le pays. Et que dire du projet du barrage de la Sounda entamé par Youlou jamais achevé durant les vingt ans de règne de Sassou ? Quant au barrage d’Imbouilou sur la Léfini, on n’en a jamais vu le fonctionnement alors que le coup de pioche fut donné voici près de dix ans.
La tradition dans ce pays ce sont les coups de pioches et les pose de premières pierres sans inauguration finale.
Le désenclavement de l’arrière-pays était le cheval de bataille du plan quinquennal de Sassou I conçu et théorisé par Babassana, Itadi, Bakabadio et Moussa. Ce fût un échec. Il a fait exploser la dette faisant du aujourd’hui du Congo-Brazzaville la cible des Fonds Vautour. L’enjeu financier important de ce plan n’a malheureusement pas réussi à transformer les grandes agglomérations en Poto Moyindo comme Kinshasa chanté par Antoine Moundanda. La Nouvelle Espérance a changé de fusil d’épaule. Désormais, les infrastructures sont financées par les pays charitables ainsi que les ONG. At-on jamais vu un pays développé pr les ONG ? Ainsi donc, au terme du voyage de Sassou Nguesso, les Emirats Arabes Unis se sont engagés à financer la construction d’un hôpital à Oyo dans la cuvette.

Il y a incontestablement une faillie de l’Etat. Mais La Nouvelle Espérance ne désarme pas. Elle veut se maintenir aux affaires ad vitam eternam alors qu’elle est incapable d’assumer ses missions régaliennes, comme le vote de la loi des Finances composée du budget d’Investissement et du budget de Fonctionnement. A quoi sert une Assemblée qui ne vote pas de budget ? Or ils sont en train de se battre pour constituer une nouvelle Assemblée alors que la sortante a brillé par son incompétence.
Autant dire que le sous-développement est un projet de La Nouvelle Espérance, le seul qu’elle applique avec art.