Nous sommes depuis longtemps habitués à lire ces insultes à l’égard de nos compatriotes et du pouvoir en place au Congo. Ce fait ne nous choque plus, nous trouvons cela normal.

Il y a quelques jours, j’ai envoyé un article sur Congopage :Le Congo est désormais concerné par le phénomène des enfants de la rue. Je collabore avec ce site depuis quelques mois et comme nombreux parmi nous, je me suis habituée (malheureusement) à lire ces insultes sans réagir. J’avais fini par me dire que certains y viennent pour se défouler. Mais je crois aujourd’hui que c’est mal connaître notre monde.

Mon déclic a été cette réaction des personnes initiatrices d’ADEO-Congo, Association dont je parle dans mon article. J’ai reçu la demande de leur part, de faire retirer cet article en ligne parce qu’elles ont peur que toutes les réactions qu’elle suscite et insultes à l’endroit du pouvoir en place, leur porte péjudice quant à la bonne marche de leur initiative. Je vous cite un exemple :
SASSOU TU VOIX LE RESULTAT DE TON INCOMPETENCE,DE TON IDIOTIE,DE TA BETISE,DE TA MAUVAISE GOUVERNANCE ET DE TON INCAPACITE A DIRIGER.TU ES VRAIMENT LE DIABLE EN PERSONNE ; SASSOU = SATAN. MAIS SACHES QUE TU FINIRA PAR QUITTER CE POUVOIR ACQUIS PAR LES ARMES.PAUVRE IMBECILE TU CROIS QUE LE CONGO C’EST OYO TON MAUDIT VILLAGE. MAIS SACHES TU LE PAYERA BIENTOT CAR TA FIN EST PROCHE. VOILA POURQUOI SATAN=SASSOU=NTUMI=FOU. VIVE LE CONGO ET LES CONGOLAIS. A BAT SASSOU ET NTUMI.

Ma première réaction a été de vouloir les persuader que ce n’était rien. Mais en fait je me rends compte moi-même que c’est grave.
C’est ainsi que je me demande si la liberté d’expression c’est cela ? Est-ce que pour être en désaccord avec un pouvoir et le dire passe nécessairement par des paroles qui nous réduisent ? Quand je lis ce que j’ai écrit dans cet article, je ne vois pas le rapport avec ce qui est dit ci-dessus.
Est-ce que vous vous rendez compte que plusieurs personnes (qui ne sont pas des congolais) visitent notre site ? Et quand elles lisent de tels propos, quelle image nous leur renvoyons de nous ? C’est le cas avec quelques personnes qui vont s’engager dans cette Association dont j’ai parlé.
Je vous exhorte à un peu de retenue. Il a fallu que cela tombe sur moi pour que je réagisse, c’est dommage pour moi.

Aujourd’hui, je dois faire de l’auto-censure, car c’est de cela qu’il s’agit, parce que certaines personnes viennent sur ce site pour mettre mal à l’aise d’autres qui ont certainement des choses plus importantes à dire ou simplement à lire. C’est aussi le cas avec d’autres réactions que j’ai lu sur cet article qui elles étaient en adéquation avec le sujet.

Tuer l’information n’est pas seulement l’oeuvre des dictateurs africains que nous ne cessons d’insulter à longueur de journées. C’est aussi ce que vous avez fait, qui aujourd’hui a poussé des personnes à me demander de faire retirer cet article qui en lui-même ne fait aucun mal à personne.

Mon coup de gueule s’adresse aussi au site lui-même. Je sais que les personnes qui y travaillent dans les coulisses ont énormément du travail. Mais si nous voulons donner un service de qualité, je préfère qu’on prenne le temps de relire les réaction, c’est ce qui est sosu entendu dans le texte à l’en-tête des pages à réactions. Si on demande que les personnes ne profèrent pas des insultes, il faut s’y tenir. Je ne peux pas comprendre qu’on laisse passer des propos comme ceux que j’ai souvent lu, des insultes et qu’on demande que ce site soit pris au sérieux. Sans le vouloir, on participe à des mauvaises intentions venant de certaines personnes, puisqu’on les laisse parler.

Vous allez me dire que vous ne voulez pas faire de la censure. Je vous dirai que je ne considère pas cela comme de la censure, parce que c’est un contrat qui est stipulé à l’en-tête de chaque page destinée aux réactions. Celui qui veut réagir, devrait en tenir compte. Que celui qui n’en tient pas compte subisse les conséquqnces de son acte. Nous voulons faire de l’information, nous ne cherchons pas à plaire aux gens. Il y a même des personnes qui ne signent pas leurs propos, elles ont même peur d’utiliser un pseudonyme, cela peut en dire long.

Voilà ce que j’avais à dire et je souffre énormément de voir un lieu de communication et d’information transformé en une cours de libertins.