Quand je dis qu’on revint vers la civilisation, c’est une façon de parler ; vous l’avez compris. Car il fallut d’abord retrouver la grand’route ; se coltiner les 5 litres d’eau sacrée jusqu’à la gare. Et là, attendre, pépères. Le train pour Pointe-Noire avait un peu de retard. Car annoncé pour 15H18, il n’était pas encore là. Il est vrai qu’il n’était pas encore tout à fait 17H15. Tante Maguy, comme à son habitude, était impassible. Mais je la sentais plus relaxée : nous venions d’accomplir une mission de haute importance. (...)
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C’est ainsi que nous prîmes une route de nulle part, plein ouest. Nous nous enfonçâmes dans les frondaisons, Tante Maguy devant et moi derrière, fermant une marche rendue difficile par une herbe odorante et étouffante à la fois. Et haute ! Ma Tante, brave parmi les braves, ne semblait pas s’en rendre compte. Ses escarpins verts souffraient dans cette équipée mais qui l’aurait vue, aurait su la forte détermination qui l’habitait. Nous allions en mission de sauvetage. Un des nôtres était en danger ; saisi dans les mandibules du pire des animaux bibliques - un serpent (...)
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La main gauche de tante Maguy désenflait, mais pas la rumeur. Le quartier bruissait de mille et un « il paraît » qui prenaient notre parcelle en ligne de mire. Et tout ça pourquoi ? je vous le demande : parce qu’une vipère rampante avait broyé les phalanges de ma pauvre tante, la mère de Firmin, en sortant d’un taxi ! L’affaire était jugée sérieuse. Même le chef de Bloc, le vénérable Samson Boubi, s’est déplacé pour venir aux nouvelles.
Et ces doigts, qu’il a dit à ma tante ; ils peuvent se plier au moins ? Ils vous font toujours aussi mal ? Hé ! que (...)
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Ce n’est pas que je veuille harceler qui que ce soit, les amis, mais dans la vie, il y a des promesses qu’il vaut mieux tenir. Il y a quelques jours, je vous annonçais la livraison de tous les détails sur la vie de Firmin, mon cousin et le plus parfait des hommes, raillé par certaines personnes aux intentions impures ; suspecté de vilènies par les jongleuses de la pomme ; traîné par le bout par des autresses en mal de venin : rien n’y fait. Je dois dire au monde qu’avant la naissance de Firmin, et 20 siècles après Jésus-Le-Christ (que la magnificence soit sur son (...)
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Ah ! mes aïeux, le monde n’est plus ce qu’il devait être ! Et si vous voulez mon avis, il ira de plus en plus en se tordant, ce monde, parce que dès l’origine Lui, là-haut, avait raté une marche. Car il ne fallait pas encombrer le Jardin de tant de créatures : « Nous » suffisions, nous ! Bon, c’est vrai : un peu de serpents (pour le venin) ; des lions (pour la majesté) ; des oies (pour le pâté) ; quelques éléphants (pour les safaris) et, sait-on jamais, une paire de paons (pour les plumes), cela suffisait amplement. Pourquoi diable a-t-il fallu planter des pommes (...)
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Même dans nos trains, les règles que j’ai énoncées plus haut tiennent. Un frère reste un frère ; on a envers lui un devoir sacré de solidarité et de simplicité. Oui, c’est vrai, les choses sont un peu différentes avec les sœurs. On a vu quelques muscles s’échauffer pour un sourire pris de travers ; un petit clin innocent que le serveur attitré d’une dame a classé dans le livre des procédures d’approche. Les cas sont rares, mais ils existent. C’est pourquoi, tacitement, on n’approche les sœurs que quand on s’est assuré du manque de (...)
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Peignez, ô peintres
Vos marguerites
Parez-les des jaunes et blancs
Chantez donc, poètes
Les roses de vos rêves
Effeuillez-les de leurs éphémères pétales
Louez, ô Brels de la création
Les nobles vertus des lilas
Qui ne fleurissent pas au printemps
Mais laissez à moi, ô muses
Laissez intact mon Mimosa
Ses jaune et or et vert sont nature
Car jamais peintre n’osa jamais
Ajouter ni rimel, ni fards, ni artifice
A ce mimosa-là - le mimosa de ma vie
La Beauté ne s’embellit pas
Elle est.
Benda (...)
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Par ici, nous pratiquons la politique de proximité. Pas un frère seul, pas une soeur dont nous ne sachions la difficulté de solitude et que nous n’aidions. Les téléphones jacassants d’aujourd’hui trouvent en nous leurs utilisateurs attitrés, tant les appels fusent de partout. De l’aéroport, où quelqu’un sans visa valable ne réussit pas à convaincre des policiers ignares qu’on peut facilement appeler frère un Nigérian quand on est Zimbabwéen ou Gabonais. D’un point d’embauche, pour signaler aux frères de se dépêcher, car il faut occuper un (...)
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