Après une longue période de léthargie, le handball congolais, sous l’impulsion de Charles Omboumahou président de la FECOHAND depuis maintenant sept mois, semble prêt à renaître de ses cendres. Après une honorable prestation des juniors au dernier championnat du monde de la catégorie en Hongrie en août 2005, le tour revenait aux seniors de prouver leurs capacités à la CAN de Tunis du 10 au 20 janvier 2006.

L’arrivée d’un expert roumain, Georghe Ionescu a marqué le renouveau. Malgré quelques incompréhensions entre ministère des sports et FECOHAND (le nom du DTN et de certains athlètes retenus par la commission technique ont été retirés de la liste des partants pour Tunis sans aucune notification), nos équipes se sont fort bien comportées, les messieurs terminant à la 6ème place [1]. Bravo au capitaine Rock Okomo et à son team renforcé pour l’occasion des congolais évoluant à l’étranger, Armel Oyoukou, M’bouta...

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Le team féminin congolais 3ème à Tunis

Les dames avaient terminé 5ème en Egypte en 2004, à Tunis elles nous ont offert la troisième marche du podium, se qualifiant par la même occasion pour les championnats du monde de Paris en 2007. Cerise sur le gâteau quatre joueuses congolaises ont été désignées pour faire partie de la sélection africaine : Chantal M’bon, Gisèle Donguet, Léontine Kibamba et Patricia Yende. Soulignons quand même que seule cette dernière évolue au pays, les autres faisant toutes partie de clubs français.

Nous ne pouvons qu’espérer que ces résultats permettront au premier conseil fédéral de l’ère Omboumahou d’accoucher de résolutions que les instances sportives et politiques ne contrecarreront pas. Les conditions de travail de tous doivent être améliorées afin que cette renaissance ne soit pas qu’un feu de paille.

Le sport congolais est certes amateur, mais c’est le cas dans la plupart des pays d’Afrique où pourtant les gouvernements lui apportent aide et soutien, à contrario du Congo où rien n’est fait pour aider à sa promotion, ni même pour encourager les équipes qui gagnent. L’équipe de Bankosport junior dames dont nous reportions ici même le titre de champion du Congo pour 2005, n’a été reçu par aucune instance dirigeante d’aucune sorte après avoir obtenu son titre, pas même par le directeur départemental des sports au Kouilou. L’équipe continue à s’entraîner sur son déplorable terrain en sable du quartier Mouyondzi. Admirable abnégation...

Régis de Malika

Entretien avec Antoine-Claise N’kombo, entraîneur national dames

Régis de Malika : Merci monsieur l’entraîneur d’avoir accepté de répondre aux questions de Congopage. Pouvez-vous vous présenter ?

Antoine-Claise N’kombo : Je suis Antoine-Claise N’kombo, entraîneur principal de l’équipe nationale senior dames et aussi de Bankosport senior dames. Je suis aussi président de l’Amicale des Entraîneurs Congolais de Handball au Kouilou (AECHBK). Sur le plan professionnel je suis inspecteur de la jeunesse et des sports.

RdM : Pouvez-vous nous dresser le bilan de la campagne des Diables-Rouges dames lors de la dernière Coupe d’Afrique des Nations (CAN Tunis 2006) ?

ACK : En tout humilité, je vous dirai que nous avons atteint les objectifs qui nous avaient été fixés par monsieur le Ministre des sports et par le président de la FECOHAND.
Arrivées sur le podium en troisième position, nos filles sont qualifiées pour la coupe du Monde « France 2007 ». Quatre joueuses congolaises ont été retenues pour la sélection africaine. Il s’agit de Gisèle Donguet, Léontine Kibamba, Chantal M’bou et Patricia Yende. Je soulignerai que dans le sept de base on retrouvera deux congolaises (L. Kibamba et G. Donguet), deux tunisiennes, deux angolaises et une ivoirienne. J’ajouterai qu’à Tunis, c’est Gisèle Donguet qui a été choisie comme meilleure joueuse de la compétition.

RdM : On peut donc dire que pour le technicien en charge de cette équipe, les résultats ont été à la hauteur de ses attentes ?

ACK : On peut en effet le dire. Au Caire en 2004 nous avons terminé 5ème, nous sommes aujourd’hui 3ème, c’est encourageant. Su le plan technique, nous avons pu constater les progrès de nos arrières qui étaient notre talon d’Achille. Nous pouvons désormais compter aussi sur les tirs de loin. Il reste à stabiliser et maintenir le cap.

RdM : Quel a été l’apport de l’expert roumain Georghe Ionescu recruté par la FECOHAND ?

ACK : Sincèrement, je dois reconnaître que l’apport de l’expert Georghe Ionescu a été capital. Je peux vous affirmer que le Congo peut faire confiance au tandem que nous formons.

RdM : Quelles ont été les conditions de travail lors du stage de préparation local et de celui d’acclimatation à Tunis en préalable à la compétition ?

ACK : Sur le plan local, trop de sacrifices ont dû être consentis par les sportifs aussi bien que par les entraîneurs et le président de la fédération. Cette étape qui aurait du être la plus importante n’a suscité aucun intérêt de la part des gouvernants et pas davantage de soutien logistique.

A Tunis, il nous avons manqué de sparring-partners à la hauteur, en particulier chez les dames.

RdM : Nous avons appris que la liste des joueurs retenus par la commission technique n’a pas reçu l’assentiment du ministère des sports.

ACK : Que la fédération et le ministère se préoccupent de problèmes administratifs et financiers en laissant les décisions techniques aux entraîneurs...

RdM : Quelles sont les joueuses congolaises officiant à l’étranger qui ont effectué le déplacement de Tunis ?

ACK : Gisèle Donguet, Ndona-Bassarila, Léontine Kibamba, Chantal M’bon et Orelle Itoua.

RdM : Ont-elles posé des problèmes d’intégration ?

ACK : Aucun, problème d’intégration et leur apport a été capital contrairement à ce qu’ont prétendu certaines personnes de mauvaise foi.

RdM : Le ticket pour la coupe du monde « Paris 2007 » étant acquis, quel est le projet pour améliorer le classement au niveau continental ?

ACK : La commission technique sous la direction du DTN et de l’expert planche actuellement sur la mise au point d’un programme adapté.

[1Ils étaient 11ème sur 12 en Egypte en 2004