Les trois hommes politiques sont à la fois alliés et concurrents et se tiennent par la main. Entre Denis Sassou Nguesso, Pascal Tsaty Mabiala et Guy Brice Parfait Kolelas, c’était l’entente cordiale. « Je te tiens par la barbichette, tu me tiens par la barbichette  ».

« Les bons comptes font des bons amis  » dit l’adage. Au Congo-Brazzaville, Sassou Nguesso, Guy Brice Parfait Kolélas et Pascal Tsaty Mabiala, trois bons amis font des bons coups. Mais, pas forcément des bons comptes, à condition que Sassou se serve de Pascal Tsaty Mabiala et Guy Brice Parfait Kolélas comme strapontin.

Faux bond

Si, le rôle de Tsaty Mabiala et Parfait Kolélas était de servir de vernis démocratique et celui d’accompagner Sassou Nguesso à l’élection présidentielle, la machine est enrayée. Au regard des relations incestueuses existant entre le PCT et l’UPADS, personne n’a vu le coup venir. La surprise est totale du côté du PCT, habitué à tirer les ficelles. A deux mois de l’échéance présidentielle du 21 mars 2021, Pascal Tsaty Mabiala a jeté l’éponge, posant ainsi un lapin à Sassou. La décision a sonné comme un coup de tonnerre. Le chef de file de l’opposition fait faux bond à Denis Sassou Nguesso.

A l’issue de la troisième session ordinaire du Conseil national de l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (Upads) tenue du 27 au 30 janvier 2021 à Brazzaville, le plénum des membres de cette instance dirigeante a convenu de ne pas présenter un candidat à l’élection présidentielle du 21 mars. La décision du Conseil national de ne pas participer à l’élection présidentielle trouve son fondement, affirment les membres de ladite instance dirigeante, dans l’impréparation de cette échéance par le gouvernement qui, cinq ans durant, n’a pas été capable d’améliorer le système électoral pour en garantir la crédibilité et la sincérité des résultats.

Coup bas

Le khalife d’Oyo est champion toute catégorie des coups d’Etat, des coups fourrés, des coups tordus, et des coups bas. Sassou Nguesso, monarque resplendissant, a dynamité le MCDDI de Bernard Kolélas, notable rayonnant, puis désorganisé l’UPADS de Pascal Lissouba, élite monolithe, ensuite infiltré le RDPS de Jean-Pierre Thystère Tchicaya, notable flottant, pulvérisé l’IDC-FROCAD, disqualifié les partis revendicatifs de Mathias Dzon, l’homo économicus, de Clément Miérassa et de Guy Romain Kinfoussia, démuni d’affectio politicus, privé l’UDH Yuki de Guy Brice Parfait Kolelas de groupe parlementaire à l’Assemblée Nationale, fait de Pascal Tsaty Mabiala le chef de file de l’opposition et, bouquet final, pris le contrôle de l’opposition. Le moins qu’on puisse dire de Sassou est qu’il assume bien le rôle de tyran total intégral ou de phénomène impérial total.

Parfait dans un « corner »

Tous les regards se tournent vers le patron de « Yuki ». Restera-t-il fidèle à son père adoptif ? Suivra-t-il le chemin balisé par son allié de l’opposition officielle ? Quelle sera l’attitude de Guy Brice Parfait Kolélas tenu par le bout du nez par le leader de l’UPADS ? Maintiendra-t-il sa candidature à l’élection présidentielle du 21 mars 2021, lui qui avait lié son destin à celui de Pascal Tsaty Mabiala ? Son compagnon de l’opposition officielle a déclaré forfait. Faudrait-il lui emboîter le pas à l’instar de Claudine Munari Mabonzo ? Mathias Dzon devrait-il maintenir sa candidature ? Boycotter, ne pas boycotter ? Faudrait-il que le patron de l’UDH « Yuki » participe à l’élection présidentielle dont les résultats sont connus d’avance ? Henri Bouka, président de la CENI peut-il proclamer la victoire d’un candidat autre que Sassou Nguesso ? Dans tous les cas, la machine à frauder est enclenchée. Qui pourra l’arrêter ?

Benjamin BILOMBOT BITADYS