L’affaire des disparus du beach continue de faire couler beaucoup d’encre et de salive. Pas plus que le 16 décembre dernier, le journal "La Rue Meurt" a publié un article intitulé : ’’Le gouvernement congolais pris en flagrant délit par Kinshasa : des faux disparus de beach’’. Le Gouvernement de la République, par le biais de son porte-parole, le ministre Alain Akouala, a vivement réagi à cet article, démontrant la coloration politicienne de cette affaire des disparus de beach.

Alain Akouala, ministre de la Communication, chargé des relations avec le Parlement, Porte-parole du Gouvernement, était face à la presse mardi 16 décembre 2003. A cette occasion, il a tenu à faire comprendre qu’il existe une manipulation politicienne sur l’affaire dite des "disparus du beach".

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Alain Akouala Atipault

L’article paru dans l’hebdomadaire "La Rue Meurt" a constitué le substrat de la communication du ministre de la Communication. Le ministre Akouala a d’abord fustigé l’attitude du journal "La Rue Meurt" qui confond la liberté d’expression au libertinage et qui se taille le luxe de servir des fausses informations aux lecteurs pour se faire plein les poches.

Pour ce faire, le porte-parole du Gouvernement a cru qu’il y a lieu d’apporter une précision à l’opinion publique tant nationale qu’internationale.

Aussi le ministre Alain Akouala est-il revenu sur les démarches entamées par le Gouvernement, il y a plus d’un mois, auprès du Haut commissariat aux réfugiés (HCR). En effet, le Gouvernement congolais exige du HCR des documents sur le retour des Congolais réfugiés en République démocratique du Congo (RDC), en 1999.

Dans une lettre adressée au responsable du HCR, le gouvernement de la République du Congo déplorait l’attitude de cette Agence de l’ONU qui ne lui a jamais remis les documents relatifs au rapatriement des Congolais réfugiés en RDC, après avoir fui les hostilités dans leur pays courant 1998-1999. Ceci pour une enquête minutieuse sur les 353 prétendus disparus au beach.

Pourtant, selon le HCR, l’opération de rapatriement avait été organisée du mois d’avril 1999 au début de 2000, à la suite d’un accord signé entre le HCR, les Gouvernements de RDC et du Congo.

Parlant de la liste des disparus, le ministre de la Communication a déclaré qu’elle manque de cohérence, d’autant plus que certaines personnes prétendues disparues sont en vie à Kinshasa, la capitale de la RDC.

D’autres sont signataires d’une pétition faite à Kinshasa, le 26 avril 2002. Aussi Alain Akouala se demande-t-il comment des personnes mortes peuvent-elles signer une pétition. Monsieur Nkounkou Daniel fait partie des disparus-signataires de cette pétition, a cité le ministre Akouala.

Le porte parole du Gouvernement a insisté : « Nous avons des indices qui montrent que nombre de nos compatriotes appelés "disparus" sont présents sur le territoire de la RDC. »

Toutefois, « nous n’écartons pas qu’il y ait eu des règlements de comptes ou des bavures lors de l’opération de rapatriement de nos compatriotes. Mais, nous affirmons qu’il n’y a pas eu un plan d’enlèvement ou d’extermination des réfugiés », a souligné Alain Akouala.

En clair, le Gouvernement congolais voudrait que toute la lumière soit faite sur l’affaire des disparus de beach. Car, il se rend bien compte que certaines personnes veulent en faire leur cheval de bataille à des fins politiciennes.

Aussi exige-t-il du HCR les listes de toutes les personnes rapatriées du territoire de la RDC au beach de Brazzaville.