Les mauvaises langues peuvent aller se rhabiller. La Route de l’Equateur, évènement culturel dont le black-out de la presse française suscitait rires sarcastiques de leur part a finalement fait (si on ose dire) la "une" de la presse ce samedi 9 juillet 2005, près d’une semaine, en somme, après que tout le monde ait en quelque sorte mis les...voiles.


Vaut mieux tard que jamais. La Route de l’Equateur a (finalement) fait l’objet d’une évocation médiatique sur la chaîne de télévision cablée LCI ce samedi 9 juillet 05 ; soit plusieurs jours seulement après la fin de la course. A Mpila on aura toutes les raisons de se réjouir puisque le trophée a eu, ce samedi, un temps d’antenne d’au moins cinq minutes, ce qui, en matière de télévision, n’est pas rien. On n’espérait pas tant !

Pour éviter sans doute des "pannes de communication", au cours de l’émission,la parole ne fut souvent accordée qu’à des opérateurs français de la capitale économique, en l’occurrence Laurent Manicas du Club Nautique de Pointe-Noire. On pouvait soupçonner en lui l’un de ces conseillers occidentaux en communications qui ont suggéré au clan Nguesso d’organiser cette juteuse fête maritime pour "redorer l’image du Congo".

C’est dingue comme nos "responsables politiques" sont "lourds" quand ils causent !

On a en effet frôlé la catastrophe communicationnelle lorsque l’envoyé de LCI s’est hasardé à interviewer un officier de la marine congolaise. Quelle candeur verbale chez ce militaire ! Comment peut-on s’exprimer aussi mal et porter si bien l’uniforme ?

" Je suis très content, la course est un grand évènement. La journée a été même décrétée chômée. Il y a foule comme vous voyez, malgré la... (1) " répond-il, fier de lui, quand on lui demande ses impressions sur la course.

"Il y a beaucoup de plage, de beaux sites les Français devraient venir faire du tourisme au Congo" ajoute-t-il benoîtement, anônnant ce que la presse officielle locale n’a cessé de marteler pour justifier cette incroyable compétition nautique. Quant à son subalterne, un certain second maître, Stève Miengust, c’est à peine si on comprenait ce qu’il disait tant il avait le verbe balbutiant.

Le héros de la cérémonie, Sébatien Josse, avouera, pour sa part, son émotion d’avoir été accueilli par Sassou en personne et par une foule en liesse chantant, dansant, hurlant. Il a empoché des millions, le bonhomme. S’il pouvait imaginer que cette foule était venue au bord de la mer contrainte et forcée, le ventre affamé, peut-être que ce niçois aurait été encore plus ému.


(1)phrase coupée, on aurait juré avoir entendu "faim"