D’après la science politique élaborée et publiée dans notre livre « Jean-Marie Michel Mokoko, mon président » 205 pages, Edilivre, 2019, Guy Brice Parfait Kolélas n’a pas un Projet de Société ; mais un Programme de Gouvernement.

Dans son Programme de Gouvernement, le leader de l’UDH-YUKI et candidat à l’élection présidentielle, met en exergue la Décentralisation qui, d’ailleurs, semble être la grande innovation dans l’organisation politique et administrative du Congo.

Nous nous intéressons à ce sujet d’autant plus que nous-même avions dans notre livre, (op. cit.) abordé ce sujet et fait une partie des propositions qui vont dans la même direction ; d’autres qui s’éloignent carrément et deviennent parallèles à celles de Kolélas.

Kolélas ouvre un grand débat intellectuel. Mais, nous craignons que, partant de la basse culture de ses militants, tous ceux qui vont le contredire soient pris pour des ennemis ou des gens qui ne veulent pas sa victoire à la prochaine élection dont, pourtant, tous les Congolais connaissent l’issue.

A moins qu’il n’y ait un deal entre Sassou et Kolélas pour avoir le contraire de ce que pensent les Congolais ou le leader de Yuki veut juste remplir son CV.

Nous disons que le débat est arrivé à un mauvais moment. Mais, qu’à cela ne tienne, nous tenons à y participer.

La décentralisation ?

Oui, il faut une bonne politique de décentralisation pour développer les départements du Congo.

Dans notre ouvrage, nous mettons la décentralisation sous le Conseil National de la Décentralisation et de la Gestion du Pétrole et du Bois, qui sera composé des représentants élus par les Conseillers départementaux, et d’un représentant de la Présidence de la République, de la Société civile et des Confessions religieuses. Il organisera les structures administratives, les pouvoirs et la gestion des départements, et managera d’une manière autonome toutes les questions liées au pétrole et au bois, exploitation, contrats, raffinage, transport, commercialisation et compte d’épargne à étranger ouvert à partir de la vente de ces deux matières premières.
Cette organisation permettra, désormais, aux Collectivités locales d’avoir une mainmise sur le pétrole et le bois qui sont les premières ressources financières du pays et favorisera le développement de tout l’arrière du pays…

Pour nous, le sénat à qui Kolélas veut encore confier la Décentralisation est un machin budgétivore qui ne doit plus exister dans le Nouveau Kongo.

Transférer les attributions de l’Etat vers les collectivités

La décentralisation peut aussi être définie comme étant une politique de transfert des attributions de l’Etat vers des collectivités territoriales ou des institutions publiques pour qu’elles disposent d’un pouvoir juridique et d’une autonomie financière.

Mais pour qu’elle soit effective et productive, la Décentralisation doit s’appuyer sur le Conseil départemental qui est une Assemblée locale, un Gouvernement local et une Fonction territoriale. Mais, que deviendront les préfets qui doivent leur existence à la Déconcentration et qui gèrent les directions départementales des ministères ?

Ceci pousserait à faire, soyons en conscient, le choix de la nature de l’Etat que nous voulons avoir au Congo. Voulons-nous un Etat fédéral ? Signalons que le Congo est une Multination comme la Suisse, les Etats-Unis...

Le leader de YUKI dit avoir copié les modèles sud-africain et rwandais. Ce n’est pas intellectuel ! Copier qui est synonyme de calquer, tricher et faire le plagiat est indigne. Le Congo regorge d’intellectuels qui connaissent bien leur pays et les aspirations des Congolais et qui ont fait des propositions sur le type d’Etat qu’il leur faut soit dans leurs ouvrages soit dans des articles dans la presse nationale. En plus, dans « Jean-Marie Michel Mokoko, mon président, » nous disons NON à l’importation des concepts, maquettes et plans de développement, ou à leurs achats auprès des institutions internationales. Les Congolais sont capables de les créer eux-mêmes.

Kolélas et les provinces

Kolélas veut créer quatre provinces : la province de Loango qui regroupera les départements du Kouilou, Pointe-Noire et le Niari ; celle de Mbe, ceux de la Lékoumou, les Plateaux et la Cuvette-Ouest ; celle du Bas-Congo, ceux de Brazzaville, la Bouenza et le Pool ; et celle de l’Équateur, ceux de la Cuvette centrale, la Sangha et la Likouala.

Il part de certaines réalités socioculturelles et historiques pour faire cette recomposition. Mais, cela suffit-il ? N’existe-t-il pas entre les peuples qui habitent ces ensembles un débat sous-jacent qui fait état des vrais et faux… ? N’y a-t-il pas des vrais et des faux Loango dans le Kouilou qui se cachent derrière Thystère Tchicaya et Souchlaty-Poaty ? Les vrais et les faux Mbembe, dans la Bouenza, derrière Martin Mberi et Christophe Moukoueke ? Dans le Pool, ce débat n’avait-il pas opposé Milongo et Kolélas (père) ? Chez les Teke, n’existe-t-il pas derrière les Teke du Pool, de Lekana, Djambala, Ollombo... Et, Sassou Nguesso n’avait pas été obligé de créer le Royaume Mbaya pour accélérer ce débat ? La division des peuples étant sa stratégie politique ! Pour ne citer que ces quelques exemples. Pourtant, ce vrai et faux débat a lieu dans tous les départements.

Le mérite de Kolélas

Le mérite de Kolélas est d’avoir pensé à une nouvelle organisation politique et territoriale du Congo.

Mais, le sujet implique tellement de paramètres et une bonne étude pour qu’il soit laissé à un candidat, un gouvernement ou une assemblée nationale de décider ou d’appliquer cette politique sur la décentralisation. Il doit être dans le Projet de Société du Nouveau Congo.

Et, selon notre analyse politique, un Projet de Société est élaboré et ne peut être modifié que par une Édition de la Conférence Nationale Souveraine.

Le Projet de Société est au-dessus de la Constitution et des Programmes de Gouvernement des candidats à l’élection présidentielle. D’ailleurs, il est la source d’inspiration des rédacteurs de ces deux documents. Changeons de paradigme politique et donnons aux Congolais une nouvelle culture intellectuelle.

Permettre à Kolélas de traiter seul cette question c’est maintenir le pays dans une instabilité qui fera que chaque président élu, viendra proposer ce qu’il voudra.

Or, aucune autorité, aucune institution, sauf la Conférence Nationale Souveraine n’aura plus le pouvoir de changer ou modifier le Projet de Société. Ceci donnera une garantie de paix et de stabilité des institutions pendant vingt-cinq ans, si la prochaine Édition de la Conférence Nationale Souveraine que nous souhaitons, retiendra cette périodicité.

Sassou Nguesso a fait seul le découpage électoral et rédigé sa Constitution. Les Congolais en font les frais aujourd’hui. Les innovations de Kolélas supposent une nouvelle Constitution. Va-t-il la rédiger et la tailler sur ses mesures et selon ses vœux ? Et, s’il pouvait commencer par dire aux Congolais sur quelle Constitution va-t-il prêter serment au cas où il sera élu ? Celle qu’il n’avait pas votée ou sur un Acte fondamental ? « Ngue pesa imboua, imboua me manga » (Même les chiens n’en veulent pas) pour dire que ça devient dur ! Et, ça sera dur ! Nous ne laisserons plus les médiocres décider. Le Congo est un bien commun.

Serge Armand Zanzala, journaliste et écrivain

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