C’est avec beaucoup d’intérêt que j’ai lu votre article sur le transfert des cendres de Brazza. Je m’appelle Hervé Zebrowski, j’ai 55 ans, je suis marié et j’ai 4 filles de 32 à 20 ans, et trois petits-enfants. J’ai grandi sur les bords de l’Oubangui où mon père était administrateur des colonies. J’ai appris à prier et à parler en Sangho, avant le français.

Je suis resté très attaché à ce bassin du Congo qui m’a fait grandir et
qui m’a donné la Foi.

A l’âge de 50 ans, je suis revenu dans ce continent pour essayer de
comprendre ce qui s’était passé durant les 40 années de mon absence.

Enfant de l’église catholique, j’ai eu la chance de rencontrer à
Libreville un prêtre formidable, le seul prêtre téké de l’archidiocèse de
Brazzaville. Il était l’ami proche, intime, j’irai jusqu’à dire le fils
spirituel, du Roi défunt Gaston Ngouayoulou.

Il était le Curé de Mbé et il m’a raconté cette histoire de la rencontre
du descendant de Pierre Savorgnan de Brazza avec Sa Majesté le Roi Gaston
Ngouayoulou. L’idée du transfert des cendres de Brazza est née à Mbé à la
fin de l’année 2002 dans le cadre de cette rencontre entre ce Roi et le
descendant de Brazza.

Gaston Ngouayoulou souhaitait faire de ce transfert des cendres de Brazza
le centre de son règne pour mettre un « coup de projecteur » sur son
pauvre royaume oublié, moqué, humilié, parce que justement, il était à la
source de la signature des accords avec Pierre Savorgnan de Brazza.

Puis, brutalement, mystérieusement, Gaston Ngouayoulou est mort au mois de
mars 2004 à Mbé. Il était en pleine forme.

Je connais bien ses fils, Prosper, Thibault, Romaric... J’ai d’ailleurs
longtemps hébergé son fils Romaric chez moi à Paris.

Barthélemy Bantantu, archevêque de Brazzaville, avait une affection
particulière et une grande estime pour le Roi Gaston Ngouayoulou.

Lors du décès de ce Roi, Barthélemy Batantu est allé se recueillir
immédiatement sur la dépouille mortelle de Gaston Ngouayoulou à Mbé

C’est le lendemain du retour de son voyage à Mbé pour se recueillir sur la
dépouille de Gaston Ngouayoulou, que Monseigneur Batantu, déjà très fatigué
par un cancer, mourut.

Ces deux disparitions, ayant une dimension très mystique, m’ont
profondément bouleversé.

C’est alors que je décidai d’inviter mon ami, Curé de Mbé, à célébrer à
Paris, en ma paroisse Notre Dame de Bercy, une messe pour le repos de
l’âme de Gaston Ngouayoulou et pour commencer un vrai travail de mémoire.

Dans l’élan de cette célébration, un petit comité de prière et de
réflexion s’est formé dans ma paroisse Notre Dame de Bercy, Paris 12ème,
et c’est ce comité, depuis lors, qui est l’observateur très attentif de
cette initiative, malheureusement très pervertie par la politique du
transfert des cendres de Brazza au Congo.

J’ai lu attentivement tous vos papiers que je trouve sensibles, fins, et
dans un ton qui vise à être constructif et positif.

Permettez-moi de vous inviter sur notre site à l’adresse suivante :
http://brazza_makoko.blog.lemonde.fr

Vous y trouverez notamment une histoire complètement méconnue, parce que
la France en a honte ; c’est celle de la mort de Pierre Savorgnan de
Brazza.

Bien souvent, la mort d’un homme résume toute sa vie, et c’est cette
histoire que je vous invite, entre autres, à découvrir sur ce site.

A bientôt j’espère

Hervé Zebrowski