Article tiré du site afribone.com-
Arrivée dans notre pays (le Mali) avec son mari (un malien) une congolaise dénommée Ndziembeka Ruth vient d’être retrouvée chez un guérisseur, dans un petit village situé à 10 km de Troungoumbé (cercle de Nioro du Sahel). Elle se trouve dans une situation très critique.

La congolaise qu’on a rencontrée hier matin dans les locaux de l’association malienne des droits de l’homme porte une grave blessure à la poitrine et de coups de fouet sur tout le corps et même sur le visage.

Visiblement mal au point, elle a perdu plusieurs kilos en l’espace de quelques mois. Ses deux sœurs venues spécialement de Paris et de Brazzaville indiquent qu’elles viennent tirer la malheureuse des griffes d’un guérisseur qui, pour soigner ses troubles psychiques, lui a infligé des traitement inhumains et dégradants.

Hier, lors de notre passage à l’AMDH, le président Me Brahima Koné entouré de deux autres membres de son bureau (Me Moussa Maïga et le secrétaire général de l’AMDH, Daouda Tékété) statuaient déjà sur ce cas de violation grave de l’intégrité physique de la personne humaine.

Ils s’apprêtaient à déposer une plainte au niveau du tribunal de première instance de Kayes, territorialement compétent pour connaître de cette affaire. Quant aux sœurs de la victime Ndziembela Ruth, elles se demandaient encore comment dans un pays civilisé comme le Mali de telles pratiques peuvent encore exister. Et portant ... Récit accablant et pathétique

Selon les deux sœurs de la victime, Ndiembela Ruth a rejoint son mari à Troungoumbé en 2003à la suite de l’éclatement de la guerre civile au Congo Brazzaville. Depuis lors, malgré de nombreux coups de fil de sa famille, de ses soeurs vivant aux États-Unis, en France et à Brazzaville, plus de nouvelle de Ruth.

Et pourtant au même moment, son mari continuait à encaisser les nombreux mandats envoyés par la famille Ndziembeka. Mais quand il s’agissait de parler avec Ndiembéka Ruth ou de donner une information quelconque la concernant, le mari malien jouait au dilatoire.

C’est ainsi qu’un jour, à la suite d’un des nombreux coups de fils, un habitant de Troungoumbé propriétaire d’une cabine téléphonique révéla à une des sœurs que Ndiembela Ruth est très malade. Les sœurs, affolées débarquèrent ainsi à Bamako, la semaine dernière, avant de se rendre à Troungoumbé, après un long et pénible voyage.

Là aussi, on leur fera savoir que leur sœur se trouvait dans un petit village situé à 10 km. Sans hésitation, elles se rendirent dans ce village. Arrivées au domicile du guérisseur, elles dépassèrent plus d’une dizaine de personnes liées par des barres de fer. Quant à Ruth, elle était assise à même le sol, les pieds enchaînés.

Très épuisée, elle se trouvait dans un piteux état. A la vue de ce spectacle, les sœurs N’dziembeka ne purent retenir leur larme. Le maître des lieux(le marabout-guerisseur), surpris par cette venue impromptue des sœurs de sa « patiente », a préféré disparaître. Le mari tenta d’expliquer les raisons de la présence de sa femme dans ces lieux sinistres.

Sans chercher à entendre d’autres explications, les sœurs ordonnèrent qu’on déchaîne Ndiembeka Ruth. Ce qui fut fait. Mais le comble, est que les progénitures de Ruth ont tous disparu. Ndiembeka Ruth a en effet eu deux enfants avec notre compatriote dont un est âgé des 15 mois à peine et l’autre de six ans.

Après sa libération de ce « camp de concentration » dans lequel elle était internée, les soeurs de Ruth ont voulu récupérer ces deux enfants.

C’était sans compter avec le son mari qui a incité les habitants de son village a se soulever. L’intervention d’un ami de son mari, a finalement, évité le pire.

Aujourd’hui, ces trois femme fondent tout leur espoir sur l’association des défenseurs des droits humains pour retrouver leur dignité perdue et obtenir la réparation du grave préjudice corporel et mental dont vient subir Ndziembeka Ruth.

Sources : Afribone.com