Le Congo-Brazzaville veut célébrer avec faste, le 27 octobre prochain, le 80e anniversaire du Manifeste de Brazzaville.

Les manifestations qui marquent cet événement ont commencé en France, notamment dans la commune de Verquin, dans Les Hauts de France.

Néanmoins, à ce qui paraît comme la première étape de cet anniversaire, c’est l’universitaire franco-congolais, Arsène Brice Mankou, président du Cercle des amis du Congo, qui a été présenté, côté congolais, comme étant le « véritable architecte de cet événement de haute portée symbolique ».

Effectivement, dans l’article qui parle de cette cérémonie, aucun nom d’un officiel congolais, représentant de l’État, n’a été cité. Peut-être que notre ancien collègue à La Semaine Africaine, Arsène Brice Mankou, serait aussi le consul du Congo à Verquin.

Anecdote

Cependant, pour attendrir notre langue qui serait « méchante », selon l’auteur d’un article sur cette fête de Verquin, paru sur ce même site, permettez que nous vous racontons une petite anecdote qui peut aider à bien comprendre notre article.

C’est une affaire qui s’est passée, il y a plusieurs année, dans une famille amie. Nous désignons le chef de famille par René.

En effet, notre ami René avait, dans le cadre du regroupement familial autorisé par la Convention de Genève aux personnes qui obtiennent le droit d’asile, réussi à faire venir toute sa famille en Europe. En bon Africain, n’en déplaise à Emmanuel Macron, il a trois filles et deux garçons. Et, René rêvait, depuis l’Afrique, de marier tous ses enfants aux Blancs pour « blanchir » sa famille.

Malheureusement pour lui, tous vont se marier avec des des Africains, les filles, et des Africaines, les garçons. René en était très déçu. « Je voulais blanchir ma famille, voilà que des Africains viennent encore la noircir », vocifère-t-il. Alors que nous étions dans les préparatifs du mariage de sa dernière fille. Un cri de joie Ah !

C’est scandaleux !

Revenons à notre article, en effet, au moment où les Africains écrivent, eux-mêmes, l’histoire de leur continent et de leurs pays respectifs, et ressortent les grossiers mensonges des historiens non africains, notamment européens ou français, il est scandaleux de voir que c’est au Congo que l’on veut encore maintenir les populations dans l’ignorance de l’histoire.

Tenez ! Après la sortie du livre-enquête « Kamerun ! » qui raconte, photos et témoignages à l’appui, les atrocités de la France dans la guerre contre les indépendantistes camerounais, les Africains devraient se ressaisir et refaire une autre lecture des relations entre la France et ses anciennes colonies africaines,

Ils doivent désormais apprécier autrement la personne de celui qu’ils continuent à mystifier ou déifier, nous citons le général de Gaulle par rapport aux informations apportées par la Nouvelle Écriture.

Dans ce livre, on découvre, entre autres, que, le 2 mars 1960, sous la direction de l’armée française, les troupes camerounaises avaient rasé le bourg de Yogandima, et massacré près de 8.000 civils sans armes. C’était bien au temps du général De Gaulle.

Mais, les mains de De Gaulle ne sont pas trempées que par le sang des Bamiléké et des Bassa du Cameroun.

De 1967 jusqu’en 1970, la France et les États-Unis s’étaient affrontés dans ce que l’on appelle faussement la Guerre civile du Biafra ou la Guerre de sécession de la région orientale du Nigeria. En réalité, c’était une guerre sur le pétrole nigérian qui a opposé la France aux États-Unis d’Amérique. Et, les dégâts humains ont été très importants. Entre 600.000 et un million de personnes sont mortes de faim, de soif et d’épidémies.

Les confessions de De Gaulle

Pour participer à cette Nouvelle Écriture de l’histoire de l’Afrique, nous avons, dans notre roman, « Une chéchia rouge pour tonton Ouatta, un casque colonial pour le cousin Mac », caricaturé ce qui peut paraître comme étant les confessions du général Charles De Gaulle sur ses crimes en Afrique. La scène imaginaire a lieu dans la chambre de Mac, alors qu’il est en pleine crise d’intelopolitisme. Mac entend des voix qui lui parlent.

« Troisième voix : En 1960, j’ai fait assassiner le président togolais, Sylvanus Olympio. Je croyais, qu’avec cet assassinat politique, traumatiser à jamais les Africains, et mettre fin, dans toutes nos anciennes colonies, à la revendication de l’autonomie du système monétaire. Or, c’était sans compter avec la puissance de son sang. Comme la couronne de l’ananas que l’on jette avec beaucoup de mépris, et qui ne meurt pas, Sylvanus Olympio n’était pas lui non plus mort. Il n’est pas mort. Il ne mourra plus ! Il est revenu à la vie et a gagné la lutte contre le Franc CFA. En plus, c’est ici en France que cette monnaie sera battue. C’est ici, en France, que son visage va être gravé sur des coupures de monnaie. Comme si la France veut se désolidariser et mettre ce crime sur mes épaules. La responsabilité est partagée. Elle est partagée. Oui, elle est partagée. La France a commis le crime, et moi le péché. Elle a le sang des Africains jusqu’aux coudes. Moi, je n’en ai que dans mes mains. C’est à cause d’elle, la France. A cause de ses intérêts que j’avais sali mes mains. Regardez, comment elles sont encore rouges et égouttent du sang humain ! »

« Mes péchés, Jésus ne les a toujours pas effacés. Parce que la justice n’est toujours pas rendue sur ce crime. La France ne veut pas se reconnaître comme assassin du président Sylvanus Olympio. Voilà pourquoi, je suis toujours dans l’attente de mon procès devant le tribunal divin. Les Écritures ne disent-elles pas » « que tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel » ?

« Déliez donc cette situation sur la terre, pour que ma situation soit, elle aussi, déliée dans le ciel. Néanmoins, mon cœur qui n’a jamais eu des remords pour ce crime politique, saignera à blanc lorsque son effigie sera gravée sur l’une des coupures des billets ou sur une pièce de l’Eco, la nouvelle monnaie de l’Afrique de l’Ouest, pour le proclamer héro immortel. »

« Peut-être il faut encore m’exiler à Londres, pour parler à la France et aux Français, et me faire entendre. Peut-être il me faut repartir à Londres pour y chercher du repos. Puisque la porte du paradis ne m’est toujours pas ouverte. Je ne peux pas aller à Brazzaville qui, pourtant, est une ancienne ville-capitale de la France. C’est à côté du Cameroun, chez les Bamiléké. Je suis impliqué dans une affaire criminelle contre ce peuple que j’avais fait massacrer, au cours de la même année de l’assassinat du président Sylvanus Olympio. »

« J’ai donc parmi les dossiers qui pendent, devant le tribunal divin, celui des massacres, en pays bamiléké. Du sang, du sang, encore et toujours du sang qui crie et qui crève mes tympans. Du sang que mes mains n’arrivent toujours pas à tout égoutter ! Là aussi, la responsabilité de ces massacres doit être partagée. Elle est partagée. Oui, elle doit être partagée. La France a commis le crime, et moi le péché. Elle a le sang des Africains jusqu’aux coudes. Moi, je n’en ai que dans mes mains. L’autre jour, j’ai vu le président Libyen Mouammar Kadhafi, le guide de la Révolution libyenne, sortir du palais de la justice divine, il avait dans ses mains un porte document sur lequel était écrit République française. Liberté, Égalité, Fraternité. Sans doute, il était entendu par un juge d’instruction sur la guerre qui a eu lieu dans son pays et au cours de laquelle il a été assassiné. Mais, parait-il que dans ce dossier, la responsabilité de la France n’est pas engagée. Le président Nicolas Sarkozy avait fait tuer le président libyen pour faire taire un secret d’État qui avait commencé à transpirer. L’affaire serait donc personnelle ».

Serge Armand Zanzala, journaliste et écrivain