MESSAGE À LA NATION ASSISES NATIONALES DU CONGO
(Par Mawawa Mâwa-Kiese Le Délégué Général (Paris, France))

Chers Compatriotes

D’octobre 2015 à ce jour, notre pays se trouve dans une phase de décomposition politique, sociale et économique accélérée. Même si celle-ci était encore latente au moment de la décapitation de la démocratie, avec le coup d’état sanglant du 25 octobre 1997, les Congolais sont désormais clairvoyants.

Ils comprennent l’origine des désastres auxquels ils sont soumis depuis bientôt deux décennies. Dès leur création en 2014, les Assises Nationales du Congo, en appelaient au rassemblement pour mettre fin au système de déni de démocratie, de crimes humains et économiques, mis en place par Denis Sassou-Nguesso. L’illusion dominante en ce moment là laissait entrevoir une possibilité d’alternance démocratique au terme de la fin du second et dernier mandat de Sassou Nguesso, avec sa Constitution de janvier 2002, taillée sur mesure. C’était, hélas, ignorer la perfidie et la soif de pouvoir de celui qui a fait du sang des Congolais, le carburant de son rituel macabre pour l’accession et la conservation du pouvoir.

A partir de son référendum d’octobre 2015 et du hold-up électoral de 2016, le régime de Sassou Nguesso est devenu illégal et illégitime. Les Assises Nationales du Congo, ne reconnaissent pas Sassou Nguesso comme président du Congo.

Comment en sommes-nous arrivés là économiquement parlant ?

Ces dernières années, le Congo a enregistré une entrée massive en devises, qui ont donné le vertige à nos dirigeants, l’illusion d’une croissance économique qui devait placer notre pays sur l’orbite d’un pays émergent d’ici 2025. Le seul résultat palpable de ces années, qui ont consacré la hausse du prix du baril de pétrole, se résume par la juxtaposition d’une richesse insultante du clan au pouvoir, à une pauvreté criante et une misère sociale de toutes les forces vives congolaises.

Sans aucune concertation parlementaire, sans aucun plan global d’aménagement du territoire, sans création d’une cellule stratégique d’experts Congolais qui auraient pu travailler sur un projet d’urbanisation du Congo, qui aurait eu l’intelligence de fixer les objectifs prioritaires, en matière d’infrastructures à effet entraînant pour l’économie, le gouvernement autoproclamé a mis en œuvre un programme décennal de municipalisation accélérée. En réalité ce projet de « détournements accélérés » des ressources nationales, en investissant des sommes énormes dans des secteurs sans rentabilité économique a eu comme conséquences, l’insalubrité croissante dans Brazzaville et Pointe-Noire. Ces deux plus grandes villes sont devenues des villes poubelles, dans lesquelles nous assistons à un accroissement des maladies ainsi que de la mortalité ; notamment une mortalité infantile galopante.

Le Congo est devant une impasse, qui se traduit par l’absence d’une classe politique crédible pour assurer l’unité, la cohésion et la prospérité de la nation. Il y a dans notre jeunesse, qui représente la majorité de la population nationale, une puissance créatrice étouffée par une génération de prédateurs politiques corrompus et malfaisants.

La destruction de l’école et de l’université congolaise, l’absence d’un réel tissu économique soutenu par des nationaux, qui aurait eu pour ambition de créer des emplois et de la richesse, accroissent le chômage de la jeunesse.
Les retraités, les fonctionnaires ainsi que les étudiants sont déconsidérés par la dictature, et vivent dans une misère urbaine inquiétante.

Sur le plan sécuritaire

Oui il faut le dire. N’ayons plus honte de l’affirmer. Depuis que les crimes crapuleux de 1977 étaient restés impunis, le monstre froid, condamné par la Conférence Nationale Souveraine de 1991, n’a cessé de récidiver et de conduire le pays dans une surenchère de déni des droits humains et dans une banalisation de la vie et de la mort. Notre pays est devenu un cimetière à ciel ouvert.

Vous vous rendez bien compte que le bonheur ainsi que le bien être des Congolais n’a jamais été au programme de Denis Sassou-Nguesso et de son système. Et pour preuve, dans la Résolution de la XVI ème conférence sur la Francophonie qui s’est tenue à Madagascar, les 26 et 27 novembre derniers, un satisfecit a été donné à Sassou Nguesso pour ses bonnes œuvres en faveur de la Centrafrique. Aucune ligne ne relève l’état de siège qui prévaut dans le pays. Il a fallu notre indignation contre la Francophonie, pour que l’ONU et le HCR daignent signaler, à la baisse, qu’il y avait 13000 âmes en déperdition dans le département du Pool, neuf mois après le début de l’épuration ethnique. Non, mes chers compatriotes, la situation du Pool est plus grave que ne la relate ces chiffres, sur lesquels il manque un zéro. En effet, pas moins de 130000 personnes ont disparu des villages qui ont été vidés de leurs populations.
Des experts commencent à dévoiler que le coup d’état d’octobre 1997, qui a consacré le retour de Denis Sassou Guesso au pouvoir, a coûté la vie à 400000 Congolais, soit 10% de la population totale de l’époque, ce qui est énorme.

Sassou Nguesso qui a perdu toute légitimité, s’adonne désormais au vagabondage et pire à la mendicité diplomatique Il ne se passe pas trois mois sans que le dictateur en place nous offre le spectacle de voyages tous azimuts, pour soi-disant gérer les affaires du monde. Non, nous disons que tous ces voyages de Denis Sassou-Nguesso, n’ont pour ambition que le bradage des ressources naturelles du pays pour l’enrichissement et la consolidation d’un pouvoir vomi par les Congolais. Les sociétés qui organisent son lobbying à travers la planète, ainsi que les personnalités internationales qui lui accordent leur hospitalité seront accusées de crimes contre l’humanité, lorsque le peuple congolais aura arraché sa liberté. Que Sassou Nguesso ait été invité par le président élu Donald Trump ou pas, il s’agit là de la théâtralisation la plus ubuesque de la fonction de dictateur, qui en voulant se pavaner à travers les palais présidentiels du monde entier, veut donner l’illusion de posséder des compétences managériales de gestion d’un État à la hauteur de ses hôtes. Humiliés, non gouvernés, abandonnés à leur triste sort, les Congolais ploient dans des catastrophes naturelles, accentuées par les « détournements accélérés  » des deniers publics de ces dix dernières années.

Ce spectacle piteux, hideux, d’une mendicité diplomatique aux États Unis d’Amérique, offerte au monde entier par le Général Denis Sassou-Nguesso conforte l’indignité de son régime. Oui, cet homme est la source des malheurs qui frappent, non seulement le Congo, mais l’Afrique Centrale dans sa globalité. Il est responsable du plan d’austérité que le FMI et la Banque Mondiale sont en train de concocter pour la CEMAC (Communauté des États de l’Afrique Centrale). Cette descente aux
enfers de notre pays doit être stoppée. Congolais, nous devons reconquérir notre souveraineté

Notre destin et notre avenir en tant que nation, en tant que peuple sont menacés. Sassou Nguesso est devenu le carrefour de toutes les mafias du monde. Il dilapide toutes les richesses du pays pour corrompre les autres chefs d’États africains, qui s’en servent pour construire leurs pays respectifs. Dans cette fuite en avant, Sassou Nguesso veut dorénavant ramener le pays au temps du parti unique.

Une opposition, pour laquelle il désignerait le responsable, serait acquise à sa dictature.
Dans les deux jours qui suivent, il va probablement vous annoncer la tenue des élections législatives en 2017, qui ont pour but de parachever son coup d’état constitutionnel de 2015 et son hold-up électoral d’avril 2016. Une fois ce parlement nommé, il va organiser sa succession monarchique à la tête de l’État, tels sont ses projets. Participer aux élections législatives, organisées par un régime illégal et illégitime, c’est trahir la cause du peuple.

Toute solution de dialogue qui consisterait en une conciliation ou en une compromission avec le régime dictatorial en place serait irrecevable par les Congolais. Elle n’aurait pour seul but que la coalition d’une certaine catégorie d’hommes politiques autour de Sassou Nguesso pour se partager les richesses nationales et continuer à paupériser tout le pays. Comptons sur nos propres forces si nous voulons que le changement au Congo soit effectif en 2017.

Congolais, chers jeunes compatriotes ! Le 27 septembre 2015, vous vous êtes mobilisés pour dire non à ce pouvoir tyrannique. Votre colère s’est fortement exprimée lors de la campagne des présidentielles anticipées de mars 2016. Notre défi reste entier. Il est temps que tous ensembles, nous prenions de nouvelles initiatives dans les rues, à l’université, dans les marchés, dans les entreprises et dans les casernes, pour en finir au plus tôt avec ce système mafieux et sanguinaire. N’attendons plus l’appel d’un quelconque homme politique. Tout un chacun, où qu’il se trouve, doit assumer le poids de ce combat, le devoir de révolte et de résistance. Seule la lutte libère comme nous l’exhorte notre hymne national.

Enfin pour terminer

Pour la nouvelle année 2017, par ma voix, les Assises Nationales du Congo, prennent en compte la situation sociale et humanitaire calamiteuse de la Nation. En ces heures sombres, les plus tristes de notre histoire, le seul vœu qui vaille la peine, consiste en l’intensification de la désobéissance civile à tous les niveaux, pour que 2017 soit l’année de la libération nationale contre la tyrannie la plus atroce d’Afrique. Cela fait quarante années que ça dure. Soyons unis et battons le fer pendant qu’il est encore
chaud. Que l’année 2017 soit la Bonne Année pour la Libération Nationale !

Fait à Paris le 29 décembre 2016
Assises Nationales du Congo
Le Délégué Général
Mawawa Mâwa-Kiese

Assises Nationales du Congo
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